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Messages - Kodeni
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« le: 29 Septembre 2012 à 16h21 »
Je venais de passer des instants de plaisirs charnels et émotionnels intenses, sans me douter que mon armée officiait derrière mon dos. Je croyais avoir trouvé le salut dans les bras de Juventas, ignorant qu’une nouvelle période d’effroi allait détruire mon quotidien. Asgard brillait pour sa résistance, je sombrais dans le choix de mon appartenance…
Chapitre 36 - Le début des hostilités
Sur l’île d’Yíaros :
Dans sa maison, Juventas et Apodis ont gagné la couche. Recroquevillée dans les bras de son ancien ennemi, elle abandonne bien vite son allégresse. Comme Apodis, ses yeux s’écarquillent. Ils ressentent un choc cosmique qui ébranle le palais. Ils ramassent leurs affaires puis, avant qu’elle ne réajuste son masque, Juventas dévisage Apodis avec fureur : Juventas - " Tu m’as occupé ! Tu t’es servi de moi ! " Enfin, elle ne lui laisse pas le temps de s’écrier que c’est faux, elle détale à toute allure.
Seuls quatre soldats hébéïens ont réussi à fuir l’invasion athénienne. Ils courent rejoindre leur déesse pour lui servir de dernier rempart, poursuivis par le reste des troupes athéniennes, Pullo et Cliff, les soldats d’Apodis, en tête malgré leurs doutes. De tous les côtés, les soldats débouchent dans la salle du trône où une lumière aveuglante les reçoit.
La lumière résulte des efforts de Taishi du Toucan, Anikeï de Cassiopée, Lena de la Boussole et Carina de la Carène du Navire pour venir à bout d’Hébé. Celle-ci est contrée par l’arrivée inespérée d’¼dipe Alcide des Oiseaux du Lac Stymphale. Sa voix gronde dans l’air : ¼dipe - " Psycho Crusher ! "
Sans mal, l’Ecraseur Psycho d’¼dipe contient les forces des quatre chevaliers de bronze ¼dipe - " Pardonnez moi Majesté, je n’ai pas pu retenir la masse. J’ai donc choisi de venir vous servir de dernier rempart. "
En bas de l’estrade où sont positionnés Hébé et ¼dipe, Taishi et les siens se relèvent de colère. Tout autour d’eux, athéniens comme hébéïens ne lèvent plus les armes. Ils sont absorbés par ce qui se produit sous leurs yeux devinant que les évènements à venir bouleverseront leurs vies à jamais.
Les quatre Saints d’Athéna se concentrent à nouveau, ¼dipe les imite. Les chocs des cosmo- énergies créent quelques éclairs qui foudroient certains soldats spectateurs. Soudain, la tension est stoppée nette par l’arrivée commune au beau milieu des deux camps de Philémon Saint du Lièvre et Baucis Alcide de la Biche de Cérynie, vêtus de leurs armures. Philémon - " Ca suffit ! "
Le meneur athénien s’exclame : Taishi - " Tu tombes bien Philémon ! Avec un Saint de plus nous allons faire pencher la balance ! "
Une nouvelle voix calme ses ardeurs : Juventas - " Il me semble que tu te vois gagner trop facilement. " L’Alcide des Juments de Diomède rejoint Philémon et Baucis au centre.
Apodis ne tarde pas à la rejoindre au pas de course, saisi par les évènements…
A Asgard, au temple Walhalla :
A l’intérieur du palais, dans la grande salle de réception, les sujets de la famille de Polaris s’activent à amener, servir et débarrasser boissons et nourritures à l’homme d’Europe de l’est. Malgré la chaleur dégagée par les nombreuses cheminées qui alimentent la résidence princière, Alexer n’a retiré aucun vêtement. Habitué à se nourrir de ses maigres prises de chasse, il touche à peine le copieux festin qui lui est offert. Il se contente le plus souvent de rester les doigts entremêlés, à contempler Hilda assise en face de lui au bout d’une longue table.
Debout derrière la fidèle d’Odin, Siegfried défie sans cesse le cosmos hostile d’Alexer. Freiya, elle, en toute insouciance, reste attablée aux côtés de sa s½ur et déguste les fabuleux mets proposés. Hilda semble moins enjouée de partager son dîner avec Alexer : Hilda - " Vous ne mangez pas beaucoup Prince. " Alexer - " Mon estomac s’est accoutumé de très léger repas. Profiter de ce banquet qui m’est dressé, alors que mon peuple meurt de faim, serait un manque de respect à leur égard. Heureusement, j’ai grande hâte que notre union permette à celui-ci de découvrir les joies d’une collation digne de ce nom. "
Hilda ne répond rien. Elle se lève de table et se dirige vers les grandes fenêtres de la pièce pour observer le parvis du Walhalla où attendent les dix soldats d’Alexer. Ceux-ci sont encerclés par autant d’asgardiens, avec lesquels ils semblent échanger des propos défiants.
Tout en tournant le dos à son hôte, elle déclare sèchement : Hilda - " Il n’y aura pas d’association de nos forces pour la simple et bonne raison que la place du peuple d’Odin est, et a toujours été, à Asgard. " Une telle déclaration, provoque un sourire non dissimulé sur les lèvres de Siegfried, tandis qu’Alexer sourcille immédiatement, cessant dans l’instant de déguster le vin qui lui a été versé dans une coupe en or. Un long silence accompagne la déclaration d’Hilda, installant par la même occasion un climat embarrassant.
Eprouvant cet ennui, Freiya choisit de quitter la table en renvoyant les domestiques, laissant Hilda en seule compagnie de Siegfried et Alexer.
Le fils du monarque, reste calmement assis sur sa chaise sans dire un mot, jusqu’à ce qu’ils soient enfin seuls. Hilda profite de la discrétion pour poursuivre ses aveux : Hilda - " Souvent j’implore mon dieu de récompenser par un meilleur climat notre peuple, car continuellement je me maudis de retenir ici mes gens, dans des conditions défavorables. Seulement, j’obtiens pour seule réponse qu’il en est ainsi de la volonté du grand Odin, que c’est un honneur qui nous est fait de veiller au maintien des pôles de cette planète, sans quoi le monde serait sous les eaux. Nous sommes des héros, des braves perpétuellement meurtris, mais des braves indispensables à l’équilibre de ce monde et cette seule pensée suffit à mon peuple pour faire abstraction de ses maux. " Alexer sort enfin de son mutisme : Alexer - " Vraiment ? Vous êtes vous déjà réellement demandé comment votre peuple perçoit son rôle de martyr ? Il m’a pourtant semblé lire de l’espoir dans les yeux de vos sujets à l’annonce de mes desseins. " Siegfried perd patience : Siegfried - " Tu oserais remettre en question les affirmations de sa Majesté Hilda ? " Alexer - " Sans doute possible, oui ! " Hilda essaie d’apaiser la tension : Hilda - " Siegfried, je t’en prie, chacun est libre d’exprimer ses impressions… " Alexer fait un clin d’½il en guise de moquerie, à l’attention du futur Guerrier Divin. Toutefois, Hilda poursuit en faisant tapoter ses doigts que les carreaux de la baie vitrée : Hilda - " … Maintenant, il me semble que la mission première de Blue Graad est de veiller sur le passage secret reliant la surface à Atlantis. Une tâche qui importe énormément à son souverain Piotr, d’après les éloges qui m’ont été faites de lui. Je ne suis pas convaincue que cette idée de ligue soit des plus appréciée par ses soins. De plus, comme vous le disiez précédemment Prince Alexer, il incombe à l’un comme à l’autre de nos royaumes de s’unir dans des intérêts communs. Depuis toujours, les intérêts de nos communautés sont d’assurer la paix dans ce monde et ce sous la coupe d’Athéna. Dans le cas où l’un de nos royaumes serait menacé de ne plus pouvoir défendre ces intérêts, il est du devoir de l’autre de lui venir en aide. Vous ne verrez donc aucun inconvénient à ce que je m’assure que le Roi Piotr soit au fait de vos actes malveillants et que, s’il le fallait, je lui fasse parvenir toute l’aide dont il aurait besoin pour les enrayer. " Le cynisme des propos de Hilda provoque l’hilarité d’Alexer : Alexer - " Allons jolie princesse, de quels moyens disposez-vous donc pour tenir de tels propos ? L’armure des Blue Warriors m’a reconnu comme son propriétaire, un être possédant toutes les vertus pour rivaliser avec les plus grands chevaliers du Sanctuaire alors qu’Odin n’a pas rappelé les armures divines depuis des millénaires. Etre sous la coupe des Blue Warriors aurait permis aux asgardiens, orphelins de Guerriers Divins, d’entrer dans l’armée la plus puissante sur cette Terre. " Siegfried pointe son doigt en direction d’Alexer : Siegfried - " Tu te prétends bien fort Blue Warrior, laisse-moi donc te montrer, que même sans armure, un asgardien peut prétendre rivaliser avec toi. " Alexer vexe Siegfried en dénonçant sa condition : Alexer - " Voyons soldat, crois-tu qu’un homme de mon rang peut accepter d’affronter en ce lieu sacré un homme issue du bas peuple ? " Siegfried serre les dents : Siegfried - " Du bas peuple ? Comment oses-tu ? Sais-tu au moins à qui tu t’adresses ? " Alexer - " Bien évidemment, tu es Siegfried de Dubhe, descendant du légendaire Siegfried pourfendeur du dragon de Fafnir… " Siegfried affiche toute sa fierté à une telle annonce, jusqu’à ce qu’Alexer achève sa phrase : Alexer - " … Mais qu’est-ce qu’un héritage d’un temps révolu face à un roi d’aujourd’hui ? " La prêtresse prend illico la défense de son général : Hilda - " Un fils de roi pour être précis ! " Alexer abandonne progressivement son allure sereine et concentre toute sa cosmo énergie dans son bras droit, pour mieux la projeter à l’encontre de la princesse. Ses belles paroles abandonnent toute trace de commodité : Alexer - " Bien ! Tu ne me laisses pas le choix Hilda ! " Une sphère d’énergie fonce sur Hilda qui ne se laisse pas surprendre. Elle pointe sa lance en direction du cosmos hostile et la fait imploser en dégageant par l’intermédiaire de l’arme sa propre aura. L’onde de choc est si grande que l’ensemble des vitraux du palais et autres objets en cristaux volent en éclat. Les murs tremblent et le mobilier se renverse.
Dehors, l’attention des Blue Warriors est retenue. Ils comprennent ainsi le refus d’Asgard et usent de l’effet de surprise pour rapidement massacrer les dix asgardiens qui les accompagnaient.
En haut, Alexer choisit de réitérer sa tentative, cela sans compter sur la réaction de Siegfried, qui fait de son corps un bouclier devant la femme de ses rêves. Les bras croisés devant le corps, Siegfried est soufflé en direction des vitres brisées et retombe sur le parvis du Walhalla où les dix asgardiens baignent dans leur sang.
Alerté par les dégâts, Hagen qui attendait derrière la porte de la salle de réception, fait irruption dans la pièce et se jette dans un corps à corps contre Alexer. Malheureusement, Hagen ne fait pas mieux que Syd et Thor. L’ensemble de ses coups est parfaitement esquivé : Alexer - " Durant toutes mes années d’entraînement dans le froid sibérien, j’ai appris à repousser mes limites, à surpasser l’ensemble de mes sens et à atteindre un niveau supérieur à celui des cinq sens composant les caractéristiques d’un être humain normalement constitué. " Essoufflé par tous ses mouvements inutiles, Hagen demande : Hagen - " Parlerais-tu de celui qui sublime les cinq sens ordinaires ? Celui qui provient du dépassement de soi ? Le septième sens ? " Alexer - " Evidemment. " Une telle annonce ne fait qu’allumer le foyer qui brille dans les yeux de Hagen, des flammes aussi intenses que le deviennent les émanations de son cosmos. A la vitesse de la lumière, comme si son état de fatigue s’est dissipé, Hagen surgit devant Alexer qui n’a pas le temps de broncher et lui décoche une violente droite en plein visage, le repoussant à quelques mètres de la fenêtre détruite.
Sur la place du Walhalla, Siegfried, les vêtements complètement déchirés, se relève sans difficulté au milieu des dix Blue Warriors. Il arrache donc ce qui lui reste de son maillot pour arborer son athlétique torse et ainsi se libérer de ses frusques gênants ses mouvements : Siegfried - " Vous me faîtes perdre mon temps ! Dégagez ! " Seuls quelques éclats de rire bien prétentieux viennent lui répondre.
A l’étage, le vent glacial s’est engouffré par toutes les brèches provoquées par la précédente confrontation des cosmos d’Alexer et Hilda, si bien que l’ensemble des feux de cheminées est amoindri. Néanmoins, malgré le froid insinué dans les appartements, l’ambiance est chaude dans la salle de réception du Walhalla. Freiya s’est précipitée auprès de sa s½ur, pour s’assurer de sa santé après les violents heurts ressentis à travers tout le domaine. Ensemble, elles prennent la fuite sous l’escorte de plusieurs gardes. Alexer sourit honteusement en s’essuyant le filet de sang qui coule de sa bouche : Alexer - " Tu m’as bluffé soldat. Je ne pensais pas que tu puisses toi aussi maîtriser le septième sens. " Hagen choisit de répondre mais il n’a pas le temps d’ouvrir la bouche que déjà il se voit contraint de parer un coup de pied adressé sur son flanc droit. Il rétorque par le même geste en direction du visage de son adversaire, mais Alexer se baisse et passe dans le dos d’Hagen pour invoquer son arcane : Alexer - " Blue Impulse ! " Le noyau de cosmos de l’Orbe Bleue engloutit complètement le corps de Hagen avant de prendre la direction des cieux. De là-haut, l’Orbe Bleue s’atténue au fil des kilomètres parcourus, pour mieux laisser le corps retomber au loin dans la forêt de Loki, marqué de sang et sans vêtements.
Alexer observe son adversaire disparaître à l’horizon, puis s’engage dans les immenses couloirs du palais à la recherche des princesses de Polaris.
A l’extérieur, Siegfried vient d’achever un second Blue Warrior, en le frappant du tranchant de la main derrière la nuque. Un troisième soldat enchaîne les coups de poings, sans pour autant inquiéter Siegfried qui bloque chaque tentative. Deux autres hommes l’attaquent dans le dos, sans compter sur la vivacité et l’acuité sensorielle du futur Guerrier Divin qui effectue un saut dans les airs pour les éviter. Toutefois, le bel homme n’a de cesse de lever la tête en direction du palais, inquiet pour sa bien-aimée. Heureusement, les renforts ne tardent pas à arriver et relayent le garde du corps de la prêtresse d’Odin. Une vingtaine de soldats arrivent au compte-gouttes ainsi qu’Alberich, resté en retrait jusqu’ici, pour affronter les huit Blue Warriors restants.
Sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos :
Apodis, Philémon, Baucis et Juventas sont entre les deux camps, au milieu des hordes d’athéniens et de la déesse Hébé.
Les femmes s’approchent sans hésiter de leur déesse, laissant ainsi les deux hommes de leurs vies faire leur choix. Apodis tourne sur lui-même, effaré par cette réunion des forces armées pour laquelle il n’a même pas été consulté. Il grimace en avalant sa salive lorsqu’il remarque que même Pullo et Cliff, ses fidèles soldats, ont agi sans l’en informer. Apodis - " Athéniens, mes frères, qu’est-ce que ceci ? Avez-vous perdu la raison ?! "
Dominant les cohortes, Taishi expose la situation : Taishi - " Il s’agit d’un ordre du Pope. Le blasphème fait à Athéna en laissant Hébé vivante n’a que trop duré ! " Apodis - " Et tu as jugé bon de lancer une offensive sans m’avertir, moi, un sergent, autant responsable que toi sur cette île. "
D’ordinaire, le leadership d’Apodis aurait soulevé le c½ur des troupes. Malheureusement, en cet instant, tous le dévisagent avec indifférence. Le solide japonais en a conscience : Taishi - " Nous autres sergents, Anikeï, Carina, Lena et moi-même, avons jugé bon de ne pas compter sur vous, Philémon et toi-même, pour cette mission. Vous êtes tombés en disgrâce auprès de nos hommes, après avoir noué des liens avec ces chiens d’hébéïens ! "
Philémon ne bronche pas, il n’a pas le courage de lever la tête vers le visage masqué de Baucis, sa bien-aimée. Apodis, lui, ne se désarme pas : Apodis - " Quel mal y a t’il à aider un peuple à se reconstruire après qu’il ait pris conscience de ses fautes ?! Ces gens sont des êtres humains, comme moi, comme vous, qui ont tous perdus des êtres chers. Aucun d’entre eux n’est soldats, les guerriers ont tous été vaincus sur cette île. Martyriser des innocents aurait-il dû être le comportement adapté ?! Je suis convaincu que mon défunt fils et ma défunte mère, victimes de cette Guerre Sainte, ne seraient pas de cet avis ! " Les belles paroles du Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis n’émeuvent, hélas, personne, si ce n’est du côté des hébéïens.
L’aînée des chevaliers est pressée de connaître la décision d’Apodis et Philémon : Lena - " Nous avons perdu assez de temps. Il est temps de choisir votre camp. " L’amante du Seigneur Crystal lance un ultimatum que les forces en présence s’empressent de voir résolu.
Le Saint du Lièvre échange un regard lâche à Apodis, puis, tête baissée rejoint les siens aux côtés de Lena.
Le grec tend faiblement la main vers son compatriote : Apodis - " Phi… Philémon… Non… "
Désormais seul contre tous, Apodis est rongé par le doute. Dans sa mémoire l’image sordide de son enfant et de sa mère baignant dans le sang se mêle aux instants passés aux côtés des courageux hébéïens, de Juventas et de sa fille.
L’Oiseau de Paradis est perdu dans ses songes. Cela en devient trop long pour le Toucan : Taishi - " Pfft… Hésiter entre la mémoire des siens ainsi que sa déesse et entre ces renégats… S’en est trop. Soldats ! J’ordonne la mise à l’arrêt d’Apodis Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis et sergent de l’armée d’Athéna pour haute trahison ! "
Philémon et Carina serrent les poings à l’annonce d’une telle décision, pendant que Cliff et Pullo dissimulent, comme ils peuvent, leur tristesse devant leur supérieur déchu. Ils sont fidèles à Athéna et par conséquent, ils ne peuvent lutter contre les choix du Grand Pope. Derrière son masque de femme chevalier, Juventas grimace, comprenant le dilemme auquel son amant doit faire face à présent, s’en voulant même de l’avoir un instant cru complice de ce coup d’état.
Le regard dans le vague, Apodis ne remarque même pas que cinq soldats se sont détachés des troupes pour l’encercler. Menacé par les lances qui le tiennent en joug, Apodis repense aux confessions du soldat mourrant qu’il a découvert sur une plage à l’est d’Yíaros il y a plusieurs mois. L’homme à l’agonie évoquait une garde spéciale du général des armées athéniennes qui agit de sang froid, sans la moindre valeur morale. Une garde au nombre de membres croissant de façon exponentielle, afin d’éradiquer les plus réfractaires envers la politique du Grand Pope. Une garde faite de mercenaires et qui serait à l’origine de cette Guerre Sainte contre Hébé, en orchestrant les premières tensions. « Mais que faire ? Je n’ai aucune preuve de ce que j’avance. Puis Juventas me croit complice de tout ceci. Les hébéïens ne défendront pas un de ceux qui les a opprimés. De l’autre côté, le Sanctuaire se retournera contre moi, je serai seul contre tous… », constate le malheureux chevalier. Jusqu’à ce qu’il s’offusque : « Et mes valeurs ?! La mémoire de ma famille, ceux qui croient en moi et… Et la justice ?! Non, je refuse de suivre Athéna et le Grand Pope, contre tous les idéaux pour lesquels je suis devenu Saint. Je serai châtié, déchu et sûrement tué, mais je ne peux me résoudre à abandonner Juventas, les hébéïens et tout ce qu’ils m’ont apporté. » Ses yeux reprennent vie, leur donnant ainsi une teinte rouge sanguine, comme celle qui illuminait les prunelles de son ancêtre Tenma. C’est alors qu’il finit d’être convaincu. En observant ses cinq inquisiteurs, il reconnaît sur chacun d’eux, à des endroits différents pour chacun, le même tatouage que celui porté par l’athénien de la plage sur l’avant-bras. Une tête de mort dans laquelle passe un serpent. La même marque que les hommes accompagnant sans cesse le général Gigas. « Le détail m’était paru anodin jusqu’ici, mais désormais il confirme les dires du mourrant. La milice crée par Gigas est donc réelle. Il n’y a plus de doute permis ! », se décide-t-il.
Apodis sort de sa réflexion lorsque tout à coup, une main vient saisir une lance athénienne pour en dégager le soldat propriétaire et menaçant. Le soldat est renvoyé dans ses rangs par Philémon à la surprise générale. Le petit grec aux cheveux hirsute regarde avec un sourire chenapan son compatriote : Philémon - " C’est de la folie, je le sais, mais je refuse de me battre pour cette politique. Cela va à l’encontre de ma foi de chevalier. " « Comme je suis ridicule, lui n’a pas attendu d’avoir vent de la milice de Gigas pour comprendre qu’il y avait un problème. », sourit Apodis. Apodis - " On va se faire massacrer chez camarade. Tu en as bien conscience ? " Le visage traversé par une cicatrice à hauteur de l’½il gauche, le Saint du Lièvre s’amuse de la situation : Philémon - " De toute manière, si nous ne mourrons pas aujourd’hui, nous mourrons dans les semaines qui suivent, lorsque le Pope enverra du renfort. "
Pour mettre fin à leurs chuchotements, davantage d’athéniens se détachent pour les encercler tous les deux. Le signal ne tarde pas, Taishi sonne la charge.
Dans la grande salle du trône, la masse athénienne s’élance en direction d’Hébé et de ses Alcides, massacrant au passage ce qu’il reste des soldats hébéïens.
Au milieu de l’avancée athénienne, Apodis et Philémon défont les leurs jusqu’à ce que Anikeï, Lena et Carina viennent les chercher.
Anikeï - " Je t’avais bien dis que mon don de prémonition était juste. Je t’avais prévenu, je t’avais demandé de renoncer à tes mauvaises intentions. " Apodis - " C’est toi-même qui m’as dis te voir mort dans tes visions. Alors ouvre les yeux avant qu’il ne soit trop tard, tout ceci est… " Le Saint de bronze n’a pas le temps d’achever sa phrase qu’il est heurté derrière la nuque par un violent coup de genou de Lena. La sibérienne profite du déséquilibre d’Apodis, consécutif à son attaque surprise, pour le cogner avec ses deux mains entre les reins. Le chevalier aux cheveux bleus, rebondit une fois sur les dalles marbrées de la salle puis se ressaisit aussitôt. D’un coup de pied retourné en plein visage du chevalier de la Boussole, il parvient à se remettre face à elle. Néanmoins, il ne peut pas en profiter pour enchaîner, car déjà le Saint de Cassiopée l’en empêche. Anikeï surgit sur le flanc droit d’Apodis. D’une grande agilité, l’Oiseau de Paradis renvoie sa jambe gauche, avec laquelle il a riposté contre Lena dans le sens inverse sans même avoir touché le sol pour prendre son élan. Son talon heurte Anikeï sur le sommet du crâne. Par ce double coup porté sans même reprendre appui, Apodis prouve qu’il est d’ôté d’une musculature très travaillée et qu’il dispose d’un grand sens martial. Néanmoins, c’est dans ses bras que réside sa principale qualité au corps à corps. Il l’expose sans attendre après qu’Anikeï soit désorienté par son crâne ouvert. Une droite dans les côtes, une gauche dans l’abdomen et un uppercut, toujours du bras gauche, sans avoir à réarmer son bras, soulèvent chaque fois du sol l’ancien disciple d’Albior au physique androgyne, preuve de l’importance de l’impact des coups. Hélas, Apodis n’a pas le temps de mettre hors combat Anikeï que Lena revient à la charge, le cosmos chargé à bloc : Lena - " Diamond Dust ! " Une importante vague de froid repousse Apodis qui a juste eu le temps de mettre son bras gauche en garde. La chute des températures invoquée par la Poussière de Diamant est telle que les soldats athéniens alentours volent en morceaux après avoir été cristallisés. Apodis, lui, sent son bras s’engourdir si fort qu’il finit par le laisser retomber le long de son corps. Par-dessous son armure, sa peau est bleuie par le froid. Lena - " Tu ne devrais plus pouvoir te servir de ton bras gauche avant longtemps. " Au même instant, Anikeï dégage son arcane : Anikeï - " Znyshchennya Kita ! " De son poing jaillit un monstre fait d’eau qui éclate contre Apodis. Le bruit du choc est semblable à un éclat de verre. Sur toute sa surface, la Cloth de l’Oiseau de Paradis voit une fine couche de sa matière voler en poussière. Pire, sa peau se craquelle, provoquant une mise à vif de sa chair sur certaines parties du corps. Apodis pose un genou à terre, le visage souillé par le sang qui s’écoule des fissures de sa peau. Anikeï est désolé face à l’état de son camarade. Cela dit, il n’a pas le choix : Anikeï - " Le Znyshchennya Kita, la Destruction de Cetus, est une attaque basée sur le mythe de Cassiopée. Pour conjurer l’offense faite à Poséidon, Cassiopée donna sa fille en sacrifice à Poséidon. Le Dieu des Océans envoya le monstre Cetus, la baleine, contre Andromède. Mon arcane est basé sur ce monstre fait d’eau. " Le Saint de la Boussole renchérit : Lena - " Or, le choc de l’eau du Znyshchennya Kita et du froid du Diamond Dust sur ta peau va avoir raison de toi. Ton armure de bronze gèle à partir d’une température inférieure à -150 degrés Celsius. A force de persévérance, ton armure toute entière tombera en morceaux de verres. Ton corps, lui, ne tiendra certainement pas jusque là. Tu vas mourir dans d’horribles souffrances pour avoir voulu t’opposer à notre déesse Athéna. " Les deux Saints de bronze déclenchent leurs techniques de façon synchronisée. Pris au piège entre les deux vagues de cosmos, Apodis ne trouve d’échappatoire qu’en sautant haut. Néanmoins, une fois dans les airs, l’onde de choc des deux cosmo énergies le déstabilise. Lena profite de l’occasion pour bondir les deux poings en avant dans les airs afin de cogner Apodis en plein estomac. L’élan de Lena projette Apodis jusqu’au plafond dans lequel il s’encastre. Pendant que Lena retombe sur ses pieds, Anikeï s’élance à son tour pour achever Apodis. Pied en avant, il cogne le Saint de l’Oiseau de Paradis en pleine face et lui fait traverser le plafond pour retomber à l’étage supérieur. Couché sur le dos, défiguré par ses anciens frères d’arme, le grec ne perd pas espoir et cogite durant ce court répit, pour trouver la parade à la combinaison des forces de la Boussole et de Cassiopée.
A l’étage inférieur, dans la salle du trône, au milieu de l’attroupement devant Hébé, Philémon esquive à grande vitesse les vagues de froid de Carina de la Carène du Navire. Carina - " Diamond Dust ! " Philémon fuit à nouveau et apparaît comme d’habitude à proximité de Carina pour la frapper légèrement sans l’intention de la blesser. Depuis le début du combat, son discours n’a pas changé : Philémon - " Carina, je t’en prie. Ecoute ton c½ur. Tu ne vois donc pas que cette tentative de déicide est à l’opposé de l’enseignement de chevalier que nous avons reçu ?! " Carina - " J’ai reçu mon enseignement de femme chevalier par Lena de la Boussole. Elle est mon mentor et m’a toujours montré le droit chemin. Si aujourd’hui elle vous considère comme des rebelles envers Athéna, elle ne peut se tromper. Diamond Dust ! " Philémon évite à nouveau et riposte en balayant les jambes de sa camarade avec la sienne avant de poursuivre : Philémon - " Toi-même tu m’as fais part de tes doutes lors de notre arrivée ici. Et bien avant de venir sur Yíaros ton maître disait ne pas réaliser cette politique du Sanctuaire. Je ne comprends pas enfin, tu as été envoyé en Egypte sur nos terres conquises contre des dieux hostiles et toi-même tu t’es déclarée outrée par l’attitude de notre armée sur place. Les ordres viennent de la même personne que ceux qui nous ont été donnés à l’attention des hébéïens. Cette Guerre Sainte dépasse les fondamentaux de la chevalerie. " Carina s’acharne contre Philémon en tentant un uppercut en se relevant. Le petit grec bloque le poing de Carina et le serre si fort qu’il la met au supplice, à genoux : Philémon - " Je suis certains que cette Guerre Sainte dépasse même Athéna. Si nous allons au bout de ces ordres qui émanent du Sanctuaire alors nous ne serons plus dignes d’être des Saints. " A cette annonce, Carina relâche la pression de son poing, renonçant ainsi au combat. Touchée directement par Philémon, elle s’étonne de voir son camarade lui sourire, loin d’être rancunier envers elle.
En Grèce, à l’extrême nord/ouest du Sanctuaire :
La belle Lilith et le divin Aphrodite approchent une zone de plus en plus désertée. Si bien, que le chevalier d’or lui confesse : Aphrodite - " Ici tu peux ôter ta capuche, personne ne te verra. " Elle s’exécute en levant les yeux droit devant elle, émerveillée : Lilith - " Mais… Où sommes nous ? " La jeune femme aux cheveux lilas découvre, à flanc de montagne, de multiples temples en ruine qui en entourent un autre, plus imposant. Tous sont laissés à l’abandon. L’état de délabrement est tel, qu’une partie de ces ruines est immergée et qu’une autre est envahie par la végétation, dense et florissante. Des courts d’eau viennent agrémenter le décor idyllique.
Sans obtenir de réponse de la part d’Aphrodite, la jeune femme s’engage dans un champ de fleur. Elle y tournoie, tournoie, rit et finit même par pleurer, heureuse de cette liberté retrouvée. Soudain, son attention est figée sur une statue représentant un homme et Athéna, encore enfants.
