Topics - Nao/Gilles

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Naologismes / « C'est moi l'crisse de fou... »
« on: 7 February 2007 à 14h56 »
En ce moment je suis poursuivi par le Québec, le prog et l'année 1975. Plus précisément, plein de groupes de rock progressif qui ont sorti d'excellents albums en 1975 (Octobre, Sloche, Beau Dommage, Maneige, Morse Code et bien sûr Harmonium). Ce matin il a neigé. Bon, quoi de plus étonnant, finalement, qu'hier j'aie regardé C.R.A.Z.Y., un film québécois de 2005 qui se déroule majoritairement en 1975 et dont le héros écoute des monuments du prog anglais comme Space Oddity de Bowie et Pink Floyd ? Hein ? Je vous le demande.

Hormis cette délicieuse coïncidence (merci quand même à tinou pour son précieux conseil !), ce long-métrage est une chronique familiale douce-amère se déroulant entre 1960 et les années 80, et centrée sur la naissance et la jeunesse de Zachary. Son personnage est prétexte à aborder plusieurs thématiques : la croyance en Dieu, la recherche de son identité émotionnelle et sexuelle, et la relation entretenue avec sa famille. Quatrième d'une famille catholique de cinq garçons, on suit Zachary dans ses premières années où il est surtout marqué par l'omniprésence de la religion : il a failli mourir immédiatement par deux fois le jour de sa naissance (à Noël !). Ce petit miraculé apprend par la suite qu'il est capable de prodiguer des miracles en faisant s'arrêter le sang de couler et en soignant les brûlures. Lui n'y croit pas, nous non plus, mais sa famille a bien le droit d'avoir des ambitions pour lui, non ? La mienne a bien cru que j'étais un petit génie. En tout cas, Zachary lui, n'aime décidément pas Noël. La messe de minuit l'ennuie au plus haut point (il fantasme son envol vers les cieux tandis que le public de l'église chantonne Sympathy for the Devil !), et ces parallèles (jamais énoncés clairement dans le film) sur sa parenté à Jésus ne l'empêchent pas de recevoir systématiquement des cadeaux à côté de la plaque de la part de ses parents. Mon père, ce héros ? Sa relation avec lui est le point crucial du film.

A moins que ce ne soit... l'étonnement constant pour nos oreilles. Ahh, ces fameux accents québécois. Je remercie les auteurs du DVD à avoir pensé à sous-titrer les phrases les plus compliquées à décrypter, mais quelques questionnements sur la langue resteront là où il sont... Ce qui contribue probablement à l'aura de mystère de l'oeuvre. Tout comme la cruelle absence d'ambiances musicales pendant la majeure partie des scènes du film contribue grandement à augmenter l'impact des scènes accompagnées. Et se payer des extraits des stars de la musique des années 60-70 n'a rien de gratuit pour un petit film : près de 10% du budget y est passé... Soit dit en passant, je suis d'accord avec l'article dans le sens où les artistes québécois cités au début du billet auraient bien mérité une place dans le film ! Quant aux compositions originales, elles sont rares, et le générique de fin fait furieusement penser à un plagiat instrumental (et paradoxalement plutôt original) du Creep de Radiohead... Mais à part ces Anglais partis en roue libre depuis des années, qui viendrait s'en plaindre ?

Je ne décrirai pas plus avant le scénario, je ne ferais qu'en en dévoiler tous les tenants et aboutissants. Je me bornerai juste à dire qu'il y avait bien longtemps que je n'avais pas vu un script aussi bien écrit, et une mise en scène aussi inventive et léchée malgré un manque de moyens évident. L'histoire ne nous met jamais devant le fait accompli. Les petits détails font mouche, et c'est presque une enquête policière qu'on ouvre soi-même pour comprendre à quel point les nombreuses références christiques sont adaptées à l'évolution mentale du héros : Noël, mort et renaissance, miracles espérés, crucifix, Jérusalem, relation entre Jésus et ses apôtres, la marche dans le désert, les pas dans le sable et dans la neige, j'en passe et des meilleures...

La thématique religieuse du film, si elle est probablement la plus finement exploitée, tire sa révérence devant la beauté poignante de la relation entre un père et un fils qui ne se comprennent plus, qui s'aiment mais ne savent plus comment se le dire. Ils sont l'âme du film, qui se fond avec une élégance confondante dans l'évolution culturelle et sociale du Québec des années 60 et 70. L'auteur oppose par exemple les univers musicaux entre eux (Aznavour et Patsy Cline contre Stones, Bowie et Floyd) pour finalement montrer que les émotions musicales ressenties sont les mêmes, quelle que soit la musique que l'on écoute. La différence entre les générations, là aussi culturelle et sociale, est-elle palpable ou imaginaire ? CRAZY donne un début de réponse flamboyant à cette éternelle question...

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Naologismes / « On est envahis, on n'est plus chez nous... »
« on: 5 February 2007 à 18h15 »
Salauds de spammeurs. Je commence à me lasser du petit jeu de la suppression quotidienne des spams postés en commentaire sur le blog, et non, je ne cautionne pas la vente de viagra, ça nuirait à mon image hautement virile. De fait, dorénavant et jusqu'à nouvel ordre, seuls les utilisateurs identifiés sur le blog pourront désormais y poster. Cela va à l'encontre de ma politique d'ouverture (sinon, autant garder le blog en sous-partie du forum Cyna) mais qu'y puis-je. Bon, eh bien ouvrez-vous un compte (qui vous permettra en prime d'accéder à mes billets non publics), et postez de temps à autres, merci bien, ça réchauffera mon p'tit coeur tout mou et ça me consolera d'aller voir The Musical Box tout seul à l'Olympia. (C'est vous qui voyez mais moi je vais passer une bonne soirée. Tout seul. Mais une bonne soirée quand même. Tout seul. Bouh.)

Edit : problème corrigé (pour le moment du moins) par l'ajout d'un script de contrôle...

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Naologismes / Chez Nao, on se cultive en musique.
« on: 3 February 2007 à 9h46 »
La magie du split de topic me permet de créer à retardement ce petit billet dont le seul et unique but est de vous inciter à écouter la radio de Naologismes. Désormais, elle est accessible sur toutes les pages du blog, et vous pouvez même cliquer sur le lien "Lancer une fenêtre à part" (juste en dessous du lecteur) pour ne pas avoir de coupure dans la musique si vous changez de page. En plus, vous aurez les titres des morceaux en entier. Comme d'habitude, sauf sur la page "Prog" qui catégorise les musiques par genre, le lecteur mp3 propose les morceaux dans l'ordre inversement chronologique de leur ajout. Les derniers en ligne sont donc les premiers sur la liste.

Et maintenant, joue avec Nao ! Sauras-tu réciter la valeur de Pi jusqu'à la quinzième décimale ? Non ? Un gage !! Alors comme je suis sympa je te donne le choix... Soit tu écoutes à ton rythme l'intégrale (il y en a pour près de 15 heures de musique !), soit tu manges une grenouille vivante. Toi aussi, fais comme tinou et fais le bon choix ! (Et accessoirement évite de t'étrangler.)

(J'ai un peu honte de le dire, mais je connais Pi jusqu'à la quinzième décimale... Et en plus, j'écoute tout le temps ma playlist. Quel benêt vraiment.)
(3.141592653589793... Sic.)

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Naologismes / Ca peut toujours servir...
« on: 30 January 2007 à 12h42 »
Ca me vient comme ça, des fois, comme une poussée d'acné : hop, j'ajoute plein de morceaux dans une section du site prog. Mais personne ne remarque les ajouts, j'ai les noms (ou plutôt aucun). Alors dans ma grande détresse bonté, j'ai mis à jour la page À propos de l'auteur avec un lecteur audio reprenant l'intégrale, dans l'ordre inverse des ajouts. Donc les derniers (ajoutés) seront les premiers. Pardon ? La météo ? Ah non, ça je fais pas.

