Messages - Kodeni

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Only for Love / Chapitre 31
« on: 1er July 2012 à 11h21 »
Chapitre 31

Ce 22 juillet 1985 la région de Nunavut au Canada tremble.
Le séisme perdure depuis plusieurs minutes tout autour de la ville d’Arviat.
Là-bas, l’horizon se dessine dans un univers fait de néant.
Il ne reste plus qu’au sol une surface terreuse totalement chaotique.
Il n’y a plus d’habitations.
Plus de bâtiments.
Plus de végétations.
Plus de population sur un rayon de cinq kilomètres.
 
Seule à l’extérieur de ce cercle de dix kilomètres de diamètre, dans la neige encore présente, la carrosserie toute déformée de l’ambulance dans laquelle se trouvent Bian et Kassa, subsiste.
Le cosmos déployé par Kassa a réussi à faire bouclier autour du véhicule.
Au beau milieu du silence résultant de ce désert morbide, la tôle est pliée de l’intérieur par les mains de Kassa.
Il libère son futur frère d’arme, toujours éveillé mais hagard.
Son regard est perdu dans le vide et son corps est lourd.
Kassa l’extirpe en le traînant jusqu’au dehors.
Le son des sirènes de nouvelles unités de sauvetage venant du reste de la région ne parvient pas jusqu’à son cerveau.
Il les entend mais ne veut même pas les analyser.
Tout comme il ne cherche même pas à répondre à Kassa qui lui déclare : « Les secours croiront que le réseau d’alimentation du gaz est responsable de cette catastrophe… »
En disant cela, le gardien du pilier de l’Antarctique reconnaît au loin, au centre du cercle de destruction, Vasiliás entouré de ces derniers adversaires. Il achève sa phrase : « … Il faut qu’ils croient qu’il n’y ait aucun survivant. Nous devons partir maintenant. »
Dans le vague, Bian susurre : « Ariel… Elle a préféré croire en l’innocence de Vasiliás plutôt que croire en moi… Elle est morte par amour pour lui… Après Dolly, il m’a pris ma s½ur… »
Kassa cache difficilement son sourire perfide : « Il prouve ainsi les défauts des humains. Je sais que Vasiliás était ton ami, mais il t’a tout volé. Il ne croit ni en Athéna ni en aucun autre dieu. Il ne croit en rien. Il a causé la destruction de la quasi-totalité de cette paisible ville. Il n’a pas su protéger les femmes que tu aimes et par cette guerre intestine contre d’autres envoyés du Sanctuaire, il prouve la faiblesse des hommes et l’erreur que fait Athéna de les protéger. Dans un autre monde, cela ne serait jamais arrivé. Si jamais un dieu était capable de laver l’humanité, alors ta s½ur et ta petite amie seraient en vie, Vasiliás ne t’aurait jamais trahi. Si seulement… »
Le regard de Bian reprend de la vigueur et son corps se raidit : « Si seulement Poséidon pouvait exaucer tes paroles ! »
En entendant cela, Kassa fixe d’un regard ambitieux son camarade : « Je crois qu’il t’a entendu ! Suis-moi ! »
Il tire par le bras Bian avec une extrême violence et se déplace à une vitesse, que le futur Cheval des Mers ne lui soupçonnait pas.
Ils prennent la direction de la baie où Bian a tant l’habitude de s’exercer.
Ils abandonnent la surface de combat où la tension est à son comble…

Vasiliás est agenouillé, à demi nu, ne portant plus que son pantalon blanc, le corps égratigné sur toute sa surface.
Devant lui se dresse le Gémeaux Noir.
L’Ophiuchus Noir qui avait anticipé l’attaque de son camarade en se cachant derrière lui depuis les airs, quitte le secteur. Elle suit furtivement Bian et Kassa.
A côté d’eux, Klok baigne dans son sang, faible et immobile après l’arcane destructeur du chevalier noir déployé dans son dos.
Frappé en traître, le chevalier d’Athéna a sa Cloth fissurée, tandis que ses deux bras lui ont été arrachés par l’atomisation. Condamné il sacrifie ses dernières forces en accentuant sa colère.
_ « Comment as-tu pu me faire ça chevalier noir ? Tu étais sous mon commandement. Tu étais sous mon commandement !
_ Je ne me plie pas aux ordres d’un chevalier plus faible que moi. La comédie a assez duré.
_ J’aurai dû me douter qu’un chevalier noir restait un lâche quoi qu’il arrive. M’attaquer dans le dos t’a été si naturel… »
Le chevalier noir lève son pied pour achever le mourant : « Tu ne m’es plus d’aucune utilité, à présent que Vasiliás a été retrouvé. Je vais pouvoir mener à bien la mission qui m’était confié. Meurs… »
Le geste du Gémeaux Noir est bloqué par le cosmos de Vasiliás qui le contrôle à distance.
Les yeux de Vasiliás sont révulsés, sa mâchoire crispée et toutes ses veines ressortent.
Il bave tant la rage le prend, il murmure sans cesse le nom de son maître Klok, de son ami Bian qu’il croit perdu et de sa défunte petite amie Ariel.
Le Gémeaux Noir finit par être repoussé par le cosmos de l’Américain qui prend la forme d’un lion ailé venu le heurter de plein fouet.
Sans fléchir, la copie du chevalier Saga se réceptionne sur ses deux jambes et invoque à nouveau son terrible artifice.
Bien que le ciel d’été redevient obscur, le frénétique survivant ne s’inquiète guère. Il hurle en crachant sang et salive : « Maître ! Regardez bien ! Je vais vous rendre votre dignité à vous, Saint de bronze de l’Horloge, en réalisant cet arcane que je n’ai jamais su reproduire jusque maintenant, la Faille Temporelle que vous avez toujours cherché à m’inculquer ! »
Il positionne ses paumes de main en direction du Gémeaux Noir et écarte ses dix doigts. Devant lui, l’espace-temps crée une distorsion qui absorbe les ténèbres invoquées par le Gémeaux Noir.
Ce dernier, voyant ces efforts réduits à néant, choisit de frapper immédiatement : « Ankoku Comet ! »
La réponse de Vasiliás ne se fait pas attendre : « Temporal Weakness ! »
Toute la cosmo énergie de l’Ankoku Saint est aspirée dans la Faille Temporelle qui s’ouvre de plus en plus grand, tirant vers elle le chevalier noir.
Celui-ci se cramponne du mieux qu’il peut sur le sol.
Son heaume est arraché par l’appel d’air. Il disparaît dans l’autre dimension invoquée par Vasiliás.
L’appel du Temporal Weakness est si puissant qu’il avale toutes les ruines alentours.
Lorsque le corps de Klok commence à se soulever pour être dévoré dans cet autre univers, Vasiliás revient à lui.
L’Américain se ravise, sauvant par la même occasion un Gémeaux Noir, arborant un visage étonnement serein.
Ses courts cheveux d’un rouge vif, profitent enfin du souffle du vent, après être restés enfermés dans son casque.
Une longue cicatrice le prive de l’usage de son ½il droit, tandis que le gauche fixe avec défiance son rival.
Ses épais sourcils couleur sang se froncent, lorsqu’il choisit de passer au corps à corps.
 
Il apparaît à la vitesse de la lumière devant Vasiliás et lui adresse une puissante droite qu’il pare.
Le roi lion riposte, en transperçant l’armure noire d’une droite en plein dans les côtes.
Son poing, noyé du sang de son ennemi, se déloge de son flanc, tandis qu’il tourne sur lui-même, pour lui fendre la pommette droite avec son talon droit.
Balancé sur le côté, le Gémeaux Noir ne dit pas son dernier mot et tente une gauche.
Illico bloquée.
Vasiliás tire sur le bras qu’il maintient pour faire perdre l’équilibre à son ennemi, puis le cogne avec le genou en plein abdomen, émiettant ainsi la Cloth noire en cette zone…


Loin de là, à l’Est de l’île d’Yíaros, dans la forêt où Kanon et Saga avaient coutume durant leur enfance de s’entraîner, une vingtaine de jeunes Hébéïens se tiennent accroupis devant le caporal Pullo.
Ils ont été choisis parmi tous les apprentis actuels réquisitionnés sur l’île pour accéder au rang de gardes de l’armée athénienne.
Derrière Pullo, habillés de leurs Cloth, Apodis, Anikeï, Philémon, Carina, Taishi et Lena se tiennent droit debout et observent cette première remise des armes.
Bourrage de crâne et enseignement militaire ont été les grands axes de formations de ces nouveaux soldats d’Hébé qui ont jurés fidélité à Athéna.
Entourés par quelques soldats du Sanctuaire, les nouveaux guerriers destinés à rester sur l’île lorsque le calme y sera revenu, se mêlent désormais aux leurs.

Tapie dans l’ombre, la remarquable Baucis au physique irrésistible observe avec effroi la scène.
L’Alcide de la Biche de Cérynie est rejointe par Philémon qui s’est retiré de la cérémonie.
_ « Quelle honte ! Ces enfants étaient encore des fils d’Hébé il y a quelques mois. Voilà ce qu’ils sont devenus !
_ Ils sont toujours des fils d’Hébé. Le peuple doit être fier d’eux, car ce sont eux qui veilleront sur lui à notre départ.
_ Etre fier de ces enfants qui ont abandonné notre déesse recluse dans son palais ? Jamais !
_ Le peuple est encore sous le choc de la guerre, mais il finira par oublier cette triste période. Bientôt les récoltes seront meilleures et le commerce rétabli.
_ Et tu crois que cela sera suffisant ?
_ Le peuple veut de l’eau potable, à manger, de l’argent et la paix. Il aura tout ça grâce à ces nouveaux soldats. Ils apprendront à pardonner. Moi c’est ce que j’ai fait à votre encontre, vous qui avez massacrés des innocents au Sanctuaire. Tu devrais faire de même. »
Alors que le Saint de bronze du Lièvre tourne les talons, une légère bourrasque de vent soulevée par le poing agile de l’Alcide vient lui égratigner le bras là où sa Cloth ne le protège pas : « Jamais ! N’oublie jamais que toi et moi sommes ennemis ! Et que quoi qu’il puisse se passer avec mon peuple, quel que soit le traité de paix que le grand cardinal d’Hébé puisse signer en votre faveur, n’oublie jamais que tu paieras pour avoir vu mon visage ! »
Philémon, bien que déçu par cette réaction, sourit puis regagne les siens : « Pff… D’accord… »