Aphrodite explique alors à Lilith : Aphrodite - " Il s’agit d’Abel. Jeunes, avant qu’Abel ne veuille purifier la Terre, Athéna et lui étaient très proches. Puni par Zeus lui-même, l’existence d’Abel fut reniée par la plupart et son sanctuaire interdit par Athéna elle-même. Nous sommes à Dignity Hill, là où personne n’est venu depuis les temps mythologiques. " Lilith - " Personne hormis nous. " Aphrodite - " Je suis chargé depuis plusieurs années par le Pope d’une mission en ce lieu. Bien évidemment, je ne me suis jamais approché du temple principal… " Il pointe du doigt le plus imposant palais qui semble avoir été le seul épargné par les ravages du temps : Aphrodite - " … Le Temple de Corona, temple d’Abel. Ca serait un réel blasphème contre les dieux de vouloir s’en approcher. " Lilith - " Une mission ?! Ici ?! " Aphrodite - " Je ne peux pas t’en dire plus. " Il pointe dans une autre direction un champ de roses : Aphrodite - " La seule chose que je te demande, c’est de ne pas approcher cette zone. " Une légère bourrasque venant du champ en question vient jusqu’aux narines de la jeune femme. Lilith sent un parfum troublant, déstabilisant. A la fois stimulée et affaiblie, elle s’effondre dans les bras d’Aphrodite qui la réceptionne sans difficulté : Lilith - " Que m’arrive-t-il ? " Le bel homme sourit chaleureusement : Aphrodite - " Tu es sous l’effet de mes roses. Leur odeur désinhibe tous tes sens, à tel point que tu t’en retrouves désorientée, partagée par un sentiment d’extrême excitation malgré ton incapacité de mouvement, le rétrécissement de ton champ de vision et la concentration de ton odorat et du goût sur le seul parfum de mes fleurs. " Lilith - " Pourquoi… Pourquoi m’avoir amené là ? Souhaitez-vous finalement me voir mourir ? " Aphrodite confesse : Aphrodite - " Je dois avouer que ton existence est désormais un danger pour le Sanctuaire. Ta survie au traitement du Pope et de Deathmask pourrait lever le voile sur des choses qui dépassent ton imagination. Te tuer aurait été la plus raisonnable des décisions. Seulement Deathmask s’est attaché à toi. Puis moi aussi. Au point que je te vois entourée d’une aura bienfaitrice, belle et chaleureuse. Aussi admirable, non, plus admirable encore que ce jardin que je garde secret et dans lequel je laisse mon esprit vagabonder les jours où je me sens seul. " Lilith - " Etes-vous réellement si seul que ça Aphrodite ? " Aphrodite - " Par précaution, je me suis crée une barrière autour de ma beauté, refusant de la souiller pour quiconque. A tel point que les roses que je cultive par l’incandescence de mon cosmos deviennent aussi repoussantes que mon ego. "
De plus en plus absorbée par l’effet aphrodisiaque des roses du chevalier, Lilith laisse ses bras tomber le long de son corps. Lilith - " Voilà pourquoi vous allez me faire mourir ici chevalier d’or ? Parce que vous avez le sentiment que je vous ai offensés ? " Aphrodite baisse timidement les yeux en soufflant : Aphrodite - " Tu n’y es pas. Je veux simplement t’offrir ce magnifique décor en remerciement de ta douce présence. Cependant, tu ne pourras pleinement en profiter tant que mon champ de roses continuera de pulluler ici. " Il soulève le corps déjà étendu dans ses bras et continu de progresser jusqu’au plein milieu du champ. Les épines des tiges chatouillent délicatement ses chevilles plutôt que de les lui griffer.
Les sens et la conscience libérés de toute entrave, Lilith essaie d’attraper de ses lèvres celles du suédois. Hélas, sa tentative est vaine, trop épuisée par le parfum. Aphrodite arbore une mine satisfaite tandis qu’elle perd connaissance. Il se mord volontairement la lèvre pour laisser apparaître une légère marque de sang. C’est seulement à cet instant qu’il offre le baiser qu’attend la jeune femme. Celle-ci, d’abord amorphe, revient petit à petit à elle jusqu’à finalement être pleinement lucide et étreindre davantage le Saint. Leur baiser devient plus langoureux, le sang d’Aphrodite servant de contrepoison, Lilith est de plus en plus entreprenante. Agenouillée, dominant par sa taille un Aphrodite assis sur son postérieur, elle commence à dégrafer sa toge. Cependant, le bel homme se veut plus distant : Aphrodite - " Si mon sang te sert d’antidote, il n’enlève pas moins l’effet désinhibant de mes roses. Je ne souhaite pas corrompre ton esprit. Le but de cette journée est pour moi de contempler les deux choses plus belles qu’il m’est donné de réunir, ce sanctuaire et toi. "
Cette sincérité dans les propos d’Aphrodite convainc Lilith de défaire entièrement sa robe : Lilith - " Alors dans ce cas, si ton objectif pour aujourd’hui est d’admirer, je te laisse le soin de le faire de la meilleure des façons. "
Etonnamment, les épines ne blessent pas plus Lilith qu’elles ne blessent Aphrodite. Aussi douces que les pétales qu’elles portent, les tiges de ces roses baignent les deux amis dans un champ de coton au paysage idyllique.
Les heures passent. Et tandis que les deux promeneurs discutent, allongés côte à côte, observant les nuages voguant dans le ciel illuminé par un soleil majestueux, l’attention de Lilith se focalise sur un étrange relief sous la verdure du jardin. A la place de quelques tiges épineuses, d’énormes ronces recouvrent un objet à l’apparence cubique. Cet aspect, elle le connaît. Il est semblable à celui de la Pandora Box qu’elle a déjà vu dans la demeure du Cancer. Il n’y a pas de doutes, le jardin d’Aphrodite dissimule une Cloth.
Plus haut, sur la colline qui surplombe le champ, un jeune homme à la carrure digne d’une statue grecque reste à observer les deux camarades avec discrétion. Ses cheveux châtains clairs ébouriffés et son visage marqué d’un âge aussi avancé, voir plus, que celui des Saints d’or laisse présager à sa tenue, celle d’un apprenti Saint, tous les symboles d’un raté. En effet, il est rare de trouver des apprentis avoisinant les vingt-cinq ans sans qu’ils ne soient devenus Saints, soldats ou serviteurs à cet âge.
Cependant, au-delà de sa tenue négligée, son visage raffiné trahit les préjugés que quiconque pourrait avoir au premier regard.
Soudain, l’inconnu se met en position de combat en direction d’un rocher derrière lui. Heureusement, la présence qu’il détecte n’est autre que celle d’une connaissance. Une femme au visage dissimulé sous un masque. Ses cheveux longs, blancs grisonnants, descendent dans son dos jusqu’à son postérieur et tombent en de fines mèches sur sa poitrine habillée d’un maillot kaki. Son court short de même couleur permet à ses longues et fines jambes de présenter leur belle apparence tandis que ses chevilles sont lacées par ses escarpins. D’un ton amical, la demoiselle, Yulij, est formelle : Yulij - " Les étoiles sont claires, c’est toi qui l’a dis. Il n’y a plus de doutes à ce sujet. La Cloth de notre défunt maître est ici Nicol. " Ce à quoi répond le susnommé : Nicol - " Et c’est ce Saint d’or qui la garde. Dans ce jardin maudis. " Yulij - " Quand nous l’aurons récupéré, nous pourrons faire éclater la vérité au Sanctuaire. " Nicol - " En effet. Nous pourrons confirmer que celui qui se fait passer pour le frère du Grand Pope sous l’identité d’Arlès de l’Autel, notre maître, est un usurpateur ! "
Athénien ? Hébéïen ? Qu’étais-je resté ou qu’étais-je devenu ? Il me fallait faire un choix, celui de la foi ou celui de l’amour ? J’ai décidé de suivre la voix que Netsuai m’avait poussé à défendre en devenant Saint. Et si au Sanctuaire la piste suivie par le mystérieux Nicol et son acolyte Yulij annonçait beaucoup de rebondissements, moi je suivais la justice, pour l’amour. Seulement pour l’amour. Le même pour lequel les asgardiens affrontaient les Blue Warriors.
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« le: 18 Septembre 2012 à 17h12 »
Sauf que je n'ai pas assez de temps pour assurer sur le long terme deux chapitres par mois. Non, la ressemblance n'est pas spécialement volontaire et elle n'influera pas sur le scènario.
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« le: 11 Septembre 2012 à 17h16 »
Merci beaucoup. La suite fin septembre début octobre, je reprends la publication mensuelle.
J'avais dis qu'Aphrodite deviendrait sympathique au fil de la fiction. Ce n'est pas tant la réaction de Deathmask qui sera intéressante mais surtout la conclusion de ce triangle amoureux.
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« le: 8 Septembre 2012 à 15h00 »
Kurumauchi a sorti ses crayons de couleurs!! ^^ J'aime beaucoup.
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« le: 6 Septembre 2012 à 19h29 »
Non, nous ne déversons que de bonnes paroles.
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« le: 4 Septembre 2012 à 22h44 »
je crains moins que toi  Ca dépend. Si tu préfères la prendre dans le nez là c'est strange  ! Désolé vincz  .
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« le: 4 Septembre 2012 à 20h34 »
La vache, je suis vraiment crevé. J'ai cru lire : "impressions anales".
Désolé, je ne faisais que passer...
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« le: 26 Août 2012 à 21h55 »
Nous y étions, nous rentrions dans une nouvelle ère. Au Japon, de jeunes chevaliers allaient s’affronter lors d’un tournoi, pour obtenir… Une armure d’or. Alors que l’annonce de l’ouverture, en date du 17 septembre 1986 de la Galaxian War allait être faite, Saga ordonnait l’attaque d’Yíaros.
Chapitre 35 - De nouvelles batailles à travers le monde
Sur l’île d’Yíaros :
10 septembre 1986. Le soleil n’est pas encore levé, que les précipitations ne cessent de noyer les occupants de l’île jusqu’aux os. Le vent souffle si fort qu’au sud, sur le port désormais rénové, l’unité athénienne chargée de vider un bateau venu du Port du Destin a été balayée par une vague gigantesque. Trois hommes ont ainsi été rappelés à la mer et sont portés disparus. La coque du vaisseau, ne cesse de venir heurter les quais, ennuyant ainsi les équipes qui déchargent les vivres.
Plus loin, entre les deux chaînes de montagnes qui offrent le seul détroit permettant d’accéder à l’île, Taishi attend seul, à l’abri des regards, une marchandise particulière. Objet qui ne tarde pas à arriver en la personne de Ptolémy dont l’identité est dissimulée sous son masque et sa soutane marron. Taishi se courbe légèrement devant son supérieur, le Saint d’argent se contente de l’informer : Ptolémy - " Sa majesté le Grand Pope espère que tout est en place. " Taishi - " Ça l’est. " Ptolémy - " Bien. Dans ce cas, tu as ordre d’agir immédiatement. Renvoie un messager au Sanctuaire pour nous informer du bon succès de ta mission. " Taishi tape légèrement avec son poing contre la partie de sa Cloth couvrant son c½ur, puis tend son bras en direction de son supérieur : Taishi - " Entendu Saint de la Flèche. " Ptolémy rend au chevalier du Toucan le même signe, puis repart en direction du navire qui lèvera bientôt l’ancre.
Au royaume d’Asgard, sur l’Autel du Destin : Sept mois ont défilé depuis les incidents provoqués par la fuite de Rhadamanthe et de Myu en direction des terres du sud. La vie a repris son cours à Asgard depuis, une vie faîte de prières envers le Seigneur Odin pour la princesse Hilda qui ne sort jamais sans la protection de son fidèle lieutenant, Siegfried de Dubhe. Postée sur l’Autel du Destin, son habituel pont situé au sud du domaine, la belle souveraine vêtue de sa longue robe azur joint son cosmos bienfaisant à ses douces paroles à destination de son dieu.
Voici maintenant deux semaines que la météo est agitée. Aux fréquentes tempêtes de neige, se joignent de violentes avalanches. Hilda craint qu’un danger les menaces de nouveau et met tout en ½uvre pour calmer la colère d’Odin.
Siegfried reste debout, les bras croisés, à observer sa douce princesse invoquer les forces divines. Ses yeux brillent de mille feux et sa gorge s’assèche, comme chaque fois où il contemple celle pour laquelle il ressent un amour sans bornes. Seulement, comment peut-il oser jouir d’un tel plaisir, alors que son rôle est d’être le plus impartial possible pour elle. Telle est ce sentiment de culpabilité qui le ronge chaque jour qu’Odin fait.
Cette torture permanente cesse lorsque la prêtresse achève enfin ses invocations. Elle avance d’un pas délicat jusqu’au bel asgardien qui attend là depuis des heures, à peine couvert, malgré les rudes conditions climatiques. Epuisée par les efforts que lui demandent de si longues prières, elle titube et se tient la tête pour tenter de contenir sa migraine.
À l’approche de son lieutenant, elle remarque que celui-ci n’a qu’une hâte, venir la soulager de ses maux. Hilda lui passe alors sa main sur sa mâchoire contractée. Malgré l’air dur que se donne Siegfried, la princesse de Polaris remarque que cette caresse le gêne : Hilda - " Voyons Siegfried, mon geste d’affection te dérange-t-il à ce point ? " Siegfried baisse aussitôt la tête et se tient au garde à vous : Siegfried - " Absolument pas Majesté. Je réagis de la sorte uniquement parce que je ne me considère pas comme digne d’une telle attention. Après les tourments que vous endurez pour nous, je me sens bien ridicule de recevoir ainsi votre bénédiction. " Hilda - " Pourquoi en serait-il autrement quand l’homme qui veille sur moi depuis mon enfance passe des heures à subir les morsures du froid pour s’assurer qu’il ne m’arrive rien ? " En demandant cela, Hilda réalise aussitôt les égards bien plus que loyaux que lui voue son sujet. Siegfried est davantage embarrassé. Il baisse encore plus bas la tête. Hilda lui cueille alors ses mains gelées et les réchauffe de son cosmos bienfaisant. L’aura chaleureuse de la représentante d’Odin soulève davantage le c½ur de son ami et lui arrache par la même occasion des larmes. Ne trouvant pas au fond de lui le courage d’avouer ses sentiments à Hilda, Siegfried s’obstine à scruter la neige qui couvre le sol polaire. Incapable, en raison de son statut d’assurer la réciprocité de son affection, Hilda vient poser sa tête contre le torse robuste de son chevalier : Hilda - " Je suis épuisée Siegfried. Le retour au château va être long et pénible. " Le robuste enfant du pays glisse alors avec prévenance sa main gauche dans le dos d’Hilda, tandis que son bras droit force derrière les genoux de celle-ci afin qu’elle se laisse porter : Siegfried - " Laissez-moi partager votre fardeau. " Tenant ainsi la princesse dans ses bras, Siegfried consume à son tour sa cosmo énergie afin d’apaiser l’objet de ses obsessions.
Soutenue par tant d’énergie, Hilda niche son visage dans le col de l’admirable guerrier et, à peine lucide, lui baise le cou, lui arrachant au passage un timide sourire.
Plus loin, dans la forêt de Loki, Syd et Thor constatent involontairement la scène durant une partie de chasse : Syd - " Quand va-t-il trouver la force de lui avouer sa passion ? " Le géant entoure la tête de son camarade sous son bras et le secoue amicalement : Thor - "Laisse donc ce couple vivre de son amour platonique ! " Syd se débat en toute sympathie et se retrouve les fesses dans la neige, ce qui fait exploser Thor de rire.
Vexé, Syd se relève et ramasse la demi dizaine de lapin qu’il a capturé et lacé par les pattes : Syd - " Tu peux te moquer, en attendant j’ai remporté notre partie de chasse, à cinq lapins contre trois ! " Thor se défend en souriant : Thor - " Peut-être, mais j’ai eu un grizzli ! " Syd - " On a dit que ça ne comptait pas aujourd’hui, seul le petit gibier devait être traqué ! " Brutalement, les deux amis cessent leur querelle et pivotent en direction du sud, à proximité des frontières du royaume : Syd - " Tu l’as senti aussi ? " Thor - " Oui, plusieurs présences s’approchent, dont une disposant d’une cosmo énergie effroyable ! "
Soudain, un projectile fonce sur les deux camarades. Il arrive si vite qu’ils ont à peine le temps de s’écarter en faisant une roulade sur le côté. L’objet s’échoue juste à l’endroit où ils étaient positionnés. En reprenant leurs gardes, ils reconnaissent un immense ours à poil blanc. Le colosse s’exclame : Thor - " Mais c’est… "
La voix du puissant membre du groupe d’intrus prend la relève : Alexer - " C’est un grizzli en effet. J’ai cru comprendre que cette animal était au centre d’une petite querelle Alors je l’offre au chasseur qui n’en avait pas encore capturé un. Qu’il se rassure, l’animal est mort. " Syd est directement blessé par une telle apparition. Tout en serrant les dents, il pointe du doigt l’individu couvert d’une Cloth d’un gris bleuté aux contours métallisés, protégeant ses jambes jusqu’au haut des cuisses, entièrement son torse, la ceinture ainsi que ses avant-bras et munie de larges épaulettes à peine cachées sous son épaisse cape en fourrure brune : Syd - " Qui es-tu étranger ? Je vois à la tenue de tes hommes, que vous n’êtes pas d’Asgard ! " Alexer - " Quelle perspicacité ! Mais tu as raison, je manque à tous mes devoirs, je suis Alexer Roi de Blue Graad ! " Ayant grandi dans un village appauvri où la culture est très absente, Thor s’interroge : Thor - " Blue Graad ? " Syd qui a bénéficié d’une instruction plus riche l’informe : Syd - " Blue Graad fait comme Asgard parti des royaumes du grand nord. Il est sous la juridiction d’Athéna et a vu la majorité de sa citée et de son peuple être détruits par de grosses catastrophes climatiques. Cependant, son souverain est Piotr et non Alexer. " Alexer applaudit le fils de bonne famille : Alexer - " Félicitations cher ami. Tu m’épates. Seulement tu seras ravi d’apprendre que Piotr va être destitué de son trône par son sang. J’ai l’intention de reprendre les choses en main. " Syd - " Et en quoi devrais-je être ravi ? " Alexer claque des doigts pour ordonner à ses hommes de se positionner devant lui. Les dix soldats s’exécutent aussitôt et poursuivent leur avancée : Alexer - " Tu le sauras bien assez tôt, maintenant, rends-toi au Walhalla informer la Princesse Hilda que son futur époux souhaite la rencontrer. "
La situation dépassant Thor, il répète pantois : Thor - " Futur… Epoux ?! " Syd s’insurge : Syd - " Je n’ai aucun ordre à recevoir de toi ! Les convives de sa Majesté Hilda ne sont conduits à elle que sur son injonction ! Nous n’avons pas été informé de la venue d’un porte-parole de Blue Graad. "
Alexer tend naïvement les bras vers le ciel : Alexer - " Bien dans ce cas… " Il achève sa phrase en apparaissant dans le dos de Syd à une vitesse que le futur Guerrier Divin ne songeait pas pouvoir atteindre : Alexer - " … je vais m’inviter auprès d’elle ! " Syd n’a pas le temps de se retourner qu’il est violemment frappé derrière la nuque. Tandis que son compagnon s’échoue tête la première dans la poudreuse, Thor décoche un violent coup de poing, dans lequel il invoque l’entièreté de son cosmos : Thor - " Titanic Hercules ! " Le Poing du Titan fracasse le sol pendant qu’Alexer parvient à se mouvoir si bien qu’il n’est même pas affecté par l’onde de choc. Il apparaît devant le géant et le cogne avec son genou en plein visage, explosant sur le coup le nez de l’asgardien. Thor s’écroule en se tenant le visage pour contenir l’hémorragie. En prenant appui sur le sol, Syd se projette dans les airs et profite d’une éclaircie pour éblouir son adversaire, comme l’avait fait auparavant contre lui les Spectres Myu et Rhadamanthe. Il retombe dans sa direction en le frappant de toutes ses forces : Syd - " Viking Tiger Claw ! " Démuni de toute garde, Alexer est matraqué de coups et est repoussé en arrière. Toutefois, seul son visage est égratigné. Syd - " Sans son armure, les Griffes du Tigre Viking lui auraient causé bien plus de dommages. " D’un revers de la main, Alexer essuie le filet de sang qui s’écoule de sa bouche en avouant : Alexer - " Je t’ai sous-estimé chasseur d’Asgard, je ne commettrai plus cette erreur, l’Orbe Bleue aura raison de vous. "
Thor rejoint Syd et, malgré ses contusions, concentre à nouveau toutes ses forces. Chacun invoque son plus puissant arcane, tout comme Alexer qui croise les bras en direction du sol : Thor - " Titanic Hercules ! " Syd - " Viking Tiger Claw ! " Alexer - " Blue Impulse ! "
Des rayons lumineux, gravitent autour d’un noyau, semblable à une sphère d’eau glacée provoquée par Alexer. Les deux asgardiens ont à peine le temps de rassembler leurs cosmos que déjà les rayons les atteignent. Le phénomène annihile totalement les efforts de Syd et Thor qui sont soulevés comme des fétus de paille et emportés dans la tempête de glace d’Alexer…
En Sicile, sur le Mont Etna :
Le régional de l’étape n’a pas fermé l’½il de la nuit. Sous une bruine persistante, il observe le levé du soleil en compagnie d’Epione. Epione - " Mei ne tardera pas à se lever. Je veux donc t’exprimer à quel point je suis heureuse de te savoir prêt de nous depuis bientôt un an. " La jeune femme aux cheveux violets ôte son masque pour exposer un visage encore plus resplendissant que ses formes généreuses. Le maquillage bleu par-dessus ses grands yeux océan, son nez fin et ses lèvres sensuelles la rendent magnifique.
Bien vite elle approche le Saint d’or pour lui baiser les lèvres, ce que Deathmask préfère éviter : Deathmask - " Epione. Je t’ai déjà refusé à mon retour en Sicile. Ma position n’a pas changé aujourd’hui. " Epione - " Tu as fais de moi un Saint avant l’arrivée de Mei. Mais je n’ai jamais pu supporter que tu portes plus d’affection à ce nouvel apprenti qu’à moi. " Deathmask - " Tu sais que je rejette l’amour sous quelque forme qu’il soit s’il s’agit de s’engager. " Epione - " Pourtant, lorsque je t’ai révélé être mécontente avant que tu ne quittes l’Etna, nous nous sommes affrontés et tu as brisé mon masque. Aujourd’hui je refuse toute autre solution, que celle de t’aimer. " Deathmask - " Je ne peux pas. Je suis désolé. "
L’italien préfère regagner la maisonnette afin de ne pas avoisiner trop longtemps cette égyptienne qui suscite volontiers l’envie de pécher.
Consciente de son attraction envers les hommes, Epione n’hésite pas à lancer : Epione - " Mei a beau être doué, la dernière étape de son enseignement va te demander du temps. Crois-tu que tu tiendras si facilement le coup, en restant constamment à mes côtés ?! "
Au royaume d’Asgard, au temple Walhalla :
La route pour relier l’Autel du Destin au temple Walhalla est longue et périlleuse. Il faut à la prêtresse traverser chaque fois la route de cristal, en passant devant la vallée des avalanches, puis la forêt d’améthyste où mille dangers la guette.
Cette fois-ci endormie dans les bras de son mécène, Hilda n’a pas eu à supporter l’éprouvant trajet. Néanmoins, elle sursaute inopinément une fois arrivée sur le parvis du temple : Siegfried - " Alors vous aussi, vous l’avez ressenti votre Majesté ? " Hilda - " Oui, les cosmos de Thor et Syd se sont éteints. Nous devons retourner près de là où ils se trouvaient. " Siegfried - " N’est-ce pas folie que de vous conduire dans cet état à la source qui a vaincu si facilement deux des plus puissants hommes de cette contrée. "
La voix de la douce Freiya surenchérit : Freiya - " Grande s½ur ! Siegfried a raison, vous devriez rentrer vous reposer. " Hilda voit sa s½ur sortir du palais en compagnie d’Hagen : Hagen - " Majesté, laissez Siegfried et moi-même nous rendre sur place, je vous en conjure. "
Hilda se libère de l’étreinte de Siegfried et se referme. Sa voix est plus dure et plus impérative qu’à l’accoutumé : Hilda - " Je sens qu’un grand danger nous guette. Bien au-delà de ce mystérieux visiteur, une force plus maléfique agit. Il me faut rencontrer cet homme. " Face au ton adopté par la belle princesse, Siegfried et Hagen s’agenouillent sagement. Bien qu’en désaccord total avec elle, ils acquiescent : « Qu’il en soit ainsi Majesté ».
Depuis la fenêtre d’une chambre, au temple Walhalla, un homme aux cheveux vert foncé guette l’entretien du quatuor. Torse nu, présentant une musculature méticuleusement travaillée, il est sorti de ses pensées par la voix harmonieuse de Bedra : Bedra - " Voilà, je t’ai fais rapiécer tes vêtements. " Bud - " Tu n’étais pas obligée. " Bedra - " Depuis que j’ai découvert que tu n’étais pas Syd et que je sais désormais qui tu es, je ne peux pas rester indifférente. " Bedra est attendrie par l’attitude de Bud quand celui-ci baisse la tête pour masquer sa timide satisfaction face à la sympathie de la promise de son jumeau. Bedra - " Tu vois, c’est ça qui m’a permis de découvrir que tu n’étais pas Syd. Cette forte réserve de sentiments que tu contiens derrière ton attitude rustre. " Bud - " C’est parce que tu ne mérites pas que je te fasse souffrir pour le destin que les de Mizar m’ont choisi que j’ai préféré rester naturel face à toi. " Bedra - " Tes parents n’ont fait qu’obéir à la loi d’Asgard. Tu ne dois pas leur en vouloir. " Bud - " Tu as de bien bonnes pensées, un c½ur pur. Tu es donc mieux placée que quiconque pour connaître ce chagrin et cette ranc½ur qui m’habite. " Bedra - " Je t’en prie Bud, réfléchis. La vie que tu mènes dans l’ombre de ton frère ne te rend pas plus heureux. " Bud - " En effet, tu as raison. Il n’y a que lorsque je suis auprès de toi que je suis réellement moi. Hormis l’homme qui m’a recueilli, tu es la seule auprès de qui je peux parler sans pudeur et sans mensonge. Cette vie dans l’ombre de Syd n’est pas celle dont je rêve, toutefois elle est nécessaire à la réalisation de mes desseins. S’il est un des plus puissants asgardiens, alors ma supériorité face à lui me permettra de faire valoir mes droits. Quand le moment viendra, je le défierai et le battrai. " Elle s’avance pour plaquer sa tête contre son torse robuste : Bedra - " Il m’est impossible d’imaginer que mon futur époux puisse être un jour victime de mon amour secret. " Bud lui caresse les cheveux en contenant son affliction : Bud - " Tu l’aimes plus que moi n’est-ce pas ? " Bedra - " Je t’aime, mais pas de la même façon que je peux l’aimer. Quand je suis dans tes bras, je ne peux m’empêcher de penser à lui et lorsqu’il est là, je souffre d’un manque de toi. "
Déçu, Bud se défait délicatement de l’étreinte de Bedra puis ouvre grande la fenêtre par laquelle s’engouffre immédiatement un vent froid à en glacer le sang. Avant de disparaître à une vitesse fulgurante, il déclare : Bud - " Tôt ou tard il ne restera que l’un de nous. J’aimerai qu’il s’agisse de celui que tu aimes le plus. "
Tandis qu’elle referme la fenêtre, n’ayant pas eu le temps de le déclarer à Bud, Bedra murmure : Bedra - " Je ne sais lequel m’attire le plus. Cependant, l’espérance de nos familles me voue à un mariage avec Syd. Saurais-je lutter contre ton regard sans faille Bud ? "
Sur l’île d’Yíaros :
A l’intérieur du temple d’Héraclès, dans ce que les prêtres utilisaient comme salle de méditation avant d’être chassés par les athéniens, les chevaliers de bronze en charge de l’occupation de l’île sont convoqués par Taishi. Tous bardés de leur armure, ils écoutent attentivement le Saint du Toucan, dernier à rentrer dans la pièce : Taishi - " Bien, vous êtes tous ici comme je vous l’ai demandé, Lena de la Boussole, Anikeï de Cassiopée et Carina de la Carène du Navire. "
Plus âgée que ses semblables, la jeune femme aux cheveux noirs longs et fins se permet d’intervenir : Lena - " Apodis et Philémon ne sont pas des nôtres ?! " Taishi - " Pas pour cette mission. J’ai réuni les seuls Saints capables de la mener à bien. Eux pourraient la faire échouer pour leurs intérêts personnels. " Anikeï - " Tu veux bien être un peu plus précis ? " Taishi - " Hébé ! Le Sanctuaire nous demande de ramener la tête d’Hébé pour asseoir la victoire d’Athéna sur Yíaros définitivement. " La douce Carina est bien suspicieuse : Carina - " Est-ce le Sanctuaire qui nous le demande, ou bien Athéna elle-même ? " Ce ton ne plait guère au japonais : Taishi - " Le Sanctuaire ne répond qu’aux ordres du Grand Pope qui se veut être les yeux les oreilles et la voix de la déesse Athéna. " Lena, professeur de Carina durant l’apprentissage de celle-ci en Sibérie Orientale, apporte son expérience et sa lucidité : Lena - " Après les dieux Egyptiens et après Shiva, cela fait bien trop de puissances hostiles en présence. Certes les dieux Egyptiens ont choisis de se retirer dans leur monde. Cependant, le peuple reste difficilement contrôlable et le Grand Pope veut certainement éviter le plus possible une coalition entre les peuples vaincus et occupés d’autant que ceux-ci, grâce à la force de leurs dieux, peuvent se montrer plus dangereux unis, qu’ils ne le sont séparément. " Anikeï - " C’est bien beau tout ça, mais comment fait-on pour investir le Parthénos ? Je vous rappelle qu’Hébé y est enfermée avec ses hommes. " Taishi - " Je suis déjà parvenu à m’y introduire seul. Hébé ne dispose que de quinze soldats, aujourd’hui elle n’est veillée que par ¼dipe, le seul Alcide de garde… " Il claque des doigts pour faire venir dans la pièce deux soldats à lui qui tiennent un détenu encagoulé. Les deux athéniens balancent l’individu au sol, avant de se retirer. En libérant la tête du prisonnier, le Saint du Toucan achève sa phrase : Taishi - " … Et je détiens l’homme qui connaît tous les accès au château, le cardinal des prêtres, Acis ! " L’homme est présenté sous un triste jour, le corps marqué par la torture. Celui qui a recueilli Saga et Kanon durant leur enfance n’a plus rien de sa verve habituelle.
Dans les environs, devant les habitations à proximité des villages, en civil, Apodis s’amuse avec la fille de Juventas. Cela lui permet de ne pas ressasser les propos du soldat athénien mort il y a un an sur la plage, ni la déclaration d’Anikeï qui lui a signifié voir grâce à son don de prémonition qu’Apodis lui donnerait la mort. L’enfant se tient sur ses deux jambes et trotte régulièrement vers le grec qui la fait tourner au-dessus de lui sous les yeux amusés de Juventas. L’Alcide sort d’ailleurs de son logis en tirant une charrette : Juventas - " Je profite qu’il ne pleut plus pour confier ma fille aux voisins, le temps d’aller me ravitailler. Veux-tu m’accompagner ? " Apodis sourit avec timidité : Apodis - " Bien sûr. "
Malheureusement, cette promenade ne peut se passer sans croiser une émeute devant une ferme. Un paysan s’écrit au vol, devant une demi dizaine d’athéniens qui le pointent de leurs lances. Le caporal de cette faction s’en moque : Caporal - " Peu importe. Il s’agit des réquisitions hebdomadaire comme l’exige la loi. " Paysan - " Des réquisitions, des réquisitions… Nous n’avons plus rien. Ce que vous venez de saisir, ce sont les achats que nous avons fais hier, auprès des marchés. Nous n’avons plus de récoltes, tout nous est pris pour qu’on le rachète, en payant d’énormes taxes au Sanctuaire. Nous n’avons plus rien pour nous nourrir. " Le caporal fixe d’un ½il carnassier les membres de la famille du cultivateur qui se tiennent avec solidarité dans son dos : Caporal - " Tu as de nombreux enfants. De beaux jeunes hommes et de belles jeunes filles. Loue-les aux soldats. Vends-en même à certains. Tu pourrais tirer un bon prix de leurs atouts ! " Sans défense face aux armes athéniennes, humilié devant son peuple, l’hébéïen ne peut qu’exprimer son offense : Paysan - " Comment osez-vous ?! " Caporal - " Pas un pas de plus hébéïen. Sans quoi tu t’exposeras au fer de nos lances ! " Le malheureux baisse la tête en grimaçant.
