Tu n'as pas vu les estampes de viol avec des kappas... C'est special ca aussi.
Ah oui, celle qui se fait prendre par deux kappa mais qui semble apprécier l'expérience (elle ne se débat pas franchement

). D'ailleurs, le catalogue Yokai est introuvable depuis deux mois et n'était déjà plus disponible lors des derniers jours de l'exposition. Il ne fera pas l'objet d'une réédition. La MCJP a toujours fait ainsi.
Celle dont tu parles est une estampe intitulée "Ama to kappa" (Les pêcheuses - dans les deux sens du termes

? - et les kappa). Elle a été réalisée par KITAGAWA Utamaro en 1788. C'est ce qu'on nomme, comme tu le dis, un "Utamakura" (poème d'oreiller) qui formait avec onze autres planches un recueils de "makura-e" (estampes d'oreiller) de l'artiste. A l'origine, Utamakura désignait une figure réthorique utilisée dans la poésie japonaise pour faire appel aux dieux pour leur pouvoir de suggestion.
Les scènes de zoophilies étaient souvent présentes sur les estampes mais ne répulsaient pas les japonais.
Par contre, impossible de mettre la main sur l'illustration (en français ou en kanji)...
ce sont avant tout des Play-boy avant l'heure destines a etre apprecies sur l'oreiller (cf. les makura-e et les shunga en general).
Cela reflete necessairement les gouts (sinon cela ne se vendrait pas), et qui ne datent pas d'hier.
Tout à fait

. Permet d'en rajouter un peu (Hum, en espérant que ça ne fasse pas une trop grosse dérivation au topic

)
Les ukiyo-e ("Image du Monde flottant") étaient reproduites par centaines, parfois jusqu'à 15 couleurs. Les sujets étaient très variés : sumo, nuits torrides, kabuki, geisha. Ils formaient souvent un panorama des quartiers de plaisirs et par là une mise en abyme sur la place sociale et culturelle de la femme sous les Tokugawa.
Chose marrante, le terme date du 9ème siècle et est d'origine bouddhique : "monde de misère, d'affliction", à savoir un monde illusoire engourdie par ses plaisirs évanescents, un dédain du salut spirituel?
Une première définition figure dans la préface du roman de RYÔI Asai : Ukiyo monogatari ("Dit du Monde Flottant", 1661) =
Vivre seulement pour l'instant, contempler la lune, la neige, les cerisiers en fleurs et les feuilles d?automne, aimer le vin, les femmes et les chansons, se laisser porter par le courant de la vie comme la gourde flotte au fil de l'eau : Jouir intensément du moment présent, se concentrer sur l'essentiel !
Il est vrai que les thèmes abordés étaient tout aussi originaux que déconcertants, où fleurait un léger parfum érotiques contrastant avec pudibonderie occidentale actuelle. Elles proposaient un esthétisme ludique et léger éloignée des Beaux-Arts du Japon ancien car bon marché et jouissant d'un grand tirage.
Pour les Shunga ("images du printemps"), j'ai lu dans le catalogue qu'elles furent bannies en 1722 pour leurs phallus et leurs vagins disproportionnés : on les nommait warai-e , "images pour rire". Idem pour les images démoniaques et monstrueuses (Obon Yôkai).
Elles reviendront au début du 19ème siècle dans les sharebon ("livres plaisants") avec des thèmes licencieux liés à la faune des quartiers, les filles de joie, les tenanciers de lupanars et les parvenus.
Bien qu'autarcique, le Japon d'Edo était un endroit hédoniste et libertin. Je vous renvoi à ce propos au manga de Tezuka "L'arbre au soleil" (Tonkam) avec l'arrivée des américains et surtout les méthodes d'enseignement de la médecine qui s'appuient sur les ouvrages hollandais, seul peuple marchands plus ou moins admis et résidant au XVIIème siècle dans l'ilôt artificiel de Deshima. Y a bien eu les Portugais mais ça ne dura pas longtemps (à cause la foi prononcée en leur religion).
Et le sexe avait une grosse place chez les japonais puisqu'on on recensa au milieu du 18ème siècle près de 7000 filles dans le quartier de Yoshiwara à Tokyô (si je ne m'abuse) vivant d'amour vénal et de pulsions sexuelles diverses.
D's©