Edit : comme vous l'aurez remarqué (voyez le billet qui suit chronologiquement), le lecteur a été retiré de la page susmentionnée, et déplacé sur la barre de menu de toutes les pages du site ;)

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Naologismes / En français dans le prog
« on: 26 January 2007 à 18h03 »
NB : le site Foxprog reprend une partie du texte écrit pour cet article dans les pages individuelles des artistes concernés.

La France n'est pas en reste dans la grande galaxie du rock progressif. Si nous connaissons surtout le groupe Ange, je dois avouer qu'ils ne m'ont jamais particulièrement touché. C'est sans doute pour cette raison que je suis aussi obsédé par l'idée de découvrir des pépites méconnues réalisées en France ou chez nos autres amis francophones en Belgique ou au Québec. Et il y a de quoi faire ! Vous retrouverez cet article ainsi que les extraits audio qui y sont mentionnés entre autres sur les pages Canada et France de mon site prog.

- En 1967 déjà, Serge Gainsbourg réalisait la musique du téléfilm Anna, avec Jean-Claude Brialy et Anna Karina. C'est là qu'on entend par exemple pour la première fois son fameux Sous le soleil exactement ou encore Roller Girl. J'aime particulièrement la fin douce-amère du téléfilm, avec son instrumentation typique de l'époque : c'est du proto-prog, façon All you need is love des Beatles, de la belle mélodie et tout ce qu'il faut de pompeux pour que la plupart des gens trouvent ça sans intérêt. Donc c'est indispensable, ne serait-ce que pour entendre Brialy nous prouver qu'il n'est pas fait pour la chanson. Par contre, comme acteur, rien à redire. Le morceau s'appelle Je n'avais qu'un seul mot à lui dire et on va le crier tous ensemble : on t'aime ! Et ne vous fiez pas à ses vingt premières secondes, c'est l'arbre qui cache la forêt qui suit...

- Il y a quelques mois, j'ai découvert avec stupeur et délectation que Susumu Hirasawa, artiste contemporain que j'aime beaucoup, avait fait du formidable rock progressif dans les années 70 (voir la section Japon). Cette fois-ci, c'est au tour de Jean-Jacques Goldman de me surprendre. J'avais vaguement entendu parler du groupe qui l'avait vu faire ses débuts, Taï Phong (fondé par deux frères vietnamiens), mais sans savoir que c'était un groupe de rock progressif ! Renseignement pris, non seulement c'est du prog, mais il est de grande qualité ! Pour preuve, cet extrait de leur premier album : Fields of Gold, qui fait la part belle aux synthés. Oui, c'est chanté en anglais (par Goldman !), mais cette page est consacrée aux groupes de la zone francophone, ils chantent dans la langue qu'ils veulent. Décidément, 1975 est une année bien sous-estimée du rock progressif !

- Pour preuve, nous passons de l'autre côté de l'Atlantique pour cette même année 1975, l'une des plus belles qui soient pour la musique québécoise. Coup sur coup, trois groupes nous sortent leur chef-d'oeuvre absolu. Ce sera Si on avait besoin d'une cinquième saison pour Harmonium, Les Porches pour Maneige et Procréation pour Morse Code qui, comme leur nom ne l'indique pas, chantent eux aussi en français. Un choix qui a fermé à tous ces groupes la porte du succès dans les pays anglophones, mais qu'importe. Ce qui comptait pour eux, c'était la musique avant tout.

- Harmonium... Un groupe québécois de folk progressif qui n'a sorti que trois albums, mais qui est entré dans la légende au Canada, en particulier son chanteur-compositeur, Serge Fiori. Leur oeuvre est tout simplement... magnifique. D'une beauté indescriptible. A tel point que je leur ai consacré une des premières fiches artistes sur le site, histoire de pouvoir y reproduire quelques extraits des paroles de leurs chansons.

Je n'ai pas pour habitude de m'avouer vaincu quand il s'agit de décrire le bonheur qu'une musique peut me faire ressentir, mais je m'incline avec plaisir devant la qualité du dossier Harmonium du fanzine Big Bang, qui a trouvé les mots qui font mouche. Consultez la page 2 pour la critique de l'album Cinquième saison, et la page 5 pour Harmonium en tournée. Mes propres critiques de leurs deux meilleurs albums étant assez longues, je ne les reproduirai pas ici et vous encourage à vous rendre à la page que j'ai consacrée au groupe.

- Maneige est le plus jazzy de tous ces groupes. J'ai écouté tous leurs albums, et si je les trouve de qualité, j'ai un peu de mal à les mettre en bruit de fond pour mes tâches quotidiennes. Mais l'un d'eux se démarque profondément des autres. Les Porches renferme deux morceaux principaux d'un vingtaine de minutes, suivis chacun d'un morceau plus court. Le second, au délicieux titre de Les aventures de Saxinette et Clarophone, met en valeur les deux instruments précités, saxophone et clarinette. Quant au premier, Les Porches de Notre-Dame, il nous réserve un magnifique spectacle de folk-prog dans sa première partie, pour enchaîner miraculeusement sur de la chanson française digne des meilleurs moments de Charles Aznavour. Vous savez ce qu'il vous reste à faire...[1]

- L'album Procréation de Morse Code est définitivement curieux. De la chanson mi-comique mi-engagée, des mélodies parfois un peu simplistes mais jamais vraiment désagréables... Et puis tout d'un coup, paf, ce morceau-fleuve de 25mn cumulant chanson, mellotron, orgue, guitare, flûte et synthé dans un mélange indescriptible mais toujours bien délimité. Ce n'est ni un foutoir ni une simple énumération de solos. Et évidemment, c'est introuvable en CD. C'est d'ailleurs pour ça que je vous ai mis le morceau intégral en "extrait". Bonne écoute.

- Passons à l'année 1976, où nous découvrons un groupe québécois de virtuoses du clavier, Pollen. Je ne les connais pas très bien, et ils n'ont sorti qu'un seul album, éponyme, qui ne m'a pas profondément touché (peut-être parce qu'ils ne savent pas s'ils veulent faire du Gentle Giant, du ELP ou du Harmonium), mais le charme de la voix du chanteur fut suffisant pour justifier l'inclusion d'un extrait audio dans ces pages.

- Retour en France... Après un album sympathique mais pas inoubliable (Pollen, 1975, un rapport avec les précités vous croyez ?), Pulsar, groupe d'origine lyonnaise, va marquer dans la deuxième moitié des années 70 la scène prog par deux chefs-d'oeuvre d'une maîtrise confondante, Strands of the future (1976) puis Halloween (1977). Je vous propose en extrait la première piste de chacun des deux albums. Flight est aussi court qu'intense. Quant à Halloween, Part 1, il fait partie de ces suites musicales extrêmement ambitieuses, qui distillent une ambiance très sombre pour mieux faire ressortir la luminosité d'un passage somptueux, que vous pourrez retrouver en l'occurence au bout d'une dizaine de minutes. Ce morceau nécessite au moins trois ou quatre écoutes pour l'apprécier pleinement, mais l'investissement en vaut la peine. Evidemment, le reste de ces deux albums est tout aussi formidable. Malheureusement, ils sont arrivés sur la fin de l'ère du prog, et n'ont pas pu s'imposer au niveau des ventes. Ils reviendront avec deux albums supplémentaires qui ne sont pas inintéressants mais ont malheureusement considérablement atténué l'ambition de leur musique...

