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Only for Love / Chapitre 55 - Retourner la situation
« le: 11 Juin 2016 à 17h03 »
Après les échecs de plusieurs Saints d’argent, Saga attendait une réplique venant du Japon afin de se débarrasser de Seiya et de ses amis.
Il préférait profiter de cette interruption momentanée dans la lutte directe contre Athéna pour l’affaiblir.
Partout dans le monde, le Grand Pope avait fait envoyer des assassins dans le but, soit de rallier les derniers dissidents à sa cause, soit de les éliminer.
Pendant ce temps, nous achevions de traverser la Mer Egée…



Chapitre 55 - Retourner la situation

En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

2 novembre 1986.
Historiquement grecque, l’île de Ténédos est sous la souveraineté de la Turquie depuis le traité de Lausanne en 1923.
L’île compte de nos jours approximativement deux mille cinq cent habitants désormais majoritairement turcs.
Néanmoins, une petite communauté grecque y vit et tente de faire subsister les légendes d’antan comme celle voulant qu’un culte de la Déesse du Feu Sacré et du Foyer fût dressé ici.

Embarqués sur un navire de marchandises, après avoir passés sous les eaux la barrière maritime dressée par le Sanctuaire tout autour de Yíaros, Apodis, Marine, Philémon et Baucis arrivent à bon port.

Au sein d’une communauté où il n'est pas rare de croiser des femmes portant le voile, Marine et Baucis passent inaperçues après avoir enrubannées leurs visages masqués de femmes chevaliers.

Affublés de leurs Pandora Box sur le dos, Philémon suggère à ses amis : « Avant de nous faire repérer, nous ferions mieux de chercher un guide pour nous trouver rapidement le temple où est prisonnier le Jonc. »
Baucis s’engage dans un bar pour donner raison à son amant : « Oui. Il ne nous manque plus qu’à trouver un grec qui accepte de nous y conduire. »


A l’intérieur du bistrot, tout ce qu’il y a de plus contemporain, seuls des hommes profitent des boissons proposées sur la carte.
Dans un nuage de fumée soulevé par le tabac qu’ils inhalent tous, les autochtones s’étonnent de découvrir la présence d’une femme qui, malgré la toge qu’elle porte par-dessus ses vêtements pour dissimuler son identité, ne peut camoufler ses formes particulièrement avantageuses. Son opulente et ferme poitrine ainsi que son fessier rebondi ne passent pas inaperçus.
Apodis, Marine et Philémon la précédent. Les accompagnateurs sont vus d’un mauvais ½il par les clients, qui ne baissent pas les yeux devant les étrangers.
Préférant ignorer tout ceci, Apodis s’adosse au comptoir et demande au propriétaire : « S’il vous plaît. Nous sommes grecs et nous souhaitons visiter l’île. »
Un habitué répond pour le propriétaire : « Ici on paie d’abord une tournée quand on est étranger. »
Moins courtois qu’Apodis, le petit Philémon écarte du bras le malotru qui lui cache la vue du propriétaire : « Nous n’avons pas le temps pour ces petits jeux. »
Vexé, le client envoie son poing en direction de Philémon : « Petits jeux ! Tu vas voir si on rigole ici sale… »
Le provocateur n’a pas le temps de finir sa phrase que Philémon se saisit de son poing dans la paume de sa main. Il le sert si fort que le mal élevé courbe l’échine sous la douleur : « Tiens-toi tranquille sinon je te brise la main. »
Impatiente, Baucis tape du poing sur le zinc : « Où peut-on trouver un guide ici ?! »
Sur leurs gardes, Marine et Apodis voient se lever tout autour d’eux les compatriotes du rustre. Sans être effrayé, Apodis ne décolère pas envers Philémon : « Ce n'est pas croyable ! Tu as le don pour nous mettre dans de ces situations ! »
Philémon est amusé : « Quoi ?! Ce n’est pas moi qui l’ai cherché ! »
Le craquement des os rompus du poignet de son assaillant ouvre les hostilités.
Philémon se jette avec des yeux d’enfants et un sourire gredin : « Laissez-les moi les amis ! »

Ses trois amis font la moue devant le comportement enfantin du Saint de bronze du Lièvre, qui ressemble à un enfant se chamaillant avec d’autres dans la cour de récréation.

Une fois son divertissement achevé, Philémon revient vers le patron du bar en se frottant les mains : « Bon ! Ce guide ! »
Tremblant, le tenancier pointe du doigt le seul homme à ne pas avoir quitté sa chaise et qui continue de boire son café comme si de rien n’était : « L… Lui… Lui est grec, il connaît l’île comme personne ! »
L’homme montré du doigt accroît davantage l’impatience des visiteurs. Il termine paisiblement son café avant d’enfin se présenter à ses semblables : « Bonjour. En effet, je connais l’île mieux que quiconque. J’y suis né. Et si je me souviens bien des contes de mon grand-père, ce que vous portez sur votre dos derrière ces vieux draps se sont des Pandora Box n’est-ce pas ? »


En Finlande, au Lac Holtz :

Dans un lieu reculé de la Finlande, abandonné de toute civilisation en raison des légendes terrifiantes qui entourent cette immense surface aquatique, le Lac Holtz reçoit la visite d’un messager du Sanctuaire.

Positionnée au beau milieu de l’eau, élevée sur pilotis, une cabane abrite l’homme, habillé d’une tunique ocre, bardée d’épaulettes de cuir. Il est accroupit devant le destinataire du courrier qu’il apporte.
Celui-ci, laisse tomber la lettre frappée du sceau du domaine sacré sur le sol. Tout de noir vêtu sous sa Cloth bleu, l’homme au visage renfrogné et aux cheveux châtains se cramponne sur la barrière qui entoure la cabane.
Le soldat lui demande : « Seigneur Finrando Saint de bronze du Poisson Volant, que dois-je apporter comme réponse au Sanctuaire ? »
Les yeux noirs de Finrando assombrissent davantage son visage : « Rapporte au Sanctuaire que j’exécuterai mon élève Ichi Saint de bronze de l’Hydre pour haute trahison sans la moindre hésitation. »
Le messager repart aussi vite qu’il est arrivé en bondissant jusqu’à la berge.

Seul, le maître d’Ichi observe la silhouette de son disciple remonter vers la surface de l’eau : « Ichi. Voici déjà plus d’un mois que tu es revenu ici. Malgré tes dispositions à devenir chevalier, m’obligeant à assurer ta formation, je n’ai jamais réussi à apprécier l’homme que tu es. Voici que j’apprends que tu t’es battu pour des intérêts personnels, à l’encontre du Sanctuaire. Je vais me faire un plaisir de te punir. »


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos : 

Sortis du village principal où est regroupée la quasi-totalité de la population, Apodis et ses amis s’enfoncent dans la forêt.
Leur accompagnateur mène le pas et leur apporte les réponses qu’ils attendent : « … et le mythe le plus répandu ici est celui de Ténès. C’est à lui qu’on doit le nom de l’île. Cependant, il ne reste de cette légende que l’histoire. Aucun objet, aucune ruine n’y a survécu. »
Marine - " Dans ce cas, où nous conduis-tu ? "
Le guide - " Vous vouliez savoir s’il existe un temple ancien. Il y en a bien un. Mais personne ne s’y rend. Peu de monde, peut d’ailleurs précisément le localiser. Il s’agit de ruines. On dit que ce culte voué à une déesse a été abandonné des hommes en raison de son absence sur Terre. Le temps et un éboulement ont eu raison de cet édifice. C’est la première fois que je m’y rends. On dit que personne n’en est revenu vivant. Ah ! Les deux grands chênes ! Ce doit être un peu plus bas sur notre droite. "
Apodis étudie les alentours : « Il est vrai que les arbres et les feuilles mortes ne portent aucune trace de passage, qu’elle soit humaine ou animal. Le lieu est peut-être véritablement dangereux. Tu ferais mieux de nous laisser ici. Nous finirons par trouver seuls. »
Le natif de Ténédos s’engaillardit : « Non ! Je suis en présence des légendaires Saints ! Je ne crains rien ! »
Sans le moindre égard, Marine brise cet enthousiasme : « Tu parles d’une déesse qui a quitté la Terre. Sais-tu son nom ? »
L’autochtone répond fièrement : « Oui. Elle demeure en permanence sur l’Olympe. Il s’agit de la Déesse du Feu Sacré et du Foyer il s’agit… »
« D’Hestia ! », murmure Baucis.

Instantanément, un souffle puissant balaie un parterre de feuille en contrebas d’une pente et libère une crevasse.

Surprise par la réaction provoquée par son intervention, Baucis déclare : « Je pense que nous n’avons pas besoin de chercher davantage. »
L’Alcide s’avance en compagnie de Philémon et Apodis tandis que Marine s’obstine auprès de leur accompagnateur : « J’insiste, mais je préfère pour votre sécurité que vous ne veniez pas ! »
Tout sourire, l’homme lève les bras au ciel : « Puisque je vous dis que je ne crains rien avec… »
Le malheureux n’a pas le temps de finir sa phrase qu’une gerbe de flamme jaillit de sa poitrine.
Baucis passe ses mains devant son masque : « Par Hébé ! »
Le feu se propage sur tout son corps depuis l’intérieur et le calcine sous l’½il impuissant de ses touristes.

Les quatre amis se regroupent et tournent sur eux même pour chercher l’origine d’un tel mal :
Apodis - " De quoi Hestia est la Déesse déjà ? "
Marine - " Du Feu Sacré et du Foyer. "
Philémon - " Le feu sacré c’est plutôt un sentiment noble et passionné, une ardeur, et non pas le feu au sens littéral du mot. "
Baucis - " Parmi les attributs d’Hestia, se trouve le feu. Je pense donc que ce lieu est protégé. "
Apodis pointe du doigt une immense créature enflammé qui débouche du haut d’une colline :
Apodis : «  Tu ne crois pas si bien dire ! »
Le comique du groupe, Philémon, lâche un cri de panique : « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? »
Marine détaille la forme particulière que dessine cette silhouette de flamme : « Cela ressemble à une araignée. Une immense araignée de feu. »
Pour amuser la galerie, Philémon se cache comme un enfant derrière Apodis : « Tu m’étonnes qu’elle est immense ! Elle doit bien faire trois mètres de haut ! »
Baucis ne les rassure pas en ajoutant : « Comme ses copines. »
Les Saints se retournent et voient depuis les airs voler une guêpe de feu suivi par un lombric qui laisse une terre calcinée là où il rampe.
Philémon grimace : « Et moi qui ai la phobie des insectes. »

Inopinément, d’entre ses mandibules flamboyantes, l’araignée balance l’équivalent d’une balle sur le groupe. L’équipe se disperse tout autour de l’entrée du temple.
La balle, une fois au sol, provoque une explosion.
Philémon s’essuie le front : « Merde ! C’est comme une grenade ! »
Sa petite amie le rappelle à la raison : « C’est pire que cela. Cette bombe de feu était chargée d’une cosmo énergie inquiétante. »
Pendant qu’elle étudie la situation, la bande se laisse cerner.
Apodis - " Je comprends maintenant pourquoi le guide disait que personne ne s’aventurait ici et surtout que personne n’en était revenu vivant. "
Marine - " Si on regarde bien l’anatomie de ces monstres de flammes, on remarque qu’un foyer les alimente en cosmo énergie au centre de leurs corps. "
Apodis - " J’imagine qu’il s’agit du noyau qui les alimente en cosmos. "
Leur réunion est interrompue, lorsque le lombrics se jette sur Philémon qui s’échappe d’une roulade en hurlant : « Maman ! »
Baucis s’élève pour frapper le ver à l’endroit stratégique indiqué par Marine, mais elle entend dans son dos le bourdonnement de l’hyménoptère géant. Grâce à une agilité parfaite, elle réussit à esquiver le dard brûlant aussi large qu’une poutre embrasé et aussi acéré qu’une lance.
Marine prend appui sur le sol pour la sortir de ce mauvais pas, mais Apodis la retient en arrière afin de lui éviter une nouvelle balle de feu de l'arachnide.
Philémon détale aussi vite que le lièvre symbole de sa constellation protectrice pour éviter l’acharnement du ver.
Le rampant arrive devant Marine et Apodis. L’Oiseau de Paradis choisit de concentrer sa cosmo énergie : « Je vais nous débarrasser de toi en premier ! Wing Jikan No Yoyu ! »
Il abat ses bras en direction de l’insecte pour le balayer avec le vent qu’il a invoqué.
Cependant, la guêpe s’interpose et d’un battement d’aile repousse le souffle d’Apodis.
Apodis, Philémon et Marine sont repoussés par un air brûlant.
Baucis profite que la guêpe et le ver soient déconcentrés par les Saints, pour les attaquer à revers. Seulement, elle est coupée dans la concentration de son cosmos par l’araignée qui la percute de plein fouet avec une de ses balles. L’explosion repousse Baucis dans les bras de ses alliés.

Apodis, premier debout, se met en tête du groupe : « Bon sang ! Ça va être plus compliqué que je ne le pensais. »
Philémon pose sa main sur l’épaule de son compatriote : « Ça suffit Apodis. Nous allons nous en charger. Toi, continue ton chemin à l’intérieur de ce passage souterrain. »
Baucis et Marine confirment l’initiative du Lièvre : « Nous ne savons pas encore combien de dangers nous attendent. Cela ne sert à rien que nous nous épuisions tous les quatre ici. Garde tes forces pour l’intérieur. »
Baucis - " Nous allons les retenir. "
Philémon fait un clin d’½il à son ami : « Je dirais même qu’on va se charger d’eux et qu’on te rejoindra à l’intérieur. »

L’araignée aide Apodis à se décider. Elle balance une nouvelle balle que Marine fait exploser à distance : « Ryu Sei Ken ! »
Apodis grimace à l’idée d’abandonner les siens. Toutefois, il se concentre sur l’importance de sa mission : « Entendu. Je vous attends à l’intérieur du temple. Pour Athéna ! »
Marine et Philémon répondent en ch½ur : « Pour Athéna ! »
Baucis, elle, hoche simplement la tête.

Le grec plonge alors la tête la première dans l’entrée du tunnel.


En Finlande, au Lac Holtz :

Les mouvements provoqués sur la surface de l’eau, habituellement calme, remémorent au lac les six dernières années.
En effet, depuis bien longtemps, le Lac Holtz était resté habitué à une grande quiétude dont le propriétaire de la cabane surélevée était témoin.
Finrando Saint de bronze du Poisson Volant n’avait pas eu de disciple depuis bientôt dix ans avant l’arrivée d’Ichi.
Un jour, ce petit garçon est entré dans sa vie. Et le voici obligé aujourd’hui de l’en sortir.
Le finlandais, assis les bras sur la table, grimace en regardant la Pandora Box de son disciple. Il n’a pas bougé d’ici depuis le départ du messager et sent l’approche de son élève.

Depuis la surface, l’apparence ondulée d’un corps humain remonte peu à peu.
D’abord, c’est la crête blanche qui coiffe le crâne d’Ichi qui sort en premier de l’eau. Puis, son visage souriant. En nageant sur place, il se félicite : « J’ai donc réussi. Mes mouvements sous l’eau sont de plus en plus rapides. J’imagine qu’à l’air libre mes attaques devraient bénéficier d’un impact et d’une vitesse plus importants. J’irai m’exercer après le repas dans la forêt pour vérifier ça. »
En quelques mouvements de bras, il regagne la demeure de son maître.

Sur la terrasse, il ramasse la serviette qu’il avait laissée auparavant. Il essuie son visage et son torse nu. Celui-ci présente de nombreuses cicatrices témoins de son difficile apprentissage pour devenir chevalier. Athlétique, son buste se gonfle de bonheur au moment d’entrer dans la cabane où il a vécu pendant six avec son professeur.
A l’intérieur, il remarque son mentor qui le fustige du regard.
Ichi regarde son pantalon mauve et ses chaussures de ville goutter sur le sol. Il passe sa main derrière sa tête en signe de confusion : « Pardonnez-moi maître. Je nettoierai ça une fois que je me serai changé. »
Le regard noir de Finrando ne décolère pas pour autant. Le japonais cesse de faire le pitre et réalise qu’un malaise plus profond s’installe : « Seigneur Finrando, qu’y a t il ? »
Finrando - " Te rappelles-tu des histoires que je t’ai enseigné ? Du Sanctuaire plus particulièrement ? "
Ichi - " Oui. Bien sûr, le Sanctuaire, berceau de la chevalerie. "
Finrando - " Le Sanctuaire vient de me faire parvenir un courrier, dans lequel il m’expose qu’au Japon des Saints se sont battus pour leurs propres intérêts. "
Ichi comprend la colère de son maître : « Oui. Je sais. Je m’en excuse. Je… »
Finrando - " Ce n’est pas tout. Vous vous êtes battus pour le compte d’une jeune fille, qui a révélé l’existence des chevaliers au monde entier et qui aujourd’hui se fait passer pour Athéna. "
Ichi - " Pour Athéna ?! Il n’en a jamais été question lorsque je suis parti du Japon. "
Finrando - " Toujours est-il que des assassins ont été envoyés au Japon pour l’éliminer elle, ainsi que ceux qui la protègent. "
Ichi se précipite vers sa Pandora Box : « Comment ?! Alors Phénix n’agissait pas pour son propre compte. Je dois absolument aller aider Seiya et les autres. »
Le Poisson Volant apparaît devant lui et le repousse en intensifiant son cosmos : « Pas la peine d’aller jusqu’au Japon pour mourir. Les ordres sont clairs. Le Sanctuaire a choisi de t’éliminer. »
Ichi se relève, déterminé : « Vous ne comprenez pas. Certes nous nous sommes battus en toute insouciance en nos propres noms. Cependant le tournoi a été interrompu et nous avons été attaqués bien avant que le Sanctuaire nous considère comme des renégats. Cela cache quelque chose. »
Finrando - " Qu’importe. Vous avez désobéi aux lois. La volonté du Grand Pope est unanime. "
Ichi - " Maître. Je vous dois tout. Et malgré la façon dont vous m’avez traité, je rechigne à l’idée de vous affronter. "
Finrando affiche un visage méprisant à l’encontre de son élève : « Tant mieux, ma victoire n’en sera que plus rapide. »
Ichi - " Votre victoire ? Vous oubliez qu’aujourd’hui je suis moi aussi un Saint de bronze. Un chevalier de votre rang ! "
Finrando - " Qu’importe. Tu es un faible et tu as toujours été un faible. Tu le resteras toute ta vie. Même en étant Saint. Le courrier me rapporte, que tu as perdu pitoyablement pendant le tournoi au Japon. Cela ne m’étonne pas de toi. Je me suis pourtant donné beaucoup de mal pour t’enseigner ce que je sais. Seulement, tu n’as jamais su l’assimiler. "
Ichi reproche à son maître sa méchanceté : « Peut-être que si j’avais eu un mentor plus attentif à mes lacunes il m’aurait permis de corriger ça et de me rendre meilleur ? Depuis mon retour, bien que je vous ai dis vouloir progresser davantage, vous ne vous êtes pas soucié de moi. Je m’entraîne seul depuis plus d’un mois. »
Finrando - " Tu m’as déjà fait perdre suffisamment de temps pendant six ans. J’ai été fait chevalier ici, sur ma terre natale. Le Sanctuaire m’a demandé de veiller sur la seconde armure du Lac Holtz et de former celui qui en serait digne. Pendant vingt ans j’ai vu venir des apprentis des quatre coins du monde et tous étaient plus motivés et performant que toi. Cependant, aucun n’a survécu à l’épreuve du lac. Plonger dans les abysses pour affronter les créatures mythologiques qui veillent sur l’armure demandait trop d’effort. Seulement, toi, le plus mauvais de mes apprentis, le plus lâche, le plus faible, tu y es parvenu en plongeant contre mon gré pour réaliser l’épreuve. "
Ichi - " Si j’ai tenté l’épreuve c’est parce que je ne supportai plus vos brimades et vos mauvais traitements. J’espérai vraiment trouver la mort au fond de l’eau. Seulement, lorsque je suis arrivé jusque devant la Pandora Box de l’Hydre, j’ai réalisé qu’au final c’était à ma portée. Qu’en fin de compte je n’étais pas plus mauvais qu’un autre. J’ai alors enfin vu l’occasion de briller à vos yeux. Cette confiance soudaine m’a permis de surmonter le reste des épreuves. Je ne suis pas un lâche ni un faible ! "
Déjà revêtu de sa Cloth, Finrando se met en position de combat : « Alors prouve-le ! »
Ichi essaie de se concentrer aussitôt pour appeler à lui son armure mais déjà son maître retourne la table pour arriver devant lui : « Tu es trop long à entrer en osmose avec ta Cloth ! »
Le Poisson Volant lui colle un violent coup de tête, qui lui brise le nez en l’envoie au tapis.

Le finlandais laisse son ancien apprenti sur le sol et ramasse l’urne de l’Hydre. Il la saisit par les lanières et la balance en direction du lac, arrachant par la même occasion le mur de la maisonnette.
Ichi, le visage ensanglanté, voit son armure plonger dans les abysses.
Démuni devant son maître protégé de la Cloth du Poisson Volant, Ichi l’observe attentivement : « Ses pieds jusqu’aux genoux sont protégés. De même que ses hanches, son buste et ses épaulettes. Il faut que je reste méfiant de ces fameuses épaulettes. Les ailes du Poisson Volant qui sont rattachées aux épaulettes et descendent jusqu’à ses cuisses sont aussi dangereuses que les griffes qui jaillissent de mon armure. »

Le japonais est sorti de ses songes lorsque son maître poursuit sa correction. Il le fait retomber sur le dos, après lui avoir décoché un coup de pied au visage.
Il espère lui éclater la cage thoracique du plat du pied, mais Ichi se dégage en roulant sur le sol. Bien vite, la cabane présente ses inconvénients. Le mouvement d’Ichi est stoppé par une cloison. « Dans un espace aussi confiné, je ne peux me dégager librement. », reconnaît-il.
Finrando revient à la charge mais cette fois-ci Ichi est plus prudent. Il esquive une droite et riposte d’un crochet du gauche dans l’abdomen non couvert de son professeur. Celui-ci réplique avec une seconde droite qu’Ichi est obligé de paré. Son bras nu, dépourvu de la moindre protection, est immédiatement brisé par le poing bardé de bronze de Finrando.
Nez et bras gauche cassé, Ichi recule pour chercher une solution. Toutefois, en à peine trois pas il est acculé contre un nouveau mur. « Je ne peux me déplacer de toute ma vitesse ici. Et même si je brise les murs, je suis entouré par l’eau. Il me suffirait de bénéficier d’un mode de défense. », conclut-il.

Ses pensées sont de nouveaux troublées par le Poisson Volant. Les deux ailes reliées à ses épaulettes battent dans l’air subitement : « Tu n’as pas oublié cette technique que je t’ai enseigné. Le Melow Poison que tu diffuses par les griffes de ta Cloth, moi je le répands par l’air qu’abattent mes ailes. Dans une pièce si petite, tu vas rapidement être intoxiqué. »
Ichi se passe le bras droit devant le nez, ce qui amuse profondément son professeur : " Ha, ha, ha… Allons, tu sais très bien que le poison pénètre directement ta peau. Il ne suffit pas de l’inhaler pour en mourir. Succombe dorénavant au… Melow Poison ! "
Les mouvements des ailes deviennent plus violent, plaquant Ichi contre le mur. Sa chair est lacérée par les courants d’air et permet au poison de pénétrer plus rapidement dans ses entrailles. Ses petits yeux ébène se ferment et son visage grimace pour témoigner sa douleur…


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

Profond de plusieurs centaines de mètres, le gouffre dans lequel s’est jeté Apodis prend fin.
Plongé dans l’obscurité tout le long de sa chute abyssale, le Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis découvre par une étrange lueur qui provient de l’intérieur. Les vestiges du temple d’Hestia. Des colonnes doriques maintiennent la croûte terrestre, qui forme désormais le plafond. Devant, sur le parvis, gisent les bases de quelques statues arrachées.

En pénétrant à l’intérieur, Apodis est stupéfait de voir que la lumière qu’il apercevait depuis devant provient des torches accrochées contre les murs : « Elles brûlent toujours. Je sens la même cosmo énergie que celle des animaux de dehors. J’imagine qu’il s’agit de l’empreinte du cosmos d’Hestia qui les a maintenues allumées. »
Le vacillement des flambeaux offre à Apodis la vue d’un temple ravagé. Hormis les pierres qui soutiennent l’édifice, il ne reste rien : « Voici donc ce qu’il reste du temple d’une déesse qui a préféré l’Olympe à la Terre. »

Brusquement, son attention est frappée par l’appel du cosmos oppressant ces lieux. Il provient d’une statue. La seule encore debout, au fond du temple. Elle représente la déesse Hestia droite, debout, sévèrement vêtue.
Plus précisément, le cosmos provient du sceau qui retient un objet sur le banc de pierre au pied de la statue.
De là où il se trouve, Apodis reconnaît un bracelet, semblable à celui que Marine a confié à Hébé : « Le second Jonc d’Athéna ! Il est là. Je n’arrive pas à croire que c’est le cosmos qui administre ses pouvoirs au sceau qui régit tout le secteur. Je vais devoir l’en débarrasser. », choisit le chevalier.

Il projette un coup à distance en espérant que l’onde de choc soit suffisante pour défaire l’empreinte. Cependant, son coup s’essouffle à mesure qu’il parcourt la pièce : « Comment est-ce possible ? »
En guise de réponse, de derrière la statue d’Hestia, sort un homme vêtu d’une armure inconnue d’Apodis :
Apodis - " Qui es-tu ? Qu’est-ce que tu veux ? "
L’homme, un Ange, habillé d’une Glorie semblable à celle d’Odysseus et Theseus qu’affronteront Seiya et les siens dans quelques mois, ne daigne pas répondre.
Il attaque si vite qu’Apodis n’a même pas le temps de voir les traits de son visage.
Sa course s’arrête devant Apodis, contre lequel il pose simplement et délicatement l’index de sa main droite contre son épaulette gauche. Une détonation en découle. Apodis est repoussé en arrière, l’épaulette fissurée et le bras ensanglanté.

En se redressant, le grec peut enfin observer son adversaire. Ses cheveux verts descendent sur ses épaules et devant ses sourcils. Sa fine bouche n’esquisse pas la moindre réaction et son regard est inexpressif. Son visage est lisse, ses traits fins.
Apodis se relève et répond à son tour. Il écarte les bras et concentre sa cosmo énergie : « Wing Jikan No Yoyu ! »
Le Battement d’Ailes Majestueux soulève les gravats et la poussière du temple à mesure que le souffle approche l’Ange.
Pourtant, sans exprimer une fois de plus le moindre sentiment, il tend le bras devant lui comme pour couper le vent. Celui-ci se scinde en deux et fait demi-tour dans son dos pour revenir vers Apodis.

Pour ne pas encaisser sa propre attaque, Apodis saute dans les airs.
Il est suivi par l’Ange qui surgit devant lui. Sans pouvoir se mouvoir à sa guise, Apodis ne peut empêcher l’index de l’Ange de se poser contre son thorax cette fois-ci.
Une nouvelle détonation projette Apodis contre la roche qui fait office de plafond et lui fend la protection au niveau de la poitrine.
Il retombe violemment au sol, le torse ensanglanté.

En Finlande, au Lac Holtz : 

A l’intérieur de la petite maison sur pilotis, Ichi est encastré contre le mur.
Sous les effets du Melow Poison, Finrando pense lui avoir fait perdre connaissance. Il s’avance vers l’Hydre pour l’achever.
Lorsqu’il lève le bras en l’air pour prendre son élan, Ichi profite que son professeur baisse sa garde pour s’extraire du bois. Avec son poing droit, il le cogne sur le sommet du crâne suffisamment fort pour le distraire quelques secondes.
Le japonais enchaîne en écorchant les biceps, l’abdomen et l’intérieur des cuisses du chevalier chaque fois là où il n’est pas protégé.

Finrando recule de quelques pas en observant ses plaies : « Comment peux-tu encore bouger ainsi, alors que le poison devrait déjà avoir détruit ton système nerveux ? »
Ichi - " J’ai peut-être été pour vous un mauvais élève, mais j’ai été selon moi un élève attentif. Vous m’avez enseigné que pour que les effets d’un poison soient inutiles, il faut soi-même bénéficier d’un poison plus nocif. "
Finrando - " Je ne comprends pas. Le poison de l’Hydre ainsi que celui du Poisson Volant réside dans leurs armures. Comment peux-tu en bénéficier sans ta Cloth ? "
Ichi - " Simplement en me l’étant inoculé. Après ma défaite au Japon, j’ai réalisé qu’il était inutile de posséder une armure dotée d’un puissant poison si celle-ci est détruite. J’ai alors choisi de faire de mon corps une seconde armure. A la fois défensive et offensive, puisqu’en le manipulant, j’ai su rendre mon poison plus puissant que le votre,. "
Finrando - " Offensive ?! Que veux-tu dire ? "
Ichi - " En vous frappant sur chaque partie non protégée de votre corps, j’ai libéré ce poison. Le Melow Poison n’est plus simplement dans mes griffes, il est également dans mes coups. J’ai retenu les leçons de mon échec au Japon. J’ai affronté un chevalier à l’armure renforcée par les glaces éternelles et au corps capable de reproduire ce même froid. Vous le sauriez si vous vous étiez soucié un peu de ma présence ici depuis un mois. J’ai passé toutes mes journées à m’entraîner. "

Finrando commence à être tétanisé. Ses membres se raidissent et de tous ses orifices s’écoulent du sang. En crachant de l’hémoglobine, Finrando cherche à blesser davantage l’esprit de son disciple : « Tu es revenu ici dans le but de t’améliorer en défendant cette fausse Athéna. Mais sache que tu n’atteindras jamais le niveau nécessaire. Des Saints d’argent ont été envoyés au Japon. Tu resteras toujours le faible orphelin que tu étais en arrivant ici. »
Ichi passe aux côtés de son maître sans poser les yeux sur lui : « Un faible qui a suffisamment progressé pour vous vaincre. »
Finrando succombe après avoir entendu ces paroles. Son corps s’écroule lourdement contre le sol, passant à travers le plancher et sombrant au fond du lac.

Seul, accoudé sur la rambarde de la terrasse, Ichi pleure : « Il avait beau être cruel, il avait pourtant raison sur un point. Si le Sanctuaire envoie des assassins de plus en plus puissant contre Seiya et les autres, le fossé que je suis venu rattraper va continuer de se creuser. Quoi qu’il en soit, je vais continuer à m’entraîner et je reviendrai auprès de Saori plus utile que je ne le suis aujourd’hui. Et si elle prétend être réellement Athéna, alors je pousserai davantage à l’extrême mon entraînement pour la rejoindre encore plus fort. Le fait de n’avoir pu appeler à moi mon armure sans avoir besoin d’une extrême concentration est la preuve qu’il me reste encore une marge à réduire. Adieu maître. »
Le Saint de l’Hydre replonge aussitôt dans le Lac Holtz pour poursuivre sa quête.


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

Dans la forêt, Marine, Baucis et Philémon sont de plus en plus dérangés par les monstres de feu. Les tentatives des animaux provoquent d’importants dégâts. Un incendie se propage peu à peu tout autour du trio.


Face au ver, Philémon esquive les charges. Le lombric tente d’écraser avec son corps enflammé le petit grec.
Ainsi, les gerbes de feu qu’il laisse au sol encerclent le Saint du Lièvre. Il commence à suffoquer, la tête lui tourne : « l’incendie qui m’entoure prélève l’oxygène de l'air et m’empêche de respirer. Je vais mourir par asphyxie si ça continue. »
Le chevalier de bronze est interrompu dans sa réflexion lorsque le ver attaque de nouveau.
Affaibli, Philémon n’arrive plus à s’éloigner. Il passe ses bras devant lui et accroît sa cosmo énergie pour se protéger du cosmos ardent. Néanmoins, la force de son adversaire l’écrase peu à peu au sol.

A ses côtés, sa compagne, Baucis, court pour échapper au dard flamboyant de la guêpe. L’aiguillon enflammé détruit tout sur son passage. L’Alcide finit acculée contre un monticule de pierre. Le bourdonnement de l’insecte volant effraie davantage sa victime. La femme chevalier espère le repousser en dégageant un déluge de flèches de son poing : « Héraclès Hunting Arrow ! »
Cependant, l’émanation de chaleur dégagée par le corps de la guêpe atténue la puissance des coups de Baucis.
Le dard brûlant lui transperce la cuisse. Le craquement de la végétation à l’épreuve des flammes couvre le hurlement de détresse de la guerrière d’Hébé.
L’aiguille se libère de la jambe et reprend son élan pour piquer de nouveau. Baucis veut profiter de se laps de temps pour fuir mais sa jambe, considérablement brûlée, ne répond plus.
Ses membres se raidissent : « Le feu produit des gaz toxiques. Le venin qu’il m’inocule est fait de ces poisons. Je ne peux plus bouger, je suis à la merci d’une seconde piqûre. »

A proximité, de branches en branches, Marine évite les balles de feu de l’araignée.
Cependant, celle-ci, heurtent les arbres et propagent un immense feu de forêt qui rejoint celui engendré par les deux autres monstres.
Contrainte de regagner le sol, Marine perd en agilité. La Saint d’argent de l’Aigle est sans issue face à l’incendie : « Dommage. Le feu sacré qui l’alimente est situé au centre de son corps. Si je parvenais à sauter juste au-dessus de lui, j’aurai pu frapper ce point vital. »
L’araignée en profite pour dégager davantage de puissance en transformant sa balle en boule de feu. Marine a à peine le temps de se retourner. Elle se contente de prononcer : « Kuken. »
La boule la percute de plein fouet et la dévore.

Toujours à la lutte sous le poids des flammes du rampant, Philémon essaie de gagner du temps. « Il produit des gaz chauds qui chassent l’air. Cela accentue le phénomène d’asphyxie. Pour lutter contre, il va falloir que je crée un puissant courant d’air. Seulement, pour exécuter mon arcane, j’ai besoin de beaucoup d’espace pour me déplacer. Or, la surface tout autour de nous n’est qu’un immense brasier... ».
Le poids des flammes lui rappelle l’urgence de la situation. Il décide : « Tant pis. Je devrais me déplacer dans le feu suffisamment vite pour espérer ne pas être brûlé par les flammes. Seul le septième sens me le permettra. Maître Aldebaran, que votre enseignement me permette de surpasser mes limites ! »
Philémon se dégage du poids du ver et s’échappe dans les flammes à tout vitesse.
Le bras devant le visage, il réalise : « La chaleur me pèse. Je dois aller plus vite. Plus vite encore… »
Il tournoie à l’intérieur du foyer autour du ver en accroissant sa cosmo énergie. En une fraction de seconde, il réalise plus d’un millier de tour, créant ainsi un cyclone qui emprisonne le monstre. Le feu tout autour de lui est éteint par les bourrasques que sa course produit. A l’intérieur du tourbillon, le corps de flammes du ver se désintègre peu à peu, ne laissant place qu’au noyau de cosmo énergie qui alimente la bête.
Le chevalier d’un mètre cinquante-huit cesse sa course et dresse ses deux mains en directions de sa tornade pour en prendre le contrôle et en augmenter l’énergie destructrice. La vitesse circulaire approche la vitesse de la lumière. Philémon achève son ½uvre en cognant de son poing galvanisé d’énergie cosmique le noyau après avoir traversé sa propre tornade : « Lepus Sweep ! »
Le choc est si violent que la cosmo énergie du noyau s’envole dans les airs et se dissipe, pour ne laisser retomber qu’un vulgaire ver de terre semblable à tous les autres qui peuplent cette forêt.
Philémon, l’épiderme partiellement rongé, sourit devant l’insecte devenu inoffensif.

Immobilisée, Baucis réfléchit en attendant le coup de grâce : « Le foyer que dégage son noyau vital atténue mes Flèches d’Héraclès. Il faudrait que je frappe ce point à pleine puissance. Pour cela, l’idéal serait de repousser le feu comme je l’avais fait sur Yíaros face à Babel du Centaure. »
Elle essaie de se redresser mais le poison la paralyse. Pourtant, elle refuse de se laisser mourir. Sa main caresse le bas de son ventre qui abrite le fruit de son amour pour Philémon. Cela lui donne suffisamment de détermination pour recueillir la cosmo énergie suffisante entre ses mains.
Au moment où l’aiguillon s’abat, le corps de flamme est immobilisé par une rafale.
La masse d’air libère des grains de sable par millions qui tournoient à la vitesse de la lumière et corrode le monstre : « Sand Swirl ! »
L’atteinte du septième sens par Baucis lui permet de dissiper le poison qui la ronge. Elle se relève et observe le noyau.
Celui-ci, à peine le Tourbillon de Sable finit, commence à libérer de nouveau des flammes.
La compagne de Philémon refuse de le laisser reprendre des forces et le frappe de son second arcane : « Héraclès Hunting Arrow ! »
Encore plus rapides que des étoiles filantes, les Flèches d’Héraclès percent et anéantissent le noyau. Ce dernier explose et libère une guêpe qui repart aussitôt vers son essaim.