Loin de toute cette agitation, Apodis regagne tranquillement le Centre de l’île et plus précisément le temple d’Héraclès.
L’ancien palais des prêtres hébéïens est désormais siège de l’armée athénienne, où le peuple commence déjà à se réunir pour le rationnement qu’il officiera ce soir en compagnie d’Anikeï.
Il a défait sa Cloth qu’il transporte tranquillement dans sa Pandora Box, afin de ne pas mettre trop en avant son statut auprès des habitants de l’île. Témoignant ainsi d’un gage de paix malgré la ranc½ur qui le consume.
En chemin, en passant devant une chaumière, un jeune enfant ouvre grand la porte et se jette avec une dague ovale à la main contre Apodis.
Agé d’à peine six ans, le petit garçon abat l’arme en direction du chevalier de bronze qui ne bouge pas.
Il accueille la lame acérée dans la paume de sa main et la serre sans aucune souffrance.
Il la maintient si bien, que l’arme se brise puis s’effrite en morceaux.
Désarmé, l’enfant se jette à corps perdu sur un Apodis au c½ur brisé et sans aucun état d’âme depuis le meurtre des siens.
Il fixe le freluquet taper des poings contre sa jambe, sans exprimer autre chose que du mépris.
Le voisinage, alerté par les cris de l’enfant, sort à peine de chez lui, effrayé par la réaction que pourrait avoir le Saint.
Lever la main sur un Athénien représente aujourd’hui un crime passible de terribles répercussions sur l’ensemble du peuple hébéïen.
Apodis finit par souffler d’ennui et agrippe les cheveux du garçonnet qu’il soulève du sol.
Ne sachant que faire de lui, torturer entre la raison et son amertume dans cette guerre, il reste de longues secondes les yeux rivés dessus.
Enfin, une voix étouffée sous un masque de femme chevalier vient le sortir de ses songes.
Les habitants de ce comté semblent rassurés en voyant sortir de chez elle cette demoiselle à la chevelure couleur taupe qui descend en de nombreuses pointes dans son dos et sur son masque à hauteur du front.
Elle porte un masque au fond blanc, correspondant à un visage masculin vicieux, aux lèvres teintées d’or dont le sourire remonte jusqu’aux oreilles, avec des yeux en amande d’une noirceur extrême qui pleurent des gouttes de sang dessinées jusqu’aux joues.
Malgré l’aspect particulier de ce masque, très psychotique, elle dégage un cosmos rempli de bonté. Ses paroles sont d’ailleurs chargées de bon sens.
_ « La réaction de cet enfant est le fruit de votre invasion.
_ Juventas Alcide des Juments de Diomède et bras droit de la déesse Hébé. Je ne savais pas que tu vivais ici, je te pensais plutôt auprès de ta majesté.
_ Le traité de paix étant ratifié, je compte sur le bon respect de celui-ci pour ne pas avoir à surveiller sans cesse notre divine souveraine. ¼dipe s’en charge très bien.
_ Puisque tu évoques ce fameux traité, tu n’es donc pas sans savoir qu’il est formellement interdit de se rebeller contre les lois d’Athéna, ainsi que contre ses représentants. Tout opposant quel qu’il soit, doit être exécuté en cas de non-respect. A moins que tu ne souhaites t’y opposer ?! Nous savons tous les deux, que tu es la personne avec ¼dipe la plus puissante de cette île. As-tu envie de prendre le risque d’en jouer ?
_ Absolument pas. Et je connais très bien les règles imposées par votre arrivée. Je voulais uniquement que tu saches avant de lui donner la mort, que cet enfant a vu sa mère se pendre sous ses yeux, après que celle-ci ait appris que son mari est mort lors de l’invasion de l’île. Il me paraissait indispensable que tu sois tenu au courant de l’aversion qu’il a pour les Athéniens qui me semble aussi puissante que celle que tu éprouves envers les Hébéïens. »
Apodis observe à nouveau l’enfant et le questionne : « Est-ce vrai ? Es-tu orphelin aujourd’hui ? »
L’enfant, les joues gonflées par les larmes répond timidement : « Oui. Par votre faute. »
Le visage ferme d’Apodis se décrispe un instant.
Il desserre la chevelure du garçon qui retombe sur les genoux.
Apodis s’accroupit vers lui et lui parle tout bas.
_ « Ton père était-il soldat ?
_ Oui, lorsqu’on nous a appris sa mort, on nous a dit qu’il s’était bien battu.
_ C’est vrai, lui caresse-t-il le visage. Il s’est battu courageusement. Je ne le connaissais pas mais de tous les Hébéïens que nous avons affrontés, aucun n’a failli. Ils ont tous été braves et sont allés jusqu’au bout de leurs forces pour vous défendre. Tu sais, la guerre en général fait souffrir plus d’innocents que de coupables. Ma famille était innocente elle aussi, mais elle a été décimée. Je vous en veux à vous, en tant qu’Hébéïens, mais je ne t’en veux pas à toi en tant que personne. Alors jeune garçon, si tu dois me haïr, haïs moi en tant que chevalier d’Athéna, mais pas en tant qu’homme qui essaie aujourd’hui de stabiliser la paix auprès des tiens. »
Apodis défait de son ceinturon une bourse de laquelle il sort six sacres : « Voici de quoi te nourrir en plus des rationnements. Les marchands commencent à nouveau à être ravitaillés par voies maritimes. Achète-toi des épices et du poisson frais. Demain tu viendras me trouver sur le port. Si tu le veux, je te ferai travailler afin que tu gagnes ta vie et que tu puisses vivre en tant qu’homme et non survivre en tant qu’enfant. »
L’enfant empoigne bien fort la monnaie dans ses mains et répond d’un hochement de tête, avant de rentrer dans sa grande chaumière vide de toute famille.
Apodis l’observe rentrer seul sans cacher son désarroi.
Le voisinage rentre tour à tour, laissant seul Apodis qui garde les yeux rivés sur cette porte.
Le chevalier de bronze attend de ne ressentir plus que la présence de Juventas, avant de reprendre la parole tout en lui tournant le dos : « Juventas, j’ai appris que l’Alcide du Lion de Némée n’était autre que ton époux. J’ai eu l’occasion de l’affronter brièvement, lors de votre tentative d’invasion. Sache qu’il a été le plus puissant et le plus respectable des adversaires qu’il m’a été donné d’affronter. »
De sous le masque de Juventas, s’écoulent quelques larmes : « Ma belle, ce dernier soupire t’est destiné. Ne m’en veux pas, j’ai combattu jusqu’au bout, gardant à l’esprit ton amour et les éclats de rires de notre petite fille. Bats-toi pour elle, pour vous, pour nos rêves. Je t’aime mon amour… Ce sont les mots qu’il m’a adressés avant de rendre son dernier souffle dans la maison du Taureau. »
Toujours dos à elle, le chevalier de bronze reprend la direction du temple d’Héraclès : « Le sourire de mon fils, les paroles pleines de sagesse de ma mère, voilà ce qu’ils m’ont laissé en souvenirs. Pas de mots d’adieu, eux ils ne prévoyaient pas de mourir ce jour-là… »


Pendant ce temps, au Canada, Kassa arrive à la baie de Baffin.
Là, il lâche Bian qui le fustige du regard.
En venant jusqu’ici à la vitesse de la lumière, Kassa a déployé un cosmos qu’il a volontairement caché à Bian depuis leur rencontre : « Alors depuis le début tu m’as menti ? Ton histoire, ton passé, tout cela n’était que mensonge ? »
Kassa se retourne et balbutie avec timidité : « Absolument pas, je ne t’ai rien caché à ce sujet. Les brimades, les coups… Rien n’a été inventé. Lorsque le chef des Généraux de Poséidon est venu pour me proposer de nettoyer la planète de ces êtres malfaisants qui faisaient qu’il y aurait toujours des malheureux et des opprimés, tels que moi, j’ai immédiatement su que me vouer corps et âme à sa majesté Poséidon était une chance. »
En disant cela, quelques icebergs sombrent dans l’eau, tandis qu’émerge la Scale des Lymnades.
L’armure se désunie de son socle pour former sur le corps de Kassa une protection orangée aux reflets dorés.
Bien que couvert de son armure, Kassa continue d’observer la baie et arbore de plus en plus un sourire de satisfaction, car petit à petit jaillit une seconde Scale, celle du Cheval des Mers.
Bian qui vient de croiser des armures noires et une armure de bronze, ne peut qu’être subjugué par la majesté de ces écailles.
Il observe celle du Cheval des Mers avec beaucoup de curiosité et croit comprendre ce qu’on attend de lui.
_ « Poséidon veut que je lui prête serment n’est-ce pas ?
_ Il désire simplement que tu crois en sa promesse, la promesse du roi des mers, du Dieu des Océans. Celle où il jure de laver le monde de l’impureté humaine et de créer une nouvelle ère, où l’homme vivra dans l’amour et la paix.
_ Après l’explosion qui a ravagé notre chalet, Vasiliás semblait ne pas comprendre ma colère envers lui. C’est toi qui as pris son apparence grâce à ta cosmo énergie n’est-ce pas, réalise Bian ? C’est toi qui as séduit Dolly en te faisant passer pour lui pas vrai, parait-il déçu ?
_ Je voulais simplement que tu ouvres les yeux, sur l’influence que cet homme avait sur toi. Il se servait de toi. Il connaissait tes capacités, mais a toujours préféré jouer le bon professeur et brider tes forces réelles, pour pouvoir se jouer de toi à tout moment et rester le mieux vu des deux. La preuve, Dolly ne rêvait que de lui et, par dépit, elle patientait gentiment avec toi. Ta s½ur, elle, a préféré te traiter de menteur, plutôt que de fuir à tes côtés. »
Bian reste perdu un instant. Les images de sa s½ur et de sa petite amie parcourent son esprit : « Ariel… Dolly… Vous avez suivi la voie d’un hérétique qui ne croit en aucun dieu. Vous avez été victimes de ses erreurs… Et ce n’est pas Athéna qui n’a rien fait pour empêcher les forces démoniaques de resurgir sur Terre qui aurait pu vous protéger ! Pire, elles ont toujours été présentes et elle n’a jamais su les chasser ! Aujourd’hui vous avez perdu la vie en raison de son incapacité… »
Il relève la tête et, malgré ses plaies, il serre le poing en regardant avec fierté la Scale qui lui est offerte : « Je jure de conduire Poséidon à la victoire, car je crois en ses idéaux. Viens à moi Scale du Cheval des Mers et ensemble assurons-nous que Poséidon puisse réaliser ses promesses ! »
Immédiatement, Bian est revêtu de ses écailles.
La vie insufflée à sa Scale entre en harmonie avec son être.
L’alchimie est parfaite.
L’osmose stoppe instantanément ses nombreuses hémorragies.
Kassa vient poser sa main sur l’épaule de son allié : « Félicitations. Le fait que les écailles du Cheval des Mers aient reconnu en toi le potentiel et la puissance qui te rendent apte à devenir Général fait de toi mon frère d’arme, le gardien de l’Océan Pacifique Nord. »
Fier de son nouveau statut, Bian se retourne vers Kassa. Il est impatient d’en découdre.
_ « Et maintenant ?
_ Le sanctuaire sous-marin de Poséidon est accessible depuis la surface, par plusieurs points de passages maritimes. Il se trouve que la baie de Baffin en est un. Donne-moi la main et accroît ta cosmo énergie à son paroxysme pour surmonter la pression de l’eau ! »
Kassa saisit le bras de Bian.
Cependant le nouveau Marina refuse de se laisser guider ainsi.
_ « Quelque chose ne va pas Bian ?
_ Nous ne sommes pas seuls. »
 
Après cette annonce, Kassa grimace en déplorant son étourdissement : « Effectivement, je n’avais pas constaté que l’Ophiuchus Noir joue les curieuses. »
Démasquée, la femme chevalier noire sort de derrière le glacier où elle était cachée : « J’ai laissé le Gémeaux Noir, le plus puissant des Seigneurs Noirs, face à Vasiliás pour ne pas le gêner. Il va nous ramener en grâce aux yeux du Pope. Toutefois, si je ramène également la tête de deux Marinas, même Athéna se joindra à son représentant pour nous réhabiliter. »
Kassa prend les devants en se tenant en position : « C’est ce que nous allons voir : Salamander… »
Il est stoppé par Bian qui se manifeste devant lui : « Laisse-moi essayer ma Scale ! Rising Billows ! »
Ankoku Ophiuchus n’a pas le temps de broncher, elle est immédiatement repoussée dans la baie par le cosmos de l’Hippocampe et, une fois dans l’eau, est écrasée par la pression provoquée par sa chute dans les profondeurs abyssales.
A l’inverse de l’arcane que subira Seiya dans quelques mois où il sera écrasé par la pression exercée par sa remontée à la surface, cette fois-ci l’ennemie du Marina est broyée dans sa chute.
Ses poumons sont comprimés.
L’air lui manque.
Ses yeux sont révulsés.
Le craquement de ses os est le dernier bruit qui lui est donné d’entendre de sa vie…
 
Sur le rivage, Kassa est étonné.
_ « Alors tu avais une autre attaque que le Souffle Divin ?
_ Je me suis entraîné durant des mois à développer le Rising Billows pour être à la hauteur de Vasiliás. Désormais cette technique je la baptise les « Lames de Fond du Pacifique » en hommage à l’océan dont je suis dorénavant le gardien.
_ Bien. Gagnons le sanctuaire sous-marin à présent !
_ Pas encore ! Pas tant que les Lames de Fond du Pacifique ne se seront pas confrontées à Vasiliás ! »
 
 
Au même moment, sur Yíaros, Anikeï avance en tirant un char en direction du Nord de l’île.
Vêtu de sa Cloth de Cassiopée, il se rend au Parthénos, le temple d’Hébé.
Ce temple grec est taillé en parti dans la roche.
Ses portes sont en chêne massif, bardées de pics métalliques de haut en bas et de long en large.
Elles protègent ses colonnes doriques, ses multiples étages et ses sols de marbre.
Le tout donne au Parthénos un aspect de forteresse imprenable.
Si bien que les Athéniens ne se sont pas risqués à l’investir alors qu’ils prenaient le contrôle de l’île il y a quelques mois.

A proximité de la porte, l’Ukrainien s’égosille en hurlant : « Sur ordre de Sa Majesté le Grand Pope, je demande à m’entretenir avec la déesse Hébé ! »
Le svelte Slave d’un mètre soixante-douze n’obtient guère de réponse, même après avoir crié à pleins poumons la même phrase une bonne dizaine de fois.
 
Plus bas, par le bras d’eau, dans une barque, couvert de sa Cloth du Toucan, Taishi rame avec discrétion jusque dans les catacombes.
Ce chemin maritime bifurque par le palais royal. Il relie par le Sud le port et l’encablure entre la forêt et la montagne au Nord-Est.
 
Dans le palais, la quinzaine de soldats d’Hébé ayant survécu à l’invasion est en alerte.
Depuis la ratification du traité de paix, c’est la première fois qu’un chevalier d’Athéna demande audience.
Bien que cette initiative soit trop peu discrète pour annoncer une tentative d’assassinat de la déesse, rien n’est plus prudent que de rester sur ses gardes.
¼dipe, le fidèle Alcide d’Hébé qui communique par télépathie, conseille à son impératrice de renvoyer le chevalier puisqu’il bafoue le traité qui interdit toute présence athénienne au palais : « Acis, le grand cardinal religieux de l’île, s’est battu pour cette clause lors du grand rassemblement après l’introduction des athéniens au c½ur de l’île ! Je refuse d’y faire l’impasse ! »
Plus calme, Hébé précise : « Ce chevalier veut juste converser avec moi et non pénétrer dans l’enceinte du temple. »
Rien n’y fait, ¼dipe s’y oppose fermement : « Nos effectifs ne sont même pas comparables aux leurs pour organiser une rencontre. Dans ce cas, j’irai m’entretenir moi-même avec ce chevalier, puisqu’il refuse de quitter ce lieu. »
¼dipe traverse péniblement le palais impérial, accompagné de quelques hommes…

Depuis les catacombes, Taishi s’est engouffré dans la demeure d’Hébé en longeant les murs.
Il remonte d’étages en étages, en utilisant les grands escaliers taillés dans la roche il y a des milliers d’années.
Une fois au niveau de celui d’Hébé, il visite chacune des pièces reliées par un couloir et séparées les unes des autres par de grands rideaux azurs.
C’est seulement une fois arrivé au bout du couloir que Taishi débouche sur un grand hall surplombé d’une immense tribune.
En haut de celle-ci, calme et raisonnée, la majestueuse déité, Hébé, dans sa longue robe rose en satin, la mine apaisée, fixe avec insistance le Saint du Toucan, comme si elle attendait sa venue.
 