Apodis et Juventas assistent à la scène avec impuissance. L’athénien a déjà critiqué devant le peuple la gestion du Sanctuaire sur Yíaros, un autre évènement de ce genre pourrait lui valoir un jugement pour haute trahison. L’hébéïenne, elle, provoquerait par la moindre de ses réactions un sentiment de rébellion envers le Sanctuaire. Ils ne peuvent qu’observer le silence.
C’est seulement lorsque la cohorte s’éloigne, qu’Apodis avance jusqu’à la famille déshonorée. Apodis - " Tenez vieil homme. Prenez cette bourse, elle est pleine de sacres. " Paysan - " Je… Je ne comprends pas… " Apodis - " Les lois du Sanctuaire peuvent paraître difficiles à vivre. Votre docilité permettra à coup sûr de voir les lois de moins en moins dures. J’ose espérer que notre présence sur cette île va s’amoindrir dans les semaines qui viennent. En attendant, je ne peux accepter que de courageux travailleurs ne puissent nourrir leur famille. Alors utilisez ces sacres avec soin. " Le patriarche ne peut se retenir de baiser la main du sergent qui préfère rester humble et discret.
En reprenant sa route Juventas, la femme masquée, brise le silence : Juventas - " Tu n’es pas obligé de faire cela. Tu leur mens, en leur faisant croire que vous partirez un jour. Chaque semaine des athéniens arrivent de plus en plus nombreux sur l’île depuis le Port du Destin. " Apodis - " Je préserve l’espoir de ton peuple. A quoi bon vivre, s’il n’y a plus d’espoir ? " Juventas - " Tu vas bien plus loin. Tu les protèges alors que tu es en guerre contre eux. " Apodis - " Je ne suis pas en guerre contre des villageois innocents. Je suis en guerre contre les partisans de la chute d’Athéna. " Juventas - " Alors pourquoi tant de révolte contre tes propres hommes maintenant ? " Apodis évite par timidité de regarder Juventas : Apodis - " Parce qu’ils veulent détruire ce que j’ai appris à aimer. " Ignorant la présence des siens et des athéniens, ne pouvant résister à une telle déclaration, la veuve d’Iphiclès vient caresser le bras d’Apodis de haut en bas, en partant de son épaule, pour finir en frôlant délicatement ses doigts.
Eprouvant un grand respect l’un pour l’autre, les deux chevaliers continuent leur chemin, sans s’offrir le moindre regard, préférant profiter de leur égard réciproque en cet instant.
Au royaume d’Asgard, au temple Walhalla :
Sur le parvis du palais, juste devant la grande entrée, se tient debout la majestueuse Hilda. Armée d’une lance, ses longs cheveux sont coiffés de son diadème, assorti à sa parure de guerre. A sa droite, se tient sa s½ur cadette, tandis qu’à sa gauche Siegfried est positionné la main gauche contre la hanche et le bras droit tendu le long du corps.
Une cinquantaine de soldats asgardiens sont positionnés en ligne le long du chemin qui conduit à la prêtresse, lances pointées vers le ciel. Vêtus de quelques cuirasses métalliques par-dessus les fourrures qui couvrent leurs vêtements, les autochtones font preuve d’une discipline exemplaire, malgré les épais flocons de neige qui accompagnent les violentes rafales de vent.
Au dessus d’Hilda, par les voûtes du château qui forment les renforcements où sont positionnés les fenêtres, les meilleurs hommes de bonne famille comme Alberich, Hagen et Mime, veillent depuis leurs positions comme depuis des miradors.
Au loin, à la sortie du temple de Hel, seul lieu de passage connu pour relier le Walhalla au reste des terres du domaine, les démarches de onze hommes sont aperçues. Hormis la onzième silhouette, les dix colosses qui l’accompagnent sont vêtus de la même manière que les soldats asgardiens, à la différence près que leurs armures sont quasi-semblables à celles que pouvaient porter les soldats dans l’antiquité. Certainement des restes des origines méditerranéennes de la création de Blue Graad. Deux des soldats portent sur leurs épaules les corps de Syd et Thor, pendant que l’héritier de la citée sibérienne les devance.
Alexer marche lentement, en prenant le temps d’admirer les décors nordiques de cette contrée voisine. Un sourire ahuri au bord des lèvres, il transpire le plaisir qu’éprouve un touriste à découvrir un nouvel environnement.
Le bruit de la neige tassée sous les pas de ses hommes accompagne le son du vent et se voit bientôt relayé par les cliquetis de leurs armures sur les dalles marbrées du palais qui couvrent désormais la terre gelée. Les voici arrivés suffisamment proche des asgardiens pour discerner parfaitement leurs traits.
Alexer n’abandonne pas sa mine suffisante, bien que son cosmos soit désormais défié par ceux d’Hilda et des siens. D’un signe de la main, il somme à ses hommes de ne plus faire un seul geste, le laissant ainsi approcher seul la belle représentante d’Odin.
Son air arrogant et son approche d’Hilda à moins d’un mètre d’elle pourraient faire croire en une visite personnelle. Et c’est bien comme cela qu’Alexer présente la chose. Tout en inclinant légèrement la tête en guise de salut, le fils de Piotr déclare : Alexer - " Princesse de Polaris, les éloges faits à l’égard de votre beauté sont donc bien fondés. " Conformément à l’usage, malgré une déclaration bien inopportune dans de telles circonstances, Hilda et Freiya, relèvent légèrement leurs robes pour plier les genoux et effectuer une révérence. Siegfried lui ne bouge pas d’un poil et fixe le Blue Warrior droit dans les yeux. Une fois les usages de politesse respectés, Hilda affirme le malaise provoqué par les propos de l’étranger : Hilda - " Comment dois-je considérer de tels aveux lorsqu’ils viennent d’un homme venu ici faire tout sauf une visite de courtoisie ? " Alexer - " Allons Hilda, vous allez me froisser ! Ignorez-vous donc qui je suis ? " Hilda - " A l’armure qui est vôtre et à celles que portent vos sujets, je reconnais bien évidemment l’influence athénienne du Sanctuaire. Les étoles qui les recouvrent me renseignent aussitôt sur votre origine jeune Prince de Blue Graad ! " Tout en prenant un ton mielleux, Alexer tend sa main à Hilda : Alexer - " Exactement Princesse Hilda. L’objet de ma présence vise à reformer l’alliance des royaumes du grand nord, comme l’avaient fait jadis nos ancêtres qui devinrent époux. " Siegfried s’interpose aussitôt devant Alexer en lui dégageant violemment la main pour faire rempart avec son corps parfaitement taillé : Siegfried - " Comment oses-tu parler d’alliance quand tu viens de t’en prendre à deux de nos hommes ?! " Hilda rattrape la main de son lieutenant, en le baignant de sa cosmo énergie pour l’aider à se raviser. Ainsi elle reprend le dialogue avec celui qui s’est invité sur les terres : Hilda - " En effet, il y a plusieurs siècles, le prince de Polaris et la princesse de Blue Graad, sous les efforts de leurs pères, choisirent de s’unir pour former une armée capable d’aider Athéna lors d’une Guerre Sainte contre l’empereur Poséidon. Cependant, à ma connaissance, aucun émissaire du Sanctuaire n’est venu auprès de moi réclamer l’allégeance et l’aide d’Odin. " Alexer - " A vrai dire, l’objet de cette union se veut plus ambitieuse. Princesse Hilda, ne croyez-vous pas que votre peuple mérite plus que n’importe lequel de jouir d’un climat plus doux ? Il est temps que les royaumes du grand nord voient la récompense à toutes les souffrances endurées depuis la nuit des temps. " Hilda reste de longues secondes à observer son interlocuteur sans sourciller. De longues secondes, durant lesquelles l’ensemble des observateurs s’échange des regards interrogatifs, voire intéressés. D’autant plus que la tempête qui s’abat sur le domaine depuis ces derniers temps peut motiver les esprits à rêver de cieux meilleurs.
Face au malaise provoqué par une telle proposition, Hilda choisit de ne pas ébruiter davantage leur échange : Hilda - " Prince Alexer, notre conversation mérite d’être poursuivie plus en privé. J’imagine qu’un tel voyage vous a creusé l’estomac. Je serai ravi de vous recevoir à ma table. " Narquois, Alexer s’empresse de happer la main d’Hilda pour la baiser subtilement : Alexer - " Renoncer à une telle invitation serait un outrage à votre rang Princesse Hilda. C’est avec un immense plaisir que je me joindrai à vous. " Sans se retourner vers ses hommes, Alexer lève sa main droite et agite ses doigts afin de délivrer un message à ses soldats. Ceux-ci, de façon synchronisée, abandonnent sur le sol carrelé de la place les corps de Syd et Thor, puis forment un carré qui force l’admiration devant tant d’autorité. D’une voix calme comme depuis son arrivée, Alexer demande à Hilda : Alexer - " Vous ne verrez pas d’inconvénient, Princesse Hilda, à ce que mes hommes restent sagement ici. " Siegfried s’empresse de répondre pour sa prêtresse : Siegfried - " S’ils ne craignent pas la mort par ce froid ils le peuvent. " Alexer répond au général avec un sourire moqueur : Alexer - " Merci de t’inquiéter de leur sort asgardien. Si cela peut te rassurer, ces hommes ont bravé bien des tempêtes afin de développer leurs capacités de combat et me prouver leur fidélité. Ils n’ont rien à craindre du temps maussade d’aujourd’hui. De plus, le grand cataclysme, le même que celui responsable de la perte de plus en plus grande des familles de Blue Graad s’annonce, provoquant chaque jour des chutes de température vertigineuses. " Revanchard, Siegfried se tient au garde-à-vous et ordonne à autant d’hommes que sont les sibériens de rester les accompagner. Le reste se disperse à l’intérieur du château tandis que les serviteurs se pressent de mettre le couvert…
En Grèce, au Sanctuaire :
L’aube traverse la lucarne de la chambrette du Cancer, gênant le sommeil de la resplendissante Lilith. Elle se retourne aussitôt de l’autre côté du lit, là où elle a laissé la veille au soir Aphrodite, une fois de plus endormi à ses côtés après des heures de confessions. Dans une expression où se mêle déception et raison, l’ancienne prêtresse d’Athéna constate que la couche est vide.
La table sur laquelle ils ont partagé la veille leur dîner est toujours dressée, l’obligeant à prendre toute la largeur de la literie pour s’étirer avant de bondir débarrasser. A cet instant, la porte en bois qui sépare la chambrée au reste du temple s’ouvre en grand. Aphrodite, démuni de sa Cloth, débarque avec un bouquet de roses : Aphrodite - " Mince, tu es réveillée. J’aurai voulu ranger la table pour te remercier du repas d’hier. Tu as été très bonne envers moi ces derniers jours. J’imagine que ce doit être fatiguant d’avoir à entendre mes lamentations. " Lilith resserre sur elle sa toge trop large pour paraître moins souillonne face au Saint d’or : Lilith - " Pas du tout Seigneur Aphrodite. J’ai été ravi de profiter de votre présence depuis que Deathmask est parti. " Il dépose les fleurs sur la table : Aphrodite - " Voilà pour te remercier. En espérant du fond du c½ur qu’elles te plaisent ? " Lilith - " Elles sont magnifiques. "
Contrairement à d’habitude, Aphrodite ne se complait pas après le compliment. Il tourne les talons avec modestie : Aphrodite - " Dans ce cas je ne te dérange pas plus. " Lilith - " Attendez ! Il est tôt mais peut-être voulez vous que je vous prépare quelque chose à manger ? " Aphrodite réfléchit quelques secondes avant de déclarer : Aphrodite - " J’ai une meilleure idée ! La pluie a cessé, que dirais-tu de sortir te promener ? " Lilith - " Seigneur Aphrodite, avez-vous oublié que je ne dois pas me montrer ? On pourrait me reconnaître alors que je suis censée être morte. Deathmask pourrait se faire punir pour cela. D’ailleurs c’est lui qui m’a expressément ordonné de ne jamais sortir. "
Aphrodite passe avec élégance sa main dans ses cheveux le temps de concevoir un plan. Le suédois ne tard pas à taper dans ses mains : Aphrodite - " Qu’importe ! J’ai trouvé où nous pouvons aller sans nous faire repérer. Enfile donc un voile par-dessus ta tête et suis-moi. Je vais te faire passer pour une de mes esclaves pour traverser incognito la maison d’Aldebaran sans éveiller ses soupçons. "
Confinée depuis des mois à l’intérieur de cette bâtisse sordide qu’est la quatrième maison, elle accepte de jouer la complice d’Aphrodite.
Sur l’île d’Yíaros :
Devant le Parthénos, temple d’Hébé, les légions athéniennes se forment. De toute l’île, les messagers envoyés par Taishi reviennent avec les garnisons pour tenir les rangs.
Dans le lot, Pullo, le caporal d’Apodis, arrive avec sa cohorte. Cliff - " C’est moi où la tension est à son comble ? " Pullo - " Je n’en sais rien. Toujours est-il que toutes nos forces se réunissent tout autour du palais d’Hébé dans la plus grande discrétion. " Cliff - " Comment se fait-il que ce ne soit pas Apodis qui nous ait donné l’ordre de nous réunir ? " Pullo, aveugle depuis la guerre contre les Berserkers d’Arès, reconnaît les voix des quatre Saints de bronze que sont Taishi, Anikeï, Carina et Lena, donner au fur et à mesure que les équipes arrivent les positions à tenir. Il en conclut : Pullo - " Il n’a tout simplement pas été convié. " Cliff - " J’ai peur de deviner à quoi nous sommes invités. " Pullo - " Nous sommes là pour achever cette Guerre Sainte, nous allons tuer Hébé. "
Trop occupé pour s’apercevoir que les rues de la citée se vident des cohortes athéniennes, Apodis achève son repas dans la demeure de Juventas.
Il prend même plaisir à calmer la fille de celle-ci avant de la coucher pour sa sieste. Avant de rentrer au Temple d’Héraclès, où l’armée athénienne a élu domicile, Apodis observe avec attendrissement l’enfant s’endormir. Juventas arrive dans son dos : Juventas - " Quelle innocence ! " Apodis - " Il est vrai. Rien au monde ne peut être plus beau qu’un instant de paix semblable à celui-ci. " Sans qu’il ne s’en aperçoive, Juventas ôte son masque de femme chevalier. Ses yeux émeraude brillent d’amour pour lui, ses fins sourcils se défroncent et ses joues s’empourprent.
Lorsqu’il se retourne enfin pour prendre congé, Apodis lève son regard du sol et l’arrête à hauteur de l’horrible masque que Juventas garde dans sa main droite. Juventas - " Pourquoi refuses-tu de me dévisager ? " Apodis - " Tu connais comme moi la loi de la chevalerie. Si je te regarde telle que tu es vraiment, alors nous n’aurons que deux choix. " Juventas - " Tu sais que je me refuserai à te tuer. " Apodis - " Mais pouvons-nous au moins nous aimer ? " Juventas - " Est-ce trop dur d’éprouver le même amour que celui que j’ai à ton endroit ? " Apodis - " J’ai été… Je suis marié. Même si Netsuai n’est plus, je suis fidèle à mon amour, à son être. Je me le suis juré, sans en exprimer le moindre regret et jusqu’à aujourd’hui, j’ai cru que rien ne pouvait m’arrêter. Seulement, c’est ici que j’ai passé mes plus belles nuits de sommeil depuis bien longtemps, grâce à cette île magique, à ce peuple généreux et à toi. Il est évident que je t’aime, mais je veux tenir parole aux promesses que j’ai fais à ma femme. " Apodis emprunte la direction de la sortie lorsque d’un ton monocorde, comme si elle laisse simplement sa pensée s’exprimer, Juventas déclare : Juventas - " Lorsque Iphiclès est mort, c’est une partie de moi qui s’est éteinte. J’ai alors cru que si je continuais à vivre, c’est simplement par devoir envers ma déesse et pour ma fille. De longues heures je me suis confessée au cardinal Acis, pour tenter d’obtenir des réponses, un élément qui pourrait me soulager. Chaque fois, Acis me répondait que le temps va son chemin, la souffrance aussi. Ne voulant comprendre ce qu’il me disait, je me suis contentée d’être l’Alcide que j’ai toujours été. Puis je me suis retrouvée sur ton chemin. Toi le chevalier rageur, venu détrôner Hébé et instaurer ici une tyrannie au nom d’un Sanctuaire qui t’a menti. Pourtant, je me suis laissée attendrir comme tous nos villageois par cet aspect froid qui transpirait ton chagrin et cette volonté d’aider à reconstruire l’île, symbole de ta personnalité positive. A ce moment là j’ai eu la peur au ventre, le c½ur à nu. Comme si je me perdais comme quand Iphiclès m’avoua ses sentiments. Malgré cette peur, malgré ta ranc½ur, nous avons avancé l’un envers l’autre, devant l’inconnu. A chaque nouvelle rencontre, j’étais tremblante de commettre une faute, capable de trahir aussi bien ma tendresse que mon amertume. Aujourd’hui tu as dis nous aimer, alors je tente ce geste imprévu, car depuis je me rends compte que je ne suis plus vraiment la même. "
Apodis reste appuyé sur la poignée de porte. Sa mâchoire se contracte pendant que ses grimaces essaient de retenir ses larmes : Apodis - " Netsuai, Sperarus mon fils… Je leur ai promis mon avenir. Désormais je me sens tellement coupable de ne plus vouloir m’enfuir d’ici. " Juventas - " Je ne te demande pas de tirer un trait sur ton passé. Nous n’avons pas à culpabiliser de vivre alors que les nôtres ne sont plus. Tu sais ce que tu désires. T’engager désormais est la plus belle preuve de reconnaissance que tu peux leur faire en choisissant de vivre pour eux le bonheur que vous vous étiez promis. "
L’Oiseau de Paradis abandonne le cliche de porte pour arracher ses sanglots d’un revers de bras. Il fait volte-face pour venir saisir fermement contre lui Juventas venue le réconforter.
Au beau milieu de la pièce, il l’embrasse avec passion, l’obligeant même à laisser tomber son masque sur le sol. A bout de nerfs, les c½urs enfin soulagés, l’Alcide et le Saint passent avec fougue leurs mains sous les vêtements de l’autre. Dans un élément passionnel, Apodis la lève légèrement en la maintenant par la taille pour l’asseoir sur la table encore dressée. Pour s’y allonger, Juventas balaie du bras les couverts pour les jeter au sol puis profite qu’Apodis ôte son maillot pour retirer son pull beige. Ignorant tout du rassemblement autour de sa déesse, elle poursuit son échange endiablé en plaquant sa ferme poitrine frissonnante contre son buste saillant…
Plus loin, au nord de l’île, les quinze soldats en vêtements azurs s’agrippent à leurs armes pendant qu’ils courent dans les couloirs du palais : Soldat n°1 - " Majesté ! Majesté ! Nous sommes encerclés par l’armée d’Athéna. " Soldat n°2 - " Plus d’une centaine d’athéniens marchent en direction de toutes les entrées du Parthénos. " La mine empruntée, Ambroisie se redresse de son trône qui siège au centre du temple : Hébé - " Soldats, veillez à mettre mes gens à l’abri et protégez-les au péril de votre vie ! " ¼dipe apparaît derrière une colonne dorique, sa voix retentit dans la salle : ¼dipe - " Il est impossible d’envoyer un messager chercher Baucis et Juventas sans qu’il ne se fasse remarquer par les athéniens. Faut-il que j’aille moi-même les chercher ? " Hébé - " Non Alcide des Oiseaux du Lac Stymphale, tu es le seul à pouvoir assurer ma protection. " ¼dipe ne bronche pas. Les gardes rassemblent les serviteurs pour les conduire dans les appartements d’Hébé.
Les premiers grondements se font entendre, les portes de chaque entrée sont enfoncées. ¼dipe est furieux, sa voix gronde : ¼dipe - " Comment peuvent-ils violer le traité que nous avons accepté de ratifier ?! " La déesse de la Jeunesse préfère se concentrer sur la protection de ses sujets : Hébé - " ¼dipe, la salle où nous nous trouvons est le centre même du palais. Cela veut dire que c’est le lieu le plus long à atteindre pour les athéniens. Hélas, nos soldats ne seront pas assez rapides pour chercher nos gens qui officient aux entrées des palais. Je t’en conjure chevalier, va les sauver avant qu’ils ne soient massacrés par les athéniens. " L’être dépourvu du moindre sens accepte : ¼dipe - " Entendu votre Majesté ! " Sa silhouette disparaît dans le décor, laissant Ambroisie répéter le message que le Grand Pope avait confié à Taishi de lui délivrer : « le passé ne peut être oublié, le chagrin ronge les amis d’antan. » Hébé - " Saga… Alors l’amitié n’est même plus une valeur que tu souhaites respecter. " Puis, la blonde aux grands yeux bleus, dans un élan de dignité, s’assied avec majesté dans le fond de son trône. Elle réajuste les bretelles de sa longue robe de satin, ainsi que ses bijoux, puis tourne la tête vers les encablures qui débouchent sur la salle du trône. Rien à droite, rien à gauche. Reste la dernière, au centre, face à elle, d’où elle entend retentir des cliquetis métalliques contre les dalles marbrées. Elle reconnaît aussitôt le bruit d’armures venant vers elle. Bien vite, son sens de l’ouïe confirme sa finesse, lorsqu’elle voit les quatre commanditaires de cette opération venir à elle sans la moindre difficulté.
Le meneur, Taishi traîne avec lui un homme nu, mutilé, défiguré par la violence du traitement qui lui a été réservé. Il faut que le Saint de bronze du Toucan donne à la déesse son identité, pour qu’elle réussisse à le reconnaître : Taishi - " Tu sembles étonnée de nous voir arriver si facilement auprès de toi Hébé. Nous devons donc remercier ton cardinal. " Hébé, déchirée par le châtiment que lui ont administré les athéniens, s’écrie : Hébé - " Acis ! " Taishi - " Nous avons eu du mal à lui tirer les vers du nez. Et lorsqu’il a accepté de nous donner l’itinéraire des passages secrets, nous ne comprenions plus rien avec sa langue arrachée. " Taishi balance au sol l’homme qui a recueilli Saga et Kanon dans leur enfance. Dans son dos, Anikeï, Carina et Lena s’avancent vers lui. C’est Lena qui réunit son cosmos pour achever le cardinal. Pendant la concentration du Saint de bronze de la Boussole, Taishi converse toujours avec Hébé : Taishi - " Quel plan merveilleux. Je n’aurai pas cru que ça serait si facile. Toutes tes forces, sont occupées à repousser l’invasion de nos soldats, nous laissant ainsi le champ libre. " Pour accompagner ses propos, les murs se mettent à trembler et de la poussière tombe du plafond, preuve de la virulence des affrontements, notamment des capacités d’¼dipe à contenir les assauts de simples soldats. Hébé - " Qu’êtes-vous donc venus faire ici ? " Anikeï annonce la sentence : Anikeï - " Déesse Hébé, suite aux souhaits de son peuple, le Grand Pope ne peut consentir à maintenir la trêve qui a été convenue. Il s’avère que la décision la plus raisonnable à prendre soit votre mise à mort. "
A cet instant, Lena dégage sa frappe pour achever Acis : Lena - " Diamond Dust. " Néanmoins, seuls quelques flocons de neige tombent sur le cardinal. Les chevaliers comprennent immédiatement que ce miracle vient d’Hébé. La déesse a le doigt dressé en direction de Lena, son cosmos céleste venant de brider la tentative.
Taishi serre le poing et grogne : Taishi - " Nous n’avons pas de temps à perdre. Nous devons l’éliminer avant que les Alcides arrivent. Anikeï, Lena, Carina, avec moi ! " Le quatuor s’élance en direction de la déesse alors que de toutes les autres entrées débouchent le reste des forces armées athéniennes et hébéïennes…
Si les hostilités étaient déjà bien engagées dans le Parthénos, Asgard et le Japon n’étaient pas en reste. Aux quatre coins du globe, de nouvelles batailles s’engageaient…
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« le: 15 Août 2012 à 15h15 »
Un an… Un an s’écoula. Personne ne vécut cette année de la même manière, bien entendu. Rhadamanthe et Myu continuèrent de traverser le monde à pieds, en quête de leur identité. Ils approchaient de la Chine. A l’Aréopage, Vasiliás dressait sa nouvelle armée. Le monde sous-marin, réunissait sa nouvelle génération de Marinas. Deathmask achevait la formation de son jeune disciple Mei, pendant qu’Aphrodite trouvait du réconfort auprès de Lilith. Asgard pansait ses blessures, après le passage de Rhadamanthe et le départ de Myu. Sur Yíaros, la récession se poursuivait pour le peuple hébéïen. Taishi organisait le déicide d’Hébé. Le renouvellement des garnisons athéniennes favorisait l’arrivée de fidèles à Gigas. Philémon et Baucis vivaient en toute insouciance leur idylle, tandis que moi, je me rapprochais inexorablement de Juventas et de sa fille. Au Japon, Saori achevait la construction de son quartier général pendant que son amie intrigante, Ksénia, effectuait de plus en plus de voyages soudains à travers le monde…
Chapitre 34 - La prise de conscience
Extrême nord de la Sibérie, Blue Graad :
5 août 1986. En des temps mythologiques, à la fin de la première Guerre Sainte opposant Athéna à Poséidon, ce dernier vit son âme enfermée dans une urne scellée par Athéna. La déesse de la Sagesse choisit alors de cacher le contenant dans un lieu inaccessible à l’homme, à l’extrême nord de la Sibérie. Les chevaliers chargés de veiller sur l’héritage d’Athéna formèrent une citée qui devint bientôt un état armé, lieu militaire stratégique pour la divinité, Blue Graad.
De nos jours, l’homme contemporain n’a toujours pas idée de l’existence d’une telle légende et d’un tel lieu. Inaccessible pour celui qui n’aurait aucune maîtrise de la cosmo énergie, l’état de Blue Graad, aujourd’hui composé de nombreuses bâtisses délabrées et ensevelies sous la neige, vit des jours difficiles sous le régime du Seigneur Piotr, descendant du souverain Unity qui fut d’une aide précieuse lors de la Guerre Sainte de 1743 contre Hadès.
Pacifiste, Piotr mène une politique de survie, dans ce lieu aux conditions climatiques cruelles. En effet, un cataclysme sans précédent a ravagé la nation il y a plusieurs années, ne laissant qu’une cinquantaine de survivants, composant ainsi les quelques familles en mesure de garantir le futur de cette contrée légendaire.
Toutefois Piotr s’inquiète du retour annoncé de son fils banni, Alexer. Exilé il y a cinq ans après avoir évoqué ses intentions maléfiques à l’encontre du monde, Alexer a réuni autour de lui les soldats les plus vaillants de Blue Graad, convaincus que la conquête de terres plus chaleureuses est juste. Voici trois nuits que les soldats fidèles à Piotr repoussent les hommes d’Alexer qui attaquent des points de guets stratégiques. Piotr craint que ce combat fratricide ne cache hélas une menace plus grande, le retour de Poséidon en ce monde. En effet, en plus d’avoir détenu autrefois l’âme du dieu, Blue Graad dispose d’un passage secret reliant la surface à Atlantis, ancien siège militaire et capitale aujourd’hui détruite, de l’empire du dieu des Mers et des Océans.
Atlantis a définitivement été ravagée lors de la Guerre Sainte de 1743, durant le réveil momentané de Poséidon face au chevalier d’or du Verseau. La ville sous-marine, véritable cercueil de glace éternelle, n’est désormais accessible que via Blue Graad et renferme encore diverses armes dont le dieu marin avait par le passé l’utilité.
A l’intérieur du palais de Piotr, aux sols et aux murs faits de pierres de taille, une jolie demoiselle aux cheveux mi-longs, blonds et bouclés, avance d’un pas inquiet dans les couloirs. A chaque garde croisé, elle incline légèrement sa tête pour les saluer, quand eux se courbent pour lui rendre les hommages qui lui sont dus. Sa longue robe blanche à bretelle descend jusqu’au sol et cache ses longues jambes contrairement à sa poitrine et ses épaules à peine couvertes. Ses bras nus sont ornés de bracelets dorés aux biceps et aux poignets, tandis que quelques bagues habillent ses mains. Arrivée devant la salle du trône de son père, la douce Natassia passe sa main dans sa nuque, pour recoiffer les cheveux qui descendent dans tout le long de son cou. Elle se racle la gorge, puis fait irruption devant le siège du souverain. Le patriarche se frotte sa longue barbe blanche. Le visage fermé, songeur, il déclare à sa fille sans même qu’elle n’ait le temps de prononcer quoi que ce soit : Piotr - " Oui ma fille. Je sais… " La pauvre s’échoue à genoux et en sanglot : Natassia - " Alors nous ne pouvons donc rien faire ? "
Loin du centre de la ville, où les chaumières faites de pierres blanchies par le givre encerclent le palais impérial, dans les ruines des maisons frontalières au désert de glace sibérien, autour d’un feu, quelques hommes gloussent en jouant aux cartes autour de verres remplis de vin chaud. D’autres s’exercent au glaive, tandis que certains jouent de leurs charmes auprès des rares femmes qui composent leurs rangs. Vêtus d’épaisses fourrures, par-dessus leurs maillots et leurs pantalons, ils enserrent le tout grâce à leurs cuirasses métalliques qui leurs servent d’armures à l’instar des soldats du palais.
Dans le brouhaha le plus complet, un groupe de trois soldats à la carrure imposante, au physique plutôt meurtri et aux armures ébréchées, traverse les décombres d’une des demeures précairement investies. Sans attirer particulièrement l’attention malgré leur allure peu coutumière, ils se rendent au fin fond de l’habitation, régulièrement soufflée par les courants d’air gelés. Ils vont là où la lueur des torches est bien trop lointaine pour parfaitement identifier l’homme qui se tient assis sur une paillasse recouverte de fourrures animales.
En voyant venir ses sujets, Alexer, le maître des lieux secoue le corps étendu sur la couche d’une des sujettes qui compose son équipe et la chasse : Alexer - " Rhabille-toi à présent. J’ai à faire. " Sans broncher, sa partenaire occasionnelle se redresse sans la moindre gêne devant les trois arrivants et ramasse ses vêtements, avant de regagner l’attroupement à l’autre bout des ruines. Les trois soldats, observent du coin de l’½il le physique gracieux de leur concitoyenne, puis se prosternent devant Alexer toujours tapis dans l’ombre. Soldat n°1 - " Seigneur Alexer, nous sommes parvenus à nous introduire dans le palais comme vous nous l’aviez demandé. " Un second homme ajoute : Soldat n°2 - " Nous avons réussi à forcer le passage jusqu’au palais. Alors que nous étions encerclés et à la merci de la garde impériale, votre père a demandé à nous rencontrer, pour connaître vos réelles intentions. " Le troisième guerrier s’empresse de développer : Soldat n°3 - " Nous avons déclaré qu’elles étaient toujours les mêmes qu’il y a cinq ans, lorsqu’il vous a banni et que vous demandiez votre réhabilitation auprès de lui, au rang de prince, qui vous est dû. " Le premier des trois messagers se montre moins enthousiaste que son dernier pair : Soldat n°1 - " Néanmoins il a décliné cette proposition et nous a renvoyé auprès de vous pour vous en faire part. "
Alexer se redresse en aspirant profondément de l’air. Il se montre volontairement à la lumière du jour qui passe par les lucarnes de la demeure délabrées et arbore sa mine orgueilleuse. Vêtu d’un simple maillot et d’un pantalon au bleu délavé, son corps est protégé du froid par une épaisse cape de fourrure brune enroulée autour de lui. Alexer - " Très bien. Je vois que ce vieux fou est résigné à attendre un coup d’état. Celui-ci ne va pas tarder. Si à trois soldats vous êtes parvenus à pénétrer jusque dans le château, c’est que nos multiples petits assauts répétés en des lieux stratégiques du domaine ont porté leurs fruits. Aujourd’hui les rangs de mon père s’amenuisent et il est plus faible que jamais. Depuis maintenant plusieurs semaines, je les prive d’une rencontre avec les marchands du Port du Destin de Crète en négociant au prix fort les cargaisons. Ce qui reste de son peuple va finir par mourir de faim, plutôt que de froid, alors que nous récupérons chaque jour plus d’hommes et de femmes désabusés qui quittent ses rangs pour renforcer les miens… " Soudain, la neige et le givre qui couvrent le sol et les murs se mettent à fondre. Alexer cesse ses propos et reconnaît l’arrivée d’une jeune femme fort peu vêtue malgré les conditions climatiques.