L’arachnide tourne le dos à sa proie qui retombe calcinée. Le corps de Marine est méconnaissable.
Pourtant, sa voix résonne dans l’atmosphère : « Eagle Toe Flash ! »
Prise à revers la bête n’a pas le temps de remarquer que le cadavre a disparu et que, en pleine santé, Marine arrive pied en avant, chargé de cosmos, depuis les airs.
Le noyau est heurté, provoquant la destruction du monstre.
Seule subsiste une petite araignée qui gesticule ses pattes à toute vitesse pour se cacher loin d’ici.
Philémon et Baucis rejoignent Marine :
Philémon - " Tu m’as fais peur. "
Baucis - " J’ai cru un instant que tu avais vraiment été touchée par ce monstre. "
Marine - " J’ai utilisé le Kuken sur moi. Le Coup Vide est censé faire voir l’illusion d’un coup porté. En pensant m’avoir touché, la bête a baissé sa garde et j’ai pu détruire son point vital. "
Philémon - " Ce qui est étonnant, c’est que ces animaux ont repris leur état normal une fois vaincus. "
Marine - " Le cosmos d’Hestia possédait ces insectes. Elle leur a prodigué la ferveur de défendre ce lieu. Une fois leur feu sacré détruit, ces bêtes n’avaient plus de raison de garder cette forme. Elles sont libérées de l’influence maléfique de la déesse. "
Baucis - " Heureusement, nos techniques de vent à Philémon et moi ont réussi à éteindre les feux. La vie va reprendre son court normal ici. "
Tout à coup, désormais silencieuse, la forêt libère les hurlements de détresses qui proviennent du tunnel où s’est engouffré Apodis.

Marine, Baucis et Philémon hochent la tête pour s’accorder sur l’importance de porter assistance au Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis.



La Guerre Sainte contre l’Olympe commençait ce jour à partir du moment où nous profanions le domaine d’Hestia. Sans connaître à ce moment la nature exacte de mon adversaire, j’étais soumis à la supériorité de l’Ange. J’attendais avec impatience les interventions de mes compagnons. Peut-être cela me permettrait de garder la vie sauve ?
Intervenir auprès de ses amis était aussi le souhait d’Ichi. Néanmoins, il savait que la route était longue, s’il voulait approcher le niveau de Seiya et des autres. Pourtant, il ne soupçonnait pas qu’il avait réussi quelques progrès. A bien y réfléchir, il s’était servi de sa défaite contre Hyoga pour retourner une situation critique et vaincre un Saint de bronze expérimenté sans même porter son armure. Il fallait espérer le même succès pour ses camarades Jabu, Nachi, Geki et Ban.

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Only for Love / Chapitre 54 - Les Joncs d’Athéna
« le: 13 Février 2016 à 18h08 »
Cela faisait neuf jours que Marine et moi étions sur Yíaros. Neuf jours que je faisais le vide dans mon esprit. Je m’y trouvais en bonne santé, heureux, épanoui, auprès de Juventas et Agape.
Je savais hélas que ça ne durerait qu’un temps. Le sort de la Terre allait nous rattraper et bientôt j’allai devoir dire encore une fois au revoir à des êtres que je chérissais.



Chapitre 54 - Les Joncs d’Athéna

En Grèce, sur l’île d’Yíaros : 

28 octobre 1986.
Main dans la main, Apodis et Juventas se baladent le long des jardins du temple d’Héra en compagnie de Philémon et Baucis. Devant eux, la jeune Agape court après un lapereau qui s’amuse de sa lenteur.

Profitant des derniers rayons de soleil de l’automne, les couples évoquent Marine. L’Alcide aux longs cheveux violets confirme :
Baucis - " ¼dipe est formel. Il n’a pas quitté l’entrée du Parthénos depuis qu’elle s’est enfermée avec Hébé. Aucune d’elles n’est sortie de la salle d’audience. "
Juventas soupçonne un danger qui les dépasse : « Pour que sa Majesté Hébé s’inquiète autant des raisons de la présence de Marine, c’est qu’il doit s’agir d’un objet avec des vertus spécifiques. »
Apodis - " Marine m’a montré un bracelet qu’elle a présenté comme étant une clé. Jusqu’à maintenant, même si elle était réservée, Marine n’a jamais donné le sentiment de détenir des renseignements importants. "
Philémon qui l’a côtoyé également au Sanctuaire rajoute : «  Le plus étrange c’est qu’elle se soit simplement présentée à Hébé comme étant l’Aigle, et non pas comme Saint de l’Aigle. Moi quand je donne mon nom je ne dis pas « le Lièvre », je dis Saint du Lièvre. »


En Grèce, au Sanctuaire, dans la chambre du Grand Pope : 

Sur le long tapis rouge de la salle de réception du représentant d’Athéna, Phaéton se recroqueville sur lui-même face à la colère de son souverain.
Des éclairs jaillissent de l’effluve de son cosmos lorsqu’il évoque la situation au Japon : « Les chevaliers d’argent ne suffisent pas ! Ils ont réchappé à la destruction de l’Ile de la Mort ! Le casque de l’armure d’or demeure irrécupérable ! »

Catapulté général en lieu et place du déserteur Gigas, Phaéton reste là à subir les sautes d’humeur du Saint des Gémeaux. Il se hasarde à demander : « Dois-je envoyer d’autres Saints d’argent contre ces renégats ô Votre Grandeur ? »
Saga - " Non. Malgré tout, ils ont beaucoup souffert ces derniers temps. Je pense que laisser une période de vide sera idéale pour les faire douter. En attente d’une réplique de leur part, je souhaite accroître nos efforts sur des mises à mort stratégiques. Ainsi, Athéna sera privée d’alliés. "
Phaéton - " Que votre volonté soit respectée Altesse. "
Saga - " Bien. Tous les Saints ayant participé à la Galaxian War au Japon sont des traîtres. D’après nos espions envoyés au Japon, certains sont repartis auprès de leurs maîtres. Nous allons donc envoyer nos messagers les informer de la décision prise par le Sanctuaire de les éliminer. Pour ceux qui sont réticents à cette idée, nous ferons d’une pierre deux coups. "
Phaéton - " Qu’il en soit ainsi. "


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos : 

A l’intérieur des couloirs du palais, Hébé et Marine marchent côte à côte. Aucune des deux n’émet le moindre mot. Le visage de la déesse est franchement soucieux, tout comme l’est celui de Marine sous son masque.

Elles regagnent la salle du trône sur lequel siège le bracelet que le chevalier d’argent a amené jusqu’ici.
Hébé - " Je vais essayer de nouveau. "
Marine - " Déesse Hébé, vous devriez vous reposer. Cela fait neuf jours que vous concentrez sans cesse vos efforts. "
Hébé, douce et généreuse, pose sa main sur l’épaule de Marine pour la rassurer : « Ne t’en fais pas. Ce repas frugal m’a rendu des forces. »
Marine - " Je m’inquiète, le sceau apposé semble être difficilement décelable. "
Hébé - " Le sceau n’est pas vieux. Voilà pourquoi il représente un obstacle pour moi. "

La Déesse de la Jeunesse s’assied sur son impérial fauteuil et enferme dans la paume de ses mains le bracelet sur lequel s’entremêlent les symboles de la Chouette et de Pégase.
Elle clôt ses paupières et entre dans une transe spectaculaire. Bien que Marine assiste à ce phénomène depuis plus d’une semaine, la japonaise n’en reste pas moins émerveillée.
Le cosmos de la divinité inonde la pièce de sa lumière bienfaitrice et englobe peu à peu l’île.
L’énergie, empreinte d’une grande bonté, touche chaque personne d’Yíaros et leur réchauffe le c½ur.


Soudain, la déité aux cheveux blonds stoppe sa méditation et s’écroule sur le sol.
Marine se précipite vers elle pour la relever tandis que les gardes, pris d’un étrange pressentiment, pénètrent dans la pièce accompagné d’¼dipe Alcide des Oiseaux du Lac Stymphale.
Un soldat s’inquiète : « Elle vomit du sang ! »
La voix d’¼dipe retentit dans la pièce : « Je sens qu’elle essaie de maintenir un lien télépathique. C’est ce qui la fait souffrir. »
Hébé relève la tête vers le ciel, du sang coule de ses oreilles, de son nez et de ses yeux.
Marine - " Arrêtez Majesté ! "
Cependant, la transe d’Hébé ne cesse pas. Au contraire, elle s’amplifie, le souffle semble manquer à la vénusté. Ses yeux sont révulsés. Elle bleuit et convulse.

Des flashs frappent son esprit : « Mer Egée… Ile de Ténédos… Au c½ur de l’île… Sous terre… La croûte terrestre qui forme un plafond soutenu par des colonnes doriques… Les vestiges d’un temple… Sur le parvis, des statues arrachées dès leurs bases… L’intérieur est ravagé… Il ne reste que les pierres qui soutiennent l’édifice… Seul subsiste un banc de pierre au fond de la salle… Dessus… Un second bracelet… Identique à celui de Marine… Frappé d’un sceau… Surplombant le banc, une statue… »

Brusquement, elle revient à elle en reprenant son souffle à plein poumon.
Elle se redresse si subitement que toute l’assistance, prise de panique, recule d’un pas, croyant faire face à une revenante
¼dipe - " Comment allez-vous Majesté ? "
L’ancienne amie d’enfance de Saga et Kanon, essoufflée, cherche de ses yeux ensanglantés Marine. Elle lui cramponne le bras et lui sourit : « Je l’ai trouvé. J’ai trouvé le second bracelet. »


En Grèce, sous l’Aréopage, dans le Sanctuaire : 

Les étages du temple conique se vident.
En rang, s’agenouillant dans leurs tenues orange, cuirassées de rouge, les soldats se présentent face au trône d’Arès.

Passant en revu ses hommes depuis son fauteuil, le Dieu de la Guerre et de la Destruction, les bras sur son accoudoir, la tête en appui contre son poing droit, attend l’arrivée du Berserker de la Royauté.

Suivi de ses lieutenants, Atychia et Tromos, Vasiliás se manifeste dans sa Nightmare d’un rouge écarlate.
Sous son casque ovale formant une gueule de lion, sa voix, étouffée par le masque doré qui ne laisse apparaître que ses beaux yeux bleus et verts, ne passe pourtant pas inaperçu.
Arrivant en dernier, traversant toute la salle, il scande bien fort : « Justice ! Justice ! ... »

Finissant sa marche devant le trône de son maître, l’américain retrouve le silence.
Il patiente.
Le temps que les Berserkers du Malheur et de la Terreur se courbent à ses côtés.

Dès lors, il reprend : « Justice ! Voilà bien un mot oublié, perdu. Un mot que j’ai choisi de redéfinir avec vous afin de l’étendre au monde entier. Nos ennemis, les dieux qui se chamaillent la Terre depuis sa création, n’ont jamais su inspirer notre définition à la face du monde. Athéna la première. Celle qui se veut amour et paix, ne cautionne en réalité que le délabrement du genre humain qui n’offre finalement au plus faible que l’injustice du plus fort… »
Il lève le bras à l’attention des soldats positionnés en fond de salle, près de la grande porte, les invitant à l’ouvrir : « … Alors je vous ai trouvés. Et vous m’avez tous couronné, faisant de moi le roi du nouveau monde. Un monde de loi et de justice. Faisant de moi l’espoir… »
La porte ouverte, il tend les bras dans sa direction.

Dehors, sur l’îlot au c½ur de la Terre, entouré de lave, des hommes, nus, agenouillés, les mains ficelées dans le dos, sont sous la menace des épées arèsiennes.
L’assistance se retourne tandis que Vasiliás poursuit : « … Certains d’entre vous, les plus aguerris, sont envoyés en mission depuis des mois. Des criminels de guerre dans les pays en conflit, des violeurs, des tueurs, des voleurs récidivistes partout dans le monde… Tant de fléaux qui ont ruinés votre vie et en anéantissent d’autres. En contaminent d’autres. Nos hommes nous débarrassent d’eux. Vous, vous allez nous débarrasser d’eux. Pendant qu’Athéna règle ses conflits en interne et se chamaille sa souveraineté avec d’autres dieux, vous vous allez rendre la justice en ce monde. Discrètement. Avec discernement. Mais chaque fois avec violence. Pour marquer les esprits. Et déjà les prémices de notre loi favoriseront dans l’esprit humain la compréhension lors de notre prise de pouvoir. Inspirons dès maintenant la normalité, pour que le jour où nous raillerons les autres divinités de ce monde, il ne reste plus que les hommes justes et leur roi que vous aurez érigé ! »
L’assistance lève immédiatement le poing au ciel en criant d’un air victorieux.

Accroupie à côté de lui, Atychia relève sa tête vers Vasiliás pour lui témoigner toute son admiration.
Le charismatique orateur poursuit : « L'être humain a droit au bonheur. Mais à cause de quelques gens pervertis, ce droit disparaît soudain avec une facilité déconcertante. Rendre nous même la justice par la mort, surpasser les lois de pays aux justices trop laxistes ou corrompues, permettra aux gens de réaliser quelle est la juste façon de vivre. La justice ne s’acquiert pas en attaquant, en piégeant ou, à plus forte raison, en tuant son prochain. Vous aspiriez au bonheur sans nuire à celui d’autrui, en respectant les droits des autres et la justice de vos pays respectifs. Mais vous avez été dupés. Victimes. C’est désormais vous qui allez inspirer le devoir à chaque homme. Ces derniers mois, vous avez tous découverts et manipulés le cosmos. Certains ont même surpassé leurs limites. Pourtant, beaucoup attendent encore de prouver leur valeur. Cela passera par une inévitable Guerre Sainte. Par le combat, le sang, la mort. Rendre la justice fera peut-être de nous des criminels. Mais ce mal n’est-il pas nécessaire ?! »
De nouveau, la foule lève les bras au ciel en signe d’approbation.
Alors Vasiliás déclare : « Continuellement, jusqu’à ce que le jour de la bataille vienne, de nouvelles troupes seront formées. Envoyées incognito, en civil, dans ce monde perverti par le mal. Elles iront rendre la justice. Vidant les ghettos de leurs malfrats, déracinant les mafias les plus puissantes, brisant chaque dictateur et son gouvernement, nettoyant les prisons de chaque pays. Oui, sans annoncer pour le moment à la face du monde notre existence, nous allons créer un sentiment de justice divine. Une ambiance de justice rendue, instaurant la peur de commettre le mal. Et c’est lorsqu’il n’existera plus de menace divine que nous annoncerons à la face du monde qui nous sommes, ce que vous avez fait pour lui. Dès lors, vous serez reconnus comme les sauveurs de l’humanité. Une nouvelle ère commencera. Allez vous vivre en cette ère avec moi ?! »
Encore, l’armée s’époumone de joie. Leur chef conclut : « Nous devons alors tous porter notre pierre à l’édifice. Nos épées doivent être toutes teintées du sang de nos ennemis… »
Il pointe du doigt les dizaines de prisonniers dehors : « Avant de retrouver le temps d’une mission une vie civile, durant laquelle vous serez des justiciers, découvrez quelle est la couleur du sang souillé par le mal ! »
Sans être encouragé davantage, près d’un millier d’hommes se rue sur les otages de leurs pairs. Ordonnés, malgré la précipitation, les rangs viennent frapper de leurs épées les corps dénudés. Chaque arèsien cherchant, pour la plupart, à frapper là où la chair n’est pas encore entaillée, transpercée, afin d’avoir un sentiment d’exclusivité, comme si chacun était devenu « le » justicier, celui qui aurait rendu l’impartialité du roi en premier.

Dans le grand hall vide, Vasiliás se tourne vers Atychia : « Organise de nouvelles équipes. Cinq hommes. Répartis dans plusieurs régions du monde. Qu’ils soient discrets. Qu’ils soient efficaces. Aucune pitié. Tous doivent rendre la justice et revenir fiers. Après cela, il ne restera plus qu’un obstacle pour que le monde soit à nous. »
L’admirative bulgare incline la tête pour affirmer son obéissance et s’empresse déjà d’exécuter les ordres.
Le roi virevolte de l’autre côté pour sourire à son ami : « Que se passe-t-il Tromos ? »
Le géant argentin grimace dans sa longue barbe : « Pour ceux qui ne se sont pas encore vengés de leurs vies passées, tu te doutes bien qu’ils vont saisir l’occasion d’une telle mission. »
Vasiliás - " Parfait, c’est exactement ce que j’attends. "
Tromos - " Atychia a eu droit à sa chance avant même que tu n’en fasses un Berserker. "
Vasiliás - " Je vois où tu veux en venir. Ton tour viendra Tromos. Ton tour viendra. "

Puis, en levant les yeux plus haut, Vasiliás remarque un Arès totalement subjugué par le massacre qui lui est offert. Absorbé par les giclées de sang, le dieu belliqueux ne perd pas une goutte du spectacle. Pour le plus grand plaisir de Vasiliás. « C’est bien, régale-toi Arès. Cette scène était également pour toi. En plus d’être une épreuve pour les plus hésitants, cette mise en scène est une façon de te faire croire en ma promesse, en une Terre ravagée par la guerre. En cet instant mes hommes sont désormais totalement investis dans leur mission, et toi tu me laisses toute latitude pour gérer mes plans. », réfléchit-il.


Dans une dimension qui surplombe la Terre, l’Olympe : 

Dans le domaine des cieux, la vie s’écoule paisiblement. Il s’agit d’un monde où les dieux sont aimés, adulés, priés.

Aux confins du royaume, au sommet du Mont Olympe, le temple de Zeus surplombe cet univers.

Devant lui, sur le versant de la montagne, est dressé le Palais des Dieux. C’est ici que les dieux olympiens se réunissent.
Allant de débats vigoureux à d’interminables banquets, les divinités y scellent leur volonté.

A l’entrée du Palais des Dieux, se rejoignent onze chemins. Tous conduisent à onze temples en pierres aussi froides que le c½ur des autres dieux de l’empire.
Ils sont alignés au pied du Mont Olympe et dominent une immense vallée.

La nature est y saine.
L’eau, pure et claire des lacs, provient du Mont Olympe.
Le décor est similaire à celui que subira le Sanctuaire lors de l’occupation d’Artémis.
La verdure riche offre de longs jardins fleuris.
Loués par le peuple, Zeus maintient un ciel constamment bleu et laisse se succéder l’attraction lunaire et le soleil qu’offrent Artémis et Apollon.

A l’est, jusqu’au fond de la vallée, tout autour des habitations, là où l’eau qui s’écoule des montagnes repose à perte de vue, subsiste un vieux Colisée.
Vestige des temps anciens, les places assises, aujourd’hui couvertes de verdure, sont en demi-cercle autour d’une arène suspendue au bord du vide. Les dieux y faisaient combattre leurs prisonniers de guerre.

Le peuple, lui, est discret et décent. Vêtus d’une simple toge blanche accrochée stratégiquement par des broches en or pour ne rien dévoiler de leur intimité, ces privilégiés sont des descendants des héros mythologiques, des nombreux enfants illégitimes des dieux ou encore des fidèles élus par les dieux avant que ceux-ci ne se retirent ici.
Chaque foyer possède son logis. Tous salubres, leurs architectures sont identiques. Ils sont faits de colonnes de plâtres qui soutiennent les murs et les toits aux pierres impeccablement blanches. La pièce principale est dominée par un autel à l’honneur des dieux olympiens. Ils disposent de terres parfaitement fertiles où chaque foyer cultive et élève son bétail à la convenance de ses propres besoins.
De sa plus tendre enfance jusqu’à la fin de ses jours, l’olympien voue sa vie à la reconnaissance des dieux et travaillent pour eux. Tous sont éduqués dans le but de servir l’Olympe. Que ce soit en étant prêtre serviteur ou un Ange guerrier de l’Olympe.

En guise de foi et de remerciement pour cette vie de félicité, le peuple couvre chaque jour les prieurés d’offrandes.
Ces temples, montés sur des colonnes doriques et d’à peine vingt mètres carrés, sont dressés tous les deux kilomètres à la ronde. Aucun n’est pourtant vide plus d’une heure. Ils sont tenus par les prêtres et prêtresses au service des dieux. Les déités goûtent, au Palais des Dieux, à longueur de journée, les offrandes laissées par le peuple et servis par les religieux.

Les prieurés sont tous reliés par des routes de pavés qui, en direction d’une autre montagne faisant face au Mont Olympe, conduisent à un carrefour.
A mesure que les chemins s’éloignent du c½ur de l’Olympe, les routes sont de plus en plus détériorées et désertiques. Quand il n’en manque pas, les pavés sont fissurés, le sol est couvert de poussière et un vent violent se dresse, ne laissant des routes plus que deux sentiers.

Le premier part en direction des Prisons de l’Olympe. C’est ici qu’échouent les hommes qui, sur Terre, ont commis des actes immoraux et des affronts envers les dieux.
D’innombrables colonnes sphériques pointent vers le ciel d’un bleu plus obscur. C’est sur ces surfaces plates et surélevées que sont faites prisonnières les victimes de l’Olympe. Le vide, un passage vers l’Hyperdimension, y est donc sans fin.

Le second se perd dans un désert semblable à celui que traversera Seiya lorsque le Sanctuaire d’Athéna sera sous le contrôle d’Artémis.
Au bout de ce désert, une fois l’horizon perceptible, l’autre montagne se dresse. Un chemin étroit, en serpentin, tout autour d’elle, regorge des ruines de temples et de statues. A son sommet, un étrange lac rayonne de mille couleurs.
Personne ne s’y est aventuré depuis des siècles. L’évocation de cette zone est même proscrite du langage des olympiens.


Là où chaque souverain est flatté jusqu’à outrance, dans le Palais des Dieux, un habituel festin est dressé.
La pièce juxtapose la salle du trône où reposent, autour du trône de Zeus, les onze sièges de ses pairs.
La salle de banquet est drapée des murs au plafond de longs voiles blanc.
Des parterres de fleurs et d’arbustes agrémentent le sol marbré lavé sans cesse par les serviteurs.
Des estrades sont dressées tout autour de ce hall immense. Des fauves s’y baladent en total liberté et admirent la lascivité des Dieux.

En cet instant, deux déesses sont allongées sur des couches aux coussins ivoire.
Elles dégustent l’ambroisie apportée par les prêtres, qui se prosternent à chaque plat apporté. Elles savourent le nectar en observant avec dédain la nourriture donnée aux animaux.
Les serfs leur servent les mets offerts par les olympiens sur les autels.
Elles remarquent à peine, avec suffisance, les plus beaux sujets, hommes ou femmes, qui se baignent dans les multiples bassins embellissant la pièce, jouent de la harpe, dansent, ou réalisent des acrobaties, dans le but de les divertir.

Les deux déités ont le visage très fin, les traits très tirés. Leurs yeux sont larges et plissés, exprimant à chaque instant la supériorité dont elles se glorifient.
L’une d’elle est dérangée par le couinement de la grande porte qui sépare la salle du trône de la salle de banquet.
Elle est vêtue d’une longue robe pourpre. Celle-ci libère sa poitrine généreuse et lui serre sa fine taille jusqu’à mouler parfaitement son postérieur et le haut de ses cuisses. Ses ongles vernis à la couleur de sa robe soulèvent une coupe en cristal jusqu’à ses lèvres pulpeuses. Ses cheveux noirs tirés, pour former un magnifique chignon, sont coiffés d’un diadème orné en son centre d’un rubis rouge écarlate.
D’un ½il inquisiteur, elle fixe l’olympien responsable de ceci.

Le bougre, un homme de petite taille et d’un certain âge, le crâne au sommet dégarni, ne gardant qu’autour de la tête une épaisse touffe de cheveux blancs coton, avance en mettant tranquillement un pas devant l’autre. Sous ses étroits sourcils, ses grands yeux ronds prennent la direction de la déesse qui le toise. Aussi indélicat que sa présence ici, son allocution ne dégage aucune formalité : « Déesse Héra, je vous importune quelques instants. Mon maître s’inquiète. »
La Déesse du Mariage se redresse immédiatement : « Que se passe-t-il Roloi ? »
Comme s’il était sénile, le vieillard tire sur ses fines moustaches qu’il a à chaque coin de ses lèvres. Ses yeux sont inondés de bêtise : « Enfin, je ne voudrai pas vous alarmer pour rien, mais comme vous êtes une des instigatrices de tout ceci… Bon, bon. En fait ça concerne surtout la Déesse du Feu Sacré et du Foyer ! »

Accompagnant Héra, Hestia, accoudée sur sa couche, se redresse aussitôt.
Sévèrement vêtue, seuls ses bras sont libérés de sa bure blanche. Un voile couvre sa tête et ses courts cheveux rougeoyants. Ses petits yeux sombres ne perdent rien de leur hauteur : « J’imagine qu’il s’agit de notre plan. »
Roloi agite ses bras comme un comédien : « Exactement. Un cosmos est entré en liaison avec le Jonc qui vous a été confié et que vous gardez prisonnier sur Terre. »
Hestia - " Athéna chercherait-elle à s’en emparer ? "
A l’évocation du nom de la Déesse de la Sagesse, Héra ne peut s’empêcher de plisser davantage ses yeux. Roloi secoue son doigt d’un signe négatif : « Pas du tout ! Apparemment il s’agit d’un autre cosmos. Celui de la Déesse de la Jeunesse ! »
L’appétit coupé par l’évocation des déesses protectrices de la Terre, Héra se retire en soufflant : « Hum… Hébé… Elle s’est donc réincarnée elle aussi à cette époque. Une de plus qu’il faudra rayer de l’histoire. Hestia, je te laisse nuire à leur recherche. »
Hestia - " N’aie crainte. Le Jonc est bien gardé. "

Alors qu’il s’apprête à quitter le banquet à son tour, Roloi fait demi-tour précipitamment : « J’allais oublier ! Mon maître propose de vous laisser son plus fidèle Ange pour protéger ce lieu. »
Hestia devine que Roloi parle de celle qui s’est réincarnée sur Terre sous le nom de Ksénia : « Je vois. C’est qu’il craint réellement qu’Hébé puisse récupérer le Jonc pour qu’il me confie Helénê. Cependant, le lieu est déjà gardé par un autre Ange. Rassure ton maître. S’il le faut, je me déplacerai en personne. »
Satisfait, Roloi affiche un sourire aussi large que sa bêtise.


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos : 

Considérablement affaiblie, Hébé est affalée dans son trône. Ses yeux sont cernés et ses membres tremblent encore.
A ses côtés, Marine, recouverte de son armure, observe l’ensemble des Saints et des Alcides présents sur l’île.

Apodis, Philémon, Juventas, Baucis et ¼dipe, se tiennent droits, casque de leurs Cloths dans les mains.
Tous sont soucieux de la tenue d’Hébé et des mystères qui entourent Marine. Apodis le premier. Volontaire pour accompagner Marine ici, il s’impatiente de connaître la suite.

Marine leur tend le bracelet : « Ce bracelet détient des pouvoirs au service de la déesse Athéna. J’ai trouvé le second bracelet. »
Apodis s’exclame : « Ah ! Parce qu’il y a deux bracelets à présent ! »

Pressentant que Marine n’arrivera pas à se faire totalement entendre par ses pairs, Hébé puise au plus profond d’elle-même pour se redresser. Son geste impose le silence.
Ses mains grelottantes prennent appui sur les accoudoirs de son fauteuil pour lui permettre de se mettre debout.
Aussitôt, la tête lui tourne et Marine se hâte de la soutenir.
Les chevaliers, eux, s’inclinent aussitôt.

Le ton est bas et sa voix déraille, mais elle tient à garder toute sa noblesse en poursuivant : «  Le combat que livre en interne le Sanctuaire n’est rien par rapport à la menace qui plane sur Terre. Le vrai danger pour Athéna n’est ni Poséidon, ni Hadès, comme cela pouvait être le cas dans le passé. Aujourd’hui, une conspiration semble être menée par l’Olympe. Nous ne savons pas s’il est question de tous les olympiens. Cependant certains éléments nous permettent de savoir qu’il s’agit d’eux… »
Elle coupe un instant pour récupérer quelques forces.
Les chevaliers espèrent qu’elle les éclaircisse sur ces fameux événements. Hélas, cela semble être de l’ordre de la confidence avec Marine. Elle enchaîne sur les artefacts : « Athéna va avoir besoin de toutes les forces dont elle peut disposer. Car c’est bien sur elle que repose l’avenir de notre planète. Les dieux mineurs, moi compris, ne seront jamais de taille à soulever seul le complot. Nous serons donc une des forces d’Athéna. Et c’est en tant que tel, que nous nous devons de réunir aujourd’hui le reste de ses atouts. Parmi eux, les bracelets. Oui, il existe bien deux bracelets. Il s’agit des Joncs d’Athéna. L’un d’eux a été dérobé par les olympiens. Fabriqués à l’époque de la création de sa chevalerie par Athéna en personne, les Joncs ne peuvent être détruits. Alors celui aux mains des olympiens a été scellé. »
La déesse se pose de nouveau sur son siège pour laisser Marine finir.
Cette fois-ci, c’est Juventas qui profite du changement d’interlocuteur pour demander : « Avec tout le respect que je vous dois, nous déplacer en Olympe pour récupérer cet objet est un outrage fait envers les dieux. »
Marine - " Heureusement nous n’aurons pas à aller en Olympe. Ce qui nous pousse à croire que tous les olympiens ne sont pas derrière cette machination est le fait que le Jonc soit encore sur Terre. "
Hébé clarifie : « Il se trouve précisément dans un temple abandonné sur l’île de Ténédos. »
La japonaise demande à son camarade grec : « Tu m’accompagnes toujours Apodis ? »
Apodis - " Même si tout ceci reste très flou, il s’agit de la sécurité d’Athéna. Bien sûr, je suis avec toi. "
Le petit Saint de bronze du Lièvre, amant passionné de Baucis, suggère avec véhémence : « Majesté Hébé, puisqu’il s’agit du bien d’Athéna, permettez-moi d’être de cette mission. »
Hébé - " Tu es un Saint d’Athéna Philémon. Si tes services ici nous sont très utiles, et je t’en remercie, je ne peux te retenir contre ton gré. "
Philémon se courbe : « Merci Déesse Hébé. »
L’amante du passionné chevalier, Baucis de la Biche de Cérynie, intervient : « Ô Divine Éminence, j’aimerai également accompagner les Saints d’Athéna dans leur succès. »
Hébé grimace quelques secondes. Elle reste intriguée par une étrange sensation qui émane de Baucis. Un rayon de bonheur intense qui brûle en son être. Seulement, elle reconnaît : « Il est vrai que Juventas et ¼dipe suffisent à ma sécurité. Bien. Baucis accompagnera les Saints d’Athéna dans ce cas. »
L’Alcide de la Biche de Cérynie effectue une révérence : « Si cela est votre choix, ô Grande Hébé. »


A Jamir : 

La contrée himalayenne, si calme d’ordinaire, est le théâtre de l’apprentissage difficile du septième sens des convives de Mû.

Quand il ne se replie pas sur lui-même pour méditer, Nicol profite de l’expérience de Mû pour étudier davantage l’ultime cosmos.

Esseulée lorsque son mari lui est accaparé, Médée, elle, brûle son cosmos à son paroxysme jusqu’à épuisement total. Elle espère ainsi franchir à chaque fois un pallier.

Inséparables, Mei et Yulij repoussent leurs limites en se livrant bataille sans cesse.
Parfois même trop dangereusement.

Aujourd’hui, ils ont choisi de se retrouver dans une grotte pour leur affrontement quotidien :
Mei - " Nous affronter dans l’obscurité la plus totale, nous privant de la vue, va nous permettre de faire travailler de façon plus assidue tous nos autres sens. "
A peine rentré, Mei boitille déjà. Les séquelles de ses entraînements précédents.
Yulij, le bras gauche déjà pansé pour les mêmes raisons que son ami, s’enfonce dans les ténèbres : « Cette fois-ci, c’est moi qui gagne. »
Mei - " Tu me dis ça chaque jour. "
A peine a-t-elle entendu la réponse de Mei sur sa droite, qu’elle encaisse un coup sur sa gauche.
« Je vois, il se déplace très vite. Il a profité d’entendre ma voix pour m’attaquer en premier. Je ne me laisserai pas avoir une seconde fois. », décrète-t-elle.
Son discernement lui permet de sentir l’approche du japonais dans son dos.
Elle s’accroupit et évite ainsi un nouveau coup. Sa riposte ne se fait pas attendre et elle décoche un uppercut sous son menton.
Repoussé Mei, tente un second puis un troisième assaut, en vain.

« Elle ne bouge pas, elle se concentre sur les sons qu’émet ma gestuelle pour contre-attaquer à chaque fois. Il faudrait que je sois partout à la fois. Je sais, le Lost Children va me le permettre. », déduit-il.
Il écarte délicatement ses bras pour ne pas attirer l’attention de Yulij. De la paume de ses mains jaillissent des centaines de filaments qui font peu à peu le tour de la pièce.
Ceux-ci frottent volontairement les parois de la caverne pour déstabiliser Yulij.

« Il me prépare un mauvais coup. Il m’attaquera certainement de toutes ses forces en pensant avoir trouver la faille cette fois-ci. Il ne sera pas sur ses gardes et je pourrai le surprendre avec mon Falling Stars. Depuis notre arrivée à Jamir je n’ai pas réutilisé cette technique. Je suis certaine que les fruits de mon assiduité vont le surprendre. Je vais réussir à surpasser de loin la centaine de coups à la seconde. », se convainc Yulij.

Inopinément, les fils de Mei frottent de partout contre les parois de la caverne pour désorienter l’audition de Yulij.
Privée de la vue et d’une ouie parfaite, Yulij commence à perdre l’équilibre lorsque sa conscience lui fait remarquer que la seule position silencieuse est au-dessus de sa tête.
Elle réalise aussitôt que Mei l’attaque réellement par les airs : « Lost Children ! »
Yulij - " Falling Stars ! "
Non plus par centaines, mais par millions, les étoiles du Sextant se heurtent aux cheveux de Bérénice.
La rencontre des deux arcanes se résume à d’indénombrables faisceaux lumineux qui s’entrechoquent et illuminent par flashs en un millième de seconde la caverne.

Quelques coups de la Chute d’étoiles sont passés outre Mei et ont percé le plafond de l’excavation. Laissant apparaître le jour et illuminant les deux adversaires.
Mei chute sur les genoux aux côtés de Yulij. Il se cramponne la poitrine de douleur et laisse couler un épais filet de sang de sa bouche.
La jeune femme se tient encore debout, poing dressé vers le ciel : « Je t’avais dis que je gagnerai aujourd’hui. »
Croyant trop vite sa victoire acquise, Yulij sent plusieurs entailles parcourir son corps, preuve que les filaments de Mei ont réussi à l’atteindre.
Un filet de sang coule depuis son front et descendant le long de son nez jusqu’à son menton. Certes, son visage est également éraflé, mais surtout, son joli minois est pour la seconde fois mis à découvert par Mei.
L’ancien disciple de Deathmask tend son masque à Yulij : « Pour la puissance de nos coups je dirais que nous avons fait jeu égal. Pour ce qui est de la vitesse, j’ai l’impression que j’ai un cran d’avance. »
Elle lui arrache son masque des mains, furieuse.
Face à cette attitude, Mei la taquine : « Estime-toi heureuse, si je n’avais pas pris le temps de t’ennuyer un peu, j’aurai pu frapper plus fort et plus vite. »
Tête baissée, Yulij balance d’un revers de la main le masque que Mei lui tend. Elle empoigne son camarade par le col et le soulève avec vivacité. Fier de lui, il ne perd rien de son rictus moqueur.
Néanmoins, le baiser que lui vole Yulij parvient à le désarçonner.
Subitement, sans laisser paraître le moindre sentiment, elle l’embrasse fougueusement.

Lorsqu’elle relâche sa prise, Mei est tremblant. Sa gorge s’assèche et son c½ur cogne fort dans sa poitrine. Il essaie d’ouvrir la bouche mais aucun son ne vient. Yulij lui épargne une nouvelle tentative en approchant de nouveau son ami.
Cette fois-ci, c’est lui qui s’engage en la devançant. Ses mains saisissent ses hanches et sa bouche vient chercher la sienne pour échanger un langoureux baiser.
Il enlève avec délicatesse le maillot kaki de la jeune femme. Celle-ci ne perd rien de sa fougue et gagne quelques secondes en arrachant directement le tissu usé qui couvre le torse du chevalier. Ses lèvres viennent baiser les pectoraux d’acier forgés par l’ardu entraînement de Deathmask. Encore humidifiés par la salive de sa camarade, les pectoraux de Mei sont réchauffés par la poitrine de Yulij qui vient plaquer son corps contre le sien…


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos : 

A l’intérieur du temple d’Hébé, les Saints et les Alcides prennent congé de la Déesse de la Jeunesse.
Au seuil de la salle d’audience, Baucis est rattrapée délicatement par le poignet par sa déesse.
Tous se retournent stupéfaits mais la jolie vénusté leur demande de les laisser seules : « J’aimerai m’entretenir avec Baucis avant son départ. »
Aucun ne discute les ordres.

