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Messages - Kodeni
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« le: 27 Février 2012 à 18h25 »
Ok mais étant donné la taille du fichier (environ 375 Mo), il faut que je le mette sur un serveur (Megaupload ). Je m'occupe de cela ce WE. Dommage qu'il soit aussi difficile de trouver des illustrations d'Alexandria... Bonjour Yasei. Je suis preneur également.
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« le: 19 Février 2012 à 17h40 »
Un mec et une gonzesse, oui... Merci beaucoup.
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« le: 18 Février 2012 à 21h50 »
Si je me souviens bien, y'avait juste deux voix... C'était les copains catcheurs de Kurumada qu'il avait invités sur le film (genre, j'en ai rien à foutre du film, je ne vais pas aux réunions de production, mais par contre si c'est pour faire le pitre, on y va...) Merde, j'étais persuadé d'entendre une gonzesse. Ils sont donc seulement deux. Merci.
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« le: 18 Février 2012 à 18h16 »
Pour en revenir au Tenkai, on entend plusieurs dieux condamner les Saints d'or. J'en dénombre : 2 dieux et une déesse. Est-ce juste ? Ou bien avez vous une autre impression ?
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« le: 9 Février 2012 à 18h35 »
Vois voulez que je m'y recolle ? Volontiers  .
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« le: 29 Janvier 2012 à 22h19 »
Chapitre 27
Au Sud de l’île d’Yíaros, sur le port, le campement athénien est établi. Sous la tente la plus imposante du camp, teintée de rouge et orné en son centre d’une statuette en or d’Athéna tenant Niké dans son bras, Aldebaran est attablé à un guéridon. Un verre de vin dans la main droite, son casque aux cornes acérées maintenue dans la gauche, le Brésilien observe son homologue Shura. Le Capricorne, un genou au sol, le casque sous le bras, termine de répéter les saintes paroles prononcées par un prêtre qui dirige ses mains au ciel en célébrant Athéna. Après une demi-heure et trois verres, Aldebaran assiste enfin à la fin du rituel et se retrouve désormais seul à seul avec l’Espagnol. _ « Je t’en sers un ? _ Juste avant cette tentative ? Ça ne serait pas raisonnable. _ Tu as raison Shura. Tu m’excuseras alors, mais j’avais besoin de ça pour tenir le coup avec la présence de ce prêtre, rit à pleins poumons Aldebaran ! _ Il est vrai que tu préfères prier seul et de façon plus succincte. _ Athéna n’a pas besoin de grands discours, juste de fidélité. » Devant leur tente, ils entendent les cliquetis d’autres armures qui se réunissent. _ « Es-tu certain qu’attaquer si vite notre ennemi est une bonne idée, s’inquiète Aldebaran ? _ J’aurai cru le comité d’accueil plus important sur le port. Cela signifie qu’ils n’ont plus d’hommes. Investir le Centre de l’île ne sera qu’une partie de plaisir, sachant qu’Apodis attirera l’attention sur lui en attaquant le Nord Est, tempère Shura. _ Dans ce cas nous ferons comme prévu. A l’aube, je te rejoindrai au Centre de l’île avec nos hommes pour en prendre définitivement le contrôle. Seuls quelques soldats resteront sur le port pour veiller à ce qu’il n’y ait pas de tentatives de fuites des Hébéïens. _ Il n’y a pas de raison qu’il y en ait. S’ils se montrent fidèles à Athéna alors ils vivront heureux sous notre occupation. » Le drap de leur tente est ouvert par Babel qui ôte son casque et s’agenouille : « Seigneur Aldebaran ! Seigneur Shura ! Moi Babel Saint d’argent du Centaure vient vous informer que nos troupes sont prêtes. Philémon Saint de bronze du Lièvre a réuni quatre-vingt soldats près à suivre vos ordres Saint du Capricorne. Trente autres affûtent déjà leurs armes, pour vous suivre demain matin Saint d’or du Taureau. Les hommes restants sont déjà sous le commandement de Ptolémy Saint d’argent de la Flèche afin de veiller sur le port. » Shura ajuste son casque et déclare : « Dans ce cas, ne les faisons pas attendre ! » Il se retourne et serre fermement la main de son camarade Aldebaran qui lui sourit aimablement.
Plus haut, au Centre de l’île d’Yíaros, torches éteintes, un groupe de soldats conduit par Baucis emprunte la direction du Nord Est. En quête de revanche après avoir perdu le contrôle du port plus tôt dans la journée, Baucis compte sur les renseignements de Yakamoz pour reconquérir les bonnes grâces d’Hébé.