Dehors, à l’entrée du palais, Anikeï continue à hurler son souhait de rencontrer la déesse Hébé.
Les grandes portes s’entrouvrent à peine, afin de laisser sortir deux soldats ainsi que l’Alcide au physique ignoble, ¼dipe.
Dépourvu de tous ses sens, ¼dipe utilise son cosmos pour communiquer avec le Saint.
_ « Que veux-tu chevalier ?
_ Je pensais avoir été clair ! Sur ordre de Notre Majesté le Grand Pope, il m’incombe de rencontrer ta déesse… »
 
A l’intérieur, Hébé déclare d’un ton impérial : « Je t’attendais Saint d’Athéna ! »
Cette annonce tétanise totalement le Japonais.
Il refuse néanmoins d’afficher son intimidation et déclare sèchement : « Hébé, je me prénomme Taishi Saint de bronze du Toucan. Je me présente face à vous tel un messager. Notre Grand Pope souhaite vous délivrer un message… »
 
A l’extérieur, les deux soldats hébéïens font le tour du chariot qu’Anikeï a conduit avec lui.
Ils défont la bâche et découvrent des amphores remplies de vin.
_ « Mon seigneur est soucieux du confort de votre déesse et préfère s’assurer qu’elle ne manque de rien en lui témoignant son respect via ce précieux présent… »
 
Dans la chambre d’Hébé, celle-ci s’insurge : « Après des mois d’ignorance qui m’ont valu de rester recluse ici, voici qu’il ose prendre contact avec moi ! »
Taishi ne bronche pas face à l’éclat de voix de son interlocutrice.
Il attend qu’elle reprenne son calme.
Une fois son indignation dissipée, elle renoue le contact : « Et bien chevalier de bronze, annonce-moi le contenu de ce message, ne me fait pas plus attendre ! »
Taishi tend son poing droit en direction d’Hébé…
 
A l’entrée du palais, les soldats déchargent la cargaison amenée par Anikeï, tandis que celui-ci reste à côté de sa charrette, en compagnie d’¼dipe qui reste dubitatif.
_ « Tant de raffut pour de la boisson ! Je pensais que les chevaliers avaient des missions bien plus importantes que cela.
_ C’est le cas Alcide, ça l’a toujours été. »
Devant l’arrogance des propos du Saint de Cassiopée, ¼dipe concentre davantage sa cosmo énergie, au point de détecter dans la chambre du trône, une présence auprès de sa déesse.
Sa voix retentit dans l’atmosphère, avant que son enveloppe charnelle ne se désagrège au gré du vent : « Une diversion ! J’aurai dû m’en douter ! »
 
Face à la déesse, Taishi tourne son poing fermé en direction du plafond.
Il le desserre enfin afin de laisser libre à la vue d’Hébé le ruban rouge d’Iphiclès : « Les mots de mon altesse furent bien simples. Donne ce ruban à la déesse Hébé et dis-lui que le passé ne peut être oublié et que le chagrin ronge les amis d’antan. »
Taishi marque un temps de pause durant lequel il n’arrive pas à trouver le courage de dévisager la déesse pour sonder l’impact que de tels propos ont sur elle.
Il reprend alors de manière embarrassée : « Il m’a dit qu’accompagné de ce ruban, vous comprendriez son message. »
Tout à coup, le cosmos doré de la déesse immobilise le Saint et entoure sa main afin d’en extraire le morceau de tissu.
Celui-ci vogue dans les airs, jusqu’à parvenir dans les paumes de main de la douce réincarnation qui fond en sanglot.
Saga, sa jeunesse passée à ses côtés, son amour aujourd’hui impossible pour lui…
Taishi est pantois, face à la réaction de cette sublime jeune femme, au corps fin et aux courbes magnifiques.
Soudain, une hideuse silhouette apparaît devant lui.
Le fidèle ¼dipe Alcide des Oiseaux du Lac Stymphale s’est téléporté devant l’intrus afin de lui barrer la route.
Entre deux larmes, Hébé déclare : « Ça ira ¼dipe, mon hôte allait justement quitter les lieux. Appelle donc quelques hommes, afin de le raccompagner par là où il est venu. »
Aussitôt, Taishi s’incline et fait demi-tour.
Dans la chambre impériale, ¼dipe perçoit la tristesse qui émane de sa déesse mais ne peut intervenir sous peine d’être trop indiscret.


A cet instant, à Arviat, au milieu du désert provoqué par le Gémeaux Noir, celui-ci est en mauvaise posture.
Bien qu’il traîne la jambe, Vasiliás a repris l’avantage.
Le roi lion qu’arbore sa cosmo énergie dévore le chevalier noir petit à petit et fini par avoir raison de lui dans un ultime assaut : « Heart Break Canon ! »
Le lion aux ailes d’ange et aux cornes démoniaques ne fait qu’une bouchée de l’Ankoku Saint dont le plastron vole en éclat sous le choc.
Il retombe sur le dos, se cramponnant de douleur, après que son c½ur ait été délogé par le Canon d’Interruption Cardiaque.
Vainqueur, Vasiliás s’effondre à genoux en frappant des deux poings le sol de rage.
La roche se fissure tout autour de lui tandis qu’il libère enfin ses larmes : « Ariel… Ariel ! »
Pour seule réponse, il n’entend que le souffle du vent chuinter dans ses oreilles…
Les râles d’agonie d’Ankoku Gemini le ramènent à la réalité…
S’ensuivent les sirènes des secours en approchent…
Puis d’autres gémissement lui remémorent qu’Ariel n’est pas la seule qu’il a perdu.
Klok expire ses derniers souffles.
_ « Maître ? Vous avez survécu ! »
Entre deux quintes de toux, durant lesquelles il s’étouffe dans son sang, le Saint de bronze de l’Horloge sent l’approche de son élève et sourit.
Les yeux arrachés par l’Ankoku Comet du Gémeaux Noir, Klok s’exaspère de ne pas pouvoir admirer une dernière fois le visage devenu adulte de celui qui fut son élève : « Ah… Vasiliás… Mon brave Vasiliás… Je suis tellement désolé… »
Malgré les mauvaises intentions de son ex-professeur, Vasiliás lui soulève la tête et lui voue un profond respect.
_ « Maître… Economisez-vous, je vais vous faire soigner…
_ Il… Il est trop tard… Je regrette simplement de ne pas pouvoir regarder, à quel point le petit garçon que j’ai élevé a grandi. Les cheveux courts, ça te va bien finalement… »
En faisant référence à la chevelure mi longue et bouclée de Vasiliás durant son enfance, les deux hommes échangent un rire complice qui leur fait mal aux côtes après tous les heurts qu’ont subi leurs corps.
_ « Je suis heureux Vasiliás, heureux que tu sois devenu l’homme valeureux que j’ai vu combattre aujourd’hui. Heureux que malgré ta cavale tu as gardé tes principes, que tu sois resté honnête et sincère.
_ S’il en est toujours ainsi maître, c’est à vous que je le dois. J’ai tenu la promesse que vous m’aviez demandé de faire, celle d’aller jusqu’au bout de mes rêves pour le bien-être de cette planète, même si cela devait m’attirer les foudres du Sanctuaire.
_ Ou plutôt les foudres du Pope. Vasiliás, je dois t’avouer quelque chose. Ces dernières années, les actes du Pope, se sont avérés de plus en plus maléfiques et le fait qu’Athéna ne se montre qu’au Pope a conduit certains chevaliers à douter de l’intégrité de cet homme. Le fait qu’il promette à des chevaliers noirs de revenir en grâce m’a également mis la puce à l’oreille. Si aujourd’hui j’ai cherché à réaliser cette mission, c’était pour m’assurer que les engagements que tu avais pris étant enfant étaient toujours d’actualités. Je voulais avoir la garantie que le roi tiendrait sa promesse, grâce à sa force et à sa droiture. Le Sanctuaire d’Athéna n’est plus ce qu’il était. Seuls des êtres comme toi peuvent ramener la paix dans le monde. Même si j’ai toujours été contre la prise des pleins pouvoirs d’une seule personne sur le monde, je meurs en étant convaincu que tu es celui qui parviendra à éradiquer le mal qui nous ronge… »
Le souffle de Klok est maintenant bien trop court pour qu’il puisse encore en dire long, il donne ses derniers mots en même temps que ces derniers soupirs : « Je sais que tu honoreras ta promesse… Je te remercie pour tout ce que tu m’as apporté, dans ma vie de soldat et dans ma vie d’homme… Je t’aime comme un fils et dans tous les enfers je ferai entendre ta loi, mon cher disciple, mon guide… Mon roi… »
Le cosmos doré de Vasiliás entoure le Néerlandais pour l’accompagner sans souffrances jusqu’aux portes de l’autre monde, lui arrachant à l’occasion de nouvelles larmes.
Il se relève et déploie encore et encore son aura jusqu’à écarter les nuages qui couvrent encore le ciel après l’invocation de la Comète Noir d’Ankoku Gemini.

Les sourcils froncés, le regard convaincu et les poings serrés, Vasiliás observe la dépouille de son mentor : « Maître, je renouvelle ma promesse devant votre corps à vous, Saint de bronze de l’Horloge. Je jure de vouer mon cosmos à la conquête du monde, que cela soit seul ou sous l’égide d’un dieu aux ambitions aussi bienveillantes que les miennes. Pour l’humanité… »
 