Seules, les deux jeunes femmes peuvent discuter en toute liberté.
Hébé vient soulever le masque de son Alcide afin de pouvoir admirer son regard. Avec son autre main, elle presse avec attention son ventre : « J’en étais sûre. Baucis, depuis combien de temps es-tu au courant ? »
Baucis n’ose pas regarder sa déesse dans les yeux. Son regard est partagé entre bonheur et gêne : « Je l’ai découvert il y a une semaine. Les prêtresses d’Athéna suggèrent que je suis enceinte d’approximativement un mois. »
Hébé ne dissimule pas son bonheur : « Félicitations Baucis. La divinité que je suis se réjouit d’un tel événement. Qu’en a dit Philémon ? »
Baucis - " Il n’est pas au courant. Je comptais lui dire aujourd’hui. Cependant, face à son enthousiasme devant la mission que les Saints se sont confiés, je ne peux pas le déconcentrer avec cette nouvelle. "
Hébé - " Voilà pourquoi tu l’accompagnes alors. "
Baucis - " Oui, Philémon est intrépide, passionné. Il serait capable de donner sa vie sans hésiter pour réussir. Je ne veux pas que mon enfant naisse sans son père. J’y vais pour le protéger. "
Hébé - " Il est intrépide et passionné. Comme toi. Dans le cas inverse, tu n’aurais pas hésité à te lancer dans la bataille. Je peux le lire dans ton c½ur. "
Baucis rougit.
Hébé - " Maintenant que je sais, je ne suis pas certaine que te laisser te rendre sur Ténédos soit la meilleure idée. Toutefois, si tel est ton v½u, je ne peux t’en empêcher. Promets-moi seulement d’être prudente. "
Baucis s’agenouille et réajuste son masque de femme chevalier : « Merci Majesté. Je ferai tout mon possible pour que vous soyez fière de moi. »
Avant qu’elle ne passe la porte, Hébé précise, d’un ton délicat : « Je le suis déjà. »
Baucis, immobilisée quelques secondes par un tel éloge, se sent prise d’une fierté intangible.



Il en était ainsi, la vie calme à laquelle j’aspirais ne pouvait m’être promise tant que le règne d’Athéna n’était pas garanti.
Déjà, je quittais pour une énième fois l’amour d’une femme et d’un enfant. Je ne me doutais pas qu’au bout du chemin m’attendait l’Olympe, j’espérais simplement pouvoir un jour m’en retourner auprès de cet amour qui me manquait déjà cruellement…

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Only for Love / Chapitre 53 - L’Aigle
« le: 3 Janvier 2016 à 13h14 »
Au Japon, l’apprentissage était dur pour Seiya et ses amis. Shiryu avait perdu la vue contre Algol, Saori venait d’être enlevée par Jamian, Seiya se retrouvait avec elle au fond d’un ravin le bras cassé et victime d’un traumatisme crânien.
A Jamir, cela faisait une semaine que Nicol, Mei, Yulij et Médée suivaient les préceptes de Mû.
A Asgard, Bud, Alberich et Mime rentraient en héros.
Pendant que Marine et moi étions coincés.



Chapitre 53 - L’Aigle

Quelque part sur la Mer Egée : 

19 octobre 1986.
Le vent souffle violemment sur une embarcation de fortune. Celle-ci est secouée par les vagues.
La mer agitée ne rassure pas l’un des deux occupants. Apodis tient avec acharnement les lanières de l’urne dans laquelle est enfermée son armure. Ses cheveux bleus sont noyés par l’écume : « Je dois t’avouer que j’aurai espéré une traversée plus calme. »
La jeune femme qui accompagne Apodis tient elle aussi sa propre urne : « Nous n’avons pas d’autres choix. Tout autour de Yíaros, les navires du Sanctuaire bloquent les liaisons avec l’extérieur. Nous déplacer dans les airs en bondissant depuis la côte nous aurait été fatal. Nous aurions été à la merci d’une riposte. »
Apodis pointe du doigt la direction de l’île d’Hébé : « Parce que tu penses qu’une petite barque va passer inaperçue au milieu de tous les bâtiments remplis de soldats ? »
Marine - " Non plus. Mais ça nous a permis d’approcher jusqu’ici sans nous faire repérer. Il nous faudra finir la traversée à la nage à partir d’ici. "
Malmené par les bourrasques, Apodis s’exclame : « Comment ?! »
Marine - " Oui, à partir d’ici nous sommes à la portée de leurs longues-vues. Nous devons passer par-dessous la mer pour arriver jusqu’à l’île. "

Marine joint la parole aux actes et endosse sa Pandora Box pour se jeter dans l’eau. Avant de l’imiter, Apodis confesse : « J’étais persuadé dès le départ que tu me conduirais dans une aventure impossible ! »


Au royaume d’Asgard : 

Le sourire qui se dessine sur les lèvres des trois hommes est représentatif de la joie de chacun de mettre fin à ce voyage exténuant. Syd, Alberich et Mime rentrent enfin de Blue Graad.

Ayant ressenti leur cosmos en approche, Hilda a fait préparer un cortège pour venir à leur rencontre dès la route de cristal, là où Seiya affrontera Thor dans quelques mois.
Les soldats relâchent les chiens de traîneau pour les soulager et amènent des chevaux aux trois héros, car c’est bien ainsi qu’ils sont considérés.

Hilda s’approche d’eux sur son grand cheval blanc, les obligeant à attendre un peu avant de grimper sur leurs montures.
Ils effectuent une révérence fort prononcée que leur renvoie la prêtresse d’une mine complice :
Hilda - " Félicitations guerriers d’Asgard. Vous êtes parvenus à sauver Blue Graad et à ramener Alexer sur le droit chemin. Mais trêve de bavardages, vous devez être exténués. Je vais vous faire raccompagner jusqu’à chez vous pour vous reposer avant le grand banquet que j’officierai ce soir en votre honneur. "
Syd et Mime s’échangent un regard coopératif, Alberich, lui, montre toutes ses dents en se sentant enfin considéré comme il se doit.


En traversant les hordes de villageois qu’ils rencontrent en remontant jusqu’au Walhalla, Syd salue chaleureusement son ami Thor, tandis que Mime joue quelques notes de sa lyre pour satisfaire davantage les adulateurs. Alberich, lui, ne cesse de lever le poing haut en l’air, afin que les acclamations de la foule flattent encore et encore son ego.
Les retrouvailles entre Siegfried et Syd se font bien plus solennelles que celles avec Thor, mais non moins joyeuses. Avec toute la politesse qui lui est connue, Mime incline à peine la tête devant l’ange gardien d’Hilda sur le parvis du palais, tandis qu’Alberich profite de passer à proximité de lui pour lui souffler du coin des lèvres : « Tu vois mon cher Siegfried, je serai toi je surveillerai ma place, je pourrai prendre goût à être considéré comme tu l’es habituellement, en héros. »
Siegfried se contente de lui lancer un regard sombre, tout en conservant son calme pour ne pas gâcher la fête.
Une attitude que Syd imite en voyant arriver devant lui la Princesse Freiya de Polaris accompagnée de ces amis, Hagen de Merak et, surtout, Bedra de Edel.
Freiya et Bedra effectuent une révérence en l’honneur du brave, alors que Hagen se contente de pencher la tête non sans respect comme l’a fait auparavant Mime envers Siegfried.
Une fois les usages réalisés, Bedra ne tient plus de se jeter dans les bras de son futur époux. Syd accepte l’étreinte avec une certaine retenue. Il n’a pas oublié que sa promise trouve aussi du réconfort dans les bras de son frère lorsqu’il n’est pas là.

Mime vient taper sur l’épaule de son équipier : « C’est là que nos chemins se séparent. Tu as bien mérité un peu de repos. »
Syd - " Ce fut un plaisir de faire équipe avec toi. "
Le trio se sépare aussitôt, prêt à se réunir une dernière fois au festin prévu ce soir en leur honneur.


En Grèce, sur l’île d’Yíaros : 

Au sud de l’île, dans le port réfectionné après l’invasion du Sanctuaire il y a un an et demi, les pontons sont déserts.
L’embargo instauré par le Sanctuaire et l’isolement de l’île qui en découle a fait cesser toute activité maritime pour le sanctuaire d’Hébé.

A bout de force et de souffle, Marine et Apodis atteignent le rivage.
A peine la tête sortie de l’eau et les pieds sur le sol, le Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis hume l’odeur si particulière de cette île, lui rappelant que c’est ici qu’il a passé des nuits paisibles après des années de tourments.

Devant eux, le reste de l’île est dissimulé par une chaîne montagneuse où il n’existe qu’un passage. Celui-ci consiste à longer le chenal qui traverse l’île du nord/est jusqu’au sud.
Apodis - " Nous devons remonter ce cours d’eau. A mon avis, une fois que nous serons entre les deux flancs des montagnes, nous aurons droit au comité d’accueil. "


Marine le suit et ne peut que donner raison à Apodis.
A peine sont-ils arrivés sur les flancs des montagnes, que surgissent une quinzaine de soldats couverts d’une armure azure par-dessus leur tunique bleu marine. Ils brandissent leurs dagues ovales en direction des intrus. Le chef de la cohorte demande : « Vous portez des Pandora Box des chevaliers d’Athéna. Déclinez votre identité ! »
Une voix emplie de sympathie retenti depuis le sommet du col montagneux. L’homme de petite taille, les cheveux bruns hirsutes, le teint brunit par le soleil et marqué par une longue cicatrice affirme à ses hommes : « Ça ira soldats ! »
Le soldat s’exécute : « Bien Seigneur Philémon Saint de bronze du Lièvre. »
Vêtu d’un plastron en métal rouillé par-dessus son maillot noir, le joyeux homme atterrit devant les étrangers. Il fronce ses épais sourcils et reconnaît de ses grands yeux bleus de vieilles connaissances : « Apodis ! Mon ami, tu es revenu ! Et accompagné, si mes souvenirs sont bons, de Marine Saint d’argent de l’Aigle n’est-ce pas ? »
Marine se contente de hocher la tête pour confirmer son identité. Pendant ce temps, le petit grec sert son compatriote dans ces bras : « Tu es sain et sauf ! Je suis tellement content. Juventas aussi sera heureuse de te retrouver. »
Apodis - " Je l’espère Philémon. Je suis également content de te voir en bonne santé. Je vois que tu as pris du galon. Tu officies dans l’armée d’Hébé désormais ? D’ailleurs, je suis surpris de voir autant de soldats. Il n’y en avait plus de vivants au moment de mon départ de l’île. "
Philémon - " Après que le Sanctuaire ait été repoussé, il fallait organiser une milice pour préparer leur retour. Beaucoup de villageois qui ont participé à la révolte se sont portés volontaires pour entrer dans les rangs. Quand aux jeunes, pendant le temps où les athéniens ont été sur l’île ils avaient été formés aux armes. J’ai donc donné un coup de pouce pour achever leur apprentissage. Par contre j’évite de porter ma Cloth ici. Ça fait mauvais genre après les tragiques événements. "

Le ton dominateur de la compagne de Philémon confirme les propos de son amant :
Baucis - " Même si nous vous savons alliés, nous préférons que vos armures ne soient portées qu’en cas de force majeure. "
Apodis reconnaît la jeune femme qui arrive dans leurs dos. Physiquement remarquable puisque sa tenue et ses formes ne laisse personne insensible, son visage est masqué tandis que sa Cloth beige épouse avec sensualité sa poitrine sur volumineuse, sa taille de guêpe et ses cuisses musclées et robustes. Un court bustier grenat habille très peu sa poitrine tandis qu’un short de la même couleur couvre à peine ses fesses rebondies.
Apodis salue la femme chevalier : « Baucis Alcide de la Biche de Cérynie. »
Elle lui renvoie le respect témoigné par Apodis en inclinant légèrement sa tête sur le côté.

Philémon demande à ses pairs : « Alors vous êtes venus vous réfugier ici ? »
Marine répond pour Apodis : « Pas vraiment. Je suis venue demander une audience auprès d’Hébé. »
Ne connaissant pas la japonaise, Baucis marche en se déhanchant jusqu’à elle. Elle la saisit de la main gauche par le menton et glisse ses doigts le long de son masque avec la main droite. Sa main descend le long de son cou et s’arrête juste au creux de sa poitrine sans que Marine n’esquisse la moindre réaction.
Baucis conclut sa provocation en déclarant à Apodis : « Si tu l’as emmené avec toi, c’est que j’imagine que tu sais ce que tu fais. »
Le grec soupire, soulagé de voir la tension redescendre. Sans savoir ce que Marine attend d’Hébé, il souffle : « Naturellement. »


Au royaume d’Asgard, au temple Walhalla : 

Enfin chez lui, dans les appartements du Walhalla, Syd peut maintenant supprimer cette fausse joie qu’il garde sur son visage.
Il défait ses vêtements usés par le voyage, puis enroule son corps d’une serviette de bain sans dire un mot à sa promise.
La blonde aux cheveux soyeux s’inquiète de cette froideur brutale : « Mon amour, tu descends aux bains ? »

Syd ne lui dévoile rien de son intention de descendre se débarbouiller dans l’immense salle de toilettes comprenant différents thermes que se partagent les aristocrates du palais.

Avant qu’il ne prenne la porte, la jeune femme aux yeux améthyste lui barre le chemin. D’une voix friponne, elle lance : « Attends, tu sais que tu as un certain charme avec ce style vagabond ? »
Provocante comme Syd l’aime d’ordinaire, le futur Guerrier Divin ne réagit pas comme l’espère Bedra. Tourmenté par la relation qu’il soupçonne entre sa fiancée et Bud, Syd froncent ses sourcils : « Tu l’as rencontré n’est-ce pas ? »
Bedra - " Pardon ?! "
Syd - " Tu sais qui il est, n’est-ce pas ? "
Bedra - " Mais de qui me parles-tu ?! "
Le visage de Syd est défiguré par la colère : « De mon frère ! »
Il présente la moitié de pendentif qu’il a ramassé à Blue Graad.
Bedra est sans voix. Elle regarde tournoyer le bijou suspendu au bout d’une chaîne.

Démasquée, elle préfère poser cette question qui lui mord les lèvres et qu’elle s’efforçait jusqu’ici de masquer par sa joie de retrouver Syd : « A-t-il a survécu ? »
Syd arrache son propre médaillon et le jette de rage sur sa promise ainsi que celui de son frère : « Alors c’est lui que tu aimes ?! »
Bedra se cache trop tard le visage, l’un des deux morceaux du bijou en forme de c½ur ricoche sur sa joue.
Elle s’effondre en sanglots, ses larmes se mêlent au sang qui s’écoule de sa plaie.

Syd est transformé, il regarde avec une certaine indifférence sa fiancée. Sa voix est sèche et autoritaire : « Réponds-moi ! C’est lui que tu aimes ?! »
Il la relève en l’empoignant par la gorge pour mieux la plaquer contre un mur.
D’un timbre abîmé, étouffée par la colère de Syd, Bedra confesse : « Je ne peux choisir lequel de vous deux je désire le plus. »
C’est seulement lorsque Syd comprend la détresse qui se lit dans les yeux de la belle, des yeux rougis par l’étreinte, marqués par le manque d’oxygène, qu’il revient à lui. Il desserre ses mains et la laisse retomber sur la moquette de sa chambre.
Tel un point mort, elle s’échoue au sol, reprenant difficilement sa respiration.

Il lui tourne le dos, refusant d’être confronté davantage à la vue de cette menteuse.
Après plusieurs expirations profondes, il reprend un ton plus habituel : « Je ne sais pas s’il a survécu. Il m’a sauvé alors que la situation était tendue. Une violente explosion s’en est suivie, c’est tout ce que je sais. »
Bedra - " Syd… Je suis… "
Syd - " Je n’arrive pas à croire que tu ais pu me faire ça. "
Bedra - " Il était… Il est tellement… Toi ! Semblables physiquement, la personnalité de l’un comblait les manques laissés par l’autre. J’aurai voulu pouvoir vous aimer dans le plaisir, sans avoir un jour à choisir… "
Il l’interrompt : « Arrête ! N’en dis pas plus ! C’est déjà suffisamment dur comme ça. »
Bedra - " Je suis désolée, je n’ai jamais voulu te blesser. Je me suis laissée partager entre mon amour pour toi et l’amitié pour lui. "
Syd - " Alors ce n’est même pas une simple attirance qui aurait juste pu servir à combler mon absence ? Tu éprouves malgré tout des sentiments pour cet homme ? "
Bedra - " Il était seul, abattu. Il a tellement manqué d’amour qu’il en voulait au monde entier. Il a tenté de se rapprocher de moi dans le but de se venger de toi. Mais tout comme au fond de toi, j’ai compris qu’il n’avait pas une âme vile. Quand je lui ai déclaré comprendre qu’il n’était pas Syd de Mizar, il m’a alors avoué son histoire. C’est un homme perdu, débordant d’affection derrière cette carapace qu’il travaille. J’ai toujours rêvé qu’un jour il puisse venir à toi pour t’apprendre son existence, pour rattraper ce temps perdu durant lequel vous auriez pu jouir d’un amour fraternel. "
Syd - " Je sais qui il est. Je l’ai su bien avant de te connaître. Je l’ai rencontré durant mon enfance et j’ai fais admettre à mes parents que notre ressemblance physique ne pouvait pas être un hasard. Alors ils m’ont avoué. Ils l’ont toujours aimé… Et moi… Moi je l’ai toujours inconsciemment aimé aussi. Seulement les lois d’Asgard sont ainsi et jamais tout cela n’aurait dû se produire. S’il a réellement survécu à Blue Graad et qu’il se présente à toi, je te conseille de me le dire. Je l’exécuterai et tu le suivras dans la tombe si je découvre que tu me mens de nouveau. "
Bedra - " Que dois-je faire à présent ? "
Syd - " Il est hors de question d’annuler notre mariage. Il en va de la fierté de nos familles. Je ne veux pas que nos noms soient traînés dans la boue à cause d’une femme infidèle. Refuse de le voir, dis-lui de fuir Asgard et qu’il ne remette jamais plus les pieds ici. Mais jamais, ô grand jamais, tu ne dois lui dire que mes parents et moi-même sommes au courant de son existence. Je préfère qu’il me haïsse plutôt qu’il cherche à affronter les lois d’Asgard qui lui ont choisi un tel destin. "
Bedra hésite un instant. Elle balbutie avec chagrin : « Qu’il en soit ainsi. »

Tandis qu’il quitte l’appartement, elle l’interpelle avec timidité : « Syd, je t’aime. »
Syd ne daigne toujours pas la dévisager : « Dans ce cas aime-moi sans me le dire. C’est trop tôt pour que je puisse te pardonner. »


En Grèce, sur l’île d’Yíaros : 

Disséminées tout autour du temple des hommes, le temple d’Héraclès, et du temple des femmes, le temple d’Héra, les habitations se sont reconstruites.
Les villageois s’entraident toujours pour restaurer les demeures des plus démunis.

Après avoir été réquisitionnés par les athéniens, les temples sont de nouveaux des lieux de culte revenus aux mains des prêtres et des prêtresses. Devant ces lieux de recueil, la verdure a poussé autour des statues hébéïennes couchées par les soldats du Sanctuaire.

Les jardins fleurissent à nouveau après avoir été des champs de terre abandonnés sur lesquels les hébéïens imprudents étaient exécutés.

Apodis sourit, ravi de cette reconstruction. Il salue chaque fois avec obligeance les villageois qui le reconnaissent.
Même du temps où il était leur ennemi, la complaisance d’Apodis à l’égard des faibles a toujours été appréciée.

Pourtant, malgré sa politesse, il cherche partout un visage connu qui lui a tant manqué, celui de Juventas.
C’est alors que la foule s’écarte pour laisser passer un chétif être qui marche par petits pas. La petite fille, bien qu’encore faible sur ses jambes, progresse d’un pas décidé vers Apodis.
Le grec a les yeux qui débordent de larmes lorsqu’il reconnaît l’enfant de Juventas pressée de se jeter dans ses bras : « Agape ! Comme tu as grandi ! »
Il la soulève et la fait tournoyer au-dessus de sa tête en riant aux éclats avec elle.
Il la présente à Marine : « Il s’agit de la fille d’Iphiclès, l’Alcide qui a donné tant de mal aux Saints d’or au Sanctuaire, et de Juventas Alcide des Juments de Diomède. Elle a deux ans. Elle est née la même année que Sperarus, mon défunt fils. »

L’intonation si chaleureuse qui lui a le plus manqué le foudroie en plein c½ur. Juventas se joint à la fête : « Elle t’a beaucoup réclamé tu sais. N’arrivant pas à dire Apodis, elle disait souvent « Apopo ». Avant d’abandonner ce nom pour « papa ». »
Apodis soulève avec fierté l’enfant de son amie et la sert chaleureusement dans ses bras.
Il reste de longues secondes émerveillé par le charme de l’Alcide pourtant masquée aux yeux de tous.
Grande, mince, à l’allure très féminine, elle est comme ses semblables, vêtues d’une tunique grenat et porte une Cloth blanche et crème. Ses cheveux couleur taupe descendent en de nombreuses pointes dans son dos et sur son front dissimulé. Sa peau mate, brunie par le soleil de Grèce, lui donne un teint éclatant.
Avec une certaine réserve, face à la foule observatrice, Apodis se cantonne d’un timide : « Je suis très heureux de te revoir. »
Sous le masque aux expressions inquiétantes de Juventas, des larmes coulent : « Moi aussi. »
Le peuple applaudit ces retrouvailles pour féliciter le retour d’un héros. Comme Philémon, il est reconnu pour avoir su se retourner contre les siens qui ½uvrent pour le mal.

Enfin, des applaudissements se poursuivent alors que tous les hébéïens ont cessé de frapper dans leurs mains.
La foule se prosterne à mesure qu’une lumière aveuglante et chaleureuse les inonde.
Apodis et Marine observe la même attitude que l’ensemble des habitants en s’inclinant devant Hébé.
Le Saint de l’Aigle détaille de bas en haut la déesse.
Ses délicats pieds, chaussés de spartiates, aux doigts fins et aux ongles parfaitement manucurés s’enfoncent sur le gazon. Les lacets de ses sandales couleur châtaigne enroulent ses minces chevilles. De ses jambes, Marine n’aperçoit que ses mollets parfaitement dessinés, ses cuisses qu’elle imagine douces et ravissantes sont tenues couvertes par une longue toge de satin, rose, épousant à merveille ses hanches et sa légère taille, agrafée à hauteur des épaules par des broches d’or, métal pur et précieux qu’on retrouve le tour de ses frêles biceps et de ses poignets. Un collier de perle descend jusqu’au creux de sa ferme poitrine pour tenir à son bout un c½ur d’or incrusté de diamants.
Ses mains menues, aux ongles vernis d’or, viennent effleurer ses petites mèches de cheveux qui lui caressent les joues. Ses courts cheveux blonds ne descendent pas plus bas que sa chétive nuque et son front est parfaitement dégagé puisqu’elle est coiffée d’une couronne en forme de feuilles de laurier trempée dans l’or. Son nez est fin, ses lèvres d’un rose innocent paraissent suaves. Ses sourcils subtilement épilés s’accordent à merveille avec ses grands yeux bleus aux couleurs du ciel lorsque celui-ci est au paroxysme de sa clarté.

Hébé - " Bon retour à toi Apodis. "
Apodis se baisse encore plus bas : « Merci de m’offrir votre hospitalité déesse Hébé. »

Devant la déesse, l’atmosphère ondule, comme si l’air venait d’être fendu.
De façon irréelle, apparaît le maître de l’illusion. Le dernier Alcide, ¼dipe des Oiseaux du Lac Stymphale. Son physique disgracieux ne fait pas sourciller Marine, pourtant elle en aurait eu le droit.
L’homme aux genoux distordus, marche lentement. Il traîne les pattes tel un animal abattu.
Le bolivien distance ainsi sa déesse de Marine qu’il ne connaît pas. Ne sachant pas parler, dénué dès la naissance de ses cinq sens, ¼dipe utilise la télépathie pour faire résonner sa voix dans l’atmosphère : « Il me semble ne jamais t’avoir rencontré. Qui es-tu pour recevoir l’insigne honneur de te présenter devant sa Majesté Hébé ? »
La japonaise se contente d’une réponse vague : « Je suis l’Aigle. »
Apodis la dévisage, surpris d’une réaction aussi floue.
Hébé plisse légèrement ses yeux. ¼dipe insiste : « Est-ce ainsi qu’on se présente ?! Veux-tu te soumettre convenablement ! »
Hébé réagit pour Marine : « Ça ira ¼dipe. Elle t’a parfaitement répondu. Elle est l’Aigle. Et elle va me suivre dans mon palais. J’aimerai m’entretenir seule avec elle. »

L’assistance reste pantoise. Marine abandonne Apodis sans la moindre explication.


Au royaume d’Asgard au temple Walhalla : 

Au Walhalla, dans la salle de réception, la fête bat son plein.
Comme à Blue Graad, Mime accompagne les musiciens d’Hilda à la lyre tandis que Syd reste attablé en compagnie de Bedra et de leurs parents en faisant mine de vivre un parfait bonheur.
Bedra a le visage enroulé par une écharpe qui remonte sur le haut de son visage, de façon à masquer sa joue blessée et son cou bleui par la marque des mains de son fiancé.

Pendant ce temps, Alberich n’a de cesse de se complaire des éloges que lui font les convives d’Hilda, à commencer par cette dernière.
Cela a pour conséquence de provoquer l’hilarité d’Hagen et le manque d’appétit de Siegfried. Les deux amis positionnés aux côtés d’Hilda et de Freiya se navrent de manière différente du comportement de leur compatriote. En observant les femmes intéressées par ce succès d’Alberich, Hagen bouscule Siegfried avec son coude : « J’ai l’impression que pour une fois il ne repartira pas seul. »
Le cynisme de Siegfried tranche avec la bonne humeur d’Hagen : « Qu’il en profite, cela ne durera probablement pas. »


A Jamir :

Le calme de la contrée himalayenne fait réagir de façon différente les apprentis de Mû.
Depuis une semaine qu’ils se sont invités chez le Saint du Bélier, ils s’exercent à leur manière pour trouver la voix du septième sens d’après la présentation que leur en a fait Mû.

Mei et Yulij espèrent le maîtriser en repoussant leurs limites en se livrant bataille sans cesse.
Nicol en ouvrant son esprit à la nature chaque jour en allant s’isoler dans la montagne.
Médée en demandant sans cesse à son époux de lui faire partager son expérience des champs de bataille et de son apprentissage auprès de Shion.

Pour la muvienne, c’est l’occasion de passer davantage de temps avec l’être aimé.
La dure réalité leur rappelle que des Guerres Saintes ont déjà éclaté ces dernières années et qu’elles n’étaient rien par rapport à celles qu’ils allaient tous les deux devoir livrer dans les mois à venir.
Régulièrement tranquilles grâce à l’entraînement de leurs convives, ils profitent de ces instants pour partager le plaisir de l’amour en oubliant pendant ces minutes leur dure mission de chevalier.
Dans une couche en osier, elle émerge progressivement de son court sommeil. La tête appuyée sur le torse magnifiquement sculpté de son mari, elle soupire : « Suis-je la seule à m’être assoupie ? »
Mû - " Je suis trop préoccupé pour trouver le repos. "
Médée - " Qu’est-ce qui te préoccupe ? "
Mû - " Toi. Chaque jour tu progresses. Et cela pour aller jouer ta vie sur les champs de bataille. Moi je suis Saint d’or. Ma mission me vaudra très certainement la mort. J’en suis conscient. Mais si tu venais à partir toi aussi dans tous les combats que nous aurons à mener, que restera-t-il de nous ? "
Médée - " La mort est-elle obligatoirement notre seule issue ? "
Mû - " Si tu vas au Sanctuaire bousculer la hiérarchie de l’usurpateur, alors oui ça sera le cas. "
Médée - " Tu me demandes alors de fermer les yeux sur ce qui se trame en ce moment. "
Mû - " Pas nécessairement. Mais ces Saints de bronze au Japon, leurs techniques se perfectionnent de combat en combat. Ils ont réussi à égaler des Saints d’argent voire à les surpasser. Je ne serai pas surpris qu’ils renversent le Sanctuaire sans que tu ais besoin d’intervenir. "
Médée - " Tu me mets sur la touche si je comprends bien. "
Mû - " Tu assisteras le Sanctuaire le temps voulu. Il y a encore bien des dangers qui le guettent. "
Médée - " Attendons de voir comment va évoluer la situation. "


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, au centre de l’île : 

Au c½ur de l’île, là où la majorité de la population hébéïenne est regroupée, la demeure de Juventas vit de précieux instants.
Penché au-dessus du petit lit d’Agape, Apodis reste rêveur devant le visage endormi de l’enfant.
Juventas, dévêtue de sa Cloth, lui précise : « Elle ne s’était pas endormie aussi rapidement depuis ton départ. »
Apodis - " Vous m’avez terriblement manqué toutes les deux. "
Juventas ôte son masque et arbore une mine radieuse. Ses grands yeux dévorent Apodis : « Pour combien de temps es-tu là ? »
Apodis - " À vrai dire je n’en sais rien. Je ne sais pas ce que manigance Marine. Elle me paraît bien étrange. L’ordre du jour n’est plus de renverser le Sanctuaire mais de l’aider elle pour une mission bien plus importante. "
Juventas - " Dans ce cas là, si elle vient chercher l’aide d’Hébé, c’est que nous ferons certainement équipe. "
Apodis se rapproche d’elle et la serre contre sa poitrine. Malgré l’épaisse couche de muscle qui barde sa cage thoracique, Juventas peut entendre le c½ur de l’athénien cogner fort dans sa poitrine.
Apodis - " Quelle que soit mon rôle, je tiendrai ma promesse. Je te reviendrai en vie. "
Elle lève les yeux vers lui et pousse très légèrement sur la pointe de ses pieds pour hisser son mètre soixante douze au mètre soixante quinze d’Apodis.
Enfin, ils s’échangent un long baiser durant une étreinte passionnée…


Au royaume d’Asgard au temple Walhalla :

La fête à l’honneur des héros s’achève à mesure que les invités regagnent leurs appartements à l’intérieur du Walhalla ou leurs domaines tenus dans les environs du palais.

Bedra de Edel salue les derniers invités d’Hilda ainsi que cette dernière en affichant une fausse euphorie. Elle laisse seul Syd, obligé de raconter pour la énième fois les détails de son combat contre Alexer aux derniers participants au repas.


En retrouvant sa chambre, Bedra abandonne au sol l’épais foulard qui lui enroule le cou et masque sa blessure à la joue. S’ensuivent le reste de ses vêtements pour qu’enfin, d’une parfaite nudité, elle puisse se blottir dans ses draps.

N’arrivant pas à fermer l’½il, l’esprit trop ennuagé par les derniers événements, elle se met à fondre en larmes.

Soudain, depuis l’ombre laissée par le reflet de la lune sur la cheminée, une voix familière la surprend : « Je ne ressens que du chagrin dans l’univers que tu dégages. »
Bedra bondit de son lit en reconnaissant le jumeau de son futur époux. Elle vient lui tomber dans les bras et l’embrasse ardemment : « Par Odin ! Tu es vivant ! »
Bud l’enlace bien fort pour la convaincre qu’il est sain et sauf.

Malheureusement, les retrouvailles deviennent moins enjouées à mesure que Bedra comprend qu’elle est confrontée à une dure réalité. Entre son engagement envers Syd et son désir pour l’ermite, elle doit faire un choix.
Son sourire se charge brusquement d’une affliction. Les chaudes larmes qui lui viennent à nouveau surprennent Bud : « Que t’arrive-t-il ? »
Elle baisse honteusement la tête, souffrant de la décision qu’elle sait devoir prendre. Son mouvement fait remarquer à Bud les marques des mains de Syd sur le cou de l’aristocrate : « Qui… Qui t’a fais ça ?! C’est Syd ?! C’est lui n’est-ce pas ?! Il a osé ?! Et… Et ta joue ?! »
Tandis que le visage de Bud se charge d’une rage folle, Bedra le prend au vif : « Va-t-en ! »
La colère du jeune homme laisse place à l’incompréhension : « Pardon ? »
Bedra - " Tu as bien compris. Je ne veux plus te voir. "
Interloqué, il persiste : « Tu n’es pas sérieuse ? Que t’est-il arrivé ? Tu n’as pas l’air dans ton état normal… »
Bedra lui coupe la parole : « J’ai voulu vous aimer les yeux fermés, rester celle que vous désiriez tous les deux sans jamais avoir à choisir. Néanmoins, la réalité me rattrape. Aujourd’hui je suis obligée de me décider. »
Bud refuse d’abdiquer : « Alors tu privilégies l’empire que mon frère te propose à l’espoir d’un amour infini… »
Bedra se cramponne le c½ur. Elle le sent cesser de battre à mesure qu’elle ment pour le bien des deux hommes qu’elle aime : « Je choisis simplement la voix de l’amour. C’est lui que j’aime, pas toi. »
Bud reste sans voix, il tente un ultime geste vers elle qu’elle refuse en reculant d’un pas davantage décidé : « Va-t’en à présent. Et ne reviens jamais. »
Bud - " Je… Je t’ai toujours… "
Il fait la mou, remplit ses poumons d’oxygène pour retenir son chagrin puis se résout.
En baissant la tête, il prend la direction de la fenêtre par laquelle il avait l’habitude de fuir après leurs instants secrets partagés autrefois.
Un pied en appui sur le rebord de la fenêtre, prêt à prendre toute son impulsion pour quitter les lieux, Bud présente pour la première fois devant Bedra ce regard froid qui le caractérise habituellement : « Une fois de plus Syd m’a pris ce qui me revenait. Je le maudis… Oui, je le maudis du plus profond de mon être et je jure sur Odin que je reviendrai malgré ton souhait. Je reviendrai plus fort pour prendre cette place qui doit être mienne auprès de la cours d’Asgard et surtout auprès de ton c½ur. »
Sans même lui offrir un dernier regard, il disparaît dans les forêts enneigées où il a grandi.

Hagarde, la riche héritière de la famille de Edel traîne les pieds jusqu’à la fenêtre pour la fermer. Elle exécute mécaniquement les gestes nécessaires pour la clore puis s’assied au pied de son lit. Sans la moindre étincelle de vie dans son regard, elle passe doucement ses doigts sur sa joue marquée à tout jamais par son adultère. Cette cicatrice qui lui restera gâchera aussi péniblement sa beauté que les souvenirs qu’elle retiendra de ces moments passés où elle a pu aimer deux hommes et être la plus comblée des femmes.
Enfin, petit à petit, comme si l’air dégage une odeur inhabituelle, elle sent ses narines être prises d’une étonnante brûlure. Le cruel parfum de la réalité la rattrape, lui déchire son âme.
Renoncer à l’un des hommes qu’elle aime, c’est comme renoncer à une partie d’elle-même.


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos : 

A l’intérieur du palais d’Hébé, de nombreux habitants travaillent à sa réfection. Le bâtiment a beaucoup souffert de la tentative d’assassinat perpétrée contre la Déesse de la Jeunesse.
La grande salle de réception, vidée de toute présence, autre que celle de Marine, à la demande de la maîtresse des lieux, témoigne de la violence des combats livrés ici. Le plafond est toujours ouvert par plusieurs trous faits dans la roche. Les murs sont encore couverts de sang, les tentures arrachées et le marbre au sol fissuré.

Cependant, Marine n’est guère étonnée. Elle achève ses explications en tendant le bracelet où sont marqués les symboles de Pégase et de la Chouette : « … Et c’est pourquoi j’ai besoin de votre divin cosmos pour localiser le second bracelet. Un autre cosmos divin l’a scellé et m’empêche de faire le lien entre les deux artefacts. »
Hébé - " D’après tout ce que tu m’as raconté, ce bracelet sera certainement surveillé. Il vous faudra combattre, Apodis et toi, des Anges de l’Olympe. "
Marine - " Très certainement en effet. "
Hébé - " Apodis semble disposer d’une cosmo énergie impressionnante. Bien différente de celle qu’il détenait quand il a quitté l’île la dernière fois. Mais ça ne sera pas suffisant. Si la conspiration de l’Olympe que tu m’as exposé s’avère exacte, alors il est capital que vous réussissiez cette mission. Je vais donc joindre mes forces à votre succès. "



Le 19 octobre s’achevait sur encore bien des mystères et des morts.
Au Japon, Jamian, Dante et Capella avaient péri face aux Saints de bronze.
Sur Yíaros, Marine devenait de plus en plus énigmatique. Celle qui s’était faite appeler l’Aigle devant Hébé, semblait avoir un lien privilégié avec les dieux.
J’étais loin de me douter que la dernière Guerre Sainte se jouait déjà et que j’allais en être un acteur majeur.

4
Non. Si ce n'est pas pour le moment c'est que je n'ai aucune date en tête.

5
Pas de saison 4 de prévu pour le moment.
Pour le moment, seule votre imagination peut vous dire ce qui se passera par la suite.

6
Cinétélébouquins / Re: [Séries TV] La loi des séries
« le: 11 Août 2015 à 16h31 »
On me dit souvent que la série Daredevil est la meilleure à ce jour mettant en scène un super-héros. Info ou Intox ?

D's©
Perso j'ai bien accroché. Pas forcement la meilleure, tous les gouts sont dans la nature, mais franchement quelque chose de bien. Et enfin du Marvel un peu sombre !

7
Merci beaucoup pour vos impressions.

8
Félicitations aux futurs parents.

9
シナラムから日本へ / Re: Dessins animés du moment
« le: 1er Avril 2014 à 20h39 »
je dirai même pas que Saint Seiya Saintia Shô va avoir l'honneur d'une adaptation animé de 52 épisodes
-_-

10
Only for Love / Re: Chapitre 52 - Renaissance
« le: 4 Mars 2014 à 16h40 »
le prochain devrait arriver en milieu de mois.