Et pour cause, montée sur des escarpins à grands talons et habillée d’une courte robe noire, l’intruse approche d’Alexer, sans se soucier de l’esprit provocateur que sa présence peut susciter auprès des hommes du prince de Blue Graad. L’un des partisans abandonne la table où il était assis en compagnie des siens et, sous l’influence de l’alcool et des exhortations vulgaires de ses amis, au beau milieu des sifflets à l’encontre de la belle créature, il se dresse devant elle en l’enserrant avec poigne par la taille : L’homme - " Ah, ah, ah… Alors ma jolie, tu t’es perdu ? Tu veux venir t’amuser avec nous ? Ah, ah… " Brusquement l’assistance s’inquiète lorsque l’air hébété du grotesque individu change radicalement en une expression de souffrance. Leurs gloussements deviennent exclamations, tandis que l’entreprenant mâle libère l’inconnue en se tenant le bras avec lequel il l’avait agrippée. Le membre se contracte pendant que ses ongles commencent à tomber. Ses doigts pourrissent puis son bras se détache de son corps. Dans d’atroces hurlements, sous la stupeur et le dégoût des spectateurs, l’ivre personnage observe son organe fondre petit à petit sur le sol.
Sans le moindre sourcillement, la dangereuse beauté reprend son chemin jusqu’au responsable des lieux, sans plus rencontrer la moindre remarque ou le moindre obstacle, puisque chacun s’écarte en tremblant. Alexer l’observe avancer tranquillement jusqu’à lui, en se remémorant leur rencontre…
Flashback 1980 - Une jeune femme simplement vêtue d’une légère robe blanche courait dans la citée de Blue Graad sous une tempête de neige en s’égosillant : Natassia - " Alexer ! Attends je t’en prie. Rentre donc avec moi au palais. Père ne désire que ton bien, il faut que tu me crois. Implore son pardon et revient avec moi par pitié. " Le jeune garçon qui portait sur son dos une urne métallique, fit volte-face : Alexer - " Piotr m’a banni. Il refuse d’ouvrir les yeux. Ce que je lui ai dit, je ne suis pas le seul à le penser. Bientôt d’autres se rallieront à moi. Voilà pourquoi je pars avec l’armure des Blue Warriors, héritage de notre contrée. " Natassia - " Et à quoi cela te mènera ? " Alexer - " Au pouvoir ! Je destituerai Piotr de son trône et prendrai sa place pour offrir à notre royaume des jours plus cléments sous le soleil. " Natassia se jette aux pieds d’Alexer pour le supplier, mais il n’en a que faire. Il la repousse sans animosité et la fixe dans les yeux : Alexer - " Natassia, ma très chère s½ur, je ne veux que votre bonheur à toi et à notre peuple. Nous nous retrouverons bientôt. Je t’aime. "
Alexer, disparut dans les souffles blancs de neige de la tempête, laissant sa s½ur pleurer toutes les larmes de son corps. Le jeune prince de Blue Graad, marcha durant des heures et des heures, s’efforçant à lutter contre le froid, développant ainsi de minutes en minutes, une cosmo énergie de plus en plus grande. En allant au bout de ses limites, il parvenait à pousser un cosmos infini. Il s’effondra maintes fois, dans l’épais manteau de coton qui couvre le sol de sa nation. Mais convaincu qu’il lui fallait poursuivre ainsi, pour devenir plus fort, il trouvait chaque fois le courage de se ressaisir. Pire, il choisit d’ôter ses vêtements, pour exposer son torse nu aux morsures glacées du gel, afin de défier davantage la météo capricieuse.
Durant des jours, des mois, il concentra cette aura issue de son ambition, de sa haine envers son géniteur et de ce rude entraînement, pour s’approprier un arcane dévastateur, une vitesse surhumaine et une force hors du commun.
Il trouva refuge dans les habitations frontalières de la contrée, abandonnées depuis des années après un cataclysme historique. Il se nourrissait de ses prises de chasse, buvait la neige qu’il faisait fondre par-dessus un feu qu’il devait alimenter sans cesse et passait le reste de son temps, à maîtriser seul la rançon de ses efforts.
Résolu à défendre cette cause qui lui semblait si juste, Alexer demeurait pourtant seul. Cela faisait maintenant sept mois qu’il attendait impatiemment l’arrivée d’autres soldats qu’il pensait acquis à sa cause lorsqu’il a quitté le royaume.
Un jour, tandis que le blizzard était si intense que même Alexer avait du mal à mettre un pied devant l’autre, le jeune sibérien aux cheveux châtains commença à douter. Les forces lui manquaient, la température glaciale l’atteignait de façon croissante et son corps s’engourdissait. Sûrement était-ce dû aux doutes qui le rongeaient.
Alors qu’il était couché dans la neige, rongé par le froid, à demi conscient, les rafales et les chutes de neige, furent interrompues par une douce chaleur qui vint lui prendre le c½ur. Ni les incertitudes ni les maux ne purent contrer ce bien-être inexplicable. Alexer sentit son corps être soulevé, comme s’il était aussi léger qu’une plume malgré ses quatre-vingt kilos. Les yeux mi-clos, il crut voir un ange venir le chercher, pour le guider dans l’autre monde. Ce dernier était tout de blanc voilé et encapuchonné. Cependant au contact de son aura, Alexer sentit comme une sensation de réconfort, un apaisement. Il se laissa ainsi guider et ferma les yeux pour ne pas lutter contre son ange gardien…
La nuit était tombée depuis le « voyage » d’Alexer. Il reprit ses esprits sur la couche qu’il s’était lui-même confectionné des mois auparavant. La fourrure brune qu’il avait ôtée à un ours pour s’en faire une cape lui servait en cet instant de couverture par-dessus ses vêtements bleus. La tête lui tournait légèrement, pendant que son feu était la seule source de lumière et de chaleur lui permettant de ne pas sombrer dans la nuit ténébreuse. Un feu qu’il lui faut néanmoins régulièrement alimenter et qui brûlait très bien sans lui depuis des heures. Alexer bondit en tremblant, fort affaibli : Alexer - " Qu… Qui est là ? " Seule la cosmo énergie chaude et apaisante de son sauveur lui répondit en s’intensifiant. Après s’être relevé trop vite de sa paillasse, Alexer commença à voir trouble, toutefois il reconnaissait le voile blanc qui dissimulait son bienfaiteur. Alexer - " Une telle incandescence, un tel amour… Il n’y a que ma s½ur qui soit capable de me le communiquer… Natassia… Est-ce toi… Est-ce toi Natassia ? " La voix qui répondit était féminine et portait le même accent slave que la fille de Piotr, seulement il pu la différencier au timbre de celle-ci : Ksénia - " Natassia ! Serait-elle capable d’après toi de dégager un cosmos si puissant ? " Rien que par l’émanation de son pouvoir, Ksénia repoussa Alexer sur sa couche où il se laissa tomber impuissant. Alexer - " Aucune femme de Blue Graad n’est capable de dégager autant de force ! " Ksénia - " Mon accent est peut-être trompeur. Je ne suis pas originaire de Blue Graad et disons que mon identité ne t’apportera rien de plus te permettant de réaliser tes rêves. Considère-moi comme ton ange gardien, rien de plus, rien de moins. "
Alexer eut du mal à se remettre sur pieds, il se laissa tomber à genoux : Alexer - " Mes… Mes rêves… De quoi parles-tu ? " Toujours dissimulée sous son voilage blanc, Ksénia détourna la réponse : Ksénia - " J’ai seulement une question par rapport à ceci, votre rôle à vous, habitants de Blue Graad, qu’en adviendra-t-il lorsque tu auras conquis la planète. Qui y veillera ? " Alexer - " Notre rôle ?! Atlantis ! La capitale abandonnée de l’ancien empire de Poséidon. A quoi bon y veiller ? La dernière Guerre Sainte contre Hadès de 1743 a vu la destruction de ce qu’il en restait. Voilà pourquoi je ne comprends pas l’obstination de Piotr à y faire rester son peuple qui meurt de froid alors que notre place mérite d’être mieux reconnue auprès d’Athéna. " Ksénia commença à défaire sa capuche : Ksénia - " Voilà qui est juste et qui me convient. " Alexer fut aussitôt envoûté par la beauté de la jeune femme brune aux yeux topaze. Ses lèvres pulpeuses et le tatouage rose qui embellissent son divin visage réussirent à conquérir l’autochtone. La voix du bel homme devint tremblante, tant il était confus devant tant d’élégance : Alexer - " Malheureusement, j’ai bien l’impression que mes projets tombent à l’eau. De tous les soldats que j’ai acquis à ma cause au palais, aucun n’est venu jusqu’à moi. Je suis seul aujourd’hui. " Ksénia laissa tomber à cet instant le voile blanc sur le sol pour dévoiler sa tenue contemporaine. Montée sur des escarpins noirs et les jambes peu couvertes par sa jupe noire, elle avançait lentement jusqu’à Alexer. Arrivée à sa hauteur, elle s’accroupit pour venir cueillir son visage dans ses mains douces : Ksénia - " Ne croit pas que tes actes restent vains auprès des tiens. Beaucoup sont partisans de tes ambitions. Il leur manquait simplement la garantie d’obtenir la victoire. " Alexer leva timidement les yeux vers la russe et lui fit remarquer son emploi de l’imparfait : Alexer - " Il leur « manquait » ? Que veux-tu dire ? " Tout en gardant dans ses mains la mine douteuse du prince, elle se releva et l’obligea ainsi à se remettre debout. Ksénia - " Il doutait des capacités de meneur physique que tu pouvais avoir, alors je leur ai montré… " Elle ouvrit ses paumes de mains en direction du ciel, en invoquant dans chacune d’elle son cosmos, jusqu’à ce que celui-ci forme une sorte de miroir de feu, dans lequel Alexer put reconnaître la brume qui domine le paysage de Blue Graad. Elle poursuivit ses explications : Ksénia - " … Je leur ai montré les efforts de ce jeune prince qui manipulait comme jamais aucun habitant de Blue Graad ne manipula par le passé sa cosmo énergie… " Alexer observait dans ce qui s’apparentait à une boule de cristal aux contours flamboyants les silhouettes qui apparaissaient au fur et à mesure, bravant la tempête depuis la citée impériale de Blue Graad, tandis que Ksénia ne cessait d’haranguer le futur leader : Ksénia - " … Aujourd’hui ils choisissent d’abandonner leurs foyers, car ils croient en la victoire de ce prince qui leur offrira à eux et à leurs familles l’espoir de jours meilleurs, même si pour cela ils doivent passer pour des traîtres… " Des larmes gondolèrent le regard d’Alexer, celui-ci commença à sourire tout en écoutant attentivement le discours de Ksénia : Ksénia - " … Ils vont suivre ta force, à toi de les mener maintenant par des actes mais également, par un plan digne de ce nom. " Alexer plongea aussitôt ses yeux dans ceux de Ksénia en souriant fièrement : Alexer - " J’y arriverai ! Grâce à toi j’y arriverai, j’en suis sûr. " Ksénia - " Prend le temps qu’il te faudra, empare-toi de Blue Graad et étend ton pouvoir sur cette planète. N’abandonne plus jamais, puise en toi toutes les motivations nécessaires, pour ne jamais te détourner du droit chemin. " Il lui saisit les mains, faisant ainsi cesser le sortilège de la jeune slave et lui fit coller contre son c½ur : Alexer - " J’ai trouvé ma motivation. Celle d’offrir à mon ange gardien ce monde pour lequel elle m’a redonné tant d’espoir. " Ksénia lui sourit alors timidement et dirigea à son tour les mains du jeune homme, contre sa poitrine à peine couverte. Intimidé par le contact de la chair, Alexer rougit et n’osa plus confronter son regard à celui de la belle enfant : Ksénia - " Je prends cette déclaration pour un serment. Je veillerai à ce que tu l’accomplisses et t’apporte par ce geste la preuve de mon soutien le plus solennel. " Elle libéra sa prise et Alexer retira très délicatement ses mains, en effleurant avec plaisirs les formes généreuses du divin ange. Il pivota légèrement sur le côté pour passer derrière elle et gagner la sortie du refuge : Alexer - " Je pars à la rencontre de mes hommes. Seras-tu encore là à mon arrivée ? " Elle le rejoignit. Alors qu’il lui tournait le dos, elle en profita pour l’enlacer et coller sa tête contre son épaule : Ksénia - " Profite de leur présence pour agir sur les postes de surveillance du royaume. Prouve par votre efficacité, la force de ton ambition et ainsi tu enrôleras d’autres hommes. Je reviendrais auprès de toi, lorsque tu disposeras d’une armée conséquente. " Une fois sa déclaration faite, elle défit son étreinte et vint en face du chef des rebelles qu’elle embrassa en déposant ses lèvres au coin des siennes. Ensuite, d’un mouvement de bras, elle réajusta son voile blanc resté à terre tout autour d’elle. Puis, elle prit la direction opposée à celle qu’allait emprunter Alexer. Comme si elle ne faisait qu’une avec la neige, elle disparut à mesure qu’elle s’enfonçait à l’horizon, sans craindre ce climat rugueux.
Alexer resta de longues minutes à fixer ce qu’il croyait encore être un mirage. Enfin, lorsqu’il revint à lui, il concentra toutes ses forces et entra en osmose parfaite avec la Pandora Box située à côté de sa paillasse pour en extraire l’armure qui y dormait depuis des centaines d’années. Elle s’ajusta aussitôt sur lui, d’un gris bleuté, aux contours métallisés, protégeant ses jambes jusqu’au haut des cuisses, entièrement son torse et la ceinture, les avant-bras et munie de larges épaulettes. Cette empreinte de majesté ne pourrait pas passer inaperçue, envers les hommes auprès desquels il se dirigeait à présent, ces hommes qui composeraient son armée de Blue Warriors. Flashback
Les yeux d’Alexer, brillent comme ceux d’un enfant joyeux, lorsqu’il croise enfin le regard de Ksénia. D’un signe de la tête, il renvoie ses trois espions et l’accueille : Alexer - " La première fois que tu es venue à moi, ton entrée était beaucoup plus discrète. Tu étais apparue sous un voile blanc ma chère Ksénia, mon ange gardien ! "
Sur l’île d’Yíaros :
La verdure luxuriante de l’île est abreuvée d’eau en ce milieu d’été pénible. Le vent souffle de plus en plus et la pluie ne cesse de tomber depuis une semaine.
Ces caprices de la météo n’empêchent toutefois pas les athéniens de faire leurs tours de ronde dans la citée et les fermes alentours.
Vêtu de sa Cloth rouge et orangée, Apodis laisse ses cheveux azur goutter devant ses yeux et sur ses épaulettes. Accompagné de sa troupe dirigée par le caporal Pullo, le chevalier de bronze de l’Oiseau de Paradis est resté étrangement mué ces quatre dernières semaines. Même son ami Cliff n’a rien pu en tirer.
L’ambiance au sein des garnisons est de plus en plus terne, le curieux silence d’Apodis n’aide pas à dénouer la tension qui règne désormais. L’augmentation de la violence envers les hébéïens et le peu de soldats suffisamment justes pour défendre les opprimés créent de vives rivalités au sein même des occupants.
Les pieds dans la boue, au beau milieu d’un bois, la troupe d’Apodis, torche en main, pour lutter contre l’obscurité instaurée par l’orage qui a éclaté tôt dans la matinée, avance jusqu’à une grange où tous les bovins semblent avoir été massacrés. De dehors, l’équipe entend des hurlements, ce qui la pousse à presser le pas. Ensemble, les soldats défoncent la porte et débarquent à l’intérieur de la demeure, déjà occupée par deux athéniens. L’un pointe de son épée le père de famille, son épouse et leurs enfants, tandis que le second tient allongée la plus vieille de leurs filles, en espérant profiter d’elle et ce avec l’usage de la force.
Saisi par l’entrée surprise, le violeur lève aussitôt les mains en l’air comme pour clamer son innocence, libérant ainsi la victime qui part se réfugier dans les bras de sa famille. Le père de famille, toujours menacé par l’arme du renégat, s’agenouille et implore Apodis : « Pitié sergent athénien, je vous en supplie, tuez-moi si vous le voulez mais laissez ma famille saine et sauve. » Absorbé par ce spectacle macabre, Apodis revit l’espace d’une seconde l’instant où il a découvert sa mère et son fils dans sa demeure, lors de la Journée Sainte. Partagé entre compréhension et colère, Apodis se remémore la découverte qu’il a fait un an plus tôt sur la plage, où un infiltré lui a appris les véritables coupables de la mort de sa famille. Ne sachant qui croire, ne sachant de qui il doit se venger, hébéïen ou athénien, Apodis reste sans réaction. C’est son caporal qui donne alors les ordres : Pullo - " Sortez d’ici, vite ! " La troupe d’Apodis vient liés les poings des deux agresseurs et les balance dans le sol boueux, à l’extérieur.
Là, sous une pluie battante, Apodis choisit enfin d’intervenir. Il est furieux, son regard est perdu : Apodis - " Pourquoi ?! Pourquoi agir ainsi soldats ?! " Les deux hommes n’osent répondre, c’est alors qu’un autre sergent s’exprime pour les deux prisonniers : Taishi - " Parce que ce peuple est un peuple de traîtres, d’infidèles. Il n’a que ce qu’il mérite. " Apodis - " Taishi Saint de bronze du Toucan, que de noirceur dans tes propos ! Depuis les mois que nous sommes ici, les hébéïens n’ont-ils pas réussi à te prouver leurs valeurs ? " Taishi - " De quelles valeurs parles-tu donc sage Apodis ? S’il s’agit de la chaleur des cuisses de leurs femmes, alors ces hommes n’ont rien fait de pire que toi ! " Apodis comprend l’allusion faite par Taishi quand à son rapprochement avec Juventas. D’un coup de sang, il envoie son poing en plein visage du japonais qui choie sur son postérieur. Les fesses dans l’eau, vexé, l’ancien équipier de Jabu se redresse, enveloppé de toute sa cosmo énergie, prêt à riposter. Les gardes alentours s’écartent, de peur d’être blessés dans le conflit qui se dessine devant eux. Derrière chacun, les emblèmes de leurs constellations protectrices se dessinent. Le tonnerre gronde, la pluie fouette leur peau.
Il faut attendre l’arrivée d’Anikeï et de sa cohorte, pour calmer l’atmosphère. Le Saint de bronze de Cassiopée s’interpose entre les deux chevaliers : Anikeï - " Etes-vous irresponsables ? J’ai senti vos cosmos en alerte et suis venu aussi vite que j’ai pu, pour vous éviter de faire une bêtise. " L’entrée en matière du russe, calme les ardeurs des deux Saints.
Dans les troupes, les athéniens s’échangent tous un regard circonspect. Beaucoup semblent suivre le comportement de Taishi, y compris dans l’équipe d’Apodis.
Seulement, le grec n’abdique pas. Contre toute attente, il sort de son étui le glaive du soldat le plus proche, pour venir trancher d’un seul mouvement de bras la tête des deux violeurs. Taishi grimace de colère, comme beaucoup d’autres guerriers. Apodis fait le tour de lui-même en pointant le glaive sur la foule : Apodis - " Que cela serve d’exemple ! Tous les hommes, ici, qu’ils soient athéniens ou hébéïens, sont égaux en droit ! Je ne tolérerai pas un tel comportement, quelle qu’en soit la personne à l’origine. "
Préférant ne pas provoquer davantage de débat, Taishi se retire en soufflant d’amertume. Il est aussitôt suivi par ses hommes qui préfèrent baisser la tête que de croiser le regard d’Apodis. Les hommes d’Anikeï repartent également, laissant leur sergent en compagnie de l’Oiseau de Paradis. Parmi les hommes d’Apodis, beaucoup restent les yeux rivés vers le sol, comme s’ils étaient couverts de honte suite à l’attitude pacifiste d’Apodis envers les hébéïens.
Dans l’ombre, à l’orée d’un bois entourant la ferme où les athéniens sont intervenus, un mystérieux observateur, dissimulé sous un voile noir s’éclipse bien vite.
Les deux chevaliers restent l’un à côté de l’autre, sous le déluge. Apodis - " Merci d’être intervenu… " Anikeï - " Je t’interdis de me remercier et je t’interdis de croire que je vous ai interrompu, parce que je suis d’accord avec toi ! Par Athéna, Apodis, où as-tu la tête ? Lorsque je t’ai connu, sur cette île, tu les aurais tous exterminés. Et aujourd’hui tu exécutes deux gardes athéniens, parce qu’ils ont agi comme ces barbares d’hébéïens lorsqu’ils ont attaqué le Sanctuaire ?! Non mais, qu’est-ce qu’il t’arrive ? Lors de l’arrivée des renforts ici, tu étais pour l’ensemble de nos hommes une référence. De tous les sergents, les soldats voulaient entrer au service d’Apodis. Aujourd’hui ils te tournent le dos ! " Apodis - " Ces hommes ne sont pas ceux que tu crois, un soldat m’a confié il y a peu, avant de mourir que… " Anikeï - " Non, non Apodis. Je refuse d’en entendre plus. "
Le slave tourne les talons à son alter ego. Les poings serrés, grelottant, il affirme avant de partir : Anikeï - " Tu sais que j’ai le don de prémonition. " Le silence d’Apodis est pris pour une réponse affirmative. Anikeï - " Apodis, je ne sais pas vers quel chemin tu t’égares, mais depuis plusieurs semaines, j’ai des visions de toi, m’ôtant la vie. " Apodis essaie de retenir son frère d’arme : Apodis - " Anikeï, non… " Anikeï - " Ravise-toi Apodis. Abandonne cet étrange ressentiment, qui t’occupe actuellement. Fais quelque chose, sinon il sera trop tard. " Le chevalier de Cassiopée laisse l’Oiseau de Paradis seul, extrêmement seul, trempé jusqu’aux os et noyé de doutes…
Plus loin, au palais d’Hébé, l’homme encapuchonné qui épiait dans le bois, rend son rapport à sa majesté, entourée de Juventas et d’¼dipe. Le soldat, vêtu d’une armure et de vêtement bleus, appartient à ce qu’il reste de l’armée d’Hébé, c'est-à-dire quinze soldats. L’inquiétude de Juventas est donc palpable : Juventas - " L’avez-vous compris majesté ? La tension est à son comble, les soldats athéniens sont de plus en plus proches d’une révolte. Sans compter que notre peuple est excédé. Seul ce chevalier Apodis semble respecter les engagements pris lors des négociations pour l’occupation de notre île par le Sanctuaire. "
Plus bas, au pied de l’esplanade sur laquelle siège Hébé et ses Alcides, aux côtés du soldat agenouillé, le grand prêtre, Acis, celui qui a recueilli et élevé Saga et Kanon, réagit : Acis - " Il est vrai majesté, que l’attitude des athéniens s’est dégradée ces dernières semaines. Désormais l’instruction militaire de nos jeunes enfants est donnée par la milice athénienne et, le moins que l’ont puisse dire, c’est que le bourrage de crâne exercé a l’effet escompté par le Sanctuaire. Vous ne disposez plus dans vos rangs, que de trois Alcides et de quinze soldats. Les vivres viennent de moins en moins au château, il faut compter sur la clandestinité de nos habitants pour apporter ici de quoi nous nourrir. Combien de temps le Sanctuaire attendra-t-il encore avant d’envoyer quelqu’un vous ôter votre vie ? D’autant plus qu’un Saint est déjà parvenu en ces lieux ! "
La jolie jeune femme blonde qu’est la divinité finie par faire taire toute tentative de révolte de son prêtre : Hébé - " Je refuse catégoriquement de m’opposer à la volonté du Sanctuaire. Le peuple hébéïen a déjà essuyé trop de pertes pour que je le condamne par une tentative de rébellion. Je compte sur les capacités de Juventas, ¼dipe et Baucis pour assurer ma protection. "
Acis s’offusque : Acis - " Et Baucis, où est-elle justement ? "
La seconde d’Hébé, au masque froid et dévêtue de sa Cloth, Juventas, répond immédiatement : Juventas - " Il s’agit de son jour de permission aujourd’hui. Comme chacun d’entre nous se voit accorder une journée à tour de rôle. "
Hébé souhaite mettre fin à tout ceci : Hébé - " Bien, merci soldat pour ton rapport. Vous pouvez disposer à présent, je souhaite m’entretenir seule avec Acis et mes Alcides. "
Le messager ainsi que les servants prennent congés…
Extrême nord de la Sibérie, Blue Graad :
Dehors, à proximité des habitations abandonnées de Blue Graad, aux frontières du domaine, malgré une tempête de neige, le mètre quatre-vingt-quatre de l’enfant du pays ne semble pas inquiété. Pas plus que Ksénia dont l’allure plus frêle, renferme une cosmo énergie encore plus grande.
Les deux conversent à l’abri des regards, inquiets, après la démonstration de la jeune russe. Depuis leur rencontre il y a cinq ans, Alexer retrouve enfin celle dont il est tombé éperdument amoureux. Elle est devenue une jeune femme, encore plus ravissante qu’il ne l’imaginait. Finalement, il succombe au besoin de la toucher en prenant dans ces mains, devenues celles d’un homme, le visage angélique de la demoiselle en se congratulant : Alexer - " Tout fonctionne comme tu l’avais prévu. Ma main mise sur le commerce avec le Sanctuaire prive le royaume de vivre et nos excursions répétées en des lieux stratégiques du domaine renforcent ma côte de popularité auprès des habitants de la citée. Mon père se prépare contre une attaque imminente et sa garde est en état d’alerte. Le stress et la faim, m’apportent de plus en plus d’adeptes. La victoire est à ma portée ! " Tandis qu’elle se défait de l’emprise du Blue Warrior, le doux accent slave de Ksénia prend un ton bien inhabituel : Ksénia - " Calme tes ardeurs jeune prince ! Réfléchis donc un peu pour une fois ! " Les cheveux clairs, mi-longs, balayés par les bourrasques, Alexer reste impatient : Alexer - " Voyons, c’est le moment ou jamais ! " D’une voix calme, mais pas moins autoritaire pour autant, Ksénia le ramène à la raison en plaquant sa main contre la robuste poitrine du sibérien : Ksénia - " T’ai-je déjà été de mauvais conseil ? " Alexer baisse le ton, tout en souriant timidement au contact tactile qu’a instaurée son interlocutrice : Alexer - " Non il est vrai. J’avais à peine onze ans à l’époque où tu es venue me trouver, alors que je venais d’être banni par mon père. Sans tes conseils avisés je n’en serai pas là aujourd’hui. Toutefois, il me tarde de devenir maître de Blue Graad et d’offrir à mon peuple la chaleur qui lui est due. " Elle lui tourne aussitôt le dos, brisant le charme qu’elle a instauré : Ksénia - " Cette réussite que je t’offre te monte à la tête. Chaque chose en son temps, n’oublie pas. Il est encore trop tôt pour t’assurer la victoire contre ton père. Il est préférable de décourager encore quelques mois l’armée et le peuple en réussissant des actions militaires comme je t’en ai fais entreprendre jusqu’à présent. Les forces armées de ton père sont encore nombreuses malgré tout et il vaut mieux aller de petites victoires en petites victoires plutôt que de se jeter dans la gueule du loup et rendre du baume au c½ur à tes ennemis par le biais d’une défaite cuisante. Ainsi tu prendras le temps de renforcer ton armée, pendant que les hommes de la citée abandonneront celle de Piotr. " Alexer rattrape la main de Ksénia en constatant confus : Alexer - " Oui, tu as raison. " Elle regarde le jeune garçon s’agenouiller à ses pieds : Ksénia - " Le deuxième point concerne ton projet de conquête. Tes rangs seront fortement diminués après ton coup d’état. Même sans cela, vous ne serez pas assez nombreux pour prétendre écraser le Sanctuaire. " Alexer perd aussitôt les nerfs et se redresse, abandonnant par ce geste toute révérence : Alexer - " Je croyais pourtant que ton but avoué était également que je renverse le Sanctuaire ! " N’admettant pas qu’Alexer se défasse ainsi de son autorité, Ksénia hausse la voix : Ksénia - " C’est le cas, mais il y a bien des façons intelligentes d’y parvenir ! Ton peuple n’est pas le seul, à se sacrifier pour la sauvegarde du monde. La princesse Hilda de Polaris gouverne un peuple qui subit comme toi les rudesses du climat et tout ce que cela impose. " Alexer - " Tu proposes que je lui confesse mes projets ? " Ksénia - " Hilda est la représentante d’Odin. Avec l’aide des Guerriers Divins, dont la force est équivalente à celle des Saints d’or, vous aurez toutes vos chances pour conquérir le monde. Le prince et la princesse des royaumes du grand nord, gouvernant main dans la main l’univers ! " Alexer est dubitatif : Alexer - " Cependant j’aurai aimé croire que tu veuilles justement partager cette planète avec moi, plutôt que je reste conjointement lié à Hilda. " Ksénia entoure aussitôt de ses fins bras le cou d’Alexer et vient lui prendre un baiser suave, avant de l’apaiser : Ksénia - " Hilda n’est qu’une étape. Gagne sa confiance et prend le temps de vous offrir un trône, avant de m’y installer à sa place. " Convaincu, Alexer cherche à l’embrasser à son tour, avant qu’elle ne se retire en souriant avec élégance : Ksénia - " D’abord confier à tes hommes l’attaque de la citée par petites salves, comme c’est déjà le cas. Pendant ce temps tu enrôleras Hilda. Mais ne tarde pas, le grand cataclysme, ce même phénomène qui a éradiqué la quasi-totalité de la population il y a des années, semble se répéter en notre époque. Les températures chutent davantage chaque jour, la neige devient aussi tranchante que des piques de glaces et le vent glace de plus en plus le sang. " Puis, tout en le fixant, elle marche en arrière d’un pas léger et lent, jusqu’à ce qu’elle ait gagné assez de distance pour s’effacer dans l’horizon en laissant son image s’évaporer au gré du vent.
Alexer reste de longues minutes à fixer la dernière image qu’il a de son ange gardien, tout en embrasant sa cosmo énergie ce qui interpelle ses hommes qui sortent de leur tanière. Ensemble, ils crient en ch½ur : « Seigneur Alexer ! » Ils sont ainsi près d’une trentaine, hommes et femmes, à venir se prosterner dehors malgré le mauvais temps.