Tout en les observant partir en mission, le grand cardinal des prêtres d’Hébé, l’homme qui a recueilli Saga et Kanon lorsqu’ils étaient enfant, Acis, converse avec l’Alcide des Oiseaux du Lac Stymphale, ¼dipe : « Penses-tu que confier cette mission à Baucis, qui a perdu près de soixante-dix hommes sur le port cet après-midi, soit une bonne idée ? » Dépourvu de ses cinq sens, ¼dipe répond en faisant retentir son cosmos dans l’esprit d’Acis. _ « La perte d’Androgée Alcide du Taureau de Crète l’a beaucoup affectée. Une grande complicité les liait, elle se sent responsable de sa mort. _ Justement, elle est à peine remise de ses blessures et elle n’a en tête qu’un esprit de revanche. _ D’après ce qu’a dit Yakamoz, le Saint de bronze de l’Oiseau du Paradis qui conduit cinquante hommes est ici dans le but d’assouvir lui aussi un désir de vengeance. Il nous pense responsable du décès des siens. Sur le port, Baucis avait moins d’hommes que les Athéniens. Nous n’étions que cent soldats et deux Alcides, contre cent cinquante soldats et sept Saints. Ce soir, Baucis conduira la trentaine de survivants de cet après-midi, ainsi que vingt soldats parmi la cinquantaine restée dans la cité auprès d’Hébé dans la journée. Elle aura cinquante hommes contre vingt-cinq… » Acis grimace en réalisant qu’il ne reste plus qu’une trentaine de soldat hébéïens restés présents pour veiller sur le Centre de l’île.
Derrière eux, à l’intérieur du Parthénos, Juventas observe Hébé. La déesse reste les yeux fermés, assise sur son trône, à attendre la suite des évènements. Juventas, elle, angoisse. La veuve d’Iphiclès est persuadée que l’invasion des Athéniens au Nord Est n’est qu’une diversion qui leur sera fatale.
Pendant ce temps, à l’Ouest du Sanctuaire d’Athéna, en marge des incidents d’il y a trois jours, un rassemblement privé a lieu en l’honneur de la future victoire athénienne sur Yíaros, dans la maison de Misty Saint d’argent du Lézard. Tandis que dans les villages alentours, on reconstruit les maisons endommagées et on fait le deuil des victimes de la tentative d’invasion d’Hébé, le Français a convié ses habituels amis à une fête où seuls les personnalités les plus importantes, les plus belles et les plus désirées du domaine sont présentes. A l’affût du général Gigas, qui récuse toute manifestation de ce genre, une vingtaine de personnes s’est réunie chez le Saint d’argent, afin de se livrer à la débauche et aux excès de la table et de la boisson. Dans sa toge blanche et légère, qu’il ne porte que pour les occasions de ce genre, Misty tape dans ses mains pour accompagner les plus beaux esclaves du domaine, hommes ou femmes, dans leurs déhanchements, sur les airs joués par quelques musiciens fanfarons des auberges alentours. A table, Docrates et quelques riches marchands rient des témoignages de Jamian qui évoque avec humour ses mésaventures journalières. Le Saint d’argent du Corbeau, vêtu d’un pantalon noir et d’un maillot sombre délavé, garde son bras autour du cou d’une jeune servante de Misty avec laquelle il envisage de passer une agréable soirée. Astérion, jeune veuf d’Agena, se console avec son camarade Moses en compagnie de filles de paysans, tandis que Dante et Capella, encore sous le choc de leur affrontement contre un Alcide, préfèrent manger grassement les plats préparés devant eux par les esclaves. Esclaves que Dio ne cesse de mépriser sous l’influence de l’alcool. Ses fidèles comparses, Sirius et Algethi jouent aux cartes avec Arachné, ainsi que quelques soldats et des filles de commerçants déjà bien éméchés. Avachi sur une couche dans une robe sénatoriale qui n’est serrée à sa taille que grâce à un ceinturon de cuir, Algol déguste les succulents mets en compagnie de son camarade Spartan aux plaies encore fraîches. L’expert en télékinésie peut à peine lever le bras après son affrontement contre l’Alcide ¼dipe, mais tient cependant à profiter de ce genre de soirées qui deviennent rare au Sanctuaire. Affublé d’une longue et ample robe en coton de couleur pourpre, le mercenaire ne perd pas des yeux la servante qui vient de leur déposer un plateau de pilons de poulet au miel. Cette femme aux cheveux courts, lisses et noirs, fait le service en tenue d’Eve comme l’exige Misty son propriétaire. Sa peau brunie par le soleil de Grèce garde quelques traces blanches cicatrisées, laissées par le fouet de son maître. Tandis qu’il évoque les bienfaits de la politique actuelle du Grand Pope, Algol sent l’attention de son ami se dissiper. Il comprend vite la cause en remarquant cette jeune femme qui baisse les yeux chaque fois qu’un noble invité la toise. Le Saint d’argent de Persée se lève alors sans mot dire et se dirige vers les chaudrons où les autres serviteurs préparent la nourriture qui est à chaque fois gaspillée par les convives. Dio, un pichet de vin à la main, les yeux mi-clos, ricane tout en giflant un des cuisiniers pour l’unique raison que celui-ci ne va pas assez vite à son goût. A ce moment l’esclave sur laquelle Spartan a jeté son dévolu, approche du malheureux souffre-douleur pour que celui-ci remplisse un nouveau plat. Le chevalier de la Mouche lâche le misérable et commence à poser ses mains vicieuses sur le corps soumis. La domestique ne dit rien, elle baisse simplement les yeux et ne bronche