11
Only for Love / Chapitre 52 - Renaissance
« le: 11 Février 2014 à 21h44 »
Une Guerre Sainte avait eu lieu en Sibérie. Je ne l’avais pas ressentie.
Mei et ses amis approchaient de Jamir. Je ne m’en doutais pas.
Ksénia était repartie auprès de l’Olympe. Je n’en avais même pas idée.
Les camps d’Arès et d’Hadès se renforçaient. Je ne m’en préoccupais pas.
Le Sanctuaire avait envoyé au Japon les Saints d’argent. Je ne l’aurai jamais soupçonné.

Non, moi j’errais. J’errais de pays en pays, mourant de faim et de soif, agonisant de mes plaies qui ne cicatrisaient pas, brûlées par les lanières en cuir de ma Pandora Box rentrées au plus profond de ma chair. Je m’imaginais rejoindre mon fils et ma femme.
La douleur devenait de plus en plus supportable.
Mon corps s’affaissait peu à peu et j’allais mordre la poussière à quelques mètres de la frontière qui sépare la Turquie à la Grèce…



Chapitre 52 - Renaissance

Quelque part à la frontière qui sépare la Turquie à la Grèce :

13 octobre 1986.
Apodis a le visage écrasé dans la poussière. Son bras gauche, toujours gelé par le Diamond Dust encaissé sur Yíaros, ne l’aide pas à s’extirper de cette honteuse condition.
Toujours en route pour l’île Kanon après sa rencontre avec le vieux maître Dohko, il y a près d’un mois, le Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis rampe tel le vermisseau qu’il est devenu.
Sa gorge lui brûle, elle est sèche. Ses lèvres sont craquelées et son estomac crie famine. Ses plaies sont toujours à vif.

« Je sens de moins en moins la douleur. Je quitte peu à peu ce monde. Je vais retrouver ma femme et mon fils… », s’imagine-t-il.
Il retire les lanières de sa Pandora Box qui l’écrase contre le sol et se tourne sur le dos pour observer le soleil brûlant.
Ce soleil lui rappelle celui qu’il observait aux côtés de Juventas et de la fille de celle-ci sur Yíaros : « Juventas… Je lui ai promis que je reviendrai auprès d’elle. »
Ses flous souvenirs sont interrompus par le passage continu de vautours au-dessus de lui.

Cette situation et ses souvenirs lui redonnent la force de reprendre sa route. Il s’écrie dans la douleur : « Je n’ai pas le droit d’abandonner ! »

Soudain, une voix familière lui répond : « C’est bien ce que j’espère. »
Apodis, les yeux à peine ouverts, réclame : «  Qui est là ? »
Il distingue difficilement, de ses yeux mi-clos, les chaussettes blanches par-dessus les collants rouges d’une jeune femme venue à son secours.
Couverte de sa Cloth bleue et cachée sous son masque, la Saint d’argent de l’Aigle à l’opulente chevelure rousse soulève par-dessus son épaule le bras droit d’Apodis :
Apodis - " Ma… Marine c’est toi ? "
Marine - " Tais-toi. Garde des forces pour tenir le coup jusqu’à l’île Kanon, je t’y emmène. "


Sud/est de l’Asie centrale, l’Himalaya :

A la frontière de la Chine et de l’Inde se trouve une région montagneuse où culmine à près de six milles mètres d’altitude la terre du diable.
Là-bas, l’oxygène se raréfie et les tibétains eux-mêmes ne s’y aventurent jamais, le nom de ce territoire est « Jamir ».


Au bas des montagnes himalayennes, la foule venue à dos de mules, de bovins ou de vieux véhicules motorisés, se dispersent sur un marché immense.
Paysans, touristes, moines, occidentaux et orientaux se laissent séduire par les spécialités locales. L’agriculture de l’orge, du blé, du seigle et des pommes de terre est très prisée par les paysans. Tout comme le coton, le chanvre et le soja. Les éleveurs, prennent plaisir à y trouver de nombreux animaux pour leurs élevages personnels, comme les yacks, les moutons et les chameaux.
Quelques alcools locaux ainsi que l’artisanat, comblent les touristes du monde entier.


Une halte dans cette dernière zone habitée a permis à Mei et ses compagnons de reprendre des forces. Yulij est la première à féliciter Médée, la régionale de l’étape : « Cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu droit à un vrai repas. »
Le meneur du groupe, Nicol, précise : « Sept jours exactement. Cela fait sept jours que nous traversons le monde pour venir jusque chez Médée. »
Mei - " Heureusement que nous avons quand même utilisé une infime partie de notre cosmo énergie pour nous déplacer. Sans quoi nous serions encore loin d’être arrivés. "
L’épouse de Mû justifie : « Faire appel à plus de cosmos aurait permis au Sanctuaire de localiser nos positions. Une fois arrivée à Jamir, nous aurons tout le luxe de dévoiler nos potentiels. Le magnétisme des montagnes empêche la télépathie pour ceux qui ne la maîtrisent pas parfaitement. »
Nicol - " De plus, il me semble que nous serons en sécurité, là-bas, auprès de ton mari n’est-ce pas ? "
Médée - " En effet, mon mari est très respecté malgré ses divergences d’opinion avec le domaine sacré. Mais ce n’est pas tout. Pour parvenir jusqu’à lui, il faut passer le cimetière des armures. Voilà pourquoi j’ai préféré que nous nous arrêtions prendre quelques forces. "
Le Saint du Sextant s’inquiète :
Yulij - "  Le cimetière des armures, qu’est-ce donc ? "
Médée - " Jamir est défendue par une tour. Elle sert de lieu de travail et de vie à mon mari. Derrière, plus loin, réside les muviens, les descendants du peuple du Mû et habitants de Jamir. Le cimetière des armures sert de rempart à Jamir. C’est un lieu où les gens se perdent et errent sans fin. Les intrus finissent par se retrouver en ce lieu où des squelettes de guerriers encore vêtus d'anciennes Cloths en débris les attendent. Il s’agit des fantômes de ceux qui ont voulu s’aventurer de trop près. "
Mei, plutôt fier, affiche un certain mépris : « Des faibles donc ! »
Médée - " Détrompes-toi. Dans le lot, beaucoup de Saints d’argent désireux de faire réparer leurs armures y ont perdu la vie. Et rejoins les rangs, par la force des choses. "
Yulij - " Oui, mais toi qui vient de Jamir, ils te laisseront passer n’est-ce pas ? "
Nicol répond pour Médée : « Traverser le cimetière des armures est une épreuve. Un test. Il faut être digne de pouvoir atteindre Jamir. Notre maître Arlès, originaire de cette contrée, me disait souvent qu’il devait chaque fois prouver sa valeur lorsqu’il revenait sur sa terre natale. »
Mei taquine Yulij qui semble inquiète. Il dépose sa main sur son épaule : « Ne t’en fais pas va, je te protégerai. »
Nicol étale tout son savoir : « Ce n’est pas si simple. Pour traverser le cimetière, il faut attaquer sans se retourner. Mon maître disait qu’il fallait avancer. Sans cesse avancer. Quoi qu’il arrive. »
Mei continue de badiner auprès de Yulij : « Mince, tu n’auras pas intérêt à te trouver derrière moi. Sans quoi je ne pourrai pas venir te chercher. »
Yulij, vexée, dégage la main que Mei a déposé sur son épaule : « Ça ira je te remercie. »


Dans la Méditerranée, non loin de la Grèce, sur l’île Kanon :

Visible depuis le Sanctuaire, cette petite île de la Méditerranée est réputée pour les vertus de son volcan en éveil constant. Ses vapeurs ont des propriétés curatives, capables de soulager et développer les pouvoirs des Saints meurtris.

« Un homme normal n’y survivrait pas », pense Marine en traversant le seul village de l’île Kanon.
Vêtue de sa Cloth, portant d’un bras Apodis et de l’autre la Pandora Box de l’Oiseau de Paradis, la Saint d’argent de l’Aigle n’attire même pas la curiosité des habitants.

Le peuple a été habitué au fil des siècles à voir débarquer ici des chevaliers.
Ce domaine annexé par le Sanctuaire reçoit régulièrement des navires du Port du Destin venu les ravitailler.
La monnaie est le sacre, celle du domaine sacré.
Les villageois vivent du commerce des pierres de lave, auxquelles on assimile des bienfaits réparateurs pour de simples humains. Ainsi, le commerce de ces pierres auprès des marchands du Sanctuaire permet aux habitants de l’île Kanon d’acheter boisson et nourriture puisqu’ils ne peuvent rien cultiver sur le peu de terre aride dont ils disposent.

Apodis revient peu à peu à lui : « Marine… Sommes-nous déjà arrivés ? »
Marine - " Oui, j’ai pu me déplacer rapidement grâce à ma cosmo énergie. Accroche-toi, nous sommes tout proche. "


Alors qu’ils entament l’ascension du cône montagneux, la silhouette d’un vieillard rabougri aux cheveux grisonnants se positionnent sur le perron d’une vétuste maison comme toutes celles de cet antique village.
L’observateur, d’un signe de la main, appelle deux soldats qui sortent du logis. Ils emboîtent le pas à l’infirme qui s’aide d’une canne pour marcher.
Un des deux hommes demande au vieux borgne : « Seigneur Gigas, pourquoi suivez-vous ces Saints ? »
Gigas - " Parce que l’un d’eux est activement recherché par le Pope et que l’autre ne peut être qu’une traîtresse puisqu’elle l’accompagne. Je tiens mon billet pour rentrer en grâce aux yeux de notre maître. La défaite de Ennetsu Saint et ma fuite seront bientôt du passé. "


Plus haut, Marine descend au c½ur du volcan, au plus près de la lave. Sans crier garde, elle balance l’urne d’Apodis dedans.
Apodis - " Marine ! Tu es folle ! Comment pourrais-je la récupérer ? "
Marine - " La fumée du volcan ne fera pas de miracle. Vu ton état et celui de ton armure, seule la lave pourra vous guérir rapidement. "
Apodis - " Mais c’est de la folie, jamais je ne pourrai me jeter là-dedans sans mourir. "
Marine - " Alors c'est qu’Orphée ne t’a rien appris ! Si tu visualises la cosmo énergie qui est en toi, alors tu sauras l’appréhender, la contrôler. Si tu y parviens, alors tu modèleras ton cosmos selon ton bon désir. Il t’enveloppera, te protégera. Et alors tu ne feras qu’un avec le magma et n’importe quel élément qui t’entoure. "

Marine abandonne Apodis au bord du magma. Il tombe devant comme un poids mort.
Marine - " Je t’attendrai au village tout en bas. Sache que j’en sais beaucoup sur les catastrophes de la Journée Sainte qui ont coûtées la vie à ta mère et on fils. Si tu veux en savoir plus, rejoins moi là-bas. "
Elle remonte aussitôt les parois, laissant le Saint affaibli au bord des larmes. Apodis, sûr de mourir ici, n’entrevoit que le désespoir…


Himalaya, à l’approche de Jamir :

L’équipe de Mei a repris sa progression. Au milieu des montagnes, face à un épais rideau de brume, à la file indienne, Pandora Box sur le dos, la bande s’enfonce dans le brouillard.

En bout de file, Yulij, positionnée juste après Mei, constate : « Le brouillard est devenu si épais que je ne peux voir où je mets les pieds. »
Nicol, derrière Médée qui dirige la bande, reconnaît : « Oui. De plus l’oxygène se raréfie. »
Mei - " Moi, depuis quelques mètres, j’ai le sentiment que le sol craque sous mes pas. "
Yulij frissonne : « Oui, de plus, j’ai l’étrange sensation que nous sommes observés par la mort… »

Médée stoppe sa marche et s’accroupit. Elle balaie de sa main le brouillard qui l’empêche de distinguer sur quoi ils piétinent. Elle identifie ce qu’elle croit être un ossement : « C’est parce que nous sommes arrivés au beau milieu du cimetière. »

Des voix sorties de l’inconnu donnent raison à la muvienne : « Où allez-vous imprudents ? »
Un second esprit les met en garde : « Vous êtes à la frontière de Jamir, le territoire des héritiers du continent de Mû. »
Un troisième complète : « Partez si vous tenez à la vie. »

La régionale de l’étape prend la parole : « Je suis Médée de Jamir. Saint de bronze du Burin du Graveur et je viens rentrer chez moi pour… »
Un coup jaillit de la brume pour cogner en plein estomac la jeune femme.
Elle s’écroule sur le sol pendant que des centaines de squelettes se forment.
Yulij - " Incroyable ! De sous nos pieds s’élèvent dans les cieux tous les ossements et les débris d’armures pour former des chevaliers-squelette. "
Mei ironise : « On se croirait dans un mauvais roman féerique ! »
Nicol relève Médée et rappelle au sérieux son équipe : « Ce n’est pas le moment d’être cynique. Nous devons reformer notre ligne et foncer jusqu’à Jamir. »
Un premier fantôme réagit : « C’est très bien pensé. Mais pourrez-vous avancer tous ensemble sans vous accabler des faiblesses de l’un de vous ? »
Médée, en tête de file, charge les rangs ennemis : « Il n’y a qu’une seule façon de le savoir ! »
Elle assaille le premier adversaire genou en avant, de quoi décrocher sa tête du reste de sa carcasse. Elle esquive ensuite les coups des deux squelettes suivants, laissant le soin à Nicol de les mettre hors d’état de nuire.
Derrière eux, Mei veille à garder le chemin ouvert pendant que Yulij repousse ceux qui auraient profité du léger laps de temps entre leur passage pour se reconstituer.

Bientôt proches de la sortie, Médée et Nicol finissent de coucher les derniers piliers, pendant que Mei se retourne avec désinvolture en direction de Yulij toujours sur le qui-vive : « Je t’avais bien dit qu’il n’y avait rien à craindre. »
A cet instant, un chevalier-squelette profite de ce manque de sérieux pour le cogner à la tempe. Sonné, le japonais s’écroule sur le côté.
Yulij défait l’adversaire de son ami et le rattrape par le bras alors que sa chute n’en finissait pas.
Le Saint de la Chevelure de Bérénice revient à lui, suspendu au-dessus du vide. La brume se dissipe, ne laissant apparaître qu’un étroit pont de pierre en dessous duquel gisent les chevaliers-squelette et les corps des malheureux qui, comme lui, ont manqué de discernement.

De l’autre côté du pont, les mains sur les hanches, l’attendent Médée et Nicol. Ce dernier esquisse un rictus désolé en réponse à l’impertinence de l’apprenti de Deathmask.
Blessé au plus profond de lui, Mei découvre enfin ce qui le tient encore dans ce monde.
Yulij le retient par le bras : « Tu ne voudrais pas t’aider un peu pour te remonter. C’est qu’avec ta Pandora Box sur le dos tu n’es pas très léger tu sais. »
Avec son autre bras Mei prend appui sur le pont pour s’extirper de cette situation où il se sent pitoyable. Sa camarade plaisante à son tour : « Heureusement que j’étais derrière pour veiller sur toi. »
Mei marmonne dans sa barbe jusqu’à ce que Nicol rappelle les cadets du groupe : « Allons, du calme. Nous sommes bientôt arrivés. »


Dans la Méditerranée, non loin de la Grèce, sur l’île Kanon :

Abandonné à côté d’une cascade de lave, Apodis hésite.
Il ne se sent pas le courage de plonger récupérer son armure. Il n’a même pas la force de se relever. Rien que la température extérieure l’étouffe. Cela ne l’aide pas à surmonter ses doutes. Il n’ose pas imaginer la chaleur de la lave. Son corps suinte et sa peau le brûle déjà.


Plus bas, sur le versant du volcan, Marine réfléchit : « Apodis, tu as bénéficié de l’entraînement du meilleur des Saints d’argent. Bien que tu sois Saint de bronze, tu es prêt à endurer dès à présent cette épreuve. Orphée t’a préparé au septième sens, il n’appartient plus qu’à toi de t’y éveiller définitivement. Si j’avais eu le temps d’apprendre à Seiya à atteindre ce même niveau, j’aurai agi de la même façon en l’abandonnant ici. Le sort de la terre en dépend. »

Un raclement de gorge perturbe la japonaise dans ses pensées.
Elle identifie très rapidement la personne qui en est l’origine : « Gigas ! »
Le général déchu est accompagné par un soldat, tandis que le second arrive dans le dos de Marine : « Je vais pouvoir vous ramener au Grand Pope. Je récupérerai ainsi ma place auprès de lui. Quelle aubaine n’est-ce pas ? »
Marine - " Comment tu le dis, c’est une véritable aubaine. Je comptais faire le point auprès d’Apodis sur les récents événements du Sanctuaire. Tu pourras m’y aider lorsqu’il sera rétabli. "

Ne l’entendant pas de cette oreille, Gigas envoie ses deux hommes sur la jeune femme.
Celui dans le dos de Marine se jette poing en avant. Sans même le regarder, elle l’esquive facilement en tournant sur elle-même. Elle renvoie le second à côté de l’autre en le frappant d’un coup de pied au menton.
Ses assaillants lui faisant face tous les deux désormais, Marine les achève grâce aux Météores : « Ryu Sei Ken ! »
Les malheureux meurent sur le coup devant Gigas.

Le vieillard se met rapidement à genoux : « Je t’en prie Marine, ne me fait pas de mal. Je suis certain qu’avec ta force nous pouvons faire de grandes choses toi et moi. Pourquoi n’irions nous pas chercher Apodis pour le livrer au Pope ? Il nous pardonnera certainement tous les deux et ainsi nous remontrons dans son estime et… »
Marine soulève Gigas en l’attrapant par le col : « Nous demanderons à Apodis ce qu’il en pense quand il reviendra du volcan. En attendant nous allons discuter. J’ai plusieurs questions à te poser… »


A Jamir :

A l’intérieur de l’immense tour sans porte, assis en arc de cercle sur un tapis autour d’une cheminée où le feu chauffe une théière suspendue, Nicol, Yulij et Mei observent l’architecture de ce lieu antique.

Mei se lève prendre l’eau brûlante. Il la verse dans trois tasses posées sur un plateau en bois peint aux motifs d’animaux de la région et au fond desquelles se trouvent des feuilles séchées.
L’élève de Deathmask s’impatiente : « Ils commencent à être longs. »
Nicol lui rappelle les bonnes manières : « Un Saint d’or nous fait l’insigne honneur de nous recevoir dans sa demeure et de nous offrir le thé. Profitons-en pour nous remettre de nos émotions, pendant que Médée finit de lui exposer la situation. »
Face aux nerfs d’acier du Saint d’argent, Mei opte difficilement pour la diplomatie. Il retourne poser son postérieur sur l’épaisse étoffe où sont brodés des éléphants.


A l’étage inférieur, vêtu d’une longue toge blanche ajustée autour de son cou qui descend jusqu’à son bas ventre et dans le creux de son dos, Mû passe subtilement sa main sur le visage, défait de son masque, de sa femme. Il dégage quelques mèches vertes de son front où sont présents deux points de même couleur que les siens, symbole de ses origines muviennes. Il l’embrasse pour la énième fois avec délicatesse. Ses doigts descendent le long de sa colonne nasale et glisse jusqu’à sa petite bouche aux lèvres charnues : « Je suis si heureux que tu me sois revenue saine et sauve, après tous les risques que tu as pris. »
Médée - " Tu comprends maintenant pourquoi je veux que tu nous prodigues tes connaissances ? "
Mû - " Je ne veux pas être le professeur qui vous guidera vers la mort. Combattre le Sanctuaire est dangereux. "
Médée - " Et Kiki alors ? Tiens, en parlant de lui, où est-il ce garnement ? "
Mû - " Je l’ai justement laissé à Seiya et ses compagnons. Avec la rébellion menée contre le Sanctuaire au Japon, j’ai trouvé que ce serait un bon exercice pour Kiki de vivre la tension de tels événements. C’est l’occasion de lui faire gagner en maturité sans l’exposer directement aux combats. "
Médée - " Et pour nous ? "
Mû - " Je vais aller parler à tes amis. "


En haut, trop empressé, Mei n’a pas résisté à l’envie de visiter davantage l’étage.
Contre les recommandations de Nicol, il vient s’étaler dans une couche en osier faite à la main : « S’il faut encore attendre des heures, je préfère me mettre sur quelque chose de plus confortable que sur ce tapis. »

La voix calme et retenue du Saint d’or rappelle toutefois à l’ordre le Saint de bronze : « Voici donc le remerciement qu’un brave est en droit d’avoir, lorsqu’il t’offre l’hospitalité ? Je reconnais bien là les manières de Deathmask. »
Mei s’insurge : « Qui que vous soyez je vous interdis de porter un tel jugement sur mon maître. Il a toujours été bon et généreux envers moi. L’éducation qu’il m’a donnée, était basée sur le respect. Malgré la découverte de ses actes abominables, je refuse qu’on puisse librement salir son nom. »
Mû maintient un ton courtois malgré des propos durs : « Dans ce cas tiens-toi convenablement, si tu ne souhaites pas être jugé comme un vaurien. »
Mei serre les poings : « Répète un peu ! »
Mû - " Quoi donc ? Le fait que je te demande de te tenir mieux que ne le ferait un singe ou bien le fait que tu ne sois qu’un prétentieux qui ne supporte pas d’entendre la vérité ? "
S’en est trop pour le japonais qui se précipite sur le propriétaire.
Il balance son pied en avant sous le regard désarçonné de Nicol qui déplore déjà la conduite de son camarade.

Mû, les yeux fermés, tend simplement le bras pour immobiliser dans les airs le jeune homme : « Ridicule. »
Il s’amuse à faire tournoyer dans la pièce son bouc émissaire et s’adresse aux autres pendant que Mei l’invective : « Finalement, quand je vois votre niveau, je comprends que Médée me demande de vous ouvrir la voix vers un entraînement plus complet. »
Il relâche enfin Mei qui se réceptionne sur le postérieur, l’air totalement idiot.
Mû lui sourit pourtant : « Quand tu sauras te défaire de ma télékinésie, alors tu imposeras le respect. En attendant, tant que tu seras ici, tu me présenteras un minimum d’égard. »
Trop fier, Mei ramasse sa Pandora Box et l’enfile sur son dos : « C’est complètement ridicule. J’ai déjà réussi à entrapercevoir le septième sens. Je n’ai pas besoin de ce guignol qui se prend pour je ne sais qui. »
Il crache sur le sol de la demeure et saute depuis la fenêtre pour quitter Jamir, sous l’½il désemparé de ses compagnons…


Dans la Méditerranée, non loin de la Grèce, sur l’île Kanon :

Seul, étendu au bord du précipice, Apodis commence à se sentir mal.
La chaleur l’insupporte.
Cependant, alors qu’il commence à perdre connaissance, sa détermination est renforcée par les propos de Marine. Celle-ci sait ce qu’Apodis veut savoir. Les réelles circonstances de la mort de sa famille.
« Je n’ai pas de temps à perdre. Aussi meurtri que mon corps, ma Cloth s’enfonce dans les abysses brûlants de seconde en seconde. Plus que jamais je dois mettre en application les enseignements de mon maître Orphée. Je vais me jeter tout entier dans ce volcan, en luttant grâce à ma cosmo énergie. Ainsi, je me régénérerai plus vite et je développerai davantage mes facultés. », décide-t-il.

Avec son seul bras droit encore valide, il se hisse jusqu’au bord de la falaise de lave.
Ayant à peine la force d’ouvrir un seul ½il, il observe le tourbillon de magma qui bouillonne à des mètres plus bas.
Sans même le courage d’hésiter davantage, il se laisse tomber dans la lave comme il abandonnerait un vulgaire caillou du haut d’un précipice.
Un point mort.
Tombant sans grande conviction dans un torrent de feu rougeoyant.

La chute provoque à peine une éclaboussure.
L’épais fluide ardent se contente d’amortir l’affaissement progressif de ce corps qui rougit.
Puis noircit.
Avant de disparaître dans les limbes brûlantes…

Englouti par le magma, sa peau se désagrège peu à peu.
Ses cheveux commencent à se dissoudre.
Pourtant il est apaisé.
Il ne ressent plus rien. Il n’ose d’ailleurs pas à ouvrir ses paupières de crainte que ses yeux fondent sous la chaleur. Apeuré qu’il est de se souvenir de ce qu’est la douleur.
Le liquide ardent s’engouffre par ses orifices.
Jusqu’au plus profond de ses entrailles.

« Alors voilà, je n’y suis pas arrivé, je perds connaissance et quitte ce monde sans parvenir à tenir mes promesses. Mes sens m’abandonnent, je meurs. », avoue-t-il avant de finir inconscient…


Flashback
1979 - Cela faisait deux mois qu’Apodis suivait le pénible entraînement d’Orphée.
Après avoir lutté contre les troupes d’Arès, Apodis avait été reconnu comme un Saint par l’armure de bronze de l’Oiseau de Paradis.
Depuis, jamais il n’eut droit d’avoir recours à sa Cloth. Son professeur ne préférait le voir la porter que lorsqu’il serait un chevalier accompli.
Il restait pour cela encore beaucoup de chemin à parcourir.

Les premières semaines consistèrent à développer sa musculature et son renforcement organique sans faire appel au cosmos.
« L’intérêt est déjà de faire travailler ton corps car derrière l’armure et les bienfaits de la cosmo énergie, tu restes un homme avec ses faiblesses. », lui avait assuré Orphée.
Ses exercices sans relâches lui permirent de jouir bien vite d’une carrure physique plus importante.

Orphée accepta donc de passer à la maîtrise du cosmos.
Les quelques combats menés contre les apprentis d’autres Saints le rassurèrent sur ses capacités martiales et bien vite il profita de cette notoriété grandissante.


Un matin, alors que les rayons du soleil perçaient la tanière qu’il s’était confectionné à côté de la demeure du Saint de la Lyre, Apodis bondit.
Orphée lui avait enseigné que la journée d’un Saint aguerri commençait dès le levé du jour.
Une fois ses vêtements miteux enfilés, ses bras pansés de bandelettes de papier et quelques protections en cuir ceinturées, il alla trouver le chevalier d’argent déjà debout devant chez lui à observer la rosée matinale : « Alors maître ?! Quel exercice me réservez-vous aujourd’hui ? »
Orphée - " Oh, rien de bien compliqué. Aujourd’hui tu auras droit à une journée de repos en notre compagne. Nous partons, avec Eurydice et Netsuai, le long du fleuve qui traverse le Sanctuaire. "
A l’annonce de cette invitation, Apodis grimaça : « Maître, je vous suis reconnaissant d’avoir pensé à moi. Seulement j’aurai aimé poursuivre ma maîtrise de la cosmo énergie. J’ai l’impression d’avoir encore beaucoup à faire. »
Agréablement surpris par l’investissement de son disciple, Orphée n’insista pas.
Au grand damne de Netsuai. La s½ur cadette d’Eurydice appréciait tout particulièrement le caractère, emprunt d’assurance, naissant chez le jeune homme. Elle s’en était fait son ami.

Quelques heures plus tard, tandis qu’il dormait en compagnie d’une fille de fermier dans le foin de la grange, Apodis fut surpris par l’irruption du Saint d’argent.
Par réflexe, Apodis couvrit le corps dénudé de son amie d’une bâche et cacha sa propre intimité par ses vêtements.
Le chevalier de la Lyre, tout en restant calme et appliqué dans son allocution, manifesta sa colère : « Mon pauvre garçon. Tu manques encore de discernement. Comment pouvais-tu croire que tu allais me mentir ainsi ? Si tu exerçais réellement ta cosmo énergie, grâce à mes facultés accrues de concentration, je l’aurai ressentie, aussi insignifiante soit-elle ! »
Devenu bien fier en si peu de temps, le nouveau Saint de bronze se rhabilla avec une expression bien dédaigneuse sur le visage : « Insignifiante ?! Ma cosmo énergie ?! Vous oubliez que je suis un des héros de la tentative d’invasion des arèsiens ?! J’ai même tenu tête aux Berserkers ! »
Orphée - " Ces Berserkers étaient d’un niveau pitoyable. Cependant je veux bien croire que mes dons aient été floués. Peut-être n’ai-je réellement pas constaté ta rapide évolution au point de me tenir tête ? "
Apodis - " Vous me défiez maître ?! "
Orphée - " Considère-le comme tu le veux. Je t’attends dehors. "

Orphée, admiré par tout le domaine sacré, sorti de la grange.
Autour, quelques villageois de Paesco furent ameutés par l’arrivée fortuite du chevalier. A commencer par le père de la jeune femme qui a partagé quelques instants de folies en compagnie d’Apodis. Le pauvre homme, décomposé en voyant sa fille sortir à moitié dévêtue, et totalement déshonorée face au peuple, priait Athéna qu’Apodis soit puni.

Dehors, rhabillé grossièrement, Apodis mit quelques instants à habituer ses yeux au soleil de plomb.
Aussitôt, la lumière du soleil lui pesa comme d’ordinaire et la sueur se forma sur son front.
A mesure qu’il distinguait la foule de plus en plus grande, il se sentit honteux envers Netsuai qui le dévisageait avec une certaine déception. C’était pourtant bien avec elle qu’il partageait depuis deux mois quelques instants complices durant lesquels ils se chamaillaient, se confiaient et se réconfortaient l’un l’autre.
« Entre elle et moi, il y a bien plus que de l’amitié. », pensait souvent le grec.

Sans le prévenir, l’homme aux cheveux d’un bleu très clair frappa son élève d’un violent coup de poing dans l’estomac.
Les petits yeux rouges sang contrastant avec la chevelure marine d’Apodis exprimèrent surprise et douleur.
Après avoir reculé de plusieurs petits pas, il s’en remit et rendit la pareille. Du moins il essaya. Les yeux fermés, Orphée esquiva en se permettant de jouer une petite note de musique sur sa lyre pour le ridiculiser : « J’imagine que ton intensif entraînement de cet après-midi t’a épuisé. Le combat n’est donc pas équitable. Pour cela je te propose de ne me battre qu’avec mes jambes. Mes bras serviront uniquement à agrémenter la foule de mon art musical. Il faut bien leur offrir un peu de spectacle vu à quel point tu es pitoyable. »
Le cynisme des propos d’Orphée amusa quelques spectateurs, ce qui provoqua la colère d’Apodis.
Tête baissée, il fondit sur le musicien qui s’amusait de son instrument en parant pieds et poings d’Apodis avec ses jambes et les yeux clos.

Au bout de quelques secondes qui se firent sentir sur l’organisme d’Apodis par un essoufflement important, la colère de l’Oiseau de Paradis ne régressa pas. Cela permit de faire de sa rage un atout qui accrut considérablement son cosmos. Ainsi, il put invoquer l’arcane avec lequel il massacra un Berserker quelques mois plus tôt : « Frantic Fury ! »
Tel un oiseau qui déployait ses ailes, Apodis fonça à une vitesse surpassant celle du son sur Orphée. Il dégagea l’alliance parfaite de son courroux et de son cosmos.
Refusant depuis le début du combat de sous-estimer les capacités de son apprenti, malgré les apparences, Orphée abandonna son engagement. Il utilisa ses bras et invoqua davantage de cosmos pour encaisser cette attaque surprenante.

Un flash se produisit, aveuglant la foule le temps du choc. Après quoi, la stupéfaction générale laissa place à la découverte du succès du maître.
La lyre d’Orphée retombait depuis le ciel où il l’avait projeté pour recevoir dans ces deux mains l’impact d’Apodis. Il s’en ressaisit avec la main gauche, tandis que son bras droit restait tendu contre le visage d’Apodis à hauteur de sa tempe.
Durant quelques secondes, Apodis, les yeux perdus dans le vague, resta en position de frappe sans bouger le moindre membre.
C’est seulement lorsque du point d’impact gicla un important flot de sang, que le corps du jeune homme s’échoua au sol.
A cet instant, toutes les admiratrices d’Apodis tournèrent la tête pour esquiver cette vision d’horreur.

Seule Netsuai bouscula la foule pour gagner son ami qui l’avait déçu. Elle résista à la retenue par le bras d’Eurydice, mais ne put contester l’autorité de l’amant de sa s½ur :
Orphée - " N’avance pas plus Netsuai. Je me charge de ramener Apodis à lui… "
Le virtuose incline la tête en direction de sa bien-aimée : « … Cela me demandera du temps. J’ai l’intention de lui en apprendre davantage et vu son caractère de cochon, il me reste du travail. Nous ne rentrerons pas avant. »
La douce Eurydice se contenta d’acquiescer, laissant Orphée prendre sur son épaule le corps inanimé d’Apodis, tout en masquant les fourmis qui parcourait ses bras suite à la surprenante décharge de cosmos de son élève.
Enfin, d’un bond prodigieux, il se propulsa à plusieurs kilomètres d’ici…


Apodis rouvrit les yeux seulement à la nuit tombée, lorsque Orphée balança son corps dans une eau fraîche.
Le fier disciple, pris d’un violent mal de crâne après le choc reçu, ressortit aussitôt de l’onde en hurlant de rage : « Où je suis bordel ?! »
Assis sur la base usée d’une colonne dorique, Orphée rigolait : « Nous sommes là où j’ai été fait Saint. Là où ton entraînement va réellement commencer. »
Apodis - " Merde… J’ai l’impression que mon corps pèse une tonne. "
Orphée - " Je t’ai connu plus poli jeune homme. Il me semble que tes excès de zèle ont réduit à néant la bonne éducation que Mujakis, ta mère, t’a pourtant donnée. "
Apodis - " Ce n’est pas qu’une impression, mon corps est irrémédiablement attiré par le sol. J’ai l’impression que mes muscles vont céder et mes os se rompre. "
Les nerfs d’Apodis jaillirent tous au travers de sa peau, alors qu’Orphée ne semblait pas souffrir de cette nouvelle loi de la pesanteur.
En observant l’eau dans laquelle ses jambes trempaient encore, Apodis remarqua que le fluide s’écoulait depuis plusieurs rivières. Celles-ci venaient se réunir dans d’immenses bassins pour alimenter quelques fontaines et divers thermes. Tout autour, d’immenses jardins fleuris embellissaient les ruines de nombreux temples.
Apodis - " C’est quoi ce lieu ? Nous sommes toujours au Sanctuaire ? "
Orphée - " Nous sommes à Dignity Hill. "
Apodis - " Dignity Hill ! Il s’agit de la zone interdite du Sanctuaire, située dans les collines du nord. Même les Saints d’or ont ordre de ne pas s’y rendre. "
Orphée s’en amusa : « On va dire que je dispose d’une dérogation spéciale du Grand Pope. »
Apodis - " Qu’est-ce que ce lieu ? Pourquoi mon corps souffre-t-il autant ? "
Orphée - " Ce sont les vestiges du Sanctuaire d’Abel. "
Apodis - " Abel ? "
Orphée - " Le dieu solaire oublié. Ancien dieu du soleil, son nom fut rayé de l’histoire à cause de sa trop grande ambition. "
Apodis - " Mais alors… Pourquoi son sanctuaire se trouve au sein du notre… "
Orphée - " Parce qu’il est le frère de sa Majesté Athéna. Lorsque les dieux choisirent de le supprimer du court normal de l’histoire, il présentait un amour sans égal pour sa s½ur. Pour cette raison il établit son camp au sein même du domaine sacré. Afin d’honorer cet amour, Athéna accepta de conserver le Temple de Corona où nous nous trouvons actuellement. "

Apodis suivit des yeux la direction présentée par le bras d’Orphée.
Au centre des ruines, au sommet d’une élévation, se dressait toujours le temple du soleil. Depuis ce lieu impérial, émanait un cosmos divin, oppressant et terrifiant.

Orphée - " Malgré le retrait d’Abel depuis des millénaires, sa présence se fait toujours ressentir aux abords de son temple grâce à la bannière de force de son cosmos, un kekkai. Un homme dénué de cosmos serait déjà mort à l’heure qu’il est. Et pour ceux qui le maîtrisent, ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne meurent épuisés. "
Orphée se gratta grossièrement la tête, brisant le charme qui émanait naturellement de lui. A présent qu’ils sont seuls ici, élève et maître, il n’était plus question de bonnes manières :
Orphée - " C’est pour cela que nous allons rester ici jusqu’à la fin de ton entraînement. "
Apodis - " Mais c’est impossible, comment voulez-vous que je m’entraîne dans ces conditions ? "
Orphée - " C’est en apprenant à t’habituer à ces conditions que tu reviendras plus fort. C’est ici que je suis devenu un chevalier capable de rivaliser avec les Saints d’or. Pour quitter ce lieu il ne te reste que deux solutions. Surpasser le niveau d’un Saint d’argent ou mourir. "
Hurlant à la mort, refusant de douter comme il a pu le faire durant son adolescence, Apodis appelait en lui toutes ses forces pour réussir à sortir complètement de l’eau.