Le maître continue de leur tourner le dos, tout en donnant les directives : Alexer - " Je vais confier le commandement de mon armée au plus vaillant d’entre vous, pour poursuivre notre travail ici. Pendant ce temps, dix d’entre-vous m’accompagneront à Asgard pour tenter d’acheter les services d’Odin. J’ai besoin de volontaires. Au nom du succès de Blue Graad, qui veut venir avec moi ? " Parfaitement assujettis, ils lèvent tous les bras aux cieux en hurlant : « moi ! » Alexer reste absorbé par l’horizon, tout en affichant un rictus diabolique…
Sur l’île d’Yíaros :
Quelques serviteurs d’Hébé quittent le palais pour regagner leurs loges, suppléés par d’autres valets. Parmi les membres qui prennent congés, l’un d’entre eux, présent il y a encore quelques minutes auprès d’Hébé, pour porter sur ses épaules d’épaisses jarres de vin et en verser dans le verre de sa bienfaitrice, s’engage discrètement dans les ruelles sombres du village le plus proche afin de sortir discrètement de la place principale et gagner une bâtisse en ruine près des champs.
A l’intérieur de celle-ci, les gouttes d’eau s’écrasent sur le sol boueux, par les nombreuses fuites qui viennent du plafond. Une petite lumière entretenue par une torche permet de dessiner la silhouette de trois soldats athéniens, couverts de capes aux tissus rapiécés. Les trois gaillards encerclent un homme, assis sur une chaise au bord d’une table au bois rongé par les thermites. L’homme en question ne dévoile pas son identité au visiteur, il reste tapi dans l’ombre que lui font ses robustes gardes du corps. A sa voix roque, il est pourtant facile de le reconnaître, pour quiconque occupe les rangs athéniens : Taishi - " Assieds-toi hébéïen. " Peu rassuré, le serviteur avale sa salive, en se positionnant sur la chaise, à l’autre bout de la table. Son mystérieux interlocuteur lui balance un sac de sacres. L’homme ramasse aussitôt la bourse qu’il camoufle sous ses vêtements trempés. Taishi - " Alors, que dois-je encore savoir ? " Serviteur - " Le grand prêtre, Acis, connait tous les accès au château. Tous. Ca je vous l’ai déjà dis. Par contre aujourd’hui, j’ai réussi à apprendre que les trois Alcides se voient autoriser un jour de repos chacun leur tour. Or, Baucis, ne répond jamais à ses heures de garde. Je le sais car seule Juventas et seul ¼dipe protègent la déesse Hébé lorsque l’un ou l’autre a sa permission. Baucis est très courtisée par les hommes et sa majesté Hébé le sait. Par conséquent, elle l’autorise à profiter de sa jeunesse en toute insouciance. Cela a toujours été. " Taishi - " Donc si j’ai bien compris, lorsque Juventas ou ¼dipe sont en permission, Hébé n’est protégée que d’un Alcide au lieu de deux. " Honteusement, le cupide domestique baisse la tête et répond avec dégoût pour lui-même : Serviteur - " C’est bien ça. "
Il est facile dans la pièce d’entendre Taishi remplir ses poumons d’air avec une certaine satisfaction. C’est seulement lorsqu’il dégage l’oxygène qu’il a absorbé, qu’il invite l’homme à prendre congé : Taishi - " J’en sais suffisamment désormais. Je te laisse retrouver ta liberté et profiter de cet argent que tu as honnêtement gagné. " L’homme doute lui-même du sens du mot « honnêteté » employé par Taishi. Tandis qu’il ouvre la vieille porte en bois qui clôt la ruine, le domestique sent une étrange douleur lui brûler les nerfs à hauteur du cou. Sa tête se détache de son corps et s’échoue dans le sol boueux. Taishi - " Désolé esclave, mais rien ne pouvait m’assurer que tu garderais pour toi le complot que je dresse contre ta déesse. " Il ramasse le sac de sacres qu’il a donné auparavant et le balance à ses trois soldats : Taishi - " Tenez, partagez-vous ça. "
A l’ouest de l’île, au bord d’une falaise, de la lucarne d’une maisonnette s’échappe la lueur d’un feu de cheminée. A l’intérieur de son logis, Baucis, étendue nue dans ses draps, découverte de son masque, observe le mètre cinquante-huit de Philémon. Habillé d’un unique pantalon, le chevalier de bronze est absorbé par les gouttes de pluies qui s’écrasent dehors sur le sol. Baucis - " Tu es bien pensif. Quelque chose te tracasse ? " Perturbé par le comportement des siens auprès des hébéïens, Philémon tâche de ne pas évoquer les incidents qui l’ont amenés à rencontrer l’Alcide qui occupe sa vie. Il se contente simplement d’offrir une mine peu rassurée, ses grands yeux bleus ne pouvant dissimuler les doutes qui l’assaillent. Philémon - " Ce n’est rien, je dois rentrer. L’heure tourne, mon tour de garde va arriver. "
Après avoir ramassé ses affaires, il quitte la demeure de sa bien-aimée, non sans lui déposer un délicat baiser. Toutefois, le retour au temple d’Héraclès qui sert désormais de base à l’armée athénienne, lui semble plus court qu’à l’accoutumer. Il faut dire que ses préoccupations ne lui laissent pas l’occasion de voir le temps passer. « Comment un peuple aussi docile envers l’envahisseur après la guerre, peut-il être de mauvaise foi ? », se demande-t-il. « D’autant plus, Hébé n’a jamais cherché à manifester sa colère à l’encontre de l’occupation athénienne. Pourtant, elle dispose encore d’Alcides qui surclassent les Saints de bronze présents sur l’île… », poursuit-il. Bref, autant de questions sans réponses, alors que l’évidence lui saute aux yeux.
En traversant le village principal, celui où est érigé le temple d’Héraclès, Philémon remarque que les villageois respectent le couvre-feu à mesure que la nuit tombe. Le caporal Pullo et le reste des troupes athéniennes veillent à la mise en application de celui-ci, ils déboulent dans la rue et n’hésitent pas à arrêter les contrevenants. Pire, les interventions se font de plus en plus répressives et il n’est pas rare ces dernières semaines de voir des hébéïens empalés par une lance athénienne pour la moindre faute.
Heureusement, ce soir il y a peu de chance de voir de tragédie se produire. La météo délicate dissuade quiconque de vouloir profiter de l’air extérieur.
A l’écart des escortes, Apodis couvert de sa Cloth de l’Oiseau de Paradis reste assis sur une statue de la déesse Hébé, abattue et écroulée en plusieurs blocs de pierre dans l’herbe d’un ancien parc entretenu par les prêtres à leur arrivée. Sous le déluge, la tête inclinée légèrement sur le côté, les mains derrière le dos pour maintenir l’appui de son corps, il scrute à la fenêtre de leur logement les instants de tendresses partagés par une mère et son enfant. Son visage se décrispe inconsciemment et arbore un sourire quasi niais.
Philémon ne tarde pas à rejoindre son frère d’arme. Sans en demander la permission, il s’assied à côté de son compatriote et adopte la même attitude que lui : Philémon - " Belle petite famille n’est-ce pas ? " Apodis - " Elle me rappelle ma femme et mon fils. Ils me manquent terriblement. " Philémon - " J’ai pourtant la nette impression que tu as repris goût à la vie ces dernières semaines. Leur présence dans ta vie ne doit pas y être étrangère. " Le Saint du Lièvre fait allusion à la maman et sa petite fille qui ne sont autres que Juventas et sa fille. La mine détendue d’Apodis fait office de réponse et de confesse. Apodis - " L’Alcide des Juments de Diomède m’a rappelé l’objet de ma vie de chevalier. Quant à sa fille, tout en elle me rappelle mon petit garçon. Il aurait eu le même âge qu’elle aujourd’hui. J’ai vraiment du mal à croire qu’Athéna soit capable de vouloir instaurer à de si jeunes enfants des années d’occupation et de guerre, tel que c’est le cas aujourd’hui. " Philémon n’a jamais douté d’Apodis et profite des confidences de celui-ci pour rajouter : Philémon - " Volonté d’Athéna ou non, nous lui devons allégeances. Mais je t’avoue que moi aussi je suis lassé de cette dictature que nous conduisons ici. Malheureusement, mis à part Carina que je sais dans la même situation que nous, rares sont nos hommes prêts à ouvrir les yeux. Chaque jour, de nouvelles garnisons, remplies des plus virulents soldats au service du général Gigas, relèvent les moins douteuses… "
L’entourage. Oui, c’est bien notre entourage, qui nous aide à comprendre nos forces et nos faiblesses, à nous faire distinguer le bien du mal. Tandis qu’Alexer comptait sur de fidèles soldats et sur une Ksénia manipulatrice, moi j’étais cerné. Nous étions peu à comprendre le malaise qui planait. Ils furent bien trop nombreux à l’accepter. Malheureusement, tôt ou tard, il nous fallait agir…
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« le: 11 Août 2012 à 22h35 »
Bienvenue McPatoche.
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« le: 11 Août 2012 à 22h33 »
PARTIE 2
En Grèce, sous l’Aréopage :
De nouveau dévêtu, admirant avec fierté son armure, trophée de son ambition, Vasiliás est allongé dans un bassin à l’eau chaude. Installé dans les thermes qui jouxtent sur les flancs la pièce principale où siège le trône d’Arès, le nouvel homme fort du dieu se fait laver le corps par six jolies servante. Elles l’accompagnent dans le plus simple appareil à l’intérieur de l’onde chauffée en permanence par la lave entourant l’îlot sur lequel est installé le sanctuaire.
Cependant, Vasiliás n’a d’yeux que pour la magnifique russe venue le retrouver et qui reste un mystère. Celle-ci, habillée légèrement comme à son habitude, a ôté ses escarpins pour baigner ses pieds délicats dans le fluide ardent. Le Berserker de la Royauté l’interroge : Vasiliás - " Alors toi aussi Ksénia tu es au service d’Arès ? " D’un magnifique accent slave, l’Ange répond : Ksénia - " Absolument pas. Je ne suis que le messager de mon maître. " Vasiliás - " Qui est ? " Elle reste floue et fuit le regard insistant du bel homme qui lui fait face à l’autre bout du bassin : Ksénia - " Qui est une entité dépassant ton entendement et dont les intérêts seront trouvés si tu parviens à ton but. " L’américain se relève et laisse son corps s’engloutir dans le bassin profond d’un mètre non sans s’être, délicatement et respectueuse, défait de l’attention des servantes. Il traverse le bain en arborant son torse magnifiquement sculpté et marqué par quelques cicatrices témoins de son histoire faite de violence. Arrivé à elle en restant absorbé par son regard, très lentement, en laissant ses mains sous l’eau, il vient effleurer la voûte plantaire de la vénusté puis remonte ainsi délicatement jusqu’à ses mollets. Ksénia finit par s’abandonner aux plaisirs de telles caresses. Elle laisse sa tête tomber en arrière et arbore ainsi son frêle cou que viennent délicatement baiser les lèvres de Vasiliás. L’athlète dépose son torse sur lequel perlent d’innombrables gouttes d’eau contre la jeune femme encore assise. Il l’attire ainsi toute vêtue dans l’eau en savourant sa chair sous les yeux envieux des servantes…
En Grèce, au Sanctuaire :
Une fois la traversée par le passage secret de la maison des Gémeaux achevée, Aphrodite engage la montée des marches du Cancer. Ses pieds traînent sur le sol inondé par la pluie battante, son armure d’or est couverte de boue jusqu’aux genoux après les kilomètres marchés dans la journée. Son opulente chevelure, si soignée à l’accoutumer, s’est lissée sous l’effet de l’eau.
« Deathmask n’est pas là. Il ne verra donc aucun inconvénient à ce que je passe à l’intérieur de son temple pour m’abriter le temps de franchir cette étape. », s’imagine-t-il. Il met sa réflexion à exécution et écrase sans le moindre dégoût les visages qu’il répugne à toucher habituellement en raison de leur laideur et de l’expression défaitiste qui s’en dégagent.
Soudain, une odeur vient chatouiller ses papilles gustatives alors qu’il approche la sortie. Ce parfum gomme l’émanation de putréfaction qui domine ce temple. Son regard se dirige alors sur la petite porte en bois située discrètement au fond à droite de la maison, au même emplacement que celle des autres demeures zodiacale. Aussitôt, un sourire perfide ruine son visage rayonnant de beauté.
Derrière la porte, la tendre Lilith, prépare son repas en l’absence de son ancien bourreau et désormais amant. Elle fredonne un air gai pendant qu’elle remue la marmite suspendue au-dessus du feu de cheminée.
De façon inattendue, elle est prise de panique en entendant taper des mains comme pour la féliciter. Elle se cramponne la poitrine, comme si elle voulait retenir son c½ur prêt à bondir en dehors après la frayeur qu’elle vient d’avoir. Cette peur n’est rien face à celle qu’elle éprouve en identifiant le suédois, complice de Deathmask durant sa captivité, en appui contre l’encadrement de porte. Aphrodite - " Cela m’a l’air très bon ce que tu as préparé à manger Lilith. " La pauvre devient toute tremblante : Lilith - " Me… Merci… Je… Je l’ai préparé en attendant que le Saint d’or du Cancer rentre. Il ne devrait pas tarder. " Aphrodite ricane en faisant un signe négatif avec l’index de sa main droite : Aphrodite - " Non, non, non. Lilith, petite menteuse, tu sais comme moi que Deathmask ne rentrera pas ce soir car il est en mission. " Beaucoup moins vite qu’à la vitesse de la lumière, mais suffisamment vif pour dépasser l’entendement humain, Aphrodite est maintenant derrière Lilith. Il lui caresse puis lui respire les cheveux : Aphrodite - " Hum… Ce parfum… Il me rend toujours aussi ivre. Je comprends mieux maintenant pourquoi Deathmask voulait te garder pour lui seul. " Lilith n’ose pas bouger, elle se contente de déclarer : Lilith - " Vous ne pouvez rien me faire. Deathmask ne vous le pardonnera pas. " Aphrodite - " Mais il n’est pas là. Et il ne le saura jamais puisque tu es censée être morte. Imagine qu’il veuille trahir notre amitié pour te venger. Le Pope le punira pour avoir voulu me défier et surtout pour ne pas avoir obéi à ses ordres qui étaient de t’éliminer. Je suis sûr que tu voudrais qu’il n’arrive aucun mal à ton Deathmask chéri n’est-ce pas ? " Elle se contente de remuer la tête pour faire comprendre que non. Les larmes commencent à lui venir : Aphrodite - " Allons, allons. Lilith… Sais-tu que c’est moi qui t’ai trouvé ce joli nom ? Cela prouve bien que j’ai du goût, que je suis distingué. Tout ce qui peut te plaire n’est-ce pas ? " Lilith reste les bras tendus le long du corps, les poings serrés. Devant ce refus déguisé, Aphrodite s’irrite : Aphrodite - " Bien, puisque tu refuses que tout se passe en douceur : déshabille-toi et agenouille-toi sur le lit ! " La pauvre jeune femme retient ses larmes et obéit sous l’½il ravi d’Aphrodite. Cependant, à mesure que la malheureuse ôte ses vêtements, Aphrodite grimace. Son esprit est absorbé par cette vision d’horreur où il voit Myrrha en compagnie de Milo. Dans les bras du Scorpion, nue et enlacée. Aussitôt, la nausée lui vient à mesure qu’il se dégoûte lui-même du traitement réservé à cette innocente. Désenchanté, il tourne la tête et ordonne : Aphrodite - " Li… A… Arrête Lilith. Rhabille-toi. " Elle demeure quelques secondes à demi-nue et sans réaction, ne comprenant pas le revirement soudain du Saint d’or et craignant qu’il ne s’agisse d’une nouvelle ruse perverse.
Cependant, le désappointement d’Aphrodite est palpable. Une larme roule même sur sa joue en passant à proximité de son grain de beauté. En se levant, il soupire : Aphrodite - " Je n’ose même pas imaginer pouvoir te demander de me pardonner pour tout ce que j’ai pu te faire. "
Il tourne les talons et quitte la chambrette du Cancer pour enfin prendre la direction de la sortie de la quatrième maison.
Toujours pas rhabillée, la douce Lilith court rattraper le Saint : Lilith - " Seigneur Aphrodite ! Seigneur Aphrodite ! " Aphrodite s’immobilise lorsque Lilith arrive dans son dos. Au beau milieu des masques de mort, la jeune femme à l’apparence fragile, en contradiction avec un caractère armé de courage, demande innocemment : Lilith - " J’ai pris l’habitude de cuisiner pour deux et… Il me restera de la nourriture sur les bras alors… Alors je voulais savoir si vous vouliez vous joindre à moi pour ce repas. " Elle remarque qu’Aphrodite baisse la tête de nouveau. De peur de l’avoir froissé, elle débite rapidement ces quelques mots : Lilith - " Ah, bien évidemment il s’agira d’un modeste repas et chacun sera libre de dîner en silence si bon lui semble. "
Telle une statue de marbre, le chevalier ne réagit pas. Prenant cela pour un refus, Lilith fait la moue et reprend la direction de sa chambre. A mi-chemin, elle est interpellée par le ton posé du suédois : Aphrodite - " J’accepte. A la seule condition que tu sois en mesure d’écouter ce que j’ai à te raconter. "
Arrivée devant sa porte, Lilith sourit avec malice : Lilith - " C’est comme si votre dîner était déjà servi ! "
En Grèce, sous l’Aréopage :
Les mains délicates des servantes savonnent avec soin les corps épuisés de Vasiliás et de Ksénia. Avec sensualités, elles caressent leurs bassins, leurs poitrines et le reste de leurs anatomies qu’elles rincent en versant des jarres d’eau sur leurs épaules.
Depuis la fin de leur échange, Vasiliás n’a de cesse de dévorer Ksénia du regard alors que celle-ci se hâte de récupérer ses vêtements séchés. Il l’observe quitter le bain et se faire essuyer le corps par de grandes serviettes de coton blanches qu’appliquent sur ses formes généreuses les domestiques.
Vasiliás sort rapidement de l’eau, sa peau dégageant une épaisse fumée due à la chaleur de l’eau par rapport à la température extérieure. Il se précipite vers elle : Vasiliás - " Alors tu me quittes déjà ? " Ksénia - " Ma mission n’est pas encore achevée. Loin de là. Nous nous reverrons très certainement lorsque tu auras réuni une grande armée. " Vasiliás - " Et durant tout ce temps ? Ne te reverrais-je point ? " Ksénia - " Mon absence te sera-t-elle si insoutenable ? Tu sembles pourtant bien entouré ici. " Vasiliás - " Depuis notre enfance, depuis cette fois où je t’ai rencontré au Sanctuaire d’Athéna, tu n’as de cesse de nourrir mes pensées. Je ne supporterai pas de savoir celle qui est l’objet de mes rêves loin de moi, sans savoir où et avec qui ? " Ksénia - " Crois-tu vraiment que je puisse considérer vrais de tels propos lorsqu’ils sortent de la bouche d’un homme qui se veut devenir roi ? Tu as bien d’autres convoitises que moi. Ton projet doit te toucher au plus profond de ton c½ur avant que vienne ma personne. " Vasiliás - " Pour devenir roi j’aurai beau traverser de longs déserts, me relever malgré toutes les souffrances que je devrais endurer, être seul contre tous... jamais cela ne me touchera plus que toi. Savoir que durant ces instants où je risquerai ma vie d’autres en profiterons pour gagner auprès de toi du terrain et du temps… cela me fait peur, j’ai peur de ne plus faire partie de tes envies, je brûle déjà d’imaginer que d’autres rêves de ta peau… " Ksénia l’interrompt en posant avec dextérité ses doigts sur ses abdominaux : Ksénia - " Depuis l’instant où mon maître t’a choisi pour devenir celui qui fera basculer le sort du monde, je n’ai de cesse de suivre ta vie. Je suis et je resterai celle qui garde tes nuits, l’invisible présence qui te tendra la main qui viendra te chercher si jamais tu viens à tomber. Je suis ton ombre, ton dernier repli. " Vasiliás attrape le poignet de la belle réincarnation : Vasiliás - " Hélas j’attends davantage. Tu es un mystère pour moi. " Ksénia se libère de la douce prise de son protégé et lui tourne le dos en direction de la sortie. Au son de ses escarpins sur les dalles de marbres se mêle son accent slave : Ksénia - " N’est-ce pas ce qui t’attire le plus chez moi, ce mystère qui m’entoure ? " Puis, elle écarte des deux bras la grande porte de la salle d’eau appartenant aux appartements d’Arès. Avant de disparaître dans la lueur écarlate du hall principale, elle adresse un clin d’½il fripon à son amant. Vasiliás reste debout, nu, tandis que les esclaves lui sèchent le corps de la même manière que Ksénia.
Sicile, Mont Etna :
La nuit est tombée sur l’île italienne. Un silence de mort domine la falaise grimpée sans grande difficulté par le régional de l’étape. Il présente une grande aisance à sauter de roche en roche là où aucun homme dénué de cosmos n’est parvenu vivant depuis la nuit des temps.
Lorsqu’il parvient enfin au sommet de ce mont délicat, il est attendu par un jeune homme qui croise les bras en affichant un sourire malicieux. Ses longs cheveux argentés sont soulevés par le vent qui souffle si puissamment au bord du précipice et ses grands yeux bleus détaille avec admiration son professeur. Mei - " Etiez-vous si impatient de me retrouver au point de venir jusqu’ici à une vitesse telle que votre cosmo énergie pouvait être distingué à des milliers d’années lumières maître ? " Le professeur se réceptionne enfin jusqu’à lui, chargé comme une mule avec deux Pandora Box sur le dos : Deathmask - " Tu exagères Mei. « Des milliers d’années lumières », je n’irai quand même pas jusque là ! " Le Cancer retire les lanières de l’urne de sa Cloth et la laisse choir sur le sol. Il attrape celles de l’armure de bronze qu’il a ramené et la balance contre son élève. Le jeune japonais la saisit en plein vol : Mei - " Qu’est-ce donc que ceci ? " Deathmask - " C’est la récompense pour tes années d’entraînement ici. Le Grand Pope a accepté que je l’amène jusqu’ici pour que la Cloth te reconnaisse d’elle-même lorsque l’heure sera venue de te faire chevalier. "
L’adolescent tournoie tout autour de la boite métallique en manifestant sa joie comme le ferait un enfant devant son cadeau de Noël. Deathmask vient attraper la tête de son apprenti pour la coincer sous son bras : Deathmask - " En attendant, ce n’est pas dans une tenue pareille que tu parviendras à donner envie à l’armure de t’en faire propriétaire. "
Il est vrai que la tenue de Mei, semblable à celle de tous les apprentis au Sanctuaire, a besoin d’un bon lavage et de quelques points de couture. Son maillot et son pantalon jaune pâle sont effilochés, les bandelettes de papiers qui bardent ses avant-bras et ses biceps sont arrachés et ses spartiates tiennent encore par on ne sait quel miracle.
Celui que la fondation Graad a amené ici il y a cinq ans se contente de hausser les épaules : Mei - " Le chevalier Epione s’occupera de me recoudre tout cela. Elle a été bien bonne avec moi durant votre absence. " Le visage illuminé après avoir entendu le prénom d’Epione, Deathmask confirme : Deathmask - " Je n’en aurai pas douté. "
Ses yeux se lèvent aussitôt sur une petite bâtisse dressée à la pointe d’une roche. Sur le porche de laquelle l’attend la femme chevalier. Le visage caché sous un masque jaune quasi inexpressif, la Saint de bronze du Serpent est à peine vêtu d’un long morceau de voile qui couvre son intimité en partant du bas ventre pour venir frotter le sol. Sa poitrine généreuse n’est dissimulée que par sa Cloth qui forme un très léger bustier couleur or. Une légère ceinture enserre son bassin nu, tandis que seules quelques pièces de couleur marine protègent ses tibias et ses poignets s’accommodant à merveille à ses cheveux violets coupés au carré. Epione - " Deathmask… Voici bien longtemps que j’attends ton retour, mon amour. "
En Grèce, au Sanctuaire d’Athéna :
La nuit est tombée depuis quelques heures à présent. Le vent qui s’insinue dans la quatrième maison du zodiaque s’apparentent à des hurlements humains. Comme si les masques de morts expriment leur souffrance.
Néanmoins, derrière la porte en bois de la chambrette de Deathmask, autour de la lueur d’un feu de cheminée, une atmosphère accueillante règne. La petite table garde encore les couverts et les restes du repas devant deux tabourets vides. Les chuchotements d’un homme accompagnent les craquements du bois dans le feu tandis que les lourdes paupières de sa confidente vacillent sous la fatigue. Côte à côte, couchés tous les deux dans le lit, elle dans ses draps et lui au-dessus, dans son armure d’or, Aphrodite et Lilith achèvent leurs retrouvailles mieux que le Saint des Poissons n’avait voulu les commencer.
Il attend enfin que l’amante de son ami italien soit définitivement endormie pour reprendre le chemin du douzième temple du zodiaque. Tout le long de sa route, il ne pu s’empêcher d’afficher un sourire hébété. « Sacré Deathmask. Je comprends mieux à présent pourquoi tu as affiché auprès de cette femme ta vraie nature. Moi-même je n’ai pu résister à cette bonté qui émane d’elle. Sans doute est-ce le chagrin d’amour que j’éprouve qui m’a permis d’ouvrir les yeux. Toujours est-il que cette déchirure plus jamais je ne veux la ressentir. Plus jamais je ne veux la faire subir. Il me faudra du temps pour cicatriser, mais je sais que toi, mon ami, et ta compagne, serez là pour m’épauler. », pense-t-il sincèrement en observant les étoiles de la constellation du Cancer.
Passé de l’ombre à la lumière, Vasiliás en rêvait. Si ses projets étaient trop radicaux pour être acceptés au sein de la chevalerie d’Athéna, Arès avait trouvé le candidat idéal pour lui permettre de se débarrasser du Sanctuaire…
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« le: 25 Juillet 2012 à 17h04 »
L’été s’achevait pour moi sur des doutes. J’étais tellement tourmenté par les événements inquiétants de Yíaros que je ne pouvais soupçonner qu’à quelques kilomètres du Sanctuaire, dans le repère du reclus Arès, l’avènement d’un homme avait lieu…
Chapitre 33 - Le sacre du roi
En Grèce, au Sanctuaire :
2 septembre 1985. Des éclats de rire animent cette journée bien sombre. Le ciel est obscur et les orages persistent. Dans la quatrième maison du zodiaque, les anecdotes évoquées par Deathmask au sujet de l’apprentissage inculqué à son disciple arrachent à Lilith un fou rire.
L’italien présente un tout autre visage lorsqu’il parle de son élève resté en Sicile. Ses yeux brillent comme s’il parlait de son propre enfant.
Lilith ne s’imagine pas qu’hormis elle, quelqu’un a pu émouvoir son amant.
Seulement, l’objet de ces souvenirs provient d’un ordre de mission laissé sur une Pandora Box de bronze : Lilith - " J’aimerai tellement pouvoir t’accompagner en Sicile. " Deathmask - " Je préfère te savoir ici. Même si je pars pour une année, tu seras plus en sécurité dissimulée dans ma demeure. J’ai sommé un garde de venir déposer ici le ravitaillement qu’il a pour ordre de me déposer habituellement. Il le déposera à l’entrée du palais du Cancer, tu ne manqueras de rien. Je dois veiller à ce que Mei soit désormais prêt à devenir Saint. Le Grand Pope a senti en son cosmos la constellation de la Chevelure de la Chevelure de Bérénice. " Lilith - " Dans ce cas je veillerai à ne pas me faire remarquer ici en ton absence. " Deathmask reconnaît la subordination de sa compagne. Il lui sourit affectueusement en lui offrant un tendre baiser.
Enfin, il ramasse sa Pandora Box ainsi que celle de bronze qu’il calle au-dessus de la sienne puis quitte sa demeure.
En Grèce, sous l’Aréopage :
Sous terre, à des kilomètres de profondeur, bien en dessous de ce lieu touristique où étrangers et locaux ont déserté en raison de la pluie, le sanctuaire d’Arès est animé par le son d’une cornemuse du diable. Cet instrument, dont on joue à l’aide de plusieurs claviers et d’un pédalier, plus communément connu sous le nom d’orgue, produit à l’aide de ses tuyaux sonores alimentés par une soufflerie, un retentissement infernal dans l’ensemble du temple en forme de cône.
Placé au rez-de-chaussée, au fond de la pièce principale où siège le trône d’Arès, les longs et larges tuyaux de l’orgue dégagent bourdonnement qui atteint chaque niveau du temple.
Aux étages, les soldats et les serviteurs écoutent avec effrois ce morceau aux allures funestes.
Au sommet du cône, dans la chambrée la plus haute, marbrée du sol au plafond comme l’entièreté de l’Aréopage, le mystérieux Ange de l’Olympe réincarné, Ksénia, veille sur l’objet de sa mission, Vasiliás. Alité depuis qu’elle l’a secouru, le jeune homme n’est pas encore sorti du profond coma dans lequel ses terribles combats l’ont plongé. Lavé chaque jour, la barbe et les cheveux rasés régulièrement par les esclaves, le visage de Vasiliás parait serein. Ses hématomes ont disparu et ses plaies ont cicatrisé. Ses doigts bougent et ses sourcils se froncent régulièrement. Il est sur la voix de la guérison.
Les sons brutaux atteignent la chambre de l’américain dont les paupières crépitent. Ses beaux yeux bleus aux reflets verts n’ont pas de mal à s’habituer au scintillement des flammèches tant elles sont tamisées par les parois cristallines sanguines. Toutefois, sa vue est encore trouble et ne lui permet pas de reconnaître tout de suite Ksénia : Sa voix, d’abord enrouée, demande : Vasiliás - " Où suis-je ? " Ksénia - " Dans le sanctuaire du dieu Arès, l’Aréopage. " L’accent slave de la vénusté ne peut échapper au convalescent qui identifie immédiatement son interlocuteur : Vasiliás - " Ksénia… C’est toi ? Je te cherche depuis si longtemps… " La demoiselle brune vient lui cueillir la main : Ksénia - " Et moi je t’observe depuis toujours. " Vasiliás - " Que faisons-nous chez Arès ? Ce dieu belliqueux est dangereux et hostile à Athéna. Nous devons fuir ! " Il se redresse dans son lit mais aussitôt la tête lui tourne, il est encore trop faible. Il s’échoue lamentablement dans les bras de la magnifique russe. Elle accueille alors la tête du malheureux contre sa chaude et peu couverte poitrine : Ksénia - " Pff… Athéna… C’est elle et le dieu Poséidon qui par l’intermédiaire de leurs hommes t’ont mis dans cet état. Celui que tu traîtres ainsi est le seul à avoir cru en toi et à t’avoir sauvé. " L’Ange sent couler entre ses seins les larmes de détresse de l’ancien prétendant à l’armure d’or du Lion. Elle passe avec affection sa main sur ses cheveux d’à peine trois millimètres de longueur pendant qu’il balbutie : Vasiliás - " Le Sanctuaire m’a condamné à mort en me faisant porter pour déserteur. Mon ami Bian s’est retourné contre moi après avoir été conquis par Poséidon… Je suis seul à présent… " Ksénia - " Le dieu Arès est là. " Vasiliás - " Comment pourrais-je remercier un dieu en lequel je ne crois pas. Il est l’opposé de tout ce que je prône. La guerre et le sang ne sont que les seules choses auxquelles il aspire. " Ksénia - " Crois-tu que tes projets de royauté sur le monde peuvent se faire sans guerres et sans sang ? Ton sens de la justice est trop dur pour que même une fois en place le sang ne soit pas versé contre les hors-la-loi. Arès et toi avez des intérêts en commun. "
Le rythme funeste joué sur les orgues aspire à devenir plus agréables et moins terrifiants. A mesure que les notes sont jouées, Vasiliás se laisse gagner petit à petit : Vasiliás - " Cette musique est jouée en toute contradiction de l’aspect inquiétant provoqué par le son de l’orgue. Qui peut rendre de tels sons si agréables à l’ouie ? "
A cette instant, l’instrument n’est plus joué et le regard de Ksénia se tourne en direction du balcon de la chambre de Vasiliás. Cette pièce la plus haute du temple dispose d’une avancée qui surplombe le hall principal et l’estrade où siége le trône du dieu Arès. Vasiliás suit progressivement l’attention de son interlocutrice et distingue l’apparence d’un humain qui atterrie sur ce fameux balcon après avoir réalisé un bond prodigieux depuis le rez-de-chaussée. Ses bottines noires qui protégent ses pieds accueillent son pantalon aussi rouge que ses petits yeux. Sa cape blanche flotte encore dans les airs et retombe peu à peu sur son torse nu et athlétique qu’elle habille. Sa chevelure hirsute et écarlate fait parfaitement ressortir ses yeux ensanglantés. L’expression de son regard est intimidante. Il reflète toute la hauteur d’un dieu. Pendant qu’il recoiffe ses deux longues mèches qui tombent chacune à côté de ses oreilles pour venir caresser son buste, cet homme grec né sous le nom de Mars répond à la précédente question de Vasiliás : Arès - " Celui capable de rendre beau tout ce qui s’apparente à la violence et la colère n’est autre que moi-même, le dieu Arès. " En se présentant, Mars plisse les yeux pour dégager davantage de prestance.
