Messages - Kodeni

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Only for Love / Chapitre 59
« on: 6 April 2020 à 18h08 »
Chapitre 59

Cela fait plusieurs minutes que Seiya tourne en rond dans la cour de l’orphelinat « Les enfants des étoiles ». Il shoote d’un léger coup de pied, chaque caillou sur son passage pour tuer le temps.

Ces dernières semaines de répit permettent à la Fondation Graad et au Sanctuaire, d’accroître tous deux de leurs côtés, les recherches sur les parties de l’armure d’or qu’ils leur manquent.
Après la tragédie qui a touché Shiryu, Saori a choisi d’élaborer un plan d’attaque en compagnie des Steel Saints, afin d’accorder un peu de repos à Seiya, Hyoga, Shun et Ikki.
Ce 28 novembre 1986, le Saint de bronze de Pégase a choisi de se changer l’esprit, en rendant visite à son amie Miho.

Tout à coup, la cloche de la chapelle sonne et aide à calmer l’impatience de Seiya. « Enfin, les enfants ont fini leurs devoirs. Miho va pouvoir se libérer. Cela fait tellement longtemps que je ne l’ai pas vu, réfléchit-il. »
Le tintement de la cloche le laisse songeur : « Seika, grande s½ur, que j’aimais écouter cette cloche ici jusqu’à ce que nous soyons séparés. Entendre de nouveau ce son me rend nostalgique. Je me rappelle les fois où tu me racontais que nous habitions une petite maison avec nos parents, près d’une église. Hélas, je n’ai plus aucun souvenir d’eux. Et toi Seika, il ne me reste plus que ton visage et le souvenir de ta voix. »

Brusquement, il se sent tiré par le bas. Il revient à lui et reconnaît Makoto et ses amis, Akira et Tatsuya, accrochés à son pantalon : « Ah ! Les enfants ! C’est vous ! »
Les trois amis malicieux répondent à tour de rôle :
_ « Ça fait un moment qu’on t’appelle sans tu répondes, commence Tatsuya.
_ Tu pensais à Miho n’est-ce pas, le taquine Akira.
_ On peut dire ça, joue le jeu Seiya.
_ Vous feriez un joli couple si vous n’étiez pas aussi maladroits, conclut Makoto !
Le sourire aux lèvres, le trio s’exclame bien fort et à plusieurs reprises : « Ils sont amoureux, ils sont amoureux… »
Préférant ne pas attirer l’attention des autres membres du personnel de l’orphelinat, Seiya leur murmure : « Oui, oui, si vous voulez, mais gardez ça pour vous hein. »
Puis, en leur tendant un sachet de friandises d’une main, il leur fait signe de l’autre de prendre le large.
Makoto saute pour le lui arracher des mains et s’éclipse avec ses camarades pour les déguster sans être importunés par les autres enfants.

Sur leur passage, les garnements croisent Miho que Seiya aborde avec un sourire affectueux.
_ « Cet orphelinat est un véritable havre de paix pour moi. J’aime m’y ressourcer.
_ Si bien que cela fait plus d’un mois que nous ne t’y avons pas vu. Tu étais encore entrain de risquer ta vie je suis sûre. »
Face à l’air contrarié de Miho, Seiya passe sa main derrière sa tête en faisant l’idiot : « Mais non, mais non voyons.
_ Je ne comprends toujours pas pourquoi tu t’entêtes à aider cette fille, qui est la cause de tous tes malheurs. »
Un petit sourire apparaît alors aux coins des lèvres de Seiya, tandis qu’il l’attrape par l’épaule : « Si je suis ici aujourd’hui, c’est pour être avec toi. Pas pour parler de Saori. Ici je peux réellement me détacher de tout. En ta présence, je peux être simplement moi-même, Seiya, et pas le chevalier Pégase. »
Elle lui renvoie affectueusement son sourire charmeur et aborde des sujets plus réjouissants.


Au loin, au même moment, depuis une colline, Shun et Ikki observent la mer.
Réunis dans un cimetière, le c½ur de Shun vrombit dans sa poitrine à l’idée que son frère soit à ses côtés.
Sa mine radieuse adopte un rictus plus affecté, lorsqu’il se recueille sur une tombe. « Depuis que nous sommes devenus alliés, nous nous recueillons ici régulièrement. De plus en plus souvent ces temps-ci. Peut-être est-ce le fait que Saori nous ait sauvé de la mort lors de l’explosion de Death Queen Island qui a permis à Ikki de réaliser que les dangers que nous allions rencontrer allaient devenir de plus en plus périlleux, s’interroge-t-il ?
Tandis que ses pensées s’égarent, Shun verse une larme.
Ikki le reprend vite : « Ne pleure pas Shun. Si tu le fais parce que l’amour de nos parents te manque, ils ne reposeront jamais en paix.
_ J’ai du mal à me souvenir de leurs visages, mais il me manque terriblement.
_ Moi je me souviens d’eux. Tu ressembles beaucoup à notre mère, affirme Ikki le visage dénué de toute émotion. »
Shun sort alors de sous son maillot un médaillon en forme d’étoile, avec l’inscription « Yours Ever » gravée dessus.
Ikki sourit enfin : « A bien y penser, Esméralda te ressemblait beaucoup aussi. Cela doit être un signe du destin. Andromède veille sur moi.
 _ Ne dis pas de bêtises, celui qui veille sur l’autre depuis le début c’est toi, se vexe Shun les yeux larmoyants.
_ Cesse donc. Au final, nous avons tous soufferts mille morts pendant six longues années, payant de notre chair et de notre sang, pour supporter le poids de cette destinée qui a fait de nous des chevaliers. »
Shun écoute la respiration profonde de son aîné, comprenant toute la peine qui le submerge, en repensant au passé et à Esméralda.

Soudain, le tonnerre gronde.
_ « Ikki… Le ciel s’obscurcit. Un orage est à prévoir.
_ Tu ferais mieux de rentrer.
_ Tu ne rentres pas à la résidence Kido avec moi ? »
En guise de réponse, un éclair fendit le ciel, suivi d’un nouveau grondement.
Ikki tourne le dos à son cadet : « Je te l’ai déjà dit, je ne supporte pas d’être au sein d’un groupe. Ne t’en fais pas, je me présenterai bientôt à la base secrète du Colisée pour faire le point avec vous. »
Andromède commence à le suivre mais Phénix stoppe son avancée : « Shun, nous autres Chevaliers, nous sommes prêts à mourir à chaque instant pour Athéna. Je ne sais pas quand nous pourrons nous recueillir à nouveau sur cette tombe. Cependant, nous ne devons jamais renoncer. Bats-toi jusqu’au bout, comme un homme. »
Shun se résigne à laisser partir Ikki. Il tourne les talons à son tour et murmure : « Je t’en fais le serment devant notre mère. »
Sous cette promesse, une plus battante se met à tomber.


En Tanzanie, devenue au fil des années une montagne emblématique, le Kilimandjaro est très prisée par les milliers de randonneurs qui réalisent son ascension, tout en profitant de la grande diversité de sa faune et de sa flore.

En marge des sentiers empruntés par les visiteurs, au sommet de la montagne, sur la calotte de neiges éternelles, se dresse une cabane.
À l’aspect vétuste, l’habitation est animée par la concentration cosmique d’un habitué des lieux.
De son mètre quatre-vingt-un, imposant ses quatre-vingt-trois kilos, Ban concentre dans son poing son cosmos.
Son visage arbore un sourire fier, sous les yeux d’une vieille dame, rabougrie, encapuchonnée et au visage dissimulé sous un masque. Plus dans l’idée de protéger ce corps flétri, que de le cacher, l’ancienne ne permet même pas de voir l’état de son âge fort avancé. Même Ban, qui a passé six ans de sa vie à ses côtés, ne sait pas à quoi elle ressemble. Il n’a même pas idée de la forme de son masque. Elle reste une énigme, tout comme son véritable nom. Depuis qu’un représentant de la Fondation Graad l’a déposé en ces lieux, cette personne venue l’accueillir se fait appeler « Dame Leo ».
Malgré tout le mystère qui l’entoure, cela ne l’empêche pas de féliciter d’une voix caverneuse son apprenti : « Félicitations Ban. Tu as fait beaucoup de progrès depuis ton retour du Japon. »

Le chevalier du Petit Lion relâche son attention et ôte son maillot, pour essuyer son front qui perle de sueur : « Je n’aurai jamais pu y arriver sans vous Dame Leo. »
Il traverse la cahute pour y chercher un peu d’eau qu’il a collecté dans un récipient.
Après s’en être délecté, il reprend : « Je pense être en mesure de rejoindre Seiya et les autres. La situation a dû empirer depuis notre départ. Ils doivent avoir besoin de nous.
_ Tu n’es pas encore prêt.
_ Pourquoi ?
_ Parce que tu imagines la situation au Japon sans en être certain. Un vrai Saint sait concentrer son attention sur le monde qui l’entoure. Si tu avais plus de discernement, tu saurais ce qu’il en est réellement. »

Ban soupire face à son incompétence. Il se penche sur l’embrasure de la lucarne qui lui sert de fenêtre et observe sa Pandora Box qui repose dans la neige : « Comme toujours, vous devez avoir raison. De plus, je doute que mon armure se soit remise des dommages subis lors de la Galaxian War. »
Dépité, il part s’allonger sur l’unique couche de la demeure : « Quand serais-je capable de devenir comme vous ? Vous ne dormez jamais, vous ne mangez jamais, vous savez tout sur tout. »
La gorge enrouée de Dame Leo ricane : « Ah, ah, ah. Cette réflexion prouve davantage que tu n’es pas prêt. Peut-être l’épreuve qui t’attend t’aidera à y voir plus clair.
_ L’épreuve qui m’attend ?
_ Oui, concentre-toi… »


Sous une pluie semblable à des rafales de mitraillettes, Shun, trempé jusqu’aux os, se presse de rentrer dans le manoir de la résidence Kido en réfection après les assauts de Docrates et de l’Ennetsu Saint.

Il tombe malencontreusement en plein banquet organisé par Saori. Celle-ci a réuni tous les responsables des services du bâtiment de la Fondation Graad pour remettre à neuf au plus vite les ailes ravagées par l’ennemi. S’en est suivi un cocktail, au beau milieu duquel Shun fait tâche dans cette tenue.

Cette irruption n’est pas du goût de Tatsumi, qui s’empresse de le gronder discrètement : « Imbécile ! Que fais tu ici et dans cet état ? N’as-tu pas vu nos invités ? Je t’ai pourtant déjà dit d’utiliser la porte de derrière ! »
Confus, Shun fait immédiatement une révérence aux invités, pour s’excuser de son manque d’éducation et commence à rebrousser chemin, jusqu’à ce que la réincarnation d’Athéna intervienne : « Ce n’est rien Shun. Tu ne nous déranges absolument pas. Qui pourrait passer à travers les gouttes par ce temps ? Monte vite te réchauffer veux-tu.
_ M… Mais, Mademoiselle, tente de s’excuser Shun…
_ Mademoiselle Kido, vous ne devriez vous montrez aussi complaisante avec ces bons à rien. Ils sont suffisamment malpolis comme ça, surenchérit le majordome.
_ Tatsumi, je vais raccompagner mes invités. Emmène donc Shun à sa chambre. Tu le porteras sur ton dos jusque là-haut, nous n’allons pas le laisser monter ainsi, ordonne Saori ne supportant plus l’attitude méprisante de son second.
_ Comment !? Moi, le porter ?!
_ Faut-il que j’insiste ? »
Sous les rires des plus hauts responsables et investisseurs de la Fondation Graad, Tatsumi se courbe pour faire monter Shun en grommelant : « Bien. A présent grimpe Shun. Et vite ! »
Pendant qu’il monte les marches, Tatsumi fulmine : « Ignores-tu que les dieux nous ont gratifié d’une chose dénommée pudeur ?! Tâche donc de t’en rappeler la prochaine fois ! »


Averti d’une étrange présence en les lieux par Dame Leo, Ban jaillit de sa tanière torse nu.
Ses sens sont en alerte : « Vous avez raison Dame Leo. Je ressens une présence menaçante approcher. Cela est d’autant plus étrange que nous sommes sur un lieu que jamais personne n’approche d’ordinaire. »
Un coup d’½il à gauche, un autre à droite, Ban tourne plusieurs fois sur lui-même, totalement affolé : « Je suis de plus en plus oppressé. Une cosmo énergie me défie. »

Enfin, un rire fripon, au timbre doux et féminin, lui permet de localiser son adversaire. Celle-ci, une frêle demoiselle vêtue d’une robe blanche fendue dès le haut de sa cuisse gauche, présente une allure sensuelle. Des mèches de ses fins cheveux châtains passent par-dessus un masque qui camoufle son visage. Celui-ci lui permet à Ban de comprendre qu’il s’agit d’une femme chevalier : « Qui es-tu ? Pourquoi te moques-tu ? »
L’aura verte de la cosmo énergie de l’intruse, fait apparaître derrière elle une armure dont le totem représente une couronne de feuille.
Le Japonais se met aussitôt en garde : « Incroyable. Elle a fait venir à elle sans difficulté son armure. Je comprends maintenant pourquoi Dame Leo insiste sur mon inexpérience, confesse-t-il. »
L’armure se sépare et prend forme en un éclair sur la femme chevalier. Couverts de ses pieds, surélevée par des talons aiguilles, jusqu’en haut de ses tibias par des jambières vert pomme, ses membres sont habillés par des genouillères marrons qui couvrent également le bas de ses cuisses. Cette couleur de feuilles mortes maquille également ses épaulettes aux pointes acérées et le bustier qui couvre sa petite poitrine. La couleur vert clair, se retrouve à hauteur des pièces du thorax et des avant-bras. Un diadème, à la forme d’une couronne de feuilles, couvre le tour de son crâne et enfin, une ceinture de bronze lui protège la taille et maintient contre elle sa robe blanche, dont le bas retombe comme un voile sur ses jambières.

Inquiet, Ban guette du coin des yeux sa propre armure vers laquelle il espère se précipiter.
Toutefois, l’importune, devinant ses intentions se dresse entre eux deux.
Ban s’insurge : « Qui es-tu à la fin ? »
Une voix délicate, contrastant totalement avec l’attitude provocante observée jusqu’ici, répond : « Je suis Hasu Saint de bronze de la Couronne Australe. J’ai été missionnée par le Grand Pope en personne. Le Sanctuaire vous condamne, vous, chevaliers de bronze, qui avez désobéi à la loi du domaine sacré en vous montrant en spectacle lors d’un tournoi, en refusant de vous soumettre aux ordres de notre Grand Pope et donc à ceux de notre Majesté Athéna, en vous alliant à cette Saori Kido qui prétend défendre la justice. Pour cela, la sentence est la rédemption ou la mort. »

Désinvolte, Ban se retourne vers Dame Leo : « Le Grand Pope, c’est bien le chef de tous les chevaliers ? Celui qui vit dans ce que vous appelez le Sanctuaire n’est-ce pas ? »
L’ancêtre hoche la tête d’un geste affirmatif.

L’attitude de Ban provoque le mépris d’Hasu : « A qui parles-tu ? L’annonce de ta mort t’aurait-il déjà fait perdre la tête ?
_ Pardon ?! Je parle à mon professeur bien entendu, rétorque Ban l’air étonné.
_ Oui, bon, tu sembles être une cause perdue. Ta mort ne peut-être qu’un bien dans ce cas.
_ Ta décision semble prise à mon sujet. Je regrette que tu sois si catégorique. Je comprends que la Galaxian War soit à l’encontre des principes de la chevalerie, mais je reste perplexe quant à l’acharnement dont nous faisons preuve. Lorsque j’ai quitté le Japon, mes amis affrontaient des envoyés du Sanctuaire. Et la cause de leur présence était tout autre que de punir notre outrage à la chevalerie. Ils souhaitaient récupérer l’armure d’… »
La Saint ne le laisse pas terminer. Elle lui colle un violent uppercut, qui l’envoie choir sur son postérieur.
Ban se relève en se frottant le menton : « La volonté du Sanctuaire de nous éliminer cache quelque chose. Tu dois m’écouter. »
En guise de réponse, Hasu réitère son assaut.
Cette fois-ci, Ban se saisit du poing d’Hasu et la fait passer par-dessus son épaule pour l’encastrer dans le sol neigeux : « Ça suffit ! Si tu ne veux pas entendre raison, je ne me laisserai pas vaincre sans combattre. »
Elle se redresse sans mal : « Quelle prétention ! Elle est à la hauteur de celle de Saori Kido qui se fait appeler Athéna ! »
Décontenancé par cette nouvelle, Ban se laisse surprendre par un coup de pied derrière les genoux qui le désarçonne. Hasu enchaîne avec une dizaine de coups de poings qui lui rossent le visage.
Le Petit Lion s’effondre dans la poudreuse.


Sous une douche bien chaude, Shun masse son corps avec le savon.
A la différence de Seiya et des autres qui présentent un corps viril sculpté par l’entraînement, Shun arbore des formes aussi élancées que sa peau est douce.
Ne portant que son médaillon autour du cou, il soupire, inquiet, le nom de son frère. Se demandant bien à nouveau où il a pu disparaître.
Tout à coup, une voix le sort de ses songes, celle de Saori qui vient aux nouvelles depuis l’extérieur de la salle de bain.
Shun vient à elle, une serviette entourée à la taille.

Bizarrement, la jeune femme ne se sent pas aussi gênée que lorsqu’elle avait aperçu Seiya quelques mois auparavant dans son appartement dans les mêmes circonstances.
Elle s’en rend compte presque instantanément, lui faisant réaliser que plusieurs semaines auparavant, elle avait voulu prendre un baiser à Seiya, quand celui-ci l’a tiré des serres de Jamian.
Préférant ne pas s’embrouiller davantage l’esprit avec ses sentiments personnels, elle vient aux nouvelles : « Ton frère n’est pas rentré avec toi ?
_ Comme il lui plait de le dire, Ikki est un solitaire. En réalité, je pense que mon frère s’en veut beaucoup pour tous les soucis qu’il nous a causés. Et c’est sans doute la raison pour laquelle il semble toujours froid avec nous. Qu’il refuse de se battre à nos côtés en se contentant de nous porter secours de temps à autre. »
Saori s’assied à côté de Shun, sur le coin du lit. Elle pose la main sur la sienne en lui souriant : « Petit il était déjà comme ça. C’est regrettable. »
Depuis le début posté à l’encadrement de porte, Tatsumi ne se prive pas de pester : « Il a toujours été effronté.
_ Tatsumi, le reprend Saori ! »
Pas encore habitué au changement d’attitude de la petite fille de son maître, Tatsumi cherche à se défendre : « Oui, mais… Mademoiselle…
_ Ikki n’en reste pas moins un puissant allié sur lequel nous pouvons compter. Son aide est indispensable, pour nous permettre de vaincre le mal qui règne en maître sur le Sanctuaire, conclut-elle. »
La confiance démontrée à haute et intelligible voix par Saori envers Ikki, ravive le c½ur de Shun et le soulage avant d’aborder une bonne nuit de sommeil.


Effondré dans la neige verglacée du Kilimandjaro, Ban cogite.
_ « Saori se dit être Athéna. Si cela est vrai, alors l’obstination du Sanctuaire dont nous sommes victimes prend tout son sens. Le Sanctuaire serait donc sous l’emprise du mal, réalise-t-il. »
Avec difficulté, il se remet debout.
_ « Tu n’as pas compris, savoure déjà sa victoire Hasu ? Il faut que je me fasse plus démonstrative dans ce cas.
_ Attends. Avant que tu ne me tues, j’aimerai savoir quelque chose. Qu’en est-il de la bataille que mène mes amis au Japon ? »
La demande semble affliger Hasu. Son regard fixe le sol et son ton est plus amère : « Le Grand Pope n’a pas eu d’autres choix que d’envoyer des Saints d’argent pour mater la rébellion. Hélas, ceux-ci ont joué de malchance jusqu’à présent. Même Misty et, surtout, Algol, ont péri.
_ Je ne connais aucun des deux hommes que tu as cités, mais à ton affliction, notamment à l’évocation d’Algol, je peux deviner l’amertume que tu éprouves. Toutefois, cela ne te semble-t-il pas étrange que de simples Saints de bronze, réussissent à vaincre des Saints d’argent. Ne crois-tu pas qu’une force dépassant notre imagination les guide ?
_ Que sous-entends-tu ?
_ Et si Saori Kido était réellement Athéna ? »
Immédiatement, l’ex-compagne du Saint de Persée perd patience : « Impossible ! Athéna est née il y a treize ans au Sanctuaire. Depuis, elle n’en est jamais sortie. Ce sont ses propres ordres que j’exécute aujourd’hui. Et c’est avec plaisir que je vais venger Algol. »
Elle se jette contre son ennemi pieds et poings en avant.
Cependant, avec une parfaite maîtrise de sa remise à niveau des dernières semaines, Ban anticipe à merveille les assauts. Fluide dans ses mouvements, de plus en plus rapide, il réussit même à placer peu à peu quelques coups qui font mouche.
Hasu tente un nouvel enchaînement mais Ban pare sa droite. Il lui bloque le bras et lui accroche l’autre épaule pour attirer la jeune femme contre son physique athlétique. Ainsi, il lui envoie un bon coup de tête en pleine face afin de la déstabiliser. Une fois après l’avoir libéré de sa prise, il lui martèle les cuisses de ses énormes poings pour affaiblir ses appuis.
La souffrance la ramenant à elle, Hasu espère le frapper au cou du tranchant de la main mais le Saint de bronze l’évite en se courbant en arrière. Il revient rapidement face à elle et profite de l’élan pour décocher un crochet du gauche dans l’abdomen, puis un autre en plein visage qui l’envoie à quelques mètres en arrière.
Contrairement à la jeune femme essoufflée, Ban ne présente aucun souci d’endurance. Néanmoins, il observe ses doigts rougis par les chocs de sa peau contre la Cloth adversaire.
« J’ai beau avoir repris le dessus. Tant qu’elle sera protégée de son armure, elle n’aura pas à craindre la défaite. Nous ne nous battons pas à arme égale. Je dois réussir à appeler mon armure sans être obligé d’être près d’elle. »
Instantanément, une aura orangée entoure le chevalier et se disperse au sommet de la montagne où le combat a lieu.
Remise sur pied, Hasu ne s’avoue pas vaincue : « Je vois, tu espères récupérer ton armure sans que je puisse intervenir. Je ne te donnerai pas une occasion de me vaincre. Le fait que tu essaies de me tenir tête depuis tout à l’heure est en soit un affront insupportable. Je vais user de toute ma cosmo énergie pour t’abattre d’un seul coup. »
De son côté, l’effluve cosmique de Ban imprègne les lieux ainsi que la Pandora Box du Petit Lion, sans pour autant déclencher une réaction de sa part.
Sa concentration est perturbée par l’apparition au sol d’écorces d’arbres qui habillent la neige. De plus, au dessus de lui, des feuilles mortes tombent du ciel.
Il réalise trop tard qu’Hasu a les mains grandes ouvertes dans sa direction : « Still Life ! »
Immédiatement, les feuilles qui arrivent du ciel tombent comme de lourds poids tranchants, tandis que les écorces d’arbres rejoignent de la même façon les feuilles. Lorsque les feuilles et les écorces entrent en contact, plusieurs détonations retentissent, tandis que Ban est pris au piège et est martelé de heurts.
Une fois de plus, il s’échoue dans le parterre de coton. Le sang s’écoulant de son front lui pique les yeux qui implorent l’aide de Dame Leo : « Je vous en prie Dame Leo. Aidez-moi. »
La demande de son ennemi provoque la moquerie d’Hasu : « Le voici qui parle encore tout seul. La folie s’est emparée de lui. »
Ban commence à comprendre qu’il est le seul à voir apparaître son professeur : « Da… Dame Leo… »
La vieillarde titube jusqu’à lui : « Ban, tu es toujours aussi maladroit. Aussi puissant que soit ton cosmos, ce n’est pas lui qui fera venir à toi ton armure. Ton armure est le reflet de ce que tu es. De ce que tu ressens. Qu’a donc Hasu dans son c½ur à cet instant ?
_ La volonté de venger ceux qu’elle aime. Le sentiment d’accomplir la justice au nom d’Athéna.
_ Et toi, qu’as-tu dans ton c½ur à cet instant ?
_ Je… Je me bats pour mes amis, dit-il d’un air déterminé après avoir hésité un bref instant. Parce qu’ils sont dans le vrai, parce qu’ils défendent la justice, assure-t-il en resserrant les poings. »
Il se tient droit, les bras écartés, pour accueillir son armure qui vient à lui comme si c’était une évidence : « … Parce que s’ils surmontent toutes ces épreuves, c’est qu’ils sont aux côtés d’Athéna ! »
Au-dessus de l’urne du Petit Lion, l’image de Saori apparaît aux deux Saints.
Une cosmo énergie chaleureuse les baigne quelques instants de son onde bienfaitrice.
L’armure de bronze réagit aux paroles et à la volonté de son maître.
L’urne s’ouvre.
La Cloth en jaillit.
Elle se sépare de son socle pour habiller Ban.
Celui-ci, gonflé à bloc, pointe Hasu du doigt : « Je suis Ban Saint de bronze du Petit Lion et je défends la justice au nom d’Athéna. »
À nouveau, Hasu invoque la Nature Morte : « Voyons dans ce cas, laquelle de nos deux Athéna est la vraie.
_ Je ne me fais pas de soucis, la vérité est dans mon camp. »
Il s’élance vers elle, le bras droit lancé : « Lionnet Bomber ! »
Néanmoins, la Nature Mort lui bloque le chemin et le châtie à nouveau : « Still Life ! »
Repoussé à quelques mètres, Ban tient sur ses jambes : « Sans mon armure, je n’aurai pas survécu à ce second Still Life.
_ Malgré ton armure, ton arcane est trop lent. Tu étais bien plus rapide, lorsque tu te battais en simple corps à corps tout à l’heure. »
Cette déclaration touche Ban au plus profond de lui : « Elle a raison. Depuis mon retour ici, j’ai appris à dégager plus de puissance, plus de vitesse. Mais jamais je n’ai concilié ça à ma technique. J’ai voulu grandir d’un coup, sans m’attarder sur les bases qui font de moi un Saint. Voilà pourquoi Dame Leo me dit que même si j’ai fait des progrès, je ne suis pas prêt. »
Convaincu qu’il peut encore faire pencher la balance en sa faveur, il bombe son torse pour s’étirer de quelques courbatures qui le font souffrir : « Très bien. Je vais concilier mon apprentissage au Sursaut du Petit Lion. La victoire ne peut m’échapper.
_ Même si tu en accrois la force et la vitesse, tu ne me surprendras pas. Ne t’a-t-on jamais enseigné qu’une même attaque ne marche jamais contre un chevalier ?
_ Si. Justement. »
Les deux chevaliers tiennent leurs positions. Les effluves de leurs cosmos s’entrechoquent à mesure qu’ils rassemblent leurs forces pour l’assaut final.
Synchronisés, ils s’élancent tous les deux.
_ « Still Life !
_ Lionnet Bomber ! »
A une vitesse presque supérieure à celle du son, Ban passe au travers de chaque détonation, provoquée par les rencontres entre les écorces et les feuilles.
Ayant baissée sa garde pour frapper de toutes ses forces son adversaire, Hasu n’a aucun moyen de riposter. Elle s’apprête à esquiver un coup de poing chargé de cosmos comme lors du premier Sursaut du Petit Lion.
Toutefois, arrivé à sa hauteur, Ban s’élance au niveau de son visage, pieds en avant, pour la serrer avec ses membres inférieurs.
S’ensuit un violent craquement.
Les deux rivaux retombent sur le sol.
Ban se réceptionne sur ses quatre membres.
Hasu, elle, s’échoue, le corps totalement désarticulé.
Elle n’a pas survécu à la pression exercée par la clé de jambes de son adversaire.
La contorsion pratiquée contre son cou le lui a brisé.
Le Saint de bronze de la Couronne Australe est morte sur le coup.


Au Japon, à la résidence Kido, emmitouflé dans ses draps, Shun laisse revenir les mêmes images qu’il ressasse sans cesse chaque nuit.
Il se voit, nourrisson, dans son berceau, à sourire à son grand frère qui veille sur lui. Ses rires s’accordent à merveille à la musique de la berceuse qui tourne en boucle.
Inopinément, une petite fille au regard inquiétant prend la place de son frère et le toise de manière intéressée.

En nage, Shun bondit de son lit en se prenant la tête entre ses mains : « Encore et toujours ce même cauchemar. Plus le temps passe et plus il me revient. »
Brusquement, son expression change : « Que… Quels sont ces cosmos agressifs ? »
Il se précipite sur le balcon de sa chambre : « L’un d’eux m’est familier. L’autre… »
Il n’en dit pas plus et saute depuis la rambarde.

Torse et pieds nus, il court sur l’herbe fraîche et humide des jardins de la résidence.
Il les traverse puis saute de toits en toits à quelques kilomètres du domaine des Kido.

Sa course cesse enfin sur les docks. Là l’y attend celui qui l’a attiré jusqu’ici.
Il reconnaît cet homme qu’il a affronté sur un îlot désert de la méditerranéen. Il porte une armure violacée et ses petits yeux fixent avec une folie meurtrière le Saint de bronze.
Shun se met en garde immédiatement : « Spartan ! »
Le mercenaire affiche un sourire perfide : « Andromède ! Je suis heureux de te revoir. Tu n’as pas idée du désir de vengeance qui m’habite, depuis notre dernière rencontre. Je vais venger la mort de mon meilleur ami, Algol. Et une fois que je t’aurai éliminé, ce sera au tour de Seiya et enfin de cet infirme de Shiryu. »
L’inquiétude de Shun ne vient pas des menaces de Spartan, mais plutôt de l’homme qui l’accompagne. Un homme qui se tient debout aux côtés d’une Pandora Box ouverte. Celle-ci présente une armure en forme de haut calice. L’inconnu est vêtu d’une tunique grise et a les poignets entourés de bandelettes de papier. Ses longs cheveux violets tombent derrière ses épaules et quelques mèches passent sur son front et devant ses yeux bleu marine. L’expression de son visage est dure.
Spartan l’éclaircit : « Ah oui, je n’ai pas fait les présentations. Je ne suis pas venu seul. J’ai amené avec moi Crateris Saint d’argent de la Coupe.
_ Encore un Saint d’argent, déplore Shun. »
Loin d’être intéressé par la querelle qui oppose Spartan au Japonais, Crateris déclare sèchement : « Alors que notre Seigneur le Grand Pope, se réserve le temps de prendre une décision vous concernant, vous les renégats, le général Phaéton m’a envoyé vous châtier. Il m’a confié cette tâche dans le but de soulager le Grand Pope des préoccupations que vous lui causez. »
Spartan passe devant Crateris : « une minute Crateris, cet homme est à moi. Phaéton a accepté que je sois son bourreau. Toi tu es juste là pour me faire profiter de tes talents. »
Etrangement docile, Crateris s’assoit, les jambes croisées, aux côtés de son armure pour observer le combat.
En mauvaise posture, Shun choisit d’appeler son armure seulement, chaque fois qu’il émet sa cosmo énergie, une entrave l’en empêche.
_ « Ah, ah, ah. Ma télékinésie se sert de mon cosmos pour brouiller les perceptions du monde qui nous entoure, se gausse Spartan. Ainsi, dans le périmètre où nous sommes, tu ne peux ressentir ce qui se passe à l’extérieur, tandis que dehors ils ne peuvent plus rien ressentir venant de toi. Y compris ta Cloth.
_ Je n’aime pas ça. Seulement tu ne me laisses pas le choix. Dans ce cas je t’affronterai à mains nues… »
A peine a-t-il prononcé ces mots, qu’il est pris d’une violente douleur à l’estomac.
Tandis qu’il se cramponne le ventre, Spartan lui explique : « A mains nues ? Ne te donne pas cette peine, ma télékinésie t’épargnera des efforts inutiles. »
S’ensuivent deux autres coups que Spartan frappe à la force de son esprit. Shun est mis au tapis en quelques secondes.
A genoux, ses bras sont balayés, de sorte qu’il s’écrase la tête la première sur le sol. Son bassin, légèrement relevé est cogné violemment sur la droite. Le chevalier roule sur le côté en hurlant de douleur.
Préférant l’humilier davantage, Spartan fait léviter le corps de Shun et le transporte jusque devant la Cloth de la Coupe. Il fait approcher le visage de l’asiatique juste au-dessus de la Coupe remplie d’eau.
Shun, à moitié conscient, y voit alors un homme qui lui ressemble. Il porte une longue cape aussi noire que ses cheveux. Son regard est embrumé et son teint est pâle. Pourtant, ils portent tous les deux le même médaillon.
Face à l’incompréhension de son adversaire, Spartan précise : « Lorsqu’on observe la surface du liquide versé dans la Coupe, il est possible de voir son propre avenir au lieu de son reflet. »
Shun ne réalise toujours pas. Il ne comprend pas la raison de ce changement physique le concernant. De plus, la douleur des coups subis, l’empêche d’être lucide.
Spartan le renvoie s’écraser plus loin : « Bien. Je présume que tu as vu ton cadavre dans la coupe. Je vais donc accomplir ton destin. »
Spartan ferme ses yeux, comme il en a l’habitude lorsqu’il use de son don.
Seulement, ses paupières se froncent de plus en plus sans que Shun ne subisse le moindre choc.
Lorsqu’il les rouvre, il remarque Andromède debout, s’essuyant le filet de sang qui s’écoule de sa bouche.
Le Saint de bronze est confiant : « Si ma cosmo énergie ne peut communiquer en dehors de la zone que tu as quadrillé, elle peut toujours se propager à l’intérieur de celle-ci.
_ Tu voudrais dire que ton cosmos oppresse suffisamment le mien pour empêcher ma télékinésie de t’atteindre ? Mais c’est impossible ! Cela signifierait que tu es au moins aussi puissant que moi qui ai le niveau d’un Saint d’argent confirmé.
_ Je n’ai aucune prétention. Néanmoins, je te recommande de ne pas aller jeter un ½il dans la Coupe. Tu y verrais ta défaite.
_ Baliverne ! »
Le mercenaire utilise sa faculté de se rendre intangible, afin de glisser dans les airs à une vitesse folle autour de Shun.
Ainsi, lorsqu’il se matérialise, il réussit chaque fois à prendre au dépourvu Shun pour le marteler.
De face, de dos, sur les flancs, dans les jambes, contre la poitrine, Spartan se déchaîne contre le chevalier qui ne vacille pas pour autant.
Au contraire, il se relève chaque fois plus concentré que jamais.


En Tanzanie, debout, le casque tenu dans sa main, contre sa poitrine, Ban observe une croix en bois plantée à même la glace. Fixée devant un rectangle de neige retourné, Ban la prie en fermant les yeux : « Hasu Saint de bronze de la Couronne Australe, tu n’as été hélas qu’une victime de notre véritable ennemi. Je regrette de t’avoir prouvé que la vraie Athéna était de notre côté de la sorte. Je suis certain que tu aurais aimé défendre l’authentique justice en son nom. Je te jure sur mon armure que nous parviendrons à rétablir la vérité au Sanctuaire. Repose en paix. »
Le Japonais se retourne vers son professeur et lui sourit : « Je comprends à présent pourquoi vous ne dormiez pas. Pourquoi vous ne vous nourrissiez pas. Pourquoi j’avais l’impression lorsque je suis arrivé ici la première fois que le représentant de la Fondation Graad ne vous avez pas vu. Pourquoi Hasu ne vous voyait pas. Pourquoi en fait je suis le seul à vous voir. Vous êtes l’esprit de l’armure.
_ Tu as enfin compris. J’ai repris cette armure il y a près de deux cent ans, à la mort de Blériot, le précédent porteur juste après la Guerre Sainte qu’il avait mené. Après des années de services rendus auprès du Sanctuaire, le Grand Pope m’a autorisé à prendre une retraite pendant laquelle je formerai un nouveau disciple. Personne n’est parvenu jusqu’ici. Et quand mon dernier souffle est venu, j’ai juré sur cette armure, que je survivrai à travers elle pour former mon successeur. Tu es venu. Et aujourd’hui, grâce à ce combat, tu as compris tout ce qu’il te restait à apprendre. Tu es enfin prêt. »
Ban commence à être submergé par une étrange sensation. Il sent une seconde vie à travers l’armure. L’apparence de Dame Leo commence à devenir translucide : « Dame Leo ! Non, ne partez pas. J’ai encore tellement à apprendre.
_ Je ne peux plus rien t’apprendre. Continue de t’entraîner. Et quand tu auras confiance en toi, quand tu te sentiras prêt, retourne auprès d’Athéna. »
Dorénavant, le spectre se volatilise. Ne laissant tomber au sol que le masque de femme chevalier que portait la vieillarde.
Ban, le visage inondé de chagrin, finit par le ramasser et le place sous sa Cloth, à hauteur du c½ur : « Même par delà la mort, vous avez tenu votre engagement envers le Sanctuaire. Vous ferez toujours partie de cette armure et de ma vie. Je deviendrai un Saint dont vous serez fière. J’en fais le serment. »


Sur les docks, au Japon, Shun ne lâche rien, il se relève chaque fois plus déterminé qu’auparavant, malgré l’acharnement de Spartan.
A plusieurs mètres d’eux, Crateris commence à s’inquiéter.
Il se relève et observe Shun d’un air soucieux : « Le vent se lève depuis quelques minutes. Sa cosmo énergie ne cesse de s’accroître dans ce lieu que Spartan a confiné. Elle commence à oppresser l’atmosphère. »
Alors, discrètement, il pointe son doigt vers le ciel et susurre : « Soul Thief. »

Devant lui, Spartan poursuit son acharnement contre le chevalier de bronze sans se rendre compte que lorsqu’il se matérialise, ses gestes ralentissent et que, par conséquent, l’impact de ses frappes s’amoindrit.
C’est seulement lorsqu’il devient totalement immobile qu’il s’alarme : « Je… Ma… Mon… »
Shun l’observe avec pitié : « Je ne veux pas en venir là. Cesse le combat avant que je ne te tue. »
Totalement paralysé, Spartan comprend : « Ingénieux. Tu as utilisé l’espace que ma télékinésie a restreint pour y confiner ton cosmos. J’ai été pris à mon propre piège. Ton énergie me ronge tellement, que j’en ai même du mal à parler. »
Et pour cause, un brouillard rosé, au couleur de l’effluve cosmique de Shun, imprègne les lieux : « Maintenant que tu as compris, cesse immédiatement ton emprise. Renonce et abandonne tes mauvaises intentions.
_ Jamais. Je suis dévoué au Sanctuaire. Vous vous êtes rebellés contre Athéna et vous avez tué mes amis. Je ne peux vous le pardonner.
_ Je t’en prie, mon cosmos bouillonne. Bientôt je ne pourrai plus le retenir dans un espace aussi restreint et cet environnement se chargera en tempête. »
Spartan essaie de se débattre, provoquant, sans même que Shun ne puisse le contrôler, un puissant souffle qui s’abat tel un mur contre Spartan. La déferlante arrache armure, tissu et épiderme du prodigieux télépathe.
Totalement dépassé par sa propre force, Shun ne peut empêcher le massacre du mercenaire qui décède sur le coup.
Son cadavre écorché s’écroule sur les docks, près de containers vides.
La barrière télékinésique se brise instantanément, libérant toute l’énergie retenue jusqu’ici.