- Dans le même ordre idée : mais pourquoi est-ce qu'on n'a jamais entendu parler de Troisième Rive ici-bas ?! Ils sont bien français pourtant... Et font de la musique fantastique ! Vraiment, il y a là de quoi s'offusquer. Ecoutez-moi les trois extraits de leur unique album, Banlieues, sorti en 1978. Guitare, accordéon, piano, clavecin... Ca sent bon la France qui chante et ces gars-là n'hésitaient pas à faire des morceaux indéniablement progressifs de dix minutes de pure jouissance (Légende : c'était en ce temps-là, c'était hier encore et c'est maintenant). Banlieues, ç'a été mon disque de chevet pendant des semaines et ce n'est pas près de s'arrêter ! Par la suite, le chanteur Boris Mégot a fait une carrière solo qui m'attire moins (il se porte plus sur les textes que sur les mélodies), mais dont le premier album avait le même line-up que pour Troisième Rive. Evidemment, il est introuvable, lui aussi... J'ai mis en ligne trois extraits de TR pour deux raisons. D'abord parce que Boris Mégot a déclaré sur son site que l'album, qui ne sera pas réédité en CD, peut être librement diffusé sous le manteau. J'ai un très joli caban que j'aime beaucoup porter. Et ensuite parce que nous aurions tort de nous priver de quelques minutes de bonheur supplémentaires.

- Du côté de la Belgique, le groupe le plus emblématique de la scène prog est probablement Univers Zéro. Mais bon, les goûts et les couleurs étant ce qu'ils sont, je n'ai pas accroché à leur musique à ce jour. Il faut dire qu'ils font partie du mouvement RIO (Rock In Opposition), beaucoup plus underground que le prog lui-même. En dehors d'UZ, deux groupes marquent les esprits. Alors chez Flyte, non contents d'être flamands, ils chantent en néerlandais, c'est pas bien, comment vous voulez que je vous place dans la section Francophonie dans ces conditions ? Bon, on va partir du principe qu'ils ont quand même appris le français à l'école et puis c'est tout. Leur musique, en tout cas, parle à toutes les oreilles avec une langue unique, celle de l'amour du rock bien fait. Je dois avouer une énorme faiblesse pour l'intro du premier morceau, Woman, qui m'a poussé à le placer en extrait audio. Tout l'album vaut le détour. Dommage que leur maîtrise et leur dynamisme ne les ait pas poussés à faire un second album. Dawn dancer (1979) restera donc un essai unique.

- Et mon petit préféré d'outre-Quiévrain, c'est bien entendu Machiavel. Ceux-là sont encore en activité aujourd'hui mais seuls leurs albums des années 70 sont vraiment à considérer comme prog. Incontestablement, les meilleurs sont les deux premiers, Machiavel (1976) et Jester (1977). Pour ne rien arranger, Machiavel chante en anglais, mais à ce stade ça n'est plus un problème, eh eh. Vous trouverez dans les extraits audio une piste du second album, Moments. C'est l'une des plus courtes (et des plus calmes), mais elle montre bien la qualité de leurs compositions. Ils sont aussi à l'aise dans le format court que dans les longues envolées jazz-fusion de près de dix minutes, aussi doués à la guitare que dans leurs tentatives d'utiliser des instruments plus rares dans le prog, comme la clarinette. Et un peu d'originalité, ça fait toujours du bien !
 1. L'album a été réédité en CD au Québec depuis la rédaction de cet article. Youpi.

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Naologismes / Le prog freeware
« on: 22 January 2007 à 13h24 »
C'est nouveau ça vient de sortir (enfin pas tant que ça), c'est les petits groupes de prog qui n'ont jamais publié d'album (ou jamais dépassé les frontières de leur pays) et qui distribuent gratuitement leurs oeuvres sur le Net. On dit poliment merci et on écoute...

Pour commencer, trouvé sur l'excellent blog Garden of Delights (un peu similaire à ProgNotFrog dans sa fonction, il se concentre au départ sur des albums de folk-prog qui valent vraiment le déplacement), l'album X Tapes de Virgin's Dream, daté 1971. 300 copies tirées, une rareté donc, et c'est de l'excellent krautrock. A écouter au moins une fois !

Et quand vous en aurez terminé, lancez-vous dans l'écoute des trois albums téléchargeables du groupe américain Northwind (à ne pas confondre avec d'autres groupes homonymes qui ont vu le jour plus tard). Ne vous laissez pas rebuter par leur site tout pourri ; désactivez le fond d'écran, sur Opera c'est dans View > Style > User mode. Ceux-là faisaient de la musique dans leur cave et n'ont jamais enregistré que des démos... Leur album de '77 est vraiment soigné, sur un ton jazzy porté par un chant pop clair et mélodieux qui ne se prend pas toujours au sérieux. Ecoutez notamment Where to Now? et ses passages parlés. Et je suis sûr que Nobuo Uematsu a repompé son thème de Final Fantasy sur la fin du morceau, le saligaud. Mais ma préférence va définitivement aux deux albums précédents, datés de '72 et '74, et qui correspondent vraiment à mes goûts du moment.

C'est du bon vieux prog dans la droite lignée des groupes les plus populaires de l'époque, mais toujours avec un petit "plus" dans leur son, et un constant plaisir d'écoute. J'ai du mal à croire qu'ils n'aient jamais réussi à signer chez une maison de disques avec de telles pépites ! Leur manager devait vraiment être un incompétent notoire... Quand je pense que le groupe n'est même pas répertorié sur ProgArchives.com ou AmarokProg ! Il y a de l'injustice dans l'air. Du coup, je me sens un peu comme un pionnier, et ça, ça n'a pas de prix. Ou presque. Ce billet est shareware, si vous continuez à le lire après 30 jours, envoyez-moi un chèque de 20€ à l'ordre de René-Gilles Deberdt merci.

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Naologismes / Un concert, y'avait longtemps tiens...
« on: 21 January 2007 à 17h33 »
Comme prévu, je suis allé hier soir avec Milady au concert que donnait Archive au Zénith de Paris. De son côté, Damien est allé avoir Kokia, que j'aime bien aussi. Oui mais voilà, n'ayant pas encore le don d'ubiquité, j'ai préféré choisir un artiste un tant soit peu prog, quand même. Oui oui, Archive EST progressif, le compositeur lui-même l'affirme.

Bon, c'est la première fois que je fais un compte-rendu de concert, et comme je l'ai presque vu avec des oeillères, vous ne m'en voudrez pas si je ne trouve pas les bons moments. J'y ai entendu près de deux heures de musique, une playlist d'environ 17 chansons (à une ou deux près, je n'ai pas noté précisément), et trois rappels, réalisés de façon un peu trop prévisibles : d'abord 3 chansons, puis 2, puis une dernière pour la route. Un mélange de chansons de tous leurs albums studio : Londinium (1996, pas de tube) qui est très trip-hop, Take my head (1999, tube "You make me feel") qui est plus pop-rock, You all look the same to me (2002, tube "Again") qui est un de mes préférés avec ses deux chansons de pur prog (17 et 19 minutes respectivement, si je me souviens bien !), Noise (2004, tube "Fuck you") qui a eu pas mal de succès en France, et Lights (2006, pas vraiment de tube), le dernier, que j'aime moins, à part l'exceptionnel morceau-titre qui dure 18 minutes et qui a été repris intégralement au début du concert.