Lorsqu’il leva le menton en direction d’Orphée pour lui manifester son choix, son maître avait disparu.
Il fut tétanisé en entendant la voix de son maître derrière son dos.
« Même avec un dixième de sa force, le Seigneur Orphée est capable de se montrer aussi vif ! », admira le jeune Apodis.
Orphée - " Parfait. Tu es maintenant prêt pour la seconde phase de ton apprentissage ici. "
Il l’attrapa par le col de son maillot et le traîna jusqu’à un bassin dont les profondeurs parurent insondables.
Apodis - " Maître que faîtes vous ?! Si vous me lâchez dans autant d’eau, avec la pression exercée par le kekkai, je vais tomber comme un morceau de plomb et mourir noyé ?! "
Orphée - " J’attendrais jusque là alors. Je n’accepterai que tu sortes de là qu’à l’unique condition que tu réussisses à me parler sous l’eau. "
Apodis - " Que je vous parle sous l’eau ?! Mais je ne suis pas télépathe moi. "
Orphée - " Laisse la télépathie à ceux qui en ont le don. Toi tu ne possèdes que celui du cosmos et tu n’es pas capable d’en faire un bon usage. Lorsque tu parviendras à survivre en canalisant le peu d’oxygène que tu as dans tes poumons grâce à ta cosmo énergie alors tu pourras passer à l’étape suivante. C’est-à-dire rentrer en communication avec la mienne. Seulement à cet instant, tu seras capable de prétendre maîtriser ton cosmos. "
Apodis - " Non… Maître attendez… Attendez… "
Plus lourd qu’un rocher, le corps de l’Oiseau de Paradis s’enfonça dans l’eau après avoir provoqué une immense éclaboussure.
Pris de panique, il ne tarda pas à manquer d’air à mesure qu’il s’enfonçait…

Orphée resta de marbre devant un tel spectacle.
Pour lui donner l’exemple de ce qu’il devait apprendre à faire pour conclure cette expérience, la Lyre profita d’une infime étincelle de cosmos chez son disciple et s’en saisit pour lui parler grâce au sien : « Le cosmos ne sert pas qu’à frapper brutalement son adversaire. Il est capable de substituer les éléments naturels qui nous maintiennent en vie. La faim, les températures anormalement basses ou hautes, l’air. Plus le cosmos est grand, plus la survie est forte et plus on en sort aguerri. Il est impératif que tu saches t’en servir comme bouclier le jour où tu rencontreras des environnements hostiles ou pire, si tu affrontes un adversaire qui les manipule. La cosmo énergie est un art, un état d’esprit, une culture intérieure, pas une force. »
Flashback


Au fond du lac incandescent, le corps d’Apodis heurte un objet.
Une urne métallique.
Elle résonne.
A mesure que le sang d’Apodis fuit ses plaies, celui-ci se mélange à la lave.
Cette fusion inonde l’urne métallique.
Elle résonne plus fort.
De plus en plus fort.

Apodis revient à lui : « Ma Pandora Box… Je la sens, mon armure, elle m’appelle. Cette sensation d’énergie qui me permet de communiquer avec elle et de rester en vie, ce n’est pas mes cinq sens, ni même mon sixième sens. C’est bien au-delà de ça. Je ne fais plus qu’un avec mon armure et l’île Kanon. C’est grâce à ce qui m’a permis de survivre à l’enseignement de mon maître. C’est… L’ultime cosmos, le septième sens ! »
Immédiatement, Apodis ouvre ses yeux et écarte ses bras.
Son corps rayonne et son armure jaillit devant lui.
La Cloth est comme neuve, le mélange du sang nécessaire à sa reconstruction et les bienfaits du volcan l’ont réparé.
Les plaies d’Apodis cicatrisent peu à peu. Son bras gauche bleui par le froid commence à réagir…


A Jamir :

Alors qu’il est proche de sortir du domaine des muviens, Mei, le visage renfrogné, froissé par l’humiliation que lui a fait subir Mû, ressent la présence de Yulij lui courir après.
Celle-ci n’a pas pris sa Pandora Box contrairement à lui, il comprend donc : « Tu vas rester ici alors. »
Yulij - " Et toi aussi tu dois rester. "
Mei - " Certainement pas. "
Yulij bouillonne : « Mais enfin qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ? Tu as été l’élève d’un Saint d’or. Et alors ? Quel droit ça te donne de plus ? Quelle capacité exceptionnelle as-tu de plus que les autres ? Aucune ! Hormis Nicol, nous sommes tous à un niveau quasi équivalent. »

Encore plus piqué au vif par de tels propos, Mei tourne le dos. Son ego est sérieusement troublé.
Yulij insiste pour le retenir. D’une voix plus douce, elle déclare : « Tu n’as rien à prouver. »
Cependant, la décision de Mei est prise : « Je m’en vais. »
Yulij passe devant lui et se met en position de combat : « Tu partiras d’ici seulement après m’avoir vaincue. »
Mei - " Arrête Yulij. Tu es ridicule et je ne veux pas… "
Il n’a même pas finit sa phrase que la jeune femme au maillot et au short kaki l’envoie au tapis d’un crochet du gauche.

Pour Mei, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Il défait les lanières de sa Pandora Box et se met en position de combat. Ses yeux sont embrumés par la colère.
Il répond d’une droite qu’elle pare sans difficulté. Elle en profite pour lever le genou vers son estomac, mais il le bloque avec son coude gauche. Il enchaîne avec un coup de tête en plein visage de Yulij et lui fissure son masque de femme chevalier.
La Saint du Sextant s’en remet vite et effectue un coup de pied retourné. Il l’esquive en s’accroupissant. Il joue ainsi de la flexion de ses jambes pour prendre appui et plaquer violemment Yulij contre les rochers qui les entourent.
Secouée, la demoiselle parvient difficilement à se tenir droite. Mei espère ainsi la mettre hors de combat en lui collant un uppercut.
C’est sans compter sur l’opiniâtreté de son adversaire qui lui attrape le bras et fait passer Mei par-dessus elle pour le faire s’écraser au sol.
Yulij - " Tu vois. Finalement tu n’es pas plus fort qu’un autre. L’entraînement de Mû te sera bénéfique. "
Mei refuse de s’avouer vaincu, il se jette genou en pleine figure de Yulij. Après avoir voltigé dans les airs, elle s’échoue lamentablement au sol.
Mei - " Je t’interdis de croire que tu peux rivaliser avec moi ! "

Sous ses pieds, il sent quelques fracas. Sa rage s’atténue lorsqu’il comprend qu’il s’agit du masque brisé de Yulij : « Te… Ton masque ! Je… Je ne voulais pas, je suis désolé. »
Yulij se relève déconcertée. Elle passe ses mains sur son visage qui reste magnifique, malgré l’aigreur qui la défigure.
Ses fins sourcils sont froncés et ses grands yeux bleus toisent son rival, subjugué, voire gêné, par sa beauté :
Yulij - " Comment as-tu pu ? "
Mei - " Je… Je m’excuse. "
Sa cosmo énergie commence à s’étendre tout autour d’eux, laissant Mei penaud.

Heureusement, la concentration de la jeune femme est interrompue lorsqu’un foulard tombe sur ses cheveux blancs grisonnants.
Médée, en tête, lui assure : « Ajuste donc cela pour dissimuler ton visage. Mon mari te refera un masque ne t’en fais pas. »
Derrière sa conjointe, Mû, plein de bon sens, déclare : « Alors Mei. Cette confrontation a été un bon exercice. Je suis sûr que tu réalises avoir encore beaucoup à apprendre. Si tu es prêt à te conformer à mes exigences et à suivre rigoureusement mes conseils, alors j’accepte que tu restes parmi nous. »
Mei, indécis, baisse la tête vers le sol.
Nicol rajoute alors : « Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour Yulij. Maintenant que tu as vu son visage, elle n’a pas d’autres choix que de t’aimer ou de te tuer. Epargne-lui une traque inutile à travers le monde. »
Mei rendosse l’urne de son armure et tourne le dos à ses amis.

Pourtant, il est incapable de reprendre sa marche.
Ses membres tremblent d’effroi après avoir constaté l’écart insignifiant entre Yulij et lui.
Lui, l’élève d’un des Saints les plus puissants au monde, réduit au même niveau qu’une vulgaire paysanne du Sanctuaire.
L’image cruelle de Deathmask, abattant son courroux sur Epione, brisant le souvenir paternel qu’il gardait de lui, lui revient aussitôt en mémoire.
Tout comme son impuissance face à la mort de Dabih.
Il réalise alors que sa propre faiblesse remet chaque fois en question ses certitudes.

Longtemps immobile, il finit par laisser s’échapper quelques larmes.
C’est seulement lorsqu’il devient capable de dissimuler son émotion, qu’il fait demi-tour : « Très bien, j’accepte de rester… »
Une fois arrivé à hauteur de Mû, Mei concède, tout en le fixant dans les yeux et en abandonnant son ton fier : « … Et je m’excuse pour mon comportement grossier. »


Dans la Méditerranée, non loin de la Grèce, sur l’île Kanon :

Le soleil se couche à l’horizon, ne laissant qu’une teinte orangée dans le ciel.
Au sommet du volcan, dans le nuage de fumée, apparaît peu à peu l’ombre d’un chevalier habillé de son armure de bronze. Celle-ci brille de mille feux.

Resplendissant, le Saint se détaille lui-même avec admiration : « Incroyable, c’est comme une seconde vie. Je n’ai jamais été aussi en forme. Je n’ai plus une seule cicatrice, toutes mes plaies ont été résorbées. Et mon armure, je la sens emprunte d’une nouvelle vie. »
Il ferme les yeux un instant avant de déclarer : « Juste en bas, je ressens le cosmos de Marine. Elle est accompagnée d’une autre personne. J’y vais. »


Après un bon prodigieux, à la vitesse de la lumière, à peine sa phrase achevée, qu’Apodis se réceptionne devant Marine.
Celle-ci, assise, les jambes croisées, est restée à fixer toute la journée le captif Gigas.
D’un hochement de la tête, comme pour la remercier, Apodis se contente de prononcer le nom de son amie : « Marine. »
Elle lui renvoie le même signe et pointe du doigt Gigas : « Apodis, il faut que nous parlions. Beaucoup de choses sont arrivées au Sanctuaire. »

Pendant plus d’une heure, Apodis reste les bras croisées à écouter les interventions de Marine conjuguées à celles de Gigas.
Apodis - " Alors Docrates, Misty, Babel et les autres sont morts sans savoir qu’ils officiaient pour le mal. Et c’est aujourd’hui Phaéton qui a pris la place de Gigas, après que celui-ci a fuit une fois sa dernière tentative au Japon avortée. "
Marine - " Tout le monde n’est pas mort sans connaître les raisons obscures de leurs missions. Il y avait parmi eux les Ghost Saints. "
Apodis - " Les Ghost Saints ? "
Marine bouscule Gigas pour le faire parler :
Gigas - " Euh… Hum… Les Ghost Saints étaient un groupe de mercenaires du Sanctuaire. Un peu comme Docrates et Crystal Saint. Seulement leurs actes étaient criminels et par sécurité, une fois leur mission principale achevée, on les a exilés du Sanctuaire. C’est sur l’île où ils se sont réfugiés que Seiya et les autres les ont vaincus. Voilà, c’est tout. "
Marine le chahute davantage : « Non ce n’est pas tout. »
Apodis - " Tu parlais d’une mission principale. Laquelle était-elle ? "
Gigas - " Comme tu le disais tout à l’heure, sur Yíaros plusieurs soldats portaient ma marque. Il s’agit d’hommes sans scrupules. En plus de soldats je disposais d’une équipe de mercenaires, dont les Ghost Saints. Sur demande du Grand Pope, nous les avons utilisés pour monter le complot lors de la Journée Sainte. C’est eux qui ont attaqués les athéniens. "
Apodis - " Tu veux donc dire que ce sont des athéniens qui ont tués d’autres athéniens. "
Gigas affirme honteusement d’un mouvement de tête. Marine, d’un ton autoritaire, somme à Gigas de dire toute la vérité : « Dis-lui qui était chargé de s’occuper de la maison d’Apodis ! »
Les yeux d’Apodis, remplis de douleur, se lèvent instantanément sur Gigas. Ils deviennent chargés d’une rage folle.

L’ancien général commence à reculer, espérant prendre la fuite : « Je… J’accepte de te le dire… Seulement… Seulement promets-moi de me laisser la vie sauve. »
Apodis se précipite devant lui : « Parle ! Je t’écoute ! »
Gigas - " Le… Le plan du Pope était de profiter de la soi-disant attaque d’Hébé, pour frapper directement les chevaliers qui se posaient trop de question sur la politique qu’il menait. Il a donc chargé les Ghost Saints d’attaquer ta maison. Voilà, c’est tout. Laisse-moi partir maintenant. "
Les yeux d’Apodis débordent de brutalité. Ses veines gonflent sur son front et sa mâchoire est prête à se broyer tant il serre les dents.
Marine, d’une voix douce, comme pour ne pas amplifier la furie montante en Apodis, ordonne à Gigas : « Ce ne sont pas les Ghost Saints qui ont attaqués sa maison, mais un d’eux. Dis-lui lequel. »
Alors qu’il est déjà à quelques mètres d’Apodis, il continue de marcher en arrière : « Il… Il s’agissait du Ghost Saints de la Méduse. »
Apodis, sans desserrer la mâchoire : « Son nom ? »
Gigas - " Il a accepté de rentrer dans la bande de Geist, la chef des Ghost Saints, par dépit. Le fait que tu deviennes chevalier et que lui ne le serait jamais l’avait anéanti. "
Apodis - " Son nom ? "
Gigas - " Lorsque nous avons mandaté les Ghost Saints pour le complot de la Journée Sainte, il s’est aussitôt proposé volontaire en entendant ton nom sur la liste des gens à punir. "
Apodis - " Son nom ?! "
Gigas - " Mais il a été puni tu sais. Il a trouvé la mort des poings de Seiya de Pégase. Aujourd’hui son cadavre gît dans les eaux boueuses de… "
Apodis hurle : « Son nom ! »
Gigas - " F… Front… Frontinus… Il s’agissait de Frontinus. Ton père. "

Comme ayant reçu un électrochoc, Apodis s’écroule à genoux.
Les yeux dans le vague.
Son mémoire revit la découverte de sa maison ravagée.
Du cadavre de sa mère.
Du corps gisant de son petit garçon.
« Mon père… Frontinus… Alors il aura détruit ma famille jusqu’au bout. Nous avoir rendu malheureux ma mère et moi ne lui aura pas suffit. Il a osé… Sa femme… Son… »
La douleur est si forte qu’il n’arrive pas à achever sa phrase dans son esprit.
Il baisse la tête au sol pour vomir de dégoût.
De rage.
De tristesse.
D’incompréhension.
Il hurle la fin de sa phrase en posant ses mains sur son visage pour étouffer ses sanglots : « Son petit fils ! »

Déjà loin, Gigas s’enfuit en traînant la jambe.
Marine vient déposer sa main sur l’épaule d’Apodis : « Je suis désolée. Mais il était impératif que tu saches. »
D’abord haletant, Apodis reprend son souffle.
Il efface du bras ses larmes et affiche une mine ferme, fidèle au cap qu’il s’est fixé.
Il pose sa main sur celle de Marine : « Merci Marine. »
Il se redresse et se contente d’un : « Je reviens. »
Avant de foncer en direction de Gigas.

Dans son dos, Gigas sent un vent violent le heurter derrière sa jambe valide. La chair de sa cuisse vole alors en lambeau sous le coup porté à distance et avec précision par Apodis.
Le vieux bougre s’échoue sur le sol.
En levant l’½il en l’air, le borgne déclare à Apodis : « J’avais demandé la vie sauve. »
Apodis - " Et tous les innocents morts par ta faute, que leur as-tu répondu lorsqu’ils demandaient la vie sauve ? Et ma mère ? Et mon fils ? "
Gigas - " Ce n’était pas ma faute, c’est le Grand Pope le responsable de tout ça. Tiens tu sais quoi, tu es très fort. Marine aussi l’est. Pourquoi n’irions-nous pas au Japon retrouver Seiya et les autres ? En nous alliant à eux, je suis sûr que nous pourrons renverser le Grand Pope et… "
Gigas n’arrive pas à finir sa phrase, la main d’Apodis s’aventure dans sa bouche : « Je ne supporte plus de t’entendre. »
D’un coup sec, il lui arrache la langue.
Le vieillard crapuleux se roule sur le sol de douleur, alors qu’Apodis lui attrape sa barbe pour le tirer sur le sol.
Dans un son inaudible qui signifie « pitié », Apodis tire Gigas durant de longues minutes jusqu’au sommet du volcan.

Son visage lui brûle tant Apodis le traîne résolument.
D’abord écorché, le genoux de sa jambe invalide finit par être corrodé jusqu’à l’os tant la distance sur laquelle il est promené semble interminable.
Plus le roublard implore le pardon, et plus Apodis s’arrête pour lui briser les membres. D’abord les doigts, puis les poignets, les chevilles, les bras, les jambes.
De son genou entamé et de sa jambe amputée à hauteur de la cuisse, une route d’hémoglobine reliant Marine jusqu’au sommet du volcan est tracée.

Arrivé au sommet, le malheureux pleure. Hurle. Implore le pardon d’Apodis.
Mais l’Oiseau de Paradis tient son sous-fifre par-dessus la lave par sa barbe. Impassible. Ferme. Déterminé : « Maman, Sperarus, ce n’est ici qu’une partie de ma vengeance. Je tiendrai parole et me battrai jusqu’au bout pour l’amour. Seulement pour l’amour. L’amour que j’ai pour vous. »

Il cherche une dernière fois le regard miséricordieux et alarmé du condamné pour lui faire comprendre qu’il n’y a plus d’issue.

Cette torture psychologique semble bien plus longue à Gigas que son chemin de croix.
Si bien, que lorsque la main d’Apodis se desserre, il parait enfin soulagé.

La chute semble pourtant longue.
Interminable.
Suppliciée pour Gigas.
Sa chair se détachant de sa peau à mesure qu’il approche la lave.

Libératrice pour Apodis.
Il savoure presque l’odeur de la peau brûlée et du souffre qui se libère de l’éclat.

Un éclat discret.
Epais.
Enflammant barbe et cheveux du général déchu.
Déchirant son visage.
Insinuant le feu de la vengeance au plus profond de son visage.
Et bientôt de ses entrailles…

Gigas meurt dans l’enfer du volcan en activité après une chute de plusieurs centaines de mètres dans une atmosphère insoutenable.

Apodis ferme les yeux quelques instants puis aspire l’air à pleins poumons avant de le relâcher d’un long soupire qui libère toutes ses tensions.


Il se retourne vers Marine qui l'a suivit jusqu’au sommet : « Et maintenant ? »
Marine s’assoit et scrute l’horizon : « Le Sanctuaire perd de précieux alliés. Crystal Saint, Misty, Astérion, Moses, Babel. Seiya et ses amis de leurs côtés, apprennent à devenir chaque jour de plus en plus fort. Ils ont perdu des biens matériaux comme le Colisée ou une partie de la Résidence Kido où ils vivent, mais ils se reconstruisent peu à peu et renforcent les liens qui les unissent. Aujourd’hui de jeunes garçons nommés les Steel Saints leur prêtent main forte. Une nouvelle base stratégique sous leur Colisée se termine. Et surtout, Athéna est avec eux. »
Apodis - " Comment peux-tu être sûre qu’il s’agit bien d’Athéna ? "
Marine ne détourne pas son regard du paysage : « Sais-tu quel jour sommes nous ? »
Apodis - " Aucune idée. "
Marine - " Pour vous, les hommes, le 13 octobre 1986 s’achève. "
Apodis - " Pour nous les hommes ?! Je ne comprends rien à ce que tu racontes Marine. "
Marine - " Comme Seiya est auprès de Saori, tu n’as pas besoin d’aller les aider au Japon. Tant que Pégase est auprès d’Athéna, nous n’avons rien à craindre. Tu vas donc pouvoir m’aider. "
Apodis, penaud, regarde Marine se lever et dresser le bras vers le sud : « J’ai besoin que nous nous rendions sur Yíaros. »
Apodis - " Yíaros ?! Mais j’en viens ! "
Marine sort un bracelet sur lequel sont dessinés deux symboles s’entremêlant : « Mais là-bas tu n’avais pas la clé. »
Apodis - " La clé ? Mais qu’est-ce que ça signifie ? "
Apodis détaille avec minutie le bracelet et distingue : « Les symboles qui s’entremêlent, on dirait… »
Marine confirme : « Oui. Pégase et la Chouette. Deux éléments indissociables du succès pour Athéna. »
Apodis - " Si je te suis sur Yíaros, me diras-tu alors le sens de tout ceci ? "
Marine - " Je ne suis pas la réponse. Je n’en suis qu’une infirme partie. "



J’étais rétabli, j’avais libéré tout mon potentiel enfermé au plus profond de mon être et déjà une nouvelle quête me guettait.
Le monde était devenu fou. Tout autour de nous, la pagaille disséminée par le Sanctuaire avait crée plusieurs clans qui s’évertuaient chacun de leurs côtés à faire régner la paix et la justice. En somme, l’amour. Seulement l’amour.

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Only for Love / Re: Chapitre 51 - Devenir plus fort
« le: 6 Février 2014 à 18h12 »
Content qu'il t'ait plu.
Le prochain dans quelques jours.

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Only for Love / Chapitre 51 - Devenir plus fort
« le: 20 Janvier 2014 à 14h33 »
Après les tristes événements de la veille, le moral des troupes n’était pas au beau fixe.
Au Japon, Seiya et ses amis ne revenaient qu’avec le casque de l’armure d’or et avaient perdu Ikki.
En Grèce, Mei, Nicol, Yulij et Médée étaient parvenus à fuir le Sanctuaire au prix de la vie de Dabih.
Au Sanctuaire, Saga s’inquiétait que l’armure de l’Autel ait pu être gagnée.



Chapitre 51 - Devenir plus fort

En Grèce, dans les montagnes qui délimitent le Sanctuaire du reste du monde :

6 octobre 1986.
Il fait encore nuit noire. Au loin, en contrebas, les fuyards peuvent apercevoir quelques points lumineux qui correspondent aux lumières de la ville contemporaine.
Plus haut, quelques torches de soldats scintillent.

Médée, embusquée derrière un rocher, abandonne sa position pour rejoindre ses nouveaux compagnons.
Ceux-ci sont accroupis au bord d’un bras d’eau qui descend de la montagne. Nicol s’en abreuve sous l’½il admiratif de Yulij : « Cette Cloth… Elle est aussi belle que dans mes souvenirs, lorsque notre maître Arlès la portait. Elle est d’autant plus belle qu’elle est sur tes épaules aujourd’hui. »
Le Saint d’argent lui sourit affectueusement.

Face à tant d’amour et de compassion, Mei, endeuillé par le sacrifice de Dabih, s’éloigne pour s’esseuler.

Médée vient les informer :
Médée - " Les troupes à nos trousses rebroussent chemin. Nous sommes trop proches du monde contemporain. Ils ne veulent pas se faire remarquer. "
Nicol - " Bien. Dans ce cas nous allons nous reposer ici. Nous avons besoin de prendre des forces. Nous monterons la garde à tour de rôle. Je vais commencer. "
Médée accepte volontiers et, sans le moindre effort, fait apparaître sa Pandora Box devant elle afin d’y renvoyer son armure.
Yulij est stupéfaite :
Yulij - " Waouh ! Incroyable. "
Depuis le coin où il s’est isolé, Mei imite Médée et grommelle :
Mei - " Il n’y a rien de compliqué à ça. L’urne est liée à ton armure et par conséquent à toi. Il suffit d’entrer en osmose avec ton armure pour faire apparaître ta Box. A l’intérieur ta Cloth se régénère. C’est sa manière à elle de se reposer. Après les combats livrés cette nuit, je te recommande de faire pareil que Médée. "


En Allemagne :

A l’intérieur d’une maison inoccupée où ils se sont invités, Myu et Reinheit restent accoudés à la fenêtre pour observer ce monde contemporain qu’ils ont si peu connu.
Recueilli à Asgard dès son enfance, Myu découvre seulement la jeunesse à laquelle a le droit le reste du monde depuis qu’il voyage avec Rhadamanthe.
Reinheit, elle, n’en garde que peu de souvenir après qu’elle ait été amenée de force au Port du Destin il y a des années.

Leurs avis sur ces infrastructures et sur le comportement des gens divergent. Reinheit déclare :
Reinheit - " Comme ce monde est magnifique. Les femmes peuvent se promener libres, sans avoir à se vendre pour survivre. Les vêtements qu’elles portent sont sublimes, les moyens de transports sont collectifs et tous sont égaux en droit. "
Myu soupire :
Myu - " A tel point que ce brave monsieur au bout de la rue, n’arrive pas à marcher en raison de son âge. Il peine à tirer ses courses et personne ne l’aide, personne ne le voit. Ce monde est vraiment pourri. "

Rhadamanthe apparaît dans leur dos. Propre, les cheveux encore humides après un bain, il a remplacé ses vieilles frusques contre des vêtements trouvés dans l’armoire des chambres :
Rhadamanthe - " Myu a raison. Nous ne sommes égaux que face à la mort. Voilà pourquoi Hadès doit gouverner. "
Déjà apprêtée avec une robe qu’elle a subtilisé dans le mobilier, la plus vieille de l’équipe, Reife, se moque des deux hommes :
Reife - " Hadès… Le dieu qui détruira ce monde… Qu’elle hérésie de croire qu’il nous offrira un monde meilleur. "
Rhadamanthe s’emporte aussitôt. Le poing dressé, il affirme :
Rhadamanthe - " Ce monde a besoin d’être mis sur un pied d’égalité. En prenant le contrôle, Hadès offrira à tous une vie éternelle, sans souffrance, en faisant de la surface son nouveau royaume. Alors maintenant cesse de blasphémer, sans quoi je te ferai regretter tes paroles ! Mange à présent, profite de l’absence des propriétaires de cette maison pour te ressourcer. Nous repartons dans quelques heures achever notre long périple. "
Myu profite de l’occasion pour s’approprier des vêtements moins miteux que les siens, puis part se débarbouiller.

Rhadamanthe s’approche de sa fidèle maîtresse dont il semble se jouer.
Il s’accroupit derrière elle et lui caresse les cheveux :
Rhadamanthe - " Vois-tu Reinheit, ce que tu vois ici n’est qu’une façade. Personne ne prête attention à personne. Dans les ruelles les plus sombres, des femmes sont contraintes de faire de sales besognes malgré tout. Certaines le font de force, d’autres n’ont pas d’autre choix pour nourrir leurs enfants. D’autres encore le font en toute connaissance de cause, pour pouvoir porter ces jolies robes et paraître aux yeux du monde aussi libres que tu le crois. Cette vie n’est pas mieux que celle que tu vivais auparavant. N’est-ce pas ? "
Aveuglée par l’amour et la confiance qu’elle porte au futur Juge, elle acquiesce :
Reinheit - " Oui. "


En Grèce, au Sanctuaire, dans la chambre du Grand Pope :

Le jour se lève peu à peu et inonde les visages défraîchis de Sirius, Dio et Algethi.
Le combat de cette nuit et l’alcool avalé chez Misty aidant, le trio argenté a la mine décomposée.
Sous les regards des soldats positionnés devant la grande porte de la salle d’audience du Grand Pope, les trois Saints d’argent traînent les pieds.
Ils repartent en direction des douze maisons alors qu’ Algol arrive en face d’eux, casque sous le bras :
Algol - " Sirius, Dio, Algethi. "
Ses trois pairs lui répondent d’un hochement de tête.
Algol - " J’ai été convoqué par le Pope après les événements de cette nuit. Dignity Hill a de nouveau été bafoué. "
Sirius - " Nous sortons à l’instant de la chambre du Pope car nous avons failli. Les fuyards ont réussi à nous échapper. "
Dio - " Alors qu’on les tenait à notre merci, l’un d’entre eux nous a eu par surprise. Il était au moins aussi fort et rapide que nous. Nous n’avons pas pu l’identifier. "
Algol - " Et les autres ? "
Sirius - " Le cadavre de l’un d’eux était celui de Dabih. Un esclave racheté par Mei Saint de bronze de la Chevelure de Bérénice. "
Dio - " Il était accompagné de deux femmes chevaliers. L’épouse de Mû de Jamir, Médée Saint de bronze du Burin du Graveur. "
Sirius - " L’autre devait porter l’armure volée chez Saül, celle du Sextant. "
Algethi - " De plus les gardiens de la prison d’Honkios nous ont avertis que deux détenus s’étaient échappés. Il s’agit de Nicol et Yulij, les deux personnes qui ont été arrêtés à Dignity Hill. Il y a fort à parier qu’il s’agit d’eux qui accompagnent Mei et Médée. "

« Mei… Dire que c’est moi qui l’ai accueilli à son arrivée au Sanctuaire. Quand à Nicol et Yulij, j’étais là quand ils ont été arrêtés à Dignity Hill. J’aurai dû demander plus de surveillance sur leurs cellules. », s’acharne contre lui-même le Saint de Persée.

Sirius le sort de ses pensées :
Sirius - " Le Grand Pope nous a renvoyé tenir nos positions sur le champ. Nous ne tardons donc pas ici. Aphrodite Saint d’or des Poissons est déjà dans la salle d’audience. Bon courage. "
Les deux autres saluent Algol et quittent le palais.
Le chevalier d’argent attend seul que le Pope l’invite à rentrer.


De l’autre côté de la porte, debout devant son siège, le Pope gronde son mécontentement :
Saga - " … Deux évasions de la prison principale ! Deux vols d’armures ! Deux autres chevaliers qui se retournent contre moi ! Des Saints et des soldats incapables de ralentir quatre misérables chevaliers débutants ! Heureusement que l’esclave a été tué, sans quoi nous passions pour des moins que rien ! "
Casque au sol, agenouillé, Aphrodite baisse la tête et ne prononce pas le moindre mot. La raison de sa convocation ici est désormais évoquée :
Saga - " Le précédent Pope t’avait chargé d’une mission à Dignity Hill et tu n’as pas su t’y conformer. Le jardin que tu gardais devait veiller à retenir prisonnière une des Cloths qui nous a été dérobée. Puis-je encore te faire confiance après de telles circonstances ? Sans oublier ton comportement déjà puni il y a un mois ! "
Aphrodite se relève et enfile son casque sur sa tête :
Aphrodite - " Précédent Pope, nouveau Pope. Nous savons tous deux que cela ne rime à rien. Je suis toujours le même. Je me tiens toujours sous la bannière de la justice. La politique menée depuis des années par le Sanctuaire nous a amenés de grandes victoires. Il n’y a rien de plus beau que le succès. Et je ne trahirai jamais la beauté. "
Saga - " Hum… Dans ce cas, va ! Je ferai appel à tes services de nouveau lorsque l’occasion se présentera. "
Aphrodite incline la tête en guise de respect :
Aphrodite - " Merci Majesté. "
Il traverse le long tapis rouge de la pièce jusqu’au deux lourdes portes qu’il écarte sans ménagement.


Dehors, dans le couloir, attend Algol. Comme tous les soldats présents, le Saint d’argent s’incline face au Saint d’or.
Pourtant le suédois ne ménage pas le saoudien :
Aphrodite - " Être convoqué pour la faute d’un lieutenant qui n’a pas su veiller sur le secteur qu’il a sous sa juridiction, je n’aurai jamais cru que cela m’arriverait. "
Algol grince des dents. Aphrodite poursuit :
Aphrodite - " Le prochain qui bafoue mon jardin par ta faute te coûtera la vie. "
Algol ne bronche pas et attend que son supérieur soit sorti du palais pour se relever.

Le chevalier de Persée traîne les pieds jusqu’au Pope. La voix impériale du représentant d’Athéna résonne dans la pièce et fait frémir les gardes qui referment les portes derrière Algol :
Saga - " Algol ! "
Le Saint se courbe :
Algol - " Majesté je vous… "
Saga - " Par deux fois en un mois, le secteur de l’est a été le théâtre de drames que je refuse de voir. Dignity Hill est le sanctuaire du dieu Abel, frère d’Athéna. Bien que ce dieu ait été renié de l’histoire, il est interdit en la mémoire du frère de notre déesse, de bafouer cet endroit par une présence quelconque ! Cela n’est-il pas assez clair pour toi ? "
Algol - " Je vous assure que si Majesté… "
Saga - " Alors comment expliques-tu que les incidents d’hier soir aient eu lieu sous ton nez ? "
Le chevalier préfère taire son absence d’hier soir au profit d’une soirée chez Misty.
Saga - " Je vais devoir te relever de tes fonctions. "
Furieux contre lui-même de tomber en disgrâce, Algol manifeste sa passion d’Athéna :
Algol - " Je vous en prie Majesté ! Ce grade de lieutenant est pour moi un insigne honneur de représenter notre grande déesse Athéna ! J’ai voué toute ma vie à ce rôle et je… "
Saga - " Silence ! Il est vrai que tu as toujours fait preuve de dévotion. J’ai déjà pu avoir vent de ta passion, par l’ancien Pope, lorsque tu étais envoyé sur les champs de bataille contre les Kshas de Shiva. "

Une longue pause crée un certain malaise chez Algol pendant que le Pope réfléchit.
« Quelle vexation ! Tomber si bas dans l’estime du Grand Pope. Il a raison. Les catastrophes récentes sont intolérables. Si hier soir j’étais resté auprès de ma douce compagne Hevelius au lieu de passer des instants interdits auprès d’Hasu, j’aurai été plus près de Dignity Hill et j’aurai pu intervenir. Après tant d’effort pour gagner la confiance de l’ancien Pope, voici que je détruis tout face à son successeur. Si jamais une seconde chance m’est accordée, je jure sur mon armure de devenir plus ferme. », se promet-il.

Le Grand Pope choisit :
Saga - " J’irai calmer Athéna et je l’informerai qu’il t’a été accordé une seconde chance. Tâche de ne pas la décevoir. "
Algol - " J’appliquerai à la lettre les consignes du Sanctuaire. Les faibles, les fuyards et les hors-la-loi seront traités selon vos désirs Majesté. "
Saga - " A présent tu peux disposer. "
Algol - " Bien votre Majesté. "


Enfin seul, Saga libère son visage de son masque violet et son casque rouge pour avaler une coupe de vin malgré la matinée naissante :
Saga - " Encore plus dangereuse que l’armure d’or du Sagittaire, l’armure de l’Autel ne doit pas être en liberté. En effet, certains ici savent qu’en plus d’être le frère du Grand Pope décédé, Arlès était le Saint d’argent de l’Autel. Le fait qu’il y ait un nouveau Saint d’argent signifierait que je ne suis pas celui que je prétends être. C’est pourquoi il nous faut identifier et tuer au plus vite toutes les personnes hostiles à ma position, partout où ils se trouvent avant que les fuyards ne s’allient à eux. "


En Allemagne, au château d’Heinstein :

La traversée de l’Allemagne est moins difficile grâce à des tenues plus dignes et plus contemporaines pour le quatuor mené par Reife et Reinheit. Le groupe approche le château après quelques heures de marche.

Les deux femmes s’immobilisent à l’orée du bois qui sépare ce château maudit du reste de la civilisation contemporaine. Elles sont tétanisées par l’atmosphère morose des parages.
Voici bien des kilomètres qu’ils n’ont plus croisé âme qui vive. Les maisons sont abandonnées, les commerces fermés.
Une brume jaillie depuis la forêt, empêchant de distinguer le château depuis l’endroit où ils se trouvent.
Les deux Spectres ignorent le comportement craintif des femmes, ils avancent d’un pas décidé.

Pour la énième fois depuis qu’ils ont approché les zones inhabitées, Reife, l’aînée du groupe, répète :
Reife - " Cet endroit n’a vraiment plus rien à voir avec ce que j’ai connu. "
Les hommes, eux, sourient à mesure qu’ils avancent en direction du château. Reinheit reste accrochée au bras de Rhadamanthe pour ne pas voir les cadavres d’animaux en putréfaction et éviter d’observer cette nature morte sur laquelle elle marche.

Soudain, Myu, en éclaireur, fait volte-face pour offrir à son supérieur son plus beau sourire : « Je distingue enfin le château. »

Reife se sent immédiatement soulagée : « Bien, vous avez eu ce que vous vouliez, Reinheit et moi-même nous vous avons conduis ici. Relâchez-nous à présent. »
Comme pour affirmer son détachement de sa responsable, Reinheit s’accroche davantage au bras de Rhadamanthe.
L’anglais en est amusé : « Non ma jolie, tu viens avec nous. »
L’allemande commence à reculer pour fuir, mais déjà Myu lui barre le chemin après avoir bondit avec agilité jusqu’à elle. Il lui cramponne le bras : « Je suis convaincu que les nôtres seront ravi de t’avoir comme cadeau de bienvenue. »
Rhadamanthe reste froid comme à son habitude. Il se contente de pointer du doigt un chemin d’eau : « Bonne initiative Myu. Mais je te recommande de ne pas la faire marcher dans cette eau. Ce fluide ne me dit rien qui vaille. »

En effet, à ce lieu gisent deux dépouilles humaines. Grâce aux vêtements que les corps décharnés portent, n’importe quel Squelette passant dans les environs pourrait identifier les reporters qui s’étaient aventurés ici le jour où Ksénia est venue rencontrer Pandore.

Myu balance donc Reife de l’autre côté de la rive, tandis que Rhadamanthe porte dans ses bras Reinheit. Il marche sans exprimer la moindre douleur dans ce fluide nocif.