Face à l’horrible conséquence d’une telle puissance, Shun s’écroule en pleurant la mort de Spartan : « Je ne voulais pas aller jusque-là. Je sais ce qu’il se passe lorsque je libère toutes mes forces. Tu as subi uniquement le Nebula Stream. Si j’avais libéré la Nebula Storm, les conséquences auraient pu être bien plus lourdes. »
Pourtant, son chagrin n’émeut absolument pas son dernier adversaire.
Derrière lui, désormais couvert de sa Cloth, Crateris arbore une allure très sereine : « Je l’avoue. Tu as été incroyable. Je crois que si cela avait duré plus longtemps, j’aurai pu être inquiété moi aussi. Malheureusement pour lui, Spartan était aveuglé par son désir de revanche. Il n’a pas été suffisamment clairvoyant pour peser les conséquences d’une telle emprise contre toi. Alors, je me suis permis de prendre les devants. Tu ne m’en voudras pas ? »
Shun fronce les sourcils après une telle question. Il ne voit pas où le Saint d’argent veut en venir.
Seulement, il refuse de se faire avoir une fois de plus. Il écarte les bras pour faire venir à lui sa Cloth de bronze.
Alors Crateris rigole : « Elle ne viendra pas non plus. »
Shun devient livide, son visage se creuse et des cernes apparaissent : « Qu’est-ce que cela signifie ? De plus, je me sens si faible tout à coup.
_ Face au retournement de situation dont a été victime Spartan, je me suis permis d’invoquer mon plus puissant arcane, le Voleur d’Ame. Tu es sous l’emprise de mon Soul Thief. »
Il pointe une coupe formée par l’effluve de son cosmos avant de poursuivre : « Regarde l’aura qui s’échappe de ton corps. Elle se dirige dans cette coupe que mon cosmos produit. Lorsque j’aurai vidé ton âme de tout son cosmos, ton corps sera vidé de toute vie. D’ores et déjà Andromède se vide même de sa propre existence, puisque l’armure ne te reconnaît déjà plus. »
Le Saint de bronze tombe sur le dos. Véritablement amaigri, ses yeux s’embrument à mesure que sa vie s’épuise : « Tu… m’as… attaqué… en… traître… Tu… n’es… pas… digne… d’être… chevalier…
_ Nous ne présentons pas tous le même code d’honneur que toi, ni même ta pudeur cher Andromède. »
Dans un dernier élan désespéré, Shun lève le bras vers le ciel : « Ikki… Ikki… Mon frère… Viens à mon secours… Je… t’en… prie… »
Face à la main de Shun tombante dans le monde funèbre, le Saint d’argent le prive de tout espoir : « Lorsque tu es arrivé ici, Spartan a privé toute liaison de ton cosmos vers l’extérieur. Aussitôt après, le Soul Thief a dérobé ton âme. Personne ne sait que tu es ici. Demain les ouvriers du monde contemporain retrouveront ton cadavre desséché, sans savoir ce qui s’est passé ici. Et pour ton frère, le Phénix il me semble, ne t’en fais pas, je l’enverrais te rejoindre sous peu. »

Convaincu de sa victoire, il tourne le dos à sa victime, prêt à rendre sa Cloth à sa Pandora Box.
Pourtant, la coupe du Voleur d’Ame ne cesse d’être alimenté. Si bien que le cosmos de Crateris ne peut contenir davantage d’énergie et finit par déborder. Il fait volte-face : « Impossible ! Il aurait encore autant de cosmo énergie ! C’est plus qu’un Saint d’argent. »
Il voit Shun toujours mourrant, libérant non plus un cosmos teinté de rose mais une aura violacée. De plus en plus sombre. Ses cheveux prennent une teinte prune et son corps commence à reprendre une forme convenable.
La coupe du Soul Thief est rongée par le cosmos libéré par Shun : « Je ne peux contenir une telle cosmo énergie, elle est plus importante que celle d’un Saint d’or ! »
Totalement désemparé par la cosmo énergie qui échappe à son contrôle et qui l’entoure désormais, Crateris ne conçoit même pas que celle-ci est aussi noire que les ténèbres.
Le cosmos tourbillonne autour de lui.
Si bien qu’il semble prendre vie.
Prendre une forme humanoïde.
Celle-ci prend de la hauteur par rapport à Crateris et ouvre la bouche pour le dévorer.
Elle l’engloutit d’un coup, dans un vacarme assourdissant résultant du hurlement de terreur de Crateris.

Lorsque le calme revient, l’onde cosmique s’est dissipée. Crateris est encore debout. A ses pieds, un tas de poussière, correspondant à son armure brisée, gît.
Il est maintenu à la gorge par la main ferme de Shun.
Ses yeux embrumés et ses cheveux couleur prune, manifestent la présence d’une entité différente de celle d’Andromède.
Les yeux exorbités, Crateris essaie de parler : « Tu n’es pas qu’Andromède. Au fond de toi, vit une âme bien plus obscure, que j’ai malheureusement dérangé. Cela explique pourquoi tu ne sais pas toi-même contrôler ta propre force. »
Ses yeux injectés de sang, manquant de souffle, Crateris fixe le médaillon que Shun porte contre son torse nu depuis le début du combat : « Yours Ever ? »
D’une voix plus impériale qu’à l’accoutumée, Shun rétorque : « Oui. Et toi aussi, tu es désormais à moi, à jamais. »
Du médaillon se libère toute la cosmo énergie malfaisante d’Hadès qui consomme, annihile puis désintègre totalement le Saint d’argent.
Enfin, maintenant qu’il ne reste plus rien de son adversaire, le bras de Shun retombe le long de son corps.
Ses cheveux reprennent leur teinte habituelle et ses paupières se ferment.
Il s’écrase lourdement face contre terre.


En Grèce, au Sanctuaire, dans l’immense jardin qui juxtapose la demeure de la Vierge, quelques pétales de deux grands arbres sont soulevés et virevoltent au gré du vent.
Le propriétaire de ce jardin, vêtu d’une simple toge blanche qui habille à peine son poitrail, s’y promène les yeux fermés.
D’un calme incroyable, il ouvre la paume de sa main droite pour cueillir un de ces pétales. Dès lors, les propos tenus par une de ses anciennes amantes résonnent dans sa tête : « Quand je suivais tes enseignements, j’appréciais le fait que tu n’exclues pas le doute, que tu évites de poser tes opinions comme certitudes. Plus le temps passe et plus tu penses détenir la vérité absolue, au point de souffrir d’un complexe de déification. »
La voix douce d’Hasu attriste Shaka : « Hasu… Ta cosmo énergie nous a quitté. Tu t’es égaré sur le chemin de l’éveil. Si tu avais suivi jusqu’au bout mon enseignement et compris mes intentions, alors tu n’aurais pas perdu la vie aujourd’hui. Ce drame est un triste évènement à rajouter à la longue liste de ceux qui accablent notre Sanctuaire ces derniers temps. Ces renégats du Japon ont déjà commis trop de crimes. Quand le Grand Pope se décidera-t-il à nous envoyer, nous, Saints d’or ? »


Titubant dans les rues calmes, au beau milieu de la nuit, Shun a les bras en croix contre sa poitrine pour se protéger des basses températures de novembre.
Son corps porte les ecchymoses des deux affrontements, dont il se souvient à peine.
_ « Je me rappelle n’avoir pas su contrôler ma force face à Spartan. Mais pour l’autre chevalier ? Que s’est-il passé ? La dernière chose que j’ai en mémoire, c’est que j’étais couché sur le sol et je me vidais de toute ma puissance. Un sentiment de colère et de rage inhabituelle commençait à me dévorer de l’intérieur. Je crains que ce ne soit cette force obscure que j’ai en moi qui a fait basculer le combat. Cela ne me ressemble pas. Pourtant, je le sens, chaque fois que je laisse exploser ma force, un étrange sentiment de méchanceté s’empare de moi. Je dois à tout prix éviter de me battre le plus possible, s’inquiète Shun sans se douter de l’origine du mal qui le ronge. »

2
Only for Love / Re: Chapitre 3
« on: 14 March 2020 à 16h11 »
NEWS

Cette version du troisième chapitre est une version rééditée de la publication originale du 19 avril 2010.
Bonne relecture aux lecteurs les plus fidèles, et bonne découverte pour les nouveaux.

3
Only for Love / Chapitre 58
« on: 2 March 2020 à 9h52 »
Chapitre 58

Seul, en Olympe, au dessus de l’Hyperdimension, Apodis s’impatiente.
Sans nouvelles de la Terre depuis l’affrontement contre Hestia, il craint que le sacrifice d’Hébé n’ait été vain.
Le temps lui paraît interminable, coincé sur cette surface minuscule avec rien d’autre que le néant à perte de vue.
Ce 17 novembre 1986, deux semaines se sont écoulées.
Deux semaines assis.
Sans bouger.
Ses plaies cicatrisent mal.
A méditer.
Essayant de ne pas penser à la faim ni la soif qui l’affaiblissent.
La solitude laisse place aux doutes.
Elle aide aussi à faire le vide.
Une fois les instincts primaires surmontés, elle permet de se recentrer sur l’essentiel.
Lorsqu’il ouvre les yeux, il s’attarde sur le lieu où lui est apparue une étrange silhouette féminine il y a deux semaines. « Elle détient des réponses, s’obstine-t-il. »

Interminablement, il lorgne dans sa direction en espérant la voir venir à lui.
Cependant, le ciel s’assombrit pour la première fois depuis qu’il est ici et une aura oppressante se fait sentir.
Sans pouvoir bouger, pris au piège de cette émanation cosmique, il distingue une autre apparence. Plus masculine cette fois-ci.
Tout comme la première personne à être apparue devant lui, celle-ci marche sur le vide, sans craindre de tomber dans le gouffre et l’Hyperdimension.
Le visage dur, les cheveux très tirés et les yeux couleur or très larges et plissés, l’inconnu vient délivrer un message.
Il se tient droit, dans sa longue robe azur, agrémentée d’une cape blanche qui entoure ses très larges épaules.
Son faciès très strict permet de faire comprendre à Apodis qu’il est face à un dieu.
Le chevalier reste de longues secondes à attendre que l’entité daigne lui adresser la parole. Il reconnaît au pétase, ce chapeau rond qu’il porte sur ses cheveux couleur blé, l’identité du hautain personnage.
De son grand mètre quatre vingt dix, il surplombe de toute sa hauteur le pauvre humain.
_ « Si j’en juge par ce cosmos infiniment puissant et par cette tenue, commence Apodis nullement effrayé, j’en déduis que tu es le dieu du commerce et le messager des dieux. Hermès.
_ Tu oses prendre la parole sans y avoir été invité, remonte davantage les épaules le susnommé pour prendre encore plus de grandeur. Alors on ne m’avait pas menti. Les humains sont vraiment devenus ingérables. Votre anéantissement est inévitable.
_ Qu’est-ce que tu racontes, tente de se lever Apodis malgré la pesanteur exercée par Hermès ? »
Outré par la tentative de révolte du Saint de bronze, Hermès exerce encore plus son pouvoir, forçant Apodis à se vautrer sur le sol, rouvrant ses plaies sous la pression.
_ « Couché, insecte ! Je n’arrivais pas à en croire mes oreilles lors de l'assemblée des dieux de l’Olympe, lorsqu’il a été question de la rébellion de l'humanité. Il a été présenté à Zeus, qu’Athéna entretenait la ranc½ur des hommes envers nous. Si Zeus a refusé que nous châtiions Athéna, faute de preuves, il a autorisé ta mise à mort lente et douloureuse dans le coliseum. Dans quelques jours, tu seras présenté au peuple olympien dans l’arène. Nos fidèles sujets, pourront ainsi nous prier de te donner la mort, pour l’affront que tu as commis envers les dieux.
_ Ah… Attends, balbutie Apodis écrasé parterre. Tu es dans l’erreur. Athéna aime les hommes et les protège. Elle veut qu’ils vivent en paix et en harmonie. Ce sont les dieux qui complotent contre elle. Certains dieux conspirent pour vous faire croire à notre révolte. Tu tombes dans leur piège à l’heure qu’il est !
_ Silence vermine ! J’étais chargé de te délivrer l’annonce de ta mise en mort. J’ai pu constater que celle-ci correspond bien aux prémices de la destruction de la Terre. »
Sans laisser la moindre chance de s’exprimer à Apodis, Hermès disparaît comme il est venu. Son apparence s’évapore dans l’atmosphère, à mesure qu’il s’éloigne en marchant par-dessus le vide.
Une fois seul, les bras serrant son torse déchiré par les hématomes, Apodis hurle à pleins poumons : « Athéna ! »


Sur Terre, dans une immense forêt d’arbres feuillus, un grognement bestial anime la population animale.
Dans les Rocheuses, au fin fond du Canada, un mammifère au grand corps trapu et massif, gesticule de douleur autour de deux petits de son espèce. La patte arrière droite décharnée, le géant au pelage dense et hirsute se vide peu à peu de son sang.
Gravement blessée, cette ourse n’abdique pas et protège sa progéniture d’une meute de loups affamés.
Malheureusement, la panique l’affaiblit de plus en plus et les canidés l’encerclent, en attendant patiemment la fin.
A bout de force, rampant à terre, l’ourse est à la merci de la meute.
Le chef s’élance, gueule grande ouverte, sur les petits recroquevillés contre leur maman.
Quand tout à coup, un homme au maillot et au pantalon bleu foncé, jaillit de derrière un fourré.
Bardé d’une musculature impressionnante, le géant tend le bras en avant pour que l’animal le lui chope.
Celui-ci s’en saisit et s’acharne dessus sans faire sourciller le colosse qui le soulève comme un fétu de paille. Il garde le bras gauche fermement agrippé par le loup en l’air et prend un léger élan avec son bras droit pour cogner l’animal féroce en plein flanc.
Le loup s’écrase inconscient quelques mètres plus loin, faisant fuir le reste de la meute.
Le bras gauche sans la moindre égratignure, le sauveur des oursons s’approche jusqu’à leur mère.
Souriant, les yeux débordant de compassion, Geki s’étonne : « Il y a encore quelques mois, l’idiot que j’étais, vous aurait achevé pour affirmer sa supériorité. Ma défaite au Japon et les propos de Jabu m’ont mis face à la réalité. »
Il caresse d’une main les petits tandis qu’avec l’autre, il communique son cosmos à l’animal mourant.
Bien vite, les petits retrouvent la joie qui caractérise la jeunesse puisque leur maman revient à elle.
L'ourse reprend ses esprits et elle est stupéfaite de se trouver en pleine forme, elle, ainsi que ses oursons.
De nature sauvage et prudente, elle se met en opposition à Geki qui s’en amuse : « Ah, ah, ah… Ce n’est pas très sympa. Je te signale que je viens de te sauver la vie. »
À ce moment, les petits viennent chercher de nouveau la compagnie du Japonais.
Ressentant la bonté qui se dégage du chevalier, la maman baisse sa garde et quitte les environs en ramenant ses enfants jusqu’à leur tanière.

Seul, les mains sur les hanches, Geki contemple la petite famille avec le sentiment d’avoir accompli une bonne action.
Il se penche au dessus du loup mal en point et marmonne : « Bon ! A toi maintenant ! Et après, je compte bien reprendre mon entraînement. »
Pendant qu’il réanime le loup, son expression devient plus grave : « Cela fait bientôt un mois et demi que je suis rentré auprès de mon maître. Un mois et demi que j’ai versé mon sang sur ma Cloth et que je l’ai laissé se régénérer dans sa Pandora Box. Mais il est encore bien trop tôt pour la revêtir de nouveau et revenir auprès de Seiya et des autres. Eux aussi on dû progresser. J’avais déjà beaucoup de retard à rattraper. »


Au même moment, au sud de l’île d’Yíaros, sur le port, aucun embarcadère n’est occupé. Aucun marin, aucun commerçant ne peuple cette gare maritime. Pas même les soldats ne montent la garde.
Marin dérive sur une barque sans être inquiétée.
Échouée sur son embarcation en bois, elle se dirige avec sa main, affaiblie, jusqu’au ponton le plus proche.
Son corps porte encore les marques du combat contre Peleus et Hestia, tandis que son poignet arbore le Jonc d’Athéna dont elle s’est emparée.
Une fois à destination, elle s’extirpe de son moyen de locomotion et titube jusqu’à l’unique passage qui, entre deux chaînes de montagne, relie le sud au centre de l’île grecque.
C’est seulement arrivée à ce delta qu’elle découvre deux soldats en faction.
Ceux-ci reconnaissent immédiatement l’ancienne invitée d’Hébé.
Rassurée et épuisée, elle s’effondre dans leurs bras.


Pendant ce temps, dans au Canada, à la base d’une roche épaisse où il a élu domicile, un vieil homme reste assis devant la Pandora Box de l’Ours.
Son regard s’évanouit dans le vague, pendant qu’une femme se tient derrière lui, les bras croisés.
La demoiselle, cachée derrière un masque, porte une armure marron par-dessus son bustier et son boxer couleur grenadine. Son ton n’est en rien agressif. Sa voix est calme, passionnée : « En tant qu’ancien Saint de bronze de l’Ours, tu dois donc comprendre la décision du Sanctuaire. »
Le vieillard abandonne sur le sol le message écrit sur papyrus et frappé du sceau du Sanctuaire qui lui est adressé.
_ « Oui. Oui je comprends, marmonne-t-il. Geki est considéré comme un traître et j’ai pour ordre de vous aider, vous Hevelius Saint de bronze du Petit Renard, à l’éliminer. Néanmoins, j’ai bien peur de devoir refuser cet ordre. En effet, depuis plusieurs années, j’ai le sentiment que quelque chose ne tourne pas rond au Sanctuaire. Oh, bien sûr, au vu de mon âge bien avancé, il aurait été trop prétentieux pour un Saint de bronze tel que moi, de défier l’autorité suprême. Seulement, quand Geki est venu à moi, j’ai vu en la jeune génération de Saints l’espoir d’endiguer le mal. »
_ Endiguer le mal, passe-t-elle le poing devant son opulente poitrine ?! Avec tout le respect que je vous dois, les amis de Geki se battent désormais pour une prétendue Athéna. Après s’être livrés à un tournoi ridicule, aux yeux du monde pour leurs intérêts personnels, ils défient le domaine sacré en voulant remplacer notre déesse par une richissime héritière du monde contemporain. Leur affront n’a pas de limite ! Ils ont même été jusqu’à tuer mon bien-aimé, le Saint d’argent de Persée, scande-t-elle les cheveux agités au vent. »
Le vieillard qui devait bénéficier par le passé d’une musculature impressionnante, n’est désormais plus que l’ombre de lui-même.
Tout recroquevillé, les épaules lui tombant en avant, il ne craint pourtant pas la menace d’Hevelius : « Ils sont même allés jusqu’à vaincre des Saints d’argent ! Ils vont au-delà de mes espérances. Je suis désolé mademoiselle, mais j’ai combattu avec le Grand Pope il y a une cinquantaine d’année. Il était venu nous porter assistance sur le champ de bataille. Bizarrement, j’ai senti qu’il n’était plus le même depuis plus de dix ans. Et tous ceux qui ont émis ce constat au grand jour sont mystérieusement morts. Je ne sais pas à quoi aboutira la rébellion de Geki et ses amis, mais j’espère simplement qu’elle mettra en lumière certains faits troublants.
_ Je vois qu’il est inutile de discuter davantage, soupire Hevelius.
_ Oui, sourit le colosse dans sa barbe blanche. J’ai lu la lettre jusqu’au bout et je sais quel sort m’est réservé. Je ne m’y opposerai pas. Je n’ai plus la force de le faire.
_ Adieu ancien Saint de bronze de l’Ours, lève-t-elle le bras au ciel. Adieu chevalier. »
Elle abat le tranchant de la main sur l’ancêtre.
Sa tête se détache et roule sur le sol, arborant toujours un rictus de satisfaction, à l’idée d’être allé jusqu’au bout de ses convictions.
Le reste de son corps s’écrase misérablement dans un flot de sang qui éclabousse le visage d’Hevelius.

Plus loin, dans les Rocheuses, Geki relâche la concentration de son cosmos.
Une étrange aura vient à lui. Il l’accueille dans sa main et s’inquiète : « Cette lueur ! C’est celle de mon maître. J’ai un mauvais pressentiment. »


Au sommet de sa prison olympienne, Apodis tourne en rond.
Les mains derrière le dos, tête baissée, perdu dans ses esprits, le Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis fait les cent pas.
De temps en temps, il regarde les directions par lesquelles lui sont apparus Hermès et une femme dont il ignore encore l’identité.
Sa marche circulaire prend finalement fin, lorsqu’il se recentre au beau milieu de la colonne et dégage de son poing, en direction du ciel, une vague de cosmos : « Qu’est-ce que vous attendez de moi ! »

Il a beau s’époumoner, rien n’y fait.
En soufflant d’exaspération, se tenant le ventre et la gorge en raison de sa faim et de sa soif grandissante, il se laisse tomber sur le dos.
Il ferme les yeux et se laisse submerger par les souvenirs du passé…

Flashback
1981 - Désormais promu sergent, Apodis s’était établi dans le village de Paesco.
Les journées passèrent et pendant ce temps Pullo et Cliff soumirent à Apodis une soixantaine de soldats, parmi lesquels il recruta les treize meilleurs.
Il ne les jugea pas pour leurs capacités physiques ou leurs dispositions au combat. Il voulait une équipe de féroces soldats, impartiaux au combat et charitables envers le peuple.
Parmi ces treize élus, aucun n’était issu du même milieu. L’un était le fils d’un riche artisan, l’autre fouillait les ordures pour survivre, alors qu’un autre était soldat depuis plus de vingt ans. Il choisit même dans ses rangs une femme chevalier qui avait été rejetée de son camp d’entraînement pour avoir essuyé trop de défaites. Ainsi qu’un pauvre souffre douleur et son opposé, séduisant et sûr de lui qui n’avait pour seule gloire que le nombre de conquêtes tombées sous son charme.
« Tous différents et réunis sous le même emblème : Athéna, répétait souvent le sergent Apodis. »

Apodis et Cliff laissèrent les treize pousses sous la houlette de Pullo, tandis qu’ils s’attachaient à la fabrication de la demeure de Mujakis et à la fortification d’un camp.
Pour les aider à réaliser tout ce travail, Apodis avait pris sous son aile des villageois sans emploi, qu’il récompensait par bien plus de sacres qu’il n’en fallait.
La vie d’Apodis prenait un sens.
Le peuple appréciait sa présence et sa mère était épanouie grâce à lui.
Souvent, elle admirait à son fils : « Comme je suis fière de toi, répétait-elle souvent. »

Le jour, après des longues heures de labeur, Apodis flirtait avec Netsuai.
Elle était présente sur chaque chantier occupé par le chevalier. Elle lui apportait de l’eau et de la nourriture.
Ils échangeaient leurs points de vue sur tous les sujets de la vie quotidienne et souvent s’amusaient de partager les mêmes avis.
L’Oiseau de Paradis partageait également une profonde relation d’amitié avec sa voisine Marin Saint d’argent de l’Aigle et son disciple, le jeune Seiya. Souvent, Aiolia venait les visiter et Apodis appréciait de pouvoir converser avec un chevalier d'or.
Trop peu de monde accordait de l’importance à Aiolia en raison du passé honteux de son frère et ce, malgré le fait que le Lion se soit révélé être un des héros de la Guerre Sainte contre les Titans.
Certains avaient le même dédain pour son amie Marin à cause de ses origines asiatiques.
Apodis était donc un des rares à les saluer et même à s’incliner au début de leurs rencontres, pour leur témoigner le respect qui leur était dû. Bien vite ils lui demandèrent de se tenir droit face à eux, le considérant comme un ami. Il aimait leur confier son affection pour Netsuai.
À son tour, il comprit bien vite qu’ils partageaient une forte attirance amoureuse l’un envers l’autre, même s’ils voulaient le cacher. Il se prêtait donc au jeu et faisait fi de ne pas avoir conscience de l’amour réciproque entre Aiolia et Marin.

La nuit, il découvrait les joies des repas intimes chez Misty.
Là-bas, il s’amusait de voir Aphrodite soudoyer tous les invités pour participer à des jeux charnels comme il aimait en soumettre.
Il riait lors des parties de cartes en compagnie de Docrates et Aldebaran.
Il charriait Jamian qui évoquait sans cesse ses mésaventures quotidiennes.
Il engageait de sérieuses discussions à propos de la surveillance du domaine en compagnie de son lieutenant Misty. Tous les deux vautrés dans des sofas, pendant que plusieurs esclaves les massaient et les nourrissaient. Ils prenaient de sérieuses décisions devant quelques danseuses et danseurs qui s’exhibaient dans le plus simple appareil.
Mensa et Circinus venaient les rejoindre autour d’un verre de vin, pour prendre note des nouvelles instructions, afin d’améliorer la vie des villages de l’ouest.
Enfin, Apodis jouissait de son statut, de sa beauté et de l’attention qui lui était portée auprès des plus belles créatures à la solde de Misty.

Les mois défilèrent très vite.
La troupe d’Apodis était prête. Il lui fallut juste trouver un remplaçant à un de ses soldats qui ne survécut pas à l’intensité de l’entraînement de Pullo.
Contre un sac de sacres suffisant, Apodis put obtenir de Saül, le forgeron du Sanctuaire, des tenues, des protections et des armes sur-mesure pour ses soldats.
Ainsi, contrairement à tous les autres gardes du Sanctuaire, la cohorte d’Apodis était dotée d'une tenue spécifique. Les quinze guerriers d’Apodis portaient un casque couvrant entièrement leurs têtes et prenant la forme d’un bec qui descendait pour couvrir leur nez, à l'instar du diadème de la Cloth de l’Oiseau de Paradis.
De cette façon, le peuple reconnaissait la cohorte qui jouissait d’une grande réputation. Apodis leur faisait répéter souvent : « Accomplir des miracles est un don qui nous a été fait par les dieux. En faire usage pour les hommes selon le bon vouloir d’Athéna, tel est notre devoir. »
C’est cette unité qui permettait à cette équipe de témoigner d'un profond sentiment humaniste.
Apodis était très exigent envers ses soldats, tout comme il l’était envers lui-même. Il se considérait comme leur égal. Il s’entraînait avec eux, donnant des conseils à ceux qui en avait besoin, acceptant leurs remarques et leurs recommandations lorsqu’elles étaient justifiées.
Chaque fois qu’un événement majeur de leurs vies comme un anniversaire, un mariage ou la naissance d’un enfant pour ceux qui avaient une famille, le permettait, ils les célébraient tous ensembles au court d’un repas convivial.
Fermes mais justes, ils étaient soudés, ils s’appréciaient et été aimés du peuple.
Eurydice aimait venir à leur rencontre et Orphée leur jouait souvent de sa lyre, en guise de reconnaissance pour le travail accompli.
Cette majestueuse réputation s’étendit au fil des mois sur tout le Sanctuaire et incita de nombreux habitants à se rapprocher des villages sous leur protection.
Bienfaiteurs aux yeux du peuple, Apodis et ses soldats étaient surnommés Achille et ses Mirmidons.
La réussite des missions confiées par le Grand Pope sur les territoires ennemis sans pertes humaines, acheva de conforter cette appellation.

Un tel succès ne laissait indifférente aucune femme.
Seulement, au fil du temps, Apodis ne cherchait les faveurs que d’une seule.
Celle qui faisait battre chaque jour plus fort son c½ur depuis leur première rencontre.
Lorsqu’il se plongeait dans son regard, les yeux de Netsuai ne dégageaient pas toute la convoitise des autres. Elle voyait au plus profond de son âme et lisait quel homme il était, au plus profond de lui.
Leurs rencontres quotidiennes lui permirent de connaître chaque secret de son c½ur et elle ne pouvait être inconsciente de l’amour qu’ils se vouaient.
Flashback

Brusquement, une lueur blanche l’extirpe de ses souvenirs.
Il se relève sans se soucier de ses plaies ouvertes et distingue cette silhouette féminine quasi nue qu’il avait pu admirer il y a presque deux semaines.
L’intimité de l’intruse est à peine dissimulée par quelques ornements. Ses cheveux longs noirs de jais ressortent sur le fond quasiment blanc de l’horizon observé par Apodis.
Elle s’avance en marchant sur le vide en regardant le pauvre homme ébahi.
Une fois à sa hauteur, elle dissimule son corps svelte et plein de grâce d’une toge sombre au tissu très fin permettant de voir au travers.
_ « C’était vous n’est-ce pas, demande Apodis resté assis, l’autre fois, qui m’êtes apparue pour me conseiller de ne pas sauter ? »
Elle reste silencieuse. Son visage aux traits très tirés et ses larges yeux toisent Apodis sans le moindre mot.
_ « Votre regard, votre façon de vous tenir. Vous me faîtes penser à elle. Celle qui est la cause de ma présence ici. Hestia. Vous êtes du même rang n’est-ce pas, en déduit-il ? »
L’entité accepte de répondre d’un hochement de tête affirmatif.
_ « J’ai eu droit à la présence d’Hermès tout à l’heure pour m’annoncer que bientôt on m’exposerait comme une bête de foire dans une arène. J’imagine que vous êtes venue me chercher et que c’est pour cela que vous ne vouliez pas que je saute la dernière fois ? »
En guise de réponse, elle ouvre délicatement sa toge et, à la place de son abdomen parfaitement dessiné et de sa poitrine à peine couverte, apparaît une sorte d’univers.
De cet espace temps qu’elle a invoqué, jaillissent des mets aux formes inconnues pour Apodis ainsi qu’une jatte.
_ « On dirait des fruits ? Je n’en ai jamais vu de tels. »
La divinité consent enfin à prendre la parole. Sa voix, tout en étant calme, impose un profond respect : « Il s’agit de nectar et d’ambroisie.
_ La nourriture des dieux ! Vous les avez fait téléporter jusqu’ici ! Mais enfin, pourquoi ? »
Elle lui tourne le dos de nouveau : « Comme tu l’as dis toi-même, il s’agit des mets des dieux. Une seule bouchée de cela devrait soigner tes blessures et te redonner pleine possession de tes moyens. Tu en auras besoin. L’épreuve qui t’attend dans le coliseum sera rude.
_ Pourquoi tant de considération à mon égard ? Et qui êtes-vous à la fin ? »
Elle lui tourne le dos et repart comme elle est venue, ne prenant pas le temps de répondre.


Sur Terre, en quelques bonds, Geki arrive devant le rocher où son maître et lui vivaient.
Il est immédiatement saisi par la vision d’horreur, provoquée par les circonstances de la mort de son maître. La tête détachée de son corps roule au gré du vent.
Les cent deux kilos de l’Ours, s’effondrent à genoux : « M… Maître… »

Un rire sarcastique se fait rapidement entendre.
Depuis le creux laissé dans la roche à l’intérieur de laquelle le défunt vivait, Hevelius se montre.
Le masque de femme chevalier, ainsi que l’armure qu’elle porte ne laisse aucun doute à Geki.
D’un revers de la main il sèche ses larmes et se redresse : « Je suis Geki Saint de bronze de l’Ours. L’homme que tu as tué était mon maître. Et il était innocent. »
D’ordinaire si calme et si douce, Hevelius présente une attitude bien plus hostile depuis la mort d’Algol : « Non. Il était coupable. Coupable de s’être allié avec un traître de ton espèce. Un chien au service de cette Saori Kido. Responsable de la mort de Misty, Astérion, Mozes, Babel et… Algol.
_ S’il s’agissait de gens envoyés contre Seiya et ses amis, comme l’avait été Phénix, alors il s’agit d’un acte de justice, fait craquer ses poings Geki. Nous avons été attaqués par le mal, alors que nous n’avions rien fait. Peut-être que de nous être exposés lors de la Galaxian War aux yeux du monde était une erreur, mais je doute que cela justifie l’acharnement dont nous sommes victimes.
_ Cela va bien au-delà de ça. Vous avez défié délibérément le Sanctuaire. Alors ne compte pas t’en sortir.
_ Mais je n’y comptais pas. Il était hors de question que tu partes d’ici, sans avoir payé la mort de mon maître de toute façon, se met en garde l’Ours. »
Sans prévenir, Hevelius se jette sur le Japonais. Elle balance ses deux jambes musclées en avant et profite d’un prodigieux élan, pour le frapper avec ses deux pieds en pleine face.
Le mètre quatre vingt huit de Geki est soulevé comme un rien du sol.
Le temps qu’il se ressaisisse, il ne peut esquiver un crochet en plein poitrail, suivi d’un coup de pied sauté au visage.
En reculant de trois pas, Geki a à peine le temps de se remettre en garde que son adversaire apparaît déjà derrière lui. Elle le cogne avec ses deux poings dans les reins.
Dépourvu de la moindre protection, Geki s’écroule.
_ « Minable, le regarde-t-elle avec dépit ! Je me demande pourquoi on m’a envoyé, moi, Hevelius Saint de bronze du Petit Renard, pour t’éliminer. De simples soldats auraient suffi.
_ Il est facile de se vanter lorsqu’on attaque un adversaire sans armure, se relève-t-il difficilement.
_ Faudrait-il que j’accède à cette faveur ? Tu me promets un combat plus relevé si je te laisse porter ton armure ? »
D’un revers de la main, Geki se nettoie le sang qui s’échappe de ses lèvres. Son regard est emprunt d’une animosité rageuse. Son sourire lui donne une mine confiante : « Surtout pas ! Tu sembles être une Saint de bronze aguerrie. T’affronter sans armure sera un test pour m’assurer de mes progrès. »
Derrière Geki, l’effluve de sa cosmo énergie dessine un ours.
Le chevalier s’élance à son tour.
Son mouvement, beaucoup plus fluide que tout à l’heure, surprend Hevelius.
Arrivé devant elle, il l’assomme en laissant tomber sa grosse main gauche sur le sommet de son crâne. Il l’enchaîne, avec une agilité qu’Hevelius n’aurait pas prêtée à un tel gabarit, d’un coup de pied retourné qui fissure le masque de la compagne du défunt Algol.
Passablement sonnée, la jeune femme choisit de concentrer son cosmos dans sa main droite : « Très bien, tu vas subir ma technique prépare-toi à… »
Seulement, Geki se précipite sur elle avec une maîtrise totale du déplacement à la vitesse du son. Il cogne du gauche l’avant bras droit d’Hevelius pour lui faire perdre son accumulation de cosmo énergie. S’ensuit un uppercut du droit et un coup de tête qui aggrave l’état du masque.
Tandis que son corps s’échoue en arrière et que ses forces l’abandonnent, Hevelius revoit les plus beaux instants de sa vie passés en compagnie d’Algol.
Néanmoins, une terrible pression contre sa boite crânienne la ramène à la triste réalité.
Avec ses deux énormes mains, Geki s’est saisi de son crâne qu’il serre de toutes ses forces.
Le masque se brise totalement et le visage d’Hevelius commence à se déformer tandis que du sang jaillit de ses yeux, de sa bouche, de son nez et de ses oreilles.
D’un hurlement bestial, Geki proclame son succès : « Cette victoire, maître, est pour vous. Et pour tout ce que vous m’avez enseigné. Pour l’amour, pour la justice… Pour Athéna ! Hanging Bear ! »
Le diadème de la Cloth de bronze du Petit Renard cède et couvre le bruit provoqué par le craquement des os de la jeune femme.
La boite crânienne en lambeaux, la compagne du Saint de Persée est partie rejoindre son amant.
Geki, lui, reste immobile. Il abandonne le cadavre de son ennemie qui s’échoue à ses pieds.
Des larmes lui viennent : « Maître, vous êtes mort parce que vous croyiez en moi. Malgré mes progrès, je doute de pouvoir rattraper le niveau de Seiya et des autres. Mais je jure en votre mémoire, que je me battrai à leurs côtés jusqu’au bout. »


Aux confins de la dimension qui surplombe la Terre, le temple de Zeus domine le Mont Olympe.
Devant lui, sur le versant de la montagne, est dressé le Palais des Dieux. C’est ici que les dieux olympiens se réunissent.