Une voix plus que familière sort Vasiliás de sa majesté : « Es-tu bien sûr de toi espèce de traître ? »
Vasiliás se retourne et est ébloui par les rayons solaires qui se reflètent sur les écailles de Bian.
En posant ses mains devant ses yeux, il demande : « Bian ? Est-ce toi ? Dieu merci, mon ami, tu as réussi à t’en sortir ! »
A mesure que ses yeux s’habituent à l’éclat du soleil, le visage de Vasiliás se décompose : « Bian ? Mais tu es… Tu portes… »
Kassa jaillit de derrière le Cheval des Mers en gloussant : « Tu devrais voir ta tête mon pauvre. Oui, Bian est un Marina, il a juré fidélité à Poséidon. »
Vasiliás est déconcerté : « Bian, mon frère, je te savais adepte des idéaux du Dieu des Mers, mais de là à te laisser enrôler dans son armée… »
Bian interrompe son ancien camarade : « Silence ! Tes paroles empoisonnées ne viendront plus porter en moi le doute. Après que tu m’ais volé les femmes de ma vie, tu as été abandonné par les dieux ! Même cette chère Athéna s’est retournée contre toi ! Sans parler de ton professeur ! Tous ceux qui t’entourent finissent par être contaminés par le venin que tu libères. Heureusement, j’ai su ouvrir les yeux à temps et m’émanciper de tes aberrations. »
Vasiliás est consterné.
Les paumes de mains ouvertes vers le ciel, bouche bée, faisant un signe négatif de la tête il cherche des réponses : « Bian… J’aimerai comprendre… »
Hélas, le Général passe à l’attaque.
Il arrive devant Vasiliás et le cogne, en pleine poitrine, d’un coup de poing chargé de sa cosmo énergie.
Vasiliás se plie de douleur.
Il a à peine le temps de relever la tête que déjà le poing de Bian s’abat sur son visage et lui éclate son arcade sourcilière, encore intacte après ses précédents combats.
Le Marina choisit de l’achever en invoquant son arcane : « Que le Souffle Divin t’emporte ! God Breath ! »
Toutefois, la rafale infernale invoquée par Bian est miraculeusement contenue par Vasiliás.
Il repousse le vent vers son agresseur en faisant front uniquement grâce à son cosmos et à la force de ses mains.
Après plusieurs secondes de lutte à distance, les pieds du Cheval des Mers se soulèvent et son corps est soufflé comme un fétu de paille jusqu’à Kassa.
Le Portugais choisit de prendre la relève en s’avançant d’un pas, cependant Bian lui agrippe aussitôt la jambe : « Non Kassa ! Il est à moi, à moi seul tu entends ! »
Vasiliás commence à pâlir, ses sens le quittent et ses hémorragies ne cessent de l’affaiblir.
Il essaie une ultime fois de calmer son ancien colocataire.
_ « Sois raisonnable. Je connais ta technique sous tous ses aspects. Nous l’avons travaillé ensemble. Tu ne pourras pas me tuer avec ça.
_ Qu’importe ! J’ai une autre carte à mon jeu ! Je savais bien qu’aussi naïf que je pouvais être, tôt ou tard, j’aurai à choisir un camp qui me séparerait de toi. Les Lames de Fond du Pacifique te terrasseront ! »
Vasiliás grimace, en plus de la douleur, il sent une profonde déchirure dans son c½ur.
Se faire une raison obscurcit un peu plus son âme.
Il n’a plus le choix à présent.
Son cosmos doré doit briller une dernière fois, en ce jour funeste : « Tu ne me laisses pas le choix Bian ! »
Le Canadien fait de même. Son énergie dessine un hippocampe derrière lui.
De ses mains jaillissent des vagues impressionnantes.
Elles menacent d’engloutir Vasiliás.
Il ne ressemble à rien d’autre qu’à un insecte face aux déferlantes.
_ « La pression de l’eau va te broyer les os ! Rising Billows ! »
En effet, les lames frappent de plein fouet le jeune homme.
Il est désormais prisonnier de l’eau.
A bout de force, il perd connaissance.
Seul son esprit demeure alerte.
Il ressasse les souvenirs qu’il lui reste de son maître.
Irrémédiablement, lui revient cette promesse qu’il a renouvelé il y a à peine cinq minutes.
Alors, sa cosmo énergie crée autour de lui une barrière de protection.
Il sort de l’écume et puise dans les dernières ressources qu’il lui reste le poing en avant.
Ressemblant à ce lion qu’arbore habituellement sa cosmo énergie lorsqu’il invoque le Canon d’Interruption Cardiaque, il fonce, les yeux fermés, à peine conscient, sur Bian en hurlant : « Non je ne peux pas mourir ! J’ai une promesse à tenir ! »
Resté en retrait jusque-là, Kassa constate que l’opposition cosmique entre Bian et Vasiliás commence à tourner en l’avantage de l’exilé du Sanctuaire.
Dans ce cas, il risque d’échouer dans la mission que lui a commandé Poséidon par l’intermédiaire du Dragon des Mers.
Kassa apparaît donc derrière son frère d’arme, pour faire peser la balance en son avantage en dégageant son plus terrible arcane : « Salamander Shock ! »
Deux auras cosmiques s’entremêlent pour contrer l’avancée de Vasiliás.
Mais le génie déchu atteint son but non sans voir son corps subir de multiples heurts : « Heart Break Canon ! »
Le poing de Vasiliás passe à travers les deux cosmos ennemis et, amoindri, cogne le plastron de Bian.
Bian est repoussé aussitôt dans les airs en compagnie de Kassa.
La tension énergétique se dissipe dans les airs.
Vasiliás s’échoue sans vie dans ce désert.
Ce chaos résulte des nombreux affrontements de la journée.
Kassa se relève en premier.
Bien qu’il ait été placé derrière Bian, le choc a été si vigoureux que sa Scale se fissure à hauteur de la poitrine et dans le dos.
Il se cramponne le c½ur de douleur.
Aussitôt, il n’ose imaginer l’état de Bian, frappé de plein fouet.
Le Cheval des Mers se redresse difficilement : « Extraordinaire, nous n’avons subi que le contrecoup du Heart Break Canon. Heureusement, puisque nos cosmos conjugués ont réussi à diminuer la force d’impact de cette technique. Pourtant, mes écailles sont émiettées et je ressens une importante douleur au c½ur. Il faudra à présent que je veille à créer une technique défensive, pour que plus jamais mon armure ne soit abîmée. »
Kassa surenchérit : « Cet homme aura vraiment été un adversaire incroyable. Certainement le plus puissant de tous ceux que j’ai rencontré à présent. Même un chevalier d’or ne pourrait pas causer autant de dommage à deux Marinas à la fois. »
L’admiration que loue Kassa à Vasiliás provoque le mécontentement de Bian qui en a assez des louanges envers celui qu’il a fini par considérer comme un rival : « Il est fébrile, laissons-le mourir d’épuisement. Sa souffrance n’en sera que plus grande. »
Kassa rassemble une dernière fois ses forces : « Tu aurais bien raison s’il n’était pas une si grande menace ! Je vais lui porter le coup de grâce !  Le Choc de la Salamandre va l’accompagner en enfer ! Salamander Shock ! »
La cosmo énergie du Portugais crée un énorme monstre marin qui s’abat sur le corps sans vie de l’Américain.
S’en suit une énorme explosion.

Bian, passe sa main devant la fumée qui vient d’être soulevé par la détonation.
Il constate qu’en lieu et place de Vasiliás il ne reste désormais plus qu’un cratère.
L’espace d’une seconde, son visage démontre une certaine affliction à l’idée d’avoir perdu celui qu’il a considéré comme un frère durant tant d’années.
Lorsque Kassa choisit de quitter les lieux, Bian dissimule son chagrin par un sourire en coin.
Ensemble, sous le soleil couchant, ils disparaissent à une vitesse approchant celle de la lumière en direction de la baie…


Pendant ce temps, sur Yíaros, la nuit est tombée depuis longtemps déjà.
Pas assez vite pourtant selon Apodis. Signe que les journées lui semblent longues et interminables.
Tandis que les gardes et les autres Saints se promènent dans les villages de l’île afin de veiller que le couvre-feu soit respecté, Apodis se tient debout, sur la plage au Sud, les yeux rivés vers les étoiles, les bras le long du corps.
Son visage habituellement resplendissant de beauté et de confiance est défiguré par une profonde mélancolie.
Les bandelettes de papiers qui partent de ses mains et remontent jusqu’à ses coudes pour protéger ses avant-bras sont presque arrachées.
Sa tunique turquoise qui s’arrête à hauteur de ses cuisses et qui est ceinturée par une lanière de cuir au niveau de la taille est craquée de toute part.
Son pantalon couleur sable qui descend jusque dans ses spartiates ficelées autour des tibias est couvert de gravillons humides.
Son regard qui apporte d’ordinaire un élan de compassion relève depuis la mort des siens de la folie.
Enfin, dans son poing droit, il concentre tout son cosmos et fixe avec cruauté sa constellation protectrice, en direction de laquelle il décoche toute sa haine, en déclenchant son arcane le plus puissant : « Frantic Fury ! »
De son poing, tel un éclair, jaillit un Oiseau de Paradis qui fonce vers les cieux.
L’oiseau de rage disparaît dans l’atmosphère après avoir parcouru plus d’un millier de kilomètres.
En observant son effluve cosmique fondre dans les airs, sans parvenir jusqu’aux étoiles, Apodis s’effondre à genoux.
Il laisse son pantalon absorber l’eau du sable humidifié par le ressac des vagues dans l’indifférence la plus totale.
Celui qui encaisse à longueur de journée le déchirement des autres cède, une fois seul, à sa dépression.
Des larmes noient ses yeux sanguinaires.
Ils lui flouent la vue.
L’empêchant de distinguer de petits pas laissés sur le sol.
Il s’agit de traces de pieds.
Des pieds fins qui approchent du Saint de bronze.
Des pieds conduits par de longues jambes, en haut desquelles s’agitent au gré de la fine brise une robe couleur grenat par-dessous laquelle un short moulant cache l’intimité de l’intruse. Celle-ci se frotte les bras jusqu’en haut des épaules, là où se termine sa robe, afin de se réchauffer de la fraîcheur de la nuit tombée.
La brise monte et devient un vent plus violent.
Il balaie maintenant ses cheveux couleur taupe.
Des mèches s’agitent devant son masque à l’allure horrible.
Ces bourrasques résultent du cosmos d’Apodis.
Il ne cesse de croître.
De devenir sombre.
Lorsqu’il se redresse à nouveau, pour frapper en direction de sa constellation, son poing est saisi en plein mouvement par l’inconnue.
Tout en gardant son poing bloqué dans la paume de sa main, elle passe par-dessus lui et le propulse en direction de la mer.
Apodis, désarçonné, s’écrase la tête la première dans les vaguelettes.
Il en ressort aussitôt furieux, le poing en avant : « Toi ! Comment oses-tu ? »
La femme recoiffe les cheveux qui passent devant son masque sans répondre, laissant le temps à Apodis d’énoncer ses craintes : « Je me doutais bien qu’un des trois derniers Alcides profiterait que nous soyons seuls, nous autres chevaliers, pour nous attaquer par surprise ! Mais que cela vienne de toi Juventas, je ne l’aurai pas cru ! »
La belle Juventas avance jusqu’au bord de l’eau dans laquelle baigne encore Apodis sans rien dire.
Elle s’arrête dès que l’eau commence à lui caresser les pieds et lève la tête au ciel, pour observer la constellation de l’Oiseau de Paradis : « Il n’y a que les dieux qui peuvent frapper les étoiles. La seule chose que peut faire un homme, c’est les éteindre en éliminant le chevalier protégé par la constellation qui le représente. »
Morveux, Apodis peste : « Moi j’y arriverai, je les frapperai, je les anéantirai. »
Juventas marque un silence destiné à faire ressentir à Apodis l’incohérence de ses propos avant de reprendre.
_ « Pourquoi tant de haine envers tes étoiles ?
_ Car elles sont maudites. J’ai beau avoir prié face à elles, les avoir fait briller de mille feux en embrasant mon cosmos… Jamais… Jamais elles n’ont réalisé le seul v½u que je leur ai formulé, protéger ma famille quoi qu’il arrive. Elles ne méritent pas le nom d’étoiles protectrices ! »
Juventas, d’un air hébété, déclare : « Ah oui ? »
Elle passe ses mains derrière son dos et fait volte-face pour regagner le centre de la plage, là où se déroulent les constructions du port.
Sa désinvolture laisse Apodis revenir seul jusqu’au rivage en étant agacé : « Qu’entends-tu par-là ? »
La jeune femme poursuit sa route en l’ignorant.
Apodis est poussé dans ses derniers retranchements.
Sans réfléchir à la portée de son geste, il fonce sur elle le genou gauche en avant.
Celle-ci l’évite en pivotant sur le côté et lui décoche un violent coup de poing dans la tempe, à la vitesse de la lumière.
Apodis est sonné et peine à tenir sur ses jambes.
Juventas reprend enfin la parole tout en restant calme, voire moqueuse : « Combien de fois as-tu frôlé la mort chevalier ? »
Apodis se ressaisit et tente à nouveau de porter un coup de pied, au visage de l’Alcide.
Cette fois-ci elle le pare et profite que le Saint ne tienne que sur une jambe pour la lui balayer avec la sienne et le faire retomber lourdement sur le dos.
_ « Combien de fois as-tu perdu connaissance avant de reprendre courage ? De te relever ? D’attaquer et de gagner ? »
Furieux d’être à terre, Apodis se redresse aussitôt et décoche une droite, face à laquelle elle s’agenouille.
Elle riposte avec un uppercut qui le projette jusque dans les troncs d’arbres coupés qu’utilisent les ouvriers pour la reconstruction des embarcadères.
_ « Ta constellation ne t’a jamais abandonné sur le champ de bataille ! Elle t’a toujours rempli le c½ur de courage, toi, le chevalier qu’elle doit protéger ! Ne rejette pas la faute des autres sur ceux qui ne le méritent pas ! Ta constellation t’a toujours suivi, mais elle ne peut être maître du destin. C’est le destin qui a voulu que tu perdes ceux qui te sont chers. Alors cesse de croire que tu es le seul à avoir souffert de cette guerre ! »
Apodis jaillit depuis le tas de bois où il a été envoyé avec un regard furieux.
Les veines sur tout son corps ressortent et ses yeux rouges sont révulsés.
A force d’être contractés, l’ensemble de ses muscles gonfle, tandis que derrière lui l’effluve de sa cosmo énergie dessine un Oiseau de Paradis qui déploie ses ailes.
Maîtrisant le septième sens, Juventas ne parvient pourtant pas à discerner le mouvement d’Apodis qui apparaît face à elle à la vitesse de la lumière.
Elle ne comprend pas non plus à quel moment il a eu le temps de lui décocher un violent crochet du gauche en plein estomac, la forçant à s’affaisser sur le sable.
Le heurt de son pied en plein visage, résultant de l’enchaînement du chevalier, elle le voit venir lui.
Néanmoins, elle est trop affaiblie pour s’en protéger.
Elle est propulsée à son tour dans la mer.
Pris d’une folie assassine, Apodis se jette sur elle, avant qu’elle n’ait eu le temps de sortir de l’eau.
De l’échange de leurs assauts ne résulte qu’une immense vague qui les ramène sur la plage tous les deux.

Juventas est étendue sur le dos, sa robe à moitié arrachée, laissant sa poitrine presque visible.
Ses bras sont couverts d’hématomes.
Apodis se retrouve torse nu, le corps criblé d’égratignures.
Le premier à être debout n’est autre que le sanguinaire chevalier qui titube jusqu’à Juventas. Arrivé devant elle, il s’écroule finalement de fatigue. Sur le dos.
Ses yeux reprennent leur mélancolie habituelle.
Les battements de son c½ur se font moins rapides.
A cet instant, la mystérieuse Alcide, veuve d’Iphiclès, se redresse et observe son adversaire du soir : « Quelle que soit la colère que tu éprouves, tu ne peux en vouloir ni à ta constellation, ni à des innocents, ni à toi-même. »
Elle se penche sur le chevalier et lui caresse le visage avec sa main droite : « J’ai aussi perdu beaucoup dans cette bataille. Lorsque tu voudras en parler, n’oublie pas que je suis prête à t’écouter. Comme toi tu acceptes d’écouter les autres malgré le mal qui te ronge. »
L’Alcide des Juments de Diomède se relève enfin et ramasse plus loin, ses sandales qu’elle avait laissées pour profiter des grains de sable refroidis par la nuit.