pas, telle est la volonté de Misty. Dio sent subitement son bras être cramponné et repoussé en arrière. Grisé par l’alcool qui coule à flot, il met du temps à se tenir droit pour distinguer le gêneur : « Qui es-tu pour oser me repousser ainsi ? » Algol prend dans ses bras la femme et pose un regard froid vers son pair. _ « Algol Saint de Persée ! _ Algol ! Je ne t’avais pas reconnu ! Sache que cette femme est à moi ! Algol pointe du doigt le cuisinier avec lequel jouait Dio auparavant : « Faux ! Spartan a posé son dévolu dessus en premier alors que toi tu t’amusais à jouer avec ce laquais. Le vin te monte à la tête Saint de la Mouche. Je te propose de jouer à nouveau avec lui et de venir nous rejoindre partager notre eau lorsque tu auras recouvré tes esprits. » Personne ne prête attention à l’échange entre les deux hommes. Dio, bien qu’émoustillé, sait qu’il ne faut pas se frotter ainsi à un des plus puissants Saints de son ordre. Il le laisse partir en frappant sur la fesse le valet qu’il ennuyait auparavant : « Va Algol ! Garde ton eau et emporte cette femme ! » Algol sourit et conduit l’esclave qu’il garde à bras jusqu’à Spartan qui l’attend en souriant avec timidité. Algol finit de vider sa coupe d’eau et laisse son camarade pour ne pas le déranger. Le Saint de Persée passe sa main dans son opulente chevelure et quitte la demeure de Misty à qui il baise amicalement la joue avant de sortir afin de le remercier de l’invitation. Le Saint remonte paisiblement les villages de l’Ouest et s’aventure dans le Centre du domaine, dans la ville d’Honkios. Il emprunte la direction Est de la ville pour débarquer aux limites du camp d’entraînement des femmes chevaliers. Il s’assied sur une pierre et fixe l’orée du bois qui appartient à ce lieu interdit aux hommes. L’arrogant chevalier d’argent ferme les yeux l’espace d’un instant et respire à pleins poumons. Lorsqu’il reprend ses esprits, il déclare à voix haute : « Ce lieu a conservé l’odeur de sa peau. » Une femme chevalier aux cheveux vert sort de l’ombre et reconnaît son camarade. _ « Algol ?! Cela fait un moment que je ne t’ai vu. Que viens-tu faire ici ? _ Shaina… Tu sais… Au village voisin… Misty et ses fêtes habituelles… J’avais espéré m’y vider l’esprit, mais je garde son visage au fond de mon c½ur. Vois-tu Shaina, c’est sur ce banc de pierre que nous nous sommes embrassés la première fois Hasu et moi. _ Oui, je sais. Elle t’aimait beaucoup. _ Hélas elle l’a suivi lui. Elle n’est pas allée au bout de son apprentissage de femme chevalier uniquement pour accompagner ce chevalier d’or, Shaka de la Vierge. _ Le Grand Pope a accordé un pèlerinage à Shaka et ses partisans. Elle a abandonné la voix de la violence pour devenir prêtresse, voire Saintia. Elle pensait que suivre la sagesse de Bouddha l’aiderait à y parvenir. Elle estimait qu’ainsi elle servirait mieux Athéna. _ Oui, la fidélité envers sa déesse avant tout. Hélas, j’ai un mauvais pressentiment. Dans un courrier que nous a adressé un messager, il était dit que Shaka et ses disciples allaient bientôt être de retour et que Hasu avait été faite Saint de bronze de la Couronne Australe. Elle qui a abandonné la chevalerie revient sacrée chevalier ! Je suis sûr que l’influence de Shaka y est pour quelque chose. Crois-tu que ses sentiments pour moi sont toujours aussi forts ? _ L’amour entre un homme et une femme reste une situation bien mystérieuse. Pour ma part je ne saurai m’avancer à ce sujet. Rentre chez toi maintenant Algol. Demain tu iras mieux. »
Plus haut dans le domaine, une voix roque répond à une autre dans la salle d’audience du palais papal. Le maître des lieux est assis sur son siège et fixe un chevalier accroupi, casque en main. Le jeune homme affiche une maturité qui le vieillit par rapport à ses seize ans. Ses cheveux épais couvrent son front et descendent bas dans sa nuque ainsi que jusque sa mâchoire. Son menton carré, son nez épaté et ses petits yeux noirs, témoignent de la frayeur qu’il inspire habituellement. Couvert par la Cloth de bronze du Toucan qui cuirasse son corps d’un plastron et d’une ceinture rouge, de jambières et d’avant-bras cobalts, il incline sa tête et assure : « Oui Majesté ! Je suis bien l’élève de Lilium Saint de bronze de l’Octant qui instruit à des apprentis chevaliers au camp d’Oran en Algérie. Je suis Taishi Saint de bronze du Toucan, arrivé hier au port d’Athènes depuis celui d’Oran où j’ai voyagé incognito. J’ai été accueilli à mon arrivée au Sanctuaire par notre Général en chef, Gigas, qui m’a informé de la mission que vous me confiez et de la situation en mer Egée. _ Lilium m’a rapporté par messagers que tu étais un Saint courageux et volontaire. _ Je ferais tout, Majesté, pour être à la hauteur des attentes de notre déesse Athéna. _ A l’heure actuelle je perçois notre armée investir le Centre de l’île d’Yíaros. A cette occasion j’ai dépêché deux Saints d’or accomplir cette attaque. Toutefois, je préfère savoir nos Saints d’or près d’Athéna, c’est pourquoi je t’envoie ainsi que trois autres Saints de bronze sur Yíaros pour y maintenir l’ordre et faire respecter nos lois. _ Entendu Votre Majesté. Avec qui ferais-je équipe ? _ Tu seras accompagné d’Anikeï de Cassiopée, de Carina de la Carène du Navire et de Lena de la Boussole. Sur place resteront