A l’intérieur, dans la chambre qui juxtapose la salle des banquets, la salle du trône, le débat est vigoureux.
Sur le sol marbré, positionnés en arc de cercle devant un trône immense, onze sièges imposants sont partiellement occupés.
En effet, les dieux résidents en l'Olympe se concertent.
_ « Bien évidemment, les principaux concernés sont absents, pointe du doigt trois fauteuils vides Hestia. Hadès, Poséidon et surtout Athéna ne sont pas là lorsqu’il s’agit de débattre à propos de la Terre.
_ Mais bien plus que de la Terre elle-même, aujourd’hui, il est question de l’Homme, précise à côté d’elle Héra.
_ À commencer par celui qui a osé attenter à Hestia, rajoute leur complice Héphaïstos assis à l’autre bout. Il est retenu aux prisons de l’Olympe. Il s’agit à présent de valider la suggestion faite il y a peu de temps.
_ Au vu des éléments exposés ici et des événements de plus en plus irrévérencieux à notre encontre ces derniers siècles, intervient Artémis, j’estime que la sanction que nous avions prise à l’égard de cet humain indélicat est adéquate.
_ J’ai voulu moi-même en avoir le c½ur net, affirme Hermès à côté d’elle. Je me suis rendu aux prisons pour voir de mes yeux cet affront. Je ne me suis jamais autant senti insulté par le simple regard qu’il pouvait me jeter. Cette punition est sans conteste la plus appropriée. »
Les mains posées avec grâce sur les accoudoirs de son majestueux fauteuil, les jambes croisées avec élégance, Aphrodite Déesse des Plaisirs et de la Beauté propose d’une voix douce mais assurée : « Je suis profondément choquée par l’impudence de cet homme. J’insiste pour que les Anges qui forment ma garde personnelle, s’occupent de châtier cet individu dans l’arène. »
Enfin, tous tournent leur regard vers le siège du milieu, celui qui fait face au trône de Zeus.
Silencieux depuis le début, le visage inexpressif, Apollon attend que le silence règne, pour offrir sa divine parole.
Ses petits yeux plissés se lèvent en direction du trône.
Sans en attendre la permission, preuve de son influence pressante dans l’Olympe, le Dieu du Soleil s’adresse à leur souverain avec ses courtes phrases qui le caractérisent si bien : « Et bien. Dieu des dieux. Voici la preuve, s’il en fallait une, de ce que je t’avançais. Sous la coupe d’Athéna, les hommes se dressent contre nous. Ce chevalier mourra contre le premier Ange auquel il sera confronté. A défaut de celle des humains, cette divine punition fera accroître la foi des olympiens en nous. »
Aussitôt, les regards se lèvent sur l’empereur des cieux. Sachant qu’une réponse de sa part est attendue, Zeus se racle au préalable la gorge.
Le son provoqué est si intense qu’il retentit tel un coup de tonnerre.
Au sommet de l’Olympe, un éclair déchire le ciel.
Les mains épaisses du roi des dieux, tombent sur ses cuisses habillées d’une courte jupe blanche, provoquant un second grondement.
Ainsi, il prend appui sur ses jambes et se lève pour exposer ses deux mètres quarante-sept maintenus par une musculature inouïe.
Il réajuste le voile blanc qui passe au travers de son torse et habille la moitié de sa poitrine.
Ses yeux larges et plissés sont coiffés d’épais sourcils. Ceux-ci sont d’un blanc aussi grisonnant, que sa longue et opulente chevelure. Celle-ci se mêle à sa barbe dense, qui descend jusqu’au c½ur de ses pectoraux taillés dans le marbre. 
Lorsqu’il commence à ouvrir la bouche pour apporter sa réponse, le temps semble se suspendre. Tous sont pendus à ses lèvres. Sa voix détone à en faire trembler les murs : « La situation est en effet préoccupante. Jamais je n’aurai pu croire qu’un humain se rende coupable d'une telle offense à l’égard de l’Olympe. Lorsque j’ai légué la Terre à ma fille Athéna, j’espérais qu’elle ferait des hommes des êtres à notre image. Hélas, le vice qui les ronge les condamne de génération en génération à notre colère. Cependant, depuis mon retrait dans l’Olympe, j’ai pris pour habitude d’écouter les c½urs des humains en faisant réincarner sur Terre mon Aigle et mon Trait de Foudre. Ils me servaient de messagers et me permettaient de peser le pour et le contre entre les qualités et les défauts des hommes. »
Le maître des huit divinités réunies ici s’assied, comme pour conclure sur une indécision.
Préférant obtenir une autre réponse, Apollon lui suggère : « Pardonne-moi dieu des dieux. Tu sembles soucieux. Toutefois, cela fait des siècles que nous te faisons part de notre inquiétude. La gouvernance des hommes par Athéna laisse à désirer. Elle les soutient dans leur rébellion contre notre autorité. Certains en viennent même à nier notre existence. Ton Aigle et ton Trait de Foudre sont la preuve que même réincarné, un olympien peut être corrompu par la bassesse des hommes. Aujourd’hui, ils ne sont pas revenus vers toi. Ton Aigle et ton Trait de Foudre, ont bafoué leur allégeance en ton nom. »
Pensif, presque dérangé, Zeus passe sa main dans sa barbe drue.
Ses yeux prennent la direction du dernier membre de leur comité.
Cette déesse, bien silencieuse depuis le début du débat, observe les siens.
_ « Lesquels mènent le complot et lesquels en sont victimes, s’interroge-t-elle ? »
L’intimité à peine dissimulée par quelques ornements, quasiment nue, celle qui est apparue à Apodis sous une toge sombre au tissu très fin, réalise la tournure que prennent les événements. P
référant ne pas faire le jeu de ses semblables, elle s’est mue jusqu’à présent dans le silence.
Néanmoins, la voix caverneuse de leur souverain l’interpelle : « Et bien Déméter. Tous ont donné leur avis ici sauf toi. Que suggères-tu ? »
L’entité aux longs cheveux noirs de jais, préfère ne pas éveiller les soupçons et fait le jeu des conspirateurs : « Seigneur Zeus, le coliseum n’a pas été utilisé depuis des siècles. Je pense qu’il serait du meilleur effet d’y inviter votre peuple pour les divertir. La mise à mort d’un homme leur offrira un passe temps original. Quant à nous, cela nous rappellera aux bons souvenirs des guerres d’antan. »
Cette réponse satisfait Héphaïstos, Héra et Hestia qui arborent une expression suffisante. Apollon, lui, reste terne comme à son habitude. Ravi néanmoins au fond de lui que son plan se déroule comme prévu.
Voyant que Zeus ne partage pas les mêmes certitudes qu’Aphrodite, Artémis, Déméter et Hermès, le Dieu du Soleil précise : « Dieu des dieux. S’il t’en fallait plus, je me contenterai de citer la légèreté d’Hébé. Comme ma s½ur Athéna. Elle a toujours cru bon de se réincarner parmi les hommes. Les encourageant même, dans leur entreprise de destruction du temple d’Hestia sur Terre. »
Confronté à une vérité montée de toute pièce, Zeus n’a pas d’autres choix. Il fronce les sourcils et grommelle : « Qu’il en soit ainsi. Le chevalier d’Athéna sera jeté dans le coliseum. Il affrontera les Anges au service d’Aphrodite comme celle-ci l’a proposé. Il les affrontera jusqu’à ce que mort s’en suive. »


Durant ce temps, à l’intérieur d’un temple qui porte encore les traces de l’occupation athénienne de ces derniers mois, Marin recouvre ses esprits sur Yíaros.
Son premier réflexe est de caresser son visage, pour s’assurer qu’il est toujours caché.
A cet instant, la stupeur la prend, ses doigts caressent sa peau. « Mon masque, s’inquiète-t-elle aussitôt ! »
Elle bondit de la couche où elle se reposait, sans se soucier de ses plaies encore fraîches.
Heureusement, la voix chaleureuse et familière de Juventas la ramène au calme : « Ne t’en fais pas. Tu es dans le temple réservé aux prêtresses d’Hébé. Le temple des femmes, le temple d’Héra. »
Marine se saisit immédiatement du masque, que lui tend l’Alcide des Juments de Diomède : «  Merci. Je… Je ne voulais pas te sembler impolie. »

Les deux jeunes femmes sortent côte à côte.
Leurs regards dissimulés fixent une statue d’Hébé qui trônait autrefois fièrement devant ce temple et qui est maintenant couchée et brisée, après le massacre orchestré par les Athéniens.
_ « Il ne reste plus rien d’elle désormais, déclare tristement Juventas. »
La voix venue du ciel et communiquée par télépathie par ¼dipe, réagit au sous-entendu de son amie. Son apparence disgracieuse fend l’air, pour le laisser prendre place à proximité des jeunes femmes : « C’est faux. Il règne sur cette île une atmosphère bienfaisante. Comme si l’empreinte du cosmos de notre Majesté était ancrée à jamais. Et le plus important, c’est que cette île a toujours vu ses habitants vivre dans l’amour. De notre divine Hébé, il restera toujours nos c½urs aimants. »
Au loin, Juventas regarde sa fille Agape courir après d’autres enfants.
_ « Et si d’Iphiclès il me reste Agape, que me reste-t-il d’Apodis ? Et de Baucis ? Et Philémon, relance avec peine Juventas ?
_ Il nous reste l’espoir, tend Marin le Jonc que ses amis ont gagné. Ils sont parvenus à arracher cet artefact indispensable à la protection d’Athéna, pour les véritables combats à venir. Maintenant nous pouvons passer à l’étape suivante. Une fois qu’Athéna aura repris son Sanctuaire…
_ Oui, l’interrompt Juventas. Une fois qu’elle aura repris son Sanctuaire, seulement à cet instant, nous prêterons allégeance à Athéna. Maintenant, l’étape suivante, quelle qu’elle soit, sera pour moi de protéger l’île et de veiller sur le peuple.
_ Après la mort d’Iphiclès, Juventas est devenue le général des armées hébéïennes, précise avec beaucoup d’affection pour Marin ¼dipe. Sans déesse désormais, Juventas devient légitimement la régente d’Yíaros. A cet effet, je deviens son sujet. Et je préfère t’avouer que je lui donne parfaitement raison sur sa décision. La querelle interne au Sanctuaire d’Athéna nous a coûté tout ce que nous avions. »
Soutenue, Juventas, le corps noyé par les larmes qui s’échappent de sous son masque, conclut d’une tape amicale sur l’épaule de Marin : « Le premier Jonc que tu avais ramené sur Yíaros repose toujours sur le siège d’Hébé. Tu es libre de le reprendre.
_ Je comprends votre décision, baisse la tête amèrement Marin. Je poursuivrais donc, seule, mes investigations. Cependant j’aimerai, au contraire, avec votre accord, laisser ce second Jonc ici, en compagnie du premier. Je ne voudrais pas qu’ils finissent entre de mauvaises mains, si je venais à faire une sale rencontre.
_ Bien entendu. Je te laisse le soin de réunir au Parthénos les deux Joncs. Nous restons les alliés d’Athéna, même si cette quête en son nom s’arrête ici pour nous. »


En Olympe, à l’intérieur du temple du dieu du Soleil, aux pierres aussi froides que son c½ur, Apollon laisse son fidèle serviteur, le vieux Roloi, lui tenir sa cape pour faciliter son avancée.
Derrière eux, l’Ange le plus puissant de l’Olympe, Helénê, connue sous le nom terrestre de Ksénia, arbore un sourire à mesure que le petit bonhomme moustachu félicite la stratégie de leur maître : « … De plus, vous devez être ravi que ce soit sa Splendeur Aphrodite, qui propose de punir le chevalier. Alors qu’elle n’est même pas complice de votre plan, elle suit parfaitement le déroulement de celui-ci. Et sans compter Hermès, à qui il a suffit de voir la grossièreté de l’humain pour être certain de sa culpabilité. »
Arrivé devant une litière sur laquelle il choisit de s’allonger, Apollon se défait de l’assistance de Roloi d’un mouvement de bras qui signifie tout son agacement.
Les gros yeux inondés de bêtise du bougre au crâne dégarni s’écarquillent malgré tout pour exprimer un plaisir tout particulier lorsque Apollon prend la parole.
_ « Tes conseils m’ont été d’une grande utilité également, le satisfait Apollon. Il faut le dire. Avoir séparé l’Aigle et le Trait de Foudre de Zeus dès leur enfance terrienne. Il s’agissait d’une ingénieuse idée. Aujourd’hui Zeus ne peut voir que les défauts des hommes, que rapportent les Olympiens. Il ne voit plus ce qu’il prétendait être leurs qualités, lorsque ses seconds les lui rapportaient. »
Roloi s’écarte pour laisser d’autres serviteurs servir à leur maître du nectar et de l’ambroisie.
Face à l’euphorie de Roloi, Helénê s’emballe : « Maintenant qu’Hébé a été anéantie, Athéna est désormais seule sans le soutien de quiconque. C’est le moment idéal pour porter un coup fatal. »
Tout en tournant autour de la vénusté Roloi la regarde avec indélicatesse. Prêt à laisser balader quelques mains bien audacieuses sur les courbes de l’Ange, Roloi préfère atténuer son enthousiasme : « Agir ainsi serait bousculer les choses. Alors que tout se met en place progressivement, il serait dommage de tout gâcher. »
Elle corrige les mauvaises manières du vieillard sénile, en lui tapant la main.
Face à tant de décontraction, Apollon prend un ton impérial qui impose le respect à ses deux sujets et fait fuir ses esclaves : « Cessez vos imbécillités. Helénê n’a pas tort. Athéna est affaiblie. Mais Roloi a raison. Les autres dieux qui ne sont pas au fait de mon plan tombent dans le piège. Ils se font manipuler aisément. Tu as semé quelques graines sur Terre Helénê. Auprès d’Hadès. Auprès de Poséidon et d’Odin. Auprès d’Arès également. Laisse-les donc germer. Athéna sera obligée de commettre l’irréparable. Ne laissant plus d’autre choix à Zeus, que d’accepter ma réalité. »


En Grèce, les vagues viennent mourir sous les pontons du port de l’île d’Yíaros dans le calme le plus total.
Assise au bout d’un de ceux-la, Marine retire son masque pour scruter l’horizon.
Elle est perdue dans ses pensées : « Je repars de zéro à présent. L’idéal serait pour moi de récupérer mon Pendentif de Zeus. Cette vision que j’ai eu lorsque j’ai été frappée par le cosmos d’Hestia m’a délivré quelques signes. Hélas, je ne sais comment les interpréter. En plus de l’Olympe, je suis chassée par le Grand Pope. Et le seul qui n’en a cure et qui dispose des connaissances nécessaires est Mû de Jamir. Je n’ai que lui vers qui me retourner. »

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Only for Love / Re: Chapitre 2 - Un coeur de glace
« on: 26 February 2020 à 10h30 »
NEWS

Cette version du second chapitre est une version rééditée de la publication originale du 19 avril 2010.
Bonne relecture aux lecteurs les plus fidèles, et bonne découverte pour les nouveaux.

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Only for Love / Chapitre 57 - Un avertissement pour l'Olympe
« on: 9 February 2020 à 18h39 »
Le lendemain de la catastrophe s’annonçait terrible pour Marine. Comment allait-elle rentrer sur Yíaros et surmonter le regard accusateur des hébéïens ? Non seulement l’île avait perdu deux Saints d’Athéna, Philémon et moi, qui avions adoptés Yíaros comme notre seconde patrie, mais une enfant du pays, Baucis. Et surtout, leur raison d’être, l’objet de leur culte, leur bienfaitrice, la Déesse de la Jeunesse, Hébé.
Dans l’Olympe, l’échec d’Hestia allait certainement faire grand bruit, puisqu’il représentait également un revers pour les conspirateurs du royaume céleste…



Chapitre 57 - Un avertissement pour l’Olympe

En Grèce, au Sanctuaire, dans la chambre du Pope :

3 novembre 1986.
Dans les couloirs des appartements du Grand Pope, seuls quelques gémissements ambiancent le bâtiment désertique. Ces bruits, semblables à des sanglots, proviennent du maître des lieux.
Agenouillé, le visage libéré de son masque et de son casque, Saga la mine bleuie par les larmes, marmonne : « Ainsi tu as été au bout de ta mission sur Terre… Ma chère Ambroisie… Hébé… Je t’aimais tellement. »
Il s’effondre à genoux : « Plus de doutes possibles. Je ne ressens plus ta cosmo énergie. Le mal qui m’habite voulait attenter à ta vie. Cependant, l’humanité et l’amour de notre passé commun avaient réussi à lui arracher un compromis, en te laissant prisonnière de ton île. Ainsi, tu gardais la vie sauve sans contrecarrer mes plans. Maintenant, je n’ai plus à m’en faire. Je peux libérer ton île de mon contrôle et rappeler mes hommes pour accroître mon autorité auprès de mes sujets situés dans les domaines annexés, comme ceux où se cachent les renégats qui ½uvrent pour Saori Kido. Je n’ai plus rien à craindre d’Yíaros. Malheureusement… »
D’un revers de la main, il essuie ses larmes et ramasse son heaume rouge, pendant que ses cheveux se teintent d’un blanc grisonnant : « Oui… Car hélas, ta mort ronge encore un peu plus le peu de bien qui restait dans mon c½ur… »


Dans une dimension qui surplombe la Terre, l’Olympe :

Au pied du Mont Olympe, au sommet duquel le temple de Zeus surplombe le domaine des cieux, dans un des onze palais appartenant aux autres divinités olympiennes, la tension est palpable.
Dans cette demeure en pierre aussi froide que le c½ur de sa propriétaire, cette dernière passe sa main sous son épaisse bure contre son abdomen marqué d’une légère cicatrice. Aussitôt, chaque fois que ses doigts buttent contre la bosse qui marque la réunification de sa chair, ses petits yeux plissés défient la lame qui l’a transpercé.
Celle-ci, la dague brisée d’Hébé, trône sur un banc de pierre.

Vexée, marquée au plus profond d’elle par la découverte d’un sentiment nouveau : la douleur, provoquée par un humain, Hestia tire chaque seconde un peu plus fort le voile qui couvre ses cheveux rougeoyant pour s’y camoufler. « Voici ce que les faibles appellent la douleur ? Et la sensation qui s’en suivait… Etait-ce ce que les humains considèrent comme la peur ? », se tracasse-t-elle.

Face à elle, tenue droite dans sa longue robe pourpre, Héra garde toute sa hauteur en dévisageant la Déesse du Feu Sacré. Son visage fin et ses traits très tirés expriment à chaque instant la supériorité dont elle se glorifie : « Comment cela est-il possible ?
_ Je n’arrive pas à comprendre moi-même. Tout était sous contrôle.
_ Rien qu’avant cela. Ils sont tout de même parvenus à vaincre un Ange, un de nos puissants serviteurs.
_ Mais après cela, ils étaient à ma merci… »

Une voix indélicate et bien connue des déesses, ne dégage aucune formalité malgré la révérence que son propriétaire se devrait d’avoir : « Toujours est-il que les deux Joncs d’Athéna sont libres à présents. Si la Chouette venait à récupérer son bracelet… »
Héra identifie aussitôt l’importun. Un vieil homme, habillé d’une simple toge blanche, accrochée stratégiquement par des broches en or. Il tire sur ses fines moustaches à chaque coin de ses lèvres.
_ « Roloi, le serviteur du chef d’orchestre de notre plan ! Ne t’inquiète pas vieillard sénile ! Cela n’arrivera pas. S’il n’est pas parvenu à la tuer, l’Ange à qui j’avais confié cette mission a réussi à mettre la Chouette hors d’état de nuire.
_ Tu peux donc dire à ton maître qu’il est inutile de s’inquiéter. Notre dessein est toujours aussi infaillible, rajoute Hestia. »
Le bougre, de petite taille, le crâne au sommet dégarni, ne gardant qu’autour de la tête une épaisse touffe de ses cheveux blancs coton, avance en mettant tranquillement un pas devant l’autre. Sous ses étroits sourcils, ses grands yeux ronds prennent la direction de la déesse qui le toise. Ses yeux sont inondés de bêtise :
_ « Hestia ! Comment se porte la déesse poignardée par un humain ?
_ Comment oses-tu t’adresser ainsi à une déesse de l’Olympe misérable être abject ? », s’insurge la Déesse du Mariage du ton emprunté à l’encontre de sa semblable. 
Roloi courbe immédiatement l’échine et passe ses mains sur sa tête comme pour se protéger du courroux d’Héra.
Heureusement, une voix grondante lui vient en aide : « Il n’a pas tort pourtant ! »
Un pas saccadé s’ensuit, présentant la silhouette de l’intervenant. Celui-ci, boiteux, approche l’assistance. Titanesque, au torse bardé de muscle, il expose son corps athlétique en ne le dissimulant qu’avec une toge enroulée autour de sa taille. Son menton carré est couvert d’une barbe broussailleuse qui passe sous son nez épaté. Il porte le même regard hautain que les siens.
Roloi remercie son sauveur. Il se redresse et gesticule comme un enfant à qui on vient de lever une punition : « Oh Seigneur Héphaïstos ! Quel plaisir de vous voir parmi nous ! »
Le Dieu du Feu, des Forges et des Volcans remet prestement le serviteur à sa place : « Il suffit Roloi ! Ce n’est pas parce que tu bénéficies de la protection d’un des nôtres, que tu ne dois pas te comporter comme tout bon olympien. »
Roloi cesse ses pitreries et s’agenouille illico.

Avec grandeur, le barbu poursuit : « Comme tu le dis Hestia, notre dessein est toujours aussi infaillible. Certes. Pourtant l’idéal aurait été que Pégase soit privé lui aussi à l’époque de son Jonc, afin d’éviter tout danger. »
Enfin, une dernière arrivée complète la discussion. Accompagné de la magnifique Helénê, connue sur Terre sous le nom de Ksénia, l’éminent Dieu du Soleil impose chez les siens un respect sans pareil.
Chacun incline la tête devant la grande et mince entité au regard bleu perçant et aux cheveux flamboyants.
Roloi se hâte de se prosterner à ses pieds, de l’autre côté de là où se trouve Ksénia. Entouré de ses fidèles sujets, Apollon conclut : « Hélas, inconsciemment, enfant, Athéna a réussi à protéger Pégase en l’envoyant devenir Saint au Sanctuaire. L’atteindre sans éveiller les soupçons de notre Seigneur Zeus était trop risqué. Voilà pourquoi j’ai envoyé Helénê, auprès des diverses divinités présentes sur Terre, pour affaiblir Pégase avant même que nous n’intervenions. Ainsi Odin fera involontairement la guerre à Athéna, sous la coupe de Poséidon, qui lui aussi servira à son insu nos intérêts. Enfin Hadès ne manquera pas d’affronter une fois de plus Athéna en cette ère. Avec autant d’occasions il est impossible qu’Athéna et Pégase ne soient pas poussés à la faute. Et s’il le faut, j’ai désormais Arès dans ma poche. Notre Seigneur Zeus aura alors face à lui un terrible constat d’échec. Sa fille à qui il a confié la Terre, sera devenue aussi malfaisante que les humains qu’elle affectionne. Dans ces conditions il nous permettra légitimement de prendre possession de son ancien royaume. »


A Jamir :

Au sein de la contrée himalayenne, les élèves de Mû volent peu à peu de leurs propres ailes.
Les conseils prodigués par le Saint du Bélier ne sont pas miraculeux, s’ils veulent maîtriser l’essence même du cosmos, Mei, Yulij, Médée et Nicol doivent trouver d’eux-mêmes leurs propres voies.

Le jeune couple, Mei et Yulij, y est parvenu à force de défiance l’un envers l’autre. A vouloir pousser chaque fois leurs limites pour surpasser l’autre, ils sont parvenus à s’y éveiller.
Tout en continuant à se chamailler, amoureusement, ils apprennent à le maîtriser totalement.

L’épouse de Mû rencontre plus de difficultés. Malgré la sagesse et la bienveillance inculquées par son conjoint, le Saint de bronze du Graveur doute beaucoup trop de l’avenir. Les évènements qui entourent le Sanctuaire et dont elle cause avec Mû la pousse involontairement à se poser trop de questions qui nuisent à sa totale concentration.

Une concentration dont s’arme pourtant Nicol. Le Saint d’argent de l’Autel n’a de cesse de se recentrer sur lui-même, lorsqu’il n’échange lors de débats passionnés avec Mû et qu’il n’observe pas les étoiles.
Celles-ci ont été bavardes ces derniers jours. Et il le sait : « Aujourd’hui est le jour de ma consécration. Les étoiles me l’ont dit, les signes qui entourent ma constellation sont sans équivoque. »
Une brise de plus en plus violente balaie les cheveux châtains clairs ébouriffés du jeune homme à la carrure digne d’une statue grecque.
Son visage, relativement mature pour un jeune homme de vingt-cinq ans, est paisible, détendu.
Quasi inexpressive, son attitude atteste qu’il a fait le vide dans son esprit.
Debout devant la tour de Jamir, dans laquelle ses amis prennent un léger repas, il ne pense plus à la faim. Les dialogues de ses camarades ne l’atteignent pas. Il ne fait plus qu’un avec la nature capricieuse.
La météo se gâte, le ciel s’assombrit. Le tonnerre gronde, sans que cela n’altère l’application du chevalier.
Une première goutte tombe depuis le ciel. Cet évènement, somme tout anodin en temps normal, ne passe pas ici inaperçu pour l’héritier d’Arlès.
En effet, le son de l’eau qui s’écrase sur le sol rocailleux lui parvient à l’oreille. Il résonne si fort dans sa tête qu’il lui permet de réaliser la teneur de son travail acharné. En effet, celui-ci a permis de mettre tous ses sens en alerte. Ce choc représente pour lui, le top départ de son dernier test.
A la première goutte, suivent d’autres. D’abord par dizaines, puis par centaines, et enfin par milliers.
Pourtant, tout en restant sur place, malgré une pluie désormais battante, Nicol n’est pas mouillé.

L’attitude parfois condescendante de Nicol à l’égard de Mei, a amené chez le japonais un sentiment de rivalité envers le grec.
Cela l’amène à s’intéresser en plein repas à l’étrange exercice auquel son concurrent se soumet.
Il rejoint Mû, déjà posté à une lucarne de sa tour, les bras croisés, entrain de l’épier.
_ « Incroyable. Un ½il innocent croirait que l’eau ne l’atteint pas.
_  Pourtant il est perpétuellement en mouvement afin d’éviter toutes les gouttes qui s’abattent sur lui.
_ Mû… Il bouge si vite autour du même point qu’il crée une image rémanente n’est-ce pas ?
_ Il n’y a qu’une façon de réaliser cela…
_ … c’est de se déplacer à la vitesse de la lumière. »

Dehors, le tonnerre gronde. Le vent est de plus en plus violent.
Des éclairs de plus en plus grands illuminent le ciel jusqu’alors assombrit par la grisaille.
Face à cela, Nicol reste impassible. L’image rémanente ne bouge pas d’un millimètre tandis que le grec est toujours au sec dans ses vêtements.
L’orage devient davantage menaçant et se sont désormais des trombes d’eau, poussées par des rafales violentes qui tombent à présent.
Soudain, l’image rémanente laisse apparaître que l’ancien disciple d’Arlès ouvre ses yeux.
Aussitôt, la foudre s’abat sur le sommet d’une montagne voisine. Immédiatement, l’apparence de Nicol disparaît.

Dans la tour, Mei observe le point de chute de la foudre : « Il a été suffisamment rapide pour arriver à la destination de la foudre juste avant elle. Il a pu calculer sa trajectoire alors qu’elle commençait à peine à illuminer le ciel.
_ Pour réaliser un tel exploit, il ne faut pas seulement se déplacer à la vitesse de la lumière, mais aussi ne faire qu’un avec la nature pour sentir le départ de la foudre et connaître le lieu où elle a va tomber. Même parmi nous, les Saints d’or, très peu en sont capables avec autant de précision.
_ Notre apprentissage du septième sens continue. Cependant, j’ai l’impression que pour atteindre le niveau de Nicol, il va falloir poursuivre davantage nos efforts.
_ En effet, Arlès a fait du très bon travail avec lui. S’il continue ainsi, il pourra très vite concurrencer les Saints d’or. »


Dans une dimension qui surplombe la Terre, l’Olympe :

Devant la montagne impériale sur laquelle siègent les douze dieux du royaume, après les demeures du peuple olympien et leurs innombrables prieurés, là où les chemins habituellement faits de pavés ne sont plus que des routes détériorées et désertiques couvertes de poussière, de dangereuses bourrasques soufflent sans cesse.

A l’ouest, la voie cesse devant un gouffre insondable. De celui-ci jaillissent d’incalculables colonnes sphériques. Elles pointent vers le ciel d’un bleu plus obscur que celui azuréen qui règne sur tout le reste du royaume
Personne ne s’aventure en ce lieu où sont réunis les ennemis de l’Olympe.
C’est au sommet des colonnes à la surface plate que s’impatientent les prisonniers. Il n’existe pour eux qu’une seule échappatoire. Lorsque la faim, la soif ou la peur deviennent trop insoutenables, la chute vertigineuse jusqu’au fond du gouffre offre une mort certaine, puisque ici l’abîme n’est autre qu’un passage vers l’Hyperdimension.

Au pic d’une des colonnes, seul au milieu d’autres tiges vides, un homme ne portant plus qu’un pantalon et aillant le bas des jambes revêtu par ce qui s’apparente être des morceaux d’armures, est étendu sur le dos. Son torse nu et son visage sont maculés de sang séché.
Profondément plongé dans le sommeil, quelques souvenirs du passé viennent le perturber…


Flashback
1981 - Cela faisait deux ans qu’Apodis avait été fait Saint.
Après des débuts où il se montra bien orgueilleux, les remontrances du Saint de la Lyre eurent l’effet escompté. Le Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis était devenu un chevalier respectable.

De retour de mission d’Egypte, le maître et l’élève finissaient de rendre des comptes au Grand Pope.
Désormais Saint aguerri, une nouvelle orientation attendait Apodis. Le Grand Pope venait de le proclamer sergent. Il allait avoir la mission de créer sa cohorte et de veiller sur le secteur ouest, sous le commandement du lieutenant Misty.
Pressé de retrouver sa bien-aimée, Orphée pris congé d’Apodis.

Plusieurs choses avaient changé depuis le départ du Saint de la Lyre.
Le post de général des armées qui lui était destiné, est finalement revenu à un autre, puisqu’il avait préféré s’attacher à l’apprentissage du Saint de bronze.
Maintenant, il devenait un Saint d’argent qui pouvait couler des jours paisibles en attendant d’être rappelé par le Grand Pope pour une mission.

La première chose que fit Apodis, une fois les marches des douze palais du zodiaque descendues, ce fut de se rendre dans la maisonnette de ses parents à Honkios.
Cela faisait deux ans qu’il avait été réquisitionné dans l’armée pour combattre les arèsiens.  Depuis, sa famille restait sans nouvelles.
Son père et tout le voisinage pensaient que, comme de nombreux jeunes soldats envoyés sur le front au moment de la Guerre Sainte contre Arès, le chétif grec n’avait pas survécu. Seule sa mère refusait de se résigner.

Lorsque la porte d’entrée s’ouvrit en grand pour laisser apparaître le visage plus mûr et la taille plus athlétique de son fils, Mujakis perdit connaissance.
Apodis réceptionna sa mère dans les bras : « Tu ne rêves pas maman. Je suis de retour.
_ Oh Apodis, mon grand garçon, si tu savais depuis le temps que j’attends que tu ouvres cette porte. Ton nom n’a jamais été cité, lorsque les prêtres énuméraient l’identité des morts retrouvés lors de la bataille. Je me suis toujours refusée à te croire… »
Le bonheur et les larmes l’empêchèrent d’achever sa phrase. Apodis la serra fort contre son torse bardé de muscles : « C’est fini. Je suis de retour à présent. »

Dans ces propos, on pouvait sentir une certaine affliction. Apodis reconnaissait difficilement sa mère. Elle avait le visage creusé, fatigué. Elle était devenue rachitique, tremblante et marquée de coups.
Apodis pointait du doigt un hématome que portait sa mère : « A ce que je vois, malgré mon absence, cela n’a pas empêché mon père, Frontinus, de manifester du mécontentement. Il s’en est pris à toi de façon plus acharnée depuis. »
La malheureuse baissa la tête sans rien dire.
Le fils averti releva sa mère et brandit son poing en l’air : « N’ait crainte. Désormais je suis assez fort pour te protéger.
_ Tu ne le verras pas. Il ne repasse que très peu à la maison. Il s’est fait une nouvelle bande d’amis. Ils jouent le rôle d’usuriers pour le compte de riches commerçants qui veulent récupérer de l’argent auprès de leurs mauvais clients. Ils sont sous la coupe d’une jeune femme qui était apprentie Saint. Une certaine Geist. Frontinus ne repasse ici que lorsqu’il est trop ivre pour poursuivre ses desseins. »

Le jeune homme aux cheveux bleutés réfléchissait. Il faisait le tour de lui-même dans cette demeure d’où il ne gardait que de mauvais souvenirs. Puis, il avança jusqu’au tableau accroché sur la cheminée. Il s’agissait d’un portrait de son ancêtre, Tenma de Pégase.
Il le décrocha et l’observa quelques instants. Il pouvait distinguer au dos de la peinture qu’elle était signée par un certain « Alone ».
Après avoir détaillé avec minutie le visage de son aïeul, il glissa le tableau sous son bras et décréta : « Bien. Ramasse tes affaires. Nous partons d’ici. Je suis devenu un Saint d’Athéna… »
Dès cette annonce, les yeux de sa mère s’émerveillèrent, témoignant toute la fierté qu’elle pouvait éprouver à cet instant devant la réussite de son petit garçon devenu un homme fier : « … et j’ai été nommé sergent dans le secteur ouest du domaine sacré. Nous allons commencer une nouvelle vie. Frontinus ne nous retrouvera pas. Et si ça venait à être le cas, je le châtierai. »
En quelques minutes, la maison fut vidée. En pleine nuit, Apodis entamait une longue marche à travers le Sanctuaire en tirant une carriole sur laquelle sommeillait sa mère et reposait sa Pandora Box ainsi que quelques vêtements et quelques victuailles.
Leur maison d’Honkios, symbole de tant de malheurs, n’était bientôt plus qu’un point à l’horizon. Un point enflammé, après qu’Apodis ait choisi d’effacer toute trace de leurs vies précédentes dans cette ville.

Le lendemain matin, à peine éloignée d’Honkios, Mujakis ouvrit les yeux et bondit de la charrue que tirait son fils. Celui-ci était absent à son réveil. La seule chose qu’elle reconnaissait, c’était un champ de ruines au beau milieu duquel se dressait un petit colisée.