Le cadre : une salle assez immense, à la louche 6000 personnes présentes (c'était plein, quoi), dont au moins un tiers dans la fosse centrale bondée, une sono mortelle (mes oreilles en ont pris pour le compte pour le reste de la soirée...), nous sommes arrivés avant le début du concert d'Archive mais après la première partie. Pendant facilement trois quarts-d'heure, la scène est restée désespérément dans le noir, pendant que des enregistrements d'Archive passaient en bruit de fond. Au moment où a commencé à passer le thème principal de Michel Vaillant (le film est très certainement à mourir de rire, mais c'est une BO exceptionnelle, mon album préféré d'Archive tout simplement), je me suis dit que ça voudrait certainement dire qu'ils ne joueraient pas en live cet album, trop instrumental. Je ne me suis pas trompé (enfin, je ne connais pas les playlists par coeur, ne me croyez pas sur parole), et ça a probablement joué sur mon impression finale. Toujours est-il qu'ils ont fini par arriver sur scène. Avec en vedette les compositeurs et âmes du groupe, Darius Keeler (le clavier un peu gras du bide et qui porte toujours une casquette) et Danny Griffiths. Tellement dans son trip, Keeler, qu'il finit par baiser son synthé par un ample va-et-vient au rythme binaire indécent qui a ponctué la plupart de ses interprétations.

On avait au total 6 musiciens sur scène, ainsi que jusqu'à un maximum de 3 chanteurs en même temps. Ca en fait du monde sur scène... Un peu plus et je me serais cru à un concert de Goran Bregovic. En dehors de la chanteuse (Maria Q) que j'ai trouvée un peu anecdotique, nous avions Dave Penney, petit gars bien rasé et bien habillé. Il était plutôt drôle à danser comme Elvis Presley, et à jouer de l'harmonica (mais en était-ce vraiment ?) sur Again. Le second, plus grunge et les cheveux hirsutes, est arrivé plus tard, c'est Pollard Berrier, celui qui a signé le même Lights dans le concert sauvage à la Foire du Trône présenté sur l'album. C'est sans doute celui qui a la voix la plus fougueuse et la plus engagée, en l'absence définitive du Craig Walker qui avait tenu le micro sur les deux précédents albums studio. Au final, personne ne s'est véritablement démarqué en dehors de Keeler et des deux chanteurs masculins, mais ça ne m'a pas vraiment dérangé puisque je les voyais à peine, placé à une cinquantaine de mètres, au fond de la salle, debout parmi tant d'autres. C'est le problème quand on arrive aussi tard pour le concert...

Ne tournons pas autour du pot, je voulais surtout dire à quel point la première demi-heure fut formidable, un véritable trip pour moi, qui sentais mon corps réagir en rythme à la moindre note familière des morceaux studio, et frémir de plaisir dès qu'elles s'éloignaient de leurs origines. Mais voilà, le temps passant, je me suis senti assailli par les problèmes : une Japonaise derrière moi qui passait son temps à me demander de rester immobile "sinon je ne peux pas voir le chanteur", la chaleur, la fumée de cigarette (sans compter le fumeur de joints juste devant moi), les guitaristes trop bruyantes par moments (jusqu'à cacher la voix des chanteurs), et quelque part, la trop grande tendance à coller à la note près aux albums. Alors, sur l'interview mentionnée ci-dessus, Keeler indique bien qu'il considère sa musique comme mathématique (justement !) et qu'elle ne souffre pas trop de la moindre déformation. Je suis d'accord. Mais pour entendre l'album, je peux mettre le CD à fond dans mon casque, chez moi. C'est pareil. Je viens en live pour avoir des variations, pas pour demander un autographe des musiciens à la sortie (ce que je n'ai jamais fait, d'ailleurs). De plus, les albums d'Archive sont tous assez conceptuels. Les trois premiers sont tous très différents l'un de l'autre. Il y a ensuite eu une période d'un an où trois albums au son similaire sont sortis quasiment en même temps (Noise, Michel Vaillant et Unplugged), et enfin le dernier album qui mélange un peu les genres mais m'a un peu déçu sur la longueur. Chacun de ces albums s'écoute plus ou moins en entier, en une session planante et unique. En concert, je n'avais pas réalisé que ce serait comme écouter un best-of d'Archive. On passe d'une chanson plutôt hard à une chanson soft de Londinium, pour revenir à une autre hard... Mon problème c'est que je n'aime pas toutes ces variations de style en deux heures de temps. J'ai besoin... d'une progression, si je puis dire.

Alors voilà, au bout d'une heure, j'ai commencé à réaliser que je fatiguais vraiment, et que je ne prenais plus vraiment autant mon pied qu'au début. Et c'est à ce moment-là qu'ils ont décidé d'entamer Again. De loin mon morceau préféré d'Archive, le plus beau mélodiquement, le plus prog, l'un des plus longs et inventifs... Dans une version quasiment calquée sur l'album. Déception. Au point que j'ai fini par filmer cette chanson avec mon appareil photo, pour la réécouter plus tard, quand je serai reposé, histoire de voir si c'est vraiment une question de fatigue ou pas. D'après Arion, qui était aussi sur place (mais nous ne nous sommes pas vus de la soirée, lui étant dans la fosse près du groupe), le concert était exceptionnel de bout en bout. Alors Ludo, je suis d'accord à 100% avec toi, les albums d'Archive, s'trodlaballe, mes chéris d'amour et tout, mais en concert, je trouve que ça ne tient pas la longueur.

Il n'en reste pas moins que je suis très heureux d'avoir pu voir en concert un de mes groupes "modernes" favoris, et savourer pleinement pendant une demi-heure une musique profondément sincère, malgré le côté froid qui peut ressortir de sa composition ultra-travaillée. Merci les gars ! Et merci aussi à Milady qui a supporté si longtemps la cacophonie d'un groupe qu'elle digère aussi mal que tous les trucs-machins prog bizarres que je lui fais subir à longueur de journée pour son plus grand malheur. C'est une sainte !

Le mois prochain, ce sera le tour d'Explosions in the sky, dans une petite salle cette fois ! Et peut-être pour le mois d'après, The Musical Box à l'Olympia (un groupe de reprises des premiers Genesis), si je trouve quelqu'un pour m'y accompagner...

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Naologismes / FF III : si j'avais un marteau...
« on: 17 January 2007 à 10h07 »
Ahhh, Final Fantasy III...
Après m'être fait battre par le boss final (en un seul coup, level trop bas alors que j'ai pu terminer tout le donjon >_<) et avoir perdu 3h de ma vie à me péter les pouces sur ce donjon de mes deux, j'avais reposé le jeu dans un coin depuis quelques semaines. Je viens de m'y remettre hier soir, pour faire monter mes persos en niveau...

Résultat : 12 levels pour le perso principal, 11 levels pour le suivant et 9 levels pour le 3ème, tout ça en un peu plus de 2h. Pas mal. Ce matin, je m'empare de ma DS pour tuer mes 3 persos principaux et faire du solo sur le 4ème... Dans la grotte de Bahamut, si on le passe en Dark Knight et qu'on fait Souleater, il gagne ses combats en 1 coup et gagne 22800 exp, ce qui à ce stade le fait monter d'un level tous les 3-4 combats. Tranquille, quoi.
Tellement tranquille que j'ai pu lui faire monter 6 levels en un quart d'heure... En gérant tranquillement le système... Ca demande de l'attention parce qu'avec un souleater, il faut lui remettre un hi-potion manuellement après chaque combat.

Et voilà, paf, là ce sera difficile de faire mieux que ça : lancement d'un combat... l'écran passe au blanc.... et puis plus rien !
Non, pas de surchauffe, la DS n'est allumée que depuis 20mn ! Non, je n'ai pas cassé quoi que ce soit ! Je n'ai rien tripoté !

Non non, ça s'appelle juste un plantage à la Windows ! Une merde de programmation !