Philémon du Lièvre et Apodis de l’Oiseau de Paradis. Vous serez six Saints de bronze, soutenus par les soldats déjà sur place. Ce sera suffisant je pense. _ Si vous le pensez Majesté, ça ne peut-être alors qu’évident à nos yeux. » Saga se lève de son siège, imposant un respect que lui rend Taishi, en s’inclinant davantage au sol. Le Grand Pope avance jusqu’à l’ancien camarade de Jabu en Algérie et lui tend le bandeau rouge qu’il a pris à Iphiclès juste avant que l’Alcide ne décède dans la maison du Taureau. _ « Taishi, j’aimerai ta confier une autre tâche. _ C’est un honneur mon Seigneur. _ Je veux que tu remettes ce ruban à Hébé. J’ai conscience que l’approcher sera une tâche ardue car à l’heure actuelle, je la sais barricadée dans son temple. _ Est-ce là une astuce pour lui ôter la vie Majesté ? _ Malheureux, perd aussitôt son sang-froid Saga ! Otez la vie à un dieu n’est pas chose aisée ! Seuls les chevaliers d’or ont accompli ce miracle contre les Titans sachant que ceux-ci ne disposaient pas de tous leurs moyens ! Non, je préfère la savoir cachée dans son temple à regretter le sacrilège qu’elle a commis en s’attaquant à Athéna. Je veux la savoir l’esprit torturé pendant que notre peuple se venge des malheurs subis ici en rendant la monnaie de leur pièce au sien. Nous statuerons sur son sort plus tard. _ Pardonnez mon impudence Votre Eminence. _ Tu es plein de fougue. J’aime ça et j’accepte tes excuses à l’égard des dieux. Lorsque tu donneras ce ruban à Hébé, je veux que tu lui délivres ce message. Dis-lui expressément que le passé ne peut être oublié et que le chagrin ronge les amis d’antan. ». En prononçant ces paroles, Saga ne peut contenir les trémolos de sa voix en souvenir à l’amour qu’il a partagé avec elle durant leur jeunesse…
A l’Ouest, dans le village où se situe la demeure de Misty, Anikeï, l’Ukrainien qui a suivi le même enseignement que Shun, marche les bras le long du corps. Dans son vieux maillot jaune rapiécé et son pantalon blanc troué aux genoux, le slave légèrement plus grand, baisse les yeux sur Carina durant leur balade nocturne. Les deux jeunes Saints de bronze sont arrivés au Sanctuaire que découvre pour la première fois le svelte garçon aux traits efféminés. Il suit Carina qui a déjà eu l’occasion de remplir plusieurs missions en Egypte et qui a déjà fait le relais ici, au domaine sacré, lorsqu’elle revenait d’Afrique pour rejoindre sa Sibérie natale. L’allure chétive de cette demoiselle, au visage caché sous un masque havane, la rend gracieuse dans sa jupe marron qui ne descend pas plus bas que ses cuisses fermes. Ses tibias sont couverts par des bas blancs et ses chevilles sont surélevées par les hauts talons de ses chaussures. Sa fine taille est habillée d’un épais pull blanc qui épouse malgré tout sa poitrine rebondie. Tenant chacun à dos leurs Pandora Box, les deux chevaliers de bronze témoignent de leurs durs entraînements et s’échangent les raisons qui les ont poussés à vouer fidélité à Athéna.
En passant près de la maison de Misty, Anikeï remarque un invité sortir nu, en compagnie d’un esclave qu’il caresse lascivement, en espérant ne pas dévoiler aux autres convives son homosexualité. C’était sans compter sur la présence des deux Saints de bronze. _ « Apparemment ils savent s’amuser au Sanctuaire, sourit Anikeï. La blonde aux mèches brunes fait glisser dans son dos ses cheveux qui tombent à hauteur des épaules en déclarant : « N’est-ce pas la meilleure façon de chasser les démons qui nous hantent la nuit, après avoir accompli nos difficiles missions ? » Interpellés par les messes basses des deux camarades, les convives rentrent alerter Misty que des rôdeurs les épient. Le fringuant Saint d’argent sort immédiatement en compagnie de Docrates qui dresse déjà son poing vers les inconnus : « Qui êtes-vous pour vous aventurer dans ce village ? » Misty admire le visage effilé d’Anikeï et calme le mercenaire en posant sa main sur la sienne : « Allons mon ami, ne remarques-tu pas ces deux Pandora Box sur leurs dos. Ils sont des nôtres, voilà pourquoi aucun garde ne nous a alertés. » Anikeï est aussi admiratif envers Misty que le Français l’est pour lui : « Je suis Misty Saint d’argent du Lézard et grand Capitaine de l’armée athénienne. » Les deux Saints de bronze s’inclinent immédiatement. _ « Je suis Carina Saint de bronze de la Carène du Navire et voici Anikeï Saint de bronze de Cassiopée. _ Nous avons été appelés par le Grand Pope pour renforcer nos positions sur Yíaros. Nous quittons demain dès l’aube le Sanctuaire pour accomplir notre destinée Seigneur Misty. » Misty est ravi et tape dans ses mains : « Allons, allons, pas de Seigneur cette nuit. Ce soir j’organise justement un repas en l’honneur de nos amis déjà sur place. Il serait donc tout naturel que vous vous joignez à nous, afin de nous faire profiter de votre présence. De nombreux pairs sont à l’intérieur, ce sera un moyen pour vous de mieux vous intégrer à notre chevalerie. » Anikeï et Carina se redressent. Carina, la première, hésite : « Ce serait un véritable plaisir Seigneur Misty mais… » Misty fixe Anikeï avec lequel il échange un regard concupiscent : « J’insiste vraiment pour vous avoir à notre table. » L’élève d’Albior, qui n’a jamais caché à Shun ses sentiments pour lui durant sa formation, ne bronche pas, au contraire, il sourit chaleureusement à son supérieur : « Dans ce cas, nous sommes vraiment ravis de vous suivre Seigneur Misty. » Très vite, à l’aube de partir pour Athènes, Carina s’est détendue à la table de Docrates où elle rit aux éclats en entendant les âneries de Jamian, tandis que d’un mot à l’autre, Misty et Anikeï en sont venus à s’échanger quelques baisers sur les couches disposées dans le logis. Au Centre de la cité, dans le onzième palais du zodiaque, Camus et Lena ont réendossé leurs armures. Dans quelques heures, Yíaros sera le point de chute de la Russe qui fait ses adieux à son éternel amour secret…