A l’intérieur de celui-ci, Apodis avançait sous les regards défiants des soldats qui se tenaient adossés contre les murs ou les colonnes doriques.
Certains s’échauffaient ou ficelaient leurs protections en vue d’une rude journée d’entraînement.
Une voix familière à Apodis arbitrait un combat : « Allons soldats ! Qui est encore de taille à se mesurer à Cliff ? »
Apodis reconnut aussitôt le grand Pullo. Il fut son caporal à l’époque où lui n’était que simple soldat. Tout comme son compagnon Cliff. L’italien est resté auprès de leur instructeur pendant qu’Apodis apprenait auprès d’Orphée.
Apodis s’élança d’une voix enjouée : « Moi bien sûr ! »
Devenu aveugle durant la Guerre Sainte contre Arès, Pullo ne pouvait cependant pas se tromper. Il cria de joie : « Apodis ! »
A son tour, l’italien aux boucles blondes se jeta dans les bras de son camarade : « Apodis ! Tu es de retour !
_ Lors de ma convalescence on m’a appris que tu étais parti en compagnie d’Orphée, explique Pullo. D’abord pour apprendre les bases ici au Sanctuaire, puis pour une mission d’évaluation en Egypte. Je suis heureux de te savoir revenu. Ton cosmos inspire aujourd’hui sécurité et puissance. Tu as fais beaucoup de chemin ces deux dernières années.
_ Merci Pullo. C’est aussi grâce à toi que j’ai su relever la tête durant la guerre et ainsi recevoir l’armure de bronze. Néanmoins je suis attristé de voir que tu n’as pu recouvrer la vue.
_ Ce n’est rien mon garçon, il n’y a pas que les yeux qui nous servent à voir. Ce que le c½ur peut percevoir est bien plus passionnant. Et puis privé d’un sens, j’ai été forcé d’accroître mes perceptions grâce aux autres.
_ Et toi Cliff ! Je suis ravi de te retrouver en pleine possession de tes moyens, assura Apodis tout en déposant sa main sur l’épaule de Pullo.
_ Après la bataille il a perdu beaucoup de sang, répondit Pullo pour Cliff, et il n’était pas hors de danger. Néanmoins il a puisé au fin fond de son cosmos le courage de se relever. A peine la plaie était pansée, qu’il voulait déjà porter l’épée sur les derniers fronts où le Sanctuaire menait encore la lutte.
_ Depuis je suis resté dans la garde d’Athéna et j’ai été plus d’une fois du voyage pour m’assurer de la suprématie d’Athéna sur nos territoires annexés aux quatre coins du monde, compléta l’intéressé.
_ Il a même été promu caporal !
_ En fait j’ai été promu caporal à la place de Pullo ! Le Pope lui a « accordé » une retraite forcée en lui offrant une petite parcelle de terre à cultiver. Néanmoins, je ne l’y ai jamais vu poser les pieds. Il est toujours là à réprimander mes apprentis soldats ! »
Les trois acolytes se mirent à rire.
Ils finirent de fêter leurs retrouvailles autour d’un verre, sous la tonnelle dressée pour les services du caporal Cliff.
Après quelques joyeusetés, Apodis racla sa gorge, comme pour annoncer le sérieux de ce qui allait précéder : « Je suis heureux de vous avoir retrouvé sains et saufs. Au-delà de ça, ma présence ici est également intéressée. Je suis devenu sergent pour le secteur ouest du Sanctuaire. Je dois m’établir là-bas et y constituer ma troupe pour rattacher la défense de nos frontières. J’ai immédiatement pensé à vous. »
Cliff et Pullo levèrent aussitôt leurs verres en guise d’acceptation.
Toutefois, Apodis restait ferme : « Seulement, il me faut un seul caporal. Je compte sur les notions de respect, d’ordre et de discipline qu’impose l’expérience de Pullo. Je suis donc désolé Cliff. »
Malgré une pointe de frustration dans le regard de l’italien, celui-ci trinqua une fois de plus avec ses amis : « Je continuerai à apprendre de Pullo dans ce cas. »

Accompagnés de Pullo et Cliff, Apodis et sa mère arrivèrent dans un paisible village de l’ouest bien connu par le Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis, Paesco.
Ils trouvèrent devant la demeure d’Orphée, les Saints d’argent du Lézard et de la Lyre en pleine discussion.
Immédiatement, Pullo, Cliff et Mujakis s’inclinèrent. Apodis se courbait légèrement.
_ « Tu tombes bien Apodis, affirma Orphée en tendant le bras vers son disciple. Approche donc que je te présente à ton lieutenant. Il est également le capitaine de notre armée et dirige tous les Saints de bronze et d’argent. Misty du Lézard.
_ Voici l’élève d’Orphée ! L’élève de celui qui est notre modèle à nous tous, chevaliers d’argent et de bronze, gratifia Misty en penchant légèrement sa tête en avant. Le Saint d’or des Poissons que tu as déjà rencontré en te rendant chez le Grand Pope, m’a appris hier lors d’une de nos rencontres à quel point tu étais séduisant. J’ajouterai donc que tu apparais en plus de cela, comme quelqu’un de très mystérieux. Rares sont les jeunes Saints qui demandent à veiller sur nos murailles. En général, ils préfèrent s’attacher à la surveillance de la grande citée d’Honkios puisqu’elle respire la joie de vivre et les festivités. Ici, à l’ouest, nous sommes dans les campagnes les plus reculées du domaine sacré. Cela me fait donc plaisir d’avoir à mon service un jeune volontaire. D’habitude ce sont les anciens comme Mensa et Circinus qui postulent pour les postes frontières. Rares sont les intrus qui nous assaillent. Ici c’est un endroit paisible pour installer sa famille et ne pas avoir trop de travail. Loin des cités du centre, où il faut constamment intervenir pour régler les querelles, escorter les prêtres qui portent les malles de sacres de leurs temples jusqu’au capitole…Quoique le peuple dans les petits villages frontaliers est très uni et solidaire. Les révoltes contre la répression ne sont pas à écarter en cas de crises. Il faut donc faire preuve d’une grandeur d’âme et d’une bonté suffisante pour apprendre à gérer le peuple sous notre juridiction, mais également faire preuve d’autorité et de charisme pour mener une équipe. Sauras-tu faire preuve de toutes ces qualités ? Oui, tu le seras. Je le sens, continua Misty, sans laisser à Apodis le soin de répondre. A présent il va falloir que tu poses tes valises sur les terres que tu protèges. Comme tu peux le remarquer, ce n’est pas l’espace qui manque ici. Paesco est un village paisible, qui a beaucoup souffert de la Guerre Sainte contre les arèsiens. Prends le temps nécessaire pour te créer ton habitation en fonction de la solde que les intendants du Pope viennent de m’attribuer pour toi, lui dit-il en lui balançant une besace remplie de sacres. En général fabriquer son logement demande peu de temps à un Saint pour qui le poids des matières et la montre ne sont que rigolade en vu de ses capacités physiques. C’est pourquoi je te demande de composer par la même occasion une équipe de quinze hommes et de nommer parmi eux un caporal. Ta troupe veillera à la fois sur les murailles et les villages qui les longent, ainsi que ceux qui rejoignent le centre du domaine. Les sergents Mensa Saint de bronze de la Table et Circinus Saint de bronze du Compas te donneront plus en détail l’étendue de notre zone de surveillance. Chaque mois je vous annoncerai vos plannings de surveillance, afin que vos troupes travaillent en roulement. Lorsque vous n’êtes pas à la sécurité des villages, votre caporal doit entraîner vos soldats tandis que vous veillez en même temps au développement économique, social, agricole et militaire de votre secteur. Tu incarnes dorénavant la loi du Sanctuaire tout en étant l’assistant personnel de chaque habitant… "

Après plusieurs minutes d’explications, Misty prit congé d’Orphée et d’Apodis, laissant le maître et l’élève à l’½uvre.
_ « Alors, penses-tu te construire un logis ?
_ Oui, quelque chose de grand et lumineux pour y installer ma mère. En parallèle, je compte dresser un camp pour mes hommes. Je me ferai ma propre demeure une fois que tout le monde sera à l’abri du besoin. Pendant ce temps, je vivrai avec mes hommes. »
Une voix venue de derrière Orphée demanda à Apodis : « Pourquoi ne viendrais-tu pas te loger chez nous en attendant ? »
Malgré les deux années pendant lesquelles il ne l’avait pas vu, Apodis reconnut tout de suite la s½ur d’Eurydice qu’il appréciait tant. Netsuai.
Elle aussi avait bien grandi. Elle était resplendissante dans sa fine robe rose qui la serrait de la poitrine à la taille où un fin ruban de soie la maintenait. Son sourire rayonnait sur ce visage orné de ses beaux yeux bleus.
_ Merci beaucoup Netsuai, dit-il en lui passant la main dans ses fins cheveux bruns coiffés au carré, mais je ne voudrais pas vous importuner. Cependant, j’espère que cela ne m’empêchera pas de profiter de ta bienveillance lorsque je m’accorderai quelques instants de repos. »
Flashback


Le visage radieux et angélique de sa défunte épouse tire Apodis du profond repos dans lequel il s’est plongé d’épuisement.
La tête lui tourne terriblement et le moindre mouvement tire sur ses plaies à peine sèches.
Se tenant le crâne et grimaçant, il redresse son buste et détaille les lieux autour de lui.
« Rien. Personne. Que ces maudites colonnes. », constate-t-il.
D’un pas tremblant, il approche le précipice au fond duquel se trouve l’Hyperdimension. Il murmure : « Je ne sais pas ce qu’il y a au fond, mais je n’ai pas le choix, si je veux partir d’ici… »
Sans qu’il s’y attende, une voix féminine et impériale lui conseille : « Là-dessous c’est l’Hyperdimension. Si tu y tombes ton corps sera inexorablement désintégré. Tu ne parviendras pas à sortir de cette dimension comme tu as pu y entrer.
_ Qui est-ce, questionne-t-il en faisant le tour de lui-même, tout en en se maintenant ses côtes qui le font abominablement souffrir, qui est là ?
_ Ici il y a de nombreuses personnes. D’autres prisonniers. A des kilomètres à la ronde. Tous finiront par se jeter dans ce précipice. Mais toi, tu es un prisonnier spécial. Je sens que le sort qui t’est réservé est tout autre. »
En plissant les yeux, Apodis distingue l’apparence d’une femme quasiment nue, l’intimité à peine dissimulée par quelques ornements. Ses longs cheveux noirs de jais ressortent sur le fond quasiment blanc de l’horizon observé par Apodis.
Celle-ci lui tourne le dos et semble réussir l’exploit de marcher dans le vide avant de disparaître. Laissant Apodis plein de doutes.


A Jamir :

L’orage s’est dissipé pour laisser place à un temps plus clément.
Tous en profitent pour reprendre l’entraînement là où ils l’avaient laissé, notamment Mei, impatient à l’idée de surpasser son rival Nicol.

Ce dernier n’a pas bougé depuis qu’il a intercepté la foudre. Il s’est positionné en tailleur et médite de nouveau.
Sa perception affûtée lui permet de remarquer l’approche du maître des lieux.
_ « Seigneur Mû, dois-je comprendre en votre présence qu’il est l’heure d’une de nos fameuse conversation ?
_ Tu ne peux en vouloir à un ermite de vouloir converser avec un esprit cultivé, sourit le muvien.
_ Un ermite ? Derrière votre tour vit pourtant le reste de votre peuple. Je veux bien admettre que votre communauté soit peu nombreuse, cependant, vous ne pouvez dire que vous êtes seul.
_ Tu dis cela parce que ça ne fait pas longtemps que tu es chevalier. Tu comprendras très vite que la vie d’un Saint est faite de solitude. Nous frôlons la mort à chaque instant. Notre mission sur Terre et si fondamentale que notre existence peut cesser malgré notre jeune âge.
_ Oui, je comprends tout à fait. Je disais cela pour vous taquiner Seigneur Mû. Parfois, je trouve en vous l’attitude pessimiste de mon maître Arlès. Il faut dire qu’il était le frère de votre maître Shion. Vous avez dû hériter de leur mélancolie, rigole enfin Nicol.
_ Et pas toi ?
_ Cela se témoigne chez moi par une attitude plus austère.
_ Il faut dire que tu es bien plus mature que Mei et Yulij qui t’accompagnent.
_ C’est vrai, confesse le Saint de l’Autel. Heureusement, votre épouse m’accompagne et me permet d’évoquer certains sujets qui ne passionnent guère nos deux jeunes camarades. D’ailleurs, je m’inquiète énormément pour le devenir de Yulij. Je l’aime comme un frère peut aimer une s½ur.
_ Je comprends. La bataille que livre en interne le Sanctuaire peut s’avérer dangereuse. »
Nicol secoue la tête. Il pense à autre chose et se rapproche, sans le savoir, des visions qu’a eu Marine la veille, lorsqu’elle a touché le sceau qui retenait le Jonc prisonnier.
_ « Certes. Néanmoins, j’ai vu d’autres signes dans les étoiles. Je ne sais pas pourquoi, mais le combat que nous allons mener n’a rien à voir avec la reconquête du Sanctuaire. Quelque chose d’autre se trame. Une situation bien plus dangereuse que celles rencontrées par Athéna dans le passé. Je pense que la réponse se trouve auprès du Saint de l’Aigle. Les étoiles de cette constellation m’intriguent depuis plusieurs jours.
_ Dans ce cas si votre chemin venait à ne pas être celui de la libération du Sanctuaire, alors nos routes se sépareront. Mais j’ai foi en vous. Tout comme j’ai foi en les chevaliers que suit actuellement mon disciple Kiki. Je sais qu’ils parviendront à libérer le Sanctuaire du mal. Et si votre quête consiste à aider Athéna, alors elle n’en pourra qu’être plus utile une fois le Sanctuaire épuré du mal qui le ronge.
_ Merci Seigneur Mû.
_ Tu n’as pas à me remercier. Je reconnais dans tes propos la sagesse propre à Arlès. Tu disposes de tous les attributs nécessaire à un Saint de l’Autel qui destine ce chevalier à être le second du Pope, voire son suppléant si besoin est. »
Nicol, touché par une telle déclaration, scrute l’horizon avec fierté.


Dans une dimension qui surplombe la Terre, l’Olympe :

A l’intérieur de la demeure de la Déesse du Feu Sacré et du Foyer, les dieux conspirateurs, Apollon, Héphaïstos, Héra et Hestia, poursuivent leur bilan sous les yeux de Roloi et Helénê, les fidèles sujets d’Apollon.

_ « Tout de même, qu’un humain parvienne à blesser un dieu, cela me laisse circonspect, persiste Héra devant la mine confuse d’Hestia.
_ Plait-il ? Il ne s’agit en aucun cas d’un humain mais d’Hébé ! Cette traîtresse s’est sacrifiée pour les hommes et a affaibli Hestia, précise de suite Héphaïstos qui refuse qu’il soit porté atteinte à leur céleste statut.
_ Le coup a tout de même été porté par un humain, précise Héra, moins sûre qu’à l’accoutumée. C’est indéniable… »

Grand meneur de cette confrérie, Apollon se contente d’une de ces courtes phrases qui le rendent si charismatique et qui le caractérisent si bien.
_ « Héra à t’entendre on croirait que tu crains les hommes.
_ Absolument pas, assure-t-elle avec grandeur en bombant la poitrine. Je pare à toute éventualité. C’est tout. Il s’agit d’un guerrier d’Athéna. Il a réussi à porter un coup à l’une des nôtres. Que cela soit grâce à Hébé ou non, les faits sont là. De plus, il est parvenu à repousser Hestia jusqu’ici et à la suivre. Cela signifie que…
_ Il suffit à présent, interrompt Apollon, imposant à la Déesse du Mariage le silence. L’homme n’a jamais été rien d’autre qu’un cafard pour nous. Cela ne changera jamais.
_ Toujours est-il que la présence de cet homme en Olympe est une injure, rétorque Héphaïstos, seul semblable d’Apollon à oser lui répondre. Il est parvenu à traverser l’Hyperdimension. Notre dimension ! Et cela, indemne !
_ C’est un miracle, rajoute Hestia amère.
_ Seuls les dieux sont grands. Leurs actes sont semblables à des miracles pour les hommes. Les humains espèrent en accomplir. Car c’est tout ce qui leur permet de s’accrocher à leur misérable existence, annonce Apollon d’un sourire perfide qui témoigne de toute la confiance qu’il place en son essence divine. Traverser l’Hyperdimension n’est en rien miraculeux pour un Dieu. Ni pour un homme bénéficiant de l’assistance d’un dieu, adresse-t-il à Héphaïstos en lui balançant avec dédain la dague brisée d’Hébé après l’avoir saisit sur le banc de pierre où elle trône.
_ Alors ce guerrier est sorti indemne de l’Hyperdimension parce qu’il était protégé par la dague d’Hébé, aboutit Héphaïstos.
_ Il la tenait fermement dans ses mains jusqu’à notre arrivée en ce lieu, se souvient douloureusement Hestia. »
Héra reste néanmoins dérangée : « Toujours est-il qu’il est ici, en Olympe. Vivant. Sa présence ne peut qu’être préjudiciable à nos plans. Si le Seigneur Zeus venait à…
_ Dès son intrusion ici je l’ai fais conduire aux prisons de l’Olympe, réagit prestement Apollon. Voici des décennies que notre coliseum n’a pas accueilli de divertissement pour notre bon plaisir. Je me charge de Zeus. »



J’étais pris au piège, bien loin de m’imaginer le sinistre complot organisé par quelques olympiens.
Baigné par les souvenirs de mon passé, j’essayais de penser à autre chose, qu’à ma modeste condition dans la prison céleste.
Heureusement, la lecture des étoiles par Nicol, laissait présager que Marine ne serait pas seule pour poursuivre la lutte contre Apollon et les siens.
D’ailleurs, dans un monde ou chacun jouait un jeu, je me demandais si les conseils de cette femme mystérieuse étaient sincères. Pourquoi m’avait-elle sauvé d’un saut dans l’Hyperdimension ? Mais surtout, qui était-elle ?

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Only for Love / Re: Chapitre 1
« on: 1er February 2020 à 19h52 »
NEWS

Cette version du premier chapitre est une version rééditée de la publication originale du 19 avril 2010.
Bonne relecture aux lecteurs les plus fidèles, et bonne découverte pour les nouveaux.

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Bonjour,
Merci pour tes impressions.
Malheureusement une suite n'est pas d'actualité.

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Only for Love / Chapitre 56 - Une journée de sacrifices
« on: 2 January 2020 à 12h06 »
La journée du 2 novembre 1986, était celle où je réalisais que quel que soit le niveau de l’homme, jamais il ne lui serait aisé d’atteindre les dieux.
L’écart entre l’Olympe et la Terre se faisait nettement sentir.



Chapitre 56 - Une journée de sacrifices

En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

Après une chute de plusieurs centaines de mètres, Marine, Baucis et Philémon se réceptionnent au fond du gouffre où Apodis les a précédé.
L’étrange lueur qui provient de l’intérieur du temple leur indique le chemin à suivre.
Devant eux se dressent les vestiges du temple d’Hestia, où des colonnes doriques maintiennent la croûte terrestre qui forme le plafond.
Sur le parvis, là où restent seulement les bases de quelques statues arrachées, leur compagnon Apodis gît dans son sang.

Celui-ci, toujours conscient, appelle ses proches à la prudence : « Soyez vigilent les amis. Au bout du temple, au pied de la statue d’Hestia, sur un banc de pierre, se trouve le Jonc. Un étrange guerrier le garde. »
Philémon lève aussitôt les yeux dans la direction indiquée par Apodis et distingue leur adversaire. Un homme grand, mince, aux cheveux verts descendant sur ses épaules et devant ses sourcils.
L’impétueux chevalier se jette dessus en souriant : « Pas de soucis, je m’en occupe. »

La fine bouche de l’ennemi n’esquisse pas la moindre réaction et son regard est inexpressif.
Il se contente de sautiller sur le côté pour éviter le poing de Philémon. D’un geste acrobatique, il décoche à une vitesse folle un coup de pied au Lièvre qui s’écrase contre un pilier.

Voyant son concubin en danger, Baucis se précipite à son secours. Son poing libère ses Flèches d’Héraclès : « Héraclès Hunting Arrow ! »
Avec son seul index, le protecteur de la demeure se contente d’immobiliser chaque coup pourtant porté à la vitesse de la lumière.
Une fois la dernière flèche immobilisée, toutes se retournent aussitôt contre Baucis. L’Alcide est balayée par sa propre attaque.

A l’entrée du temple, Marine relève Apodis. Ses propos arrêtent le couple qui s’apprête à attaquer de nouveau : « Du calme Philémon. Baucis. Cet adversaire n’a rien à voir avec ceux que vous avez pu affronter jusqu’à présent. Il n’a rien d’un humain. Il est à mi chemin entre un homme et un dieu. Il s’agit d’un olympien. Plus précisément, un guerrier de l’Olympe, un Ange. »
Pour la première fois, l’Ange amorce sur son visage ce qui s’apparente à de la surprise : « En effet, je suis Peleus. Un Ange. »
Apodis marmonne : « Peleus… Comme le Pélée de la mythologie grecque, fils d’Eaque et de la nymphe Endéis ?! »
Marine confirme : « En effet, ces guerriers élus des Dieux de l’Olympe portent les Glories, des armures inspirées des héros et autres personnages importants de la mythologie. Si pour certains d’entre vous le septième sens est nouveau, pour ces êtres d’exception, il est inné. »
Philémon essuie le filet de sang qui s’écoule de sa bouche : « Tu m’as l’air rudement bien renseignée ! »
Peleus réalise à qui il a à faire et répond pour Marine : « L’Aigle. Tu es l’Aigle, je comprends tout à présent. »
Malgré la situation critique, Philémon chipote : « L’Aigle ! L’Aigle ! L’Aigle ! Ça va bien cinq minutes ces histoires d’oiseaux ! Qu’est-ce que ça signifie bon sang ? »
Marine n’apporte aucune explication. Elle fixe avec insistance la direction du bracelet scellé et demande à Peleus : « J’imagine que si je parviens à toucher le sceau, j’entrerai directement en contact avec l’Olympe et parviendrait à trouver où est détenu le Pendentif de Zeus ? »
Philémon continue de se plaindre : « Jonc d’Athéna ! Maintenant Pendentif de Zeus ! Est-ce qu’on va avoir le fin mot de tout ça ? »
D’un ton froid et monocorde, Peleus ignore Philémon : « Allons Aigle, tes pouvoirs sont scellés eux aussi. Tu es aussi faible qu’un humain ordinaire. Tu as beau avoir poussé le vice en devenant Saint pour développer un cosmos, la puissance du sceau te tuerait. Aucun humain ne peut ôter ce sceau. »
Marine réplique : « Mais tu l’as dis toi même, je ne suis pas humaine, je suis l’Aigle. »

Apodis interrompt le dialogue en se mettant devant Marine : « La seule chose que je comprends à vos histoires, c’est que toi seule, Marine, peux ôter le sceau d’Hestia n’est-ce pas ? Dans ce cas, Philémon, Baucis, nous devons tout faire pour protéger Marine et vaincre ce type ! La protection de la Terre est en jeu. Alors pour Athéna… »
Philémon concentre son cosmos : « Pour Athéna… »
Baucis les imite : « Pour Hébé… »
Tous trois se jettent en criant en ch½ur : « … A l’attaque ! »

Peleus se terre de nouveau dans le silence.
Avec son index droit et son index gauche, il repousse le Wing Jikan No Yoyu d’Apodis et le Héraclès Hunting Arrow de Baucis. Ceux-ci esquivent les contre-attaques, pendant que Philémon fonce à la vitesse de la lumière sur Peleus qui a perdu sa garde : « Lepus Sweep ! »
Ses deux mains occupées à repousser les arcanes d’Apodis et de Baucis, Peleus fait preuve d’une souplesse incroyable en fléchissant ses genoux pour courber son dos en arrière et laisser passer Philémon au-dessus de lui sans craindre le Balayage du Lièvre.
Désarmé, Philémon reçoit l’index de Peleus contre son poitrail. Cette fois-ci l’Ange ne se contente pas de repousser la technique de son adversaire, il attaque à son tour : « God Anger. »
Le Saint de bronze du Lièvre est propulsé en direction du plafond fait de terre. Il y reste encastré. Sur le sol retombent déjà des morceaux de son plastron imprégné de son sang.

Apodis et Baucis atteignent Peleus. L’Ange, de nouveau sur pieds, les voit changer de positions.
Baucis libère un souffle sablonneux dans chacune de ses mains, tandis qu’Apodis s’élance en l’air : « Sand Swirl ! »
Les Tourbillons de Sable cachent Apodis de la vue de l’Ange, sans pour autant l’inquiéter.
Chacun de ses index se charge de prendre le contrôle des bourrasques.
Pendant ce temps, Apodis recroqueville ses coudes alors que ses ongles s’allongent. Les trente neuf étoiles de sa constellation se relient dans le ciel et embrasent son corps. Tel un rapace qui rase le sol, il se rabat à grande vitesse en direction de Peleus.
Lorsque ce dernier est en mesure de repousser la technique de Baucis, il est surpris par Apodis venu le frapper de ses dix doigts affûtés et brûlants grâce à l’incandescence de son cosmos poussé au septième sens : « Shining Apus Claw ! »
De toute sa vitesse, de tout son poids, le grec s’écrase contre l’Ange qui n’a pas d’autre choix que de renoncer à repousser le Sand Swirl de Baucis. Apodis et lui sont pris dans les Tourbillons de Sable et les Serres Brûlants de l’Oiseau de Paradis.


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos :

A l’intérieur de son temple, Hébé médite sur son trône. Le Jonc d’Athéna amené par Marine serré dans sa main droite, la Déesse de la Jeunesse cramponne l’accoudoir de son siège avec la main gauche.

Prosternés à ces côtés, Juventas Alcide des Juments de Diomède et ¼dipe Alcide des Oiseaux du Lac Stymphale perçoivent un profond malaise.
Vêtus de leurs Cloths, les deux chevaliers voient leur doute être confirmés par leur déesse.
Celle-ci, douce et délicate, fait apparaître dans sa main gauche, d’un geste parfaitement contrôlé, une arme.
Juventas commente : « Un manche tressé d’un cuir bleuté qui permet de manipuler une fine lame ovale aux reflets azurs. Il s’agit de l’arme emblème de sa Majesté Hébé. »
Les grands yeux bleus de la déesse s’ouvrent enfin : « Baucis et les chevaliers d’Athéna vont avoir besoin de la plus grande aide qui soit. »
L’infirme ¼dipe utilise son cosmos pour faire résonner sa voix : « Éminence, vous n’allez tout de même pas vous rendre sur Ténédos ?
_ N’ait crainte ¼dipe. Si le Sanctuaire découvre que je quitte ce lieu, alors le Grand Pope sonnera la charge contre l’île. Il craint trop que je ne trouve Athéna pour m’allier à elle. Voilà pourquoi il préfère que nous nous neutralisions mutuellement. Lui, en encerclant l’île et ainsi en menaçant notre peuple si je tente une riposte. Moi, en restant ici sans tenter quoi que ce soit. Mon corps restera donc en ce lieu. Seul mon âme ira à la rencontre de Baucis et des autres. »
Juventas explose : « Altesse ! Avec tout le respect que je vous dois, c’est de la folie ! Si vous n’y envoyez que votre âme et que celle-ci est confrontée à une dure épreuve, il est possible que vous y succombiez ! »
L’amie d’enfance de Saga reste placide pour ne pas inquiéter ses deux soldats : « Je le sais. Hélas, Athéna lutte actuellement pour reprendre son Sanctuaire. Elle n’est pas totalement éveillée et est trop faible pour lutter contre ce qui attend Baucis et nos camarades. Cette bataille la dépasse pour le moment. Pour la justice, l’amour et la paix, il n’y a que moi qui puisse agir… »


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

Sous terre, dans les vestiges du temple d’Hestia, un nuage de fumée s’est soulevé après le choc des cosmos de Baucis et d’Apodis contre Peleus.

Avant que la poussière ne soit dissipée, Baucis crie déjà victoire.
Quand, inopinément, surgit face à elle l’Ange à la Glorie fissurée sur toute sa surface. Quelques plaies souillent son corps et le défigurent légèrement, pourtant son visage reste inexpressif face à la douleur et la colère.
Son arrivée imprévue désarçonne totalement Baucis prête à encaisser le God Anger.
L’index pointé contre le ventre de l’Alcide enceinte, Peleus est gêné par l’arrivée dans son dos d’Apodis.
Bien que son épaule gauche et son thorax soient blessés et sa Cloth partiellement endommagée, l’Oiseau de Paradis vient au secours de sa camarade.
Les sens en alerte, Peleus tourne sur lui-même pour accueillir en pleine face le courageux Saint d’un coup de pied retourné.

Renvoyé au tapis, Apodis a du mal à recouvrir tout de suite ses esprits. Peleus achève son acrobatie en balayant au sol les jambes de Baucis restée immobile. La jeune femme chute à son tour.
Lorsqu’il souhaite l’achever, Peleus est étrangement dérangé. Il remarque que Marine n’est plus positionnée là où elle était au début des assauts.

Subitement, grâce à un heureux réflexe, il lève les yeux au ciel. Il reconnaît l’Aigle foncer sur lui jambe droite tendue en avant : « Eagle Toe Flash ! »
Peleus réceptionne le pied de la Saint d’argent avec son index droit et renvoie contre elle toute la puissance de son arcane.
Baucis s’allie à Marine en projetant les Flèches d’Héraclès : « Héraclès Hunting Arrow ! »
Mais avec son autre main l’Ange repousse l’attaque contre Baucis.

Apodis se relève alors juste sous les yeux de son adversaire désarmé et le frappe de toutes ses forces en plein visage de sa plus puissante technique : « Frantic Fury ! »
Tel un oiseau qui s’élance de toute sa force et tout son poids, Apodis libère sa Furie Frénétique contre l’olympien. A la vitesse de la lumière, semblable à un éclair, l’immense sphère de cosmo énergie traverse la pièce et renvoie au fond du temple Peleus.
D’abord frappé en plein visage, le globe de cosmos a ensuite dévoré l’Ange pour matraquer l’ensemble de son corps.
Le gardien du Jonc s’écrase contre la statue d’Hestia qui se brise sous le coup. Les décombres fracassent le banc de pierre où repose le bracelet et le renverse au sol.

Apodis reste immobile à observer le poing duquel il a libéré ce miracle : « C’est prodigieux. Mes efforts réalisés sur l’île Kanon ont porté leurs fruits. »
Devant lui, retombe le diadème brisé de l’Ange. Il relève les yeux jusqu’à la statue brisée, en suivant du regard les tâches de sang et les débris de la Glorie qui jonchent les dalles.

Derrière le chevalier de bronze, Marine et Baucis se remettent de leurs efforts.
Baucis lève les yeux au plafond pour distinguer le corps de Philémon, toujours inconscient, encastré dans la roche.
Elle commence à s’avancer jusqu’à en dessous de lui pendant qu’Apodis suit Marine, pressée de récupérer le Jonc.

Soudain, Apodis perd son petit sourire joyeux. Son exceptionnel sens de perception ne le trahit pas.
Il a à peine le temps de pousser Marine au sol pour lui éviter d’être abattue, qu’il encaisse à sa place une terrible onde de choc qui pulvérise son plastron.
Sorti des débris, l’Ange au visage couvert de l’hémoglobine qui s’écoule de ses plaies murmure le nom de l’arcane administré : « God Anger. »
Son expression reste insipide. Son corps, revêtu d’un tissu prune arraché et d’une jupette déchirée, est protégé par quelques miettes de ce qu’il reste de sa Glorie.
Il n’exprime pas la moindre douleur, malgré l’état dans lequel il se trouve. Sans crier gare, il tend son index à nouveau en direction du plafond où est encastré Philémon et provoque une onde de choc pour le libérer de la croûte terrestre.
Tout en gardant le doigt tendu en direction de son adversaire, Peleus libère une seconde fois la Colère des Dieux pour abattre Philémon avant que celui-ci ne revienne à lui : « God Anger. »
La trajectoire de son bras est dévié par Marine : « Ryu Sei Ken ! «
Le fluide surpuissant de Peleus heurte le plafond et provoque un éboulement. Baucis se saisit de Philémon en pleine chute et s’extirpe à temps. Le couple retombe au sol pendant que Peleus se retourne en direction de Marine.

Celle-ci, préférant ne pas voir son arcane retourné contre elle, entame un corps à corps.
Peleus la devance, en lançant une droite qu’elle fuit en sautant au-dessus de lui. Elle retombe en le frappant avec le talon droit au sommet du crâne mais il lui bloque la jambe. Elle se déhanche alors dans les airs et parvient à le frapper à l’abdomen avec sa jambe gauche.
Tout en gardant son calme habituel, Peleus répond en lui balançant sa jambe gauche en plein visage. Heurtée de plein fouet, elle encaisse un enchaînement de plusieurs coups de poings successifs sur tout le corps.
Totalement désorientée, elle ne peut rien faire, lorsqu’il pose son index contre sa poitrine pour déclencher la Colère des Dieux.
Miraculeusement, un Tourbillon de Sable passe entre lui et Marine, le contraignant à abandonner sa tentative. L’Alcide de la Biche de Cérynie, débarque sur son flanc droit pour prendre la relève : « Sand Swirl ! »
Un autre Tourbillon de Sable dévaste tout à mesure qu’il s’approche de lui.
A bout de force, Marine, elle, tombe à genoux.

Avec son index, Peleus retourne en direction de Baucis le Sand Swirl. Celle-ci contre alors sa propre attaque avec un nouveau Tourbillon de Sable : « Si Marine a réussi à t’atteindre, cela veut dire qu’Apodis t’a considérablement affaibli. Je suis certaine qu’on peut te vaincre. Montre-moi donc jusqu’où tu peux aller avec ce qu’il te reste de cosmos : Sand Swirl ! »
Sans difficulté, Peleus repousse le Tourbillon de Sable. Baucis amplifie sa cosmos énergie jusqu’à son paroxysme pour repousser l’accumulation de cosmos en suspens entre eux deux : « Essaie donc de repousser l’accumulation de tous ces tourbillons mêlés à tout ce qu’il me reste de cosmos : San… »
Aux côtés de sa concubine, se redresse Philémon. Bien que meurtri après le God Anger encaissé, il adresse un sourire fripon à sa bien-aimée : « A cela je t’invite mon cher Pélée à repousser une seconde tornade… »
Le Saint du Lièvre libère sa cosmo énergie pour la conjuguer à celle de sa compagne : « Lepus Sweep !
_ Sand Swirl ! »
Les tornades deviennent des cyclones, obligeant Peleus à utiliser son second index pour les contenir.
L'amas de cosmos stagne devant l’Ange qui déclare sans la moindre émotion : « Il ne fallait pas vous attendre à un miracle. Vous n’êtes que des humains. »

Inopinément, les yeux du hautain personnage s’écarquillent lorsqu’il remarque que sur le côté Marine se redresse.
Ne pouvant réagir, il assiste, impuissant, à une énième tentative de la part des êtres qu’il dénigre.
Marine se jette à ses pieds, entre lui et les amas de cosmos, pour libérer de sa main droite : « Ryu Sei Ken ! »
Dans l’incapacité ni d’esquiver, ni de renvoyer les Météores, il les encaisse sans broncher. Cela le déstabilise suffisamment pour lui faire perdre son duel contre le couple.
Il est avalé par la tempête, déchiré puis pulvérisé avant d’être désintégré comme le seront plus tard Odysseus et Theseus.

Aussitôt la cible anéantie, les arcanes du couple se dissipent dans l’atmosphère.
_ « Je crois qu’on l’a eu. », sourit Philémon.
Baucis se laisse tomber sur le dos et soupire : « Oui, on a réussi. »


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos :

Autour de leur souveraine, ¼dipe et Juventas exultent : « Ils ont gagné ! »
La voix d’¼dipe gronde : « Ils sont parvenus à récupérer le second Jonc d’Athéna ! »

Néanmoins, leur gaieté tranche franchement avec l’anxiété de leur maîtresse. Celle-ci est affolée, elle tremble et est défigurée par l’angoisse : « Non, ils n’ont encore rien fait. La vraie bataille ne fait que commencer. »
Elle bondit d’un coup de son trône et plante sa dague dans les dalles de son palais.

Son corps, d’habitude si chétif, présente une tenue autoritaire et puissante. Ses sourcils sont froncés et son regard déterminé.
Juventas observe l’attitude inquiétante de la divinité. Celle-ci attache autour du poignet d’¼dipe le Jonc d’Athéna que lui a confiée Marine.
Né sans l’usage de ses cinq sens, ¼dipe perçoit grâce à son cosmos, l’énergie bienfaitrice d’Hébé entrer en contact avec lui : « ¼dipe, je te confie le Jonc d’Athéna en attendant le retour de Marine. Toi, l’homme qui a été abandonné par les siens à sa naissance, si tu as su trouver ici l’amour d’un peuple, c’est parce qu’au fond de toi tu as beaucoup à offrir, à partager. Le peuple d’Yíaros compte sur toi. Guide-le à la lumière, auprès d’Athéna, lorsque l’heure sera venue. Merci à toi d’être l’Alcide que tu es. Merci à toi d’être venu auprès de moi, pour offrir à la déesse que je suis, la richesse du c½ur d’un être humain. »
S’il le pouvait, ¼dipe pleurerait sûrement à l’heure qu’il est. Cette déclaration d’Hébé l’émeut tellement qu’il n’arrive pas à y répondre.

Hébé se tourne devant Juventas qui a déjà ôté son masque pour implorer la déesse de ses grands yeux noyés de chagrin de ne pas commettre l’irréparable.
Hébé vient cueillir le visage du nouveau général de son armée : « Ah… Juventas. Comme il me manque ce temps où j’étais Ambroisie et que nous nous promenions en compagnie de Saga et Iphiclès dans les champs de notre royaume. Iphiclès et toi n’étiez encore que des enfants, mais déjà vous exprimiez toute la bonté, la vigueur et l’honnêteté des hommes. Je ne veux pas que cela change. Hébé va partir à la rencontre de Baucis. Il ne restera plus ici que l’enveloppe charnelle d’Ambroisie. J’aimerai alors qu’à cet instant tu me serres dans tes bras comme je le faisais avec toi durant ton enfance. Accompagne Athéna lorsque la Guerre Sainte contre l’Olympe éclatera. Tu as retrouvé auprès d’Apodis la passion et la paix à laquelle aspire chaque être. Sers t’en pour lutter contre les dieux malveillants. Yíaros est sous ta juridiction désormais. Le royaume n’a plus besoin d’Hébé. Tout comme la Terre, il n’a plus besoin de dieux, mais d’amour, seulement d’amour. »
Elle baise le front de la jeune Alcide au visage bleuit par la peine…


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

Dans les vestiges du temple d’Hestia, se sont rajoutés aux ruines du passés, les débris des affrontements d’aujourd’hui.
L’essence divine d’Hestia qui imprègne ce lieu de culte abandonné permet aux torches de scintiller sans fin.