C’est seulement une fois qu’elle a emprunté le détroit qui relie le port au reste de l’île, qu’Apodis se dégage enfin du sable humide.
Il reste assis à contempler les étoiles et plus particulièrement sa constellation.
Des larmes coulent encore le long de ses joues, toutefois un sourire sublime son visage : « Netsuai, ma tendre et chère, Sperarus, mon fils, Mujakis, ma précieuse mère… »

Au sommet des montagnes qui bordent le détroit dans lequel s’engage Juventas, le malicieux Philémon observe son camarade Apodis.
Ce petit brun aux cheveux hirsutes entend derrière lui des pas.
Sans se retourner, il reconnaît la présence de l’Alcide de la Biche de Cérynie à qui il a brisé le masque de femme chevalier et qui ne cesse de le harceler depuis : « Crois-tu que nos deux camps parviendront un jour à se lier d’amitié, comme c’était le cas par le passé ? »
Baucis rejoint Philémon et s’assied à côté de lui.
Sa voix étouffée par son masque de femme chevalier déclare : « Jamais de la vie ! Vous nous avez pris une chose qui ne peut être retirée à un être humain, la liberté ! »
Aucun des deux ne tournent sa tête vers l’autre.
Philémon, continue de frotter ses pieds nus dans l’herbe fraîche du haut de la montagne en souriant : « C’est dommage. Quand je vois Apodis et Juventas, je me dis que derrière la haine qui les lie, peuvent sommeiller deux personnalités en quête d’amour et d’amitié, afin de reconstruire ce qu’ils ont perdu. »
Baucis sert aussitôt le poing : « La seule chose que j’ai perdu, c’est ma fierté le jour où tu m’as brisé mon masque. »
Philémon sourit sans quitter des yeux Apodis : « Pff… Je ne parlais pas de nous Baucis… »
La demoiselle à peine vêtue et au physique gracieux grommelle dans son coin.
Rempli d’une profonde sympathie pour autrui, Philémon attrape les pieds de Baucis qui, surprise, n’a pas le temps de réagir : « Mais ?! Que fais-tu ?! »
Philémon défait les lanières de cuir des spartiates de la jeune femme qui se débat en silence afin de ne pas alerter Apodis.
Finalement, toujours sans la regarder, Philémon parvient à ses fins, il lui colle ses deux pieds nus sur l’herbe fraîche : « Tu m’as l’air sur les nerfs. Profite donc de cette verdure douce comme de la mousse, il n’y a rien de tel pour se relaxer. Fais comme moi. »
D’abord réticente, Baucis tapote d’abord ses pieds sur les touffes fraiches.
Puis elle les laisse figés dedans sans rien dire.
Enfin, au bout de quelques dizaines de secondes, elle les remue enfin.
Constamment les yeux rivés vers l’horizon, Philémon sourit bêtement, fier de l’acte d’amitié qu’il vient d’initier.
Quand tout à coup, il reçoit un violent coup de poing derrière le crâne.
Crédule, il se retourne vers Baucis qui ne le dévisage pas encore.
Celle-ci justifie son acte en annonçant : « C’est nul ! C’est peut-être doux mais ça ne me calme pas ! »
Un sourire encore plus grand que le précédent illumine le visage du jeune Grec qui comprend bien que Baucis le remercie à sa façon.
C’est d’ailleurs elle, qui finit par se retourner dans sa direction pour fixer ce visage de petit démon au sourire d’enfant.
Elle cramponne son masque de femme chevalier et déclare alors : « Bon…Puisque tu l’as vu, je n’ai plus besoin de te le cacher… »
Elle l’ôte et contemple l’horizon à ses côtés, sans même que celui-ci n’essaie de la dévisager.
Ils restent ainsi de longues minutes, en silence, ignorant la présence l’un de l’autre, jusqu’à ce que Philémon brise le tabou.
_ « Quand tu m’as rejoint en haut de la montagne tout à l’heure, était-ce pour me tuer ?
_ En effet, cependant je ne m’attendais pas à ce que tu ressentes ma présence. »
Philémon sourit et sans hausser une seule fois le ton, il déclare : « Merci de me prévenir. Au moins je continuerai d’être sur mes gardes. »
Baucis le regarde encore une fois et rigole elle aussi, avant de poser sa tête sur l’épaule à la peau mate du Grec…


A l’opposée de cette atmosphère bucolique, les gyrophares des secours de Nunavut approchent de plus en plus du lieu du massacre où règnent seuls un champ de poussière, avec au beau milieu une crevasse, ainsi qu’un silence de mort.
Presque tout le village d’Arviat a été décimée.
Les premiers médias sur place évoquent des défauts d’entretien des installations énergétiques par les services publics.
Pas d’autres explications possibles.
Que dire d’autre de toute manière.
Aucun témoin n’a survécu à cette catastrophe…

Aucun civil du moins.
Car une silhouette drapée et encapuchonnée sous un voile blanc approche du trou en arc de cercle qui domine ce chao.
Un courant d’air soulève la capuche.
Il dévoile des cheveux bruns attachés par quelques rubans violets.
Marquée d’un tatouage rose en forme de c½ur sous l’½il gauche, la belle Ksénia se laisse tomber dans le cratère.
Elle glisse sur les parois arrondies, avant d’achever sa descente au centre, à trois mètres de profondeurs.
Ses yeux sont rivés sur le sol, jusqu’à ce qu’elle sente un flocon de neige venu des cieux s’échouer sur sa pommette tatouée.
Elle dirige alors sa tête en direction du ciel pour admirer les autres flocons qui vont cacher cette terre de misère.
Elle laisse ces morceaux froids, doux comme du coton, lui couvrir le visage quelques instants, lorsqu’elle murmure enfin de sa voix suave marquée par un fort accent slave : « Maître… Votre plan est en marche… Le dieu Arès m’envoie comme son messager venir chercher son roi… »
L’Ange accorde son attention à la surface terreuse, dans laquelle elle plonge sa main.
Elle en extrait un corps souillé par la boue et le sang.
Elle détaille avec insistance l’homme inconscient.
Il est désormais nu après que ses vêtements aient été totalement arrachés par les nombreux assauts encaissés.
Passionnée par sa ferveur et ce qu’il représente dans les projets de son maître, elle constate : « Ton c½ur bat encore ! Tu as survécu à tout cela ! Alors mon maître avait raison. Tu es l’homme du destin, celui dont le sort est lié à celui de cette planète, toi le beau et brave Vasiliás. »

Délicatement, les yeux de Vasiliás, clignent.
Sans qu’il ait la force de les ouvrir, il reconnaît la voix de cette femme, qu’il a rencontré il y a près de dix ans.
Il n’a jamais oublié cette voix douce et cet accent : « Ksénia… Ksénia… C’est toi… J’espérais te retrouver depuis tant d’années… Suis-je mort ? M’accompagnes-tu aux portes de la mort, toi l’ange de mes rêves ? Ne me quitte pas… Je t’en prie… »
Ksénia porte dans ses bras le corps meurtri et prend appui au sol pour s’apprêter à bondir : « Tu me trouveras à ton réveil. Ne t’en fais pas. Je suis venue t’amener à ton dieu. L’heure de tenir ta promesse est venue. »

Les secours investissent enfin les lieux.
Certains sauveteurs ont sauté de leurs véhicules.
Ils se précipitent au pas de course jusqu’au cratère, en espérant y trouver des survivants.
Hélas, les plus proches peuvent uniquement constater s’élever dans les airs ce qui ressemble à un filet lumineux, une étoile provoquée par l’impulsion de Ksénia qui emporte loin d’ici l’inerte surhomme à l’étrange destinée.

137
C'est pas son nom italien, Angelo ?
C'est le nom que lui a donné le fandom italien et qui est remonté dans le fandom français. Mais rien d'officiel.

138
Officiellement, Deathmask n'a pas d'autre nom que... Deathmask ! Angelo ça vient simplement des fans qui ont lu ça une fois en fiction et choisit de garder cette appellation.

Pour Apodis, tu n'es pas au bout de tes surprises.

Et enfin, Saori aura droit à son histoire elle aussi mais pas tout de suite. En effet, la Galaxian War n'a pas encore commencé mais bientôt, son tour viendra...

139
Bonjour Kodeni,

Eh bien à cause de mon attachement pour le couple Angelo-Lilith!!!! Eh oui j'aime ce couple même si je dois avouer que je me suis prise de passion pour les autres comme Baucis et Philemon, ou Apodis, dommage pour lui qu'il sombre dans le côté obscur.

Ce qui m'a plu, c'est la force de cet amour entre une victime et son bourreau et un amour plus fort que l'amour. Déjà que l'amour est difficile à trouver alors cet amour là!!!
Soutenir ce bourreau qui devient un amant, et que lui aussi au travers de ses démons trouve une aide auprès de Lilith, ça c'est beau!!!
Pour DM (il ne s'appelle pas Angelo chez moi, Angelo est un nom inveté par le fandom) et Lilith, tu n'es pas au bout de tes surprises.
Pour Philemon et Baucis, leur histoire sera magnifique jusqu'au bout.
Apodis finira par remonter la pente même si de nombreuses épreuves vont lui tomber encore dessus.

Voilà, je ne t'en dis pas plus.
Et bien mazette, ça avance bien tout ça.

Chapitre 30 lu mais j'ai tellement de retard que je suis un peu perdu dans l'histoire.

En tout cas, style d'écriture qui progresse et qui est à mon gout pour ce chapitre.

Bravo Kod' ;)
Quelle surprise de te lire ici !
En même temps, t'attaquer directement au chapitre 30 si tu en as loupé plusieurs avant, c'est assez périlleux. Je te recommande de reprendre là où tu t'étais arrêté.

140
Pourquoi aurais-je dû penser à toi particulièrement ?

Qu'est-ce qui t'a plu en particulier dans ce chapitre ?

141
Only for Love / Re: Chapitre 29 - Un Ange étrange
« on: 2 June 2012 à 17h37 »
C'est fait, le chapitre 30 est en ligne.

142
Only for Love / Chapitre 30
« on: 2 June 2012 à 17h37 »
Chapitre 30

Sur la côte Sud d’Yíaros, les travaux de réfections du port sous la chaleur sont un calvaire si grand que la simple arrivée d’un bateau est une satisfaction bien grande.
En effet, elle annonce une coupure momentanée dans des efforts sous le sommet des températures estivales méditerranéennes.

Ici, le vaisseau dépose l’ancre sur le port.
Il décharge sa cargaison sur un des premiers pontons enfin rénové avec la Guerre Sainte qui vient d’opposer Athéniens et Hébéïens.
Le drapeau du Sanctuaire s’agite au gré du vent marin depuis le mat.

Présent à la réception de ce navire officiel, Apodis a recouvert son buste de son maillot et abandonné ses outils.
Premier ouvrier investit à la réfection de l’île afin de penser à autre chose que sa soif de vengeance après l’assassinat de son fils et de sa mère, il n’en demeure pas moins protocolaire.
Pour l’occasion, il fait appeler Anikeï et Carina à ses côtés pour accueillir les voyageurs.

Il s’agit là de marins venus du Port du Destin, en Crète, sur ordre du domaine sacré.
Ils viennent livrer armes et tenues de gardes, semblables à celles que portent les soldats du Sanctuaire, afin d’enrôler les Hébéïens dans la nouvelle milice de l’île qu’instruisent les Athéniens.
Un messager achève la lecture du papyrus sur lequel sont notées les directives du Grand Pope : « … et afin de poursuivre votre mission de rééducation de ce peuple insubordonné, j’exige que les Hébéïens, formés par nos soins pour devenir les nouveaux gardiens de cette île, portent désormais la tenue officielle du Sanctuaire d’Athéna. Tout homme, portant encore, dès réception de ces biens, la tunique marine et les protections azures de la garde hébéïenne sera jugé pour trahison… »
Bien que revanchard, Apodis n’en est pas moins troublé par cette insistance du Pope, à vouloir à tout prix étendre sa domination sur le monde.
Absorbé par la lecture de sa missive, il se remémore leur première rencontre…

Flashback
1979.
La victoire contre les Berserkers était désormais acquise.
Bien que les Saints d’or s’étaient confrontés dans le même temps aux Titans de Cronos, des Saints d’argent et de bronze pouvaient se targuer d’avoir protégé le Sanctuaire de la tentative d’invasion d’Arès.
Sa réincarnation ne disposait désormais plus d’aucune force armée.
Dorénavant, il ne présentait plus aucune menace.