Enfin, ils débouchent sur ce qui s’apparente aux jardins de la famille Heinstein.
Le cadre est lugubre. Les statues sont noircies par la moisissure. Quelques mottes d’herbe morte errent sur le sol bosselé et à la terre humide. Des fontaines, s’écoule du sang à la place de l’eau. Des gerbes de lumière verte jaillissent du sol et provoque des écroulements de terrain, séparant petit à petit le château du reste du domaine.
Rhadamanthe - " Tu le sens Myu ? "
Le Papillon est émerveillé devant ce spectacle de désolation : « C’est le cosmos de notre maître. »

Une intonation particulière, semblable à un croassement, confirme les dires de l’autrichien de naissance. Elle vient d’un homme voûté, marchant à quatre pattes. Le misérable est doté d’une fort mauvaise dentition et son visage est marqué par quelques pustules. Zélos accueille les derniers arrivants : « C’est bien cela Myu. Seigneur Rhadamanthe, sa Majesté Pandore sera ravie de vous savoir parmi nous. »
Rhadamanthe plisse les yeux, le temps que le représentant de l’Étoile Terrestre de l’Étrangeté lui revienne en mémoire : « Hum… Zélos… »
Le cambodgien  se couche plus bas que terre :
Zélos - " Oui Seigneur Rhadamanthe. "
Rhadamanthe - " Il est temps que je présente mes hommages à sa Majesté Pandore. "

Le hideux personnage s’exécute et invite Rhadamanthe à pénétrer dans ce château sorti tout droit de la bouche des enfers, avant que les halos de lumière verte n’encerclent le palais et ne les précipitent dans le Meikai.


En Grèce, dans les montagnes qui délimitent le Sanctuaire du reste du monde :

Le groupe désormais mené par Nicol revient peu à peu à lui.
Yulij rejoint le japonais qui émerge après cette nuit difficile :
Yulij - " Nous allons y aller Mei. Médée revient de la ville la plus proche. Elle a réussi à voler quelques étoffes pour que nous camouflions dessous nos Pandora Box. "
Mei - " Bien. Une longue route nous attend si nous allons au Japon. "
Yulij - " Apparemment Nicol aurait une autre idée. "
Aigri, Mei déclare :
Mei - " Ah oui ! J’oubliais que ton petit ami était un stratège hors pair. "
Yulij commence à glousser :
Yulij - " Mon… Mon petit ami ?! Idiot, il est bien plus vieux que moi pour être mon petit ami. Il s'est occupé de moi comme le ferait un frère une fois notre maître disparu. "
Mei - " Ah. Vous êtes si proche que j’aurai cru. Et puis il ne m’est pas facile de deviner ton âge sans que je vois ton visage. "
Yulij - " Une femme chevalier ne montre pas son visage à un homme. Sinon elle n’a pas d’autre choix que d’aimer ou de tuer celui qui la démasque. "
Mei - " Oui, je sais. Merci. Est-ce pour me donner des cours sur la chevalerie que tu es venue auprès de moi ?! "
Partis sur de mauvaises bases tous les deux hier, Yulij aimerait réparer ça :
Yulij - " Non. Je tenais avant tout à te remercier pour hier. Tu nous as libéré et tu as sacrifié ta vie pour me permettre d’obtenir mon armure, alors que j’ai été ingrate avec toi dès notre première rencontre. "
Mei se relève pour rejoindre Médée et Nicol. C’est au tour du japonais de se montrer désagréable avec la jeune femme :
Mei - " Dabih aurait aimé entendre tes remerciements aussi. Hélas, il est mort pour nous sans que tu ais pu être reconnaissante envers lui. "

Face à Nicol, Mei garde un ton assez peu courtois :
Mei - " Yulij m’a dit que tu changeais nos plans ! On ne va plus au Japon ? "
Plus mature, Nicol reste calme et expose calmement les faits :
Nicol - " Nous discutions avec Médée et nous nous sommes rendus compte que pour aller au Japon incognito, il nous faudra des mois, si nous ne voulons pas utiliser notre cosmo énergie pour nous déplacer. Cependant le Sanctuaire va envoyer des tueurs à nos trousses qui eux ne se gêneront pas. Autant dire qu’ils auront toujours une longueur d’avance. "
Son calme et sa clairvoyance font de lui le leader naturel de cette équipe. Mei l’accepte peu à peu sans broncher. Nicol continue :
Nicol - " Avec Médée nous discutions des combats livrés hier. Nous étions bluffés par ta faculté à accroître ta cosmo énergie bien au-delà du niveau d’un simple Saint d’argent. Médée a cru comprendre que tu savais ce qu’était le septième sens. Personnellement, mon maître pouvait rivaliser avec un Saint d’or et je sais qu’aujourd’hui je suis capable de dépasser le niveau mon maître. Médée connaît aussi la notion d’ultime cosmos grâce à son mari. Même si elle n’a jamais réussir à s’en approcher, elle peut dépasser le niveau d’un simple Saint de bronze. "
Médée rajoute :
Médée - " Je pense qu’aller auprès de mon époux, à Jamir, nous assurerait la sécurité. Cela nous permettrait également d’en apprendre davantage auprès d’un Saint d’or. Car Mû de Jamir est le Saint d’or du Bélier. "
Mei conteste cette décision :
Mei - " J’ai été élevé par un Saint d’or. Je n’ai rien à apprendre qui puisse venir de quelqu’un d’autre que mon maître. "
Médée, malgré son calme habituel, s’emporte :
Médée - " Ton maître fait parti du camp de ceux qui veulent nous mettre à mort désormais. "
Par son charisme, Nicol rappelle au calme :
Nicol - " Pas de conclusions hâtives s’il vous plaît. Je comprends que Mei pense avoir suffisamment appris auprès de son professeur. C’est un signe de respect tout à fait louable. Cependant, Médée a raison. Nous serons plus utiles à tes amis au Japon si nous maîtrisons certaines bases que nous n’avons pas tous ici. "

Mei s’assoit sur sa Pandora Box, les bras croisés.
Médée et Nicol emboîtent le pas. Leur décision est prise.
Yulij, avant de les suivre, prend Mei par la main :
Yulij - " Ils ont raison tu sais. A quoi serviront nous au Japon si nous ne sommes pas de taille pour les aider ? "
Mei grimace mais suit malgré lui sa jeune amie.


En Allemagne, au château d’Heinstein :

A la traîne dans les couloirs du manoir, Zélos étudie d’un ½il inquisiteur les accompagnatrices des deux Spectres comme le font tous les Squelettes croisés dans les couloirs.
C’est seulement lorsqu’ils arrivent en haut d’un escalier que Zélos, essoufflé par le long chemin, peine à annoncer :
Zélos - " Nous y sommes. Derrière ces portes vous arriverez dans les appartements de sa Majesté Pandore. "
Myu attend l’accord du futur Juge pour entrer, Zélos profite de l’occasion pour affirmer :
Zélos - " A moins que vous préfériez vous attirer les foudres de sa Majesté Pandore, je pense qu’il est préférable que vous me laissiez ces adorables femmes. "
Le Spectre de Frog se redresse déjà, pour caresser les chevilles de Reinheit que Rhadamanthe protège en la gardant à bras.
Le violent anglais repousse son soldat d’un coup de pied :
Rhadamanthe - " Bas les pattes Zélos ! Personne ne touchera à cette femme sans mon accord… "
La jeune femme dépose à cet instant un regard passionné pour son héros.
D’un mouvement de tête, il indique Reife avant d’achever sa phrase :
Rhadamanthe - " … Seule celle-ci est à vous. Réunis Queen, Sylphide, Gordon, Valentine et tous les autres Spectres à ma botte et dis-leur qu’il s’agit d’un cadeau de leur Seigneur. "
Zélos s’empresse de venir étreindre Reife, sans oublier de caresser grossièrement ses formes afin de l’enlever de force dans les autres pièces du palais :
Zélos - " Merci mon Seigneur. Vous êtes bien bons. "
Reife hurle et tente de se débattre, mais, trop facilement, Zélos réussit à l’assommer.
A mesure qu’ils s’éloignent, Reinheit regarde Reife sans le moindre remord, alors que sa compatriote à toujours pris soin d’elle jusqu’à présent. La jeune allemande n’a d’yeux que pour Rhadamanthe, comme si elle souffrait du syndrome de Stockholm.

Rhadamanthe observe de longues secondes l’entrée de la chambre de Pandore sans oser prendre de décision. Il est tremblant à l’idée d’y entrer en compagnie de Reinheit et de devoir la sacrifier comme Reife. « Certainement un de ces futile sentiment humains » se moque-t-il en réfléchissant.
Néanmoins, sa décision est prise. Reinheit a confiance en lui, elle a respecté sa parole en l’amenant ici. « Je n’avais pas d’autres choix que de l’amener avec moi, ça aurait été prendre un risque que de laisser ces femmes vivantes. Elles auraient pu dévoiler le retour des Spectres à tout le Sanctuaire. », pense-t-il en voulant se donner bonne conscience.
Il se décide :
Rhadamanthe - " Mon fidèle Myu. Je te laisse rejoindre nos compagnons et faire connaissance avec eux. J’irai seul présenter nos hommages à sa Majesté Pandore. "
Myu ne bronche pas et part visiter les lieux.

Après avoir pris une forte aspiration, Rhadamanthe s’élance enfin vers la porte.
Seulement, avant qu’il ne puisse clicher la poignée, Reinheit vient cueillir son visage. Comme si elle a un mauvais pressentiment, comme pour se préserver elle-même de la rencontre qu’elle va faire, elle l’embrasse après lui avoir échangé un regard sincère :
Reinheit - " Je t’aime Rhadamanthe. "
Son regard peine à rester indiffèrent, néanmoins il s’engouffre à l’intérieur.

Quelques chandelles tamisent la chambre d’une faible lueur. La pièce est vaste, les murs sont couverts de portraits de famille où Rhadamanthe reconnaît Pandore enfant.
Dans le fond de la pièce, assise devant une glace, la propriétaire du château coiffe ses longs cheveux fins. Ceux-ci tombent dans son dos nu.

Rhadamanthe dépose enfin Reinheit sur les tapis qui couvrent le sol où il s’agenouille :
Rhadamanthe - " Majesté Pandore, je viens répondre à l’éveil de mon étoile maléfique. "
Un long silence fait office de réponse, pendant que la ténébreuse héritière de la famille Heinstein continue de démêler ses cheveux.
Puis, venant d’outre-tombe, des éclats de rire glacent le sang de Rhadamanthe.
Depuis l’ombre de la pièce, sort un couple qui devait certainement discourir avec Pandore avant leur arrivée.
Les gloussements de l’homme semble familiers au Wyvern :
Rhadamanthe - " Hum… Eaque… Juge des Enfers… Je reconnaîtrais cette voix entre mille. "
Le Garuda s’expose à la vue des deux nouveaux arrivants, avec une jeune femme au corps marqué de cicatrices :
Eaque - " Rhadamanthe ! Tu n’as pas changé ! Nouvelle époque mais toujours cet esprit désinvolte ! Comment peux-tu souiller les sols de la chambre de Sa Majesté Pandore avec la présence d’une intruse ? "
Rhadamanthe - " Non… Depuis la nuit des temps je suis au service de Sa Majesté Pandore pour le bien-être du Seigneur Hadès. Je n’ai jamais eu l’intention de la déshonorer. "
Aussitôt, la compagne d’Eaque se presse de surgir dans le dos de Reinheit pour enlacer l’allemande :
Violate - " Venez-vous donc l’offrir à nos hommes ?! Sa peau est tendre, fraîche… "
Violate s’amuse à sentir la nuque de Reinheit pendant qu’elle lui effleure les hanches avec les mains sous le sourire psychotique d’Eaque.
Rhadamanthe s’emporte aussitôt et d’un revers de la main gifle Violate avec une telle force qu’elle est envoyée au sol :
Rhadamanthe - " Je t’interdis de lever la main sur elle et de… "

La s½ur de l’âme d’Hadès sort enfin de son mutisme. Tout en reposant sa brosse sur sa coiffeuse, elle demande :
Pandore - " Allons Rhadamanthe, aurais-tu oublié cette dévotion que tu as pu avoir à mon égard en d’autres époques, pour oser me manquer de respect en entrant dans mon intimité en compagnie d’une autre femme. De plus, tu oses prendre sa défense en levant la main sur l’une des notre ?! "
Maintenant qu’elle lui adresse la parole, Rhadamanthe s’incline un peu plus. Il n’ose même pas regarder Reinheit dans les yeux, alors que celle-ci attend de son héros une réponse en sa faveur.
Néanmoins, le peu d’humanité que Reinheit suscitait à Rhadamanthe est réduit à néant sous l’attraction de Pandore envers son Juge.
Rhadamanthe - " Non… Non je n’ai pas oublié Majesté Pandore. Votre visage est gravé dans mon esprit, depuis le jour où j’ai senti en moi que mon destin était lié au Seigneur Hadès. "
Le rugueux Spectre n’a pas le courage de voir le visage de Reinheit se décomposer.
La jeune femme comprend que son idylle est achevée. La raison lui vient enfin et la réalité est bien cruelle.

Tout à coup, le silence macabre est brisé par le hurlement de détresse d’une femme qu’elle peut identifier sans problème. Depuis une des salles du château, les appels au secours de Reife retentissent dans le domaine, provoquant les rires sarcastiques d’Eaque et Violate, l’indifférence de Pandore, ainsi qu’une vision sordide de sa compatriote à Reinheit.

Entièrement nue, l’héritière de la propriété se lève pour faire comprendre que sa toilette est finie. De l’ombre apparaissent encore d’autres personnes, des femmes à l’apparence entièrement dissimulée sous un voile. Comme les hommes devenus fidèles à Hadès en devenant des Squelettes, ces femmes sont les servantes de la représentante d’Hadès et de ses soldats.
Elles habillent leur maîtresse de son épaisse soutane, en prenant le soin de ne pas toucher à sa lisse chevelure puis s’en vont sans le moindre bruit.

Rhadamanthe reste admiratif devant sa silhouette à peine illuminée, laissant une part de mystère sur la réalité de ses formes.
La peur qui imprègne Reinheit domine l’esprit de jalousie qu’elle aurait eu auparavant.

Les domestiques quittent la pièce en attrapant chacune la jeune allemande totalement désemparée :
Reinheit - " Non… Non je vous en prie… Ne me… Rhadamanthe… Aide-moi… "
Lui ferme les yeux et ignore les appels au secours. Il reste seul en compagnie de Pandore pendant que Eaque et Violate ferment les portes de la chambre en suivant le groupe.


Une fois seuls, elle avance jusqu’à lui :
Pandore - " Crois-tu qu’il s’agit d’amour ? "
Rhadamanthe - " Pardon Majesté ?! "
Pandore - " Ce sentiment qui te lie à moi, crois-tu qu’il s’agit d’un sentiment amoureux ? "
Rhadamanthe - " Cette émotion ne m’est jamais venue auparavant. Je ne saurai vous dire. "
Pandore - " Pourtant tu semblais éprouver quelque chose pour cette fille ?! "
Rhadamanthe - " J’ai été ému par cette confiance qu’elle pouvait avoir pour moi. "
Pandore - " Au point de commettre un outrage en l’amenant jusqu’à moi, moi qui me suis toujours montrée assurée de tes capacités ?! "
Rhadamanthe - " Pardonnez-moi Majesté, ce n’était nullement mon but. "
Pandore sort de sa robe un collier qu’elle expose à la vue de son sujet :
Pandore - " Sais-tu ce qu’est ceci ? Il s’agit d’une protection du Seigneur Hadès me permettant, en tant que s½ur et conseillère, de résider au Meikai et d’aller et venir à ma guise entre le monde des vivants et celui des morts. Cela m’a permis de te rencontrer, toi, le vrai Rhadamanthe, fidèle et passionné. Et si tu pouvais enfin retrouver ton âme, tu saurais à quel point je te rends cette ferveur, en t’accordant une confiance bien plus grande que celle de cette femme. Dès mon arrivée au Meikai tu t’es montré attentionné à mon endroit. Alors je te le demande encore une fois, crois-tu qu’il s’agit d’amour ? "
Rhadamanthe - " Quelle que soit l’émotion que j’éprouve à votre égard, je peux vous assurer Majesté qu’elle fait honneur à votre rang et que je vous offrirai le plus grand dévouement que vous pouvez attendre de moi. "
Elle lui tend sa main agrémentée d’un bijou en forme de serpent :
Pandore - " Alors baise-moi la main pour confirmer ce serment… "
Avec beaucoup d’élégance, l’anglais met en pratique la bonne éducation qu’il a reçue, sentant en cet instant son c½ur cogner dans sa poitrine de façon inexplicable. En une fraction de seconde, des souvenirs de ses instants du passé partagés avec son ancêtre le bouleversent. De l’allégeance catégorique aux instants passés à l’enlacer, il réalise qu’il y a bien plus qu’un lien de maître à subordonné entre eux depuis la nuit des temps.
Sa mémoire cesse de voyager lorsqu’elle le gifle d’un violent revers de la main pour conclure :
Pandore - " … et garde en tête ceci pour ne pas l’oublier. "
Rhadamanthe lève les yeux vers elle. Habituellement rempli de violence, son regard se montre totalement épris de la jeune femme.
Pendant qu’elle quitte en premier sa chambre, elle déclare :
Pandore - " Les chambres à côté de la mienne sont destinés aux Juges des Enfers. Minos et Eaque ont pris leurs quartiers de chaque côté de ma chambre. Pourquoi n’irais-tu pas t’installer dans la chambre qui est face à la mienne ? "

Rhadamanthe la regarde partir sans broncher, perdu dans ses rêves.
Un pincement au c½ur lui rappelle soudain la complexité de cette relation qu’il entretient depuis toujours avec elle, partagé entre sa servitude et sa grandeur d’âme.

Lorsqu’il sort enfin de la chambre, décidé à visiter le reste de son nouveau domicile, Rhadamanthe est interpellé par Eaque qui l’attendait dans le couloir.
Ses deux mains en appui sur le mur, tenant prisonnière Violate entre la paroi et son corps, le népalais ricane tout en baisant le cou de Violate qui reste droite, complètement assujettie :
Eaque - " Hi, hi, hi… Ce cher Rhadamanthe retrouve ses bonnes vieilles habitudes auprès de Sa Majesté Pandore. "
Le blond au regard perçant préfère ignorer la présence de son pair.
Eaque - " La servitude mon cher… La servitude… "
Rhadamanthe craque, sa vraie nature ne tarde pas à refaire surface. Il se jette sur Eaque qu’il plaque violemment contre le mur :
Rhadamanthe - " Où veux-tu en venir ? "
Eaque - " Le lien qui vous unie elle et toi, il est semblable à celui qui rattache Violate à moi, c’est la servitude. Ne te leurre pas sur la nature des sentiments de Sa Majesté Pandore. "
Rhadamanthe dégage Eaque en le repoussant en arrière. Le népalais sourit, il sait qu’il a raison et que Rhadamanthe en a pris conscience. Il disparaît donc dans les nombreuses ailes de la demeure.

Rhadamanthe observe Violate, prête à suivre Eaque :
Rhadamanthe - " Pourquoi le suivre alors qu’il te traite ainsi ? "
Violate - " Pourquoi êtes-vous inexorablement attiré par Sa Majesté Pandore ? "
Rhadamanthe - " Parce que depuis toujours… "
Violate - " Voilà ! Depuis toujours vous vous sentez le plus heureux des hommes auprès d’elle comme depuis toujours je suis proche du Seigneur Eaque. En cette époque, bien avant que ma nature de Spectre me vienne à l’esprit, il est venu à moi pour me libérer de la basse condition dans laquelle je vivais. Aussitôt je suis devenue une de ses ailes. Le destin nous a toujours rapproché et chaque fois je lui étais redevable. Je l’aime, c’est tout. Et cet amour durera aussi longtemps que ces Guerres Saintes contre Athéna se poursuivront. "
Rhadamanthe se montre ferme sans être hostile à la jeune femme :
Rhadamanthe - " Alors sois assurée Violate de Béhémot que cet amour sera éternel, car c’est en notre génération que nous offrirons enfin la victoire à notre Seigneur Hadès. "
Avant de rattraper son supérieur, Violate incline respectueusement la tête en affichant une mine enjouée par de tels propos.



Un nouveau périple s’annonçait pour Mei et ses amis.
Pendant ce temps, le Grand Pope voyait apparaître un nouveau groupe de rebelles. L’annonce de la mort de Docrates, après sa tentative de récupérer le casque du Sagittaire avortée n’allait en rien rassurer Saga. Et même si le retour en hélicoptère du reste de l’armure s’acheminait, l’usurpateur avait de quoi être soucieux.

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Only for Love / Chapitre 50 - Mourir en homme libre
« le: 31 Décembre 2013 à 17h08 »
Au Japon, Ikki s’était sacrifié pour sauver son frère et ses amis de Docrates. Si ce dernier parvenait à sortir des décombres durant la nuit, d’autres événements nocturnes avaient lieu à des kilomètres de là.


Chapitre 50 - Mourir en homme libre

En Grèce, au Sanctuaire, dans la ville d’Honkios :

5 octobre 1986.
La ville principale est sans bruit, comme morte. Une fois la nuit tombée, plus personne ne traîne dans les rues.
D’ordinaire, Honkios reste le centre névralgique du domaine sacré. Les tavernes sont ouvertes jusqu’au petit matin et les villageois y chantent et dansent. Pourtant, ce soir, elles sont closes.

Les quelques flammèches des chandeliers qui éclairent les chaumières s’éteignent lorsque les habitants entendent les pas synchronisés des gardes en faction.
Pour accompagner cette marche militaire, la voix d’un caporal somme d’arrêter un contrevenant : « Halte ! Cet homme ne respecte pas le couvre-feu instauré par notre bien-aimé Grand Pope ! Qu’on le mette aux fers ! Il sera jugé demain sur la place publique pour avoir outrepassé ses droits ! »
Obéissant, un soldat s’empresse d’exécuter les ordres et s’en gargarise : « Alors renégat ! Le Sanctuaire des faibles et des paresseux c’est terminé. A cette heure-ci tu devrais prier notre Majesté le Grand Pope, puis reprendre des forces pour t’engager dans notre armée ! » 


A quelques encablures de là, tapis dans l’obscurité, Mei suit à pas de loup Yulij. Ils se faufilent au nez des gardes jusque chez Saül, le forgeron du Sanctuaire.
Le japonais se surprend à regarder, bien qu’il n’arrive pas à supporter son caractère, les courbes sensuelles de la jeune femme montée sur des spartiates à talons et habillée d’un maillot et d’un short kaki.
Perdu dans ses pensées, le chevalier vêtu de sa Cloth freine brusquement sa course pour ne pas percuter Yulij qui stoppe net :
Yulij - " Nous y sommes ! J’espère que Saül ne nous fera pas d’histoire pour nous remettre l’armure. "
Gentiment, le Saint espère la rassurer :
Mei - " Si tu es bien la Saint du Sextant comme le dit Nicol, alors il n’aura pas d’autres choix que de constater que l’armure vient à toi. "
La jeune femme rétorque sèchement :
Yulij - " Bien sûr que je suis la Saint du Sextant ! Si Nicol l’a dit ça ne peut être que vrai ! "
Mei - " La vache ! Ça ne te rend pas plus aimable en tout cas ! "

Inopinément, Yulij plaque Mei contre un mur :
Yulij - " Merde ! Une troupe de plus qui approche. "
Collés l’un à l’autre dans le peu d’espace ombragé dont ils disposent, Mei avale sa salive, gêné de sentir la poitrine de sa camarade s’écraser contre sa Cloth. Plaqué entre elle et le mur, il suggère d’une voix faible :
Mei - " Restons ici le temps qu’ils passent. "
Yulij - " J’ai une autre idée. Apparemment aucune alerte n’a été donnée concernant notre évasion. Vu que tu es Saint et que tu es habillé de ton armure, tu peux légitimement te trouver dehors. Tu n’as qu’à faire diversion. Pendant ce temps, je vais rentrer chez Saül. "


En Grèce, au Sanctuaire, dans le village de Paesco :
 
Brillant au beau milieu de la nuit profonde, dans le village de l’est du domaine où vivait Apodis, la demeure de Misty est à la fête.
Par toutes les lucarnes de la maison, jaillissent les lueurs des torches murales.

A l’intérieur, l’alcool coule à flot. La musique est jouée par un groupe qui officiait habituellement à la taverne d’en face, jusqu’à ce que le couvre-feu soit décidé à l’annonce de la succession du Pope ce matin. Le banquet est servi en continu par les esclaves, hommes et femmes, du Saint du Lézard.

A une table, Spartan, Algol, Mozes et Dio se disputent autour d’une partie de poker :
Mozes - " Or de question que je verse un sacre de plus ! Je suis sûr que tu utilises ta télékinésie pour voir mon jeu ! "
Algol prend la défense de Spartan devant un Dio hilare face à la mauvaise foi de Mozes :
Algol - " Allons camarade. Tu perds à chaque fois de toute façon. Que Spartan joue où non ! Allez, sort les sacres que tu as misé ! "
Le Saint de la Baleine sort une bourse de laquelle il extrait la monnaie du Sanctuaire en bougonnant :
Mozes - " Tu ne devrais pas être auprès d’Hevelius toi, plutôt que de prendre la défense de Spartan ? "
Algol - " Hevelius n’aime pas ce genre de soirée. Elle est restée chez moi. Je ne tarderai pas à partir de toute façon une fois que je vous aurai tous plumés ! "
Spartan lève sa choppe de bière et trinque avec ses trois camarades :
Spartan - " J’aimerai voir ça tiens ! "

Dans un sofa au cuir véritable, tanné par un artisan du domaine, Misty, Astérion et Capella se détendent en observant le spectacle qui se déroule devant eux. Des danseuses et un jeune éphèbe se déhanchent sur le rythme sensuel des sons joués par les musiciens. Le malheureux a été affublé d’un costume de paon fait d’or. Celui-ci maquille seulement son dos de plumes dressés vers le ciel, comme lorsque l’animal fait la roue, laissant le reste de ses attributs nus. Les femmes, elles, ne portent qu’un léger voile transparent autour du bassin.
Tout en observant le beau garçon au regard de braise danser nu devant lui, le capitaine du Sanctuaire assure :
Misty - " Profitez bien de cette soirée mes amis. Ce sera la dernière avant longtemps. Notre nouveau Pope exige plus de rigueur et de discipline et nous nous devons de montrer l’exemple. "
Puis, d’un mouvement de la main, le chevalier exhorte le danseur à s’approcher de lui afin de le distraire davantage.

A la table derrière eux, Dante et Sirius parient tout ce qu’ils ont sur les duels au bras de fer que se livrent Algethi et Arachné. Tandis que quelques notables et sénateurs de la ville se vautrent dans la luxure et la gourmandise dans les couches prévues à cet effet en compagnie d’esclaves qu’ils ont fait venir.

D’autres encore préfèrent l’intimité d’une table d’amis pour dîner et s’amuser à bonne convenance comme le font Jamian et Hasu, accompagnés de quelques riches commerçant du domaine sacré.
L’ancienne amante d’Algol et de Shaka rie aux éclats en écoutant les périls hilarants du quotidien de Jamian.
Néanmoins, chaque fois que la Saint de bonze de la Couronne Australe reprend son souffle, elle ne peut s’empêcher d’avoir une attention toute particulière pour son ancien fiancé, le chevalier de Persée, attablé plus loin.


En Grèce, au Sanctuaire, dans la ville d’Honkios :

A une intersection, Mei jaillit devant une troupe de soldat :
Mei - " Bonsoir. "
Reconnaissant une armure de bronze, le caporal et ses neuf soldats se courbent aussitôt : « Bonsoir chevalier. »


Plus loin, Yulij en profite pour se glisser chez Saül.
Elle force facilement la porte d’entrée et découvre un immense atelier plongé dans la noirceur de la nuit.
A terre le sol couvert de paille est jonché de morceaux d’armures de soldats ébréchées, d’armes cassés, de boucliers percés ou fendus.
Le mur de gauche est agrémenté de trois larges fours, chacun accompagné à ses côtés de larges bassins en pierre.
Le mur de droite est pris de tout son long par un établi où les outils se mélangent aux pièces travaillées.
Depuis les poutres du plafond, sont suspendus des tenues de soldats mais aussi des armures de mercenaires comme celles que portent les hommes de Docrates.
Au fond, sur une grande estrade, sept urnes sont recouvertes par de vieilles bâches trouées.

Sous son masque de femme chevalier, Yulij sourit en devinant que c’est juste là-haut que sa Cloth se trouve.

Seulement, même avec la meilleure volonté du monde, elle ne peut y avancer sans faire le moindre bruit. Le sol est trop en chantier pour permettre d’être davantage discrète.

En dessous de l’estrade, assis face à un bureau  recouvert de crayons et de plans, à la lueur de son chandelier, le propriétaire des lieux remarque la présence intrusive de la jeune femme.
L’israélien bondit de sa chaise et dégaine une épée :
Saül - " Qui êtes-vous ? "
Yulij distingue peu à peu ses traits. Des cheveux mi-longs châtains coiffés par une raie au milieu laissent glisser jusqu’à sa mâchoire d’épaisses pattes. Son visage fort buriné et son menton en galoche vieillissent ce quarantenaire.
Il observe de ses petits yeux gris la jeune femme qui ment très mal :
Yulij - " Je... Euh… J’ai… Je suis… Le Grand Pope m’a sacrée Saint de bronze du Sextant tout à l’heure et j’ai obtenu le droit de venir chercher ma Cloth ici. "

Dehors, Mei tente de jouer la comédie :
Mei - " J’ai comme l’impression que notre Majesté le Grand Pope va pouvoir être fier de la nouvelle direction qu’il donne à son Sanctuaire. "
« En effet, le couvre feu est un succès. Et le recensement opéré chez les habitants est fructueux. Nos rangs vont très vite se renforcer. », confirme le caporal.
Une autre garnison passe à proximité de celle retenue par Mei. Néanmoins, à défaut d’être dirigé par un caporal, elle est menée par le second de Gigas, le commandant Phaéton.
Phaéton - " Bonsoir messieurs. Et bien, que se passe-t-il ? "
Le caporal incline la tête avec simplicité : « Nous discutions avec le chevalier… Le chevalier comment déjà ? »
Le japonais commence à ravaler sa salive. Il se tient au garde à vous devant son supérieur :
Mei - " Mei Saint de bronze de la Chevelure de Bérénice. "
Le commandant s’indigne aussitôt :
Phaéton - " N’as-tu pas reçu ce matin un ordre de mission du Grand Pope te demandant de te rendre au Japon ? Que fais-tu encore ici ?! "


Dans l’atelier, Saül réfléchit quelques instants :
Saül - " Hum… L’armure du Sextant… Oui. Oui elle bien ici. "
Yulij commence à emprunter le raide escalier qui conduit à l’estrade lorsque Saül relève :
Saül - " Toutefois, le général Gigas est passé ici me commander une armure pour un de ses hommes. Il est étonnant qu’il ne m’ait pas informé de votre venue. "
Yulij - " C’est que… Euh… En fait il n’était pas présent lorsque le Grand Pope m’a… "
De l’autre côté du bureau, en attente dans la pénombre depuis que Saül a été interrompu, un homme se manifeste et coupe la parole à la menteuse. Il est habillé d’un maillot et pantalon jaune orangé. Ses cheveux sont couleur feu : « C’est tout de même étonnant. Moi qui suis le bras armé du général Gigas, je l’ai suivi toute la journée dans le palais du Grand Pope. Jamais je ne t’ai vu y venir. »
Yulij s’indigne :
Yulij - " Me traiterais-tu de menteuse ? "
L’homme tient dans ses mains un plan sur lequel travaille Saül et qui représente ce que sera bientôt l’armure du mystérieux homme de main de Gigas : « J’ai renoncé à mon nom pour me faire appeler Ennetsu Saint, le chevalier des flammes. Et oui, j’annonce sans peur que tu mens. »
Saül semble embarrassé par l’atmosphère hostile qui gagne son logis :
Saül - " S’il vous plait mademoiselle. Veuillez quitter ma demeure. "
Le mercenaire le rassure :
Ennetsu Saint - " Pas d’inquiétude Saül, je vais nous débarrasser d’elle en prenant soin de ne pas faire de votre atelier un brasier ardent. "
Il replie ses deux bras en arrière et concentre sa cosmo énergie pour faire jaillir deux jets de flammes qu’il dirige vers les fours éteins. Le foyer est si puissant que les flammes remontent jusqu’au sommet des cheminées et alertent aussitôt l’ensemble des troupes en faction d’Honkios.


A l’extérieur, les colonnes de flammes ont l’effet escompté par Ennetsu Saint.
Phaéton pointe aussitôt la direction de la maison de Saül de son doigt :
Phaéton - " Il doit se passer quelque chose de grave chez Saül allez-y. "
La première faction s’y rend, la seconde attend d’autres instructions :
Phaéton - " Saint de bronze, je te mets aux arrêts pour ne pas avoir exécuté ta mission et… "
Paniqué par la tournure tragique des événements, Mei ne laisse même pas finir le grec qu’il lui colle un violent croché du droit en plein visage.
Les soldats de Phaéton ainsi que ceux partis devant sont instantanément immobilisés par d’étranges filaments libérés par les doigts de Mei. Ceux-ci, semblables à des cheveux, se multiplient de façon exponentielle. Ils enserrent les gardes jusqu’à leur rompre les os :
Mei - " Lost Children ! "
Il se lance ensuite à la rencontre de Yulij.
Pendant ce temps, Phaéton se remet de ses émotions. Il ramasse sur le cadavre d’un soldat une corne pour souffler l’alerte.


En une fraction de seconde, Mei débarque chez Saül et découvre Yulij à terre dans la rue. La malheureuse a la peau légèrement brûlée et a des difficultés à se relever.
Bien qu’il essaie de l’aider, Mei est repoussé par la caractérielle chevalier :
Yulij - " Ça va aller, ne t’inquiète pas. Mon cosmos m’a en partie protégé de son arcane. "
Elle montre du doigt Ennetsu Saint pour signifier qu’il est à l’origine de l’échec de leur tentative.
Tout autour d’eux, des soldats arrivent par toutes les rues. Ils sont encerclés.
Mei grogne :
Mei - " La prochaine fois que tu as des plans aussi bons pour nous faire passer incognitos, tu te les gardes. "
Yulij - " Je t’aurai bien envoyé paître en temps ordinaire, mais je dois avouer que nous ne serons pas trop de deux pour nous sortir de ce mauvais pas. "
Mei - " Bon. Tu vas aller chercher l’armure chez Saül. Moi, je vais les retenir. Mais dépêche-toi, ma cosmo énergie risque de vite s’amoindrir. "
Yulij - " C’est de la folie, ils nous encerclent petit à petit par groupes de dix. "
Mei - " Dépêche-toi ! "
Le ton autoritaire de Mei secoue Yulij. Pour la première fois, elle se tait face au Saint qui fait preuve de caractère lui aussi.

Mei lève la main gauche vers le ciel et libère ses fils par centaines. Sa cosmo énergie accroît tout autour de lui :
Mei - " Lost Children ! "
Les liens s’élèvent vers les ciels et retombent au sol pour former un dôme tout autour de l’étable de Saül.
Quelques soldats essaient de pénétrer dans le dôme avant que celui-ci ne soit complètement clos. Néanmoins, ils se font transpercer par ces cheveux aussi fins que des aiguilles.
L’Ennetsu Saint, bloqué dans le dôme, lance un sourire défiant à Mei :
Ennetsu Saint - " Qu’espères-tu faire alors qu’il ne te reste qu’une main pour te défendre ? "
Mei - " T’attaquer avec celle qui reste ! "
Ennetsu Saint - " Pauvre idiot. Sais-tu ce que font des cheveux au contact du feu ? Ils brûlent ! Fire Screw ! "
Le mercenaire déploie ses Vrilles de Feu contre les parois du dôme qui s’enflamme et s’ébrèche.
Mei redouble d’effort pour consolider ses parois afin de les rendre plus résistantes aux flammes. Ses jambes commencent à trembler : « C’est un adversaire bien faible, mais je dois me contenter de nous isoler. Il faut que Yulij se dépêche. Je ne tiendrai plus longtemps. »


En Grèce, sous l’Aréopage, dans le sanctuaire souterrain :

Sur l’îlot où se dresse le sanctuaire d’Arès, sur le parvis de son temple, le Dieu de la Guerre se dresse face à ses sujets tous admiratifs des exploits de Vasiliás.
Vêtus d’orange et protégés par des cuirasses rouges, les soldats s’agenouillent face à leur dieu. Tromos et Atychia se positionnent à ses côtés.
Céleste, les yeux rouges et le visage frappé d’une inquiétante sévérité, celui qui s’est réincarné depuis trente cinq ans n’a plus la même apparence que lorsque Ksénia est venue à lui la première fois l’année dernière.

A cette époque, il avait perdu de sa bestialité. Résolu à ne rester que la risée des olympiens après sa nouvelle défaite en 1979 contre les athéniens.
Cependant, le travail réalisé par Vasiliás et les espoirs entretenus par Ksénia de gagner une place dans l’Olympe ont ravivé la fougue de cette entité sanguinaire.