Elles éclairent Marine, esseulée, qui arrive à proximité du Jonc. Elle fixe l’artefact avec insistance et s’en saisit de la main droite. Elle se remémore le jour où elle a obtenu le premier Jonc qu’elle a confié à Hébé…


Flashback
Année 1981 - Il faisait chaud. L’air était sec et les vêtements du jeune garçon dont elle avait la responsabilité étaient noyés par sa sueur.
A proximité de Paesco, le village où elle vivait, Marine entraînait Seiya comme elle en avait l’habitude depuis presque un an.
Le petit garçon approchait le millième enchaînement demandé par le Saint d’argent, pour lui forger une résistante ceinture abdominale.
Sous son masque, les yeux de la japonaise scintillaient en voyant à travers l’enfant son petit frère disparu. « Toma… Es-tu toujours en vie ? As-tu survécu à l’attaque dont nous avons été victimes ? Sans mon Pendentif de Zeus, il m’est impossible d’accomplir la mission qui nous a été confié. Voilà pourquoi j’ai choisi d’entrer dans la chevalerie. Pour approcher nos jumeaux astraux, Pégase et la Chouette. Hélas, il semblerait que eux aussi aient été victimes d’un complot. La Chouette n’est plus auprès de Pégase. Et Athéna ne semble pas être présente dans ce Sanctuaire. Je vais donc devoir jouer le rôle de la Chouette, pour permettre à Athéna de se rapprocher de son plus puissant atout. Si Pégase est aux côtés d’Athéna, alors elle sera certainement capable de surmonter les maléfices qui s’abattent sur Terre. Cela nous aidera donc peut-être à nous retrouver. », pensa-t-elle.

La nuit venue, alors que le japonais reprenait des forces, étalé sur sa couche, la bouche grande ouverte, libérant un épais filet de bave qui confirmait son profond sommeil, son professeur le surplombait.
Les bras croisés, Marine regardait un bracelet accroché autour du poignet droit de Seiya. Le bijou est gravé de deux symboles s’entremêlant, Pégase et la Chouette. Marine soupire : « Seiya, si tu savais vraiment à quoi correspond vraiment ce bracelet. Normalement c’est ta s½ur qui devrait être auprès de toi pour te guider à Athéna. Malheureusement, je crains qu’elle n’ait été victime des maléfices de l’Olympe. Je vais devoir te priver du seul objet qu’il te reste d’elle pour tenter de la retrouver. »
Elle lui subtilisa délicatement l’artefact…

Le lendemain matin, comme chaque matin, il fallut à Marine un seau d’eau glacé qu’elle balança sur Seiya pour le sortir de sa torpeur : « Combien de fois faudra-t-il que je le répète ? Tu dois être capable de sentir dans le soleil cette source de vie qui t’habite. Elle t’est nécessaire pour apprendre à maîtriser le cosmos… »
Seiya baillait en ouvrant grand la bouche, obligeant Marine à le cogner derrière la tête : « … Seiya !
_ Mais ça ne va pas Marine ?! J’ai failli me mordre la langue !
_ Ça n’arriverait pas si tu sentais le soleil se lever ! Cela m’éviterait d’être obligé chaque matin à te tirer du lit ! Tu te dois d’être prêt à t’entraîner dès l’aube ! »
Seiya s’agaça en regardant en direction du seul souvenir qu’il avait de sa s½ur : « Pour une fille, tu n’es pas très douce. Au moins, pour me réveiller, Seika, ma s½ur me… Mais… »
Il bondit instantanément et défit ses draps : « Mon bracelet ! Le bracelet que ma s½ur et moi avions en commun ! Où est-il ? »
Marine joua parfaitement la comédie : « De quoi parles-tu ? »
Seiya, paniqué, déboussolé, tendait son poignet en direction de Marine : « Mon bracelet. Là ! A mon poignet ! J’avais un bracelet ! Je l’ai depuis mon arrivée ! Où est-il ? »
Marine lui tourna le dos et s’engagea : « Cesse de chercher des excuses pour ne pas aller t’entraîner ! Dépêche-toi à présent ! Nous sommes déjà en retard !
_ Je n’irai nulle part sans mon bracelet ! »
Marine le souleva par le col et le passa par-dessus elle pour le jeter dehors : « Je me fiche de ton bijou. Tu as dû le perdre en t’entraînant ! Si tu faisais un peu plus attention à ce qui t’entoure tu ne l’aurais pas perdu. »
Seiya, blessé et attristé, tourna la tête pour ne pas montrer ses yeux gondolés par les larmes.
Marine pensa en passant à côté de lui : « Je te le rendrai lorsque tu seras auprès d’Athéna et que j’aurai retrouvé mon Pendentif. Un jour, tu comprendras… »
Flashback


Elle sort de ses songes et approche sa main gauche, tremblante à l’idée de toucher le sceau d’Hestia.

Plus loin, Philémon avance en boitillant en direction du corps gisant de l’Oiseau de Paradis : « Je vois Apodis là-bas. Il faut voir s’il est vivant. »
Baucis qu’il ignore porter son enfant retient le petit grec : « Attends ! J’ai quelque chose d’important à te dire. »
Convaincu de leur victoire et de l’absence de tout danger, elle imagine le moment opportun pour lui annoncer la nouvelle. Elle caresse le bas de son ventre et ôte son masque de femme chevalier pour lui dire de ses yeux amoureux : « Je suis… Je porte… »


Brusquement, une lumière ardente et aveuglante envahie la pièce, l’empêchant d’achever sa phrase. Les hurlements de souffrance de Marine accompagnent cette lueur.

Philémon regarde, inquiet, sa bien-aimée : « Marine ! Le sceau ! Elle essaie de le retirer !
_ Cette lumière, on dirait celle qui émanait des animaux possédés par le feu sacré dans la forêt. »

Le corps peu à peu marqué par l’incandescence du foyer qui se dégage du sceau, Marine n’abdique pas. Elle tire de toutes ses forces sur l’estampille qui frappe le Jonc.
Des flashs lui viennent alors. D’abord des souvenirs, puis d’étranges liens avec ce qu’elle cherche réellement : Deux enfants… Une jeune fille et un petit garçon, son frère, Toma… Deux clochettes, les Pendentif de Zeus… Un temple aztèque, une tribu qui vénère le soleil… Au c½ur de la pyramide aztèque, son Pendentif de Zeus…

Autour de l’équipe d’Apodis, la terre se met à trembler.
Les colonnes se fendillent, permettant au plafond terreux de descendre peu à peu, menaçant les personnes qui se trouvent dans le temple d’être ensevelies.

Les remous ramènent Apodis à lui. Il se relève avec difficulté en tenant sa poitrine couverte de sang.
Il distingue difficilement Marine, prisonnière au beau milieu du foyer.

Cette dernière est toujours frappée par des flashs : Elle et Toma, battus, séparés… Un Ange qui apparaît devant eux… Le Pendentif de Marine dérobé… Puis, la tribu sud-américaine qui célèbre le sceau apposé sur le pendentif en forme de clochette…
Dans un hurlement surhumain, Marine réussit enfin à retirer le sceau et à libérer le Jonc.

Le foyer disparaît aussitôt et libère Marine de sa souffrance. Son corps est partiellement brûlé tandis que sa Cloth s’est fissurée sous l’effet de la chaleur.
Pourtant, cela n’empêche pas Marine de rire aux éclats.
La pensant folle, Apodis titube et demande : « Tu vas bien ? Marine ? »
Elle libère d’une voix pleine d’extase : « Je l’ai vu ! Mon Pendentif de Zeus ! J’ai un indice grâce au cosmos olympien qui imprégnait ce sceau. »

Philémon et Baucis les rejoignent. Le petit grec demeure impatient : « Tu veux être plus claire à présent ? »
Marine consent enfin à libérer le lourd secret qui l’entoure : « Mon frère, disparu, et moi-même, disposons d’un Pendentif de Zeus comme Pégase et la Chouette sont censés posséder un Jonc d’Athéna. Toutefois, le mien a été dérobé au même titre que celui de la Chouette. Le bracelet que détient Hébé et qui nous a guidé à celui-ci appartient à Seiya le Saint de bronze de Pégase. Normalement la Chouette est toujours à ses côtés pour rapprocher Pégase et Athéna. Cependant, durant l’apprentissage de Seiya, j’ai pu voir que la Chouette ne venait pas et j’ai compris alors que son Jonc avait dû lui être dérobé. J’ai donc pensé qu’en retrouvant le Jonc, je retrouverai les responsables de la perte de ma clochette. »
« Et tu l’as retrouvé ? », croit comprendre Baucis.
_ « Hélas non, pas précisément. J’ai besoin des connaissances d’un homme occupant de hautes fonctions et étant capable de m’éclaircir sur ce que j’ai vu. Je saurai alors où est retenu mon Pendentif de Zeus et je retrouverai mon frère. »
Apodis insiste : « Veux-tu enfin nous dire qui es-tu désormais ? Et nous expliquer à quoi servent ces bracelets et ces clochettes ?
_ Bien sûr. Je suis… »


Soudain, une voix retentit dans l’atmosphère et empêche Marine d’en dire plus.
Le ton est méprisant, l’allocution est claire et uniforme : « Misérables humains. Comment avez-vous pu vous permettre de bafouer mon temple ? »
L’espace temps se courbe mystérieusement à hauteur de la statue détruite d’Hestia et ouvre une brèche sur l’Hyperdimension.
Celle-ci libère une entité aux traits féminins. Sévèrement vêtue, seuls ses bras sont libérés de sa bure blanche. Un voile couvre sa tête et ses cheveux rougeoyants. Ses petits yeux sombres ne perdent rien de leur hauteur. Larges et plissés, exprimant à chaque instant la supériorité dont elle se glorifie, l’entité présente un visage très fin, aux traits très tirés.
Elle libère une cosmo énergie oppressante qui tétanise les quatre alliés.

Les chevaliers ne tardent pas à comprendre qu’ils ont en face d’eux la maîtresse de ces lieux.
La Déesse du Feu Sacré et du Foyer.
Hestia.

Pressentant une effroyable menace, Apodis passe devant ses amis pour les protéger : « Fuyez avec le Jonc à présent ! Je vais retenir Hestia ! »

A l’écoute de ces paroles injurieuses, le regard condescendant d’Hestia prend la direction du Saint de bronze.
Immédiatement, son corps se fige et une puissante déflagration lui souffle le torse et le visage, ne laissant plus que du Saint sa peau nue jusqu’à la taille, dévêtue du moindre tissu et du moindre morceau de Cloth.


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos :

Dissimulant du mieux qu’elle peut son affliction, Hébé libère Juventas de son étreinte et se relève en dressant sa dague en direction du ciel.
L’arme libère peu à peu une lueur azure, qui englobe au fur et à mesure qu’elle inonde la pièce le corps de la déesse.
Avant qu’elle ne perde de vue ses deux Alcides, Hébé leur adresse un sincère sourire : « La lutte continue. Comme nos cosmos, l’amour est immortel. »

Le scintillement atteint son apogée pour finalement cesser brusquement.
A mesure que ces yeux se réhabituent à la lumière ambiante, Juventas remarque le corps d’Hébé, debout, livide, le bras pointant la direction du ciel : « La dague… Elle a disparu. »
La cosmo énergie d’¼dipe complète : « Et la présence d’Hébé… Aussi ! »
Le corps, totalement désarticulé, s’affaisse.
Juventas s’en saisit à temps et le sert fort contre elle, comme le lui avait demandé sa déesse.
Avec effroi, elle hurle son nom : « Hébé ! »


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

A peine sortie de l’Hyperdimension, Hestia ne daigne même pas poser davantage les yeux sur le corps d’Apodis qui s’effondre sans vie.

Les trois derniers chevaliers se mettent en position sans que cela n’arrache la moindre réaction sur le visage impérieux de la Déesse du Feu Sacré et du Foyer. D’une voix toujours aussi imposante, elle commente ce qui vient de se produire : « Oser parler ainsi de moi comme l’a fait ce misérable est outrageux. »
Elle remarque enfin les trois acolytes en garde : « Vous qui essayez d’être supérieurs aux dieux, les dieux ne peuvent le permettre. Vous devez être punis. »
Marine réagit : « L’homme ne cherche pas à être supérieur aux dieux. Il essaie de vivre. »
Philémon, furieux devant le corps inanimé d’Apodis, complète : « D’ailleurs, que sont ces dieux qui ne protègent pas ceux qui essaient de vivre ?
_ Que sont ces dieux ? Un humain n’a même pas à poser une telle question… »
Elle tend son bras en direction du groupe, prête à invoquer la même technique que celle qui a eu raison d’Apodis : « … Les humains ne peuvent renier les dieux. Je vais vous rappeler pourquoi : Sacred Fire. »
Une lueur intense éblouit le souterrain et arrache tout sur son passage dans une totale déflagration, provoquant un peu plus l’effondrement du vétuste temple.

Insignifiants face à une déesse, le trio ne peut rien faire d’autre que de croiser les bras pour espérer se protéger.
A l’instant où le déchaînement du Feu Sacré s’apprête à les anéantir, un objet jaillit devant eux.
Celui-ci, la dague au manche tressé d’un cuir bleu marin et à la lame fine aux reflets bleu azur, resplendit et englobe les humains de son cosmos bienfaisant.

Une fois le souffle passé, Hestia reste inexpressive devant les survivants. Elle constate avec mépris : « Seul un objet divin peut réussir un tel miracle… Hum… Je vois… Les dieux qui se sont approchés des hommes ne valent pas plus qu’eux. J’espère que tu t’en rends compte, Hébé. »
Par-dessus l’arme, se matérialise l’apparence d’Hébé : « Protéger les hommes et les envelopper de leurs connaissances, voilà ce qu’un dieu est censé faire. »

Baucis est subjuguée par l’intervention de sa divinité protectrice : « Faute de ne pouvoir quitter l’île sous peine de laisser notre peuple à la merci du Sanctuaire, notre Majestueuse Hébé nous a envoyé l’artefact qui la symbolise. Tout comme Athéna possède Niké, l’arme d’Hébé est la dague. »

La Déesse du Feu Sacré et du Foyer ignore totalement la joie de ses adversaires et continue de se jouer de la Déesse de la Jeunesse : « Malheureuse. Être restée auprès d’Athéna sur Terre tous ces siècles t’a rendu aussi insignifiante que les hommes qu’elle protège. Tu en es réduite à projeter ton cosmos à distance, afin d’éviter à ton peuple la violence d’autres hommes. Mais une telle démarche, en plus d’être totalement stupide, t’affaiblit considérablement. Tu ne pourras pas protéger longtemps tes misérables vermisseaux : Sacred Fire. »
Une nouvelle vague de cosmos s’apprête à engloutir les chevaliers.
Devant eux, la matérialisation de l’âme d’Hébé écarte les bras : « Sweet Halo ! »
L’onde de choc des deux cosmos divins éloigne dans des directions opposées les corps des quatre chevaliers du temple.
Une radiation bleutée vient annihiler le Feu Sacré d’Hestia. Les deux cosmo énergies s’entremêlent. Elles forment entre les deux divinités une sphère d’énergie qui grossit davantage chaque fois que l’une ou l’autre déesse essaie de la retourner contre son adversaire.

Entre deux puisements dans ses ressources, Hébé se retourne et cherche les chevaliers qu’elle est venue défendre.
L’éclat provoqué par la confrontation lui permet juste de distinguer Marine et Baucis : « Partez. Partez avec le Jonc à présent. »
Marine hoche la tête et emboîte le pas à Philémon sans se soucier du reste, elle ramasse Apodis sur son chemin.
Avant d’approcher la sortie, elle lance un sincère : « Merci pour tout, grande Hébé. »
Derrière elle, Baucis refuse d’abandonner celle dont elle est censée assurer la protection : « Non Majesté. Je ne partirai pas sans être assurée que vous n’êtes plus en danger. Projeter votre âme loin de votre corps vous affaiblit. Je ne peux me résoudre à vous voir vous sacrifier pour moi. »
Le visage d’Hébé est de plus en plus déformé par la douleur. La boule d’énergie commence à pencher en sa défaveur. Cela ne l’empêche cependant pas d’adresser tout son amour comme elle en a l’habitude : « N’ait crainte. Il est du devoir d’un dieu de croire en l’homme. Je crois en vous. Lorsque la paix sera revenue au Sanctuaire et qu’Athéna aura surmonté les obstacles qui sont les siens, elle suivra la voix que je suis aujourd’hui. Et toi Baucis, tu l’accompagneras avec tes amis Alcides. A cet instant tu seras devenue une jeune et belle maman. Profite de l’amour et la tendresse d’un enfant. Bats-toi pour assurer cette vie de famille. Car c’est en cette époque que le sort du monde se joue. »
Hébé se retourne et puise dans ses derniers retranchements pour libérer son cosmos céleste : « Sweet Halo ! »
Un immense orbe azur se libère de ses mains et arrache le plafond terreux du temple, offrant au jour la possibilité de s’engouffrer en ce lieu. Au sol, les dalles sont soulevées et laissent sous elles des mètres de vide.
La vague d’Hébé désintègre tout sur son passage jusqu’à Hestia qui remarque sa bure se décomposer peu à peu.

Pourtant, la méprisante olympienne ne perd rien de ses sarcasmes : « Pauvre Hébé. Les dieux sont puissants et éternels. Nous avons le pouvoir. Toi qui as pactisé avec les hommes, tu ne peux égaler cette essence mirifique. Sacred Fire. »
Le cratère laissé par Hébé n’est rien par rapport au vide incommensurable provoqué par le Feu Sacré d’Hestia.
La genèse des deux cosmos divins prend le dessus sur Hébé et ravage ce qui restait du domaine abandonné de la Déesse du Feu Sacré et du Foyer.

Au pied de la sortie, Marine s’extirpe du gouffre avec Apodis sous le bras, tandis que Philémon revient sur ses pas chercher Baucis restée auprès de sa maîtresse et balayée comme un fétu de paille par la puissance d’Hestia : « Allons Baucis, fuyons. Nous ne pouvons pas rester ici. »
Sous son masque, Baucis est noyée par le chagrin : « L’âme d’Hébé va être anéantie par ce globe de cosmos.
_ Dans ce cas, ni toi ni moi ne pouvons faire quoi que ce soit. »
Face à la résistance de sa bien-aimée, Philémon se résigne à la cogner du tranchant de la main derrière la nuque pour lui faire abandonner toute résistance. Il s’élance à la suite de Marine.

Prise au piège, contenant du mieux qu’elle peut cette concentration ravageuse, Hébé regarde derrière elle pour s’assurer que les chevaliers sont à l’abri.
Elle n’échappe cependant pas aux quolibets de son adversaire : « Tu as le choix. Soit ton âme retourne auprès de ton corps, sauvant ainsi ta vie en abandonnant la lutte contre moi. Soit tu résistes et ton âme est détruite, ne pouvant plus jamais se réincarner et t’éliminant du court de l’histoire. Dans le premier cas, tu sacrifierais les hommes pour ton existence divine. Dans le second, tu irais au bout de ta bêtise et en mourrais. »
Hébé plie de plus en plus. La forme de ses mains commence à être avalée par le cosmos.
Hestia continue : « Il n’est pas trop tard. Admets que suivre les hommes est une hérésie. Tu auras la vie sauve et peut-être que l’Olympe te pardonnera tes affronts. »
Hébé sourit, son visage, d’ordinaire si magnifique, commence à être rongé par le cosmos : « Désolé, mais je vais suivre les humains dans leur quête. Hébé meurt peut-être, mais si un jour je peux me réincarner, j’espère être humaine de nouveau. Humaine dans un monde lavé de la jalousie des dieux. »
Hestia est furieuse : « Tu l’auras voulu : Sacred Fire ! »

La sphère devient semblable à un astéroïde formé de cosmos qui annihile complètement le corps d’Hébé, faisant peu à peu disparaître ses membres, érodant son visage.

Sortis du cratère qui ne laisse plus rien du temple détruit, Marine, Baucis et Philémon ne parviennent pas à garder leurs pieds au sol. Tout comme les arbres qui sont déracinés, pire, dissous par l’émanation du Feu Sacré d’Hestia, ils sont projetés aux quatre coins de la forêt, dans des directions opposées.
Accrochant de toutes ses forces le Jonc, Marine ne parvient pas à garder auprès d’elle le corps d’Apodis déjà dans un triste état.

A l’intérieur du fléau cosmique, avant qu’il ne reste plus rien d’elle, le tronc de la Déesse de la Jeunesse brille de mille feux. Une étincelle aveuglante au milieu de ce brasier libère une dernière fois la voix d’Hébé : « Hestia a peut-être raison. Les Dieux ont peut-être le pouvoir et l’éternité. Mais n’oubliez pas qu’en faisant exploser vos cosmos, vous donnez naissance à des miracles. A cet instant, vous fusionnez avec l’univers et êtes à jamais infiniment plus proches de lui. Ne l’oubliez pas. Ne l’oubliez jamais. Je ne vous dis pas au revoir, je sais à présent que je fais partie de cet univers avec lequel vous ne faîtes qu’un. »
L’étincelle d’Hébé s’étend.
Elle devient une lumière immaculée.
Elle contient le Feu Sacré d’Hestia à l’intérieur du cratère qui était il y a peu encore son temple.
Elle l’absorbe.
Le tout dans un bruit assourdissant.
Puis implose.
Laissant place au silence le plus absolu.
Tout disparaît.
Hébé.
Hestia.
Tout…


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos :

Sur les dalles du temple d’Hébé, les pieds déformés d’¼dipe tournent le dos à Juventas. Sa voix annonce : « C’est terminé. »
Le corps que Juventas tient dans ses bras, pâlit de plus en plus, au point de ne bientôt plus être visible et de disparaître.
Avant de n’être plus qu’un mirage, le message d’Hébé retentit aussi dans leur esprit : « Les Dieux ont peut-être le pouvoir et l’éternité. Mais n’oubliez pas qu’en faisant exploser vos cosmos, vous donnez naissance à des miracles. A cet instant, vous fusionnez avec l’univers et êtes à jamais infiniment plus proches de lui. Ne l’oubliez pas. Ne l’oubliez jamais. Je ne vous dis pas au revoir, je sais à présent que je fais partie de cet univers avec lequel vous ne faîtes qu’un. »


A la fin de cette forme d’adieu, Juventas attrape son visage dans ses deux mains et hurle de douleur : « Ambr… Ambroisie… Hébé… Majesté… Hébé ! »


De longues secondes, ¼dipe et Juventas restent enfermés dans le silence.
Chacun appréhende déjà la réaction du peuple. Mais bien avant ça, ils ne savent lequel des deux aura les épaules pour l’annoncer.
D’autres doutes les assaillent aussitôt : « Et maintenant ? Que faire face au Sanctuaire ? Et Athéna ? Et l’Olympe ? », se questionnent-ils tous deux.
Puis enfin, un long soupire les libère de leurs craintes et leur permet de se remémorer le message personnel, qu’Hébé a adressé à chacun d’eux avant de leur délivrer le dernier mot commun.

Juventas se relève enfin et réajuste avec élégance son masque, pour répondre à la remarque d’¼dipe : « Non, ce n’est pas terminé. Ce n’est que le commencement. »
Le corps ingrat d’¼dipe se retourne alors et, s’il savait sourire, il l’aurait fait volontiers.


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

Au large de l’île, les habitants sortent tous de leurs maisons pour s’échanger des regards circonspects. La terre tremble encore et un vent violent venu du centre de la forêt, a arraché la plupart des toitures.
Très vite, les plus bavards lancent des affirmations : « Les légendes de cette île étaient donc vraies ! »
Dans le bar où se sont battus les chevaliers, certains reprennent seulement leurs esprits : « Je suis sûr que ce sont ces sales touristes ! »
En recul du reste des autres bâtisses, la communauté grecque de l’île qui entretient la légende du temple d’Hestia reste coi. L’ancien de l’ordre se contente de souffler : « Cela devait arriver. Hestia n’a jamais vraiment été priée par les hommes. La colère de l’Olympe s’abat. »
Au c½ur du village, un courageux et robuste gaillard dresse son poing : « Je vais aller voir ce qu’il se passe ! » Aussitôt, il rameute autour de lui d’autres comparses intrépides.
Le vieillard vient alors les trouver : « Laissez. Laissez, vous ne pouvez rien faire. Ce qui se passe là-bas dépasse votre entendement… »


Au centre de l’île, dans ce qui était il y a encore une dizaine de minutes la forêt, Baucis, Philémon et Marine reviennent peu à peu à eux.
Leurs armures sont très abîmées et les femmes chevaliers ont leurs masques fissurés.
Première à être debout, le Saint d’argent de l’Aigle fixe quelques secondes le Jonc qu’elle a en main, avant de découvrir une terre de désolation.

Il n’y a plus aucune végétation. La terre est retournée. Si bien qu’il n’y a même plus de relief. Derrière elle, le sol est plat à perte de vue. Devant, il ne subsiste que le cratère laissé par les deux arcanes divins. Là où se trouvait le temple d’Hestia, il n’y a plus aucune trace des vestiges d’antan.
Seul, sur un monticule terreux, là où était positionnée l’âme de la défunte Déesse de la Jeunesse, subsiste le manche de sa dague dont la lame est brisée dès la base.

Baucis traîne les jambes, jusqu’à arriver au bord du précipice où elle reconnaît l’arme d’Hébé. Elle tombe à genoux, n’arrivant presque plus à reprendre son souffle, tant les sanglots lui montent.
Derrière elle, ne sachant que dire, Philémon se contente de s’accroupir et de la serrer fort contre lui.

Enfin, Marine s’inquiète : « Apodis ! Quelqu’un sait-il où il est ? »
Philémon grimace : « Il a reçu la technique d’Hestia de plein fouet. Je ne pense pas qu’il y a survécu. Et si c’était le cas, il a dû être trop faible pour résister à l’explosion. Je crains qu’il ne soit enseveli.
_ Impossible, je l’ai tenu contre moi du mieux que j’ai pu lors de la confrontation finale. Il ne m’a échappé qu’à la toute fin et je… Je… Je… »
Philémon remarque l’étrange attitude de Marine qui se tétanise. Il tourne la tête en direction du point qu’elle fixe : « Qu… Quoi… Mais… Mais qu’est-ce que… ? »

Plus loin, face à la dague d’Hébé, sur un autre monticule, là où trônait la statue détruite d’Hestia, la porte vers l’Hyperdimension est restée ouverte.
Baucis réalise : « Non. Le sacrifice d’Hébé a été vain. Hestia… Hestia n’est pas morte. »

La Déesse du Feu Sacré et du Foyer apparaît à la sortie de la porte dimensionnelle. Sa bure est quasiment arrachée, libérant ses courbes magnifiques et ses formes envieuses qu’elle répugne tant à montrer d’ordinaire.
Son visage, bien que sali et très légèrement écorché par l’attaque suicide d’Hébé, reste ferme et n’exprime rien d’autre que suffisance envers les humains : « Pauvres idiots. Vous pensiez vraiment que moi, Hestia, déesse de l’Olympe, je me ferai vaincre par une bâtarde, qui par son affiliation aux hommes n’a plus rien de divin ? »
Elle pointe du doigt Marine et, d’un ton toujours aussi monocorde, assure : « Ce Jonc ne partira pas d’ici. »
Aussitôt, Philémon se jette à corps perdu contre Hestia : « Baucis ! Marine ! Fuyez ! »
Le petit grec aux cheveux hirsutes, arrive, poing en avant sur Hestia qui ne manifeste aucun sentiment sur son visage. Elle se contente simplement de cueillir ce poing si frêle pour elle dans la paume de sa main droite.
Ses pieds nus se tournent sur les dernières dalles de son temple, que son cosmos a protégé au moment de l’explosion. Bien qu’elle ne le serre pas spécialement fort, Philémon est paralysé par le cosmos oppressant de la déification du Feu Sacré et du Foyer.
Elle fait face à l’Hyperdimension et, pour la première fois, affiche un sourire sadique en déclarant son intention : « Que des hommes osent lever le poing vers les dieux ! Mais je comprends. Vous qui vous soulevez contre nous, vous rêvez d’avoir notre puissance. Je vais donc t’offrir un voyage dont chaque humain rêve. Un voyage dans la dimension des dieux qui nous permet de voyager d’un royaume à l’autre… »
Elle tend le petit corps à l’entrer de la porte dimensionnelle. Elle l’y fait entrer peu à peu, sur le côté, en commençant par le flanc gauche puisqu’elle le suspend par le droit.

En haut, impuissante, Marine tourne la tête.
Baucis, elle, se tient le ventre, terrifiée par la mise à mort du père de son futur enfant.

A peine l’épaule de Philémon passée, celui-ci hurle à la mort. Quasi-instantanément, son armure, sa chair, son sang et ses os éclatent en milliards de particules avant d’être totalement désintégrés.
_ « L’Hyperdimension parcoure des dizaines de milliers d'années lumière. Seuls des dieux ou des gens ayant reçu leurs protections, sont capables de franchir cet endroit sans être immédiatement désintégrés. »
Elle mêle la pratique à la théorie en avançant davantage le Saint du Lièvre qui voit sa clavicule être dévorée, ainsi que le début de son bassin.
Ses yeux, grands ouverts, sont gondolés par les larmes qui expriment la douleur d’un tel traitement. Sentant sa fin proche, il réalise l’opportunité de subir ce calvaire par le côté gauche de son corps : « Bientôt, mon c½ur sera disloqué, je mourrai sans plus souffrir. Désolé Baucis… Désolé de ne pas avoir pu te protéger davantage… »

Soudain, la sentence cesse. Philémon sent son corps être libéré de l’emprise d’Hestia. « Ça y est ? Je suis mort ? », se questionne-t-il le temps de chuter au sol.
Mais le choc sur les dalles aux pieds d’Hestia le ramène à la réalité.
Par-dessus lui, avec l’énergie du désespoir, par amour, Baucis a encore le poing tendu contre la joue d’Hestia.
La déesse, trop sûre d’elle, s’est laissée prendre par surprise par l’Alcide. Aussitôt, ses grands yeux larges s’écarquillent, tandis qu’une griffure libère un fin filet de sang sur sa joue.

Baucis se réceptionne aux côtés de son amant bien mal en point. Son teint est livide et son corps tremble de froid : « Philémon… Mon amour. Je t’en prie, tiens bon. »
Philémon sourit malgré tout : « Tu te souviens quand j’ai brisé ton masque ? Tu disais que tu me tuerais tôt ou tard. C’est le moment. Après avoir ton masque de brisé, tu ne pouvais que m’aimer ou me tuer. Je te demande de faire les deux aujourd’hui. Épargne moi davantage de souffrances. Je… Je… »
Elle lui pose le doigt sur ses lèvres. Espérant lui redonner courage et espoir en lui annonçant la nouvelle : « Le moment est certainement mal choisi. Mais je voulais que tu saches avant notre fin, ici, que je porte ton enfant. »
Philémon lève instantanément les yeux sur sa chère et tendre. Le bonheur et la fierté que peut ressentir un homme à un tel moment le revigore malgré son corps meurtri : « Alors… Voici pourquoi tu tenais tant à te battre à nos côtés.
_ Je ne voulais pas qu’il arrive malheur au futur père de mon enfant. Je te connais et je savais que tu mettrais ta vie en danger sans hésiter pour la réussite de cette mission. J’espérais te protéger. »
Ces confidences, sous le nez d’Hestia, ont plus un goût d’adieu que de déclaration. Le couple se devine condamné.

Hestia le leur rappelle lorsqu’elle reprend enfin la parole. Ses doigts caressent la légère plaie faite par Baucis : « Mon sang… Mon sang divin… Pour la première fois, je l’aperçois… »
Provocateur jusqu’à la fin, Philémon se relève difficilement et tente de toucher la déesse comme l’a fait plus tôt sa compagne : « Et quelle surprise ! Ton sang est rouge ! Comme celui des hommes ! Ah… »
Elle se saisit sans mal de son poing.
Le geste rapide qu’il a tenté a nécessité la contraction de tous ces membres. Là où l’Hyperdimension l’a ravagé, du sang s’écoule du corps de Philémon en abondance : « Misérable. Tu es trop faible. Ton corps ne supporte pas ses blessures. »
Elle laisse le Saint choir sur ses genoux, blême, le regard vide. En quelques secondes, tout autour de Philémon, c’est un fleuve d’hémoglobine qui coule. Une dernière étincelle brille dans ses yeux, le temps que son cosmos pénètre le c½ur de Baucis, comme pour lui délivrer un dernier message.

Bien loin d’attendre que chacun se remette de ses émotions, la déclaration d’Hestia ne laisse aucun doute sur ses intentions sans remords : « Les sentiments ! L’amour ! Une faiblesse propre aux hommes. »
Elle avance d’un pas décidé en direction de Baucis, prise au piège entre l’Hyperdimension et la déesse.
Plus l’Alcide recule, et plus elle sent le néant l’aspirer peu à peu. Elle attend une réaction de Philémon, mais bien vite, elle comprend qu’il est plus mort que vif. Alors elle baisse la tête et caresse son ventre qui porte pour encore quelques secondes la vie.
Hestia, de par sa grande et fine taille la domine bien vite. Quand elle décide de dresser sa main contre la jeune femme pour invoquer le Feu Sacré, elle perçoit l’arrivée de plusieurs coups portés à une vitesse qui lui parait bien futile.

Postée en haut de la crevasse, Marine tente le tout pour le tout afin de libérer Baucis d’une mort cruelle : « Ryu Sei Ken ! »
La main d’Hestia abandonne la direction de l’Alcide et se dresse contre les Météores bien vite dissous par le Feu Sacré qui châtie Marine et la projette loin d’ici : « Sacred Fire. »
Pendant la déferlante de cosmo énergie, Baucis prend appui sur ses jambes afin de fuir, en vain. Avec son autre main, Hestia l’empoigne à la gorge et la présente toute entière dans l’Hyperdimension. Le mouvement et si rapide et si violent que Baucis en perd son masque.
Le corps engouffré dans le chemin des dieux, son dernier regard se porte sur Philémon, le c½ur déjà arrêté. A peine murmure-t-elle un « je t’aime », tout en gardant une main sur son ventre que son corps tout entier se disloque, s’éparpille en des milliards de particules puis disparaît.

Au loin, titubant, Marine assiste au spectacle, impuissante. Il ne reste plus qu’elle face à l’insensible divinité.
Ne pouvant lutter davantage, elle laisse Hestia tendre la main dans sa direction pour l’abattre.
Pendant que l’atmosphère se déchire le temps que le cosmos divin se matérialise dans la paume d’Hestia, une voix venue d’outre-tombe commente les tragiques événements : « Comment peut-on se moquer comme tu l’as fait des sentiments et de l’amour. Qu’est-ce qu’un dieu qui ne peut aimer ? »

Sans savoir d’où elle provient, Marine reconnaît la voix du Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis : « Apodis ! »

Troublée, Hestia abandonne l’invocation du Feu Sacré et cherche le chevalier en question.
Celui-ci fond depuis les airs tel un oiseau qui a localisé sa proie.
Hestia libère son cosmos contre l’importun : « Sacred Fire. »
Le corps contusionné, torse nu, ne portant sur ses jambes que quelques morceaux de ce qui fut sa Cloth, Apodis ramasse en pleine chute la dague brisée d’Hébé et la dresse en direction d’Hestia à mesure qu’il traverse la vague de cosmos : « Un dieu comme ça… Je n’en veux pas ! »

Abasourdie, Marine assiste à une scène qu’elle n’aurait jamais cru voir.
Grâce à l’impulsion prise auparavant par le grec, Apodis arrive à hauteur de la déesse qu’il empale à l’abdomen avec ce qu’il reste de la lame d’Hébé.
Pour la première fois, une expression autre que le mépris se lit sur le visage d’Hestia. Ses yeux sont grands ouverts, son esprit s’interroge. Elle découvre pour la première ce qu’est… « La… La douleur ? »

Sachant pertinemment où allait le mener une telle attaque suicide, Apodis maintient bien fort dans sa main droite la dague plantée dans Hestia et avec la gauche il fait le tour de la taille de la déesse. Avec l’élan pris pour réaliser une si puissante charge, ils s’envolent en direction de la bouche dimensionnelle.
Avant d’y être totalement entré, Apodis use de son cosmos auprès de Marine : « Si je ne sais pas qui tu es au final, je me souviens de ces années passées à tes côtés au Sanctuaire et je sais au moins ce que tu es pour moi, une amie. Rapporte ce Jonc, trouve ton Pendentif de Zeus, et apporte la vérité aux yeux du monde. Libère les hommes de la folie des dieux. Pour l’amour, seulement pour… »
Le message s’interrompt une fois Hestia et Apodis disparus et l’Hyperdimension refermée derrière eux.

Seule, le Jonc d’Athéna en main, Marine ôte son masque pour permettre à ses larmes de mieux couler.
Il ne reste plus qu’une terre de désolation, certainement ce qu’il restera de toute cette planète à la fin de la dernière Guerre Sainte qu’ils mèneront.
Le corps de Philémon, toujours sur les genoux, trône en vestige d’une rude bataille.
Pourtant, le sacrifice d’Apodis ne lui semble pas vain. Même si son ami est mort, elle garde foi en sa mission. Elle dresse le Jonc en direction des cieux et achève la phrase qu’a commencé le Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis avant de mourir : « Pour l’amour, seulement pour… L’amour ! »



Une page se tournait dans l’histoire du monde mythologique. Ma mort, conjuguée à celles de Philémon et Baucis, n’était rien face à celle d’Hébé. La Déesse de la Jeunesse disparaissait du cours normal de la vie terrestre et divine.
Ce n’était même pas le premier acte de la Guerre Sainte contre l’Olympe, et déjà, il y avait tant de pertes à déplorer.
Je me doutais que mon sacrifice n’était pas suffisant. Hestia ne pouvait pas mourir suite à ça. Mais après la griffe de Baucis sur sa joue, et la dague plantée dans son abdomen, je savais qu’en la repoussant dans la dimension d’où elle venait, je frappais un grand coup. Oui, vous, les grands olympiens, je vous adressais un message : les hommes n’abdiqueraient pas.