Au soin depuis de nombreuses semaines, Vasiliás ne réalise pas qu’il a été alité en tenu d’Adam. Il expose sa totale nudité au Dieu de la Guerre et de la Destruction ainsi qu’à l’olympienne. Trop préoccupé par celui qui lui fait face, Vasiliás ne cherche pas à se cacher de Ksénia qui préfère reculer jusqu’au mur de la pièce comme pour masquer sa présence durant la rencontre entre les deux hommes. Vasiliás - " J’imagine que je dois me prosterner devant vous pour vous remercier de votre hospitalité ? "
Consterné par le manque d’égard dû au dieu qu’il est, Arès exerce d’un simple geste de la main une pression cosmique contre Vasiliás qui tombe à genoux. Arès - " Ne te méprends pas ! L’hospitalité n’est pas un mot qui existe dans mon vocabulaire… " Avant de poursuivre, il tourne le regard en direction de Ksénia pour faire comprendre à Vasiliás que c’est d’elle dont il va parler : Arès - " … Cependant, une récente discussion m’a permis de faire le constat sur l’ensemble de mes échecs. Aujourd’hui seuls sont présents sur mon palmarès mes revers. Il m’a donc été conseillé de me tourner vers un homme qui pourrait trouver intérêt à représenter ma nouvelle armée. Un Roi que, moi, Dieu des Dieux, je nommerai. " L’attention de Vasiliás est à son comble : Vasiliás - " Un Roi ? " Arès - " Comme Athéna, j’ai choisi depuis toujours de me réincarner en un homme. Elle pour vivre la passion que représente la vie éphémère de votre espèce, moi pour jouir de toutes les vicissitudes du fragile esprit humain. Malheureusement, ce plaisir que j’ai pris à violenter et à détruire m’a toujours conduis à de cuisantes défaites. La dernière remonte il y a quelques années en arrière, en… " Vasiliás se permet de couper la parole à la divinité : Vasiliás - " … En 1979 ! " Arès - " Exactement. Depuis je me suis réfugié dans mon palais et je jouie de mon statut sur mes sujets. Toutefois, ce plaisir ne m’apporte rien de plus que je n’ai déjà et ne m’offrira jamais ce à quoi j’aspire : le succès et la reconnaissance des autres divinités de ce monde. Même pour le dieu Shiva qui a été maîtrisé comme un insecte par le Sanctuaire il y a peu, je ne suis qu’une faible menace, bien loin de celui que j’étais il y a de ça des millénaires, lorsque j’eue poussé Athéna dans ses derniers retranchements, l’obligeant à utiliser les armes de la Balance… " Tout en poursuivant son discours, Arès libère Vasiliás de son emprise, voyant le jeune homme tout ouie : Arès - " Aujourd’hui, il ne me reste plus qu’une centaine de soldats, d’anciens délinquants et déséquilibrés mentaux qui ne savent même pas monter la garde. De mes Berserkers dirigeants mon armée, il n’y en a plus un. " Vasiliás ne garde pas sa langue dans sa poche : Vasiliás - " Vous avez surestimé les défauts des hommes pour sous-estimer ce qui fait leur qualité. Voilà pourquoi Athéna a gagné. " Arès - " Que me proposes-tu ? Ksénia m’a fait un portrait de toi. Tu as la prétention de pouvoir bouleverser cette paix impossible que veut maintenir Athéna. Comment cela pourrait être possible ? " Vasiliás - " Il faudrait agir comme Athéna vis-à-vis des hommes. Mais uniquement des hommes bons. Les protéger, les aimer. Néanmoins, ces gens bienfaisants sont de plus en plus corrompus par les êtres aux sombres desseins. La paix est possible si on demeure impartial envers ceux qui pourrissent ce monde. " Arès - " Sous-entendrais-tu qu’il faut faire la guerre aux hommes ? Détruire le mal à la racine ? " Vasiliás - " Seulement aux hommes irrespectueux des lois. Des lois qui établiraient un monde égalitaire, où amour et respect serait les maîtres mots. " Arès - " Cela nécessitera la prise de pouvoir d’un dieu autre qu’Athéna. Athéna est trop charitable et ne permettrait pas de laver le monde des êtres impurs. En as-tu conscience ? "
Vasiliás réfléchit un instant. Il repense plein d’amertume à la chasse à l’homme dont il a été l’objet, aux morts de son maître et d’Ariel, la s½ur de Bian, tout cela car ses idéaux furent condamnés par Athéna. Il grimace en reconnaissant : Vasiliás - " En effet, c’est désormais indispensable. "
Pendant que Vasiliás baisse honteusement les yeux après cette confession, Arès décrispe légèrement son visage. Une cosmo énergie vermillon enveloppe aussitôt le dieu et inonde son royaume souterrain, imprégnant au passage l’américain perdu dans ses doutes. Vasiliás reconnaît aussitôt l’essence parfaite d’Arès. Celle-ci transmet dans l’esprit de l’américain les souvenirs humains d’Arès.
Flashback Il y a une trentaine d’années Mars vient au monde après une grossesse non désirées dans le coin le plus malfamé de Grèce… Enfant, Mars est élevé dans une famille où la loi est celle du plus fort… Son père est fréquemment en indélicatesse avec les forces de l’ordre… Mars apprend seul à lire et à écrire bien qu’il ne fréquente aucune école… Son frère est tué par une bande rivale de la sienne… Adolescent, Mars commet ses premiers meurtres en découvrant sa s½ur dans les bras d’un rival de son défunt frère… Son acte de barbarie lui permet de découvrir ce don qu’est le cosmos divin qui sommeille en lui… Mars extermine ses rivaux mais aussi ses camarades… Ses actes lui valent des démêlés avec la justice dont il cause la perte… Jeune adulte, Mars est rejeté par ses parents effrayés par la barbarie de celui-ci… Revanchard envers des parents ivres et violents, il les assassine dans d’atroces circonstances… Il fuit… S’isole… Débarque à Athènes… Sa faim et sa soif sont compensées par son cosmos grandissant… Son esprit est troublé par des actes du passé, de plusieurs époques, depuis la nuit des temps… Son périple l’amène à la colline de l’Aréopage… Il est mystérieusement attiré par le pont cosmique situé sur le flanc du site dont il ne reste plus aujourd’hui qu’un monolithe… Son investigation l’amène devant son royaume cerné de lave… Son esprit divin s’éveille enfin totalement… Il réunit autour de lui une armée incomplète et, dans la précipitation, profite de la bataille contre les Titans pour envahir le Sanctuaire… Son attaque surprise lui permet de siéger tout autour du Sanctuaire avant d’être finalement vaincu par des Saints de bronze et d’Argent… L’armée est décimée, des six Berserkers qu’il a réunis aucun n’a survécu… Face à l’échec qui se répète de réincarnation en réincarnation, il s’abandonne avec ce qui lui reste de sujets dans les joies de la gourmandise et de la luxure… Aujourd’hui, 1985, Ksénia gagne l’Aréopage et sort Arès de sa léthargie en lui proposant de retrouver toute sa splendeur en confiant son armée au meilleur général qu’il peut espérer avoir : Vasiliás… Flashback
Vasiliás sort de sa torpeur, le choc cosmique d’Arès le libère. A cet instant, Vasiliás, toujours dévêtu, dans sa simple condition d’homme, pose un genou sur le sol de marbre de sa chambre, appuie sa main droite contre son c½ur et baisse la tête en signe d’allégeance envers le dieu : Vasiliás - " C’est parce que votre vie d’homme a été faite de souffrance que vous voyez en moi celui capable de changer tout cela. " Arès - " Il reste parmi mes neuf Nightmares celles de trois Berserkers. Je souhaite que tu portes celle du général qui me conduira à la victoire, celle qui n’a jamais été portée depuis ma défaite face aux chevaliers d’or bardés des armes de la Balance, celle du Berserker de la Royauté ! Deviens mon général, deviens le roi de cette planète. " Vasiliás - " Je ne peux accepter sans avoir la garantie que l’humanité n’aura rien à craindre sous votre régime. " En annonçant ce qui suit, Mars matérialise dans sa main son épée à la lame longue et brillante comme le diamant avec un manche en or : Arès - " Le monde sera sous ta direction, tu seras seul juge de son destin. Moi je place ma confiance en un roi qui fera de ma divinité la seule croyance des hommes puisque la politique instauré par celui que j’aurai choisi les mènera à la paix. Un roi qui réhabilitera mon nom jusqu’aux abysses chez Poséidon, jusque dans les enfers de mon ami Hadès et jusqu’aux cieux des olympiens ! " Vasiliás s’incline encore plus bas laissant ainsi sur le visage d’Arès un sourire de satisfaction. Arès dépose sa lame sur l’épaule droite de son nouveau général : Arès - " Parce ce geste… " L’arme passe désormais sur son épaule gauche : Arès - " … je fais de toi… " Désormais c’est sa tête qui est touchée : Arès - " … l’homme qui changera le destin… " Subitement, l’épée appuie légèrement la peau de Vasiliás à hauteur de son c½ur : Arès - " … le Berserker de la Royauté ! " Vasiliás sent son corps être manipulé sans qu’il puisse interagir. Il est soulevé à un demi mètre du sol et flotte dans les airs.
Un chant barbare retentit dans l’entièreté du royaume tandis que l’orgue accompagne de lui-même le récital. L’origine de ce chant provient d’une armure qui apparaît devant Vasiliás. Une Nightmare en totem sous la forme d’un lion ailé comme le tatouage qui décore la cuisse de l’américain. A cet instant, la piqûre provoquée par l’épée sur la poitrine du jeune homme se cicatrise sous la forme de griffes ressemblant à celles tatouées dans son cou. Comme si l’animal emblème de sa toute puissance a laissé sa marque. Une fois la cicatrisation achevée, la protection à la couleur et la forme entièrement différente des autres Nightmares se détache. Entièrement rouge vif, elle couvre l’intégralité de ses jambes, bardant chaque genou de cornes courbées qui remontent à mi-hauteur de ses cuisses. Le haut de ses jambes et sa taille sont habillés d’une jupette semblable à celle de la Cloth d’or du Lion tout comme son torse entièrement similaire à l’armure du chevalier d’Athéna. Ses imposantes épaulettes forment la tête d’un lion à la crinière opulente et dont les gueules grandes ouvertes descendent jusqu’aux biceps. Les avant-bras enferment entièrement les membres des doigts jusqu’aux coudes, coudes armés de cornes similaires à celles positionnées sur les genoux. Son visage est dissimulé sous un masque doré qui ne laisse apparaître que ses beaux yeux bleus et verts, et est maintenu par son casque ovale formant une gueule de lion tel le casque de l’armure divine de Zeta que portera Syd de Mizar dans quelques mois. Enfin, de grandes ailes similaires à celles de l’armure du Sagittaire mais de couleur vermillon se déploient dans son dos.
Impérial dans sa nouvelle tenue, le Berserker de la Royauté se détaille lui-même pour admirer sa magnificence retrouvée.
Son général désormais adoubé, Mars lui demande : Arès - " Et maintenant jeune roi ? Quelle suite proposes-tu ? " Vasiliás - " Une armée n’est efficace que par sa ferveur. L’idéal de ce monde ne peut être obtenu par les hommes aux idées néfastes qui composent vos rangs actuels. Je veux des passionnés pour un monde meilleur, des gens déçus par ce monde aujourd’hui, des hommes et des femmes victimes d’injustices, des revanchards, des personnes avec une mentalité de battant, une mentalité déjà soumise à rude épreuve, des êtres prêts à l’apprentissage des armes, à l’art du combat et fidèles à mes principes, accordant leur foi à votre unique grandeur. " Ksénia, restée en retrait jusqu’à présent, fait un signe positif de la tête en direction du dieu ravi : Arès - " Qu’il en soit ainsi. Je te laisse les pleins pouvoirs. Fais ce qu’il faut des hommes déjà à ta disposition et part à la recherche de tes perles. Il reste également deux Nightmares non attribuées. A toi de trouver les Berserkers qui t’accompagneront dans la victoire, les Berserkers du Malheur et de la Terreur ! "
En Grèce, au Sanctuaire :
Sur le flanc de la douzième maison du zodiaque, à hauteur du passage secret, l’expression du propriétaire de la demeure est aussi maussade que la météo. Il répond avec une nonchalance étonnante à son interlocuteur : Aphrodite - " … Non je n’ai pas envie de sourire Deathmask. Le temps est triste, le sol est couvert de boue. Ce décor est laid, je hais cette disgrâce. " Le suédois ne pose même pas les yeux sur le sicilien qui se tient debout à l’extérieur, trempé jusqu’aux os. Deathmask - " Dans ce cas je ne te dérangerai pas davantage cher camarade. " Aphrodite le retient en adoptant un ton plus aimable : Aphrodite - " Attend ! Tu m’as dis que tu partais, je veux juste savoir où exactement ? " Deathmask - " Je retourne auprès de mon élève, achever son entraînement. " Aphrodite - " Quelle joie dans ton annonce ! Une vie partagée en compagnie d’une femme qui t’aime, des retrouvailles avec un enfant que tu as élevé. On sent que tu rayonnes de bonheur. " Deathmask - " Ne devrais-je pas ?! " Aphrodite - " C’est simplement que ça ne colle pas trop à cette nature que je te connais. " Deathmask - " Tu ne me connais peut-être pas si bien que ça. " Aphrodite préfère observer le silence.
Deathmask aborde alors un sujet épineux : Deathmask - " Je t’interdis de l’approcher ! " Aphrodite - " Qui donc ? " Deathmask - " Tu sais de qui je veux parler. " Aphrodite - " Lilith ?! Allons, voyons, tu n’y penses pas. " Deathmask - " Bien sûr que si. Je n’ai pas oublié ce que tu as fais à Inakis, l’amie de Milo. " Aphrodite - " Si je te l’ai confié c’est parce que j’ai confiance en toi ainsi qu’une grande considération pour toi. " Deathmask - " Sache que cette estime est réciproque. Et c’est pour cela que je t’invite à retourner le voir. " Aphrodite - " Qui donc ? " Deathmask - " Adonis, ton fils. Il te manque, cela se ressent. Tu ne manges plus rien. A force de dépérir ainsi tu risques même d’y perdre ta beauté. " Cette annonce saisie Aphrodite. Tout en restant muet, il prend conscience des raisons de son mal-être.
Deathmask préfère ne pas tirer plus fort sur cette corde sensible. Il quitte son ami, direction l’Italie.
En Grèce, sous l’Aréopage :
Le dieu a repris position dans son siège au centre du cône. De nouveau nourri d’espoir, il refuse l’alcool que lui verse une de ses nymphes dans une coupe et se contente de déguster petit à petit une grappe de raisin. Face à lui, la splendide russe affiche un visage intéressée que personne ne lui connaissait jusque là : Ksénia - " Quelle belle chose d’avoir utilisé votre enfance pour vous assurer la fidélité de Vasiliás. " Arès - " Il est fanatique de ses rêves. Je ne pouvais aller que dans ce sens. Il fera de moi ce dieu qui réussira là où tous les autres ont échoué, prendre la Terre à Athéna. " Ksénia - " Peut-être, mais on ne change pas sa nature. Je doute que Vasiliás réussisse à apaiser votre soif de barbarie. " Arès - " Il a l’expérience des combats, son instruction lui permet d’avoir de grande connaissance militaire et sa détermination est sans borne. Il est le seul à pouvoir me guider vers la reconnaissance de l’Olympe. " Ksénia - " Et après ? " Arès - " Après ? Disons que de tout temps les rois ont subi la volonté des dieux. Mars a promis à Vasiliás de ne pas succomber à ce besoin. C’est la promesse d’un homme à un autre et la parole d’un homme n’a aucune valeur à notre époque. Quoi qu’il arrive, la nature humaine aura toujours une imperfection, le rêve de Vasiliás ne peut se réaliser. La promesse d’un homme n’est rien face à la volonté d’un dieu, la promesse de Mars ne peut influer le caractère d’Arès. " Ksénia sourit et approche le dieu qu’elle tapote à hauteur de l’épaule : Ksénia - " Mon maître n’en attendait pas moins de toi. Utilise Vasiliás pour te créer une armée digne de ce nom. Il te permettra de vaincre tes adversaires et de t’emparer de la Terre quand nous te le demanderons. " Arès - " Et en attendant ? " Elle se dirige en direction des pièces situées sur le flanc droit du rez-de-chaussée : Ksénia - " Pas de précipitations ! Ne commets pas les mêmes erreurs qu’autrefois ! " Colérique, Mars se contente de répondre : Arès - " Que ton maître soit rassuré, Vasiliás veillera à notre succès lorsqu’il nous le demandera. " L’olympienne quitte avec grâce l’estrade qui surplombe la pièce.
En Grèce, au Sanctuaire :
La chevelure soyeuse protégée par sa cape, le chevalier des Poissons profite de sa permission pour gagner le village de Noioso au sud du Sanctuaire. Couvert de sa Cloth dorée, il ne cache à personne sa présence remarquée dans cette zone peuplée de vieillards, d’esclaves affranchis et d’apprentis chevaliers ou de soldats devenus infirmes. Devant les maisons et les tavernes délabrées, à peine fréquentées, les femmes, veuves de soldats et femmes insatisfaites, n’ont d’yeux que pour le bel homme.
Le lieutenant de la zone sud vient immédiatement s’agenouiller sous la pluie battante : Arachné - " Seigneur Aphrodite, quel évènement peut vous faire venir en ce lieu ? " Habituellement si discret, se refusant d’être mélangé avec ce bas peuple majoritaire du domaine sacré, Aphrodite reste étrangement courtois : Aphrodite - " Rien de grave. Je viens simplement rendre visite à Myrrha, une vieille connaissance. "
A cette annonce, Arachné se sent immédiatement ridicule. Myrrha, cette jeune femme aux cheveux melon et aux grands yeux océans. Sa peau blanche et son aspect angélique font d’elle la jeune femme la plus courtisée du village, à commencer par le Saint d’argent de la Tarentule. Arachné - " Bien Seigneur. Dans ce cas je retourne à la surveillance de nos positions. " Aphrodite lui envoie un sourire de franche camaraderie qu’il garde bien pour lui en temps normal.
Il arrive devant le logis aux murs en torchis et au toit fait de planches et de paille. Depuis dehors, il entend les effusions de joie de la jeune femme mêlées aux gazouillis d’Adonis. Dès lors, ses yeux affichent une lueur d’ivresse. Il se voit ouvrir la porte et annoncer de sa voix douce et mélodieuse qu’il vient chercher celle qu’il aime, abandonnant sa vie libertine, prêt à assumer sa vie de famille. Il s’imagine déjà serrant fort contre lui Myrrha qui se jetterait dans ses bras. Il rêve de son fils, beau, portant avec élégance sa toge, apprenant l’art de la chevalerie dans la maison des Poissons en sa compagnie pendant que plus bas, dans la ville d’Honkios, Myrrha leur préparera le repas à l’intérieur de la demeure aristocrate que leur aura offert Aphrodite grâce à sa solde de Saint d’or. Ces projets sont bien suffisants pour donner le courage à Aphrodite de prendre l’élan nécessaire pour faire une entrée fracassante. Il aspire l’atmosphère humide à pleins poumons, abandonne sa belle cape et ôte son heaume pour pénétrer avec vivacité sur le sol argileux à l’intérieur. Sa vue fait un rapide tour du logis meublé grâce à des matériaux récupérés dans les fermes avoisinantes. Il se focalise sur la vénusté en toge blanche. Celle-ci ouvre les bras pour recevoir son enfant.
Le sourire d’Aphrodite se fige aussitôt, les mots se sont évaporés de son esprit. Il est aussi saisi que les personnages à l’intérieur. Myrrha, Adonis et… Milo, assis sur la couche faite de paille et couverte d’une épaisse étoffe, rendant à Myrrha l’enfant qu’il faisait rire auparavant. Myrrha - " Aphrodite ?! " Aphrodite - " … " Le Saint d’or est pétrifié, une vision apocalyptique s’empare de son esprit. Son rêve devient un cauchemar. Cette illusion de vie parfaite l’abandonne pour remplacer sa personne par Milo. Il est tourmenté par la représentation d’un futur où le plaisant Adonis apprend l’art de la chevalerie dans la maison du Scorpion pendant que Myrrha cuisine dans une demeure que Milo a fait construire à Honkios. Ignorant tout de la paternité d’Aphrodite, Milo se redresse du lit : Milo - " Ah Aphrodite ! Tu me cherchais ? " Habillé d’une tenue locale, les poignets et avant-bras couverts de bandelettes de papier, un long maillot descendant par-dessus un pantalon usé et ceinturé par du cuir au niveau de la taille, il s’en excuse : Milo - " Pardonne mon accoutrement. J’étais en permission aujourd’hui donc j’ai voulu profiter de cet instant… " Aphrodite n’écoute pas son frère d’arme, il est absorbé par le sentiment d’échec qui se dégage de son arrivée finalement ridicule. Le grec, étrangement cordial, vient secouer son camarade : Milo - " Tu es sûr que ça va Aphrodite ? " Ce geste le ramène à lui. Il lève enfin les yeux et croise le regard hébété de Myrrha profondément gênée : Aphrodite - " Oui… Oui pardon, une étrange image m’est venue en tête. Pardon. Je venais simplement… " Il regarde son fils avec une once de chagrin et poursuit sa phrase : Aphrodite - " Je venais simplement t’annoncer que Deathmask était parti en Italie pour achever la formation de son disciple. " Ne comprenant pas tout, Milo commence à froncer les sourcils, preuve de son tempérament de feu : Milo - " Et ? " Aphrodite - " Et… Je voulais que tu le saches. Il est important de savoir quand l’un de nous s’absente. Pour assurer convenablement la défense des maisons vides en cas d’attaque ! " Milo garde une expression peu convaincue. Il se contente de hocher la tête puis attend qu’Aphrodite réagisse comme il se doit en s’excusant pour cette arrivée outrancière et en prenant congé. Néanmoins, rien ne vient. Un silence incommodant rend l’ambiance désagréable. Alors Milo choisit lui-même de renvoyer son pair : Milo - " Très bien… Je te remercie de m’avoir prévenu. Maintenant, si tu le veux bien, j’aimerai achever la conversation que j’entretenais avec mon amie et son fils. " N’arrivant pas à quitter la maison sans en avoir le c½ur net, Aphrodite essaie de savoir quel lien il entretient avec Myrrha : Aphrodite - " Euh… Oui. Mais dis-moi, quel beau petit garçon. Est-ce le tien ? " Milo - " C’est le fils de mon amie. Je viens de te le dire. " Aphrodite - " Ah… Et son père est un chevalier ? Un garde ? Se peut-il que je le connaisse ? " Myrrha achève cette discussion inappropriée : Myrrha - " Son père était un messager. Il nous a quitté au cours d’une mission. " Aphrodite - " Ah… L’espace d’un instant j’ai cru que c’était toi Milo qui était le père de cet enfant ! " Myrrha - " Ca se pourrait, Milo est un homme séduisant dont le charme ne peut laisser aucune femme insensible. " Milo est aussi surpris par cette réaction qu’Aphrodite. Cependant, Myrrha s’agace de cette situation. Elle tient la porte de la demeure ouverte : Myrrha - " Bon ! Bien loin de moi l’idée de vouloir vous manquer de respect Saint d’or des Poissons, toutefois j’ai besoin de discuter seule à seule avec votre ami. " La prononciation du mot « ami » arrache un sourire cynique sur les lèvres des deux chevaliers, en témoignage de la rivalité constante parmi le plus haut rang de la chevalerie. Milo - " Ca ira Myrrha. Je te remercie. J’ai encore des choses à régler à la ferme d’à-côté. Je repasserai vous voir lors de ma prochaine permission. " Milo devance Aphrodite et passe avec délicatesse près de la jeune femme, lui faisant rougir les joues. Aphrodite le suit en grimaçant de colère comme le fait Myrrha devant celui qu’elle croit l’avoir abandonnée.
Dehors, Milo marche sans faire attention sur la cape que le suédois a ôtée avant de rentrer. La colère d’Aphrodite ne fait que grimper, il va sentir la pluie lui caresser les cheveux. Empressé, il suit Milo jusqu’à une grange à proximité de l’habitation de Myrrha où le Scorpion est allé chercher un poulet. C’est seulement une fois qu’il a payé les sacres dus au paysan que Milo s’agace du comportement d’Aphrodite : Milo - " Tu as fini de me suivre non ?! " Aphrodite - " Cette fille, comment la connais-tu ? " Milo - " Tu m’as l’air bien étrange toi. Tu es sûr que le départ du Cancer ne t’a pas troublé plus que ça ? " Aphrodite - " Ecoute-moi, ce… cette femme… " Il reste de longue seconde à chercher une excuse pour évoquer son intérêt pour Myrrha et Adonis : Aphrodite - " … Cette femme était l’épouse de mon messager. Le malheureux a été envoyé en mission par moi-même. Comme il est mort pour moi, je me suis promis de veiller sur sa femme et son fils. " Ne voulant se dévoiler, Milo tapote l’épaule de son compagnon avant de lui présenter la volaille qu’il vient d’acquérir : Milo - " Ne t’en fais pas, je ne lui veux aucun mal. Bon maintenant si tu le permets, j’ai à faire. " Tandis qu’il fléchit les genoux pour prendre une puissante impulsion qui le propulsera jusqu’à son palais, Milo est retenu par une poigne brutale d’Aphrodite : Aphrodite - " J’insiste Milo. Comment l’as-tu connu ? " Avec fierté et détermination, Milo se défait du bras d’Aphrodite d’un revers de la main. Sa mâchoire se crispe et ses sourcils se froncent : Milo - " Es-tu venu me voir lorsque j’ai perdu Inakis ? " Aphrodite, coupable de la mort de la compagne de Milo, baisse honteusement la tête. Milo - " Non. Non tu n’es pas venu, sans quoi tu aurais pu voir ma peine. Seulement Myrrha l’a vu. Un jour, ordinaire, alors que je venais me ravitailler ici comme je l’ai toujours fais, cette jeune femme qui venait chercher du lait a remarqué ma peine. Elle aussi semblait meurtrie. Prisonnière d’un amour qui ne lui était pas rendue. Nous avons parlé, nous nous sommes fais confiance et nous avons sympathisé. Simplement. " Aphrodite hoche la tête, retenant le plus qu’il peut un rictus de satisfaction maintenant qu’il est rassuré. Toutefois, Milo n’est pas dupe : Milo - " Allez Aphrodite, dis-moi la vérité à présent. Ne crois-tu pas que tes mensonges m’ont permis de te démasquer ? L’homme que Myrrha aime et qui a laissé derrière lui son fils c’est toi n’est-ce pas ? " Alors qu’il a les bras le long du corps, les doigts d’Aphrodite s’agitent. Dans sa main droite son cosmos crée une rose rouge. Son timbre habituellement calme et hautain se charge d’une animosité inhabituelle : Aphrodite - " Cesse de tourner autour de Myrrha. C’est tout ce que je te demande. " Milo - " C’est toi qui me demande ça alors qu’il y a quelques mois tu osais venir prétendre à Inakis d’être en mesure de la satisfaire et tout ça sous mon nez. Je ne savais pas avant aujourd’hui que Myrrha puisse être celle que tu n’oses pas avouer aimer mais cette découverte me comble de joie. Te savoir souffrir le martyre à t’imaginer les pires choses lorsque je serai seul avec Myrrha me fait ressentir un plaisir malsain que j’exercerai aussi longtemps que je pourrai. " La réaction d’Aphrodite ne tarde pas. A la vitesse de la lumière, il décoche sa fleur contre Milo. Le grec la pulvérise avec le rayon provoqué par un aiguillon écarlate apparu à la place de son ongle. Milo - " Il nous est interdit de nous battre entre nous Aphrodite. Veux-tu déclencher un combat de mille jours et mille nuits, risquant de nous faire passer pour des hors-la-loi par la même occasion aux yeux du Pope et d’Athéna ? " Aphrodite se ravise aussitôt, permettant ainsi à Milo de se propulser jusqu’aux premières marches des douze temples du zodiaque.
Désormais seul, Aphrodite observe la direction de chez Myrrha. Il a bien vu aux regards échangés entre Milo et elle la complicité qui s’est créée entre eux. Myrrha le regardait comme jamais elle n’a regardé Aphrodite. « Milo a parlé de Myrrha, prisonnière de son amour pour moi. J’ai l’impression qu’elle s’est échappée de ma geôle, pour s’enfermer volontaire dans la sienne et en jeter les clés. Elle a réussi à combattre cette dépendance amoureuse durant ce temps où je méditais à m’engager auprès d’elle. Il est trop tard à présent. », réfléchit-il dépité.