En chemin pour le palais papal, Apodis suivait Orphée à travers les villages.
Ils remontaient jusqu’à Honkios sous les acclamations de la foule.
Apodis, surpris de cette gloire nouvelle, ne pouvait s’empêcher de rougir tout en saluant le peuple qui célébrait la victoire.
Sa victoire.
Car c’était bien de son combat qu’il s’agissait.
La bataille intérieure d’un enfant apeuré, rempli de doutes et de rêves brisés.
Une guerre que cet adolescent a remportée en déployant ses ailes et en s’affirmant tel qu’il était vraiment, un Saint d’Athéna.

Bien que le soleil ne fût pas encore levé et que la rosée matinale ne se soit pas dissipée, Apodis suait à grosses gouttes.
Il avait encore en lui le feu sacré qui brûle le c½ur des chevaliers lorsqu’ils embrasent leur cosmos.
Sous la lueur des torches des gardes qui les accompagnaient, ainsi que sous celles des villageois qui les observaient, Apodis découvrait avec stupeur l’amour que la populace pouvait consacrer aux héros lorsque celle-ci se jetait parfois à ses pieds pour les lui baiser.
Casque sous le bras droit, Apodis relevait humblement ces fervents admirateurs de chevaliers pour les remercier à son tour de la confiance qu’ils leurs témoignaient.
Cette humilité ne passa pas inaperçue d’Orphée qui appréciait la modestie de ce jeune homme.

Une fois arrivé devant les marches de la montée des douze maisons du zodiaque, le cortège d’admirateurs des Saints stoppa net sa progression.
Il regardait avec admiration grimper un à un les chevaliers et les mercenaires qui avaient participés à cette victoire.
Ils se dirigeaient en direction du Grand Pope.

Saga, usurpateur du trône du Grand Pope, pris sur lui de venir à la rencontre de ses hommes qu’il devinait épuisés après cette longue période de crise.
Accompagné d’une dizaine de gardes, il attendait paisiblement sur le perron de la demeure du Bélier.
Apodis observait avec émerveillement le style antique de ces marches qu’il parcourait.
Il s’amusait à remonter le temps depuis les âges mythologiques où il voyait les héros d’autrefois les emprunter eux aussi bien avant lui.
A mesure qu’il montait, la silhouette du Pope était de plus en plus facile à discerner et il découvrait pour la première fois de sa vie l’apparence de son souverain.
A quelques mètres de lui, Apodis sentit la main ferme d’Orphée le ralentir et lui murmurer : « N’avance plus d’un pas. Les Saints de bronze doivent être derrière les Saints d’argent. C’est nous autres qui allons au plus près de notre maître. Agenouille-toi à partir de là. C’est le protocole. »
Un protocole auquel le débutant en matière de procédures militaires se plia immédiatement.
Bien que fougueux, Apodis n’en étant pas moins un exemple, en termes de discipline.

Le représentant d’Athéna, debout dans sa grande toge blanche, le visage dissimulé sous un casque doré et un masque violet aux yeux rouge sang et la poitrine décoré par de grands colliers de perles, leva la main en direction d’un scribe qui l’accompagnait.
Ce dernier se tint prêt à rédiger les notes de l’entretien qui allait se dérouler.
De cet être quasi-divin, Apodis sentait un cosmos teinté d’or émaner.
Ce cosmos était bienfaisant et protecteur.
Saga engagea enfin la conversation : « Chevaliers ! Mercenaires ! Fidèles protecteurs d’Athéna ! Vous avez une fois de plus fait montre de votre bravoure et de votre ténacité au nom de l’amour, de la paix et de la justice sur cette planète, en suppléant nos Saints d’or, déjà en mission contre un danger tout aussi grand. Le peuple peut être fier de vous, je suis fier de vous et Athéna m’a confié qu’elle l’était également. Une fois de plus vous lui avez témoigné votre vaillance et votre fidélité. Maintenant, en son nom, je vais suivre vos détails de la bataille, en écoutant avec minuties les évènements de cette nuit… »
Sans attendre, Orphée, en tant que meneur des combattants de ce domaine, pris la parole comme l’attendaient les chevaliers qui l’accompagnaient.
Conditions physiques, appréhensions des forces en présence, angoisses du peuple, stratégies militaires, nombre exact des forces armées alliés et ennemies, armes utilisées, caporaux et sergents tombés au combat, avancés géographiques des lignes adverses, situations des remparts, conséquences d’une telle bataille sur le peuple, perte importante de soldats…
Tout y passa dans un phrasé révérencieux, avec clarté et franchise, sans hésitations ni fautes de prononciations.
Le scribe appréciait retranscrire de tels propos. C’était un délice d’écrire de telles paroles, sans avoir à trouver de meilleures tournures pour une lecture plus agréable.

Lorsqu’il s’agit enfin d’évoquer les conditions dans laquelle l’armée athénienne se trouvait, c’est-à-dire en sous-effectif pour couvrir la totalité du territoire après les pertes subies, Saga parut emprunté : « Il est toujours malheureux pour Athéna de perdre ses fils. Elle m’a laissé entendre, alors que je suivais la bataille avec elle, qu’elle a accompagné l’âme de chacun d’eux dans l’au-delà. »
Tout en restant inclinés au sol, les chevaliers s’échangèrent un regard de satisfaction suite à une telle annonce.

Le Grand Pope les remercia enfin : « Votre tenue à tous a été exemplaire. La bataille contre les Titans s’est achevée au même moment que la vôtre. Nos Saints d’or ont su en sortir victorieux. Sachez qu’Athéna vous honore tous, pour votre participation à cette nouvelle victoire et qu’elle vous bénie, vous et les vôtres, pour votre implication. Maintenant que cette Guerre Sainte est achevée, je vais veiller à ce que vous, ainsi que les familles des victimes, receviez une solde à la hauteur de vos mérites. Merci au nom de la déesse Athéna. »

L’ensemble des hommes releva les genoux, tout en gardant les yeux rivés au sol puis, sans tourner le dos à leur maître, ils descendirent chacun dix marches en arrière avant de se retourner, pour enfin quitter le Grand Pope.
Seul Orphée se tenait encore en vis-à-vis du souverain. Il appela Apodis qui commençait à descendre les marches : « Apodis ! Viens donc ici je te prie. »
Le Pope restait droit et impérial. Il avait toute confiance en Orphée et attendait sa requête.
_ « Votre Majesté, j’aimerai revenir sur la succession de Pajaros. En effet, l’armure de bronze de l’Oiseau de Paradis a immédiatement reconnu Apodis…
_ Certes, et je l’ai déjà félicité tout à l’heure il me semble !
_ Oui votre Majesté et, comme je vous l’ai souligné, l’apport d’Apodis dans cette bataille a été déterminant pour nous. Toutefois, j’ai remarqué qu’il ne savait pas réellement gérer son afflux cosmique, ni même se battre autrement qu’avec ses poings. Il est clair que seul face à un ennemi un peu plus puissant qu’un Berserker, il ne tiendrait pas une seconde. Comme moi, il renferme un grand talent de créateur et je me suis pris d’affection pour son art. Je sollicite donc votre bienveillance, afin que vous m’accordiez de renoncer à mon rôle de lieutenant et de me consacrer à l’éducation de ce chevalier.
_ Sois raisonnable chevalier de la Lyre. Tu es le plus puissant Saint d’argent. Te laisser abandonner ton rôle de lieutenant reviendrait à jeter les armes.
_ Avec tout mon respect Majesté, il est évident que si nous laissons un tel espoir de la chevalerie porter une armure sans rien connaître de notre monde il se fera massacrer et ne nous sera plus d’aucune utilité. Rares sont les armures qui acceptent aussi vite un successeur. Il a dû faire preuve d’une grande complicité avec elle pour qu’elle le revête. De plus les Saints d’argent que vous aviez envoyé en territoires ennemis reviennent dans quelques jours et valent autant que moi sur un champ de bataille. Ne m’obligez pas à vous supplier pour obtenir la bénédiction d’Athéna. »
Le Grand Pope resta quelques instants silencieux.
Son scribe était penché sur sa feuille et attendait avec impatience sa réponse.
_ « J’ai déjà évoqué avec toi l’avenir qu’Athéna te destine. Nous nous sommes mis en accord, pour te léguer le poste de Général en chef des armées. Sache que ton absence constituera un refus auprès d’Athéna. A la fin de l’initiation de ce jeune garçon, tu ne seras même pas certain de retrouver ton statut de lieutenant.
_ J’en suis conscient votre majesté et je suis convaincu qu’Athéna comprendra ma volonté de former un espoir de notre monde.
_ Bien ! Au regard de tous les succès que tu as accompli jusqu’ici, je te donne mon accord. »
Resté en retrait, Apodis remonte à vive allure jusqu’à Orphée et se courbe aussitôt une fois à sa hauteur pour effectuer une révérence face au Pope : « Je vous remercie majesté. Être élevé par un Saint aussi légendaire qu’Orphée est pour moi une gratification divine et je vous jure de devenir aussi fort que lui, pour vous faire honneur. »
Saga ne répondit rien, il leur tourna le dos et repris sa marche en direction de son palais.
Avant de disparaître dans l’ombre du temple du Bélier, sa voix résonna dans les airs à l’intention d’Apodis : « Ne te réjouis pas trop vite jeune Apodis, rien ne garantit ta vie sauve au cours de l’entraînement que tu vas endurer… »
Ces paroles firent froid dans le dos d’Apodis.
Son initiation allait commencer…
Flashback

Le fracas du déchargement d’une caisse sur le sol ramena Apodis à lui.
Tandis que la cargaison défile sous ses yeux, la requête du Pope rappelle à Apodis comme celui-ci peut être bon mais ferme.


A des milliers de kilomètres de là, au Canada, Kassa sort du nuage de poussière qui s’éparpille dans toute la ville d’Arviat.
Il maintient Bian en passant son bras au-dessus de son épaule.
Ils quittent le centre du combat et apparaissent aux yeux de tous les villageois et des secours.
Ils attendent les instructions pour engager leurs actions face à l’inconnu.
Ils viennent à la rencontre des deux hommes pour quérir des renseignements auprès de Kassa : « Une conduite de gaz a explosé. Je suis allé chercher mon ami Bian mais je n’ai rien pu faire pour sa compagne qui a été écrasée par les décombres… »
En entendant cela, bien qu’il souffre de la trahison de celle qu’il aime, Bian ne peut contenir son chagrin.
Les secours le font monter en compagnie de Kassa dans une ambulance pour lui prodiguer les premiers soins.
Kassa est rassuré lorsqu’il entend un secouriste dire à un autre : « Une conduite de gaz ?! C’est trop risqué, il faut attendre les autres renforts de la région de Nunavut. »
Le Marina ricane : « Parfait… Pas de risque que les contemporains ne s’engouffrent dans un combat qui dépasse leur entendement. Il ne me reste plus qu’à fuir avec Bian avant qu’il ne comprenne que je me suis fait passer pour Vasiliás afin de lui faire croire que son ami convoitait Dolly. »

Justement, sur les ruines de sa demeure, Vasiliás découvre la présence de Klok auprès des Ankoku Saints.
_ « Maître, comment avez-vous pu vous joindre aux chevaliers noirs ? C’est pourtant vous qui m’avez enseigné qu’il s’agit de soldats de la pire espèce, s’insurge-t-il !
_ Vasiliás, cette solution n’est pas celle que je privilégie le plus, mais le Grand Pope savait que pour mener à bien ton exécution, des hommes de ce rang seraient plus efficaces. Le Grand Pope leur a promis leur réhabilitation s’ils réussissent leur mission.
_ " Le Pope vous a demandé de veiller à ce que ces hommes mènent à bien leur mission ? Vous les avez aidés durant toutes ces années à retrouver ma trace ? "
_ Ce ne fut pas chose aisée. "
_ Je demandais juste à ce qu’on me laisse la paix. Je n’ai jamais voulu découvrir ce qu’était le Sanctuaire. On m’y a conduit de force. On ne peut pas me reprocher de m’être investi dans l’objet de mon rapt. Une fois là-bas j’ai joué le jeu, c’est le Sanctuaire qui n’a plu voulu de moi.
_ Tu as fui le Sanctuaire, tu sais ce que cela implique. La désertion est un des pires actes criminels !
_ J’ai fui car le jour où Aiolia a remporté son armure on a voulu me tuer. Je n’avais pas d’autre choix que de m’exiler pour ne pas vous causer du tort. Voilà aujourd’hui la récompense à mon geste !
_ Si cela est vrai alors ton intention est tout à fait louable, toutefois elle n’enlève rien aux accusations pour lesquelles tu dois répondre au sein du domaine sacré. Meurtre, violence et défiance envers les autorités.
_ Parce qu’établir une réelle justice au Sanctuaire et afficher ses ambitions pour le bienfait de cette planète est un crime désormais ?! »