9
シナラムから日本へ / Re: Topic unique Saint Seiya
« on: 16 December 2019 à 18h42 »
Aucun rapport mais y'a des gens ici qui jouent au jeu mobile de saint Seiya ? Juste pour savoir si ça vaut le coup parce qu'il y a les musiques de Yokoyama dedans...
Bah, j'ai voulu tester hier justement.
Grosse déception : le jeu lag énormément malgré le fait que j'ai choisi la résolution la plus basse. Résultat, beaucoup de perte lors des quelques animations qui ont l'air au passage sympas. J'aurai pu tester plus longtemps, mais impossible de me connecter avec mon compte Facebook et le jeu coupe tout seul trois fois en 15 minutes. Donc désinstallé dans la foulée. Dommage.

Donc, question, existe-t-il un lien qui regroupe toutes les animations ?

10
Only for Love / Re: Chapitre 55 - Retourner la situation
« on: 11 December 2019 à 14h52 »
Bonjour Hyaplo,
Merci beaucoup.
Je te rassure, la publication devrait reprendre sous peu.
Merci de ton soutien et à bientôt j’espère.

11
Only for Love / Re: Chapitre 55 - Retourner la situation
« on: 12 February 2018 à 13h33 »
Bonjour Lilie.
Merci pour ce retour.
J'ai en effet pas mal de chapitres d'avance, donc ne t'en fais pas, tu verras un jour de nouveaux chapitres arriver.
Néanmoins je suis pas mal pris par ma vie privée d'où le manque de temps pour garder un rythme de parution élevée.

12
Only for Love / Chapitre 55 - Retourner la situation
« on: 11 June 2016 à 17h03 »
Après les échecs de plusieurs Saints d’argent, Saga attendait une réplique venant du Japon afin de se débarrasser de Seiya et de ses amis.
Il préférait profiter de cette interruption momentanée dans la lutte directe contre Athéna pour l’affaiblir.
Partout dans le monde, le Grand Pope avait fait envoyer des assassins dans le but, soit de rallier les derniers dissidents à sa cause, soit de les éliminer.
Pendant ce temps, nous achevions de traverser la Mer Egée…



Chapitre 55 - Retourner la situation

En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

2 novembre 1986.
Historiquement grecque, l’île de Ténédos est sous la souveraineté de la Turquie depuis le traité de Lausanne en 1923.
L’île compte de nos jours approximativement deux mille cinq cent habitants désormais majoritairement turcs.
Néanmoins, une petite communauté grecque y vit et tente de faire subsister les légendes d’antan comme celle voulant qu’un culte de la Déesse du Feu Sacré et du Foyer fût dressé ici.

Embarqués sur un navire de marchandises, après avoir passés sous les eaux la barrière maritime dressée par le Sanctuaire tout autour de Yíaros, Apodis, Marine, Philémon et Baucis arrivent à bon port.

Au sein d’une communauté où il n'est pas rare de croiser des femmes portant le voile, Marine et Baucis passent inaperçues après avoir enrubannées leurs visages masqués de femmes chevaliers.

Affublés de leurs Pandora Box sur le dos, Philémon suggère à ses amis : « Avant de nous faire repérer, nous ferions mieux de chercher un guide pour nous trouver rapidement le temple où est prisonnier le Jonc. »
Baucis s’engage dans un bar pour donner raison à son amant : « Oui. Il ne nous manque plus qu’à trouver un grec qui accepte de nous y conduire. »


A l’intérieur du bistrot, tout ce qu’il y a de plus contemporain, seuls des hommes profitent des boissons proposées sur la carte.
Dans un nuage de fumée soulevé par le tabac qu’ils inhalent tous, les autochtones s’étonnent de découvrir la présence d’une femme qui, malgré la toge qu’elle porte par-dessus ses vêtements pour dissimuler son identité, ne peut camoufler ses formes particulièrement avantageuses. Son opulente et ferme poitrine ainsi que son fessier rebondi ne passent pas inaperçus.
Apodis, Marine et Philémon la précédent. Les accompagnateurs sont vus d’un mauvais ½il par les clients, qui ne baissent pas les yeux devant les étrangers.
Préférant ignorer tout ceci, Apodis s’adosse au comptoir et demande au propriétaire : « S’il vous plaît. Nous sommes grecs et nous souhaitons visiter l’île. »
Un habitué répond pour le propriétaire : « Ici on paie d’abord une tournée quand on est étranger. »
Moins courtois qu’Apodis, le petit Philémon écarte du bras le malotru qui lui cache la vue du propriétaire : « Nous n’avons pas le temps pour ces petits jeux. »
Vexé, le client envoie son poing en direction de Philémon : « Petits jeux ! Tu vas voir si on rigole ici sale… »
Le provocateur n’a pas le temps de finir sa phrase que Philémon se saisit de son poing dans la paume de sa main. Il le sert si fort que le mal élevé courbe l’échine sous la douleur : « Tiens-toi tranquille sinon je te brise la main. »
Impatiente, Baucis tape du poing sur le zinc : « Où peut-on trouver un guide ici ?! »
Sur leurs gardes, Marine et Apodis voient se lever tout autour d’eux les compatriotes du rustre. Sans être effrayé, Apodis ne décolère pas envers Philémon : « Ce n'est pas croyable ! Tu as le don pour nous mettre dans de ces situations ! »
Philémon est amusé : « Quoi ?! Ce n’est pas moi qui l’ai cherché ! »
Le craquement des os rompus du poignet de son assaillant ouvre les hostilités.
Philémon se jette avec des yeux d’enfants et un sourire gredin : « Laissez-les moi les amis ! »

Ses trois amis font la moue devant le comportement enfantin du Saint de bronze du Lièvre, qui ressemble à un enfant se chamaillant avec d’autres dans la cour de récréation.

Une fois son divertissement achevé, Philémon revient vers le patron du bar en se frottant les mains : « Bon ! Ce guide ! »
Tremblant, le tenancier pointe du doigt le seul homme à ne pas avoir quitté sa chaise et qui continue de boire son café comme si de rien n’était : « L… Lui… Lui est grec, il connaît l’île comme personne ! »
L’homme montré du doigt accroît davantage l’impatience des visiteurs. Il termine paisiblement son café avant d’enfin se présenter à ses semblables : « Bonjour. En effet, je connais l’île mieux que quiconque. J’y suis né. Et si je me souviens bien des contes de mon grand-père, ce que vous portez sur votre dos derrière ces vieux draps se sont des Pandora Box n’est-ce pas ? »


En Finlande, au Lac Holtz :

Dans un lieu reculé de la Finlande, abandonné de toute civilisation en raison des légendes terrifiantes qui entourent cette immense surface aquatique, le Lac Holtz reçoit la visite d’un messager du Sanctuaire.

Positionnée au beau milieu de l’eau, élevée sur pilotis, une cabane abrite l’homme, habillé d’une tunique ocre, bardée d’épaulettes de cuir. Il est accroupit devant le destinataire du courrier qu’il apporte.
Celui-ci, laisse tomber la lettre frappée du sceau du domaine sacré sur le sol. Tout de noir vêtu sous sa Cloth bleu, l’homme au visage renfrogné et aux cheveux châtains se cramponne sur la barrière qui entoure la cabane.
Le soldat lui demande : « Seigneur Finrando Saint de bronze du Poisson Volant, que dois-je apporter comme réponse au Sanctuaire ? »
Les yeux noirs de Finrando assombrissent davantage son visage : « Rapporte au Sanctuaire que j’exécuterai mon élève Ichi Saint de bronze de l’Hydre pour haute trahison sans la moindre hésitation. »
Le messager repart aussi vite qu’il est arrivé en bondissant jusqu’à la berge.

Seul, le maître d’Ichi observe la silhouette de son disciple remonter vers la surface de l’eau : « Ichi. Voici déjà plus d’un mois que tu es revenu ici. Malgré tes dispositions à devenir chevalier, m’obligeant à assurer ta formation, je n’ai jamais réussi à apprécier l’homme que tu es. Voici que j’apprends que tu t’es battu pour des intérêts personnels, à l’encontre du Sanctuaire. Je vais me faire un plaisir de te punir. »


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos : 

Sortis du village principal où est regroupée la quasi-totalité de la population, Apodis et ses amis s’enfoncent dans la forêt.
Leur accompagnateur mène le pas et leur apporte les réponses qu’ils attendent : « … et le mythe le plus répandu ici est celui de Ténès. C’est à lui qu’on doit le nom de l’île. Cependant, il ne reste de cette légende que l’histoire. Aucun objet, aucune ruine n’y a survécu. »
Marine - " Dans ce cas, où nous conduis-tu ? "
Le guide - " Vous vouliez savoir s’il existe un temple ancien. Il y en a bien un. Mais personne ne s’y rend. Peu de monde, peut d’ailleurs précisément le localiser. Il s’agit de ruines. On dit que ce culte voué à une déesse a été abandonné des hommes en raison de son absence sur Terre. Le temps et un éboulement ont eu raison de cet édifice. C’est la première fois que je m’y rends. On dit que personne n’en est revenu vivant. Ah ! Les deux grands chênes ! Ce doit être un peu plus bas sur notre droite. "
Apodis étudie les alentours : « Il est vrai que les arbres et les feuilles mortes ne portent aucune trace de passage, qu’elle soit humaine ou animal. Le lieu est peut-être véritablement dangereux. Tu ferais mieux de nous laisser ici. Nous finirons par trouver seuls. »
Le natif de Ténédos s’engaillardit : « Non ! Je suis en présence des légendaires Saints ! Je ne crains rien ! »
Sans le moindre égard, Marine brise cet enthousiasme : « Tu parles d’une déesse qui a quitté la Terre. Sais-tu son nom ? »
L’autochtone répond fièrement : « Oui. Elle demeure en permanence sur l’Olympe. Il s’agit de la Déesse du Feu Sacré et du Foyer il s’agit… »
« D’Hestia ! », murmure Baucis.

Instantanément, un souffle puissant balaie un parterre de feuille en contrebas d’une pente et libère une crevasse.

Surprise par la réaction provoquée par son intervention, Baucis déclare : « Je pense que nous n’avons pas besoin de chercher davantage. »
L’Alcide s’avance en compagnie de Philémon et Apodis tandis que Marine s’obstine auprès de leur accompagnateur : « J’insiste, mais je préfère pour votre sécurité que vous ne veniez pas ! »
Tout sourire, l’homme lève les bras au ciel : « Puisque je vous dis que je ne crains rien avec… »
Le malheureux n’a pas le temps de finir sa phrase qu’une gerbe de flamme jaillit de sa poitrine.
Baucis passe ses mains devant son masque : « Par Hébé ! »
Le feu se propage sur tout son corps depuis l’intérieur et le calcine sous l’½il impuissant de ses touristes.

Les quatre amis se regroupent et tournent sur eux même pour chercher l’origine d’un tel mal :
Apodis - " De quoi Hestia est la Déesse déjà ? "
Marine - " Du Feu Sacré et du Foyer. "
Philémon - " Le feu sacré c’est plutôt un sentiment noble et passionné, une ardeur, et non pas le feu au sens littéral du mot. "
Baucis - " Parmi les attributs d’Hestia, se trouve le feu. Je pense donc que ce lieu est protégé. "
Apodis pointe du doigt une immense créature enflammé qui débouche du haut d’une colline :
Apodis : «  Tu ne crois pas si bien dire ! »
Le comique du groupe, Philémon, lâche un cri de panique : « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? »
Marine détaille la forme particulière que dessine cette silhouette de flamme : « Cela ressemble à une araignée. Une immense araignée de feu. »
Pour amuser la galerie, Philémon se cache comme un enfant derrière Apodis : « Tu m’étonnes qu’elle est immense ! Elle doit bien faire trois mètres de haut ! »
Baucis ne les rassure pas en ajoutant : « Comme ses copines. »
Les Saints se retournent et voient depuis les airs voler une guêpe de feu suivi par un lombric qui laisse une terre calcinée là où il rampe.
Philémon grimace : « Et moi qui ai la phobie des insectes. »

Inopinément, d’entre ses mandibules flamboyantes, l’araignée balance l’équivalent d’une balle sur le groupe. L’équipe se disperse tout autour de l’entrée du temple.
La balle, une fois au sol, provoque une explosion.
Philémon s’essuie le front : « Merde ! C’est comme une grenade ! »
Sa petite amie le rappelle à la raison : « C’est pire que cela. Cette bombe de feu était chargée d’une cosmo énergie inquiétante. »
Pendant qu’elle étudie la situation, la bande se laisse cerner.
Apodis - " Je comprends maintenant pourquoi le guide disait que personne ne s’aventurait ici et surtout que personne n’en était revenu vivant. "
Marine - " Si on regarde bien l’anatomie de ces monstres de flammes, on remarque qu’un foyer les alimente en cosmo énergie au centre de leurs corps. "
Apodis - " J’imagine qu’il s’agit du noyau qui les alimente en cosmos. "
Leur réunion est interrompue, lorsque le lombrics se jette sur Philémon qui s’échappe d’une roulade en hurlant : « Maman ! »
Baucis s’élève pour frapper le ver à l’endroit stratégique indiqué par Marine, mais elle entend dans son dos le bourdonnement de l’hyménoptère géant. Grâce à une agilité parfaite, elle réussit à esquiver le dard brûlant aussi large qu’une poutre embrasé et aussi acéré qu’une lance.
Marine prend appui sur le sol pour la sortir de ce mauvais pas, mais Apodis la retient en arrière afin de lui éviter une nouvelle balle de feu de l'arachnide.
Philémon détale aussi vite que le lièvre symbole de sa constellation protectrice pour éviter l’acharnement du ver.
Le rampant arrive devant Marine et Apodis. L’Oiseau de Paradis choisit de concentrer sa cosmo énergie : « Je vais nous débarrasser de toi en premier ! Wing Jikan No Yoyu ! »
Il abat ses bras en direction de l’insecte pour le balayer avec le vent qu’il a invoqué.
Cependant, la guêpe s’interpose et d’un battement d’aile repousse le souffle d’Apodis.
Apodis, Philémon et Marine sont repoussés par un air brûlant.
Baucis profite que la guêpe et le ver soient déconcentrés par les Saints, pour les attaquer à revers. Seulement, elle est coupée dans la concentration de son cosmos par l’araignée qui la percute de plein fouet avec une de ses balles. L’explosion repousse Baucis dans les bras de ses alliés.

Apodis, premier debout, se met en tête du groupe : « Bon sang ! Ça va être plus compliqué que je ne le pensais. »
Philémon pose sa main sur l’épaule de son compatriote : « Ça suffit Apodis. Nous allons nous en charger. Toi, continue ton chemin à l’intérieur de ce passage souterrain. »
Baucis et Marine confirment l’initiative du Lièvre : « Nous ne savons pas encore combien de dangers nous attendent. Cela ne sert à rien que nous nous épuisions tous les quatre ici. Garde tes forces pour l’intérieur. »
Baucis - " Nous allons les retenir. "
Philémon fait un clin d’½il à son ami : « Je dirais même qu’on va se charger d’eux et qu’on te rejoindra à l’intérieur. »

L’araignée aide Apodis à se décider. Elle balance une nouvelle balle que Marine fait exploser à distance : « Ryu Sei Ken ! »
Apodis grimace à l’idée d’abandonner les siens. Toutefois, il se concentre sur l’importance de sa mission : « Entendu. Je vous attends à l’intérieur du temple. Pour Athéna ! »
Marine et Philémon répondent en ch½ur : « Pour Athéna ! »
Baucis, elle, hoche simplement la tête.

Le grec plonge alors la tête la première dans l’entrée du tunnel.


En Finlande, au Lac Holtz :

Les mouvements provoqués sur la surface de l’eau, habituellement calme, remémorent au lac les six dernières années.
En effet, depuis bien longtemps, le Lac Holtz était resté habitué à une grande quiétude dont le propriétaire de la cabane surélevée était témoin.
Finrando Saint de bronze du Poisson Volant n’avait pas eu de disciple depuis bientôt dix ans avant l’arrivée d’Ichi.
Un jour, ce petit garçon est entré dans sa vie. Et le voici obligé aujourd’hui de l’en sortir.
Le finlandais, assis les bras sur la table, grimace en regardant la Pandora Box de son disciple. Il n’a pas bougé d’ici depuis le départ du messager et sent l’approche de son élève.

Depuis la surface, l’apparence ondulée d’un corps humain remonte peu à peu.
D’abord, c’est la crête blanche qui coiffe le crâne d’Ichi qui sort en premier de l’eau. Puis, son visage souriant. En nageant sur place, il se félicite : « J’ai donc réussi. Mes mouvements sous l’eau sont de plus en plus rapides. J’imagine qu’à l’air libre mes attaques devraient bénéficier d’un impact et d’une vitesse plus importants. J’irai m’exercer après le repas dans la forêt pour vérifier ça. »
En quelques mouvements de bras, il regagne la demeure de son maître.

Sur la terrasse, il ramasse la serviette qu’il avait laissée auparavant. Il essuie son visage et son torse nu. Celui-ci présente de nombreuses cicatrices témoins de son difficile apprentissage pour devenir chevalier. Athlétique, son buste se gonfle de bonheur au moment d’entrer dans la cabane où il a vécu pendant six avec son professeur.
A l’intérieur, il remarque son mentor qui le fustige du regard.
Ichi regarde son pantalon mauve et ses chaussures de ville goutter sur le sol. Il passe sa main derrière sa tête en signe de confusion : « Pardonnez-moi maître. Je nettoierai ça une fois que je me serai changé. »
Le regard noir de Finrando ne décolère pas pour autant. Le japonais cesse de faire le pitre et réalise qu’un malaise plus profond s’installe : « Seigneur Finrando, qu’y a t il ? »
Finrando - " Te rappelles-tu des histoires que je t’ai enseigné ? Du Sanctuaire plus particulièrement ? "
Ichi - " Oui. Bien sûr, le Sanctuaire, berceau de la chevalerie. "
Finrando - " Le Sanctuaire vient de me faire parvenir un courrier, dans lequel il m’expose qu’au Japon des Saints se sont battus pour leurs propres intérêts. "
Ichi comprend la colère de son maître : « Oui. Je sais. Je m’en excuse. Je… »
Finrando - " Ce n’est pas tout. Vous vous êtes battus pour le compte d’une jeune fille, qui a révélé l’existence des chevaliers au monde entier et qui aujourd’hui se fait passer pour Athéna. "
Ichi - " Pour Athéna ?! Il n’en a jamais été question lorsque je suis parti du Japon. "
Finrando - " Toujours est-il que des assassins ont été envoyés au Japon pour l’éliminer elle, ainsi que ceux qui la protègent. "
Ichi se précipite vers sa Pandora Box : « Comment ?! Alors Phénix n’agissait pas pour son propre compte. Je dois absolument aller aider Seiya et les autres. »
Le Poisson Volant apparaît devant lui et le repousse en intensifiant son cosmos : « Pas la peine d’aller jusqu’au Japon pour mourir. Les ordres sont clairs. Le Sanctuaire a choisi de t’éliminer. »
Ichi se relève, déterminé : « Vous ne comprenez pas. Certes nous nous sommes battus en toute insouciance en nos propres noms. Cependant le tournoi a été interrompu et nous avons été attaqués bien avant que le Sanctuaire nous considère comme des renégats. Cela cache quelque chose. »
Finrando - " Qu’importe. Vous avez désobéi aux lois. La volonté du Grand Pope est unanime. "
Ichi - " Maître. Je vous dois tout. Et malgré la façon dont vous m’avez traité, je rechigne à l’idée de vous affronter. "
Finrando affiche un visage méprisant à l’encontre de son élève : « Tant mieux, ma victoire n’en sera que plus rapide. »
Ichi - " Votre victoire ? Vous oubliez qu’aujourd’hui je suis moi aussi un Saint de bronze. Un chevalier de votre rang ! "
Finrando - " Qu’importe. Tu es un faible et tu as toujours été un faible. Tu le resteras toute ta vie. Même en étant Saint. Le courrier me rapporte, que tu as perdu pitoyablement pendant le tournoi au Japon. Cela ne m’étonne pas de toi. Je me suis pourtant donné beaucoup de mal pour t’enseigner ce que je sais. Seulement, tu n’as jamais su l’assimiler. "
Ichi reproche à son maître sa méchanceté : « Peut-être que si j’avais eu un mentor plus attentif à mes lacunes il m’aurait permis de corriger ça et de me rendre meilleur ? Depuis mon retour, bien que je vous ai dis vouloir progresser davantage, vous ne vous êtes pas soucié de moi. Je m’entraîne seul depuis plus d’un mois. »
Finrando - " Tu m’as déjà fait perdre suffisamment de temps pendant six ans. J’ai été fait chevalier ici, sur ma terre natale. Le Sanctuaire m’a demandé de veiller sur la seconde armure du Lac Holtz et de former celui qui en serait digne. Pendant vingt ans j’ai vu venir des apprentis des quatre coins du monde et tous étaient plus motivés et performant que toi. Cependant, aucun n’a survécu à l’épreuve du lac. Plonger dans les abysses pour affronter les créatures mythologiques qui veillent sur l’armure demandait trop d’effort. Seulement, toi, le plus mauvais de mes apprentis, le plus lâche, le plus faible, tu y es parvenu en plongeant contre mon gré pour réaliser l’épreuve. "
Ichi - " Si j’ai tenté l’épreuve c’est parce que je ne supportai plus vos brimades et vos mauvais traitements. J’espérai vraiment trouver la mort au fond de l’eau. Seulement, lorsque je suis arrivé jusque devant la Pandora Box de l’Hydre, j’ai réalisé qu’au final c’était à ma portée. Qu’en fin de compte je n’étais pas plus mauvais qu’un autre. J’ai alors enfin vu l’occasion de briller à vos yeux. Cette confiance soudaine m’a permis de surmonter le reste des épreuves. Je ne suis pas un lâche ni un faible ! "
Déjà revêtu de sa Cloth, Finrando se met en position de combat : « Alors prouve-le ! »
Ichi essaie de se concentrer aussitôt pour appeler à lui son armure mais déjà son maître retourne la table pour arriver devant lui : « Tu es trop long à entrer en osmose avec ta Cloth ! »
Le Poisson Volant lui colle un violent coup de tête, qui lui brise le nez en l’envoie au tapis.

Le finlandais laisse son ancien apprenti sur le sol et ramasse l’urne de l’Hydre. Il la saisit par les lanières et la balance en direction du lac, arrachant par la même occasion le mur de la maisonnette.
Ichi, le visage ensanglanté, voit son armure plonger dans les abysses.
Démuni devant son maître protégé de la Cloth du Poisson Volant, Ichi l’observe attentivement : « Ses pieds jusqu’aux genoux sont protégés. De même que ses hanches, son buste et ses épaulettes. Il faut que je reste méfiant de ces fameuses épaulettes. Les ailes du Poisson Volant qui sont rattachées aux épaulettes et descendent jusqu’à ses cuisses sont aussi dangereuses que les griffes qui jaillissent de mon armure. »

Le japonais est sorti de ses songes lorsque son maître poursuit sa correction. Il le fait retomber sur le dos, après lui avoir décoché un coup de pied au visage.
Il espère lui éclater la cage thoracique du plat du pied, mais Ichi se dégage en roulant sur le sol. Bien vite, la cabane présente ses inconvénients. Le mouvement d’Ichi est stoppé par une cloison. « Dans un espace aussi confiné, je ne peux me dégager librement. », reconnaît-il.
Finrando revient à la charge mais cette fois-ci Ichi est plus prudent. Il esquive une droite et riposte d’un crochet du gauche dans l’abdomen non couvert de son professeur. Celui-ci réplique avec une seconde droite qu’Ichi est obligé de paré. Son bras nu, dépourvu de la moindre protection, est immédiatement brisé par le poing bardé de bronze de Finrando.
Nez et bras gauche cassé, Ichi recule pour chercher une solution. Toutefois, en à peine trois pas il est acculé contre un nouveau mur. « Je ne peux me déplacer de toute ma vitesse ici. Et même si je brise les murs, je suis entouré par l’eau. Il me suffirait de bénéficier d’un mode de défense. », conclut-il.

Ses pensées sont de nouveaux troublées par le Poisson Volant. Les deux ailes reliées à ses épaulettes battent dans l’air subitement : « Tu n’as pas oublié cette technique que je t’ai enseigné. Le Melow Poison que tu diffuses par les griffes de ta Cloth, moi je le répands par l’air qu’abattent mes ailes. Dans une pièce si petite, tu vas rapidement être intoxiqué. »
Ichi se passe le bras droit devant le nez, ce qui amuse profondément son professeur : " Ha, ha, ha… Allons, tu sais très bien que le poison pénètre directement ta peau. Il ne suffit pas de l’inhaler pour en mourir. Succombe dorénavant au… Melow Poison ! "
Les mouvements des ailes deviennent plus violent, plaquant Ichi contre le mur. Sa chair est lacérée par les courants d’air et permet au poison de pénétrer plus rapidement dans ses entrailles. Ses petits yeux ébène se ferment et son visage grimace pour témoigner sa douleur…


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

Profond de plusieurs centaines de mètres, le gouffre dans lequel s’est jeté Apodis prend fin.
Plongé dans l’obscurité tout le long de sa chute abyssale, le Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis découvre par une étrange lueur qui provient de l’intérieur. Les vestiges du temple d’Hestia. Des colonnes doriques maintiennent la croûte terrestre, qui forme désormais le plafond. Devant, sur le parvis, gisent les bases de quelques statues arrachées.

En pénétrant à l’intérieur, Apodis est stupéfait de voir que la lumière qu’il apercevait depuis devant provient des torches accrochées contre les murs : « Elles brûlent toujours. Je sens la même cosmo énergie que celle des animaux de dehors. J’imagine qu’il s’agit de l’empreinte du cosmos d’Hestia qui les a maintenues allumées. »
Le vacillement des flambeaux offre à Apodis la vue d’un temple ravagé. Hormis les pierres qui soutiennent l’édifice, il ne reste rien : « Voici donc ce qu’il reste du temple d’une déesse qui a préféré l’Olympe à la Terre. »

Brusquement, son attention est frappée par l’appel du cosmos oppressant ces lieux. Il provient d’une statue. La seule encore debout, au fond du temple. Elle représente la déesse Hestia droite, debout, sévèrement vêtue.
Plus précisément, le cosmos provient du sceau qui retient un objet sur le banc de pierre au pied de la statue.
De là où il se trouve, Apodis reconnaît un bracelet, semblable à celui que Marine a confié à Hébé : « Le second Jonc d’Athéna ! Il est là. Je n’arrive pas à croire que c’est le cosmos qui administre ses pouvoirs au sceau qui régit tout le secteur. Je vais devoir l’en débarrasser. », choisit le chevalier.

Il projette un coup à distance en espérant que l’onde de choc soit suffisante pour défaire l’empreinte. Cependant, son coup s’essouffle à mesure qu’il parcourt la pièce : « Comment est-ce possible ? »
En guise de réponse, de derrière la statue d’Hestia, sort un homme vêtu d’une armure inconnue d’Apodis :
Apodis - " Qui es-tu ? Qu’est-ce que tu veux ? "
L’homme, un Ange, habillé d’une Glorie semblable à celle d’Odysseus et Theseus qu’affronteront Seiya et les siens dans quelques mois, ne daigne pas répondre.
Il attaque si vite qu’Apodis n’a même pas le temps de voir les traits de son visage.
Sa course s’arrête devant Apodis, contre lequel il pose simplement et délicatement l’index de sa main droite contre son épaulette gauche. Une détonation en découle. Apodis est repoussé en arrière, l’épaulette fissurée et le bras ensanglanté.

En se redressant, le grec peut enfin observer son adversaire. Ses cheveux verts descendent sur ses épaules et devant ses sourcils. Sa fine bouche n’esquisse pas la moindre réaction et son regard est inexpressif. Son visage est lisse, ses traits fins.
Apodis se relève et répond à son tour. Il écarte les bras et concentre sa cosmo énergie : « Wing Jikan No Yoyu ! »
Le Battement d’Ailes Majestueux soulève les gravats et la poussière du temple à mesure que le souffle approche l’Ange.
Pourtant, sans exprimer une fois de plus le moindre sentiment, il tend le bras devant lui comme pour couper le vent. Celui-ci se scinde en deux et fait demi-tour dans son dos pour revenir vers Apodis.

Pour ne pas encaisser sa propre attaque, Apodis saute dans les airs.
Il est suivi par l’Ange qui surgit devant lui. Sans pouvoir se mouvoir à sa guise, Apodis ne peut empêcher l’index de l’Ange de se poser contre son thorax cette fois-ci.
Une nouvelle détonation projette Apodis contre la roche qui fait office de plafond et lui fend la protection au niveau de la poitrine.
Il retombe violemment au sol, le torse ensanglanté.

En Finlande, au Lac Holtz : 

A l’intérieur de la petite maison sur pilotis, Ichi est encastré contre le mur.
Sous les effets du Melow Poison, Finrando pense lui avoir fait perdre connaissance. Il s’avance vers l’Hydre pour l’achever.
Lorsqu’il lève le bras en l’air pour prendre son élan, Ichi profite que son professeur baisse sa garde pour s’extraire du bois. Avec son poing droit, il le cogne sur le sommet du crâne suffisamment fort pour le distraire quelques secondes.
Le japonais enchaîne en écorchant les biceps, l’abdomen et l’intérieur des cuisses du chevalier chaque fois là où il n’est pas protégé.

Finrando recule de quelques pas en observant ses plaies : « Comment peux-tu encore bouger ainsi, alors que le poison devrait déjà avoir détruit ton système nerveux ? »
Ichi - " J’ai peut-être été pour vous un mauvais élève, mais j’ai été selon moi un élève attentif. Vous m’avez enseigné que pour que les effets d’un poison soient inutiles, il faut soi-même bénéficier d’un poison plus nocif. "
Finrando - " Je ne comprends pas. Le poison de l’Hydre ainsi que celui du Poisson Volant réside dans leurs armures. Comment peux-tu en bénéficier sans ta Cloth ? "
Ichi - " Simplement en me l’étant inoculé. Après ma défaite au Japon, j’ai réalisé qu’il était inutile de posséder une armure dotée d’un puissant poison si celle-ci est détruite. J’ai alors choisi de faire de mon corps une seconde armure. A la fois défensive et offensive, puisqu’en le manipulant, j’ai su rendre mon poison plus puissant que le votre,. "
Finrando - " Offensive ?! Que veux-tu dire ? "
Ichi - " En vous frappant sur chaque partie non protégée de votre corps, j’ai libéré ce poison. Le Melow Poison n’est plus simplement dans mes griffes, il est également dans mes coups. J’ai retenu les leçons de mon échec au Japon. J’ai affronté un chevalier à l’armure renforcée par les glaces éternelles et au corps capable de reproduire ce même froid. Vous le sauriez si vous vous étiez soucié un peu de ma présence ici depuis un mois. J’ai passé toutes mes journées à m’entraîner. "

Finrando commence à être tétanisé. Ses membres se raidissent et de tous ses orifices s’écoulent du sang. En crachant de l’hémoglobine, Finrando cherche à blesser davantage l’esprit de son disciple : « Tu es revenu ici dans le but de t’améliorer en défendant cette fausse Athéna. Mais sache que tu n’atteindras jamais le niveau nécessaire. Des Saints d’argent ont été envoyés au Japon. Tu resteras toujours le faible orphelin que tu étais en arrivant ici. »
Ichi passe aux côtés de son maître sans poser les yeux sur lui : « Un faible qui a suffisamment progressé pour vous vaincre. »
Finrando succombe après avoir entendu ces paroles. Son corps s’écroule lourdement contre le sol, passant à travers le plancher et sombrant au fond du lac.

Seul, accoudé sur la rambarde de la terrasse, Ichi pleure : « Il avait beau être cruel, il avait pourtant raison sur un point. Si le Sanctuaire envoie des assassins de plus en plus puissant contre Seiya et les autres, le fossé que je suis venu rattraper va continuer de se creuser. Quoi qu’il en soit, je vais continuer à m’entraîner et je reviendrai auprès de Saori plus utile que je ne le suis aujourd’hui. Et si elle prétend être réellement Athéna, alors je pousserai davantage à l’extrême mon entraînement pour la rejoindre encore plus fort. Le fait de n’avoir pu appeler à moi mon armure sans avoir besoin d’une extrême concentration est la preuve qu’il me reste encore une marge à réduire. Adieu maître. »
Le Saint de l’Hydre replonge aussitôt dans le Lac Holtz pour poursuivre sa quête.


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

Dans la forêt, Marine, Baucis et Philémon sont de plus en plus dérangés par les monstres de feu. Les tentatives des animaux provoquent d’importants dégâts. Un incendie se propage peu à peu tout autour du trio.


Face au ver, Philémon esquive les charges. Le lombric tente d’écraser avec son corps enflammé le petit grec.
Ainsi, les gerbes de feu qu’il laisse au sol encerclent le Saint du Lièvre. Il commence à suffoquer, la tête lui tourne : « l’incendie qui m’entoure prélève l’oxygène de l'air et m’empêche de respirer. Je vais mourir par asphyxie si ça continue. »
Le chevalier de bronze est interrompu dans sa réflexion lorsque le ver attaque de nouveau.
Affaibli, Philémon n’arrive plus à s’éloigner. Il passe ses bras devant lui et accroît sa cosmo énergie pour se protéger du cosmos ardent. Néanmoins, la force de son adversaire l’écrase peu à peu au sol.

A ses côtés, sa compagne, Baucis, court pour échapper au dard flamboyant de la guêpe. L’aiguillon enflammé détruit tout sur son passage. L’Alcide finit acculée contre un monticule de pierre. Le bourdonnement de l’insecte volant effraie davantage sa victime. La femme chevalier espère le repousser en dégageant un déluge de flèches de son poing : « Héraclès Hunting Arrow ! »
Cependant, l’émanation de chaleur dégagée par le corps de la guêpe atténue la puissance des coups de Baucis.
Le dard brûlant lui transperce la cuisse. Le craquement de la végétation à l’épreuve des flammes couvre le hurlement de détresse de la guerrière d’Hébé.
L’aiguille se libère de la jambe et reprend son élan pour piquer de nouveau. Baucis veut profiter de se laps de temps pour fuir mais sa jambe, considérablement brûlée, ne répond plus.
Ses membres se raidissent : « Le feu produit des gaz toxiques. Le venin qu’il m’inocule est fait de ces poisons. Je ne peux plus bouger, je suis à la merci d’une seconde piqûre. »

A proximité, de branches en branches, Marine évite les balles de feu de l’araignée.
Cependant, celle-ci, heurtent les arbres et propagent un immense feu de forêt qui rejoint celui engendré par les deux autres monstres.
Contrainte de regagner le sol, Marine perd en agilité. La Saint d’argent de l’Aigle est sans issue face à l’incendie : « Dommage. Le feu sacré qui l’alimente est situé au centre de son corps. Si je parvenais à sauter juste au-dessus de lui, j’aurai pu frapper ce point vital. »
L’araignée en profite pour dégager davantage de puissance en transformant sa balle en boule de feu. Marine a à peine le temps de se retourner. Elle se contente de prononcer : « Kuken. »
La boule la percute de plein fouet et la dévore.

Toujours à la lutte sous le poids des flammes du rampant, Philémon essaie de gagner du temps. « Il produit des gaz chauds qui chassent l’air. Cela accentue le phénomène d’asphyxie. Pour lutter contre, il va falloir que je crée un puissant courant d’air. Seulement, pour exécuter mon arcane, j’ai besoin de beaucoup d’espace pour me déplacer. Or, la surface tout autour de nous n’est qu’un immense brasier... ».
Le poids des flammes lui rappelle l’urgence de la situation. Il décide : « Tant pis. Je devrais me déplacer dans le feu suffisamment vite pour espérer ne pas être brûlé par les flammes. Seul le septième sens me le permettra. Maître Aldebaran, que votre enseignement me permette de surpasser mes limites ! »
Philémon se dégage du poids du ver et s’échappe dans les flammes à tout vitesse.
Le bras devant le visage, il réalise : « La chaleur me pèse. Je dois aller plus vite. Plus vite encore… »
Il tournoie à l’intérieur du foyer autour du ver en accroissant sa cosmo énergie. En une fraction de seconde, il réalise plus d’un millier de tour, créant ainsi un cyclone qui emprisonne le monstre. Le feu tout autour de lui est éteint par les bourrasques que sa course produit. A l’intérieur du tourbillon, le corps de flammes du ver se désintègre peu à peu, ne laissant place qu’au noyau de cosmo énergie qui alimente la bête.
Le chevalier d’un mètre cinquante-huit cesse sa course et dresse ses deux mains en directions de sa tornade pour en prendre le contrôle et en augmenter l’énergie destructrice. La vitesse circulaire approche la vitesse de la lumière. Philémon achève son ½uvre en cognant de son poing galvanisé d’énergie cosmique le noyau après avoir traversé sa propre tornade : « Lepus Sweep ! »
Le choc est si violent que la cosmo énergie du noyau s’envole dans les airs et se dissipe, pour ne laisser retomber qu’un vulgaire ver de terre semblable à tous les autres qui peuplent cette forêt.
Philémon, l’épiderme partiellement rongé, sourit devant l’insecte devenu inoffensif.