C'est un peu con, quand le système de jeu empêche toute sauvegarde à l'intérieur d'un donjon, histoire de le rendre moins facile......
Ah ben ouais, mais messieurs, comment je fais, moi, quand vous ne pouvez même pas m'assurer que ça ne va pas planter, dans les donjons en question ??? Qu'est-ce qui me dit que ça va pas replanter de la même manière à la fin du donjon final quand je m'y recollerai ???

Mais POURQUOI est-ce que ces sales cons de chez Square Soft s'évertuent à détruire systématiquement tous les espoirs qui restaient en moi pour trouver du plaisir dans un FF après FF9, hein ?? Pourquoi ?!

Pour compenser, ce midi j'ai reçu Mario Kart DS. Euh... Le meilleur Mario Kart existant ? Je sais pas, je trouve l'impression de vitesse moins impressionnante dans que Double Dash... A voir sur la longueur.

A part ça, le billet précédent sur le sujet s'appelle "Doctor Who au niveau 99", et c'est assez amusant comme coïncidence puisque j'ai pu reprendre le cours de la lecture de mes épisodes hier soir. Avec deux épisodes pas formidables, les Cybermen, mais une très belle fin. (Bouh ouh ouh ! Un de mes persos préférés qui s'en va.... Snif.)

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Naologismes / Attention à l'overdose...
« on: 15 January 2007 à 15h55 »
Conversation authentique...
Milady : "Tu sais... Quand j'étais plus jeune, je trouvais que ceux qui écoutaient de la musique des années 70, c'étaient des ploucs."
Nao : "Ah bon... Et maintenant...?"
Milady : "Ben, t'as de la chance que je sois plus tolérante !"

Merci Milady donc, de supporter chaque jour le Nao qui écoute du prog en boucle, et qui a même besoin d'en mettre en bruit de fond avant d'aller se coucher.

D'ailleurs ça s'endort un peu ici aussi, et je suppose que je dois être le seul à essayer les albums proposés sur ProgNotFrog ;) (Lien dans la barre ProgLiens !)

Petit bilan provisoire...

- Osiris faisait vraiment de l'excellent prog.
- Mariza Koch, c'est vite lassant.
- Troisième Rive et son album Banlieues : peut-être "la" révélation de la semaine pour moi... C'est pas très très prog, sauf le morceau qui dure plus de 10mn, mais c'est vraiment de l'excellente chanson française. Incroyable que ça n'ait pas du tout marché ici-bas...!
- J'ai reçu mon CD de Black Widow IV (dont la jaquette est reproduite sur le billet). C'est effectivement très bon, mais ça reste dans le même style que les albums II et III, donc pour l'instant je ne suis pas aussi emballé que je ne l'espérais. Je ne l'ai écouté qu'une fois depuis ce matin, cela dit. Je rappelle que Black Widow, c'est quand même le bien :)
- Autre trouvaille (voir sur la page du mois de novembre) : Procréation de Morse Code... J'avais "tenté" cet album il y a quelques mois, juste après avoir découvert Harmonium. Je voulais voir tout ce que le Québec avait fait de meilleur en prog. Seul problème, l'album est introuvable en CD, et les seuls MP3 téléchargeables omettaient tous la pièce majeure (éponyme) de l'album. Eh bien voilà, grâce à ce blog, j'ai enfin pu l'écouter, et... Elle est époustouflante !! Bravo ! De loin ce que Morse Code a pu faire de meilleur...

D'autres découvertes de ces derniers jours via le site :

- Gäa : excellent krautrock. J'adore leur nom.
- Eiliff : pareil, en un peu plus jazzy. J'aime encore plus leur nom.
- Novalis : wah ! Krautrock dans la lignée d'Eloy. Un des meilleurs groupes du genre !
- Maneige (déjà mentionné dans mon précédent commentaire) : mon troisième groupe québécois préféré, avec Harmonium et Morse Code. "Les Porches", je ne m'en lasserai pas avant longtemps...! Surtout "Les aventures de Saxinette et Clarophone" ! Rien que le titre, génial :mdr: A noter que le leader du groupe a sorti en 2005 un album de musique classique principalement dédié à ces instruments par ailleurs... Et qui est vraiment exquis. Ce n'est pas du prog, mais ça ne l'empêche pas d'être conseillé aux oreilles exigeantes !
- Far East Family Band : il faudra que je fasse un billet consacré aux deux membres les plus connus de ce groupe... C'est important pour moi. Leur album "Parallel World" est incroyablement bon.
- Sadistic Mika Band : c'est du tout bon, l'album "Black Ship". Ca sent bon le prog japonais des années 70 !
- Pollen : encore un groupe québécois... Il faut que je réécoute avec plus de concentration leur unique album. Il m'a l'air excellent.
- Rainbow Theatre, groupe australien (eh oui, il y en a dans le prog !), et son album Fantasy of Horses, écouté une seule fois mais à retenir : de l'opera mélangé avec des sons prog typiques. Wouhou.
- England et son album Garden Shed...
- Planetarium et son exceeeeellent album Infinity. Une musique très calme, très reposante, et des pointes d'agitation par-ci par-là... Je comprends que cette oeuvre soit devenue culte.
- Kaleidoscope, c'est un peu pourri.
- Crack et son "Si Todo Hiciera", un des quelques albums que j'aie chaque fois envie de remettre. Excellent mix de synthétiseurs limite 80's et de prog classique. Très belles mélodies. Viva España !
- Neuschwanstein, avec son album Battlement, me rappelle beaucoup la joie de jouer de Genesis et la voix de Peter Gabriel. Ajoutez à ça une pincée de synthétiseurs très fin 70's... Peut-être que c'est un peu ce qu'on aurait eu chez Genesis si Gabriel n'en était pas parti ?
- Fuzzy Duck. J'adore le nom de ce groupe... Ils ne se prennent pas au sérieux, mais-le-beat-est-bon. (© Kamini)
- Dissidenten et leur "Sahara Elektrik", c'est plus que tout pourri, c'd'la merde (© tinou). Je veux bien que ça ait fait connaître Khaled ou chépuki, mais c'est vraiment sans intérêt. Et pourtant, le raï, ça me plaît vraiment comme musique. Déçu déçu déçu.
- Flyte, le seul groupe flamand de prog à ma connaissance, n'a sorti qu'un seul album, mais quel coup de maître ! C'est du bon gros rock avec des mélodies entraînantes et beaucoup de talent dans l'interprétation.

Voilà, j'ai sans doute oublié plein d'artistes et j'en suis désolé... Mais là, vous avez déjà de quoi faire. Si ça vous intéresse, bien sûr :mdr:

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Naologismes / Folkoâ ! Progoâ !
« on: 11 January 2007 à 11h55 »
Attention, article-fleuve indigeste, consacré au folk-prog et à tout ce qui l'entoure.

Voilà près d'un an que j'ai découvert Close to the Edge de Yes et fait par la même occasion mon coming out : le prog, c'est ma vie musicale à moi. Depuis un an donc, je passe patiemment mes journées à tenter de rattraper 30 ans de retard en n'écoutant quasiment plus que du prog de la fin des années 60 et des années 70. C'est vraiment "ma" période. On a fait de belles choses après, mais le plus beau à mes oreilles vient de cette époque.

En un an, j'en ai découvert, de ces choses. Les grands classiques : Yes, Pink Floyd, Genesis, King Crimson, ELP, Jethro Tull, Camel, Van Der Graaf, Caravan... J'en ressors surtout avec un amour infini pour ces groupes (un peu moins pour ELP et Jethro dont j'ai vu de émules de plus grand talent...). Tous ces gens-là, j'en parlerai en temps et en heure. En fait, j'ai déjà des pages qui leur sont consacrées sur la section Prog du site-galerie, vous pouvez aller y jeter un oeil, même si les textes restent à écrire (sauf pour Genesis).