Fatiguée par ce dialogue, l’abject guerrière noire de l’Ophiuchus et son acolyte du Lynx passent à l’attaque, l’un s’écartant sur la droite et l’autre sur la gauche de Vasiliás.
Les deux montagnes de muscles déclenchent en parfaite synchronisation leur arcane similaire : « Ankoku Claw ! »
Pris au milieu des Griffes du Mal, Vasiliás ne peut contrer.
Il se recroqueville et pose un genou sur le sol pour encaisser de plein fouet les arcanes en protégeant son torse, ses cuisses et son visage.
Le reste de son corps est désormais mutilé.
Lorsque Vasiliás se redresse pour riposter contre ces ennemis qui se tiennent sur son flanc, le Scorpion Noir surgit face à lui.
La jolie femme, aux cheveux d’un blanc aveuglant tend ses mains en avant.
De ses longs ongles à la couleur aussi pure que celle de ses cheveux, jaillissent des lignes de cosmos qui transpercent Vasiliás en autant de points que le Scorpion Noir a d’ongles : « Ankoku Needle ! »
L’exilé du Sanctuaire sent aussitôt dix impacts lui brûler la peau de l’intérieur, tandis que ses membres se tétanisent.
Les colossaux Lynx et Ophiuchus Noirs repassent à la charge en profitant de l’immobilisme de Vasiliás pour le marteler de leurs poings dans un corps à corps à sens unique.
Toujours debout bien qu’à peine conscient, Vasiliás sent ses sens le quitter petit à petit.
Le duo de chevaliers noirs s’écarte, pour laisser Ankoku Scorpius frapper de dix impacts nouveaux l’ancien prétendant à la Cloth du Lion : « Ankoku Needle ! »
Heurté de plein fouet par les Aiguilles du Mal, Vasiliás s’écroule sur le dos, les yeux flous, le corps engourdi.
Autour des vingt piqûres qui lui rongent son être, d’immenses tâches pourpres se développent et consument de secondes en secondes sa peau.
Fière d’elle, le Scorpion Noir déclare : « En plus de faire perdre tous ses sens à mon adversaire, les Aiguilles du Mal contaminent l’organisme de mes victimes, jusqu’à faire pourrir leurs corps, comme ceux des lépreux au pire de leur existence. »
Le Lynx Noir pose sa main sur l’épaule du Scorpion Noir pour la féliciter et commente : « Quelle terrible technique ! Tu prives d’abord tes victimes d’attaquer et de se protéger, avant de leur donner une mort lente et douloureuse. Un peu comme l’attaque d’Ankoku Pegasus, resté sur Death Queen Island. »

Néanmoins, le sourire qui dessine toute la satisfaction de la jeune femme sur son visage se change en grimace.
Elle se défait du soutien du Lynx Noir et se cramponne la tête en hurlant de douleur, ne réalisant même pas que Vasiliás se relève, en s’essuyant le filet de sang qui coule de sa bouche.

Son cosmos doré l’enveloppe de nouveau et resplendit davantage qu’au début de l’affrontement.
En observant la femme chevalier se maintenir le crâne entre ses mains, Vasiliás prononce calmement le nom de son arcane : « Devil Proposal. »

Personne ne comprend ce qui se passe.

L’onde énergétique de Vasiliás s’élance dans les airs.
Elle vient se confronter à celle du Gémeaux Noir resté en retrait jusqu’ici.
Les deux auras se maintiennent l’une de l’autre à égale distance jusqu’à ce que chacun d’eux décide de stopper ce cinéma pour passer aux choses sérieuses.
_ « Il semble que je sois le seul à avoir vu le filet de lumière dorée qui a traversé le cerveau du Scorpion Noir avant qu’elle ne s’élance vers toi, constate de sa voix caverneuse Ankoku Gemini.
_ Dans ce cas j’avais raison. Les autres chevaliers noirs disposent d’un cosmos équivalent à la moyenne des Saints d’argent, mais toi, tu as le niveau d’un chevalier d’or !
_ Exact ! J’ai été prétendant à l’armure d’or des Gémeaux et ai été vaincu de justesse il y a plus de quatorze ans.
_ Il y a quelque chose que je ne m’explique pas. Comment un être aussi puissant que toi, a pu accepter de rester prisonnier sur l’Ile de la Mort sous les ordres d’un être inférieur à lui ?
_ La sagesse et la patience sont deux qualités qui sont miennes. Je savais que tôt au tard le Grand Pope changerait d’avis quant à nos conditions. Lorsque notre maître Jango nous a appris que le gardien de l’île, Guilty, nous confiait la mission de t’éliminer, j’ai réuni auprès de moi le Scorpion Noir, le Lynx Noir et l’Ophiuchus Noir. Nous étions les quatre Seigneurs Noirs, c’est-à-dire les généraux de l’armée des ombres. En prenant sous notre aile les Ankoku Saints de la Licorne, de l’Aigle, de la Lyre et du Sagittaire nous étions parés à t’éliminer. Nous avons confié nos rôles de Seigneurs Noirs à quatre autres chevaliers restés sur l’île. Nous avons abandonné notre commandement uniquement pour obtenir notre délivrance, ainsi que celle de nos frères d’arme. Nous sommes prêts à tout pour réussir cette mission de haute importance et nous ne craignons pas la mort. »
En entendant cela, Vasiliás fait craquer les os de ses poings et se moque : « Vous ne craignez pas la mort ?! Tiens donc ! Regarde plutôt ce que le Scorpion Noir pense de la mort. La Proposition du Diable lui présente ce qu’est l’enfer, le véritable enfer, pas celui où vous croyez être prisonniers. »

Effectivement, la jeune femme est hagarde.
Son regard est vide.
Elle ne se sent même pas perdre tout contrôle sur son corps.
Elle bave.
Son visage d’ordinaire si joli est crispé de folie.
Elle s’arrache par poignées ses longs cheveux blancs tout en se griffant le visage.
Les paroles du Lynx Noir et de l’Ophiuchus Noir ne lui parviennent pas.
Ils sont incapables de l’empêcher de se défigurer.
Prise d’une crise de nerfs, elle les repousse violemment avant de se cramponner la tête.
Elle comprime tellement son crâne avec la force de ses mains qu’on peut entendre ses os se craqueler.
Son calvaire s’achève lorsqu’elle met elle-même fin à ses jours en se transperçant le thorax avec ses poings.

Le Lynx Noir et l’Ophiuchus Noir sont sous le choc.
Vasiliás jubile en pointant du doigt le Gémeaux Noir : « Le Devil Proposal n’est rien d’autre qu’un roi fantôme qui s’invite dans ton esprit et te fait visiter le monde d’Hadès, en simulant les souffrances que t’apporte chaque prison. Vu le temps qu’elle a tenu, le Scorpion Noir venait d’achever la découverte du sort qu’aurait pu lui réserver la seconde prison… »

Ne faisant pas de sentiment, le Lynx Noir se lance contre Vasiliás en ajoutant : « Dommage pour elle, elle n’a pas pu découvrir tous les maléfices du monde d’Hadès, avant d’y goutter réellement. Mais moi je sais déjà que tu vas la rejoindre ! Ankoku Claw ! »
Vasiliás a le temps de décomposer chaque mouvement du Lynx Noir, tout en puisant en lui toutes les forces dont il dispose.
Il prend une profonde inspiration et embrase si fort sa cosmo énergie que le poison de l’Aiguille du Mal se dissout.
Ayant retrouvé ses pleins moyens et la vitesse de la lumière, Vasiliás va à la rencontre du Lynx qui est surpris par une telle vélocité.
Devancé, le géant ne peut esquiver le poing chargé de cosmos : « Heart Break Canon ! »
Un immense lion venu des airs grâce à ses ailes d’ange transperce la poitrine du lynx qui bondissait.
La Cloth en morceaux, le Lynx Noir s’échoue lamentablement au sol, avec un trou béant à la place du buste.
Sa compagne, l’Ophiuchus Noir recule de quelques pas et commence à trembler.
Le professeur de Vasiliás, profite que l’attention de son ancien disciple soit focalisée sur l’hideuse guerrière pour concentrer sa cosmo énergie à son paroxysme, tout comme le fait derrière lui le Gémeaux Noir.

Au moment de foncer sur sa proie, le lion se ravise en observant le ciel s’assombrir au-dessus de leurs têtes.
Il regarde d’abord en direction du Saint de bronze de l’Horloge.
Toutefois, il comprend que le danger ne vient pas du Néerlandais.
Dans le dos de ce dernier, de l’ombre crée par le heaume du Gémeaux Noir qui dissimule son visage, s’échappent les ténèbres.
Encore plus apeurée par son comparse que par Vasiliás, l’Ophiuchus Noir réalise un bond magistral pour sortir par les airs du nuage de cendre et fuir ce qui va se produire…


Pendant ce temps, au Sanctuaire, dans la ville d’Honkios, à l’ombre sous les tonnelles des commerçants du domaine, Aiolia profite de sa permission pour faire le marché.
Le soleil est lourd en ce mois de juillet et le Lion sourit en voyant quelques enfants bousculer les clients de certains stands en se courant après munis de grands seaux d’eau.
A l’aide d’un panier en osier, il se ravitaille en charcuterie, en pain et en fruits.
Il a noué sur son dos deux jarres de vin et tire une charrette sur laquelle est ajustée un tonneau d’eau fraîche qu’il est allé chercher au préalable à la rivière.
Il écoute les villageois rapporter les dernières nouvelles qui leur sont parvenus d’Yíaros et ressassent à nouveau la mort de Naïra qui était fort appréciée ici.
Aiolia repense donc à cette nuit qu’il a passé avec elle, juste avant qu’elle ne parte en mission. Il espérait oublier à ses côtés la déception de sa rupture avec Marin et se voyait déjà construire une relation plus stable…

Soudain, son attention se focalise sur un homme dont l’allure ne lui est pas inconnue.
Habillé d’un simple maillot noir et d’un pantalon, l’homme en question n’est autre que Deathmask qui se mêle à la foule pour garnir lui aussi ses paniers.
Un petit bouc qu’il s’est laissé pousser sur le bout du menton et ses vieilles frusques sur le dos le font passer incognito.
Aiolia qui ne le porte pas plus que lui dans son c½ur, vient tout de même à la rencontre de celui qui veille sur la quatrième maison du zodiaque.
N’aimant pas afficher son statut de Saint d’or au peuple, le Lion aborde à voix basse le Cancer : « Deathmask qui se joint au bas peuple ! »
Le Masque de Mort répond aussi sèchement qu’il a été abordé : « Aiolia ! Même lorsque je suis en permission, il faut que je sois obligé de te savoir près de moi. »
Aiolia maintient un ton ferme et inspecte le panier de son homologue, rempli de vêtements pour femme et de nourriture : « Ne t’inquiète pas, je ne te dérange pas plus longtemps. Je m’étonnais juste que tu fasses toi-même tes achats ! Et pour plusieurs apparemment vu le nombre de garnitures dont tu t’approvisionnes ! Sans négliger ces étoffes dont tu t’accommodes ! Habituellement on dit que tu paies des gardes, pour qu’ils fassent tes courses, tandis que tu attends sur les marches de la maison de Mû. Le cruel chevalier serait-il amoureux ? »
Ne sachant que répondre, l’Italien lâche : « Va te faire voir Aiolia ! »
Le Grec observe son pair poursuivre discrètement ses courses et fait de même…

Plus loin, plus haut, dans la quatrième maison du zodiaque, une femme attend.
Accroupie sur le sol, couverte des vêtements de son maître, trop larges pour elle, Lilith nettoie le sol en marbre de la demeure du Cancer.
Elle s’affaire à effacer les nombreuses traces de pas maintenant qu’elle a fini de débarrasser la poussière qui couvre le vétuste mobilier.