Au même moment, dans le centre de la ville aux habitations couvertes de neige d’Arviat, au Canada, la voiture rouge de Vasiliás est stationnée face à un chalet surélevé par des pilotis d’au moins un mètre. L’intérieur de la demeure est convivial. Les murs de la pièce principale sont tapissés de photos de Vasiliás, Bian, Dolly et Ariel. La décoration est sobre en raison d’une maigre surface habitable. Les pieds nus sur le carrelage des sanitaires qui jouxtent sa chambrette, Bian fait couler sa douche pour faire venir l’eau chaude et remplir la pièce de buée le temps qu’il retire ses loques rapiécées. De l’autre côté de la salle de bain, à l’opposé de celle de Bian, se trouve la chambre commune d’Ariel et Vasiliás. Encore enroulée dans leurs draps de soie, la belle employée du dispensaire regarde avec des yeux remplis d’affection, le physique parfait de son amant de toujours. Celui-ci se tient debout et récupère ses vêtements qu’il avait déposés sur un valet de chambre. La pièce est lumineuse grâce aux murs blancs baignés par le jour qui traverse la grande fenêtre de la chambre. Le mobilier en rotin ne comporte pas un grain de poussière et chaque chose est rangée de façon millimétrée. Vasiliás s’admire en même temps que sa compagne dans la psyché que lui renvoie le reflet de son corps travaillé depuis sa plus tendre enfance. Son regard se fige sur le tatouage qui dessine du bas de sa hanche droite jusqu’au haut de sa cuisse un lion à la crinière épaisse. Ses ailes d’ange sont déployées, des cornes d’ivoires sortent de ses coudes et de sous ses genoux. L’animal est marqué d’une cicatrice à l’½il et arborent ses crocs acérés. Ce lion est le même que celui brodé sur la cape que Ksénia lui a laissé il y a près de onze ans. Les souvenirs qui le hantent depuis son exil s’emparent alors à nouveau de lui et le renvoient neuf ans en arrière…
Flashback Septembre 1976. Le soleil d’été brillait toujours haut dans le ciel, malgré l’approche de l’automne. Les bouclettes des cheveux blonds de Vasiliás gouttaient de transpiration. Son torse aux pectoraux maintenant bien formés et aux abdominaux forts prononcés, luisaient, tant la sueur inondait son corps. Arborant avec fierté ses tatouages, dont les significations étaient désormais connues de tous, attisant la rage de ses concurrents à l’armure d’or du Lion qui n’étaient guère plus légion à présent, Vasiliás affichait un sourire de satisfaction dans une arène de l’Est du Sanctuaire, où il était venu défier un prétendant à la Cloth, quelques semaines avant la finale contre Aiolia. Le vaincu, couché sur le dos, le visage chargé d’ecchymoses, observait le seul dessin sur la peau de Vasiliás qui n’était pas entièrement dévoilé. Il s’agissait d’une crinière et d’une corne d’un lion marqué sur son corps et qui dépassaient de son pantalon à hauteur de la hanche. Couvert de sable et de poussière, le malheureux avait le regard chargé de haine à l’encontre de l’Américain que certains huaient dans l’enceinte en ruine. Vasiliás se tenait droit devant son adversaire qui attendait le coup de grâce. _ « Alors ?! Qu’attends-tu pour m’ôter la vie ?! _ Pour quelle raison devrais-je te tuer, parut contrarié Vasiliás ? Tu as été un redoutable adversaire et tu es soucieux des idéaux de paix pour cette planète. _ Tu en as pourtant tué pour moins que ça en dehors même de l’arène ! _ Les renégats, les irrespectueux et les malfaisants ont été victime de la justice. Personne d’autre. La réputation qu’on a fait de moi est fausse. _ Alors pour toi les fautifs n’ont pas le droit à une seconde chance ? _ Il y a des lois, des règles de conduite et des valeurs à respecter. La seconde chance ne servirait qu’à laisser un répit aux coupables qui garderont dans le sang l’empreinte du mal. L’éradiquer à la source est la seule alternative pour offrir un monde meilleur. » La quelque cinquantaine de spectateurs, soldats et Saints venus profiter de ce combat pour se divertir, commença à faire silence afin d’écouter le dialogue des deux rivaux. _ « Voilà ce qui te pousse à devenir chevalier d’or, questionna le vaincu ? _ C’est une des raisons. Le Sanctuaire a été trop absent de la vie politique du monde moderne. Aujourd’hui les gouvernements ne se soucient pas du rôle que nous avons dans l’équilibre du monde. Ils se font la guerre entre eux, privant les innocents de vivre dans la quiétude. Le Grand Pope est au-dessus des présidents et des monarchies. Agir dans l’ombre ne permettra jamais de ramener pleinement la paix et le respect sur cette planète. Le Grand Pope doit s’affirmer aux yeux de tous, être l’unique représentant de la loi planétaire qui prône les valeurs que nous, gardiens du Sanctuaire, devons véhiculer. Il doit être le Roi de la Terre. Si notre Grand Pope actuel n’y parvient pas, alors le Pope lui succédant, celui de notre génération, celui que je souhaite devenir en me vouant corps et âme à la chevalerie, accomplira cette destinée qui n’est plus que la seule alternative pour la sauvegarde de l’homme. » L’assistance fut interdite par de tels propos. Certains hommes furent outrés. D’autres se mirent à applaudir. Tout cela sous les yeux d’un jeune Libyen, messager personnel de Saga l’usurpateur au trône du Grand Pope…