Immobilisée, Baucis réfléchit en attendant le coup de grâce : « Le foyer que dégage son noyau vital atténue mes Flèches d’Héraclès. Il faudrait que je frappe ce point à pleine puissance. Pour cela, l’idéal serait de repousser le feu comme je l’avais fait sur Yíaros face à Babel du Centaure. »
Elle essaie de se redresser mais le poison la paralyse. Pourtant, elle refuse de se laisser mourir. Sa main caresse le bas de son ventre qui abrite le fruit de son amour pour Philémon. Cela lui donne suffisamment de détermination pour recueillir la cosmo énergie suffisante entre ses mains.
Au moment où l’aiguillon s’abat, le corps de flamme est immobilisé par une rafale.
La masse d’air libère des grains de sable par millions qui tournoient à la vitesse de la lumière et corrode le monstre : « Sand Swirl ! »
L’atteinte du septième sens par Baucis lui permet de dissiper le poison qui la ronge. Elle se relève et observe le noyau.
Celui-ci, à peine le Tourbillon de Sable finit, commence à libérer de nouveau des flammes.
La compagne de Philémon refuse de le laisser reprendre des forces et le frappe de son second arcane : « Héraclès Hunting Arrow ! »
Encore plus rapides que des étoiles filantes, les Flèches d’Héraclès percent et anéantissent le noyau. Ce dernier explose et libère une guêpe qui repart aussitôt vers son essaim.

L’arachnide tourne le dos à sa proie qui retombe calcinée. Le corps de Marine est méconnaissable.
Pourtant, sa voix résonne dans l’atmosphère : « Eagle Toe Flash ! »
Prise à revers la bête n’a pas le temps de remarquer que le cadavre a disparu et que, en pleine santé, Marine arrive pied en avant, chargé de cosmos, depuis les airs.
Le noyau est heurté, provoquant la destruction du monstre.
Seule subsiste une petite araignée qui gesticule ses pattes à toute vitesse pour se cacher loin d’ici.
Philémon et Baucis rejoignent Marine :
Philémon - " Tu m’as fais peur. "
Baucis - " J’ai cru un instant que tu avais vraiment été touchée par ce monstre. "
Marine - " J’ai utilisé le Kuken sur moi. Le Coup Vide est censé faire voir l’illusion d’un coup porté. En pensant m’avoir touché, la bête a baissé sa garde et j’ai pu détruire son point vital. "
Philémon - " Ce qui est étonnant, c’est que ces animaux ont repris leur état normal une fois vaincus. "
Marine - " Le cosmos d’Hestia possédait ces insectes. Elle leur a prodigué la ferveur de défendre ce lieu. Une fois leur feu sacré détruit, ces bêtes n’avaient plus de raison de garder cette forme. Elles sont libérées de l’influence maléfique de la déesse. "
Baucis - " Heureusement, nos techniques de vent à Philémon et moi ont réussi à éteindre les feux. La vie va reprendre son court normal ici. "
Tout à coup, désormais silencieuse, la forêt libère les hurlements de détresses qui proviennent du tunnel où s’est engouffré Apodis.

Marine, Baucis et Philémon hochent la tête pour s’accorder sur l’importance de porter assistance au Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis.



La Guerre Sainte contre l’Olympe commençait ce jour à partir du moment où nous profanions le domaine d’Hestia. Sans connaître à ce moment la nature exacte de mon adversaire, j’étais soumis à la supériorité de l’Ange. J’attendais avec impatience les interventions de mes compagnons. Peut-être cela me permettrait de garder la vie sauve ?
Intervenir auprès de ses amis était aussi le souhait d’Ichi. Néanmoins, il savait que la route était longue, s’il voulait approcher le niveau de Seiya et des autres. Pourtant, il ne soupçonnait pas qu’il avait réussi quelques progrès. A bien y réfléchir, il s’était servi de sa défaite contre Hyoga pour retourner une situation critique et vaincre un Saint de bronze expérimenté sans même porter son armure. Il fallait espérer le même succès pour ses camarades Jabu, Nachi, Geki et Ban.

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Only for Love / Chapitre 54 - Les Joncs d’Athéna
« on: 13 February 2016 à 18h08 »
Cela faisait neuf jours que Marine et moi étions sur Yíaros. Neuf jours que je faisais le vide dans mon esprit. Je m’y trouvais en bonne santé, heureux, épanoui, auprès de Juventas et Agape.
Je savais hélas que ça ne durerait qu’un temps. Le sort de la Terre allait nous rattraper et bientôt j’allai devoir dire encore une fois au revoir à des êtres que je chérissais.



Chapitre 54 - Les Joncs d’Athéna

En Grèce, sur l’île d’Yíaros : 

28 octobre 1986.
Main dans la main, Apodis et Juventas se baladent le long des jardins du temple d’Héra en compagnie de Philémon et Baucis. Devant eux, la jeune Agape court après un lapereau qui s’amuse de sa lenteur.

Profitant des derniers rayons de soleil de l’automne, les couples évoquent Marine. L’Alcide aux longs cheveux violets confirme :
Baucis - " ¼dipe est formel. Il n’a pas quitté l’entrée du Parthénos depuis qu’elle s’est enfermée avec Hébé. Aucune d’elles n’est sortie de la salle d’audience. "
Juventas soupçonne un danger qui les dépasse : « Pour que sa Majesté Hébé s’inquiète autant des raisons de la présence de Marine, c’est qu’il doit s’agir d’un objet avec des vertus spécifiques. »
Apodis - " Marine m’a montré un bracelet qu’elle a présenté comme étant une clé. Jusqu’à maintenant, même si elle était réservée, Marine n’a jamais donné le sentiment de détenir des renseignements importants. "
Philémon qui l’a côtoyé également au Sanctuaire rajoute : «  Le plus étrange c’est qu’elle se soit simplement présentée à Hébé comme étant l’Aigle, et non pas comme Saint de l’Aigle. Moi quand je donne mon nom je ne dis pas « le Lièvre », je dis Saint du Lièvre. »


En Grèce, au Sanctuaire, dans la chambre du Grand Pope : 

Sur le long tapis rouge de la salle de réception du représentant d’Athéna, Phaéton se recroqueville sur lui-même face à la colère de son souverain.
Des éclairs jaillissent de l’effluve de son cosmos lorsqu’il évoque la situation au Japon : « Les chevaliers d’argent ne suffisent pas ! Ils ont réchappé à la destruction de l’Ile de la Mort ! Le casque de l’armure d’or demeure irrécupérable ! »

Catapulté général en lieu et place du déserteur Gigas, Phaéton reste là à subir les sautes d’humeur du Saint des Gémeaux. Il se hasarde à demander : « Dois-je envoyer d’autres Saints d’argent contre ces renégats ô Votre Grandeur ? »
Saga - " Non. Malgré tout, ils ont beaucoup souffert ces derniers temps. Je pense que laisser une période de vide sera idéale pour les faire douter. En attente d’une réplique de leur part, je souhaite accroître nos efforts sur des mises à mort stratégiques. Ainsi, Athéna sera privée d’alliés. "
Phaéton - " Que votre volonté soit respectée Altesse. "
Saga - " Bien. Tous les Saints ayant participé à la Galaxian War au Japon sont des traîtres. D’après nos espions envoyés au Japon, certains sont repartis auprès de leurs maîtres. Nous allons donc envoyer nos messagers les informer de la décision prise par le Sanctuaire de les éliminer. Pour ceux qui sont réticents à cette idée, nous ferons d’une pierre deux coups. "
Phaéton - " Qu’il en soit ainsi. "


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos : 

A l’intérieur des couloirs du palais, Hébé et Marine marchent côte à côte. Aucune des deux n’émet le moindre mot. Le visage de la déesse est franchement soucieux, tout comme l’est celui de Marine sous son masque.

Elles regagnent la salle du trône sur lequel siège le bracelet que le chevalier d’argent a amené jusqu’ici.
Hébé - " Je vais essayer de nouveau. "
Marine - " Déesse Hébé, vous devriez vous reposer. Cela fait neuf jours que vous concentrez sans cesse vos efforts. "
Hébé, douce et généreuse, pose sa main sur l’épaule de Marine pour la rassurer : « Ne t’en fais pas. Ce repas frugal m’a rendu des forces. »
Marine - " Je m’inquiète, le sceau apposé semble être difficilement décelable. "
Hébé - " Le sceau n’est pas vieux. Voilà pourquoi il représente un obstacle pour moi. "

La Déesse de la Jeunesse s’assied sur son impérial fauteuil et enferme dans la paume de ses mains le bracelet sur lequel s’entremêlent les symboles de la Chouette et de Pégase.
Elle clôt ses paupières et entre dans une transe spectaculaire. Bien que Marine assiste à ce phénomène depuis plus d’une semaine, la japonaise n’en reste pas moins émerveillée.
Le cosmos de la divinité inonde la pièce de sa lumière bienfaitrice et englobe peu à peu l’île.
L’énergie, empreinte d’une grande bonté, touche chaque personne d’Yíaros et leur réchauffe le c½ur.


Soudain, la déité aux cheveux blonds stoppe sa méditation et s’écroule sur le sol.
Marine se précipite vers elle pour la relever tandis que les gardes, pris d’un étrange pressentiment, pénètrent dans la pièce accompagné d’¼dipe Alcide des Oiseaux du Lac Stymphale.
Un soldat s’inquiète : « Elle vomit du sang ! »
La voix d’¼dipe retentit dans la pièce : « Je sens qu’elle essaie de maintenir un lien télépathique. C’est ce qui la fait souffrir. »
Hébé relève la tête vers le ciel, du sang coule de ses oreilles, de son nez et de ses yeux.
Marine - " Arrêtez Majesté ! "
Cependant, la transe d’Hébé ne cesse pas. Au contraire, elle s’amplifie, le souffle semble manquer à la vénusté. Ses yeux sont révulsés. Elle bleuit et convulse.

Des flashs frappent son esprit : « Mer Egée… Ile de Ténédos… Au c½ur de l’île… Sous terre… La croûte terrestre qui forme un plafond soutenu par des colonnes doriques… Les vestiges d’un temple… Sur le parvis, des statues arrachées dès leurs bases… L’intérieur est ravagé… Il ne reste que les pierres qui soutiennent l’édifice… Seul subsiste un banc de pierre au fond de la salle… Dessus… Un second bracelet… Identique à celui de Marine… Frappé d’un sceau… Surplombant le banc, une statue… »

Brusquement, elle revient à elle en reprenant son souffle à plein poumon.
Elle se redresse si subitement que toute l’assistance, prise de panique, recule d’un pas, croyant faire face à une revenante
¼dipe - " Comment allez-vous Majesté ? "
L’ancienne amie d’enfance de Saga et Kanon, essoufflée, cherche de ses yeux ensanglantés Marine. Elle lui cramponne le bras et lui sourit : « Je l’ai trouvé. J’ai trouvé le second bracelet. »


En Grèce, sous l’Aréopage, dans le Sanctuaire : 

Les étages du temple conique se vident.
En rang, s’agenouillant dans leurs tenues orange, cuirassées de rouge, les soldats se présentent face au trône d’Arès.

Passant en revu ses hommes depuis son fauteuil, le Dieu de la Guerre et de la Destruction, les bras sur son accoudoir, la tête en appui contre son poing droit, attend l’arrivée du Berserker de la Royauté.

Suivi de ses lieutenants, Atychia et Tromos, Vasiliás se manifeste dans sa Nightmare d’un rouge écarlate.
Sous son casque ovale formant une gueule de lion, sa voix, étouffée par le masque doré qui ne laisse apparaître que ses beaux yeux bleus et verts, ne passe pourtant pas inaperçu.
Arrivant en dernier, traversant toute la salle, il scande bien fort : « Justice ! Justice ! ... »

Finissant sa marche devant le trône de son maître, l’américain retrouve le silence.
Il patiente.
Le temps que les Berserkers du Malheur et de la Terreur se courbent à ses côtés.

Dès lors, il reprend : « Justice ! Voilà bien un mot oublié, perdu. Un mot que j’ai choisi de redéfinir avec vous afin de l’étendre au monde entier. Nos ennemis, les dieux qui se chamaillent la Terre depuis sa création, n’ont jamais su inspirer notre définition à la face du monde. Athéna la première. Celle qui se veut amour et paix, ne cautionne en réalité que le délabrement du genre humain qui n’offre finalement au plus faible que l’injustice du plus fort… »
Il lève le bras à l’attention des soldats positionnés en fond de salle, près de la grande porte, les invitant à l’ouvrir : « … Alors je vous ai trouvés. Et vous m’avez tous couronné, faisant de moi le roi du nouveau monde. Un monde de loi et de justice. Faisant de moi l’espoir… »
La porte ouverte, il tend les bras dans sa direction.

Dehors, sur l’îlot au c½ur de la Terre, entouré de lave, des hommes, nus, agenouillés, les mains ficelées dans le dos, sont sous la menace des épées arèsiennes.
L’assistance se retourne tandis que Vasiliás poursuit : « … Certains d’entre vous, les plus aguerris, sont envoyés en mission depuis des mois. Des criminels de guerre dans les pays en conflit, des violeurs, des tueurs, des voleurs récidivistes partout dans le monde… Tant de fléaux qui ont ruinés votre vie et en anéantissent d’autres. En contaminent d’autres. Nos hommes nous débarrassent d’eux. Vous, vous allez nous débarrasser d’eux. Pendant qu’Athéna règle ses conflits en interne et se chamaille sa souveraineté avec d’autres dieux, vous vous allez rendre la justice en ce monde. Discrètement. Avec discernement. Mais chaque fois avec violence. Pour marquer les esprits. Et déjà les prémices de notre loi favoriseront dans l’esprit humain la compréhension lors de notre prise de pouvoir. Inspirons dès maintenant la normalité, pour que le jour où nous raillerons les autres divinités de ce monde, il ne reste plus que les hommes justes et leur roi que vous aurez érigé ! »
L’assistance lève immédiatement le poing au ciel en criant d’un air victorieux.

Accroupie à côté de lui, Atychia relève sa tête vers Vasiliás pour lui témoigner toute son admiration.
Le charismatique orateur poursuit : « L'être humain a droit au bonheur. Mais à cause de quelques gens pervertis, ce droit disparaît soudain avec une facilité déconcertante. Rendre nous même la justice par la mort, surpasser les lois de pays aux justices trop laxistes ou corrompues, permettra aux gens de réaliser quelle est la juste façon de vivre. La justice ne s’acquiert pas en attaquant, en piégeant ou, à plus forte raison, en tuant son prochain. Vous aspiriez au bonheur sans nuire à celui d’autrui, en respectant les droits des autres et la justice de vos pays respectifs. Mais vous avez été dupés. Victimes. C’est désormais vous qui allez inspirer le devoir à chaque homme. Ces derniers mois, vous avez tous découverts et manipulés le cosmos. Certains ont même surpassé leurs limites. Pourtant, beaucoup attendent encore de prouver leur valeur. Cela passera par une inévitable Guerre Sainte. Par le combat, le sang, la mort. Rendre la justice fera peut-être de nous des criminels. Mais ce mal n’est-il pas nécessaire ?! »
De nouveau, la foule lève les bras au ciel en signe d’approbation.
Alors Vasiliás déclare : « Continuellement, jusqu’à ce que le jour de la bataille vienne, de nouvelles troupes seront formées. Envoyées incognito, en civil, dans ce monde perverti par le mal. Elles iront rendre la justice. Vidant les ghettos de leurs malfrats, déracinant les mafias les plus puissantes, brisant chaque dictateur et son gouvernement, nettoyant les prisons de chaque pays. Oui, sans annoncer pour le moment à la face du monde notre existence, nous allons créer un sentiment de justice divine. Une ambiance de justice rendue, instaurant la peur de commettre le mal. Et c’est lorsqu’il n’existera plus de menace divine que nous annoncerons à la face du monde qui nous sommes, ce que vous avez fait pour lui. Dès lors, vous serez reconnus comme les sauveurs de l’humanité. Une nouvelle ère commencera. Allez vous vivre en cette ère avec moi ?! »
Encore, l’armée s’époumone de joie. Leur chef conclut : « Nous devons alors tous porter notre pierre à l’édifice. Nos épées doivent être toutes teintées du sang de nos ennemis… »
Il pointe du doigt les dizaines de prisonniers dehors : « Avant de retrouver le temps d’une mission une vie civile, durant laquelle vous serez des justiciers, découvrez quelle est la couleur du sang souillé par le mal ! »
Sans être encouragé davantage, près d’un millier d’hommes se rue sur les otages de leurs pairs. Ordonnés, malgré la précipitation, les rangs viennent frapper de leurs épées les corps dénudés. Chaque arèsien cherchant, pour la plupart, à frapper là où la chair n’est pas encore entaillée, transpercée, afin d’avoir un sentiment d’exclusivité, comme si chacun était devenu « le » justicier, celui qui aurait rendu l’impartialité du roi en premier.

Dans le grand hall vide, Vasiliás se tourne vers Atychia : « Organise de nouvelles équipes. Cinq hommes. Répartis dans plusieurs régions du monde. Qu’ils soient discrets. Qu’ils soient efficaces. Aucune pitié. Tous doivent rendre la justice et revenir fiers. Après cela, il ne restera plus qu’un obstacle pour que le monde soit à nous. »
L’admirative bulgare incline la tête pour affirmer son obéissance et s’empresse déjà d’exécuter les ordres.
Le roi virevolte de l’autre côté pour sourire à son ami : « Que se passe-t-il Tromos ? »
Le géant argentin grimace dans sa longue barbe : « Pour ceux qui ne se sont pas encore vengés de leurs vies passées, tu te doutes bien qu’ils vont saisir l’occasion d’une telle mission. »
Vasiliás - " Parfait, c’est exactement ce que j’attends. "
Tromos - " Atychia a eu droit à sa chance avant même que tu n’en fasses un Berserker. "
Vasiliás - " Je vois où tu veux en venir. Ton tour viendra Tromos. Ton tour viendra. "

Puis, en levant les yeux plus haut, Vasiliás remarque un Arès totalement subjugué par le massacre qui lui est offert. Absorbé par les giclées de sang, le dieu belliqueux ne perd pas une goutte du spectacle. Pour le plus grand plaisir de Vasiliás. « C’est bien, régale-toi Arès. Cette scène était également pour toi. En plus d’être une épreuve pour les plus hésitants, cette mise en scène est une façon de te faire croire en ma promesse, en une Terre ravagée par la guerre. En cet instant mes hommes sont désormais totalement investis dans leur mission, et toi tu me laisses toute latitude pour gérer mes plans. », réfléchit-il.


Dans une dimension qui surplombe la Terre, l’Olympe : 

Dans le domaine des cieux, la vie s’écoule paisiblement. Il s’agit d’un monde où les dieux sont aimés, adulés, priés.

Aux confins du royaume, au sommet du Mont Olympe, le temple de Zeus surplombe cet univers.

Devant lui, sur le versant de la montagne, est dressé le Palais des Dieux. C’est ici que les dieux olympiens se réunissent.
Allant de débats vigoureux à d’interminables banquets, les divinités y scellent leur volonté.

A l’entrée du Palais des Dieux, se rejoignent onze chemins. Tous conduisent à onze temples en pierres aussi froides que le c½ur des autres dieux de l’empire.
Ils sont alignés au pied du Mont Olympe et dominent une immense vallée.

La nature est y saine.
L’eau, pure et claire des lacs, provient du Mont Olympe.
Le décor est similaire à celui que subira le Sanctuaire lors de l’occupation d’Artémis.
La verdure riche offre de longs jardins fleuris.
Loués par le peuple, Zeus maintient un ciel constamment bleu et laisse se succéder l’attraction lunaire et le soleil qu’offrent Artémis et Apollon.

A l’est, jusqu’au fond de la vallée, tout autour des habitations, là où l’eau qui s’écoule des montagnes repose à perte de vue, subsiste un vieux Colisée.
Vestige des temps anciens, les places assises, aujourd’hui couvertes de verdure, sont en demi-cercle autour d’une arène suspendue au bord du vide. Les dieux y faisaient combattre leurs prisonniers de guerre.

Le peuple, lui, est discret et décent. Vêtus d’une simple toge blanche accrochée stratégiquement par des broches en or pour ne rien dévoiler de leur intimité, ces privilégiés sont des descendants des héros mythologiques, des nombreux enfants illégitimes des dieux ou encore des fidèles élus par les dieux avant que ceux-ci ne se retirent ici.
Chaque foyer possède son logis. Tous salubres, leurs architectures sont identiques. Ils sont faits de colonnes de plâtres qui soutiennent les murs et les toits aux pierres impeccablement blanches. La pièce principale est dominée par un autel à l’honneur des dieux olympiens. Ils disposent de terres parfaitement fertiles où chaque foyer cultive et élève son bétail à la convenance de ses propres besoins.
De sa plus tendre enfance jusqu’à la fin de ses jours, l’olympien voue sa vie à la reconnaissance des dieux et travaillent pour eux. Tous sont éduqués dans le but de servir l’Olympe. Que ce soit en étant prêtre serviteur ou un Ange guerrier de l’Olympe.

En guise de foi et de remerciement pour cette vie de félicité, le peuple couvre chaque jour les prieurés d’offrandes.
Ces temples, montés sur des colonnes doriques et d’à peine vingt mètres carrés, sont dressés tous les deux kilomètres à la ronde. Aucun n’est pourtant vide plus d’une heure. Ils sont tenus par les prêtres et prêtresses au service des dieux. Les déités goûtent, au Palais des Dieux, à longueur de journée, les offrandes laissées par le peuple et servis par les religieux.

Les prieurés sont tous reliés par des routes de pavés qui, en direction d’une autre montagne faisant face au Mont Olympe, conduisent à un carrefour.
A mesure que les chemins s’éloignent du c½ur de l’Olympe, les routes sont de plus en plus détériorées et désertiques. Quand il n’en manque pas, les pavés sont fissurés, le sol est couvert de poussière et un vent violent se dresse, ne laissant des routes plus que deux sentiers.

Le premier part en direction des Prisons de l’Olympe. C’est ici qu’échouent les hommes qui, sur Terre, ont commis des actes immoraux et des affronts envers les dieux.
D’innombrables colonnes sphériques pointent vers le ciel d’un bleu plus obscur. C’est sur ces surfaces plates et surélevées que sont faites prisonnières les victimes de l’Olympe. Le vide, un passage vers l’Hyperdimension, y est donc sans fin.

Le second se perd dans un désert semblable à celui que traversera Seiya lorsque le Sanctuaire d’Athéna sera sous le contrôle d’Artémis.
Au bout de ce désert, une fois l’horizon perceptible, l’autre montagne se dresse. Un chemin étroit, en serpentin, tout autour d’elle, regorge des ruines de temples et de statues. A son sommet, un étrange lac rayonne de mille couleurs.
Personne ne s’y est aventuré depuis des siècles. L’évocation de cette zone est même proscrite du langage des olympiens.


Là où chaque souverain est flatté jusqu’à outrance, dans le Palais des Dieux, un habituel festin est dressé.
La pièce juxtapose la salle du trône où reposent, autour du trône de Zeus, les onze sièges de ses pairs.
La salle de banquet est drapée des murs au plafond de longs voiles blanc.
Des parterres de fleurs et d’arbustes agrémentent le sol marbré lavé sans cesse par les serviteurs.
Des estrades sont dressées tout autour de ce hall immense. Des fauves s’y baladent en total liberté et admirent la lascivité des Dieux.

En cet instant, deux déesses sont allongées sur des couches aux coussins ivoire.
Elles dégustent l’ambroisie apportée par les prêtres, qui se prosternent à chaque plat apporté. Elles savourent le nectar en observant avec dédain la nourriture donnée aux animaux.
Les serfs leur servent les mets offerts par les olympiens sur les autels.
Elles remarquent à peine, avec suffisance, les plus beaux sujets, hommes ou femmes, qui se baignent dans les multiples bassins embellissant la pièce, jouent de la harpe, dansent, ou réalisent des acrobaties, dans le but de les divertir.

Les deux déités ont le visage très fin, les traits très tirés. Leurs yeux sont larges et plissés, exprimant à chaque instant la supériorité dont elles se glorifient.
L’une d’elle est dérangée par le couinement de la grande porte qui sépare la salle du trône de la salle de banquet.
Elle est vêtue d’une longue robe pourpre. Celle-ci libère sa poitrine généreuse et lui serre sa fine taille jusqu’à mouler parfaitement son postérieur et le haut de ses cuisses. Ses ongles vernis à la couleur de sa robe soulèvent une coupe en cristal jusqu’à ses lèvres pulpeuses. Ses cheveux noirs tirés, pour former un magnifique chignon, sont coiffés d’un diadème orné en son centre d’un rubis rouge écarlate.
D’un ½il inquisiteur, elle fixe l’olympien responsable de ceci.

Le bougre, un homme de petite taille et d’un certain âge, le crâne au sommet dégarni, ne gardant qu’autour de la tête une épaisse touffe de cheveux blancs coton, avance en mettant tranquillement un pas devant l’autre. Sous ses étroits sourcils, ses grands yeux ronds prennent la direction de la déesse qui le toise. Aussi indélicat que sa présence ici, son allocution ne dégage aucune formalité : « Déesse Héra, je vous importune quelques instants. Mon maître s’inquiète. »
La Déesse du Mariage se redresse immédiatement : « Que se passe-t-il Roloi ? »
Comme s’il était sénile, le vieillard tire sur ses fines moustaches qu’il a à chaque coin de ses lèvres. Ses yeux sont inondés de bêtise : « Enfin, je ne voudrai pas vous alarmer pour rien, mais comme vous êtes une des instigatrices de tout ceci… Bon, bon. En fait ça concerne surtout la Déesse du Feu Sacré et du Foyer ! »

Accompagnant Héra, Hestia, accoudée sur sa couche, se redresse aussitôt.
Sévèrement vêtue, seuls ses bras sont libérés de sa bure blanche. Un voile couvre sa tête et ses courts cheveux rougeoyants. Ses petits yeux sombres ne perdent rien de leur hauteur : « J’imagine qu’il s’agit de notre plan. »
Roloi agite ses bras comme un comédien : « Exactement. Un cosmos est entré en liaison avec le Jonc qui vous a été confié et que vous gardez prisonnier sur Terre. »
Hestia - " Athéna chercherait-elle à s’en emparer ? "
A l’évocation du nom de la Déesse de la Sagesse, Héra ne peut s’empêcher de plisser davantage ses yeux. Roloi secoue son doigt d’un signe négatif : « Pas du tout ! Apparemment il s’agit d’un autre cosmos. Celui de la Déesse de la Jeunesse ! »
L’appétit coupé par l’évocation des déesses protectrices de la Terre, Héra se retire en soufflant : « Hum… Hébé… Elle s’est donc réincarnée elle aussi à cette époque. Une de plus qu’il faudra rayer de l’histoire. Hestia, je te laisse nuire à leur recherche. »
Hestia - " N’aie crainte. Le Jonc est bien gardé. "

Alors qu’il s’apprête à quitter le banquet à son tour, Roloi fait demi-tour précipitamment : « J’allais oublier ! Mon maître propose de vous laisser son plus fidèle Ange pour protéger ce lieu. »
Hestia devine que Roloi parle de celle qui s’est réincarnée sur Terre sous le nom de Ksénia : « Je vois. C’est qu’il craint réellement qu’Hébé puisse récupérer le Jonc pour qu’il me confie Helénê. Cependant, le lieu est déjà gardé par un autre Ange. Rassure ton maître. S’il le faut, je me déplacerai en personne. »
Satisfait, Roloi affiche un sourire aussi large que sa bêtise.


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos : 

Considérablement affaiblie, Hébé est affalée dans son trône. Ses yeux sont cernés et ses membres tremblent encore.
A ses côtés, Marine, recouverte de son armure, observe l’ensemble des Saints et des Alcides présents sur l’île.

Apodis, Philémon, Juventas, Baucis et ¼dipe, se tiennent droits, casque de leurs Cloths dans les mains.
Tous sont soucieux de la tenue d’Hébé et des mystères qui entourent Marine. Apodis le premier. Volontaire pour accompagner Marine ici, il s’impatiente de connaître la suite.

Marine leur tend le bracelet : « Ce bracelet détient des pouvoirs au service de la déesse Athéna. J’ai trouvé le second bracelet. »
Apodis s’exclame : « Ah ! Parce qu’il y a deux bracelets à présent ! »

Pressentant que Marine n’arrivera pas à se faire totalement entendre par ses pairs, Hébé puise au plus profond d’elle-même pour se redresser. Son geste impose le silence.
Ses mains grelottantes prennent appui sur les accoudoirs de son fauteuil pour lui permettre de se mettre debout.
Aussitôt, la tête lui tourne et Marine se hâte de la soutenir.
Les chevaliers, eux, s’inclinent aussitôt.

Le ton est bas et sa voix déraille, mais elle tient à garder toute sa noblesse en poursuivant : «  Le combat que livre en interne le Sanctuaire n’est rien par rapport à la menace qui plane sur Terre. Le vrai danger pour Athéna n’est ni Poséidon, ni Hadès, comme cela pouvait être le cas dans le passé. Aujourd’hui, une conspiration semble être menée par l’Olympe. Nous ne savons pas s’il est question de tous les olympiens. Cependant certains éléments nous permettent de savoir qu’il s’agit d’eux… »
Elle coupe un instant pour récupérer quelques forces.
Les chevaliers espèrent qu’elle les éclaircisse sur ces fameux événements. Hélas, cela semble être de l’ordre de la confidence avec Marine. Elle enchaîne sur les artefacts : « Athéna va avoir besoin de toutes les forces dont elle peut disposer. Car c’est bien sur elle que repose l’avenir de notre planète. Les dieux mineurs, moi compris, ne seront jamais de taille à soulever seul le complot. Nous serons donc une des forces d’Athéna. Et c’est en tant que tel, que nous nous devons de réunir aujourd’hui le reste de ses atouts. Parmi eux, les bracelets. Oui, il existe bien deux bracelets. Il s’agit des Joncs d’Athéna. L’un d’eux a été dérobé par les olympiens. Fabriqués à l’époque de la création de sa chevalerie par Athéna en personne, les Joncs ne peuvent être détruits. Alors celui aux mains des olympiens a été scellé. »
La déesse se pose de nouveau sur son siège pour laisser Marine finir.
Cette fois-ci, c’est Juventas qui profite du changement d’interlocuteur pour demander : « Avec tout le respect que je vous dois, nous déplacer en Olympe pour récupérer cet objet est un outrage fait envers les dieux. »
Marine - " Heureusement nous n’aurons pas à aller en Olympe. Ce qui nous pousse à croire que tous les olympiens ne sont pas derrière cette machination est le fait que le Jonc soit encore sur Terre. "
Hébé clarifie : « Il se trouve précisément dans un temple abandonné sur l’île de Ténédos. »
La japonaise demande à son camarade grec : « Tu m’accompagnes toujours Apodis ? »
Apodis - " Même si tout ceci reste très flou, il s’agit de la sécurité d’Athéna. Bien sûr, je suis avec toi. "
Le petit Saint de bronze du Lièvre, amant passionné de Baucis, suggère avec véhémence : « Majesté Hébé, puisqu’il s’agit du bien d’Athéna, permettez-moi d’être de cette mission. »
Hébé - " Tu es un Saint d’Athéna Philémon. Si tes services ici nous sont très utiles, et je t’en remercie, je ne peux te retenir contre ton gré. "
Philémon se courbe : « Merci Déesse Hébé. »
L’amante du passionné chevalier, Baucis de la Biche de Cérynie, intervient : « Ô Divine Éminence, j’aimerai également accompagner les Saints d’Athéna dans leur succès. »
Hébé grimace quelques secondes. Elle reste intriguée par une étrange sensation qui émane de Baucis. Un rayon de bonheur intense qui brûle en son être. Seulement, elle reconnaît : « Il est vrai que Juventas et ¼dipe suffisent à ma sécurité. Bien. Baucis accompagnera les Saints d’Athéna dans ce cas. »
L’Alcide de la Biche de Cérynie effectue une révérence : « Si cela est votre choix, ô Grande Hébé. »


A Jamir : 

La contrée himalayenne, si calme d’ordinaire, est le théâtre de l’apprentissage difficile du septième sens des convives de Mû.

Quand il ne se replie pas sur lui-même pour méditer, Nicol profite de l’expérience de Mû pour étudier davantage l’ultime cosmos.

Esseulée lorsque son mari lui est accaparé, Médée, elle, brûle son cosmos à son paroxysme jusqu’à épuisement total. Elle espère ainsi franchir à chaque fois un pallier.

Inséparables, Mei et Yulij repoussent leurs limites en se livrant bataille sans cesse.
Parfois même trop dangereusement.

Aujourd’hui, ils ont choisi de se retrouver dans une grotte pour leur affrontement quotidien :
Mei - " Nous affronter dans l’obscurité la plus totale, nous privant de la vue, va nous permettre de faire travailler de façon plus assidue tous nos autres sens. "
A peine rentré, Mei boitille déjà. Les séquelles de ses entraînements précédents.
Yulij, le bras gauche déjà pansé pour les mêmes raisons que son ami, s’enfonce dans les ténèbres : « Cette fois-ci, c’est moi qui gagne. »
Mei - " Tu me dis ça chaque jour. "
A peine a-t-elle entendu la réponse de Mei sur sa droite, qu’elle encaisse un coup sur sa gauche.
« Je vois, il se déplace très vite. Il a profité d’entendre ma voix pour m’attaquer en premier. Je ne me laisserai pas avoir une seconde fois. », décrète-t-elle.
Son discernement lui permet de sentir l’approche du japonais dans son dos.
Elle s’accroupit et évite ainsi un nouveau coup. Sa riposte ne se fait pas attendre et elle décoche un uppercut sous son menton.
Repoussé Mei, tente un second puis un troisième assaut, en vain.

« Elle ne bouge pas, elle se concentre sur les sons qu’émet ma gestuelle pour contre-attaquer à chaque fois. Il faudrait que je sois partout à la fois. Je sais, le Lost Children va me le permettre. », déduit-il.
Il écarte délicatement ses bras pour ne pas attirer l’attention de Yulij. De la paume de ses mains jaillissent des centaines de filaments qui font peu à peu le tour de la pièce.
Ceux-ci frottent volontairement les parois de la caverne pour déstabiliser Yulij.

« Il me prépare un mauvais coup. Il m’attaquera certainement de toutes ses forces en pensant avoir trouver la faille cette fois-ci. Il ne sera pas sur ses gardes et je pourrai le surprendre avec mon Falling Stars. Depuis notre arrivée à Jamir je n’ai pas réutilisé cette technique. Je suis certaine que les fruits de mon assiduité vont le surprendre. Je vais réussir à surpasser de loin la centaine de coups à la seconde. », se convainc Yulij.

Inopinément, les fils de Mei frottent de partout contre les parois de la caverne pour désorienter l’audition de Yulij.
Privée de la vue et d’une ouie parfaite, Yulij commence à perdre l’équilibre lorsque sa conscience lui fait remarquer que la seule position silencieuse est au-dessus de sa tête.
Elle réalise aussitôt que Mei l’attaque réellement par les airs : « Lost Children ! »
Yulij - " Falling Stars ! "
Non plus par centaines, mais par millions, les étoiles du Sextant se heurtent aux cheveux de Bérénice.
La rencontre des deux arcanes se résume à d’indénombrables faisceaux lumineux qui s’entrechoquent et illuminent par flashs en un millième de seconde la caverne.

Quelques coups de la Chute d’étoiles sont passés outre Mei et ont percé le plafond de l’excavation. Laissant apparaître le jour et illuminant les deux adversaires.
Mei chute sur les genoux aux côtés de Yulij. Il se cramponne la poitrine de douleur et laisse couler un épais filet de sang de sa bouche.
La jeune femme se tient encore debout, poing dressé vers le ciel : « Je t’avais dis que je gagnerai aujourd’hui. »
Croyant trop vite sa victoire acquise, Yulij sent plusieurs entailles parcourir son corps, preuve que les filaments de Mei ont réussi à l’atteindre.
Un filet de sang coule depuis son front et descendant le long de son nez jusqu’à son menton. Certes, son visage est également éraflé, mais surtout, son joli minois est pour la seconde fois mis à découvert par Mei.
L’ancien disciple de Deathmask tend son masque à Yulij : « Pour la puissance de nos coups je dirais que nous avons fait jeu égal. Pour ce qui est de la vitesse, j’ai l’impression que j’ai un cran d’avance. »
Elle lui arrache son masque des mains, furieuse.
Face à cette attitude, Mei la taquine : « Estime-toi heureuse, si je n’avais pas pris le temps de t’ennuyer un peu, j’aurai pu frapper plus fort et plus vite. »
Tête baissée, Yulij balance d’un revers de la main le masque que Mei lui tend. Elle empoigne son camarade par le col et le soulève avec vivacité. Fier de lui, il ne perd rien de son rictus moqueur.
Néanmoins, le baiser que lui vole Yulij parvient à le désarçonner.
Subitement, sans laisser paraître le moindre sentiment, elle l’embrasse fougueusement.

Lorsqu’elle relâche sa prise, Mei est tremblant. Sa gorge s’assèche et son c½ur cogne fort dans sa poitrine. Il essaie d’ouvrir la bouche mais aucun son ne vient. Yulij lui épargne une nouvelle tentative en approchant de nouveau son ami.
Cette fois-ci, c’est lui qui s’engage en la devançant. Ses mains saisissent ses hanches et sa bouche vient chercher la sienne pour échanger un langoureux baiser.
Il enlève avec délicatesse le maillot kaki de la jeune femme. Celle-ci ne perd rien de sa fougue et gagne quelques secondes en arrachant directement le tissu usé qui couvre le torse du chevalier. Ses lèvres viennent baiser les pectoraux d’acier forgés par l’ardu entraînement de Deathmask. Encore humidifiés par la salive de sa camarade, les pectoraux de Mei sont réchauffés par la poitrine de Yulij qui vient plaquer son corps contre le sien…


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos : 

A l’intérieur du temple d’Hébé, les Saints et les Alcides prennent congé de la Déesse de la Jeunesse.
Au seuil de la salle d’audience, Baucis est rattrapée délicatement par le poignet par sa déesse.
Tous se retournent stupéfaits mais la jolie vénusté leur demande de les laisser seules : « J’aimerai m’entretenir avec Baucis avant son départ. »
Aucun ne discute les ordres.