Depuis le mois de mars, la maison du Cancer reprend vie.
Du moins dans la chambrette du temple, puisque Lilith a interdiction d’en sortir.
Le linge sent meilleur.
Les quelques couverts et ustensiles de cuisines sont propres.
Et même des éclats de rire animent la demeure.
Lilith a repris du poids.
Sa santé s’est améliorée.
Bien entendu, mentalement, elle demeure très choquée du traitement que le Pope et son maître lui ont réservé.
Alors qu’elle est toujours soumise, sa cordialité vis-à-vis de Deathmask lui permet d’être considérée par celui-ci comme un être humain.
Ils se surprennent même à s’amuser ensemble et à partager des instants d’intimité non forcés.
Elle l’embrasse même.
Elle a su lui apprendre le sens affectif de cet échange et s’étonne même parfois que ce soit lui qui vienne trouver ses lèvres.
Aujourd’hui qu’elle est seule, elle espère terminer de nettoyer cette petite pièce de fond en comble afin de gagner la sympathie de son maître pour le restant de la journée.
Cela s’annonce pourtant bien difficile lorsque celui-ci, fâché par les propos d’Aiolia, revient en claquant l’épaisse porte en bois de la chambrette.
_ « Un mal vous ronge-t-il Maître, s’hasarde-t-elle à lui demander ?
_ Il ne s’agit pas d’un mal. Il s’agit plutôt d’un sentiment nouveau, étrange et agréable.
_ Alors pourquoi tant de colère dans vos gestes ?
_ Pourquoi restes-tu ici, lui répond-il par une question en levant sur elle des yeux furieux ? Pourquoi est-ce que tu ne fuis pas lorsque je m’absente ? Tu tiens pourtant avec toi un vécu qui pourrait être préjudiciable pour le Pope et pour moi. Tu pourrais te venger de ce que nous t’avons fait subir !
_ La vengeance n’apaise pas la douleur. »
Celui qu’on surnomme Masque de Mort avance à vive allure vers elle et lui saisit violemment le poignet.
Il la dirige en dehors de la chambre et la jette sur le sol de son temple, maculé de visages hurlant de souffrance.
Le chevalier d’or crie : « Elle n’apaise peut-être pas entièrement la douleur mais elle y contribue ! »
Elle se relève en se passant les mains partout sur son corps, éc½urée par ces visages contre lesquels son chétif corps s’est écrasé.
Malheureuse témoin de la violence de son bourreau qui n’avait pas fait montre d’une telle agressivité depuis des mois, il lui tire les cheveux afin d’orienter son regard vers deux visages en particulier parmi ceux qui tapissent les murs.
_ « Aujourd’hui Cancro et Lilith ornent les murs de ma maison de leurs masques de mort. Ce sont eux qui m’ont élevé et voilà ce que je leur ai fait ! Alors qu’attends-tu d’un monstre comme moi ?! Pourquoi ne cherches-tu pas à quitter cette demeure quand je m’en absente ?!
_ Parce que vous ne me feriez jamais ça, car je suis bonne avec vous et que j’ai su lire dans votre c½ur. Ces gens-là vous battaient et vous violaient. La plus grande victime ici ce n’est pas moi, ce n’est pas eux, tous ces visages. C’est vous. Vous êtes devenus ce que Lilith, votre tante, et Cancro, votre oncle, voulaient que vous deveniez.
_ Tu délires ! Je suis un homme sans c½ur !
_ C’est impossible ! Un homme sans c½ur n’aurait pas pu devenir Saint d’Athéna. Le jour où vous avez vaincu Cancro et êtes devenu chevalier, vous avez senti vos forces se décupler. Cela ne venait pas de votre détermination, cela venait d’Athéna. C’est elle qui a reconnu en vous votre volonté de vous battre pour un monde meilleur. »
L’Italien lâche sa prise et attend qu’elle se retourne vers lui pour poursuivre sa discussion. Son regard implore la douce demoiselle de lui apporter le réconfort au fond de son âme.
_ « Et tu espères me faire devenir meilleur, moi aussi, avec ces belles paroles ?
_ Je suis prête à tout pour vous prouver mon dévouement.
_ Je ne peux te croire. Comment pourrais-tu aimer un homme comme moi ? »
La belle esclave aux cheveux lilas s’avance, le visage en avant, jusqu’à Deathmask qui recule. Il est acculé jusqu’à l’une des nombreuses colonnes de son palais zodiacal et rougit subitement.
Son c½ur cogne si fort, qu’on peut l’entendre résonner dans l’immense demeure vide.
Ses yeux fuient ceux de Lilith qui colle sa frêle poitrine contre son torse.
Intimidé par cette Lilith avenante, Deathmask se sent perdre le contrôle, au milieu de ce lieu cauchemardesque qu’est son temple.
L’ancienne prêtresse d’Athéna répond enfin à la précédente question de son maître : « Je peux aimer un homme comme vous, en m’efforçant de comprendre les raisons qui le poussent à agir, maintenant que j’ai vécu la même chose que lui. »
Elle dépose enfin ses lèvres contre les siennes qui restent figées.
Les rôles sont inversés, à mesure qu’elle lui baise le cou et que ses mains parcourent son corps, Lilith domine le fier Sicilien qui se sent violé.
Oui, il sent qu’elle lui vole quelque chose, elle le lui arrache même.
Il s’agit de cette horreur, ce dégoût qu’il a envers lui-même.
Celui d’être un monstre.
Elle ose se dénuder dans ce lieu sordide, se donner dans cette atmosphère lugubre, afin de partager avec lui ses démons, pire, les lui arracher et se les approprier.
Cela ne dure que quelques minutes qui semblent être pour le Cancer une éternité…

Lorsqu’elle a terminé, Lilith défait le maillot bouloché du torse de Deathmask.
Elle le lui emprunte et le porte comme si elle porte avec lui ses crimes, absorbée qu’elle est par la compassion qu’elle éprouve pour son bourreau.
Ses pieds nus avancent dans la sombre demeure et écrasent à mesure qu’elle poursuit sa route les visages des victimes du Saint, en cachant du mieux qu’elle peut l’aversion qu’elle éprouve.
Masque de Mort reste le crâne collé en arrière, contre le pilier, les yeux fermés, essayant de retenir ses larmes qui annoncent des sanglots bien plus prononcés.
Le chemin de Lilith la conduit jusqu’au milieu du palais où deux lumières scintillent, celle de la sortie sur le flanc droit de la maison, en direction du passage secret, et celle de la direction vers la maison du Lion.
Elle fait alors volte-face, en faisant tournoyer son talon droit, sur le crâne d’un enfant fixé au sol et scrute la troisième et dernière lueur qui est celle de l’entrée du temple.
D’un pas calme mais résolu, elle s’y rend, laissant doucement ses yeux s’habituer à la puissance solaire, tandis que son front commence à luire en raison de la chaleur estivale qui règne dehors.

Arrivée sur le perron de la demeure, son visage part de gauche et tourne délicatement jusqu’à sa droite, pour contempler avec joie le ciel bleu, le soleil ardent, le temple des Gémeaux mais aussi et surtout l’horizon que représente Honkios et ses habitants qui depuis le lieu où elle se trouve ne sont que de simples points minuscules.
A mesure qu’elle respire cet air doux, elle écarte les bras, laissant ainsi le soleil pénétrer sa peau devenue blafarde après six mois d’enfermement.
Deathmask apparaît derrière elle, les yeux encore humides et le sourire timide.
_ « Je ne sais pas quoi te dire…
_ J’ai compris vos maux et je les partagerai avec vous tout le restant de la vie que vous voudrez bien m’accorder s’il le faut. Je vous aime.
_ Donc tout ce que je ressens et qui me fait désormais mieux apprécier la vie se résume à ce mot ? Amour ?
_ Non. Ce n’est pas l’amour. Dans notre cas il s’agit d’un amour beaucoup plus grand que l’amour !
_ Alors dans ce cas sache que je t’aime. »


Pendant ce temps, au Canada, à l’extérieur du rideau de poussière, alors que les portes du véhicule dans lequel Bian et Kassa reçoivent des soins se referment, une jeune femme aux cheveux gris métallisé et habillée d’une jolie robe noire débarque toute catastrophée : « Bian ! Bian ! Que s’est-il passé ? »
Bien qu’heureux de retrouver sa s½ur, Bian ne peut sourire tant son visage est lacéré.
Il s’assure qu’ils sont seuls pour lui murmurer : « Vasiliás… Le Sanctuaire… Ils l’ont retrouvé… »
Paniquée pour l’homme de sa vie, Ariel se cramponne aussitôt la poitrine de douleur.
_ « Où… Où est-il ?
_ Il est resté dans l’explosion pour retenir nos ennemis et nous permettre de fuir. Nous devons quitter le pays grande s½ur. »
Ariel tourne instantanément le dos à son frère et s’apprête à partir à l’intérieur du nuage en déclarant : « Je ne partirai jamais sans Vasiliás… »
Kassa indique du regard à Bian les éclairs venus du ciel obscur et invoqués par le Gémeaux Noir.
Ces éclairs frappent le sol à quelques mètres d’eux.
Kassa espère ainsi le presser davantage.
Ne sachant comment retenir sa s½ur, Bian n’a pas d’autres choix, il lui évoque l’erreur de Vasiliás en s’égosillant : « Il nous a trompés ! Je l’ai trouvé juste avant la destruction de la maison, dans vos draps en compagnie de Dolly… »
Ariel stoppe aussitôt sa course et se retourne la mine affectée en direction de Bian qui peut s’imaginer toute l’affliction de sa s½ur : « Je suis désolé. »
Le visage d’Ariel se crispe de colère.
Elle s’en prend de manière surprenante à son frère : « Tu mens ! Tu dis ça car tu es faible et parce que tu as peur de mourir en te battant à ses côtés ! »
Aveuglée par l’amour, elle blesse davantage son cadet et s’engouffre dans la fumée dans laquelle les secouristes n’osent pas encore approcher.
Kassa soupire discrètement de soulagement : « Un problème en moins à régler… »

Au sein du cumulus, Vasiliás remarque que depuis le ciel orageux s’approche en direction des Gémeaux une comète.
Vasiliás réalise la catastrophe imminente et interpelle Klok qui ne se doute de rien : « Maître ! Attention ! »
Au même instant, Vasiliás entend les pas d’Ariel et sa voix douce et inquiète dans son dos : « Vasiliás ? Où es-tu ? Réponds je t’en prie… »
Masquée par le nuage de débris, la frêle Canadienne progresse à tâtons sans soupçonner l’ampleur des cosmos qui se confrontent.
Le Gémeaux lève les bras en l’air pour accueillir la comète dans ses mains.
Au contact de son cosmos, la masse rocheuse crée une déflagration que Klok n’a pas le temps de remarquer, il disparaît aussitôt aspiré par le souffle : « Ankoku Comet ! »
Vasiliás se retourne trop tard, il a à peine le temps d’hurler de désespoir à destination d’Ariel que le chaos ravage tout autour de lui.
Son corps est soulevé.
Ses vêtements sont arrachés.
Son visage est déformé par l’angoisse et l’impuissance : « Ariel… Maître… Non ! »
Instantanément, une rafale dissipe la poussière.
Elle désintègre les bâtiments et les personnes qui se trouvent dedans.
Soit la quasi-totalité d’Arviat…

Voyant l’onde énergétique s’approcher d’eux, Kassa accroît sa cosmo énergie pour protéger Bian.
L’ambulance est soufflée sur des dizaines de mètres.
Cahoté à l’intérieur, Bian hurle de désespoir le nom de sa s½ur, déjà réduite en milliards de particules…

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Only for Love / Re: Chapitre 29 - Un Ange étrange
« on: 31 May 2012 à 19h54 »
Merci beaucoup, c'est motivant de découvrir ce genre de commentaires.
Le prochain chapitre devrait arriver le week end prochain.

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Only for Love / Re: Chapitre 29 - Un Ange étrange
« on: 13 May 2012 à 18h05 »
Bonjour,

Tout d'abord, merci pour ta fidélité.
Et bien tu le dis toi même. Ils sont séparés. Donc leur histoire est terminée. Ils se recroiseront bien évidemment mais je ne peux pas te dire tout de suite ce qu'il se passera à ce moment.

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Only for Love / Re: Chapitre 29 - Un Ange étrange
« on: 9 May 2012 à 19h54 »
Bonsoir Kodeni

Alors comme ca tu s redige 69 chapitres! !! Il nest pas tentant de publier 2 chapitres par mois parfois.? Sinon a quand la publication du prochain chapitre?
Comment fais tu pour creer autant de situations aussi coplexe et qui collent parfaitement aux personnages ou puisses tu ton inspiration?
Pour l'instant je travaille sur le 69 oui et j'ai assez de matière pour les suivants.
Si, il est tentant de publier 2 par 2. Tous les 15 jours quoi. Mais je pense adopter ce rythme lorsque je serai arrivé au terme de la série.
La publication du prochain chapitre sera donc début juin je pense.
En fait, le but de toutes ces intrigues entre les évènements de la série originale est d'apporter une conclusion à la série tv (et au film 5 surtout) qui fait partie de ma timeline pour la série.
Pour l'inspiration, on va dire que j'ai vachement gambergé ces dernières années...

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Only for Love / Re: Chapitre 29 - Un Ange étrange
« on: 4 May 2012 à 17h53 »
En fait ça dépend du temps qui m'est imparti.
J'essaie toujours d'avoir de l'avance (par exemple j'en suis au chapitre 69 de mon côté) et de maintenir un cap d'un chapitre publié par mois.

Pour les dessins, non, il s'agit de l'oeuvre de la talentueuse Virak dont tu peux visiter la galerie ici : http://virak.deviantart.com/

147
Only for Love / Re: Chapitre 24 - De sages paroles
« on: 4 May 2012 à 13h07 »
Je t'en prie.
Mais ne t'inquiète pas, il y a d'autres intrigues à venir et qui devraient te plaire aussi.

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Cynarhum² / Re: Parlons GAYement...
« on: 3 May 2012 à 20h35 »
Mince, j'avais relevé l'absence de "rouleaux" mais pas celle de "lolos"...

149
Only for Love / Re: Chapitre 29 - Un Ange étrange
« on: 3 May 2012 à 20h34 »
Bon,

Ne t'en fais pas, tes héros arriveront. Là on change d'arc. Pendant ce temps, laisse les apprécier ces instants d'amour et de paix. Ca ne durera pas...

150
Only for Love / Re: Chapitre 24 - De sages paroles
« on: 3 May 2012 à 20h33 »
Bonsoir Kodeni
lissue de cette relation risquerait de m
e surprendre! Un petit indice stp ^_^
sinon j'ai lu le chapitre 29 il est tout simplement extra.

Bon courage
Ca viendra bien assez tard ne t'inquiète pas.
Mais ça expliquera le revers définitif de DM "vers le côté obscurs".

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