La divinité dans sa toge blanche qui recouvre son robuste torse nu et son pantalon couleur sang fait la lumière sur la disparition de Vasiliás après qu’il ait déclaré : « Il ne peut être qu’aux portes du Meikai ! »

Sa voix roque et son ton hautain font frissonner les adeptes du Berserker de la Royauté :
Arès - " Votre Roi a utilisé une technique ancestrale. Si elle est innée chez les dieux, elle reste à apprendre pour les hommes. Il s’agit de l’Aionia Anagennisi. En d’autres termes, l’Arayashiki. Le huitième sens. Il peut ainsi se déplacer dans le royaume des morts corps et âme sans craindre l’emprise d’Hadès. "


Comme s’il veut donner raison à Arès, Vasiliás réapparaît de nouveaux après dans une série d’éclair.
Près de deux cent hommes réunis ici s’écartent pour le laisser passer jusqu’à Arès.
Sa marche est solennelle, son regard déterminé.
Son charisme rayonne auprès de ses hommes au point d’éclipser à leurs yeux le maître des lieux. Hormis quelques fidèles à la bestialité d’Arès, la majorité des hommes a été recrutée par Vasiliás et formatée à son état d’esprit. Ils le suivront dans la tombe quand il le faudra.

L’américain s’incline devant Arès et assure :
Vasiliás - " L’heure de récupérer votre armure est proche. J’ai pu découvrir le raccourci guidant directement au c½ur du Meikai. "
Arès - " Parfait Berserker de la Royauté. Quand tu auras récupéré cette armure, nous pourrons marcher sur le Sanctuaire et tu pourras devenir le Roi de cette planète après m’avoir offert un véritable carnage contre nos ennemis. "
Puis, il s’en retourne dans son temple avec un sourire perfide : « Oui… Un Roi qui sera le pantin du Dieu de l’Olympe que je serai alors. Je me ferai un plaisir de réduire à néant l’humanité au nom des olympiens pour obtenir ce statut que je mérite tant. La planète bleue ne sera bientôt plus qu’un océan de sang. »

Vasiliás, lui, regarde la divinité s’enfoncer dans l’obscurité de l’Aréopage. Les poings serrés il décrète : « Une fois que je me serai emparé du Sanctuaire, j’y trouverais le moyen de te sceller. Jamais je ne te laisserai faillir à ta parole. La Terre est mienne et j’y ferai prospérer l’amour, l’égalité et la paix pour les hommes. »


En Grèce, au Sanctuaire, dans le village de Paesco :

Dans la demeure de Misty, la musique et les rires ne permettent pas aux convives de s’inquiéter des événements extérieurs.
Fauché après la victoire surprise de Dio à leur partie de cartes, Algol confesse à Spartan :
Algol - " Le pire, c’est qu’il ne sait même pas bluffer ! "
Spartan - " Finalement j’aurai peut-être dû utiliser ma télékinésie. "
Mozes, tout près, tend un verre de vin au mercenaire :
Mozes - " Tiens ! Bois un coup, ça t’évitera de te moquer de moi ! "
Spartan accepte volontiers tandis qu’Algol prend congé des siens :
Algol - " Pour ma part je vais saluer Misty et le remercier pour cette soirée, puis je rentre retrouver Hevelius. Amusez-vous bien. "

Dehors, une jeune femme vêtue d’une longue robe blanche fendue dès le haut de sa cuisse gauche attend le Saint de Persée.
Algol reconnaît rapidement Hasu aux quelques mèches de ses longs cheveux châtains qui tombent sur ses épaules et sur son masque.
Hasu - " Algol. "
Déçu par le comportement inhabituel qu’elle a pu avoir ces dernières semaines, Algol préfère garder ses distances :
Algol - " Oui Saint de bronze de la Couronne Australe. "
Hasu - " Algol je t’en prie, tout sauf ça. Ne me traite pas comme s’il ne s’était jamais rien passé entre nous. "
Algol - " Je n’oublie rien. Je n’oublie pas non plus que je t’ai retrouvé nue chez moi après avoir passée ma compagne à tabac. "
Hasu - " Je suis désolée pour Hevelius et ai déjà eu l’occasion de m’excuser auprès d’elle à notre camp de femme chevalier. Et pour le reste, j’ai très mal vécu que tu m’effaces de ta vie. "
Algol - " Tout comme j’ai souffert lorsque tu m’as jeté pour Shaka ! "
Hasu - " J’en suis consciente aujourd’hui. Mais tu vois, moi non plus je n’oublie rien. Pas même ses longs moments passés à t’embrasser pendant que tu caressais ma peau. "
Algol commence à reculer comme pour éviter une quelconque tentative de la grecque :
Algol - " Non. Non il faut passer à autre chose. "
Hasu - " Peux-tu passer outre ces longs moments de plaisirs que nous vivions l’un contre l’autre ? "

Algol grimace comme pour retenir son envie de se jeter contre la jeune femme.
Comme s’il balaie l’air avec sa main, il lui tourne le dos et s’engage en direction des villages du nord d’où il vient.

Seule, Hasu va se poser contre le flanc de la maison pour souffler de dépit. Elle retire son masque de femme chevalier. Ses grands yeux bleus semblent se résoudre à la perte définitive d’Algol.
Lorsque brusquement, surgit devant elle son être aimé. Algol, revenu sur ses pas, l’enserre par la taille et lui prend les lèvres pour échanger un langoureux baiser.
D’abord surprise, Hasu recule sa tête pour scruter les pupilles du saoudien. Puis, ses paupières se ferment et elle enlace à son tour Algol par le cou pour poursuivre leur échange suave…


En Grèce, au Sanctuaire, à Dignity Hill :

Dans l’obscurité la plus totale, à l’abri des torches des gardes en faction, Nicol et Dabih se faufilent dans les bois.

Très vite, ils arrivent sans encombres devant le jardin empoisonné d’Aphrodite :
Nicol - " Fichtre ! La Cloth est de nouveau envahie par les ronces et les roses. "
Dabih - " N’était-ce pas déjà le cas ? "
Nicol - " Lors d’un arcane, en concentrant ma cosmo énergie à son paroxysme, j’étais parvenu à faire mourir cette nature sauvage. Seulement, le cosmos d’un Saint d’or prouve encore une fois leur supériorité. "
Dabih - " Dans ce cas, utilisez donc la même technique de nouveau ! "
Nicol - " Nous sommes parvenus jusqu’ici sans nous faire repérer alors que la sécurité ici a été renforcée. Je ne veux pas que ça change. "
Dabih - " Qu’allons nous faire alors ? Vous n’allez pas vous jeter là-dedans, les ronces vous tueront les fleurs sont empoisonnées. Rien que le parfum qu’elles libèrent me donne déjà mal à la tête. "
Nicol - " Tu vas te contenter de faire le guet. Je n’ai pas d’autre choix que de traverser ce jardin jusqu’à l’amas de ronces pour gagner cette armure. "

Dabih obéit en allant se positionner dans un arbre pour surveiller les lieux.

Nicol entame son périple. Au premier pas dans la verdure luxuriante, des effluves se libèrent des pétales de roses. Le parfum mortel imprègne l’oxygène qu’inhale le jeune grec et s’infiltre par les pores de sa peau.
Cependant, il affiche une mine rassurée : « Parfait, le sang d’Aphrodite a été parfaitement assimilé. Je ne ressens aucun effet. »
Il poursuit son chemin de plus en plus épineux. Les tiges des ronces deviennent plus épaisses à mesure qu’il avance et les épines pénètrent sa peau. Même si les piqûres toxiques sont sans effet, sa chair souffre des lacérations et des empalements des dards acérés.
De plus en plus hautes, les ronces défigurent l’élève d’Arlès, lui taillent le cou, transpercent ses cuisses et ses mains, fouettent son dos, déchirent ses vêtements et lui arrachent la chair de son torse pour laisser son corps à vif.

Dabih tourne les yeux devant un spectacle aussi horrible. Il n’arrive plus à regarder le courage de cet homme qui, à quelques pas du succès, n’a pas émis la moindre plainte malgré la douleur inimaginable. Il est pris d’admiration pour celui qui avance ensanglanté, le regard déterminé et la mâchoire contractée.

Nicol y est. Il s’effondre contre le tas d’épines qui recouvre l’urne de son dû. Sa main traverse une dernière fois cet enfer végétal pour lui permettre de caresser la Pandora Box.
Les yeux fermés, méconnaissable, il sourit et pleure à la fois dès qu’il entre en contact avec le métal froid.
Immédiatement l’urne touchée, un son provenant de l’intérieur retentit.
Nicol murmure :
Nicol - " Après des années de sommeil, te voici libérée. Je t’ai admiré tant d’années sur les épaules de mon maître et t’ai rêvé tant de nuits depuis sa disparition… Je t’en prie, viens à mon secours et reconnais moi comme étant celui qui t’aidera à rétablir la vérité. Car je suis… Nicol Saint d’argent de l’Autel ! "
L’urne s’ouvre en déchirant la verdure qui la retenait prisonnière. Une lueur s’en dégage et vient baigner Nicol pour soulager sa douleur :
Nicol - " Ce cosmos… C’est celui de mon maître… "
La voix calme et douce d’Arlès résonne dans l’esprit de son disciple : « Nicol, je te lègue cette armure. Protège Athéna, combats pour la justice. Je n’ai toujours vu que toi comme étant digne de prendre ma relève. Je t’aime comme un père pourrait aimer un fils. Adieu Nicol. »
Rétabli par les dernières forces de ce père adoptif, Nicol est chargé de chagrin :
Nicol - " Il portait son armure au moment de sa mort. Ses dernières forces m’étaient destinées. Il y a laissé son cosmos pour me délivrer ce message. Merci mon maître, mon père. "

Dabih essaie de contenir sa voix en alertant Nicol :
Dabih - " Félicitations. Néanmoins, la lueur dégagée par l’ouverture de votre urne rameute les troupes en faction des environs. Je vois différents mouvements de torches venir jusqu’ici. "
Nicol - " Bien. Nous n’avons plus rien à faire ici. Allons directement au point de rendez-vous prévu. J’espère que tout va bien pour Yulij. "
Dabih, descendu de l’arbre, rajoute :
Dabih - " Ainsi que pour Maître Mei ! "


En Grèce, au Sanctuaire, dans le village de Paesco :

Un garde court à en perdre haleine. Il est tellement préoccupé qu’il passe à proximité d’Algol et Hasu, étendus nus, endormis, l’un contre l’autre, dans quelques ballots de paille derrière la demeure de Misty, sans même les remarquer.

Sa course extirpe le Saint d’argent de son sommeil.

Le soldat pénètre à toute allure dans la maison, interrompant les musiciens et immobilisant ainsi l’ensemble des hôtes du capitaine.
Essoufflé, il délivre son message : « Le… commandant Phaéton… m’envoie chercher… le plus… de renfort possible… Mei… Saint de bronze de la Chevelure Bérénice… N’a pas exécuté un ordre du Pope… De plus une intrusion a eu lieu à Dignity Hill… Les responsables sont en fuite… On les a vu s’enfuir vers l’est… »

Algol qui débarque sur le perron est pris d’assaut par Misty, le capitaine du Sanctuaire :
Misty - " Algol ! Le secteur nord du domaine est sous ta juridiction. Et plus particulièrement Dignity Hill après les récents événements qui ont eu lieu là-bas ! Comment est-ce possible qu’une intrusion a pu avoir lieu ? "
Algol essaie de répondre mais à peine a-t-il la bouche ouverte, que le lieutenant est remis à sa place :
Misty - " Retourne de ce pas voir ce qui s’est passé là-bas ! "
Le Saint de Persée s’exécute après avoir laissé s’échapper dans les yeux d’Hasu un regard coupable.
Misty poursuit son courroux :
Misty - " Dio ! Sirius ! Algethi ! Vous êtes les lieutenants du secteur est, j’espère pour vous que ces déserteurs ne réussiront pas à fuir. "
Sirius balance sa coupe de vin et assure :
Sirius - " Nous, le trio argenté, allons de ce pas nous en assurer. "
Le Saint du Grand Chien et ses deux amis quittent illico les lieux.

Navré de devoir achevé cette soirée, Misty déclare :
Misty - " Tout le monde dehors, en tant que capitaine je dois me rendre sur les lieux. Mes esclaves vont s’occuper de ranger tout ça. "


En Grèce, au Sanctuaire, dans la ville d’Honkios :

Sous le dôme en proie aux flammes, Mei peine à maintenir sa bulle protectrice. Ennetsu Saint s’amuse à épuiser le japonais en le regardant combler les brèches que le feu produit.


A l’intérieur de chez Saül, Yulij avance avec insistance en direction de l’estrade.
Tremblant, le forgeron grimpe sur l’estrade et retire les bâches qui recouvrent les Pandora Box. L’une d’elle est disposée seule, à distance des autres. Il s’y précipite :
Saül - " Pas un pas de plus ! Sans quoi j’ouvrirai l’urne de mon armure et je vous éliminerai sans état d’âme. "
Yulij reconnaît sur les gravures de l’urne qu’il s’agit de la Cloth de bronze de l’Atelier du Sculpteur.
Néanmoins, elle n’en démords pas :
Yulij - " Vous ne me croyez certainement pas, mais ce qui se passe est grave. Le nouveau Grand Pope est un usurpateur et… "
L’israélien passe sa main sur son front dégoulinant de sueur. Il est tremblant :
Saül - " Je m’en moque. J’ai toujours accompli mon travail sans que… "

Soudain, une voix de femme les interrompt : « Toujours aussi sûr de toi Saül ! »
Le timbre est doux et mélancolique. Presque rassurant malgré les circonstances.
La jeune femme sort de l’ombre du fond de la pièce, derrière la porte d’entrée.
Son visage est dissimulé par un masque. Seuls ses cheveux verts coiffés de deux longues nattes et sa Cloth permettent à Saül de la reconnaître :
Saül - " Ca alors ! Tu es Médée. L’épouse et assistante de Mû de Jamir. "
Médée - " Et Saint de bronze du Burin du Graveur. "
Affichant une grande prestance dans sa Cloth bleutée, protégée par des épaulettes ovales et un plastron qui met sa poitrine en valeur, celle qui a été blessée par Fyodor explique la raison de sa présence ici :
Médée - " Cette jeune fille dit vrai. Cela fait des années que mon mari émet des doutes quand à la véritable identité du Pope. J’ai très bien connu Arlès puisqu’il est originaire de Jamir comme Mû et moi. Or, quand je suis venu à lui, je n’ai pas eu besoin de dialoguer à propos des soupçons de mon époux, Arlès ne m’a pas reconnu alors que je m’étais présentée. J’ai donc compris qu’il y avait un problème. Je suis donc venue voir la seule personne que je connais vraiment au Sanctuaire après toutes ces années à être restée à Jamir, toi. Je suis arrivée avant que le Saint de la Chevelure de Bérénice nous bloque ici. "
Médée fait le tour de l’atelier en observant les travaux de son ami :
Médée - " Tu fais de l’excellent travail. Dommage qu’il te manque les instruments et le savoir des muviens, sans quoi tu serais un expert du niveau de Mû. Tes connaissances et tes ½uvres pourraient être utile pour la paix si tu venais avec nous. "
A cela, Yulij comprend que Médée souhaite faire partie de ses alliés.
Saül, lui, abandonne l’idée de revêtir sa Cloth :
Saül - " Non, je serai plus une gêne pour vous. Je n’ai en réalité plus endossé mon armure depuis le jour où j’ai été fait Saint il y a plus de trente ans. J’ai préféré me concentrer sur mon art, loin des champs de bataille et des différents partis à suivre. Je travaille pour Athéna, pour le Sanctuaire et donc pour le Grand Pope. Je ne veux pas me mêler d’une guerre où je n’ai pas ma place. Et rien ne me prouve la culpabilité du Grand Pope. Je ne veux pas prendre de risque à être du clan de ceux qui se trompent et fomentent un coup d’état… "
Il se saisit de l’urne du Sextant et la balance du haut de l’estrade :
Saül - " Néanmoins, en respect pour notre amitié, je te laisse l’armure que réclame cette jeune femme. Si vous êtes du côté de la justice, alors je ne veux pas vous entraver. Par contre, si vous vous trompez, cette armure ne vous sera d’aucune utilité. "
Aussitôt aux pieds de Yulij, l’armure jaillit et l’habille. De couleur rouge, ses épaulettes descendent jusqu’à sa poitrine. Ses avant-bras et ses jambes, jusqu’au cuisses, sont bardés.
Médée vient poser sa main sur l’épaule de sa nouvelle partenaire :
Médée - " L’armure t’a reconnue comme étant chevalier. Toutes mes félicitations. "
Yulij - " Maintenant il nous faut retrouver Mei. "
Médée - " Il est dehors et doit avoir besoin de nous. "

Yulij, d’un hochement de tête, remercie Saül et se précipite dehors. Médée imite la jeune femme et la suit.
Seul, Saül regarde son armure avec honte.
Il sort de sous les draps au fond de l’estrade, parmi plusieurs autres vides, une bouteille d’alcool anisé et s’en verse un verre :
Saül - " Ah ma vieille amie… Je crois que je vais avoir besoin de toi pour oublier ma lâcheté une fois de plus. "


Sous le dôme enflammé, Mei est à genoux. Son bras gauche essaie péniblement de combler les sinistres tandis que son bras droit crée devant lui un bouclier de filaments contre les flammes d’Ennetsu Saint.

Quelques soldats parviennent à s’engouffrer dans les percées du dôme et se jettent en direction du chevalier de bronze totalement à leur merci.
Heureusement, Yulij bondit devant eux et leur barre la route grâce à son arcane semblable à des météores :
Yulij - " Falling Stars ! "
Médée, en pleine course, détache de la ceinture de sa Cloth un marteau et un burin en or.
Elle s’interpose devant les flammes et frappe du marteau contre le burin tendu en direction d’Ennetsu Saint :
Médée - " Gammanium Destroyer ! "
Des centaines de billes de gammanium, l’alliage nécessaire à la fabrication des Cloths, jaillissent des outils.
L’incandescence des flammes semble pourtant avoir raison de la quasi-totalité du Gammanium Destructeur :
Ennetsu Saint - " Cela a peut-être annihilé cette vague de feu, mais c’est inutile. J’ai encore beaucoup d’énergie à… "
Le mercenaire s’écroule au sol pris d’une terrible douleur à l’estomac : « Un coup, un seul de ses coups est parvenu à m’atteindre. Il a suffit à m’envoyer au tapis. »

Yulij et Médée en profitent pour relever Mei. Médée demande à la jeune femme :
Médée - " Et maintenant ? Vous avez prévu un plan ? "
Yulij - " Deux amis doivent nous attendre à la zone est du domaine. Nous devons fuir du Sanctuaire. "
Mei remarque de plus en plus d’intrusions à mesure que son Lost Children se désagrège :
Mei - " Ne perdons pas de temps avant que les renforts arrivent. "
Yulij laisse Médée prendre de l’avance avec Mei, tandis qu’elle frappe une dernière fois le maximum de gardes :
Yulij - " Falling Stars ! "

Le trio disparaît dans la nuit sous le regard impuissant d’Ennetsu Saint. Yulij fraye un passage à ses amis, ne laissant aux gardes que leur souffle pour alerter leurs alliés du chemin emprunté par les rebelles.


A vive allure, Médée et Yulij maintiennent Mei. Ils gagnent l’est du domaine en traversant les forêts et en repoussant la milice.

Mei - " Ça ne devrait plus être long. Dabih et Nicol doivent nous attendre ici. "
Médée - " Et après ? "
Mei - " Après nous quitterons incognito la Grèce. Au Japon, un groupe de Saints se rebelle également contre le San… "

Inopinément, un tonnerre de griffes leur barre la route.
Yulij et Médée posent à terre Mei et se positionnent devant lui pour le protéger de la femme chevalier responsable de cette attaque.
Celle-ci, vêtue d’un pantalon vert et d’une armure violette, ordonne : « Halte ! Je suis Shaina Saint d’argent d’Ophiuchus. Vous êtes sous le coup d’une arrestation pour rébellion contre le domaine sacré. »
Yulij ne veut pas perdre de temps et se jette contre la Saint d’argent : « Falling Stars ! »
La Chute d’étoiles ne touche pas une seule fois Shaina qui vient au contact : « Thunder Claw ! »
Les Griffes du Tonnerre taillent la chair de Yulij là où sa Cloth ne la protège pas.

Médée s’élance à son tour mais elle n’a même pas le temps de sortir ses armes pour déclencher son arcane que déjà le poing de Shaina la heurte au visage. Déstabilisée, Médée essaie de lancer un coup de pied vrillé en retombant vers le sol, mais Shaina lui attrape la jambe et la fait tournoyer au-dessus d’elle pour la balancer contre un arbre.

Très vite, des soldats arrivent. Mei puise dans ses réserves pour les repousser au corps à corps.
Médée et Yulij le rejoignent :
Médée - " Il va falloir se dépêcher. D’autres vont arriver. "
Mei - " Avant cela, il va falloir qu’on réussisse à vaincre Shaina. "
Shaina - " Très bien, je vais vous montrer le faussé qui sépare un Saint de bronze d'un Saint d’argent. "


Au loin, à proximité des remparts, cachés dans un faussé, témoins des rassemblements de gardes aux murailles, Dabih et Nicol s’inquiètent :
Dabih - " Que font-ils ? "
Nicol - " Ils sont proches, je sens leur cosmos en alerte tout près d’ici. "
Dabih - " Allons les aider. "
Nicol - " Hors de question. Rappelle-toi notre plan. Si aux douze coups de minuit un des deux groupes venait à ne pas pouvoir être là, l’autre doit quitter le Sanctuaire sans se poser de question. "
Dabih - " Jamais je ne partirai sans Maître Mei ! "
Nicol - " Si nous sortons d’ici nous serons repérés. Il y a trop de gardes. Si nous indiquons notre position maintenant, ils auront le temps d’ameuter des renforts pendant que nous attendrons les autres. Au final, il nous sera impossible à tous de fuir. Alors reste là et fait leur confiance. "


Mei propose un plan :
Mei - " Je vais l’attaquer de front. "
Yulij - " C’est trop risqué. Tu t’es déjà suffisamment sacrifié pour aujourd’hui. "
Mei - " Nous n’avons pas d’autres choix. Elle est beaucoup plus rapide que nous. J’ai suivi les entraînements d’un Saint d’or et ai quelques connaissances de ce qu’est le septième sens. Même si je ne peux que m’en approcher, je réussirai peut-être éviter certains de ces coups. Je vais me battre au corps à corps en tournant autour d’elle pour la rendre prisonnière de mes liens. Pendant ce temps, concentrez tout ce qu’il vous reste pour lui porter un coup fatal. Vous frapperez quand je vous le dirai. Frappez sans hésiter, peu importe où je me trouverai à ce moment. "
Yulij ne répond pas, elle veut protester mais Médée, plus mature, répond pour elle : « Très bien. »

Mei libère déjà quelques filaments en se précipitant contre Shaina : « Lost Children ! »
Shaina - " Thunder Claw ! "
Les Griffes du Tonnerre tranchent les premiers filaments, sans pour autant empêcher les nouveaux de se développer pendant que Mei tourne autour d’elle.
Tout en tournoyant sur elle-même, Shaina décoche une droite, il l’encaisse. Une seconde, il l’esquive. Une gauche, il la pare. Une droite, il l’esquive. Une gauche, il l’évite à nouveau. Il se prend même le luxe de lui renvoyer un uppercut au menton.
Ses mouvements sont de plus en plus fluides. De mieux en mieux organisés. Petit à petit, il met Shaina en difficulté. Jusqu’à ce que ses jambes fatiguent après les efforts précédents.
Shaina le remarque et, après avoir tapé plusieurs fois dans le vent, elle effectue un coup de pied chassé dans les jambes de Mei qui s’écroule contre elle. Le voyant tomber de tout son poids sur elle, Shaina l’accueille d’un uppercut si violent qu’il est projeté en l’air. Il en profite alors pour tirer son bras et l’ensemble de ses liens : « Lost Children ! »
Tout le cosmos de Mei, concentré jusqu’ici et poussé à paroxysme, se déverse dans ses fils et foudroie Shaina.
Avant de s’effondrer, Mei hurle : « Maintenant ! »
Yulij et Médée, de concert :
Yulij - " Falling Stars ! "
Médée - " Gammanium Destroyer ! "
L’italienne reçoit deux fois l’équivalent d’une centaine de coups frappés à la vitesse du son sans qu’elle puisse les éviter.
Renvoyée quelques mètres d’ici, elle s’échoue inconsciente.

Les femmes récupèrent Mei :
Yulij - " Quelle puissance ! C’était prodigieux. "
Médée - " J’ai déjà vu ce qu’est l’ultime cosmos. Tu t’en approchais petit à petit. "
Mei, à bout de force, à peine conscient, déclare péniblement : « Je vous en prie, sortez moi d’ici. »
Elles obéissent et le prennent à bras sans perdre plus de temps.


Le trio s’approche peu à peu de Nicol et Dabih qui les distinguent : « Reste caché Dabih. Je vais me débarrasser des gardes qu’il y a ici afin de leur ouvrir la voie. Ne sors sous aucun prétexte. »
Aussitôt, Nicol jaillit sur les remparts et élimine au corps à corps la quinzaine de gardes positionnés là.
Voyant que d’autres arrivent sur les flancs tout en soufflant dans leurs cors l’alerte, il se précipite sur les manivelles afin d’ouvrir la grande porte.
A cet instant, Médée, Mei et Yulij arrivent sous les tirs de flèches des soldats embusqués dans la forêt.

Ralentis, les trois Saints de bronze se voient de plus barrer la route par le trio argenté qui débarque.
Sirius cogne un uppercut dans l’estomac de Yulij pendant que Dio chasse les jambes de Médée avec les siennes. Secouées, les femmes lâchent à terre Mei, à la merci d’Algethi qui lève le pied en l’air pour lui écraser la tête.
Une fois le pied rabattu des os rompent sous le poids du colosse africain.
Mei sent des kilos lui presser le crâne. Seulement, il ne s’agit pas d’Algethi.
A la surprise de tout, Dabih est venu se jeter par-dessus son ami pour le protéger. C’est son dos qui a encaissé le choc.
Le marocain vomi du sang alors qu’il est immobilisé, la colonne vertébrale broyée.

Sous l’effet de l’émotion, Mei, inquiet pour le quarantenaire, fronce ses sourcils et charge son poing de toute sa fureur :
Mei - " Dabih ! Non ! "
Il cogne si fort le Saint d’argent à la poitrine que le plastron s’effrite, alors que son poignet se brise sous le choc.

Trop faible pour venir au secours des femmes, Mei se croit abandonné au triste sort que lui réservent Dio et Sirius mais ceux-ci sont aussi surpris que Mei lorsqu’ils sont projetés en arrière par un flash lumineux :
Nicol - " Shi no Scan ! "

Le Saint d’argent de l’Autel ramasse les femmes alors que Mei essaie de redresser Dabih sans le faire souffrir davantage.
Nicol - " Le Scanner de la Mort crée un flash lumineux qui absorbe la vie. Ces deux chevaliers vont se sentir affaiblis un certain laps de temps mais le colosse que tu viens de repousser et les soldats qui débarquent de tous les côtés ne vont pas tarder à nous poser davantage de problèmes. Il faut y aller, la sortie du Sanctuaire est juste devant nous. "
Mei - " Il est hors de question que j’abandonne Dabih ici. "
Nicol - " Il a été littéralement pulvérisé. Ses os sont en morceaux et ses organes comprimés. Il faut te faire une raison. Il t’a sauvé la vie, fais en sorte que ça ne soit pas inutile. "
Dabih ajoute difficilement : «  I… Il a raison Maître… »
Mei pleure alors que Nicol et Médée avancent vers la sortie. Yulij les suit, des larmes coulent sous son masque.
Dabih - " Allez-y Maître… Rattrapez-les. "
Mei commence à briser quelques flèches qui tombent dans leur direction. Les soldats approchent. Cependant, il est résolu : «  Pas sans toi. »
Dabih - " Maître… J’ai été esclave. Je suis fils d’esclave. Le père de mon père l’était aussi. Et ainsi de suite depuis la nuit des temps. Après avoir été affranchi par un homme aussi bon que vous, j’aimerai vraiment pouvoir vous dire, comme tout homme libre, laissez-moi. Laissez-moi mourir comme je l’ai choisi. "
Mei voit ses compagnons franchir la muraille alors que les ennemis approchent. Algethi commence à se relever. Il est tiraillé par la décision qu’il doit prendre : «  Da… Dabih. Je ne veux pas. »
Dabih - " Maître… "
Mei - " Non ! Mei ! Plus de Maître. "
Dabih - " D’accord… Mei. Partez à présent. "
Une flèche tombe juste aux pieds de Dabih. Mei se relève et passe le bras devant ses yeux :
Mei - " Merci Dabih. "
Dabih - " Non. Merci à vous Mei. "
Mei s’éloigne à toute vitesse pour ne pas tomber en sanglot devant son ami.

Il regagne très vite Yulij qui l’attend de l’autre côté du mur tandis que Médée et Nicol entament déjà la traversée des montagnes.

Dabih, le regard déjà flou, entend les douze coups de minuit du clocher du village voisin retentir, accompagné du sifflement de plusieurs flèches qui tombent dans sa direction.
Il sourit et pousse un dernier soupir avance d’être transpercé de part en part :
Dabih - " Grâce à vous je suis né comme un esclave et aujourd’hui je meurs comme un homme. Merci et adieu Maître Mei. "



Le 5 octobre 1985 s’achevait avec la mort de Dabih. Si l’ancien esclave découvrait le royaume d’Hadès, Vasiliás, lui, apprenait à s’y rendre sans y perdre sa volonté d’homme.
Le 6 octobre commençait au Japon par l’enlèvement de Saori par Docrates tandis qu’il signifiait la liberté pour Médée, Mei, Nicol et Yulij.
Maintenant qu’ils quittaient le Sanctuaire, une nouvelle aventure commençait…

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Only for Love / Chapitre 49 - Rien ne sera jamais plus pareil
« le: 24 Décembre 2013 à 10h56 »
Les précédents chapitres de mon recueil, regroupaient les dramatiques événements qui n’avaient jamais été portés à votre connaissance.
Une page se tournait le 5 octobre 1986. En effet, la victoire de Seiya et les siens contre Ikki et l’arrivée de Docrates au Japon, officialisaient la guérilla menée par le Grand Pope contre la Fondation Graad, avec les conséquences que vous connaissez.
Seulement, dans l’ombre, de nouvelles quêtes se tramaient. Rhadamanthe et Myu étaient enfin arrivés en Allemagne avec Reife et Reinheit, tandis que Mei élucidait bien des mystères.



Chapitre 49 - Rien ne sera jamais plus pareil

En Grèce, au Sanctuaire, dans le village de Fóvos :

5 octobre 1986.
Dans sa triste demeure située dans la contrée de l’est du domaine sacré, Mei est attablé.
Plusieurs rouleaux de papyrus sont déballés sur le meuble qu’il ne quitte plus depuis son arrivée.

La présence de Dabih à ses côtés offre à la maisonnette un accueil plus chaleureux. Les livres, les parchemins et tout autre objet disséminé sauvagement au sol à leur arrivée sont maintenant classés en rang sur les étagères que le serviteur a confectionné.
Le mobilier est propre et les divers trous dans la toiture ont été comblés.

Les gargouillis de son ventre sortent Mei de ses décryptages :
Mei - " Alors Dabih ! Qu’attends-tu pour rentrer ? Avec tous les bibelots inutiles que nous avions ici et que je t’ai envoyé vendre, tu devrais pouvoir nous ramener facilement de quoi nous nourrir pour la semaine ! "
Seulement, un son lourd et gras lui répond.
Cette percussion retentit à de multiples reprises, forçant le japonais à sortir de sa demeure chercher une explication à un tel grondement.
Dehors, devant un temple d’Athéna comme il y en a partout disposé dans le Sanctuaire, il reconnaît un énorme disque de métal maintenu en l’air par deux cordes reliées à un rondin de bois.
La rouille corrodant la cymbale permet à Mei de confirmer sa pensée : « Elle n’a pas dû servir depuis de nombreuses années. »
L’homme qui tape contre avec un énorme gourdin au bout lassé de cuir épais, est vêtu d’une longue toge blanche que portent tous les prêtres que Mei a rencontrés depuis son arrivée.

Dans les rues du village, habituellement désertique, tous les villageois se montrent, s’exposant aux yeux des autres malgré le danger et le banditisme.
Mei est décontenancé. Contrairement aux autres fois, personne n’a de mauvaise pensée. Aucune provocation n’est faite. Certains pleurent même.
En tendant l’oreille, le chevalier distingue même qu’au nord, au sud, à l’est et à l’ouest, dans les villages voisins, les cymbales agressives et puissantes vibrent.