PARTIE 1 : Fin
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« le: 16 Juillet 2012 à 20h29 »
PARTIE 2 :
Pendant ce temps, sur la plage désertique du Nord-Est de Yíaros, Apodis écoute l’histoire du militaire qui crache son sang. _ « … Je ne supportais plus de vivre dans le mensonge… Mon rôle d’espion… _ Espion ? Espion de qui ? Pourquoi ? _ Alors Seigneur Apodis vous faîtes parti des gens inconscients ? Vous êtes de ceux qui croient encore défendre les valeurs d’Athéna ? Apodis est perdu : « Explique-toi soldat ! » Le soldat remonte la cuirasse qui protège son bras et arbore un tatouage. Un crâne entouré d’un reptile ailé : « Voici quatre ans que je suis rentré dans les troupes du Général Gigas. Contrairement au reste des garnisons qui composent notre armée, le Général s’est constitué une équipe de parfaits combattants, sans codes moraux, obéissants et meurtriers de sang-froid. Il s’agit d’une faction secrète, destinée à effectuer des missions que seuls des êtres immoraux peuvent accomplir. La plupart du temps, nous ne sommes que de simples espions. Néanmoins, il arrive que nous soyons appelés à massacrer et torturer de parfaits innocents. Tout cela pour le compte de la volonté d’Athéna et pour la récompense que peut nous apporter un tel dévouement. » Le soldat articule de plus en plus difficilement. _ « Que viennent faire sur Yíaros des membres de cette légion ? _ Au fur et à mesure des relèves, permettant aux Athéniens de rentrer auprès de leurs familles au Sanctuaire, ce sont les soldats de cette légion qui sont venus en remplacement. Je suis arrivé ici en tant qu’espion. Je devais m’assurer de la mainmise du pouvoir athénien sur l’île, afin d’entraver Hébé et maintenir la suprématie du Pope dans le monde. Seulement, depuis le début de la guerre, je n’arrive plus à trouver le sommeil, je suis hanté par mes crimes. Notre guerre contre Hébé aura révélé à mes yeux la plus immonde des vérités sur la nature de l’Homme. La richesse contre la mort d’innocents. » Apodis lui passe sa main sur le visage pour le débarbouiller du sang qu’il rejette : « Vois-tu soldat, il m’arrive parfois de voir dans mes cauchemars les êtres que j’ai tué depuis que je suis un guerrier. C’est le lot de chacun de nous. C’est notre fardeau à nous, les protecteurs de la paix. Il ne peut y avoir de paix sans guerre. Dis-toi simplement que tu as fait ton devoir en débarrassant le monde des Hébéïens. » L’homme ne crache plus, il vomit glaires et hémoglobine. Il essaie de regagner son calme pour rectifier les propos de son supérieur : « Vous vous trompez Sergent. Ce n’est pas le massacre des Hébéïens qui me ronge seulement, mais aussi et surtout celui des Athéniens. » Apodis est abasourdi. _ « Ancien voleur dans le domaine sacré, j’ai échappé à la peine capitale en acceptant de ne plus avoir à voler pour combler ma faim si j’acceptais d’incorporer la garde secrète de Gigas. Nos missions furent de plus en plus nombreuses et de plus en plus obscures dans le Sanctuaire, mais aussi à travers le monde. Tous les opposants à la philosophie du Grand Pope furent nos cibles. Seulement, notre récompense, les sacres, cette monnaie que j’ai si peu connue dans ma jeunesse, nous évitait de nous poser trop de questions. _ « Qu’entends-tu par le massacre des Athéniens, a peur de comprendre Apodis ? Vous n’avez pas tué tant d’opposants que ça, ça se serait vu ! _ Il suffisait d’une bonne diversion pour agir ainsi. Nous débarrasser des gêneurs et regagner la confiance de ceux qui l’avaient perdu et qui étaient indispensables à l’armée. L’attaque hébéïenne de la Journée Sainte n’a jamais été la volonté d’Hébé. » Apodis le secoue violemment : « Pourquoi ? Pourquoi avouer ça maintenant ? » Déjà peu alerte, l’espion sent ses os craquer sous la poigne du Saint. _ « Je te l’ai dit, je ne voulais pas vivre éternellement avec une telle responsabilité. Malheureusement, lorsque j’ai confié à certains membres de mon équipe vouloir déserter, j’ai été abattu comme un chien par ces derniers. _ Cette équipe… Cette légion… Y-a-t’il de nombreux membres présents sur l’île ? _ Depuis ces dernières semaines, chaque nouvel arrivé est un de ses membres. Il doit se préparer quelque chose… » Le soldat reste la bouche ouverte, les yeux à demi-clos après avoir fait l’effort de répondre. Apodis lève les yeux au ciel comme s’il hésite à poser cette fameuse question dont la réponse, presque évidente, le consume d’avance : « Lors de la Journée Sainte, la mort de mon fils, de ma mère… tout a été orchestré n’est-ce pas ? » Le légionnaire est déjà ailleurs. Il marmonne des inepties et des noms qui ont marquées son enfance. Puis succombe enfin de ses multiples lésions. Laissant à Apodis le soin de se répondre à lui-même…
Un flash traverse son esprit. En une fraction de seconde, il réalise enfin le complot. De l’annexion d’Yíaros, en passant par l’assassinat d’innocents Athéniens dont sa mère et son fils. Le Grec tremble. Il revit à nouveau les corps sans vie de sa mère et son fils : « Mujakis… Sperarus… » Son regard est vide. Il ressasse la colère qui l’a envahi à cet instant. Cela provoque chez lui un léger soubresaut. Il ressent à nouveau l’aversion qu’il a ressenti à tort pour les Hébéïens et la haine qu’il leur vouait il y a encore quelques secondes. Dans son geste réflexe, il relâche l’espion. Il comprend que sa croisade contre les Hébéïens n’a en rien vengé les siens : « Ma… Maman… Mon… Mon fils… Mon petit garçon, balbutie-t-il… » Lorsque tout à coup, il rend sa bile à tout rompre. Incapable de reprendre son souffle entre chaque vomissement, il a le visage chargé de larmes. Mélange de souffrance physique et émotionnelle, il hurle de rage entre chaque crampe d’estomac…
Il lui faut une bonne heure pour réussir à se relever.
Et tout autant pour regagner le Centre de l’île.
Tant de temps pour ressasser et se persuader de devoir jouer la comédie jusqu’à nouvel ordre. Néanmoins, le choc est si violent qu’il se sent incapable d’esquisser le moindre sourire de façade. Son affliction est si profonde que son visage demeure atrophié. Le coup psychologique le tétanise profondément. Blafard, il avance sans vie. Seuls ses yeux, prisonniers de son visage inexpressif, roulent de gauche à droite, ne sachant à qui se fier. Il traverse le village sans adresser la parole à aucun des siens. Imaginant faire face à tout moment à un homme de Gigas. Chaque regard porté sur lui l’amène à craindre d’être espionné. Ironie du sort, seule la présence des Hébéïens le rassure. Toutefois le crépuscule remplace petit à petit le soleil et chacun d’eux respecte le couvre-feu. Bientôt il n’y aura plus d’Hébéïens dehors et, à l’allure à laquelle il progresse, Apodis ne va plus qu’être entouré d’Athéniens. Comme un animal blessé éloigné de son troupeau et entouré d’une meute affamée. Cependant, il ne parvient pas à accélérer. Ses membres en sont incapables. Ses jambes flageolent même. Aux suées qui le parcourent, Apodis se persuade qu’être encore debout tient pour lui du miracle. Rentrer au temple d’Héraclès n’aura jamais représenté plus dur périple pour lui.
A l’intérieur, Philémon l’y attend. Toujours souriant, son compatriote interpelle Apodis alors que celui-ci est proche du but en regagnant sa chambre : « Je n’ai pas entendu d’éclats de voix. Tu as donc eu la chance d’être rentré sans avoir croisé Taishi. Il te cherche partout, il est furieux. Il a organisé le rationnement à ta place ! » Apodis bégaie en s’asseyant sur son lit où le rejoint le jeune homme aux cheveux bruns hirsutes : « J’ai marché, j’avais besoin de réfléchir et je n’ai pas vu le temps passer. » Bien peu coutumier des règles de savoir-vivre, Philémon s’allonge sur la couche, les mains derrière la tête et déclare : « Pour moi aussi le temps passe trop vite. Depuis que je suis présent sur Yíaros, que l’influence du Sanctuaire est à plusieurs centaines de kilomètres, je me sens moins oppressé. Le cosmos de Hébé vient illuminer chacun de nos matins. Il soulage mon c½ur, tandis que la vie auprès des Hébéïens me fait savourer chaque instant. » Apodis se retourne vers son camarade et, malgré la grande cicatrice qui passe par son ½il gauche, il reconnait une certaine harmonie sur son visage. _ « Cependant, à qui se fier, hésite-t-il intérieurement ? » Indécis quant à la sincérité de Philémon, ce dernier ne lui laisse guère le temps de cogiter : « Ça te dérange si je dors ici cette nuit ? Lena est également furieuse que je ne sois pas plus présent pour fliquer les Hébéïens et je crois qu’elle m’attend devant ma chambre pour me passer un savon à son tour ! » Le comportement enfantin de Philémon arrache un sourire à Apodis. Méfiant, il se contente de se coucher à côté de son camarade en lui tournant le dos…
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« le: 14 Juillet 2012 à 11h36 »
Chapitre 32
Dans le monde contemporain, la fin du mois d’août, annonce le plus souvent la fin d’une période estivale, où repos et loisirs ont été les maîtres mots.
Au Sanctuaire, la fin du mois d’août, et plus particulièrement le 1er septembre, a également son importance. Il s’agit de la date à laquelle Athéna s’est réincarnée sur Terre en cette époque. Chaque année, à cette date, les cloches des forums retentissent du même nombre de coups qu’Athéna a passé d’années sur cette planète depuis son retour. Pour ce jour particulier, les temples d’Athéna des villages du domaine servent de lieu de fête. Habituellement lieu de culte, les temples se remplissent en cette journée car chaque habitant, homme ou femme, enfant ou vieillard, vient chercher une bourse de cinq sacres. Celle-ci est offerte par les prêtres sur ordre du Grand Pope.
Un Grand Pope pourtant morose ce 1er septembre 1985. Il a la tête en appui sur son bras dressé contre l’accoudoir de son siège dans sa salle d’audience. Il écoute à peine Gigas, son général des armées qui lui lit une lettre arrivée tout droit de Jamir : « … et me vois contraint de répondre par la négative à la missive qui m’a été confiée par vos soins. Et c’est signé : Mû du Bélier ! » Gigas chiffonne la feuille de papier en pestant de rage. Néanmoins, son geste n’attire guère davantage l’attention de son souverain. Le pontife reste plongé dans ses pensées…
Flashback 31 août 1973. Il faisait encore chaud en cette dernière nuit d’août. L’obscurité était tombée depuis peu et, dans la troisième maison du zodiaque, les ténèbres s’insinuaient. Le maître des lieux baignait dans la fosse d’un mètre sur un mètre située au c½ur de chaque chambre des chevaliers d’or. A l’intérieur, il se prélassait dans l’eau fraiche qu’il avait récoltée dans des tonneaux à Honkios. Les bras sortis de l’onde, la tête couchée en arrière, sur le sol marbré de sa chambrette, Saga cogitait énormément après les actes passés de ces derniers jours. Le meurtre du jeune frère du Pope, Arlès, il y quelques semaines, le rongeait si fort, qu’il pensait ne plus pouvoir le cacher longtemps à Shion.
En effet, plus tôt dans la journée, à l’aube, le Grand Pope convoqua ses deux plus puissants Saints d’or, Aiolos et Saga pour leur apprendre une grande nouvelle. Athéna allait enfin voir le jour de façon imminente. Si bien qu’une nouvelle administration se devait de prendre la relève pour assurer la défense de la déesse dans les meilleures conditions qui soient. C’est pour cela que Shion choisit de nommer Aiolos comme son successeur pour sa bonté, son intelligence et son courage. Avant que cela ne soit officiel, il demanda à Saga d’assister son camarade dans sa tâche et de se consacrer, lui aussi, au Sanctuaire, ce que le Saint des Gémeaux accepta bien évidemment.
Pourtant, depuis cette terrible matinée, Saga s’était enfermé dans son temple pour y broyer du noir. Son plan avait failli. Il jouait les intendants du Pope en attendant la mort de celui-ci. Ainsi, il espérait que Shion n’ait pas le temps d’annoncer publiquement sa succession. Il aurait pris sa place en se faisant passer pour Arlès. Désormais, il était face à un dilemme de taille. Il maintenait sans cesse sa ranc½ur et espérait qu’un moment de détente dans ce fluide agréable lui permettrait d’oublier. Toutefois, il restait interrogatif quant aux raisons du Grand Pope dans son choix : « Shion a-t-il réellement percé mon secret ? Je dois en avoir le c½ur net ! »
Après s’être rendu en tenue de chevalier dans les appartements du Pope, où il n’y avait personne, il comprit que par cette magnifique nuit étoilée le représentant d’Athéna ne pouvait se trouver qu’à Star Hill.
Star Hill, lieu où les générations de Grands Popes ont toujours vu l’avenir de la Terre dans les étoiles, là où les chevaliers ne peuvent pénétrer, on dit qu’il s’agit de l’endroit de la Terre le plus proche des cieux. En haut de cette montagne, dominée en son sommet par un temple antique, le rescapé de la Guerre Sainte de 1743 observait les astres. Une légère brise balayait son épaisse soutane blanche : « Hum… En plus de la disparition de mon frère Arlès, je suis de plus en plus inquiet. L’étoile polaire, normalement stable à cette époque de l’année, est légèrement inclinée... A l’origine, l’étoile polaire céleste, doit être décalée par rapport à l’axe polaire terrestre. Pourtant son angle se rapproche du degré zéro. Je me souviens que le Grand Pope précédent avait dit qu’avant la Guerre Sainte l’étoile polaire avait bougé. Lorsque l’angle sera de zéro, alors le sceau d’Athéna se brisera, le mal sera libéré et une nouvelle guerre commencera… » Une bourrasque vint alerter le Grand Pope d’une présence proche de lui, mettant ainsi tous ses sens en alerte. Ses yeux, bicentenaires et fatigués, distinguaient malgré tout la lumière qui se dégageait de l’armure d’or des Gémeaux : « Saga… Comment es-tu parvenu jusqu’ici, en ce lieu réputé difficile d’accès même pour un chevalier d’or ? » Saga dégagea son opulente chevelure en retirant son heaume qui ombrageait son visage. Il s’agenouilla et déclara avec suffisance : « Auriez-vous oublié qu’on me compare à un dieu ? C’est à ce titre que je voulais savoir pourquoi ne m’avez-vous pas désigné comme votre successeur, moi qui vous ai toujours été fidèle ? Vous avez prétendu qu’Aiolos rassemblait la bonté, l’intelligence et le courage, ne sont-ce pas des vertus qui sont miennes également ? » Saga commençait à trembler, tous les muscles de son corps se contractaient, comme s’il voulait contenir quelque chose qui le rongeait. Le Pope ne s’en aperçu pas tout de suite, il tourna le dos et fixa la constellation des Gémeaux : « Mon expérience de Grand Pope et ma fréquentation ces derniers siècles, des ennemis et des alliés, des soldats ou des esclaves, m’a permis d’approfondir mes perceptions de l’esprit humain. En toute sincérité Saga… Je ressens au fond de toi une terrible chose, dont je ne connais pas la nature. Je sais que tous te respectent comme un dieu et que ton comportement est d’une pureté sans égale mais… Mais je ne peux m’empêcher de penser que ton âme abrite… » Le patriarche remarqua subitement que les étoiles de la constellation des Gémeaux prirent une teinte inhabituelle. Le tonnerre se mit à gronder. Il se retourna vers son Saint et constata avec effroi la teinte grisonnante de ses cheveux : « Saga… Quelque chose ne va pas ? Saga… » L’horreur tétanisa le vétéran lorsque le chevalier d’or releva ses yeux devenus rouges sur lui. Ayant perdu ses réflexes de soldat et, loin de s’imaginer un tel acte, il ne put éviter l’atrocité et la violence de Saga qui logea son poing dans son c½ur. Sentant ses forces le quitter, Shion essaya de lever sa main, pour caresser le visage de son ancien protecteur : « Mon pauvre garçon… Saga… Qu’es-tu devenu ? » Soucieux de ne laisser aucune faille à son acte, Saga se méfia jusqu’au bout de ce mourant semblant inoffensif. Il plaqua ses deux mains contre sa poitrine et invoqua toute sa cosmo énergie : « Galaxian Explosion ! » Le casque de Shion s’arracha sous le choc de l’Explosion Galactique, le corps du malheureux retomba aux pieds de l’autel qui domine le temple à proximité.
Tourné sur le dos, Shion clignait des yeux pour chercher sa constellation, celle du Bélier. Son visage ridé était arraché par l’impact. Son corps couvert de plaies. Ses longs cheveux verts étaient étalés sur le sol rocailleux.
Sa soutane toute déchirée fut retirée par Saga qui ne se souciait plus de son adversaire.
Pendant que le chevalier des Gémeaux ajustait la robe trouée et le casque du souverain, Shion rendait son dernier souffle en souriant : « Oui… Mes étoiles… Celles du Bélier… Merci pour ce message… Merci de m’assurer que de jeunes chevaliers parviendront à déjouer les maléfices de Saga… »
Plus loin, possédé par la folie, Saga envisageait déjà la suite des évènements : « A partir de maintenant, je suis Arlès et Shion, l’intendant et le Grand Pope. Je vais diriger le monde. Le Grand Pope annonçait depuis longtemps sa succession. Je n’aurai qu’à me faire passer pour lui quelques années, avant qu’Arlès informe le Sanctuaire de la mort naturelle du chef de ce domaine. N’ayant pas eu le temps d’ordonner un nouveau Pope, Arlès sera alors désigné comme successeur spontané, faisant ainsi l’unanimité auprès du peuple. Ah… Ah… Ah… »
Derrière Saga, de grands éclairs traversèrent le ciel. Ils furent précédés d’un violent orage. L’averse ramena Saga à la raison quelques instants. Bien qu’il garda sa chevelure grisonnante, ses yeux reprirent une expression de bonté. Ils étaient apitoyés de voir gésir de façon misérable le vieux Shion. L’impact à bout portant n’avait rien laissé à Shion de son apparence déjà diminuée par l’âge. Il était défiguré. Méconnaissable. Désarticulé. Saga en fut attristé : « Je ne peux laisser votre corps être découvert. Et… Je ne peux le laisser pourrir ainsi après l’avoir autant meurtri. Le faire errer dans les limbes jusqu’à ce qu’une porte s’ouvre sur l’Hyperdimension et le désintègre m’apparait plus digne. Another Dimension ! » Une faille dimensionnelle appela à elle le cadavre démantibulé tandis qu’elle renvoya à Saga un autre corps. Le Gémeaux tandis les bras pour le recevoir. Celui-ci était parfaitement préservé. Entouré d’une aura protectrice. Et toujours emprunt d’une beauté que lui reconnaissait Saga : « Arlès, murmura-t-il… »
Il profita de son accalmie pour déposer le corps d’Arlès sur l’autel au fond du temple : « Arlès… Maintenant que Shion ne viendra plus ici, je peux laisser ton corps encore parfaitement conservé reposer en paix sans risque qu’il soit découvert. La dimension dans laquelle je t’ai gardé ces derniers jours a imprégné ton corps de ma cosmo énergie. Ainsi, pendant des décennies, il garantira ta grandeur. Je suis désolé de ne pas avoir pu offrir le même sort à ton frère. » Visiblement affecté, ses cheveux reprenant enfin leur teinte naturelle, il lève la tête en direction de la faille temporelle qui se referme : « Shion… Grand Pope… Désormais il est de mon devoir d’apprendre à lire les étoiles. Lors de ma prochaine visite, je viendrais porter une robe digne de ce nom à votre frère, pour que jamais sa dépouille ne paraisse souillée. Pardonnez-moi de ne pas avoir su en faire autant pour vous. Et merci pour tout ce que j’ai appris de vous. » Flashback
Le raclement de gorge de Gigas sort Saga de ses pensées. Le vieillard prosterné devant le Grand Pope revient sur le refus de Mû : « Hum… Hum… Majesté, il me semble que le chevalier d’or du Bélier renie toujours votre pouvoir. Si à cela on ajoute qu’à nouveau des doutes sur votre gestion des Guerres Saintes ces dernières années sont réapparus… » Une telle annonce sort Saga de ses gonds. Sous son masque, il écarquille grands les yeux. Il bondit de son siège et gronde : « Que dis-tu ?! » Gigas bafouille tant la peur lui ronge l’estomac : « Et bien d’après les soldats faisant partie de notre garde spéciale et infiltrés un peu partout dans le Sanctuaire et dans le monde, des Saints reviennent sur leur façon de voir les agissements que vous ordonnez au nom d’Athéna. Plus particulièrement ceux situés sur Yíaros. » Le céleste empereur descend les marches qui mènent jusqu’à son trône et passe à côté de son général : « Si à cela on rajoute le fait que l’armure d’or du Sagittaire de ce traitre d’Aiolos est toujours dans la nature, on peut dire que de sérieux problèmes commencent à se poser. » Le chevalier d’or avance jusqu’au balcon qui surplombe le domaine et s’accroche à la rambarde : « Gigas ! » Le borgne à la barbe grise suit son seigneur à la trace et se courbe dès qu’il entend son nom. _ « Oui Votre Grandeur ? _ Il est temps d’accroitre les recherches concernant l’armure d’or du Sagittaire. En marge de cela, fait doubler la solde des Saints que l’on dit méfiants à mon égard. Précise que cela vient d’Athéna qui souhaite les récompenser pour leurs actes de bravoure et leur fidélité envers le Grand Pope. » Gigas recule aussitôt en direction de la sortie en se contentant d’approuver : « Très bonne idée Eminence. Je suis convaincu qu’une telle attention ne les laissera pas insensibles. » Puis l’homme à la soutane violette chargée d’une cape rouge quitte la pièce, laissant Saga briser le garde-corps en béton armée tant la situation l’inquiète : « Aujourd’hui, Athéna fête ses douze ans, comme des millions d’adolescentes partout dans le monde. Pourtant, bientôt, elle réalisera qui elle est réellement. Si elle dispose d’une armure d’or et qu’elle venait à établir une coalition avec la captive Hébé, cela pourrait me causer beaucoup de tort. D’autant plus, que les chevaliers d’or du Bélier et de la Balance refusent toujours de répondre favorablement à mes appels. Malgré tout l’amour que je porte à Ambroisie je n’ai plus le choix. Sa captivité n’est plus suffisante, d’autant plus que les Saints qui veillent dessus peuvent émettre des doutes quant à mes intentions… »
Justement, sur Yíaros, l’alcool coule à flot dans les garnisons athéniennes. Loin des leurs, les soldats fêtent comme ils peuvent le jour de la naissance de leur déesse. Entre gardes qui titubent, ceux qui s’égosillent à chanter et ceux qui se provoquent, les villageois hébéïens préfèrent rester cloitrés à leur domicile.
A proximité du temple d’Héraclès, désormais siège de l’armée athénienne, les hommes doués d’un quelque talent musical jouent quelques morceaux à l’harmonica. Parmi eux, le svelte Anikeï et la jolie Carina, dévêtus de leurs Cloths, dansent avec leurs troupes dans des éclats de rire.
Lena, la compagne du Crystal Saint, préfère rester assise dans les jardins, à observer ces effusions de joie. Elle recoiffe ses longs cheveux noirs qui couvrent son masque de femme chevalier à hauteur du front et qui descendent sous la forme de fines mèches sur ses épaules. Les rayons du soleil reflètent sur sa protection violette et noir cristallin. Debout, derrière elle, les bras croisés, Taishi couvert de sa Cloth de bronze du Toucan grimace. Ses petits yeux noirs semblent dénigrer cette manifestation. Le Japonais, orphelin de la Fondation Graad et ancien partenaire de Jabu, déclare de sa voix roque : « Comment peut-on ricaner ainsi, alors que Hébé reste cloitrée dans son palais à comploter ? » Ses épais cheveux couvrent son front et tombent bas dans sa nuque. Ses pattes qui descendent jusqu’à la base de sa mâchoire, son menton carré et son nez épaté de boxeur lui donnent un semblant de maturité que les jeunes hommes de seize ans n’ont pas à l’accoutumé. _ « L’armée hébéïenne est réduite à néant. Es-tu vraiment sûr de pouvoir avancer qu’elle prépare une rébellion, reste prudente l’expérimentée Lena ? _ Elle a investi le Sanctuaire et fait tuer femmes et enfants. Je ne saurai jamais me montrer trop prudent vis-à-vis de cette déesse démoniaque. » Lena, en se relevant, permet à Taishi d’admirer le reste de son allure. Son ventre cesse d’être protégé à hauteur des hanches, laissant sortir de sous la Cloth de la Boussole un tissu violet servant de jupe. Ses douces et grandes jambes sont tout de même couvertes d’un cuissard et ses pieds de petite taille, sont protégés par des escarpins. _ « Je vais rassembler quelques hommes pour faire une ronde dans le domaine. Que dis-tu d’organiser le rationnement des Hébéïens aujourd’hui Taishi ? _ N’est-ce pas au tour d’Apodis ? » Lena annonce d’un ton suffisant : « Il doit certainement s’entraîner avec l’Alcide des Juments de Diomède comme ces derniers jours ! » Taishi rétorque d’un ton méprisant : « Alors il s’abaisse au même niveau que Philémon du Lièvre qui ne prospecte plus sans la présence de l’Alcide de la Biche de Cérynie ! » Médisants, les deux Saints de bronze abandonnent le lieu des festivités. Taishi oubliant presque qu’il y a encore quelques semaines il était face à Hébé pour délivrer le message que lui Pope lui avait confié plus tôt. A cet instant, il restait tétanisé par son cosmos divin…
A l’Est, dans la forêt, d’immenses arbres sont abattus et s’échouent sur le sol. Au beau milieu d’eux, un homme vêtu d’une tunique turquoise qui s’arrête à hauteur des cuisses et ceinturés d’une lanière de cuir, gesticule pour éviter les chutes des troncs. Son pantalon couleur sable, descend jusque dans ses spartiates, ficelées autour de ses tibias. L’habit s’accommode à merveille à ses cheveux mi-longs, tant le bleu est similaire. A l’inverse, ses yeux couleur sang apportent à la fois compassion et crainte à son adversaire vêtue d’une très courte robe grenat et d’un short de la même couleur. Les deux rivaux s’engagent dans un corps à corps prononcé, dans lequel leurs peaux brunies par la longue période estivale qui s’achève subissent de violents heurts. Finalement, les poings bardés de bandelettes de papiers qui remontent jusqu’aux coudes du jeune homme atteignent le masque qui dégage une allure très psychotique de la jeune femme. Elle est repoussée en arrière. Le choc décoiffe les cheveux taupe qui descendent en de nombreuses pointes dans le dos et sur le front de Juventas. Grande, mince, à l’allure très féminine, la veuve d’Iphiclès cesse alors d’adopter une pose de combat et prononce d’une voix très douce : « Tu as gagné ! J’arrête ! » Apodis abandonne aussitôt sa position offensive et, sûr de lui, ne voit pas venir le coup à une vitesse proche de celle de la lumière de l’Alcide qui se ravise. Il est plaqué au sol, après avoir encaissé le coude de l’autochtone en plein nez : « Tu viens d’oublier une règle de base : il faut toujours rester sur ses gardes ! » Apodis reste allongé, jambes et bras écartés en grognant : « Tu y es peut-être allée un peu fort là ! Non ? C’est malin… » Sans difficulté et sans prendre appui avec ses mains sur le sol, il relève son buste et expose son nez gonflé duquel s’écoule beaucoup de sang : « … je vais avoir l’air de quoi moi maintenant ? » Juventas pose sa main sur le visage masculin et vicieux de son masque pour essayer d’étouffer son fou-rire. Bon joueur, Apodis rit à son tour. Juventas lui tend la main pour l’aider à se remettre debout. Lui, il joint ses deux mains devant l’hémorragie en jetant quelques regards noirs entre deux rires nerveux envers elle. Ils approchent le bras d’eau qui relie le détroit du Nord-Est à la citée. Là où Apodis et ses hommes ont investi l’île il y a bientôt six mois. Ici, elle lui nettoie le visage. Juventas s’applique à caresser délicatement la colonne nasale de l’occupant d’Yíaros. D’abord anodin, son geste finit par l’embarrasser lorsque Apodis lui frôle les doigts en prenant le relais. Ils restent de longues minutes immobiles sans se quitter du regard. Ne sentant qu’un profond malaise mêlant ranc½ur et passion. Finalement, c’est Apodis qui recule le premier. Il fuit la situation inconfortable d’une boutade. _ « Si mes hommes me questionnent, je n’aurai qu’à dire qu’un caillou résultant d’un bris de roche m’a écrasé le visage ! _ Oui, il serait plus judicieux que tu avances ce genre d’excuse plutôt qu’avouer qu’une femme chevalier a été capable de te faire cela ! » Apodis est amusé et propose de rentrer : « Le temps passe, je suis de corvée pour la distribution des vivres. Nous devrions regagner la cité. » Juventas hésite un instant. _ « Revenir à deux, comme nous le faisons trop régulièrement poussent les tiens comme les miens à l’incompréhension. Il est encore trop tôt je pense pour afficher une envie de réconciliation entre Saints et Alcides, les esprits sont encore trop revanchards dans les deux camps. _ Tu as sans doute raison. Pars devant dans ce cas. Nous nous reverrons bientôt. » Juventas entame le chemin du retour : « Je l’espère. » Apodis reste au bord de l’eau. Il observe s’éloigner Juventas. Son sourire s’atténue à mesure qu’elle disparait dans l’horizon. Son visage se ferme. Son esprit est appelé par le souvenir de Mujakis et Sperarus, sa mère et son fils. Ses yeux se perdent dans le cours d’eau qu’il a emprunté il y a six mois. Rongé par la culpabilité de se rapprocher de ceux qui ont ôtés la vie aux siens, Apodis choisit de remonter le fleuve pour rejoindre la mer Egée à la sortie de l’île. En proie au doute, il réfléchit à la légitimité de ses interrogations : « Comment un peuple aussi docile a-t-il pu causer une telle barbarie au Sanctuaire ? Pourquoi est-ce que je ressens chaque jour le cosmos bienfaisant d’Hébé donner du baume au c½ur aussi bien aux siens, qu’aux occupants de l’île, alors que jamais je n’ai senti celui d’Athéna ? Et Circinus que j’ai abattu froidement, tandis qu’il espérait m’apporter les preuves d’une machination ? Sans oublier Yakamoz de la Grue qui préféra se ranger dans les rangs de Hébé puisqu’elle ne retrouvait plus en la politique du Sanctuaire les idéaux prônés par la grande Athéna ? Enfin, quel intérêt de rester sur une île, où la divinité captive a accepté sans broncher de signer un traité de paix en donnant les pleins pouvoirs au Sanctuaire contre la vie sauve de son peuple ? Une décision aussi réfléchie, est-elle vraiment celle d’une divinité sanguinaire assoiffée de pouvoir ? » Ces doutes s’additionnent à ceux qu’Apodis éprouvait avant la Guerre Sainte contre Hébé et qui ressurgissent depuis plusieurs semaines : « Ma rage m’a-t-elle fait oublier qu’auparavant les actes du Pope ne me semblaient pas tous légitimes ? » Soudain, à l’approche de la plage, son attention est retenue par quelques bouts de métaux qu’il ramasse : « Qu’est-ce que… ? On dirait des morceaux des tenues que portent nos soldats ! » La promenade du chevalier de l’Oiseau de Paradis se transforme vite en investigation. A mesure que sa route se poursuit, il découvre une lance athénienne et une longue trainée de sang qui aboutit à la sortie de la forêt, sur la plage. Là, dans le sable un homme à plat ventre ne bouge plus que quelques doigts. Apodis coure jusqu’au ressortissant athénien. Il le retourne et le prend dans ses bras. L’homme est déshydraté, pâle et couvert d’ecchymoses. _ « Qui es-tu ? Ton nom soldat ! » Il a beau avoir les yeux ouverts, l’homme semble ne plus voir quoi que ce soit. Il reconnait seulement le son de la voix d’un de ses sergents. _ « Seigneur Apodis ? _ Pourquoi es-tu dans cet état ? Une révolte hébéïenne se prépare-t-elle ? » Le soldat sourit en crachant du sang : « N… Non… Jamais de la vie… » Il est pris d’une forte quinte de toux qui lui fait élargir ses plaies et perdre davantage de sang. _ « Ce sont les nôtres qui m’ont fait ça. _ Pourquoi ? Aucun sergent n’a été informé de la mise à mort d’un soldat. Et encore moins dans d’aussi atroces conditions. Qu’as-tu fait ? _ J’ai simplement culpabilisé… »
Pendant ce temps, au sommet des douze maisons du zodiaque, dans le palais papal, Saga n’a toujours pas bougé de son balcon au sol couvert de gravats après qu’il ait perdu ses nerfs sur la balustrade en béton. Depuis ce lieu où il domine la ville d’Honkios, il peut entendre venir grâce au vent les cris de joies des villageois qui profitent de la journée d’anniversaire d’Athéna. Ce jour si important le ramène à nouveau douze ans en arrière…
Flashback 1er septembre 1973. Au lendemain de l’assassinat de Shion, les premiers rayons matinaux du soleil envahirent la chambre papale. Ils s’infiltraient dans les fissures faites par le temps dans la roche, sortant le nouveau maître des lieux de sa léthargie.