Plus tard, dans le palais papal, le coursier du représentant d’Athéna vint lui rapporter les déclarations de l’apprenti chevalier. Ce messager personnel de Saga était petit, son visage encore enfantin, sa sombre et opulente chevelure faisait ressortir ses petits yeux bleus foncés. Son corps tout entier était recouvert d’une lourde soutane semblable à celle que portent les moines dans les abbayes. Agenouillé, le garçon d’à peine six ans attendait la réaction de son souverain, sans même oser lever les yeux vers celui-ci après lui avoir relaté les évènements. Saga, dans la tenue du Pope Shion, le visage masqué, observant l’horizon depuis un balcon de son palais, tournait le dos à son espion. Sa longue robe blanche frottait les dalles de ciment qui couvraient le sol de sa demeure. L’astre solaire se reflétait dans les yeux rouges de son masque violet. Ses cheveux gris sortaient de sous son casque doré, tandis qu’une de ses mains se dégageait de l’épais vêtement qui couvrait son corps afin de renvoyer d’un mouvement du bras le jeune garçon : « Merci beaucoup Ptolémy. Ton travail est remarquable. Depuis ton arrivée au Sanctuaire il y a un an, tu n’as cessé de m’impressionner. Ton professeur m’a révélé qu’il existait en toi de grosses capacités cosmiques qui embrasent les étoiles de la constellation de la Flèche lorsque tu concentres ton cosmos à son paroxysme. L’armure de la Flèche est détenue par un chevalier d’argent qui veille sur un camp d’apprentis à Thèbes, en Egypte. Je demanderai à ton professeur qu’il te conduise là-bas jusqu’à ton nouveau mentor afin de faire de toi son successeur. » L’enfant qui devait beaucoup aux hommes du Sanctuaire de l’avoir sorti de sa vie misérable en Libye et qui vouait une fidélité inestimable pour le Grand Pope qui l’avait immédiatement pris sous son aile, se redressa couvert de larmes : « Majesté, je ne sais comment vous remercier, je… » Saga le stoppa aussitôt en le congédiant d’un ton charitable : « La meilleure façon de me remercier est de revenir auprès de moi comme Saint d’argent de la Flèche. Va à présent… » Ptolémy fit une révérence et quitta sans plus tarder la salle où les gardes postés en faction fermèrent les portes laissant le divin représentant seul. Saga ôta alors son casque, son masque et se libéra de sa soutane sous laquelle il était entièrement nu. Il avança dans cette tenue jusqu’à des thermes, disposés en fond de salle, dans lesquels il se laissa glisser avec une certaine volupté. Assis, l’eau le submergeant jusqu’à ses épaules râblées, il remonta dans ses mains jointes de l’eau qu’il se passa sur le visage et remonta jusqu’à ses cheveux grisonnants qu’il recoiffa par la continuité de son mouvement. Enfin, lorsqu’ils reprirent leur teinte bleutée originelle, Saga se parla à lui-même : « Vasiliás… Ce garçon a de l’ambition… Il me rappelle mon frère et moi… Ah… Kanon… Si tu étais encore de ce monde, que me conseillerais-tu ? » Il resta un instant en l’attente d’une réponse que lui seul pouvait s’apporter : « L’ambition peut conduire à des actes blasphématoires, j’en suis moi-même la preuve. Avant de devenir Saint d’or du Lion, Vasiliás devra affronter un enfant du même âge. Le dernier obstacle à son sacre, le frère de mon vieil et regretté ami Aiolos… Faut-il vraiment que le destin du Lion soit si proche de mon secret ? Qui sera chevalier ? Le frère de celui qui voulut lutter contre moi ? Ou bien l’enfant idéaliste qui rêve de me succéder ? »
Plus bas, au Sud du domaine, à Rodorio, la foule s’agitait sur la place principale. Les soldats traversaient l’avenue durant leur tour de garde. Les enfants se couraient après. Les femmes se hâtaient à un stand de marchand de fruit qui faisait le tour du domaine pour vendre le résultat de ses cultures d’un village du Nord du Sanctuaire. Les hommes rentraient de leur journée de labeur dans les étables, de chez les artisans ou de chez les chevaliers pour qui ils travaillaient. La routine journalière ne dérangeait pas outre mesure le jeune Vasiliás qui se relaxait après son âpre combat dans un tonneau d’eau qu’il remplit au petit matin par plusieurs seaux depuis la fontaine de la place et qu’il laissait réchauffer au soleil la journée. A l’abri des regards indiscrets, dans le recoin d’une ruelle désertique, il défit ses sandales, son pantalon et ses bandelettes de papier. Puis il sauta, pieds en avant, dans l’eau devenue tiède. Une fois à l’intérieur, il retira son caleçon sale qu’il frotta avec ses mains et mit à sécher sur une bordure de fenêtre à côté de lui. Ces instants de relaxation étaient rares, même si depuis peu son instructeur le laissait poursuivre seul son apprentissage. L’élève avait, depuis bien longtemps, dépassé le