Seules, les deux jeunes femmes peuvent discuter en toute liberté.
Hébé vient soulever le masque de son Alcide afin de pouvoir admirer son regard. Avec son autre main, elle presse avec attention son ventre : « J’en étais sûre. Baucis, depuis combien de temps es-tu au courant ? »
Baucis n’ose pas regarder sa déesse dans les yeux. Son regard est partagé entre bonheur et gêne : « Je l’ai découvert il y a une semaine. Les prêtresses d’Athéna suggèrent que je suis enceinte d’approximativement un mois. »
Hébé ne dissimule pas son bonheur : « Félicitations Baucis. La divinité que je suis se réjouit d’un tel événement. Qu’en a dit Philémon ? »
Baucis - " Il n’est pas au courant. Je comptais lui dire aujourd’hui. Cependant, face à son enthousiasme devant la mission que les Saints se sont confiés, je ne peux pas le déconcentrer avec cette nouvelle. "
Hébé - " Voilà pourquoi tu l’accompagnes alors. "
Baucis - " Oui, Philémon est intrépide, passionné. Il serait capable de donner sa vie sans hésiter pour réussir. Je ne veux pas que mon enfant naisse sans son père. J’y vais pour le protéger. "
Hébé - " Il est intrépide et passionné. Comme toi. Dans le cas inverse, tu n’aurais pas hésité à te lancer dans la bataille. Je peux le lire dans ton c½ur. "
Baucis rougit.
Hébé - " Maintenant que je sais, je ne suis pas certaine que te laisser te rendre sur Ténédos soit la meilleure idée. Toutefois, si tel est ton v½u, je ne peux t’en empêcher. Promets-moi seulement d’être prudente. "
Baucis s’agenouille et réajuste son masque de femme chevalier : « Merci Majesté. Je ferai tout mon possible pour que vous soyez fière de moi. »
Avant qu’elle ne passe la porte, Hébé précise, d’un ton délicat : « Je le suis déjà. »
Baucis, immobilisée quelques secondes par un tel éloge, se sent prise d’une fierté intangible.



Il en était ainsi, la vie calme à laquelle j’aspirais ne pouvait m’être promise tant que le règne d’Athéna n’était pas garanti.
Déjà, je quittais pour une énième fois l’amour d’une femme et d’un enfant. Je ne me doutais pas qu’au bout du chemin m’attendait l’Olympe, j’espérais simplement pouvoir un jour m’en retourner auprès de cet amour qui me manquait déjà cruellement…

14
Only for Love / Chapitre 53 - L’Aigle
« on: 3 January 2016 à 13h14 »
Au Japon, l’apprentissage était dur pour Seiya et ses amis. Shiryu avait perdu la vue contre Algol, Saori venait d’être enlevée par Jamian, Seiya se retrouvait avec elle au fond d’un ravin le bras cassé et victime d’un traumatisme crânien.
A Jamir, cela faisait une semaine que Nicol, Mei, Yulij et Médée suivaient les préceptes de Mû.
A Asgard, Bud, Alberich et Mime rentraient en héros.
Pendant que Marine et moi étions coincés.



Chapitre 53 - L’Aigle

Quelque part sur la Mer Egée : 

19 octobre 1986.
Le vent souffle violemment sur une embarcation de fortune. Celle-ci est secouée par les vagues.
La mer agitée ne rassure pas l’un des deux occupants. Apodis tient avec acharnement les lanières de l’urne dans laquelle est enfermée son armure. Ses cheveux bleus sont noyés par l’écume : « Je dois t’avouer que j’aurai espéré une traversée plus calme. »
La jeune femme qui accompagne Apodis tient elle aussi sa propre urne : « Nous n’avons pas d’autres choix. Tout autour de Yíaros, les navires du Sanctuaire bloquent les liaisons avec l’extérieur. Nous déplacer dans les airs en bondissant depuis la côte nous aurait été fatal. Nous aurions été à la merci d’une riposte. »
Apodis pointe du doigt la direction de l’île d’Hébé : « Parce que tu penses qu’une petite barque va passer inaperçue au milieu de tous les bâtiments remplis de soldats ? »
Marine - " Non plus. Mais ça nous a permis d’approcher jusqu’ici sans nous faire repérer. Il nous faudra finir la traversée à la nage à partir d’ici. "
Malmené par les bourrasques, Apodis s’exclame : « Comment ?! »
Marine - " Oui, à partir d’ici nous sommes à la portée de leurs longues-vues. Nous devons passer par-dessous la mer pour arriver jusqu’à l’île. "

Marine joint la parole aux actes et endosse sa Pandora Box pour se jeter dans l’eau. Avant de l’imiter, Apodis confesse : « J’étais persuadé dès le départ que tu me conduirais dans une aventure impossible ! »


Au royaume d’Asgard : 

Le sourire qui se dessine sur les lèvres des trois hommes est représentatif de la joie de chacun de mettre fin à ce voyage exténuant. Syd, Alberich et Mime rentrent enfin de Blue Graad.

Ayant ressenti leur cosmos en approche, Hilda a fait préparer un cortège pour venir à leur rencontre dès la route de cristal, là où Seiya affrontera Thor dans quelques mois.
Les soldats relâchent les chiens de traîneau pour les soulager et amènent des chevaux aux trois héros, car c’est bien ainsi qu’ils sont considérés.

Hilda s’approche d’eux sur son grand cheval blanc, les obligeant à attendre un peu avant de grimper sur leurs montures.
Ils effectuent une révérence fort prononcée que leur renvoie la prêtresse d’une mine complice :
Hilda - " Félicitations guerriers d’Asgard. Vous êtes parvenus à sauver Blue Graad et à ramener Alexer sur le droit chemin. Mais trêve de bavardages, vous devez être exténués. Je vais vous faire raccompagner jusqu’à chez vous pour vous reposer avant le grand banquet que j’officierai ce soir en votre honneur. "
Syd et Mime s’échangent un regard coopératif, Alberich, lui, montre toutes ses dents en se sentant enfin considéré comme il se doit.


En traversant les hordes de villageois qu’ils rencontrent en remontant jusqu’au Walhalla, Syd salue chaleureusement son ami Thor, tandis que Mime joue quelques notes de sa lyre pour satisfaire davantage les adulateurs. Alberich, lui, ne cesse de lever le poing haut en l’air, afin que les acclamations de la foule flattent encore et encore son ego.
Les retrouvailles entre Siegfried et Syd se font bien plus solennelles que celles avec Thor, mais non moins joyeuses. Avec toute la politesse qui lui est connue, Mime incline à peine la tête devant l’ange gardien d’Hilda sur le parvis du palais, tandis qu’Alberich profite de passer à proximité de lui pour lui souffler du coin des lèvres : « Tu vois mon cher Siegfried, je serai toi je surveillerai ma place, je pourrai prendre goût à être considéré comme tu l’es habituellement, en héros. »
Siegfried se contente de lui lancer un regard sombre, tout en conservant son calme pour ne pas gâcher la fête.
Une attitude que Syd imite en voyant arriver devant lui la Princesse Freiya de Polaris accompagnée de ces amis, Hagen de Merak et, surtout, Bedra de Edel.
Freiya et Bedra effectuent une révérence en l’honneur du brave, alors que Hagen se contente de pencher la tête non sans respect comme l’a fait auparavant Mime envers Siegfried.
Une fois les usages réalisés, Bedra ne tient plus de se jeter dans les bras de son futur époux. Syd accepte l’étreinte avec une certaine retenue. Il n’a pas oublié que sa promise trouve aussi du réconfort dans les bras de son frère lorsqu’il n’est pas là.

Mime vient taper sur l’épaule de son équipier : « C’est là que nos chemins se séparent. Tu as bien mérité un peu de repos. »
Syd - " Ce fut un plaisir de faire équipe avec toi. "
Le trio se sépare aussitôt, prêt à se réunir une dernière fois au festin prévu ce soir en leur honneur.


En Grèce, sur l’île d’Yíaros : 

Au sud de l’île, dans le port réfectionné après l’invasion du Sanctuaire il y a un an et demi, les pontons sont déserts.
L’embargo instauré par le Sanctuaire et l’isolement de l’île qui en découle a fait cesser toute activité maritime pour le sanctuaire d’Hébé.

A bout de force et de souffle, Marine et Apodis atteignent le rivage.
A peine la tête sortie de l’eau et les pieds sur le sol, le Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis hume l’odeur si particulière de cette île, lui rappelant que c’est ici qu’il a passé des nuits paisibles après des années de tourments.

Devant eux, le reste de l’île est dissimulé par une chaîne montagneuse où il n’existe qu’un passage. Celui-ci consiste à longer le chenal qui traverse l’île du nord/est jusqu’au sud.
Apodis - " Nous devons remonter ce cours d’eau. A mon avis, une fois que nous serons entre les deux flancs des montagnes, nous aurons droit au comité d’accueil. "


Marine le suit et ne peut que donner raison à Apodis.
A peine sont-ils arrivés sur les flancs des montagnes, que surgissent une quinzaine de soldats couverts d’une armure azure par-dessus leur tunique bleu marine. Ils brandissent leurs dagues ovales en direction des intrus. Le chef de la cohorte demande : « Vous portez des Pandora Box des chevaliers d’Athéna. Déclinez votre identité ! »
Une voix emplie de sympathie retenti depuis le sommet du col montagneux. L’homme de petite taille, les cheveux bruns hirsutes, le teint brunit par le soleil et marqué par une longue cicatrice affirme à ses hommes : « Ça ira soldats ! »
Le soldat s’exécute : « Bien Seigneur Philémon Saint de bronze du Lièvre. »
Vêtu d’un plastron en métal rouillé par-dessus son maillot noir, le joyeux homme atterrit devant les étrangers. Il fronce ses épais sourcils et reconnaît de ses grands yeux bleus de vieilles connaissances : « Apodis ! Mon ami, tu es revenu ! Et accompagné, si mes souvenirs sont bons, de Marine Saint d’argent de l’Aigle n’est-ce pas ? »
Marine se contente de hocher la tête pour confirmer son identité. Pendant ce temps, le petit grec sert son compatriote dans ces bras : « Tu es sain et sauf ! Je suis tellement content. Juventas aussi sera heureuse de te retrouver. »
Apodis - " Je l’espère Philémon. Je suis également content de te voir en bonne santé. Je vois que tu as pris du galon. Tu officies dans l’armée d’Hébé désormais ? D’ailleurs, je suis surpris de voir autant de soldats. Il n’y en avait plus de vivants au moment de mon départ de l’île. "
Philémon - " Après que le Sanctuaire ait été repoussé, il fallait organiser une milice pour préparer leur retour. Beaucoup de villageois qui ont participé à la révolte se sont portés volontaires pour entrer dans les rangs. Quand aux jeunes, pendant le temps où les athéniens ont été sur l’île ils avaient été formés aux armes. J’ai donc donné un coup de pouce pour achever leur apprentissage. Par contre j’évite de porter ma Cloth ici. Ça fait mauvais genre après les tragiques événements. "

Le ton dominateur de la compagne de Philémon confirme les propos de son amant :
Baucis - " Même si nous vous savons alliés, nous préférons que vos armures ne soient portées qu’en cas de force majeure. "
Apodis reconnaît la jeune femme qui arrive dans leurs dos. Physiquement remarquable puisque sa tenue et ses formes ne laisse personne insensible, son visage est masqué tandis que sa Cloth beige épouse avec sensualité sa poitrine sur volumineuse, sa taille de guêpe et ses cuisses musclées et robustes. Un court bustier grenat habille très peu sa poitrine tandis qu’un short de la même couleur couvre à peine ses fesses rebondies.
Apodis salue la femme chevalier : « Baucis Alcide de la Biche de Cérynie. »
Elle lui renvoie le respect témoigné par Apodis en inclinant légèrement sa tête sur le côté.

Philémon demande à ses pairs : « Alors vous êtes venus vous réfugier ici ? »
Marine répond pour Apodis : « Pas vraiment. Je suis venue demander une audience auprès d’Hébé. »
Ne connaissant pas la japonaise, Baucis marche en se déhanchant jusqu’à elle. Elle la saisit de la main gauche par le menton et glisse ses doigts le long de son masque avec la main droite. Sa main descend le long de son cou et s’arrête juste au creux de sa poitrine sans que Marine n’esquisse la moindre réaction.
Baucis conclut sa provocation en déclarant à Apodis : « Si tu l’as emmené avec toi, c’est que j’imagine que tu sais ce que tu fais. »
Le grec soupire, soulagé de voir la tension redescendre. Sans savoir ce que Marine attend d’Hébé, il souffle : « Naturellement. »


Au royaume d’Asgard, au temple Walhalla : 

Enfin chez lui, dans les appartements du Walhalla, Syd peut maintenant supprimer cette fausse joie qu’il garde sur son visage.
Il défait ses vêtements usés par le voyage, puis enroule son corps d’une serviette de bain sans dire un mot à sa promise.
La blonde aux cheveux soyeux s’inquiète de cette froideur brutale : « Mon amour, tu descends aux bains ? »

Syd ne lui dévoile rien de son intention de descendre se débarbouiller dans l’immense salle de toilettes comprenant différents thermes que se partagent les aristocrates du palais.

Avant qu’il ne prenne la porte, la jeune femme aux yeux améthyste lui barre le chemin. D’une voix friponne, elle lance : « Attends, tu sais que tu as un certain charme avec ce style vagabond ? »
Provocante comme Syd l’aime d’ordinaire, le futur Guerrier Divin ne réagit pas comme l’espère Bedra. Tourmenté par la relation qu’il soupçonne entre sa fiancée et Bud, Syd froncent ses sourcils : « Tu l’as rencontré n’est-ce pas ? »
Bedra - " Pardon ?! "
Syd - " Tu sais qui il est, n’est-ce pas ? "
Bedra - " Mais de qui me parles-tu ?! "
Le visage de Syd est défiguré par la colère : « De mon frère ! »
Il présente la moitié de pendentif qu’il a ramassé à Blue Graad.
Bedra est sans voix. Elle regarde tournoyer le bijou suspendu au bout d’une chaîne.

Démasquée, elle préfère poser cette question qui lui mord les lèvres et qu’elle s’efforçait jusqu’ici de masquer par sa joie de retrouver Syd : « A-t-il a survécu ? »
Syd arrache son propre médaillon et le jette de rage sur sa promise ainsi que celui de son frère : « Alors c’est lui que tu aimes ?! »
Bedra se cache trop tard le visage, l’un des deux morceaux du bijou en forme de c½ur ricoche sur sa joue.
Elle s’effondre en sanglots, ses larmes se mêlent au sang qui s’écoule de sa plaie.

Syd est transformé, il regarde avec une certaine indifférence sa fiancée. Sa voix est sèche et autoritaire : « Réponds-moi ! C’est lui que tu aimes ?! »
Il la relève en l’empoignant par la gorge pour mieux la plaquer contre un mur.
D’un timbre abîmé, étouffée par la colère de Syd, Bedra confesse : « Je ne peux choisir lequel de vous deux je désire le plus. »
C’est seulement lorsque Syd comprend la détresse qui se lit dans les yeux de la belle, des yeux rougis par l’étreinte, marqués par le manque d’oxygène, qu’il revient à lui. Il desserre ses mains et la laisse retomber sur la moquette de sa chambre.
Tel un point mort, elle s’échoue au sol, reprenant difficilement sa respiration.

Il lui tourne le dos, refusant d’être confronté davantage à la vue de cette menteuse.
Après plusieurs expirations profondes, il reprend un ton plus habituel : « Je ne sais pas s’il a survécu. Il m’a sauvé alors que la situation était tendue. Une violente explosion s’en est suivie, c’est tout ce que je sais. »
Bedra - " Syd… Je suis… "
Syd - " Je n’arrive pas à croire que tu ais pu me faire ça. "
Bedra - " Il était… Il est tellement… Toi ! Semblables physiquement, la personnalité de l’un comblait les manques laissés par l’autre. J’aurai voulu pouvoir vous aimer dans le plaisir, sans avoir un jour à choisir… "
Il l’interrompt : « Arrête ! N’en dis pas plus ! C’est déjà suffisamment dur comme ça. »
Bedra - " Je suis désolée, je n’ai jamais voulu te blesser. Je me suis laissée partager entre mon amour pour toi et l’amitié pour lui. "
Syd - " Alors ce n’est même pas une simple attirance qui aurait juste pu servir à combler mon absence ? Tu éprouves malgré tout des sentiments pour cet homme ? "
Bedra - " Il était seul, abattu. Il a tellement manqué d’amour qu’il en voulait au monde entier. Il a tenté de se rapprocher de moi dans le but de se venger de toi. Mais tout comme au fond de toi, j’ai compris qu’il n’avait pas une âme vile. Quand je lui ai déclaré comprendre qu’il n’était pas Syd de Mizar, il m’a alors avoué son histoire. C’est un homme perdu, débordant d’affection derrière cette carapace qu’il travaille. J’ai toujours rêvé qu’un jour il puisse venir à toi pour t’apprendre son existence, pour rattraper ce temps perdu durant lequel vous auriez pu jouir d’un amour fraternel. "
Syd - " Je sais qui il est. Je l’ai su bien avant de te connaître. Je l’ai rencontré durant mon enfance et j’ai fais admettre à mes parents que notre ressemblance physique ne pouvait pas être un hasard. Alors ils m’ont avoué. Ils l’ont toujours aimé… Et moi… Moi je l’ai toujours inconsciemment aimé aussi. Seulement les lois d’Asgard sont ainsi et jamais tout cela n’aurait dû se produire. S’il a réellement survécu à Blue Graad et qu’il se présente à toi, je te conseille de me le dire. Je l’exécuterai et tu le suivras dans la tombe si je découvre que tu me mens de nouveau. "
Bedra - " Que dois-je faire à présent ? "
Syd - " Il est hors de question d’annuler notre mariage. Il en va de la fierté de nos familles. Je ne veux pas que nos noms soient traînés dans la boue à cause d’une femme infidèle. Refuse de le voir, dis-lui de fuir Asgard et qu’il ne remette jamais plus les pieds ici. Mais jamais, ô grand jamais, tu ne dois lui dire que mes parents et moi-même sommes au courant de son existence. Je préfère qu’il me haïsse plutôt qu’il cherche à affronter les lois d’Asgard qui lui ont choisi un tel destin. "
Bedra hésite un instant. Elle balbutie avec chagrin : « Qu’il en soit ainsi. »

Tandis qu’il quitte l’appartement, elle l’interpelle avec timidité : « Syd, je t’aime. »
Syd ne daigne toujours pas la dévisager : « Dans ce cas aime-moi sans me le dire. C’est trop tôt pour que je puisse te pardonner. »


En Grèce, sur l’île d’Yíaros : 

Disséminées tout autour du temple des hommes, le temple d’Héraclès, et du temple des femmes, le temple d’Héra, les habitations se sont reconstruites.
Les villageois s’entraident toujours pour restaurer les demeures des plus démunis.

Après avoir été réquisitionnés par les athéniens, les temples sont de nouveaux des lieux de culte revenus aux mains des prêtres et des prêtresses. Devant ces lieux de recueil, la verdure a poussé autour des statues hébéïennes couchées par les soldats du Sanctuaire.

Les jardins fleurissent à nouveau après avoir été des champs de terre abandonnés sur lesquels les hébéïens imprudents étaient exécutés.

Apodis sourit, ravi de cette reconstruction. Il salue chaque fois avec obligeance les villageois qui le reconnaissent.
Même du temps où il était leur ennemi, la complaisance d’Apodis à l’égard des faibles a toujours été appréciée.

Pourtant, malgré sa politesse, il cherche partout un visage connu qui lui a tant manqué, celui de Juventas.
C’est alors que la foule s’écarte pour laisser passer un chétif être qui marche par petits pas. La petite fille, bien qu’encore faible sur ses jambes, progresse d’un pas décidé vers Apodis.
Le grec a les yeux qui débordent de larmes lorsqu’il reconnaît l’enfant de Juventas pressée de se jeter dans ses bras : « Agape ! Comme tu as grandi ! »
Il la soulève et la fait tournoyer au-dessus de sa tête en riant aux éclats avec elle.
Il la présente à Marine : « Il s’agit de la fille d’Iphiclès, l’Alcide qui a donné tant de mal aux Saints d’or au Sanctuaire, et de Juventas Alcide des Juments de Diomède. Elle a deux ans. Elle est née la même année que Sperarus, mon défunt fils. »

L’intonation si chaleureuse qui lui a le plus manqué le foudroie en plein c½ur. Juventas se joint à la fête : « Elle t’a beaucoup réclamé tu sais. N’arrivant pas à dire Apodis, elle disait souvent « Apopo ». Avant d’abandonner ce nom pour « papa ». »
Apodis soulève avec fierté l’enfant de son amie et la sert chaleureusement dans ses bras.
Il reste de longues secondes émerveillé par le charme de l’Alcide pourtant masquée aux yeux de tous.
Grande, mince, à l’allure très féminine, elle est comme ses semblables, vêtues d’une tunique grenat et porte une Cloth blanche et crème. Ses cheveux couleur taupe descendent en de nombreuses pointes dans son dos et sur son front dissimulé. Sa peau mate, brunie par le soleil de Grèce, lui donne un teint éclatant.
Avec une certaine réserve, face à la foule observatrice, Apodis se cantonne d’un timide : « Je suis très heureux de te revoir. »
Sous le masque aux expressions inquiétantes de Juventas, des larmes coulent : « Moi aussi. »
Le peuple applaudit ces retrouvailles pour féliciter le retour d’un héros. Comme Philémon, il est reconnu pour avoir su se retourner contre les siens qui ½uvrent pour le mal.

Enfin, des applaudissements se poursuivent alors que tous les hébéïens ont cessé de frapper dans leurs mains.
La foule se prosterne à mesure qu’une lumière aveuglante et chaleureuse les inonde.
Apodis et Marine observe la même attitude que l’ensemble des habitants en s’inclinant devant Hébé.
Le Saint de l’Aigle détaille de bas en haut la déesse.
Ses délicats pieds, chaussés de spartiates, aux doigts fins et aux ongles parfaitement manucurés s’enfoncent sur le gazon. Les lacets de ses sandales couleur châtaigne enroulent ses minces chevilles. De ses jambes, Marine n’aperçoit que ses mollets parfaitement dessinés, ses cuisses qu’elle imagine douces et ravissantes sont tenues couvertes par une longue toge de satin, rose, épousant à merveille ses hanches et sa légère taille, agrafée à hauteur des épaules par des broches d’or, métal pur et précieux qu’on retrouve le tour de ses frêles biceps et de ses poignets. Un collier de perle descend jusqu’au creux de sa ferme poitrine pour tenir à son bout un c½ur d’or incrusté de diamants.
Ses mains menues, aux ongles vernis d’or, viennent effleurer ses petites mèches de cheveux qui lui caressent les joues. Ses courts cheveux blonds ne descendent pas plus bas que sa chétive nuque et son front est parfaitement dégagé puisqu’elle est coiffée d’une couronne en forme de feuilles de laurier trempée dans l’or. Son nez est fin, ses lèvres d’un rose innocent paraissent suaves. Ses sourcils subtilement épilés s’accordent à merveille avec ses grands yeux bleus aux couleurs du ciel lorsque celui-ci est au paroxysme de sa clarté.

Hébé - " Bon retour à toi Apodis. "
Apodis se baisse encore plus bas : « Merci de m’offrir votre hospitalité déesse Hébé. »

Devant la déesse, l’atmosphère ondule, comme si l’air venait d’être fendu.
De façon irréelle, apparaît le maître de l’illusion. Le dernier Alcide, ¼dipe des Oiseaux du Lac Stymphale. Son physique disgracieux ne fait pas sourciller Marine, pourtant elle en aurait eu le droit.
L’homme aux genoux distordus, marche lentement. Il traîne les pattes tel un animal abattu.
Le bolivien distance ainsi sa déesse de Marine qu’il ne connaît pas. Ne sachant pas parler, dénué dès la naissance de ses cinq sens, ¼dipe utilise la télépathie pour faire résonner sa voix dans l’atmosphère : « Il me semble ne jamais t’avoir rencontré. Qui es-tu pour recevoir l’insigne honneur de te présenter devant sa Majesté Hébé ? »
La japonaise se contente d’une réponse vague : « Je suis l’Aigle. »
Apodis la dévisage, surpris d’une réaction aussi floue.
Hébé plisse légèrement ses yeux. ¼dipe insiste : « Est-ce ainsi qu’on se présente ?! Veux-tu te soumettre convenablement ! »
Hébé réagit pour Marine : « Ça ira ¼dipe. Elle t’a parfaitement répondu. Elle est l’Aigle. Et elle va me suivre dans mon palais. J’aimerai m’entretenir seule avec elle. »

L’assistance reste pantoise. Marine abandonne Apodis sans la moindre explication.


Au royaume d’Asgard au temple Walhalla : 

Au Walhalla, dans la salle de réception, la fête bat son plein.
Comme à Blue Graad, Mime accompagne les musiciens d’Hilda à la lyre tandis que Syd reste attablé en compagnie de Bedra et de leurs parents en faisant mine de vivre un parfait bonheur.
Bedra a le visage enroulé par une écharpe qui remonte sur le haut de son visage, de façon à masquer sa joue blessée et son cou bleui par la marque des mains de son fiancé.

Pendant ce temps, Alberich n’a de cesse de se complaire des éloges que lui font les convives d’Hilda, à commencer par cette dernière.
Cela a pour conséquence de provoquer l’hilarité d’Hagen et le manque d’appétit de Siegfried. Les deux amis positionnés aux côtés d’Hilda et de Freiya se navrent de manière différente du comportement de leur compatriote. En observant les femmes intéressées par ce succès d’Alberich, Hagen bouscule Siegfried avec son coude : « J’ai l’impression que pour une fois il ne repartira pas seul. »
Le cynisme de Siegfried tranche avec la bonne humeur d’Hagen : « Qu’il en profite, cela ne durera probablement pas. »


A Jamir :

Le calme de la contrée himalayenne fait réagir de façon différente les apprentis de Mû.
Depuis une semaine qu’ils se sont invités chez le Saint du Bélier, ils s’exercent à leur manière pour trouver la voix du septième sens d’après la présentation que leur en a fait Mû.

Mei et Yulij espèrent le maîtriser en repoussant leurs limites en se livrant bataille sans cesse.
Nicol en ouvrant son esprit à la nature chaque jour en allant s’isoler dans la montagne.
Médée en demandant sans cesse à son époux de lui faire partager son expérience des champs de bataille et de son apprentissage auprès de Shion.

Pour la muvienne, c’est l’occasion de passer davantage de temps avec l’être aimé.
La dure réalité leur rappelle que des Guerres Saintes ont déjà éclaté ces dernières années et qu’elles n’étaient rien par rapport à celles qu’ils allaient tous les deux devoir livrer dans les mois à venir.
Régulièrement tranquilles grâce à l’entraînement de leurs convives, ils profitent de ces instants pour partager le plaisir de l’amour en oubliant pendant ces minutes leur dure mission de chevalier.
Dans une couche en osier, elle émerge progressivement de son court sommeil. La tête appuyée sur le torse magnifiquement sculpté de son mari, elle soupire : « Suis-je la seule à m’être assoupie ? »
Mû - " Je suis trop préoccupé pour trouver le repos. "
Médée - " Qu’est-ce qui te préoccupe ? "
Mû - " Toi. Chaque jour tu progresses. Et cela pour aller jouer ta vie sur les champs de bataille. Moi je suis Saint d’or. Ma mission me vaudra très certainement la mort. J’en suis conscient. Mais si tu venais à partir toi aussi dans tous les combats que nous aurons à mener, que restera-t-il de nous ? "
Médée - " La mort est-elle obligatoirement notre seule issue ? "
Mû - " Si tu vas au Sanctuaire bousculer la hiérarchie de l’usurpateur, alors oui ça sera le cas. "
Médée - " Tu me demandes alors de fermer les yeux sur ce qui se trame en ce moment. "
Mû - " Pas nécessairement. Mais ces Saints de bronze au Japon, leurs techniques se perfectionnent de combat en combat. Ils ont réussi à égaler des Saints d’argent voire à les surpasser. Je ne serai pas surpris qu’ils renversent le Sanctuaire sans que tu ais besoin d’intervenir. "
Médée - " Tu me mets sur la touche si je comprends bien. "
Mû - " Tu assisteras le Sanctuaire le temps voulu. Il y a encore bien des dangers qui le guettent. "
Médée - " Attendons de voir comment va évoluer la situation. "


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, au centre de l’île : 

Au c½ur de l’île, là où la majorité de la population hébéïenne est regroupée, la demeure de Juventas vit de précieux instants.
Penché au-dessus du petit lit d’Agape, Apodis reste rêveur devant le visage endormi de l’enfant.
Juventas, dévêtue de sa Cloth, lui précise : « Elle ne s’était pas endormie aussi rapidement depuis ton départ. »
Apodis - " Vous m’avez terriblement manqué toutes les deux. "
Juventas ôte son masque et arbore une mine radieuse. Ses grands yeux dévorent Apodis : « Pour combien de temps es-tu là ? »
Apodis - " À vrai dire je n’en sais rien. Je ne sais pas ce que manigance Marine. Elle me paraît bien étrange. L’ordre du jour n’est plus de renverser le Sanctuaire mais de l’aider elle pour une mission bien plus importante. "
Juventas - " Dans ce cas là, si elle vient chercher l’aide d’Hébé, c’est que nous ferons certainement équipe. "
Apodis se rapproche d’elle et la serre contre sa poitrine. Malgré l’épaisse couche de muscle qui barde sa cage thoracique, Juventas peut entendre le c½ur de l’athénien cogner fort dans sa poitrine.
Apodis - " Quelle que soit mon rôle, je tiendrai ma promesse. Je te reviendrai en vie. "
Elle lève les yeux vers lui et pousse très légèrement sur la pointe de ses pieds pour hisser son mètre soixante douze au mètre soixante quinze d’Apodis.
Enfin, ils s’échangent un long baiser durant une étreinte passionnée…


Au royaume d’Asgard au temple Walhalla :

La fête à l’honneur des héros s’achève à mesure que les invités regagnent leurs appartements à l’intérieur du Walhalla ou leurs domaines tenus dans les environs du palais.

Bedra de Edel salue les derniers invités d’Hilda ainsi que cette dernière en affichant une fausse euphorie. Elle laisse seul Syd, obligé de raconter pour la énième fois les détails de son combat contre Alexer aux derniers participants au repas.


En retrouvant sa chambre, Bedra abandonne au sol l’épais foulard qui lui enroule le cou et masque sa blessure à la joue. S’ensuivent le reste de ses vêtements pour qu’enfin, d’une parfaite nudité, elle puisse se blottir dans ses draps.

N’arrivant pas à fermer l’½il, l’esprit trop ennuagé par les derniers événements, elle se met à fondre en larmes.

Soudain, depuis l’ombre laissée par le reflet de la lune sur la cheminée, une voix familière la surprend : « Je ne ressens que du chagrin dans l’univers que tu dégages. »
Bedra bondit de son lit en reconnaissant le jumeau de son futur époux. Elle vient lui tomber dans les bras et l’embrasse ardemment : « Par Odin ! Tu es vivant ! »
Bud l’enlace bien fort pour la convaincre qu’il est sain et sauf.

Malheureusement, les retrouvailles deviennent moins enjouées à mesure que Bedra comprend qu’elle est confrontée à une dure réalité. Entre son engagement envers Syd et son désir pour l’ermite, elle doit faire un choix.
Son sourire se charge brusquement d’une affliction. Les chaudes larmes qui lui viennent à nouveau surprennent Bud : « Que t’arrive-t-il ? »
Elle baisse honteusement la tête, souffrant de la décision qu’elle sait devoir prendre. Son mouvement fait remarquer à Bud les marques des mains de Syd sur le cou de l’aristocrate : « Qui… Qui t’a fais ça ?! C’est Syd ?! C’est lui n’est-ce pas ?! Il a osé ?! Et… Et ta joue ?! »
Tandis que le visage de Bud se charge d’une rage folle, Bedra le prend au vif : « Va-t-en ! »
La colère du jeune homme laisse place à l’incompréhension : « Pardon ? »
Bedra - " Tu as bien compris. Je ne veux plus te voir. "
Interloqué, il persiste : « Tu n’es pas sérieuse ? Que t’est-il arrivé ? Tu n’as pas l’air dans ton état normal… »
Bedra lui coupe la parole : « J’ai voulu vous aimer les yeux fermés, rester celle que vous désiriez tous les deux sans jamais avoir à choisir. Néanmoins, la réalité me rattrape. Aujourd’hui je suis obligée de me décider. »
Bud refuse d’abdiquer : « Alors tu privilégies l’empire que mon frère te propose à l’espoir d’un amour infini… »
Bedra se cramponne le c½ur. Elle le sent cesser de battre à mesure qu’elle ment pour le bien des deux hommes qu’elle aime : « Je choisis simplement la voix de l’amour. C’est lui que j’aime, pas toi. »
Bud reste sans voix, il tente un ultime geste vers elle qu’elle refuse en reculant d’un pas davantage décidé : « Va-t’en à présent. Et ne reviens jamais. »
Bud - " Je… Je t’ai toujours… "
Il fait la mou, remplit ses poumons d’oxygène pour retenir son chagrin puis se résout.
En baissant la tête, il prend la direction de la fenêtre par laquelle il avait l’habitude de fuir après leurs instants secrets partagés autrefois.
Un pied en appui sur le rebord de la fenêtre, prêt à prendre toute son impulsion pour quitter les lieux, Bud présente pour la première fois devant Bedra ce regard froid qui le caractérise habituellement : « Une fois de plus Syd m’a pris ce qui me revenait. Je le maudis… Oui, je le maudis du plus profond de mon être et je jure sur Odin que je reviendrai malgré ton souhait. Je reviendrai plus fort pour prendre cette place qui doit être mienne auprès de la cours d’Asgard et surtout auprès de ton c½ur. »
Sans même lui offrir un dernier regard, il disparaît dans les forêts enneigées où il a grandi.

Hagarde, la riche héritière de la famille de Edel traîne les pieds jusqu’à la fenêtre pour la fermer. Elle exécute mécaniquement les gestes nécessaires pour la clore puis s’assied au pied de son lit. Sans la moindre étincelle de vie dans son regard, elle passe doucement ses doigts sur sa joue marquée à tout jamais par son adultère. Cette cicatrice qui lui restera gâchera aussi péniblement sa beauté que les souvenirs qu’elle retiendra de ces moments passés où elle a pu aimer deux hommes et être la plus comblée des femmes.
Enfin, petit à petit, comme si l’air dégage une odeur inhabituelle, elle sent ses narines être prises d’une étonnante brûlure. Le cruel parfum de la réalité la rattrape, lui déchire son âme.
Renoncer à l’un des hommes qu’elle aime, c’est comme renoncer à une partie d’elle-même.


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos : 

A l’intérieur du palais d’Hébé, de nombreux habitants travaillent à sa réfection. Le bâtiment a beaucoup souffert de la tentative d’assassinat perpétrée contre la Déesse de la Jeunesse.
La grande salle de réception, vidée de toute présence, autre que celle de Marine, à la demande de la maîtresse des lieux, témoigne de la violence des combats livrés ici. Le plafond est toujours ouvert par plusieurs trous faits dans la roche. Les murs sont encore couverts de sang, les tentures arrachées et le marbre au sol fissuré.

Cependant, Marine n’est guère étonnée. Elle achève ses explications en tendant le bracelet où sont marqués les symboles de Pégase et de la Chouette : « … Et c’est pourquoi j’ai besoin de votre divin cosmos pour localiser le second bracelet. Un autre cosmos divin l’a scellé et m’empêche de faire le lien entre les deux artefacts. »
Hébé - " D’après tout ce que tu m’as raconté, ce bracelet sera certainement surveillé. Il vous faudra combattre, Apodis et toi, des Anges de l’Olympe. "
Marine - " Très certainement en effet. "
Hébé - " Apodis semble disposer d’une cosmo énergie impressionnante. Bien différente de celle qu’il détenait quand il a quitté l’île la dernière fois. Mais ça ne sera pas suffisant. Si la conspiration de l’Olympe que tu m’as exposé s’avère exacte, alors il est capital que vous réussissiez cette mission. Je vais donc joindre mes forces à votre succès. "



Le 19 octobre s’achevait sur encore bien des mystères et des morts.
Au Japon, Jamian, Dante et Capella avaient péri face aux Saints de bronze.
Sur Yíaros, Marine devenait de plus en plus énigmatique. Celle qui s’était faite appeler l’Aigle devant Hébé, semblait avoir un lien privilégié avec les dieux.
J’étais loin de me douter que la dernière Guerre Sainte se jouait déjà et que j’allais en être un acteur majeur.

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Non. Si ce n'est pas pour le moment c'est que je n'ai aucune date en tête.

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