Des pièces jouxtant les flancs du palais du Grand Pope, l’une d’elle est dominée en son centre par une immense paillasse, couverte de nombreux morceaux d’étoffes rouges et blancs surélevés par des coussins du même coloris. Un bureau et quelques armoires en chêne massif meublent le reste de la chambre, tandis qu’une sorte de vasque taillée dans la roche sert de lavabo.
Dégagé de tout artifice, Saga était étendu nu, sur le ventre, le visage serein, dans les linges de maison. Il émergeait progressivement, en passant sa main dans sa chevelure bleutée et bailla librement, sans marquer la moindre politesse. Tout à coup, la petite porte en bois, séparant l’intimité du Pope du reste de son temple, s’ouvrit doucement. La voix douce d’un jeune prêtre d’Athéna inspira une gaité sans pareille : « Bonjour Majesté ! » Pris de court par une telle entrée, Saga ramassa son masque et son casque au pied du lit et dissimula sa nudité sous ses draps. Le jouvenceau débarqua avec un plateau de fruit, quelques récipients vides, tandis qu’un autre prêtre plus âgé le suivait, avec par-dessus son épaule une grande jarre remplie de lait. L’ainé s’étonna : « Quelle surprise Grand Pope de ne pas vous voir debout à cette heure ! » Derrière son masque, Saga grimaçait. Il comprit aussitôt que son usurpation ne serait pas une partie de plaisir durant le temps où il devra apprendre à respecter les habitudes de vie de son ancien supérieur. Les usages et les protocoles également. En effet, beaucoup de villageois et de chevaliers avaient l’habitude de rencontrer Shion qui respectait un agenda très chargé. Prière auprès des siens, visites du peuple, organisation de missions pour l’armée, doléances… Saga sortit de sa réflexion lorsque le plus expérimenté des deux vint s’agenouiller au bord de son lit. Il déversa dans un verre que lui tend le jeune le lait de sa jarre : « Voilà mon Seigneur ! Un grand verre de lait comme vous les aimez. » Saga n’osait pas ouvrir la bouche pour le remercier. Totalement impuissant face aux usages de ses sujets, il observait rentrer dans la chambre d’autres ecclésiastes qui vinrent vider dans la vasque quelques sauts d’eau. D’autres déposaient des serviettes à côté du bac tandis que certains ouvraient grands les armoires pour sortir une soutane blanche. Enfin, l’ainé chassa les siens après que ceux-ci eurent fini de déposer un tabouret face au bassin d’eau. Le jeune accompagnant déposa le plateau à son souverain et se dirigea jusqu’à l’eau dans laquelle il humidifia une serviette : « Eminence, l’eau de votre toilette est encore trop chaude. Comme vous l’aimez, vous pouvez prendre le temps de déjeuner en toute quiétude. » Comprenant que son bain allait être assuré par un habitué de Shion, Saga préféra botter en touche. Il se racla la gorge, bien peu rassuré à l’idée qu’on puisse découvrir le changement de voix : « Aujourd’hui je purifierai mon corps dans les eaux de mes thermes. Vous pouvez disposer. » L’éphèbe ne dissimula pas sa surprise mais s’inclina pour rendre les hommages dus à son souverain. L’ainé imita son pair mais Saga l’en empêcha : « Attend prêtre ! » L’homme se remit à genoux : « Votre Majesté ? » Saga bluffa pour tenter de découvrir la vérité. _ « Cela fait tant d’années que tu es chaque matin à mon service, que j’en ai oublié depuis quand. _ Quinze ans Majesté. _ Ah… Quinze ans de bons et loyaux services… Ne crois-tu pas que cela soit trop long ? _ Jamais Majesté. _ Vois-tu, cette nuit j’ai eu l’idée de renouveler l’intégralité de mes services afin d’assurer la relève de mes sujets. Demain matin tu enverras d’autres personnes, un nouveau prêtre, une nouvelle prêtresse et de nouveaux serviteurs assurer vos tâches routinières. _ Si tel est votre volonté, accepta sans rechigner le malheureux serviteur. Vous avoir servi quinze années durant fut selon moi le plus grand des honneurs Majesté. _ Et pour moi le plus grand des plaisirs. » Le prêtre se releva et recula sans jamais tourner le dos au responsable des lieux. Arrivé à la porte, le Pope lui confia une dernière tâche : « Ah ! Autre chose ! Aujourd’hui, sur mon ordre, tu feras exécuter l’ensemble des personnes que tu vas faire remplacer. J’ai appris de sources sûres, que des complots se tramaient dans mon dos et ce au plus proche de ma garde. Lorsque tu te seras assuré de la mise à mort de chacun d’eux, tu reviendras chercher ta solde qui désormais sera doublée. » Une telle annonce fit froid dans le dos du fidèle sujet : « J’accomplirai vos moindres désirs majesté. Seulement sachez qu’un homme de mon rang ne s’est jamais vu attribuer de solde Majesté. » Saga haussa le ton : « Les sacres, la monnaie du Sanctuaire n’est-elle pas une récompense assez grande pour tes services ? » Le prêtre se courba encore plus bas qu’à l’accoutumée avant de quitter la chambre : « Bien entendu que si votre Majesté. » Une fois seul, Saga bondit du lit en tenue d’Adam et approcha jusqu’au récipient dans lequel il cueillit à l’intérieur de ses mains l’eau que ses vassaux firent chauffer avant de venir. Il se libéra le visage de toute protection et, en se le frottant, il murmura : « Il faudra me souvenir que ce prêtre doit rendre sa vie demain soir, lorsqu’il aura accompli sa mission. Il va falloir que je m’entoure d’une garde de confiance… »
Inopinément, la cosmo énergie de Saga s’embrasa sans même qu’il ne puisse la contrôler. Presqu’aussitôt, un chant harmonieux résonna dans l’ensemble du domaine et fit soulever le cosmos de chaque homme, chevalier, apprenti ou soldat. Les enfants cessèrent de pleurer. Les fleurs écartèrent toutes en grand leurs pétales et les feuilles des arbres cessèrent d’être arrachées par le vent. Saga ferma les yeux et posa sa main sur son c½ur. De ses joues coulèrent des larmes de joie, mais aussi de culpabilité. Il enfila une soutane et ajusta masque et casque en affirmant : « Le vieux Pope avait raison, la réincarnation d’Athéna était imminente. Athéna est parmi nous, elle s’est réincarnée. » Il pressa aussitôt le pas et quitta ses appartements pour traverser la salle du trône. En passant derrière les rideaux qui tapissent le fond de la salle, il déboucha sur la pièce principale des locaux d’Athéna. Il écarta les grands voilages pour passer sous une voute en berceau et déboucha sur une immense pièce où un banc de pierre se trouve en haut de trois marches en fond de salle. Sur les côtés de cette chambre au plafond maintenu par des colonnes doriques débouchent plusieurs couloirs. L’un donne sur une ouverture à l’extérieur au bout de laquelle se dresse la statue de la divinité.
A cette hauteur, il vit une prêtresse. Couverte d’une longue robe blanche au tissu fin, ses cheveux châtains bouclés étaient coiffés d’un serre-tête en or. Sa présence et sa fonction rappelèrent à Saga que si les prêtres sont au service du Grand Pope, les prêtresses le sont pour les soins domestiques d’Athéna. Pire, chacune d’elles aspire à faire partie de sa protection rapprochée en devenant Saintia. Une autre caste avec laquelle il lui faudrait apprendre à man½uvrer pour que son identité ne soit pas découverte. Comme chaque jour depuis que Shion a annoncé le retour imminent d’Athéna sur Terre, la représentante des prêtresses, se rendait dans les appartements d’Athéna afin de préparer du linge frais. Présente sur les lieux lors de cette apparition, l’aînée des aspirantes Saintias cachait la divine enfant par sa taille. Prévenante, elle arracha le bas de sa toge, au risque de presque dévoiler son intimité, afin de couvrir le nourrisson. Le Grand Pope se tenait droit derrière la jeune femme. Derrière lui débarquaient un à un l’ensemble des membres du clergé, hommes et femmes. Tous s’agenouillèrent dès leur arrivée. Saga avança délicatement, sans brusquerie. Il entendit les gazouillements du nourrisson et découvrit par-dessus l’épaule de la prêtresse ses petites mains s’agiter. Son c½ur cognait si fort dans sa poitrine que les autres spectateurs auraient pu l’entendre si déjà les leurs ne palpitaient pas autant. Il était en nage sous sa toge et noyé de larmes sous mon masque. Ses membres tremblaient tellement qu’il se pensait incapable de réussir à tenir l’enfant dans ses bras. Quelques gardes observaient de loin, depuis l’intérieur du palais papal, la scène. Certains d’entre eux se précipitèrent pour descendre les marches des douze maisons, en utilisant le passage secret et en hurlant : « Athéna est parmi nous ! Athéna a ressuscité ! » D’autres gagnaient le balcon du Grand Pope qui surplombe l’entièreté du domaine et permet une vue globale sur les douze maisons et sur la ville de Honkios. Ils commençaient à y déposer des cageots de colombes préparés sur ordre de Shion ces derniers jours. Derrière la chambre d’Athéna, Saga rejoignit enfin la gouvernante. Elle se tourna vers son suzerain à qui elle tendit l’enfant : « Voici mon Seigneur, notre cadeau des dieux, la fille du Dieu des Dieux, la Déesse de la Sagesse et de la Guerre, Athéna ! » Le Grand Pope s’agenouilla aussitôt et ouvrit ses bras pour accueillir la petite fille aux fins cheveux mauve qui le regardait de ses grands yeux ronds aux reflets violets. Le Pope ne cherchait même pas à dissimuler ses larmes qui roulaient sous son masque. Depuis la chambre d’Athéna, quelques prêtresses rapportèrent les draps portés plus tôt par leur supérieure et un vieux landau de bois. Le Grand Pope se saisit des étoffes dans lesquelles il emmitoufla l’enfant. Il resta à la contempler durant de longues secondes. D’interminables secondes. Quand il eut fini, il se releva enfin et ordonna : « Cette enfant est l’espoir de notre monde. Athéna est revenue nous offrir sa grâce et son innocence. Il est temps de la présenter au peuple. » Il regagna les lieux qui étaient désormais siens. Il prit le loisir de mieux observer qu’à l’accoutumer cet immense édifice. Dans sa démarche solennelle, il découvrit l’usure que le temps a eu sur ce palais. Des plafonds à la roche fissurée, des colonnes effritées et des dalles manquantes à certains endroits. Saga regagnait paisiblement les arrière-salles où se situent les appartements d’Athéna en ramenant derrière lui chacun des observateurs présents jusqu’alors. Il repassa par-delà les grands rideaux couvrants le mur de la salle d’audience où siège son trône, puis prit la direction du flanc droit de la demeure où est dressé son imposant balcon.
Dans son dos, tous ces sujets attendirent l’autorisation d’aller plus loin. Un acte qu’il ne permit jamais et qui aurait pourtant été autorisé si le Grand Pope était toujours Shion.
Le souverain une fois parvenu jusqu’à la corniche, les gardes ouvrirent les grands cageots afin de libérer les colombes. Au même moment, Saga leva haut les bras au ciel pour arborer la divine enfant. Le soleil levant éblouit alors le bébé qui passa ses bras potelés devant ses yeux et se mit pour la première fois à pleurer.
A Honkios, des centaines de villageois venant des extrémités du domaine s’étaient regroupés à la hâte. De là où ils se tenaient, ils ne pouvaient apercevoir que difficilement la silhouette du souverain soulever une petite boule de tissus blancs. Pourtant, cela était bien suffisant pour leur arracher cris de joie, larmes et nombreux autres gestes d’euphorie.
Plus haut, sur le chemin des douze maisons chaque chevalier d’or déjà nommé sortait de sa demeure pour observer depuis leur temple l’objet de toutes leurs prières. Parmi eux, Aiolos se tenait droit, la main sur le c½ur, pleurant à ne plus en pouvoir, lui à qui Shion avait déjà annoncé sa prochaine succession.
Dans le palais papal, Saga replia ses bras au bout d’une minute, après que les clochers de tous les forums du domaine cessèrent de sonner. A cet instant, il garda Athéna dans le creux de son coude droit. Sa main gauche se leva en direction de la grande horloge du domaine et, d’une légère impulsion cosmique, il l’alluma. C’est seulement après cela qu’il fit face à sa garde et prononça d’une voix calme : « A présent, les douze feux du zodiaque brûlent pour les douze prochaines heures, signe de fête dans le Sanctuaire, afin de célébrer le retour de notre déesse sur Terre. Que tous nos messagers dispersés dans le monde soient avertis et qu’ils l’annoncent dans les domaines annexés, afin que tout dieu sache le retour d’une des leurs. Que les sergents en service se positionnent avec leurs soldats dans tous les villages pour s’assurer que l’allégresse de la naissance d’Athéna ne pousse pas certains habitants à quelques excès… » Le Grand Pope baissa la tête, en direction de celle qu’il était censé représenter et remarqua qu’elle s’était endormie paisiblement dans ses bras. D’un geste attendrissant, le chevalier d’or des Gémeaux lui caressa la joue avant de rajouter : « … De mon côté, je pars déposer Athéna dans ses appartements. Par sécurité, j’ordonne être le seul à pouvoir approcher notre déesse pour assurer sa toilette et ses repas. » Surpris, les membres du clergé s’échangèrent un regard circonspect. Cette tâche par tout temps a toujours incombé aux prêtresses destinées à devenir Saintias. Néanmoins, ils ne purent que docilement incliner la tête. Ils s’évertuèrent à se disperser le plus rapidement possible afin de préparer la suite des évènements.
Saga attendit d’être seul avec l’enfant pour ôter son casque et son masque qu’il laissa choir sur le tapis rouge de sa salle d’audience. Ses yeux gonflés par les larmes de joie, adoptèrent un regard plus soucieux. Son sourire béat se changea en rictus de désappointement. Si bien qu’il murmura en la regardant : « Pff… Athéna… Que vais-je faire de toi ? » Puis, il traversa de nouveau sa salle en écartant les immenses voilages qui dissimulent la voute en berceau par laquelle il déboucha tout à l’heure dans les appartements d’Athéna. Cette fois-ci, il emprunta la direction opposée à celle de la statue d’Athéna. Il arriva dehors et suivit la route tracée sous la forme d’un pont en pierre. A son bout, une tour est maintenue au-dessus du vide au beau milieu des montagnes qui encerclent les douze maisons. Il soupira un instant avant d’ouvrir la porte de la tourelle. Il ferma les yeux. Serra la mâchoire. Comme pour contenir ses démons. Il attendit que cette douleur mentale ait disparu. Puis il choisit enfin de s’y engouffrer. A l’intérieur, seul un berceau décorait la chambrette. Au mur de celle-ci brûlaient des torches qui prenaient le relais pour illuminer le lieu lorsque le soleil se couchait et ne perçait plus à travers les fissures des murs et les lucarnes. Il coucha dans le couffin Athéna pour mieux détailler ses traits. Bien qu’elle soit aux côtés d’un usurpateur, elle dormait profondément, le sourire aux lèvres. Saga commença à se cramponner le poignet droit, alors que celui-ci fut pris de spasmes. Ses cheveux oscillaient entre sa couleur originelle et un gris démoniaque. Ses yeux devenaient vitreux. Le chevalier choisit alors de s’empoigner la gorge, en implorant à mesure que sa voix s’enrouait : « Aide-moi Athéna… Je t’en prie… Lave moi de mes péchés… » Toutefois, la conscience humaine empêcha Saga d’aller jusqu’au bout et il desserra son étreinte. Il se recroquevilla misérablement sur le sol aux dalles cimentées, en position f½tale. Il pleura de longues minutes comme un enfant en se maudissant. C’est alors qu’une aura orangée vint l’envelopper. Chaude, douce et bienfaisante, comme celle qu’il a ressenti lors de l’arrivée de la déesse au pied de sa statue. Ce cosmos chaleureux ne le quittait pas et fit cesser l’affliction. Saga sentait toute culpabilité l’abandonner, le malaise qui rongeait son être avait disparu, le mal s’était évanouit en présence de la divinité. Le Gémeaux se releva alors bouche bée. Cette sensation si intense de bien-être, si agréable, il ne l’avait connu qu’aux côtés d’Ambroisie, cette chère et tendre réincarnation d’Hébé qu’il a tant aimé. Il passa sa main sur le front de l’enfant, afin de lui dégager les fines mèches qui la couvrait et y déposa un baiser plein d’affection avant de quitter la demeure.
Dehors, une fois la porte refermée, Saga ferma les yeux et leva la tête vers le soleil. Il écarta grand les bras et aspira un grand coup l’oxygène qui vint gonfler ses poumons. Il revint à lui pour observer sa soutane de Pope et sourit timidement : « Qu’importe l’acte de malveillance que j’ai causé en tuant le Grand Pope et son frère Arlès. Il me faut simplement élever Athéna jusqu’à ce que sa conscience divine vienne à elle. Je dois la protéger et m’assurer qu’elle devienne celle que le peuple attend. Alors seulement après ça je pourrai recevoir le châtiment que je mérite. Je n’ai rien à craindre pour ma relève. La place de Saint d’or des Gémeaux sera assurée par Kanon. Il faut simplement que je m’assure que l’âme de mon frère, ne soit pas déjà consumée par le mal comme la mienne… » Flashback
Dans les couloirs qui mènent à la salle d’audience du palais, des bruits de pas retentissent et sortent Saga de ses songes. En regagnant son siège, Saga murmure à voix basse la suite de ses souvenirs : « Hélas mon frère, tu as brisé mes bonnes résolutions. Lorsque je suis venu t’annoncer la réincarnation d’Athéna, tu me proposas de la tuer, elle, ainsi que le Pope pour prendre leurs places. Je ne t’avais pas attendu pour le Pope et son frère, seulement, j’espérais trouver auprès de toi la force de lutter contre mes pulsions démoniaques. Malheureusement, tu étais encore plus corrompu que moi par le mal et je n’eus pas d’autre choix que de t’enfermer au Cap Sounion. Seulement il était trop tard, tu avais brisé en moi par ta proposition les derniers espoirs qui me poussaient à une réhabilitation. Puis Cronos vint me trouver et m’offrir la dague destinée à pourfendre le c½ur d’Athéna, l’épée de Chrysos. Néanmoins, tout ne s’est pas déroulé comme prévu… »
Les portes de la salle d’audience sont ouvertes par les gardes qui siègent. Un homme caché comme à son habitude sous son masque violet et une épaisse soutane kaki digne d’une bure de moine répond à l’appel de son maître : « Ptolémy Saint d’argent de la Flèche à votre service Majesté. » Saga lève légèrement une main comme pour rendre le salut à son chevalier : « Ptolémy, tu es le Saint envers lequel j’ai le plus confiance. » Le Libyen est intimidé par un tel compliment. _ « C’est grâce à vous que je suis sorti de ma condition misérable en Lybie. Vous m’avez aussitôt accordé votre confiance en faisant de moi votre messager personnel puis un Saint. _ Hum… Athéna t’a seulement reconnu comme digne de confiance. C’est justement pour cela, que j’ai fait appel à tes bons et loyaux services. Ptolémy, tu n’es pas sans savoir que je dispose d’une garde personnelle, composée de soldats infiltrés dans les rangs du reste de notre armée. _ Il est vrai votre Majesté. _ Et c’est toi-même qui m’a rapporté que ces hommes ont soulevé certains doutes dégagés par des Saints basés sur l’île de Yíaros. _ En effet, nos infiltrés sur place ont ressenti certaines velléités de la part de leurs sergents. Certains auraient même noué des liens avec des Hébéïens. _ Dans ce cas, je n’ai plus le choix. Certains Alcides représentent encore une menace trop grande. Si des Saints choisissent de s’allier à eux et de trahir Athéna, nous serons face à un problème de taille. Je suis donc contraint aujourd’hui d’ordonner l’assassinat d’Hébé » Une telle annonce qui aurait fait frémir n’importe quel individu laisse Ptolémy de glace. _ « Je connais l’importance que voue Taishi Saint de bronze du Toucan à accomplir ce genre de mission au nom d’Athéna, poursuit Saga. Il a déjà réussi à infiltrer le palais d’Hébé. Il devra s’entourer des Saints qu’il pense encore fiables sur l’île, quitte à ne pas avertir le sergent-chef en place, Apodis de l’Oiseau de Paradis. De plus en plus de soldats de confiance sont envoyés pour prendre la relève de ceux déjà présents. Ils sont tous marqués sur la peau d’un reptile ailé enroulé autour d’un crâne, semblable à l’ornement du fronton de mon palais. Il n’aura aucune difficulté à composer une garnison importante dans les mois qui viennent. A Taishi d’organiser cette mission ! _ Si telle est votre volonté. _ Non Ptolémy, cela est la volonté d’Athéna. Tu peux disposer à présent. _ Bien votre Majesté. Et passez un bon 1er septembre. » Ptolémy s’incline légèrement puis suit le long tapis rouge qui couvre le sol jusqu’à la sortie.
Enfin seul, l’usurpateur se veut cynique : « Pff… Un bon 1er septembre ! Ce 1er septembre restera une date phare de l’histoire de mon règne. Naissance d’Athéna, enfermement de mon frère et tentative d’assassinat d’Aiolos plus tard dans la nuit. Tout serait parfait, si seulement il n’avait pas réussi à cacher l’armure d’or du Sagittaire et l’enfant qui fête aujourd’hui ses douze ans. »
Justement, au Japon, à Tokyo, une limousine noire traverse la ville et attire l’euphorie de chaque passant qui la croise. Le véhicule roule à vive allure, tandis qu’il emprunte la direction d’une demeure en sortie de ville. Elle passe un haut portail aux pointes acérés et gardé par trois hommes bodybuildés, armés sous leurs costumes et aux yeux cachés sous des lunettes sombres. La voiture suit le chemin tracé aux milieux des jardins, dominés par de grands arbres, puis arrive enfin devant une immense résidence composée de plusieurs ailes. Sous le porche de celle-ci, attend la magnifique Saori Kido aux cheveux couleur lavande qui tombent dans son dos et par-dessus ses épaules, vêtue d’une belle robe blanche qui descend jusqu’à ses pieds, couvrant entièrement son buste, épousant parfaitement sa taille et ébouriffée à hauteur des jambes. Son magnifique collier rose, fait ressortir à merveille ses yeux violets. Elle est accompagnée de son fidèle valet, toujours accommodé d’un costume noir et d’une chemise blanche fermée par un n½ud papillon, Tokumaru Tatsumi : « Mademoiselle Kido, il semblerait que votre amie soit à l’heure. » Hautaine, Saori rétorque : « Comme toujours. » Une fois le véhicule stationné, deux servants sortent de la demeure derrière Saori et Tatsumi. L’un vient ouvrir doucement la porte de la voiture, pendant que l’autre tend sa main pour aider l’invitée de Mademoiselle Kido. Une jeune femme de cinq ans l’ainée de Saori sort en réalisant de gracieux mouvements. Ses longs cheveux bruns tombent en quelques mèches sur sa généreuse poitrine à peine cachée par sa robe violette sans bretelle. Des petits rubans violets se mêlent derrière sa tête à ses cheveux. Ils font ressortir le maquillage qui habille ses lèvres pulpeuses. Le petit c½ur rose tatoué sur sa pommette gauche s’accorde à merveille avec ses yeux topaze, enjolivés par de fins sourcils. Lorsqu’elle prend la direction de son amie, elle plie légèrement les genoux et pose ses douces mains aux doigts fins et aux ongles vernis devant sa bouche charnue pour crier avec vivacité d’un accent slave fort prononcé : « Joyeux anniversaire Saori ! » La fille de ce riche homme d’affaires russe, souvent parti en voyage, accepte le geste du domestique. Elle se laisse ainsi guider jusqu’à Saori qui lui attrape les mains et lui échange un large sourire qui en dit long sur l’amitié entretenue par les deux jeunes femmes. _ « Merci mille fois. _ Allons, j’espère ne pas être la dernière. _ Absolument pas. D’autres doivent encore arriver. Le Président de la République Française ne devrait plus tarder ainsi que ton père. » La belle jeune femme ne daigne même pas regarder Tatsumi et s’engage avec Saori à l’intérieur. Là un gigantesque buffet est monté. Plus d’une centaine de personnes peuplent seulement le hall. Ksénia attrape au passage une coupe de champagne qu’elle déguste immédiatement. Très courtisée, elle offre volontiers des nouvelles de son père aux autres invités qui attendent son arrivée avec impatience. Tatsumi, lui, est aux petits soins. Il veille à ce que tout le personnel soit en mesure de répondre aux attentes des hôtes de la demeure de son illustre maître, le défunt Mitsumasa Kido. Comme souvent, il s’isole quelques instants pour se recueillir devant un tableau de celui-ci, dans le bureau d’affaires de Saori. Avec nostalgie, il se penche sur les papiers de la demoiselle d’origine grecque et ouvre le passeport de celle-ci : « Mlle Kido Saori, Japonaise, née le 1er septembre 1973 à Tokyo… Pff… Mon maître… Vous avez usé d’ingéniosité une fois de plus, pour dissimuler l’identité de cet enfant que vous avez trouvé le 2 septembre au matin dans des ruines à Athènes. Saori venait de naître d’après les propos du brave qui l’avait sauvé du châtiment démoniaque de notre futur ennemi. Elle est devenue une jeune femme très cultivée. Bientôt, les survivants parmi les cents orphelins envoyés dans le monde reviendront et il me faudra lui annoncer la vérité lorsque les forces maléfiques découvriront qui elle est réellement… » Quelqu’un vient frapper à la porte, Tatsumi repose aussitôt les papiers d’identité et se tourne en réajustant son n½ud papillon : « Oui ! » Un des hommes de main lui annonce l’arrivée de nouveaux invités : « Monsieur Тайна est arrivé. » Tatsumi bombe le torse : « Bien, j’arrive tout de suite. »
Dans le hall, Aleksandr Тайна est en compagnie de sa fille Ksénia et de Saori. D’une quarantaine d’année, cet homme brun porte la moustache et ses cheveux sont plaqués en arrière. Reconnu de tous, il ne cesse de saluer les convives de la jeune héritière avec laquelle il discute. _ « … et à cet instant j’ai signé le contrat ! _ Incroyable Aleksandr. Votre chef de projet a bien vu venir le coup. _ En parlant de chef de projet, je pensais voir ici Monsieur Solo. _ Julian Solo ? _ Oui, tout comme votre grand-père et moi, le père de Julian et l’illustre Mitsumasa Kido avaient l’habitude d’entretenir de bonnes relations commerciales, quasi-exclusives. _ Et bien depuis que je suis aux affaires je n’ai pas eu l’occasion de m’entretenir avec lui. Je sais que sa compagnie règne sur les sept océans, mais pour le moment aucun chantier ne nécessite que nous soyons en relation. » La fille d’Aleksandr se sent un peu à part, alors elle casse le rythme de la discussion : « Tu as tort, c’est un très bel homme ! » Le père de la belle demoiselle rit aux éclats avant de prendre congés : « Ah… Ksénia… Je reconnais bien là ma fille ! Ah… Elle et les hommes ! Un jour elle finira par créer de la discorde telle Hélène de Sparte ! Bon, veuillez me pardonner Mademoiselle Kido, mais je reconnais au loin le Ministre Américain du commerce qui me fait de grands signes depuis quelques minutes. - Je vous en prie monsieur Тайна. » Ksénia exprime son dédain : « On aura tout vu ! Mon père qui dit bien me reconnaître. Cela fait plusieurs années qu’il n’a pas pris le temps de passer une journée en ma compagnie. Toujours à voyager. » La réincarnation olympienne joue à merveille la comédie. D’ailleurs son devoir la rappelle puisqu’elle est obligée de prendre congé de Saori : « Ma chère amie, comme je te l’ai annoncé avant de venir, ma présence ici ne peut être plus longue. En effet, le siège social de la société de prêt-à-porter que mon père a bien voulu racheter pour moi réclame ma présence à Athènes en Grèce. Mon hélicoptère doit déjà m’attendre. Je sais que tu connais mieux que quiconque l’importance des affaires et des engagements… » Saori s’empresse de saisir les mains de sa richissime amie et lui témoigne toute son affection avant qu’elle n’ait pu achever sa phrase : « Va ma chère ! Je sais très bien que le devoir est une chose très importante. » Saori pivote sa tête pour chercher son domestique : « Tatsumi ! » Tandis que l’amateur de kendo se permet de fanfaronner auprès d’une princesse des émirats il est aussitôt rappelé à son devoir. _ « Oui Mademoiselle Kido ? _ Veuillez accompagner Mademoiselle Тайна Ksénia sur le toit. » Le robuste bras droit s’exécute aussitôt. Il devance Ksénia qui jette un dernier regard du coin de l’½il à celle qu’elle sait être la réincarnation d’Athéna…
Plus haut, sur le toit, après avoir pris congé de Tatsumi, Ksénia s’installe dans un hélicoptère de la compagnie de son père en soufflant : « Pff… Que ce voyage va être long… Si seulement cette comédie pouvait cesser… »
Au rez-de-chaussée, Saori choisit d’ouvrir le cadeau que lui a fait livrer Ksénia. Celui-ci, une caisse de deux-mètres de haut sur un mètre de large, est défait des plaques de bois qui la couvre par les valets de la petite fille de Kido. Tandis que Saori lit à voix basse la lettre qui accompagne le présent, Tatsumi est pris d’un léger malaise en découvrant l’objet : « Un petit souvenir de mes récents voyages en Grèce, pour celle qui incarne la beauté et la grandeur. Joyeux anniversaire. » Saori lève peu à peu les yeux vers une statue qu’elle étudie de bas en haut et reconnait comme étant celle à l’effigie de la déesse dont lui parlait régulièrement son défunt grand-père. Tatsumi passe son doigt pour libérer son cou, subitement trop serré par le col de sa chemise, tant il croit étouffer en constatant l’apparence d’une déesse au corps habillé d’une toge. Le vêtement taillé tombe jusqu’au sol et ne libère que les bras, le droit posé contre la hanche et le gauche tombant le long du corps, et le cou. Saori s’avance au milieu de ses invités et vient caresser le visage lisse et froid de la statue. Ses yeux sont noyés d’émotions et son esprit semble être ailleurs, conquis par le cadeau fait par Ksénia. Le majordome choisit de taper dans ses mains pour sortir les autres convives de leur léthargie face à un tel spectacle afin que reprennent les discussions et pour que Mademoiselle Kido revienne à elle. Ce qu’il souhaite se produit, elle se libère de l’emprise qu’exerce la vue de cette statue sur elle en souriant : « Alors Ksénia, mon amie, tu me vois ainsi, telle Athéna ! »
FIN PARTIE 1 Partie 2 ci-dessous
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« le: 4 Juillet 2012 à 20h36 »
Ca devait pas passer le 12 ? C'est pourtant ce que j'avais cru comprendre. Bref, ça ne peut pas se finir comme ça...
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