maître et Klok savait Vasiliás suffisamment mature et compétent pour s’émanciper de lui. Toutefois, il poursuivit ses cours théoriques durant lesquels il lui apprenait les nombres, la lecture, l’écriture ainsi que les mystères de la chevalerie. En plus d’être doué au combat, Vasiliás présentait un génie mental très perspicace, surpassant bientôt, en plus de ses capacités de chevalier, les connaissances intellectuelles de son enseignant. Néanmoins, Vasiliás continuait à se montrer obéissant et passionné par l’éloquence de cet homme aux très longs cheveux et au sourire inquiétant. D’ailleurs, Klok ne tarda pas à rejoindre Vasiliás devant son bassin de fortune en le félicitant pour sa victoire. _ « … Merci beaucoup Maître, mais tout cela n’aurait pu être possible sans vous. _ Tu ne dois ta victoire qu’à toi seul. Tu as emmagasiné tellement de choses en si peu d’années… Tu me surpasses à tous les niveaux. Bientôt tu seras chevalier et tu seras mon supérieur hiérarchique. _ Ne dîtes pas ça Maître. J’ai beaucoup à apprendre encore de votre expérience et jamais je ne pourrais me considérer comme vous étant supérieur. _ Il le faudra pourtant. Mais avant cela, comptant sur ton bon c½ur et ton esprit de discernement, j’ai une faveur à te demander. _ Je vous écoute Maître. _ Tu es inflexible et obstiné. Quoi que je puisse faire ou dire cela ne t’écartera pas de ta volonté de devenir Grand Pope. Sache toutefois que l’ambition a mené bien des hommes à l’échec et que le recueil des pleins pouvoirs a toujours conduis des dynasties de rois à la mort. Voilà pourquoi depuis la nuit des temps le Grand Pope a tenu à se tenir à l’écart du monde contemporain et qu’il doit le rester. Son rôle est simplement de tenir les dieux hostiles hors de portée de la Terre. Pour le reste, les humains doivent d’eux-mêmes apprendre à vivre sans violence, dans le respect d’autrui. Les chevaliers peuvent parfois intervenir lors de missions secrètes, mais ce n’est pas leur rôle fondamental… » Vasiliás écoutait avec attention son mentor bien qu’il était foncièrement opposé à ces propos. Le Saint de bronze de l’Horloge poursuivit : « … malgré tout cela, promets-moi que ton sens de la justice restera toujours aussi droit et que tu iras au bout de ton rêve pour l’amour, seulement pour l’amour des hommes sur cette Terre. » Vasiliás baissa les yeux vers l’eau de son tonneau qui par ses mouvements déformait le reflet de son corps. Malgré l’allure difforme qu’il pouvait avoir, Vasiliás fixait le tatouage de sa hanche droite et revu l’espace d’un instant Ksénia, l’enfant belle et chétive qu’il avait rencontré deux ans plus tôt et qui lui inspira cette gravure sur sa chaire, celle qui symbolise la royauté du lion. Alors, avec en tête l’image de cette rêverie que lui inspirait, depuis le jour de leur rencontre, à chaque instant, Ksénia, Vasiliás répondit d’un air enjoué : « Seulement pour l’amour… Je vous le promets. » Flashback
Cette promesse solennelle retentit dans l’esprit de Vasiliás tout comme l’image de Ksénia qui le préoccupe davantage que sa tendre Ariel. Cette dernière, défaite de tout tissu, arrive derrière Vasiliás et se plaque contre son dos. Les vingt centimètres d’écart entre leurs tailles ainsi que leurs carrures logiquement opposées donnent l’impression que le lion garde sous son aile d’ange l’être aimé… Loin de là, sur Yíaros, dans le canal qui relie le Nord et l’Est de l’île, le silence est total. Le navire d’Apodis remonte le long du bras d’eau avec à son bord les prêtres et les prêtresses accompagnés de l’équipage. Sur la rive droite et la rive gauche, séparés en petits groupes, Apodis et ses hommes longent la berge dans l’obscurité. Ils n’ont pas allumé leurs torches afin de ne pas être remarqués. Du côté de la forêt de l’Est, Pullo et Cliff suivent le sergent Apodis. _ « Le plan des seigneurs Shura et Aldebaran va porter ses fruits, nous avançons sans même rencontrer âme qui vive dans ce détroit, félicite Cliff. » Apodis n’a de cesse de se retourner et d’étudier les environs. D’un côté, la montagne du Nord aux rochers assez grands pour dissimuler plusieurs soldats et de l’autre la forêt de l’Est, sombre et à la flore luxuriante, suffisamment touffue pour s’y camoufler. Derrière, la mer Egée vers laquelle le navire ne peut retourner sans un vent favorable. Devant, bientôt les bâtisses hébéïennes uniquement connu des religieux athéniens grâce à leurs nombreux pèlerinages en ces lieux. Apodis, témoigne son inquiétude : « Au contraire, je crois qu’il va y avoir du grabuge. Ce lieu est un endroit idéal pour nous tendre une embuscade. » Pullo renchérit : « Mes yeux d’aveugle ne me permettent pas d’examiner les environs, mais depuis notre arrivée sur l’île, je perçois d’étranges présences qui m’obsèdent. » Cliff tâche de rester rassurant : « Vous vous faites du souci pour rien. Personne n’est au courant de notre présence et il n’y a aucune trace fraîche de pas sur le sol. L’ennemi est trop préoccupé par le débarquement de nos forces au Sud pour se douter que nous attaquons de ce côté. Aucune tour de garde ne borde le détroit que nous avons emprunté et le navire s’est tenu à l’écart de la côte le temps que nous fassions le tour de l’île. Il est certain que… ! » Un sifflement venu de la montagne coupe aussitôt la discussion.