Enfin, il aperçoit au loin Dabih revenir avec un chariot de victuailles.
Il court le questionner :
Mei - " Dabih, quel est tout ce vacarme ? "
Le visage du sexagénaire est violacé de larmes :
Dabih - " Le Grand Pope est mort. "
Mei - " Comment ?! "
Dabih - " J’étais au marché de la place principale d’Honkios quand les premières cymbales ont sonné. Des crieurs se sont précipités devant les temples, pour annoncer que l’âge avait emporté le Grand Pope dans la nuit. N’ayant eu le temps de nommer un successeur, c’est son frère Arlès, qui le secondait déjà, qui a été nommé à sa place. Ce dernier a déjà pris des mesures. Il souhaite reconstituer une armée digne après les nombreuses pertes de ces dernières années. Chaque enfant, homme ou femme, en âge de rentrer dans les rangs est réquisitionné. Les faibles et les déserteurs seront torturés puis tués. "
Mei - " C’est impossible. Arlès ne peut devenir Pope. "
Dabih - " Effectivement. Normalement c’est un Saint d’or qui doit succéder au Pope. Mais cela fait des années qu’Arlès travaille en compagnie de son frère. Les Saints d’or sont trop jeunes et inexpérimentés pour assurer une telle fonction. Il est donc le plus légitime au trône. Et il va s’en dire qu’une telle annonce n’aurait pu être faite sans l’aval d’Athéna. "
Mei - " Ce n’est pas ça que je veux te dire. "
N’arrivant pas à se faire entendre l’un l’autre avec le vacarme environnant, Mei tire le marocain à l’intérieur de leur maison où ils s’enferment. Mei pointe du doigt plusieurs documents :
Mei - " Voici des notes. Des notes de Nicol et Yulij, les deux personnes qui vivaient ici. Ils ont bien été trois à une époque mais il n’a jamais s’agit de la femme qu’on a retrouvé morte et qui avait un quelconque lien avec Deathmask du Cancer et Aphrodite des Poissons. La troisième personne était Arlès Saint d’argent de l’Autel… "
Il sort des étagères d’autres documents qu’il expose à Dabih :
Mei - " … Ces cahiers, sont des exercices scolaires. Ils sont tous datés et tous les énoncés sont signés par Arlès. Les premières mentions de l’absence d’Arlès ont été rédigées par Nicol et Yulij. Elles datent de septembre 1973, soit treize ans. Pourtant, bien avant cela, quand Arlès venait ici enseigner à ses apprentis, il officiait déjà auprès de son frère le Grand Pope. Ce n’est donc pas sa mission qui l’a empêché de poursuivre l’apprentissage de ses élèves. Nicol et Yulij recueillent au fil des années qu’ils soupçonnent une machination autour du Grand Pope. D’éléments en éléments, d’indices en indices exposés ici, leur théorie prend tout son sens lorsqu’ils annoncent avoir retrouvés l’armure de leur professeur à Dignity Hill. Le sanctuaire abandonné et interdit d’Abel était gardé par le Saint d’or des Poissons. Ce dernier écris datent du 10 septembre de cette année. Soit la veille de leur emprisonnement. "
Dabih, tout tremblant après une telle annonce, tend sa main derrière lui à la recherche d’un siège pour se poser et réussir à encaisser tout ceci.
Mei sourit en lui tendant une chope remplit d’eau :
Mei - " Moi aussi j’ai eu du mal à reprendre mes esprits à mesure où tout s’éclaircissait. Au final, cette fille retrouvée morte à Dignity Hill devait être une proche d’Aphrodite. Le Grand Pope a certainement voulu faire taire la vérité, en annonçant qu’elle était complice de Nicol et Yulij considérés dès lors comme renégats. "
Dabih - " Et maintenant Maître, qu’allons-nous faire ? "
Mei pose ses mains sur les genoux de son vieil esclave et approche son visage du sien, plein de fougue :
Mei - " Nous allons faire éclater la vérité. "


En Grèce, au Sanctuaire, dans la chambre du Pope :

Le propriétaire des lieux sort de ses thermes. L’eau ruisselle sur son corps d’athlète et embellit davantage ce corps qu’il admire dans la glace. Ses cheveux gris et ses yeux injectés de sang reflètent sur le miroir sa réelle apparence :
Evil Saga - " Ne suis-je pas divin ? "
Saga - " Ce corps parfait ne suffit pas à faire de toi un dieu. "
Evil Saga - " En effet, l’armure d’or du Sagittaire étant bientôt en ma possession, il ne me manque plus que Niké et la tête d’Athéna pour devenir l’égal d’un dieu. "
Saga - " Ne crains-tu pas que quelqu’un conteste ton autorité ? "
Evil Saga - " Qui donc ? Ils avalent tous à l’heure qu’il est, la prétendue mort de Shion et l’accession d’Arlès. "

Il se retourne, abandonnant sa discussion avec son double et fixe les deux tenues avec lesquelles il a jonglé ces treize dernières années. L’une dispose d’un heaume doré alors que l’autre est bardée de pointes acérées et accompagnée d’un casque rouge.
D’un mouvement de bras, avec la pression de l’air exercée, il envoie voler au fond de la pièce la cuirasse que Shion et ses ancêtres portaient avant lui et endosse la tenue vermillonne par-dessus sa toge blanche :
Evil Saga - " Désormais je n’aurai plus à me faire passer pour Shion, seule la tenue d’Arlès sera celle que je devrais adopter. Ainsi, en changeant de Pope, je vais pouvoir légitimer mon changement de politique, en commençant par me débarrasser ouvertement des faibles et des personnes suspicieuses, non plus discrètement comme autrefois. "

Son monologue cesse lorsqu’il entend frapper à sa porte.
Le second de Gigas, le commandant Phaéton, mène la marche de plusieurs serviteurs. Ceux-ci tiennent un immense cadre qu’ils viennent dresser en toile de fond dans la salle d’audience.
Saga lui-même vient retirer le voile qui dissimule la peinture et s’extasie devant la fresque :
Saga - " Parfait. "
Phaéton - " Comme vous le vouliez Seigneur, un tableau de vous qui reflète toute votre grandeur. "
Saga - " Bien, tu féliciteras Gigas pour avoir accompli cette mission à merveille. D’ailleurs, où est-il ? "
Phaéton - " Il suit de près les événements au Japon. Il m’a chargé de vous dire que nos soldats envoyés aux quatre coins du monde ont déjà réalisé leurs tâches. Parmi elles, il ne reste plus rien du Royaume d’Amelia. Et une conférence sur la paix a été interrompue après la mise à mort de tous les agents. "
Saga - " Parfait. Et qu’en est-il de la liste des renégats de nos domaines annexés qui refusent de se joindre à nous ? "
Phaéton - " Le général Gigas dispose de la liste que vous avez établie. Il réquisitionne des Saints de bronze et d’argent pour aller exécuter les traîtres. "
Saga - " Bien. "

D’un mouvement du bras, le Grand Pope, satisfait, chasse ses hommes pour confesser une fois seul :
Saga - " Parfait. J’espère que ces troubles dans le monde contemporain forceront Athéna à se manifester. "


En Grèce, au Sanctuaire, dans le village de Fóvos :

A l’intérieur de leur maisonnette, Dabih s’active. Il finit de rassembler dans des paniers en osiers quelques aliments et boissons ainsi que des linges pour dormir.
Alors qu’il enfile les lanières de ces sacs sur son dos, le marocain assure :
Dabih - " Tout est prêt Maître. "
Mei endosse sa Pandora Box :
Mei - " Merci Dabih, c’est parfait. Mais tu peux retirer ça de ton dos. "
Dabih - " Il est hors de question que je vous laisse porter ça seul Maître. "
Mei - " Pourtant tu n’as pas le choix. Tu restes ici Dabih. Tu ne pars pas. Une fois que j’aurai libéré Nicol et Yulij, je serai catalogué comme un renégat et certainement tué. Je ne veux pas qu’une personne qui n’a jamais été considéré comme un homme puisse mourir pour un maître sans avoir pu vivre libre. Je te rends ta liberté et te fais don de cette maison. "
Les larmes aux yeux, le vieil esclave s’accroche fermement à ces paniers :
Dabih - " Vous êtes ce qui m’est arrivé de meilleur Maître. J’ai pourtant été au service de grands hommes depuis mon enfance. Toutefois, jamais aucun n’a su considérer l’être humain mieux que vous. Alors, si aujourd’hui vous voulez me châtier pour que je vive enfin comme tout homme, j’accepte. Et c’est en tant qu’homme libre que je décide de venir avec vous. Permettez-moi de vous suivre et de continuer à vous appeler « Maître ». "
Mei sourit :
Mei - " Tu es incorrigible. Sache que si tu m’accompagnes, quelle que soit la façon dont tu me nommes, tu viens en tant qu’ami et non plus en qualité de serviteur. "

Inopinément, cet échange d’amitié est interrompue. On frappe à la porte :
Mei chuchote à son camarade :
Mei - " Cache les sacs, vite. "
Le japonais entrouvre la porte et reconnaît un soldat agenouillé qui tend un papyrus frappé du sceau papal :
Soldat - " Seigneur Mei ? "
Mei - " Euh… Oui ! "
Soldat - " Seigneur Mei Saint de bronze de la Chevelure de Bérénice, je viens vous porter une missive rédigée par le général Gigas en personne selon les désirs de notre Seigneur le Grand Pope Arlès. "
Le chevalier fait la moue tant l’évocation du « Pope Arlès » sonne faux pour lui :
Mei - " Merci. Je vais en prendre bonne note à tête reposée. "

Il claque la porte au nez du brave et se terre dans le silence après avoir lu mot par mot les instructions.
Dabih - " Un problème Maître ? "
Mei - " Je viens de recevoir mon premier ordre de mission… "
Mei pâlit :
Dabih - " Et ? "
Mei - " Les infidèles à Athéna doivent être tués. Parmi eux, on m’a confié la mort de Saori Kido.  "
Le senior remarque un profond malaise chez son ami :
Dabih - " Qui est cette personne ? "
Mei - " Une jeune femme auprès de qui je me suis fait passer pour mort depuis cinq ans. Son grand-père m’a envoyé en Sicile pour faire de moi un chevalier. Lorsque des employés de leur entreprise sont venus faire le point et avertir que je devrais revenir plus tard participer à un tournoi, je me suis fais passer pour un autre enfant et j’ai déclaré que Mei avait été tué pendant l’entraînement. Depuis tout ce temps, je n’ai plus pensé à cette famille. Aujourd’hui, l’ordre de mission précise qu’elle doit être exécutée pour s’être immiscée dans l’ordre des chevaliers et pour les avoir utiliser dans un tournoi, révélant aux yeux du monde l’existence du Sanctuaire censé être secret. "
Dabih - " Cela va donc retarder la libération de Nicol et Yulij. "
Mei observe le sceau qu’il n’a pas abîmé et la signature en bas du document qu’on lui a délivré. Il affiche une mine optimiste :
Mei - " Au contraire, je crois que ça va nous faire gagner du temps. Au fait, nos voisins sont toujours aussi agressifs avec toi lorsque tu passes devant chez eux ? "
Dabih - " Oui, la dernière fois ils ont failli me faire rendre gorge pour me voler les victuailles que j’étais parti vous chercher. Sans votre arrivée, je ne serai plus de ce monde. Alors qu’une troupe de soldats du Sanctuaire était en faction juste à côté. Les gardes riaient et se moquaient de moi. "
Mei - " Parfait ! "


Au Japon, à Tokyo, dans la résidence Kido :

Dans une des ailes du manoir, celle réservée aux chevaliers revenus avec leurs armures, deux domestiques ramassent des détritus sur le sol du petit salon.
Ils n’osent pas lever les yeux vers le colosse d’un mètre quatre vingt huit qui reste affalé toute la journée devant la télé depuis son retour du Canada.

De la pièce d’à côté, sortent trois jeunes femmes peu élégantes qui réajustent le peu de vêtements qu’elles ont.
Elles sont raccompagnées jusque dans le couloir par le non moins costaud Ban qui bouscule au passage un valet.
Cela ne cause pas le moindre souci à Ban qui vient chiper la télécommande de Geki :
Ban - " Tu as eu tort de ne pas me suivre. Avec les trois c’était le pied. "
Geki sort de sa poche arrière une carte de visite :
Geki - " Je préfère attendre ce soir. J’ai décroché le numéro d’une petite journaliste. Qui voulait faire un reportage sur la Galaxian War et notre apprentissage de Saint. "
Ban lui tape sur l’épaule avant de rire grassement avec son compagnon :
Ban - " Veinard ! "

Dépités, les employés préfèrent quitter la pièce pour revenir la nettoyer plus tard au calme.

Ban s’installe confortablement sur le fauteuil à côté du canapé que monopolise Geki. Il pose ses pieds chaussés sur la table et assure :
Ban - " C’est quand même le fantastique ici. Une juste récompense après tant d’années d’effort. "
Geki - " Tu m’étonnes ! Je ne comprends même pas comment Seiya a pu préférer se prendre un appartement loin de la ville ? "
Ban - " En même temps, avec la petite minette qu’il a trouvé, Miho je crois, je comprends qu’il n’ait pas envie de la ramener ici. Il a peur de la concurrence. "

Le raclement de gorge d’un majordome vient les importuner au beau milieu de leur discussion graveleuse.
Les deux chevaliers se retournent en défiant du regard le bourreau de leur enfance volée, Tokumaru Tatsumi. Celui-ci n’apprécie guère le ton choisit par les deux perdants du tournoi :
Tatsumi - " A l’heure qu’il est, Seiya est loin de s’amuser. Je vous signale qu’il s’est rendu sans armure en compagnie de Shun et Hyoga dans la Vallée de la Mort pour affronter Ikki et récupérer l’armure d’or. "
Geki ramasse une canette de bière qu’il décapsule et lève en l’air :
Geki - " Tant mieux, à leurs santés. Moi j’ai ramené mon armure, je pense que la fondation peut bien me foutre la paix après tout ce que j’ai enduré pour elle. "
Ban - " Tu m’étonnes. Elle s’est fait voler l’armure. C’est son problème, pas le notre. "

Tatsumi ne décolère pas et s’approche d’eux en les invectivant :
Tatsumi - " Et des valeurs comme la paix, l’amitié, vous en faites quoi ? C’est pour ça qu’ils sont partis combattre. Parce qu’Ikki incarne désormais le mal. Ils veulent savoir ce qui a pu lui arriver et ramener l’armure qui représente une source d’espoir. "
Étant le seul à savoir la réelle identité de Saori et connaissant le but avoué de ce tournoi par son ancien maître Mitsumasa Kido, le trentenaire s’emporte. En pointant son doigt contre le crâne de Geki, il assure :
Tatsumi - " Je comprends mieux vos défaites durant la Galaxian War. Vous n’avez aucune bravoure. Sur les cent enfants envoyés, je m’étonne encore que vous fassiez partis de ceux qui sont revenus. "
Ne supportant plus ni les propos ni le comportement du majordome, Geki le soulève d’une main par la gorge comme un fétu de paille :
Geki - " Vire ta sale patte de là ! Tu nous as suffisamment battu quand nous étions faibles et tu mériterais mille tourments. Alors ne me démange pas ! "

Une voix autoritaire somme Geki de cesser immédiatement : « Ca suffit Geki ! Lâche-le ! »
Des mains gantés apparaissent d’abord contre l’encadrement de porte, avant de laisser surgir le reste de l’apparence sportive de Jabu.
Geki s’exécute aussitôt pendant que Ban s’étonne :
Ban - " Jabu ! Tu es déjà sorti de l’hôpital. Les médecins ont dis que ta clavicule était fracturé et que tu présentais de sérieux traumas après le coup porté par Phénix. "
A l’évocation de sa blessure, celle-ci démange aussitôt la Licorne, alors que Tatsumi reprend son souffle sur le luxueux tapis du living. Jabu le remercie :
Jabu - " Ça ira Tatsumi. Je m’occupe de ces deux là. "

Le second de la Fondation Graad obéit et laisse seuls les trois Saints de bronze.
Ban - " Comment ça tu te charges nous ? "
Geki - " Tu acceptes que ce connard continue à nous traiter de la sorte, après tout le mal qu’il nous a fait ? Ce n’est plus qu’un ver de terre aujourd’hui, un minable. Il mériterait qu’on lui donne une bonne leçon ce moins que rien. "
Jabu est dépité :
Jabu - " C’est que tu n’as rien compris alors. Ton entraînement n’a servi à rien. J’ai moi-même été comme toi durant de longues années en Algérie. Puis un jour, j’ai appris à ravaler ma fierté. Aussi minable Tatsumi soit-il à tes yeux, il a toutefois entièrement raison. Que sont devenus les deux hommes que vous êtes, alors que nos compagnons se livrent des duels à mort pour percer le mystère qui entoure l’un de nous ? "
Geki et Ban baissent honteusement la tête. Jabu poursuit son sermon :
Jabu - " Je hais Ikki. Je le hais pour l’humiliation qu’il m’a fait subir aux yeux de tous. Mais je n’oublie pas toutes ces épreuves que nous avons endurés enfants, tous ensemble, quand nous avons été réunis à la fondation. Avant d’arriver ici, j’étais seul dans mon orphelinat. Personne ne se souciait de moi. Éducateur comme enfant. Puis nous avons été une centaine à être réunis ici. Et même si nous n’avons pas toujours été d’accord, même si nous n’avons pas tous agis de la même façon, que nous nous chamaillions, je me sentais moins seul. On me parlait, on m’écoutait. Et on me soutenait. Malgré que j’ai pris le parti de lécher les bottes… "
Ce travail sur lui-même manifeste aux yeux de tous les conséquences sur son ego de sa défaite devant Saori. Il réussit même à arracher un timide sourire à ses camarades qui se tiennent comme deux enfants qu’on vient de mettre au piquet.
Au plus profond de lui ému, vexé, Jabu continue :
Jabu - " … Nous formions une famille. Et notre envoi dans des camps d’entraînement avait pour but de solidifier ces valeurs. On nous a enseigné le sens de la justice, du don de soi, de l’amour et de la paix au nom d’Athéna. Alors sur cent enfants, si seuls nous dix avons survécu, j’ai envie de croire qu’on puisse servir ces codes. Comme le font Seiya et les autres. "
Geki - " Mais comment faire ? "
Ban - " Oui ? Tu as bien vu que nous n’avions pas le niveau ? "
Geki - " De plus nos armures sont endommagées ! "
Jabu - " Les armures se régénèrent peu à peu d’elles-mêmes dans leurs Pandora Box. Ichi et Nachi sont sortis cette semaine de l’hôpital et sont venus me dire qu’ils repartaient auprès de leurs maîtres rattraper le fossé qui nous sépare des autres. Je vais faire pareil. Avis aux amateurs. "
Ban et Geki se renvoient un sourire déterminé.


En Grèce, au Sanctuaire, à proximité d’Honkios :

Sur le versant d’une montagne, taillée à même la roche, la prison principale du Sanctuaire a des allures de tour.

Vêtu de sa Cloth, Mei, accompagné d’un soldat, se présente devant les gardes en faction à l’entrée. Il pointe du doigt une charrette que le soldat tire. Dedans se trouvent les corps d’un homme et d’une femme, pieds et poings liés. Les prisonniers gesticulent dans tous les sens :
Mei dresse un ordre de mission :
Mei - " Voici l’ordre de mission que notre Seigneur le Grand Pope m’a confié. Je viens faire emprisonner ces deux brigands. "
Le premier gardien s’exclame :
Soldat n°1 - " Encore ! Depuis la nomination du nouveau Pope ce matin ça ne fait que ça. "
Soldat n°2 - " Nos effectifs ici ont même été réduits pour aller à la chasse aux renégats. "
Mei grimace :
Mei - " Et ça ne va pas s’arranger. Si vous lisez bien l’ordre de mission, il est indiqué que j’ai ordre de réquisitionner de gardes à l’intérieur de la tour pour m’accompagner dans une autre tâche. "
Le premier des gardiens soupire, submergé par le travail, tandis que le second grimace en observant les prisonniers :
Soldat n°2 - " Merde. Vous les avez bien amochés ceux-là. Ils crachent beaucoup de sang. "
Mei - " Oh ! On a été obligé de leur couper la langue. Ils protestaient trop. "
Tandis qu’ils ricanent bougrement, ils laissent passer Mei et son complice avec le chariot.

Une fois à l’intérieur, l’accompagnateur retire son casque :
Dabih - " Et maintenant, comment les trouve-t-on ? "

Dehors, des crieurs continuent de faire le tour des villages et viennent s’époumoner en annonçant la mort du Pope et la prise de pouvoir d’Arlès.
Depuis les lucarnes bardées de barreaux, les prisonniers entendent de dehors les crieurs.
Pendant que certains prisonniers lèvent leurs écuelles vides en l’air pour exprimer leur joie, Nicol et Yulij se précipitent contre leurs barreaux de cellule pour hurler au complot.

Mei reconnaît les protestations :
Mei - " Il n’y a qu’à demander. "
Dabih - " Ca semblait venir des étages supérieurs. "
Mei - " Bien, je vais prendre nos prisonniers sur le dos, toi ramasse dans la charrette les vêtements de soldat que nous avons volé. Et remet ton casque, on risque de croiser d’autres gardes. "


Après avoir visités plusieurs étages, Mei et Dabih découvrent un jeune homme à la carrure digne d’une statue grecque. Ses cheveux châtain clair ébouriffés et son visage marqué d’un âge aussi avancé, voir plus, que celui des Saints d’or laisse présager l’identité de celui-ci.
En effet, contrairement aux autres prisonniers rencontrés jusqu’à présent, Nicol a un visage raffiné que les voyous du Sanctuaire n’ont pas.
Dans la cellule d’en face, ils reconnaissent une jeune femme cachée sous un masque et aux longs cheveux blancs grisonnant ne pouvant être que Yulij.
Dabih va décrocher les clés postées dans le couloir.
Par galanterie naturelle, Mei se précipite sur la cellule de Yulij pour l’en libérer.
Instantanément, une fois la geôle ouverte, elle se jette comme une furie sur Mei.

Le japonais a juste le temps d’éviter le poing de la prisonnière :
Mei - " Merde ! T’es folle ou quoi ? "
Yulij - " Alors ça y est ? L’usurpateur est sur le trône. Il en profite pour nous faire exécuter. "
Mei agite grand ses bras et chuchote :
Mei - " Tais-toi ! Tu vas nous faire repérer ! "
Yulij n’en démord pas, elle concentre sa cosmo énergie.
Il faut que Nicol, depuis sa cellule, hausse la voix pour obtenir d’elle un peu plus de calme :
Nicol - " Ça suffit Yulij ! "

Mei souffle, rassuré, et lance les clés à Dabih pour qu’il libère le dernier captif.
Pendant que Dabih remplace Nicol et Yulij dans les cellules par les hommes et femmes qu’ils ont amenés dans leur charrette, Mei leur tend des tenues de soldats :
Mei - " Ça va nous permettre de fuir le secteur avant même qu’ils ne se rendent compte de quoi que ce soit. "


En Grèce, sous l’Aréopage, dans le sanctuaire souterrain :

Sur l’îlot où se dresse le sanctuaire, au bord de la lave, un colosse de deux mètres quatre vingt trois, réalise ses échauffements quotidiens. Le Berserker de la Terreur termine ces pompes qu’il enchaîne à une vitesse folle :
Tromos - " … Dix neuf mille neuf cent quatre vingt dix huit, dix neuf mille neuf cent quatre vingt dix neuf… Et vingt mille ! "
Il se redresse grâce à la force de ses bras, sans le moindre essoufflement. Sans se retourner, il ressent la présence de sa s½ur d’arme :
Tromos - " Quel bon vent t’amène Atychia ? "
La Berserker du Malheur ne s’étonne même pas des perceptions de son pair :
Atychia - " Je cherche Vasiliás. Nous devions passer en revu les rangs aujourd’hui. "
Tromos pointe du doigt le magma :
Tromos - " Je crois que tu vas devoir une fois de plus le faire seule. Il est là-dedans. Il médite il m’a dit. "
Atychia - " Ce n’est pas possible. Quand il n’est pas dans sa chambre pour lire il est dans la lave, et quand il n’est pas dans la lave il lit ! "
Tromos - " Notre général est très soucieux depuis qu’il est revenu d’Angleterre. D’après ce que j’ai pu voir, il déchiffre un morceau de papyrus qu’il a ramené avec lui du Sanctuaire lorsqu’il a été contraint à l’exil quand il était enfant. J’ai essayé de le lire mais le mal de tête m’est vite apparu. J’ai préféré m’entraîner ici comme chaque jour. L’exercice physique, il n’y a que ça de vrai. "
Atychia - " Apparemment ce document en grec ancien démontre une technique permettant de se déplacer corps et âme dans le Meikai lorsque nous voulons nous élever au-delà du septième sens. "
Tromos - " Et bien moi, je cultive mon art du combat grâce au septième sens et c’est bien suffisant. Pas besoin d’aller chercher les difficultés. "
Atychia lui répond avec tendresse :
Atychia - " Ça ne m’étonne pas de toi gros bêta ! "


Plus bas, à des mètres de profondeurs, dans le magma en fusion, assis en tailleur dans son pantalon et maillot blanc en coton, Vasiliás se concentre. Sa peau ne souffre nullement de la chaleur, ses vêtements ne s’embrasent pas. Sa cosmo énergie et en symbiose parfaite avec l’élément qui l’entoure. Sa concentration est extrême, son cosmo grandit et vient heurter celui de chacun des habitants de l’Aréopage.
« Faire preuve d’abnégation. Oui, je dois chercher cette cosmo énergie que tout homme a, à la source de sa vie, l’Arayashiki, le huitième sens. Le document que j’avais subtilisé à mon maître parlait d’une technique permettant à tout un chacun de se déplacer dans le Meikai une fois notre volonté ouverte au huitième sens. La Renaissance Eternelle : Aionia Anagennisi. Pour cela, il me faut faire le vide dans mon esprit. », réfléchit-il.


Depuis la surface, la lave s’agite. L’événement est si impressionnant que bien vite l’ensemble des soldats environnants se rue autour de Tromos pour observer l’étrange phénomène.
Comme si un typhon attaquait l’Aréopage, le magma tourbillon à une vitesse folle. La force provoquée par une telle rotation permet de voir le fond de cette rivière bouillante, avec en son centre, le Berserker de la Royauté.
L’aura de Vasiliás, oscillant entre le blanc et l’or, irradie le souterrain bientôt plus que la fournaise flamboyante. La pression cosmique exercée fait léviter son corps en transe.
Des éclairs gravitent tout autour de lui.

Tromos commente :
Tromos - " Alors c’est ça ? Ça y est, il est y arrivé. Le huitième sens. "
Atychia - " Il est parvenu en à peine cinq jours à s’illuminer au huitième sens. Tous ces exercices mentaux qu’il s’est imposé en attendant d’atteindre cet éveil ont développé un cosmos effrayant. Même Tromos et moi réunis, au summum de nos capacités au septième sens, serions des insectes face à lui sur un champ de bataille. "

Les paupières de Vasiliás s’ouvrent, ne laissant apparaître que le blanc de ses yeux. L’effluve de sa cosmo énergie fait apparaître derrière lui un lion ailé avec des cornes en ivoire aux coudes et aux genoux.
Cette transe si puissante le pousse à s’égosiller le nom de l’arcane qu’il espère tant manipuler :
Vasiliás - " Aionia Anagennisi ! "
Alors les éclairs deviennent de plus en plus grands et l’encerclent totalement jusqu’à le faire disparaître.

L’assistance est époustouflée.
Tromos - " Ça alors… Où est-il ? "

Une voix roque venu des portes du temple lui apprend :
Arès - " Il ne peut-être qu’aux portes du Meikai ! "


En Grèce, au Sanctuaire, en dehors d’Honkios :

Le groupe déguisé composé de Dabih, Nicol et Yulij, suit Mei jusqu’à la sortie de la ville principale en direction des villages du nord sans dire un mot. Se contentant de saluer les villageois et les autres gardes qu’ils croisent.
Nicol et Yulij stoppent subitement leur route à l’orée d’un bois et défont leur déguisement.
Mei qui mène la marche a à peine le temps de se retourner pour demander la raison d’un tel arrêt qu’il encaisse une violente droite de Nicol qui l’envoie au tapis.
Yulij saisit aussitôt Dabih par la gorge. Elle lui balaye les jambes afin de le faire tomber au sol.

Après que Yulij ait voulu l’agresser en prison, ce manque de sympathie commence à agacer Mei. Il fronce les sourcils :
Mei - " C’est comme ça qu’on dit merci chez vous ? "
L’apprenti d’Arlès reste ferme :
Nicol - " Cesse de nous prendre pour des idiots. Qui t’envoie ? "
Mei - " Pardon ?! "
Nicol - " Cet homme qui t’accompagne n’a rien d’un vrai soldat. Les tuniques que nous portons ont donc été subtilisées. Aucun garde ne donnerait sa tunique sans combattre. J’imagine donc que vous avez attaqué des hommes du Sanctuaire. Ensuite, ces gens que vous avez envoyés derrière les barreaux à notre place, ils avaient la langue coupée et le visage tuméfié. J’ai donc du mal à croire que vous soyez nos anges gardiens. "

Mei soupire :
Mei - " Et bien dis donc, gagner votre confiance n’est pas une mince affaire. Pour ta gouverne sache que les soldats que nous avons dépouillés sont de chez toi. De Fóvos. Pas besoin donc de te rappeler l’assistance qu’ils peuvent porter aux plus démunis. Et les deux défigurés qui ont été jetés à vos places sont vos voisins qui dévorent les cadavres des gens qu’ils détroussent. Personne ne pleurera leur sort donc. "

Mei avance et dégage Nicol d’un coup d’épaule puisqu’il est sur son passage.
Il arrive jusqu’à Yulij qu’il relève du sol en la tirant par le bras afin de libérer Dabih.
Refusant de se soumettre, elle repousse Mei et essaie de le cogner avec sa jambe. Le Saint de bronze esquive facilement et répond d’une violente gifle qui fait choir la jeune femme sur son postérieur.
Mei - " Tu seras bien gentille de lâcher mon ami et de ne plus lever la main sur nous. "
Nicol, lui, reste soucieux :
Nicol - " Tu sembles être bien renseigné sur Fóvos et les gens qui nous entourent. "
Mei - " Normal. Je suis le nouveau propriétaire de ta maison. "


A Yomotsu Hirasaka :

L’atmosphère est lugubre. L’air malsain et nauséabond tire peu à peu l’intrus de son sommeil.
Tout de blanc vêtu, il apporte un semblant de lumière dans ce monde au ciel rouge et noir.
Le silence se brise sous les pas de l’individu qui, pour la première fois, découvre ce monde transitoire entre la vie et la mort.
Vasiliás - " Voici donc l’antichambre de l’au-delà. J’y suis parvenu. "
Son regard est captivé par une longue chaîne humaine qui n’a pas de début. Celle-ci s’achève au bout d’un gouffre où tous se précipitent.
« Tous ces gens sont morts et dépourvus de conscience. Ils viennent envahir peu à peu le Meikai. Je pourrai donc me jeter là-dedans pour atteindre le royaume d’Hadès. Je ne crains rien vu que je peux m’éveiller à l’Arayashiki désormais. Seulement, j’arriverai certainement comme tous ces gens à la porte des Enfers et je devrais traverser le fleuve Achéron.
Seulement, ce n’est pas par cette route que j’aimerai venir. J’ai appris au Sanctuaire qu’il existe un raccourci. Je dois le trouver. », décide-t-il.

Il scrute les horizons à la recherche d’un quelconque indice.
C’est alors qu’il remarque, à proximité du puit de la mort, une bâtisse en ruine.
A mesure qu’il s’en approche, des hurlements de souffrance deviennent de plus en plus insupportables.
Par une lucarne aux murs fissurés, Vasiliás découvre une pièce encore viable dans ces vestiges. Seul un piano magnifique donne à cette salle lugubre un aspect humain. Des chaînes et des crochets pendent depuis les murs et les plafonds. Dessus sont attachés quelques cadavres desséchés. D’ailleurs, un homme s’agite encore dans ces attaches.
« C’est donc lui qui s’égosille depuis tout à l’heure. Son visage est décharné. Et il se débat contre l’homme qui se tient debout face à lui. », détaille Vasiliás.
Effectivement, une main sur la hanche l’autre le long du corps, un borgne vêtu d’une armure sombre semble s’amuser de la situation. Celui-ci décroche du mur une énorme tenaille pour venir démembrer sa victime.
Vasiliás comprend : « Il ne peut s’agir que d’un Spectre. Il torture les âmes des morts qui traversent Yomotsu Hirasaka. »

Brusquement, Vasiliás sort de ses pensées. Il sent un objet voler jusqu’à lui. Il esquive de justesse la tenaille du tortionnaire.
Démasqué, il s’engouffre dans la sinistre prison sans parvenir à retrouver la trace de son assaillant. Il en profite alors pour libérer la triste âme qui erre instantanément de nouveau en direction du puit.

Le silence pesant est anéanti par quelques notes funèbres jouées au piano.
Dos à Vasiliás, l’interprète aux cheveux blonds portent une coiffe avec voile et une robe violette comme les religieuses :
Vasiliás - " Tu n’es pas l’homme que j’ai vu torturer. Qui es-tu ? "
Seule une composition musicale répond à l’américain.

Inopinément, une voix jaillit d’outre-tombe assure : « Voici une nouvelle âme errante. J’ai comme l’impression que tu vas m’amuser un peu avant que je ne t’aiguille en direction du puit. »
Vasiliás - " Je n’ai nullement besoin de guide. Qui es-tu ? "
Dans son dos, l’homme vêtu d’un Surplis sort de l’ombre et se jette sur lui.
Le Berserker l’évite et reconnaît le borgne qui daigne enfin se présenter :
Fyodor - " Je suis Fyodor de la Mandragore de l’Étoile Céleste de la Blessure. "

Une voix beaucoup plus atténuée complète :
Veronica - " Et moi je suis Veronica du Nasu de l’Etoile Céleste de l’Étude. Je compose quelques morceaux pour étouffer les cris des détenus de Fyodor. "
Crédule, ne voyant toujours pas le Spectre dissimulé sous son étole, Vasiliás prêche le faux pour savoir le vrai :
Vasiliás - " Désolé mademoiselle, mais vos instruments ne sont en rien efficaces puisqu’à des kilomètres à la ronde, j’entendais les exhortations du prisonnier. "
Enchanté d’être appelé « mademoiselle » par un homme aussi charmant que le Berserker, Veronica se défend :
Veronica - " Pardonne-moi mon poussin. Je revenais du Meikai où j’officiais mon art auprès de sa Majesté Hadès. "
Vasiliás se félicite : « C’est ça, j’ai ma réponse, le raccourci se trouve ici. »

Fyodor fait craquer ses poignets d’impatience :
Fyodor - " D’ailleurs je pense que tu vas vite découvrir de quoi nous parlons lorsque nous évoquons le Meikai. "
Veronica écrase de ses dix doigts des touches du piano pour provoquer un accord désagréable :
Veronica - " Doucement avec celui-la Fyodor. Il me plaît bien. J’aimerai bien qu’il soit encore conscient lorsque je viendrai voler dans les plumes de ce petit poussin. "

Vasiliás éclate de rire avant de disparaître petit à petit entouré d’éclair :
Vasiliás - " Je suis désolé mais j’ai à faire. Mais promis, je reviendrai jouer avec vous dans peu de temps : Aionia Anagennisi. "
Aussitôt, la Renaissance Éternelle renvoie le Roi là d’où il est venu, à l’Aréopage.


En Grèce, au Sanctuaire, dans une forêt qui relie le centre au nord du domaine sacré :

Le groupe continue d’avancer jusqu’au nord du Sanctuaire. Cachés dans le bois, il progresse rapidement avant que l’alerte ne soit donnée.
Mei a profité de la traversée pour expliquer la raison de sa venue auprès des détenus :
Mei - " … Et c’est ainsi que j’en ai conclu que mon maître Deathmask et Aphrodite étaient proche d’un Pope usurpateur et probablement responsable de la disparition d’Arlès de l’Autel. "
Nicol - " Incroyable. Et tu as pris tous ces risques pour nous sauver. "
Mei - " Je suis un chevalier d’Athéna. Je défends l’amour et la justice. Et ce que j’ai vu du Sanctuaire depuis mon arrivée ici est loin de la conception que je me faisais de la paix. "
Yulij - " Heureusement que tu as reçu un ordre de mission et que tu t’en es servi pour en faire un faux. "
Mei - " C’est Dabih qu’il faut féliciter pour ça. Moi je n’ai rien fais. J’ai eu l’idée et lui le talent pour dupliquer ce type de document. "
Pour la première fois de sa vie, Dabih ose interférer dans une discussion d’un de ses maîtres :
Dabih - " Ça nous laisse plus de répit. Attaquer directement la prison n’aurait pas été du même effet. "

Le petit groupe arrive aux sacs en osier qu’a préparé plus tôt Dabih. Cachés derrière des fougères, ils permettent à tout le monde de se rafraîchir et à Yulij et Nicol de pouvoir enfin manger à leurs faims.
Yulij - " Désolé d’interrompre ce succulent repas. Je voudrais simplement savoir ce que vous avez prévu. "
Mei - " Si nous remontons au nord, c’est pour aller à Dignity Hill. J’imagine que vous ne vous trouviez pas là-bas pour rien. "
Nicol - " En effet. Mon maître est mort c’est une certitude. "
Mei - " Comment peux-tu en être sûr ? "
Nicol - " Parce que son armure m’appelle. Jamais il n’aurait abandonné son statut de Saint. A sa mort, l’armure m’a reconnu comme son successeur, comme maître Arlès m’y avait préparé. "
Dabih - " En d’autres termes vous voulez dire que vous êtes… "
Nicol - " Je suis le Saint d’argent de l’Autel. "
Mei a un petit sourire à l’évocation de cette bonne nouvelle. Il est soulagé de ne plus être le seul chevalier ici.
Yulij poursuit :
Yulij - " Tu as raison Mei quand tu penses que le Saint des Poissons est lié au Pope. Parce que c’est lui qui garde prisonnière l’armure de l’Autel dans un jardin empoisonné de Dignity Hill. Heureusement, lors de notre affrontement contre Aphrodite, Nicol est parvenu à absorber et à maîtriser l’antidote. Il s’agit du sang d’Aphrodite. "
Mei - " Parfait. Ça n’en sera donc que plus facile pour récupérer cette armure. Ainsi nous serons deux Saints. Un d’argent et un de… "
Nicol précise :
Nicol - " Trois Saints ! Un d’argent et deux de bronze. "

Mei regarde de façon crédule Dabih. Celui-ci répond, en écarquillant ses yeux, qu’il ne comprend pas. Nicol, amusé par tant de naïveté, tend sa main vers Yulij :
Nicol - " Alors qu’elle a appris à lire les étoiles comme moi, Yulij n’a même pas remarqué que la constellation du Sextant irradie à son paroxysme chaque fois qu’elle intensifie sa cosmo énergie. "
Yulij esquisse un rictus de gêne sous son masque. Avec modestie, elle se passe sa main dans ses longs cheveux blanc :
Yulij - " Je n’aurai jamais cru… "
Nicol - " Et pourtant. La lecture des étoiles ne trompe pas. "
Mei - " C’est bien beau, mais où la récupère-t-on cette armure ? "
Dabih s’immisce :
Dabih - " Chez notre forgeron ! "
Nicol tape dans ces mains :
Nicol - " Bien sûr ! Saül ! "
Mei et Yulij se surprennent à formuler en même temps : « Pardon ?! »
Dabih - " Saül est le forgeron du Sanctuaire. C’est lui qui réalise toutes les cuirasses, de cuir ou de métal et les armes des soldats. Il fabrique également sur demande toutes les armures des mercenaires du Sanctuaire. "
Nicol complète :
Nicol - " Et vu qu’il est connu et apprécié de tous ici, c’est lui qui récupère les armures des Saints qui choisissent de se mettre à la retraite sans choisir de successeur. Il les range dans son atelier en attendant que de futurs Saints viennent les chercher après consentement du Pope. "
Dabih - " J’ai été l’esclave d’un prêtre du Grand Pope il y a peu. Il avait acheté mes services car le Pope lui avait confié une tâche pénible. Il devait pointer les armures sans propriétaires partout dans le Sanctuaire et avait donc besoin de main d’½uvre. Il m’a donc fait envoyer chez Saül pour réaliser ces recherches. "
Yulij, refusant de s’enflammer malgré la nouvelle, remet à tous les hommes les pieds sur terre :
Yulij - " Et après ça ? Où irons-nous ? "
Mei - " L’ordre de mission originale que j’ai reçu me chargeait de tuer une femme au Japon, Saori Kido. Celle-ci s’est entourée de Saint de bronze et le Sanctuaire semble leur en vouloir. J’avais pour ordre de la tuer pendant qu’ils seraient occupés à défendre eux-mêmes leurs vies. J’ai pensé les rejoindre pour leur prêter main forte si leur cause était identique à la notre. Le nombre nous permettrait peut-être d’être moins ridicule en cas de grosse bataille. "
Nicol - " C’est une bonne idée. "
Mei - " Dans ces cas là allons d’abord chercher ton armure puis nous irons chercher celle de Yulij avant de quitter la ville. "
La maturité et les connaissances de Nicol lui permettent de s’affirmer peu à peu comme le leader de ce groupe :
Nicol - " Nous devrions d’abord nous remettre de nos émotions. Un peu de repos nous fera le plus grand bien. Il y a peu de passage dans cette forêt. Les gardes utilisent généralement les sentiers pour se déplacer. Il vaut mieux veiller à tour de rôle pendant que les autres se reposent. Nous irons chercher les armures cette nuit. "



L’annonce du changement de Grand Pope avait des conséquences irrémédiables. Saga accentuait ses recherches tout en prenant soin d’éliminer la moindre menace.
Et celle qui planait autour de Mei et ses camarades était à prendre au sérieux.

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