Puis les "moins classiques mais tout aussi dignes d'être reconnus" : le space-krautrock floydien d'Eloy, les Français de Pulsar ou Clearlight, et des tas d'autres, comme les incroyables mais totalement inconnus Grobschnitt... Vous remarquerez que plus on se spécialise dans une passion, plus on rencontre de connaisseurs, et plus on a envie de leur en mettre plein la vue avec des noms à coucher dehors. Donc voilà, messieurs les autres spécialistes, je suis fan de Grobschnitt. Et paf ! Ah ah, ils vont mettre deux heures à s'en remettre. Ca devrait me laisser le temps de trouver un autre nom de groupe bien obscur. Non, mais sérieusement, Grobschnitt, c'est le bien. Surtout leur live Solar Music, dont ils ont fait des dizaines de versions différentes laissant la part belle à l'improvisation. Une musique joyeuse sans être guillerette, mystique sans être vaseuse ou pompeuse, et qui ne se prend pas au sérieux sans pour autant se moquer de qui que ce soit. Total respect.

Période également de mes premières "tentatives" d'apprivoisement des années 70 à travers des albums pas forcément très prog, mais avec des sonorités similaires. Ainsi, les deux premiers albums de Gérard Manset m'ont singulièrement marqué (Animal on est mal, On ne tue pas son prochain repris par Brigitte Fontaine, ça vous dit quelque chose ? Non ? Ben ça poutre et ça sent bon mai 68 donc on rattrape vite son retard merci). L'une des particularités du prog est que c'est l'un des genres musicaux les plus vastes qui soient, de par l'une de ses natures : la fusion des genres.

Par extension, je réalise que c'est la meilleure chose qui me soit arrivé pour ma culture musicale : je découvre ainsi des univers musicaux auxquels j'étais auparavant fermé, rien que grâce aux éléments prog que je peux y trouver : instruments particuliers (mellotron, moog, etc), longueur extrême, originalité de la structure mélodique, etc. Petit à petit, je me découvre un goût très prononcé pour le folk-prog. Il a toujours été présent : mon premier album prog, ma première véritable découverte, c'était Ommadawn de Mike Oldfield, en 1996. Mais je me contentais de qualifier l'album de "rock instrumental pastoral". Enfin, je le qualifiais surtout de "meilleur album de tous les temps". Oui, j'aime bien mettre des étiquettes, sinon c'est trop le fouillis dans ma tête. Je crois d'ailleurs qu'il est toujours en très bonne place dans mon classement imaginaire.

Mais mon mini-coming out pour le folk-prog, lui, date de cet automne, quand j'ai redécouvert Harmonium. Celui-là même qui m'avait fait découvrir Oldfield (salut et merci encore, Brice !) m'avait un jour amené un morceau intitulé "Histoires sans paroles"... "Ecoute ça, tu vas voir, ça ressemble un peu à Ommadawn, c'est vraiment très bien !"... Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai dû l'écouter une fois, peut-être même pas en entier, et l'oublier complètement. Un groupe québécois ? Je pensais immédiatement à Garou et à Céline Dion... Par la suite j'ai perdu le morceau dans un crash disque et ça m'est sorti de la tête. Et puis voilà, au hasard de mes pérégrinations du web, j'ai fini par retomber dessus... Et à donner une seconde chance au groupe. Le résultat ? Il est là, à travers cet article sur Harmonium. Et une véritable déclaration d'amour pour la voix à fleur de peau de Serge Fiori dans leur album live. A l'occasion, j'écrirai quelque chose de plus conséquent sur le groupe, au lieu de me contenter de décrire les deux morceaux qui représentent le mieux la majesté de leur oeuvre, et je le publierai sur le blog en parallèle. Pour le moment, je vous invite à aller découvrir Harmonium au plus vite. Voilà donc pour mon initiation sans douleur au folk-prog.

Je reviens un peu plus loin dans le passé, sur un de mes coups de coeur cinéma, à la fois pour la qualité du film et de sa bande-son : Kill Bill (je considère que les deux parties ne font qu'une). Quand Tarentino met du Neu! (prog expérimental allemand !) dans sa BO, c'est qu'il s'y connaît un minimum. Quand il place The Chase (tiré d'un film de Georges Lautner !), on sent qu'il aime l'orgue de Hammond quand elle se déchaîne. Bon. Dans Kill Bill, le soundtrack est un quasi-sans faute, et même en dehors du prog, on y trouve des perles de tous les genres. Les partitions de Morricone : bonheur. Run Fay Run (Isaac Hayes), Don't let me be misunderstood (Santa Esmeralda), Summertime Killer (Luis Bacalov), ou même le générique de fin, repris d'un classique latino par le groupe de Robert Rodriguez ? D'incroyables pépites de la musique latino/black/funk des années 70. Forcément, Tarantino m'a permis "d'aiguiser" une affinité de ma part envers ces styles musicaux, qui ne m'attiraient pas particulièrement avant.

Mais jusqu'à la semaine dernière, je n'aurais jamais imaginé que ce genre de musique, par son appartenance à une décennie dont l'innovation musicale me touche, puisse rejoindre aussi facilement le prog. C'est pourtant le cas avec un groupe comme Rare Bird, qui mélange allègrement le prog à la funk stylée Harlem des années 70. De l'or en barre. Dans la même veine, quel bonheur que de découvrir Cressida, Jade Warrior ou encore Salamander et leur excellent Ten Commandments. Gros, très gros coup de coeur aussi pour Black Widow dont le premier album de psychédélique satanique est resté dans l'histoire, mais qui a fait bien mieux à mon goût par la suite, avec du folk/blues/funk/soul qui décape. A l'occasion là aussi, j'essaierai de consacrer à tous ces groupes "mineurs" un article global accompagné d'extraits audio. Mais j'ai tant à faire. En tout cas, merci Quentin, merci le prog, pour m'avoir aidé à ouvrir grand les oreilles. Ce fut un premier pas primordial. Je dois aussi remercier Andy Votel, auteur de plusieurs CD de compilations reprenant des raretés du prog. Je cite notamment "Welsh Rare Beat" et surtout "Prog is not a 4-letter word". Ce dernier m'a notamment appris que le prog avait fait tout autant fureur dans tous les pays du monde, et pas seulement les pays les plus riches. Des extraits d'un groupe polonais (!) période guerre froide m'ont permis de découvrir l'excellent album de 1970 de Tadeusz Nalepa : en matière de dépaysement culturel, ça se pose bien.

Ca n'a aucun rapport à la base, mais en cherchant sur Google s'il existait un "Prog Frog Blog" (non, je n'ai pas l'intention de renommer Naologismes, c'était juste par curiosité), j'ai dû reconnaître que je ne suis pas le premier à m'être amusé avec ces bêtises. Si l'on exclut un site français sur le prog qui semble mort depuis une demi-douzaine d'années, j'ai surtout trouvé un blog intitulé "Prog Not Frog", qui est devenu en l'espace d'une journée mon site-préféré-du-web. Je sens que je vais y passer des semaines...! Ces sales petits piratins ont en effet pour principe de proposer au téléchargement des albums complets de rock prog... Ouh, ça c'est mal ! Pas bien !

Sauf qu'ils sont spécialisés dans les albums rarissimes, épuisés depuis des décennies, ou tout simplement totalement inconnus en Occident. Là, par exemple, je suis en train d'écouter Osiris, un album de 1982 issu du groupe éponyme, originaire de... Bahreïn, la petite île en face de l'Arabie Saoudite. Oui oui, on fait vraiment très fort dans l'underground, là. Et croyez-le ou pas, après un quart d'heure d'écoute, c'est tout bonnement fantastique. Le mois dernier, ils ont également mis en ligne l'album Ail Ddechra du groupe gallois Bran. Groupe découvert sur la compilation... Prog is not a 4-letter word, et dont j'avais abandonné l'espoir de trouver un jour le premier album complet. Alors voilà, rien que pour ça, je mets un lien vers leur blog et je les remercie chaudement de tant de bonté.

Parmi les derniers groupes publiés, voici ceux que j'ai eu le temps d'écouter (au moins en partie) et que j'ai trouvé formidables : Osiris, Bran, PLJ (groupe grec), Troisième Rive (groupe français, ça c'est exotique !), Mariza Koch (reprise de classiques grecs à la sauce prog ! Trop bon !) et Dionysos, groupe québécois sans l'accent, antérieur à Harmonium et plus rock que folk, à la limite du psychédélique mais tout à fait recommandable. Voilà, ça sera tout pour cette fois. Vous êtes toujours là ?

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Naologismes / Flux marxistes
« on: 4 January 2007 à 19h22 »
Les geeks parlent aux geeks... J'ai un peu bidouillé le flux RSS de base, et ajouté un second flux qui reprend à la fois les billets et les commentaires. En dehors du fait que les "quote" sont affichés sans séparation par rapport au corps des messages, ça le fait quand même. W00t. Bon, c'est pas tout ça mais j'ai encore des trucs en retard, moua. Vite, vite, avant qu'on ne m'envoie au goulag.

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Naologismes / La somme de toutes les parties...
« on: 3 January 2007 à 23h33 »
NB : le site Foxprog reprend, dans les pages consacrées à Peter Gabriel, Steve Hackett et Genesis, une partie de ces textes. Mon avis sur Genesis y est devenu nettement plus positif par ailleurs ;)

J'adore Genesis. Ce serait franchement bas de ma part de tenter de les dénigrer en quoi que ce soit. Je reconnais leur influence en tant que groupe sur le rock progressif. Ils ont fait des trucs incroyables. Mais voilà, mon premier problème avec Genesis ça reste quand même le chant. Ca peut arriver à tous les groupes, même les plus grands.

En fait, j'aime bien la voix de Peter Gabriel. Mais je ne l'aime vraiment qu'après une certaine maturation, dans les années 80. Le deuxième problème, c'est qu'après le départ de Peter Gabriel, il est remplacé par le batteur Phil Collins, dont le choix est de devenir un clone de Gabriel, au point que ç'en est un peu flippant. Le troisième problème, c'est que Phil Collins étant devenu dans les années 80 une star du circuit commercial par excellence, Genesis s'est calqué sur Collins plutôt que l'inverse. Et on peut oublier le groupe après 1977.

Finalement, Genesis pour moi, c'est mieux en solo.

- Phil Collins nous donne "In the air tonight". Wah, du matos pour les teen movies de l'époque. On va faire poliment l'impasse sur ses tubes suivants.

- Steve Hackett nous offre l'incroyable album de folk progressif Voyage of the Acolyte en 1975, dont est tiré le non moins fascinant Shadow of the Hierophant offert en extrait sur ce site. Si vous avez aimé le morceau, achetez l'album les yeux fermés. Certains de ses morceaux sont un peu plus rocks, mais l'ensemble reste très homogène et intelligente. Une réussite sur toute la ligne. Ses albums suivants n'ont malheureusement pas reproduit le miracle du premier, mais ils ont leurs fans. Je n'en fais pas partie, mais je reconnais volontiers à Hackett une volonté de faire peau neuve régulièrement. Ses derniers travaux étaient définitivement très intéressants dans un style symphonique.

- Peter Gabriel, enfin (je ne connais pas l'oeuvre solo des autres membres, Banks et Rutherford), a séparé ses travaux solo en deux styles distincts. D'un côté, c'est un chanteur pop-rock dont les mélodies plus enjouées rappellent les débuts de Genesis. Très bien. J'ai encore du chemin à faire pour en devenir fan, par contre. Et de l'autre côté, Peter Gabriel se donne corps et âme pour la world music et en profite pour réaliser des bandes-son de films de haute voltige : Birdy (très bon film, bande-son sympa), Rabbit-proof fence (pas vu le film, mais la bande-son est formidable), et surtout La dernière tentation du Christ, un album complètement halluciné, chef-d'oeuvre d'une vie, insérez ici 3000 mots à la gloire de mon-soundtrack-préféré-de-tous-les-temps (et-de-loin) (mais-je-veux-pas-commencer-à-comparer-avec-Saint-Seiya) (merci).

Après tous ces exploits en solo, est-ce que la somme de tous ces talents réunis donne les meilleurs albums possibles ? Peut-être pas autant que je n'aurais pu l'espérer, malheureusement. Les membres n'avaient-ils pas encore atteint leur pleine maturité à l'époque ? J'en doute : mon album préféré de Genesis à ce jour est... Trespass, daté 1970, soit leur premier album prog ! Tous les titres de cet album sont des morceaux de bravoure.

De Trespass à The Lamb en 1974, tous les albums de Genesis proposent au moins un morceau de grande qualité, à défaut d'être à la hauteur de mon admiration pour leurs albums solo. On citera entre autres The Musical Box, Fifth of Firth ou le fameux Supper's Ready de Foxtrot... En attendant, je considère avoir encore beaucoup à découvrir : le Genesis des années 70 ne se dévoile définitivement pas à la première écoute. Le comble, pour un futur groupe de pop commerciale !

Sur la page consacrée à Genesis, vous trouverez une reprise de cette article, ainsi que des descriptions supplémentaires de chacun des morceaux présentés en écoute 64kbps. J'inaugure également le commentaire "le moment de bonheur", qui est censé vous inciter à déplacer le curseur de lecture de l'extrait vers un endroit particulier qui me fait chavirer à chaque écoute. Bon, pas de chance, pour Genesis justement il faut plutôt écouter les musiques en entier...

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Naologismes / Parce que vous le valez bien...
« on: 2 January 2007 à 10h12 »
...Bonne année 2007, mes jeunes amis !
Quant à moi, je reviens d'un weekend express (30 heures !) passé en famille dans le nord. On a même fait un saut en Belgique pour le plaisir. C'était trognon. Et voilà, je suis devant mon PC maintenant, et je rattrape mon retard de lecture... En écoutant du Grobschnitt. On ne chasse pas les bonnes habitudes du progger-blogger.

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Naologismes / Oh, la belle bleue !
« on: 26 December 2006 à 0h48 »
Je sens que c'est parti, je suis chaud là ;)

Trouvé sur FnacSpectacles.com : le 27 février prochain, un concert d'Explosions in the Sky à la Maroquinerie, salle de spectacle où j'ai justement vu Joann Sfar et le chanteur de Dionysos en concert l'hiver dernier (aucun rapport musicalement, je le concède). J'ai fait des bonds à l'idée de pouvoir aller écouter en live ce groupe formidable qui a fait partie de mes premières découvertes quand j'ai exploré l'univers du prog.

Explosions in the Sky, plus précisément, c'est du post-rock, un terme plus ou moins inventé pour des groupes comme Godspeed You! Black Emperor et Sigur Rós il y a une dizaine d'années. C'est à mon avis un des courants musicaux actuels qui héritent le plus du prog des années 70 (avec une petite touche de folie sombre qui ramène à Björk ou Radiohead, qui s'applique plutôt à Sigur Rós). Ici, nous avons des guitares électriques très saturées qui produisent un son incroyablement mélodieux, harmonieux et en contraste total avec l'idée que l'on pourrait se faire d'une... Ben, d'une guitare électrique très saturée.

Leur musique est totalement instrumentale, composée quasi-exclusivement de morceaux très longs, et pourrait accompagner à merveille une bande-son de film hollywoodien. Ah ah, mais suis-je bête, ils l'ont même déjà fait, même si le film en question (Friday Night Lights), de par son passionnant sujet (le football américain), est totalement inconnu en France. La bande-son en question est fantastique, soit dit en passant (et prouve qu'EITS se défend également très bien sur des morceaux plus courts).

Bref, j'ai déjà pris mes places... Allez les voir vous aussi, c'est pas cher et vous ne serez pas déçus du déplacement. Si vous ne connaissez pas, hop, j'ai créé une petite section avec un extrait de leur avant-dernier album. Le prochain (dont la jaquette est reproduite ici) sort dans deux mois... Je me demande si ça a un rapport avec leur venue en France. Gnihi.

A côté de ça, des concerts à venir de Marillion. Je me tâte (leur dernier album, Marbles, est vraiment excellent). Mais aussi de Silver Mt. Zion, un spin-off symphonique des Québécois de Godspeed you! Black Emperor. Ou encore d'Angra, dont j'avais adoré l'album Fireworks il y a déjà pas mal d'années (un peu moins ce qu'ils ont fait depuis). Une reprise de Dark Side of the Moon par Roger Waters à Bercy. Tout est vendu, ne restent plus que des places VIP à 242€... Je vais peut-être attendre que Pink Floyd se reforme pour payer ce prix-là. Ou aller plutôt voir un clone moins cher. Ah, et Goran Bregovic donne encore un concert. Aucun rapport avec le prog, mais je suis un inconditionnel (je suis déjà allé le voir deux fois en live).
Une seule chose est sûre : je n'irai pas voir Genesis en concert pour qu'ils nous ressortent leurs merdasses des années 80... Non merci. Je préfère en rester à Trespass et Nursery Cryme, ça va très bien comme ça merci.

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Naologismes / We will prog you!
« on: 24 December 2006 à 11h34 »
Le plus dur à faire, dans beaucoup de choses, est le premier pas. Après, ça vient tout seul... Progressivement.

Voilà un peu plus d'un an que je me suis plongé corps et âme dans cet univers qu'est le prog. On vous dira généralement "rock progressif", mais ce serait faire insulte au prog que de le confiner implicitement à un seul genre musical. Non, le prog aime la fusion et c'est presque sa raison d'être. L'expérimentation est en effet ce qui lui a permis de naître puis d'évoluer album après album, groupe après groupe, pour le bonheur des mélomanes.

La fin des années 60 : quelle époque mémorable. Avec toutes ces jeunes filles nues dansant dans les prairies avec des joueurs de guitare en pattes d'éléphant. Enfin, c'est ce qu'on m'a dit... C'est l'époque des Beatles avec Sgt. Pepper's, leur intégration d'instruments classiques indiens (qui, quelque part, montre une curiosité à l'égard des musiques alternatives), la naissance du rock psychédélique et du space rock avec notamment les débuts de Pink Floyd, mais encore l'arrivée d'instruments "bizarres" (le Mellotron puis le synthé), ou l'exploitation d'instruments classiques (l'orgue de Hammond) dans la pop et le rock de l'époque.

Le (rock) progressif, en quelques mots, c'est d'abord l'intellectualisation d'une musique (le rock) qui se voulait à l'époque avant tout exutoire, et donc instinctive. L'improvisation est loin d'être bannie du prog, au contraire, mais elle est canalisée dans le but de créer une perfection parfois miraculeuse. On y a opposé plus tard le punk, qui visait justement à revenir aux racines brutes du rock et délaisser un genre que les critiques musicaux de l'époque ont abusivement jugé trop pompeux. Je vais leur taper dessus vous allez voir.

Le prog, donc, n'est par définition pas définissable, mais il est reconnaissable à travers l'âme de la musique. Ses pionniers étaient souvent issus de classes aisées de la société anglaise, et ont donc commencé par fusionner la musique classique avec le rock (voir The Nice, McDonald and Giles, Gryphon...) avant de se contenter d'en reprendre la "substantifique moelle" : une grande exigence structurelle, et la recherche d'une ambiance plus que d'un "morceau rapide à écouter", qui donne au final des morceaux d'une durée supérieure à cinq minutes, souvent même à vingt minutes. Par la suite, l'horizon musical du prog s'est agrandi grâce aux apports entre autres du blues, du jazz, de l'électro, de la pop et du metal.

En dehors des Beatles comme pères-fondateurs, on citera volontiers les Moody Blues (Nights in white satin), Procol Harum (A whiter shade of pale) ou David Bowie (Space Oddity), avec des tubes intemporels dont vous connaissez tous (parfois sans le savoir) la mélodie et qui sont tous transcendés par l'utilisation du Mellotron (une machine hors de prix et intransportable à l'époque) et une sensibilité musicale qui va caractériser le mouvement prog. Pour l'orgue de Hammond, un seul mot : les Doors (les mémorables Light my fire et The End sont du prog ou je ne m'appelle pas Nao). Parmi les nombreuses stars qui ont fait du prog, on pourra citer Supertramp (Even in the Quietest Moments, 1977), Roxy Music (dans leur premier album, avec Brian Eno), Led Zep (Stairway to Heaven n'est autre que du folk prog !), Mike Oldfield évidemment (bien que ses morceaux les plus connus, comme pour Yes, ne soient pas du prog, ses plus beaux albums sont du folk prog), Archive (le tube Again... Pur prog !), Air (The Virgin Suicides), X-Japan (Art of Life), même Annie Cordie fait du prog avec Tatayoyo. Ah, on me souffle dans l'oreillette que j'ai confondu avec Serge Gainsbourg. Oui oui, même lui. Et pour les amateurs d'animation, les BO d'Akira et de Berserk sont faites par des grands du prog japonais...

Et le prog, c'est ma grande passion. Son univers est tellement riche, tellement immense, que je n'écoute quasiment plus que ça. Non pas que je délaisse les autres styles musicaux, mais j'ai encore tant à découvrir, moi-même, que j'ai ressenti depuis longtemps l'envie de réaliser des critiques d'albums et de faire des présentations des meilleurs groupes du genre. Je ne me considère pas comme un spécialiste, mais comme un amateur éclairé qui a encore assez de recul pour pouvoir facilement faire partager ses découvertes à ses lecteurs sans forcément les rebuter. Parce que le prog est parfois hermétique, et c'est une bonne chose : rares sont les mélodies qui vont nous attirer à la première découverte... Mais plus un morceau demande d'écoutes avant de se laisser apprécier, plus il gardera son mystère et sa beauté au fil des ans et des écoutes. J'ai moi-même mis du temps avant de réaliser que j'aimais le prog : après avoir découvert de Mike Oldfield avec Ommadawn en 1996, je n'ai "osé" écouter le Close to the edge de Yes et n'ai accepté qu'il y a un an Jésus le prog comme mon sauveur, sous prétexte que la voix de Jon Anderson me rebutait ! Mais quel idiot. Voilà, je fais mon mea culpa et j'apporte ma pierre.

J'ai donc également pris le parti de vous proposer une sélection des musiques les plus intéressantes à mon goût, ou les plus représentatives, que j'uploade dans la section Prog du blog, en 64kbps pour ne pas gêner les ayants droit. Evidemment, ces extraits ne sont là que pour vous encourager à franchir le pas et à acheter les albums correspondants ! Ils sont généralement accompagnés de mes commentaires. Si vous n'en trouvez pas, c'est que je ne les ai pas encore écrits, et que je les publierai sur le blog en même temps que je les mettrai sur la section Prog. Allez, c'est fini pour aujourd'hui ! La prochaine fois, nous passerons à la pratique !

Joyeux Noël à tous. Tiens, encore un de ces mots en 4 lettres...

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