De l’autre côté du navire, celui qui berce la montagne, un Athénien tombe à terre, une flèche s’est logée dans son ½il et a traversé son crâne. Aussitôt, sur le navire, un marin traverse le pont et vient à bâbord, du côté de la forêt, donner l’alerte à Apodis. Le temps qu’il traverse, une flèche venue cette fois-ci de la forêt lui transperce le c½ur. Apodis a vu venir la flèche mais n’a pu éviter le drame car aussitôt, de droite comme de gauche, d’autres projectiles suivent.
Cliff donne l’alerte : « Nous sommes tombés dans un guet-apens ! » Pullo crie assez fort pour que des deux côtés chaque groupe entende les directives : « Soldats ! Levez les boucliers ! Regroupez-vous en carré et continuez à suivre l’avancée du navire le long du canal ! »
Immédiatement, Apodis, vêtu de sa Cloth de bronze, réalise un bond prodigieux pour atterrir sur le pont du navire et protéger de son cosmos le clergé et les marins qui observent les alentours.
Pendant ce temps, de gauche comme de droite, quelques Athéniens commencent à flancher sous les flèches, réduisant ainsi la surface des deux carrés militaires.
Une fois qu’il réussit à mettre tout le monde à l’abri dans les cales, Apodis choisit de concentrer son cosmos dans ses bras et de le projeter en direction de la montagne et du bois d’où sont tirées les flèches afin de débusquer leurs adversaires. Cette ingénieuse idée oblige les Hébéïens à sortir de leurs tanières et à brandir les dagues.
Cuirassés dans leurs carrés, les Athéniens attendent les ordres de Pullo pour aller à la rencontre de l’ennemi : « Attendez… Encore… Encore… »
Les premiers Hébéïens de droite finissent de descendre de la montagne, une demi dizaine de miles les séparent des Athéniens…
Pullo réclame toujours plus de patience à ses hommes : « Encore… »
A gauche, les premières silhouettes hébéïennes jaillissent de derrière les buissons et sont à quelques pas des Athéniens de bâbord…
_ « Attendez un peu, freine ses hommes Pullo… »
C’est lorsque, depuis la gauche, Pullo sent les Hébéïens de droite proches des Athéniens du même côté qu’il lance la charge : « Portez pilum ! »
De chaque côté, le rideau hébéïen se heurte au mur athénien. Ayant confiance en ses hommes de gauche puisqu’il combat avec quinze d’entre eux depuis toujours, l’Oiseau de Paradis choisit d’épauler les soldats de droite, contre les autochtones descendus des montagnes. Un mouvement sur le côté… Une flexion des genoux… Un coup de poing dans l’estomac… Une déflagration cosmique… Apodis esquive et riposte facilement face à la garde hébéïenne contrairement à ses hommes qui sont de chaque côté en infériorité numérique. A droite comme à gauche, les Athéniens sont trop faibles…
Soudain, une rafale cosmique repousse Apodis contre la coque du navire. Le Saint de bronze observe son armure à l’éclat rouge vif et constate que son plastron écarlate est fissuré. Il lève les yeux en direction de la montagne et remarque qu’un nouveau vent puissant s’abat sur lui mais aussi sur ses hommes cette fois-ci. Apodis passe aussitôt devant le groupe qui n’est déjà plus composé que de douze soldats et fait écran avec son corps, encaissant toute la puissance ennemie.
Depuis les montagnes un éclat de rire machiavélique vibre dans l’atmosphère : « Ton sacrifice est inutile ! Bientôt tes soldats seront tous massacrés par les miens… Ah… Ah… Ah… » Accroupi sur le sol rocheux, Apodis reprend son souffle et observe venir jusqu’à lui une femme aux courbes fort généreuses et à peine habillée sous sa Cloth beige et blanche fort endommagée. _ « Qui es-tu ? _ Je suis celle qui vengera mon peuple de la folie d’Athéna ! Je suis Baucis Alcide de la Biche de Cérynie et je vous tuerai tous ! »
En entendant cela, tous les Hébéïens qui affrontent les hommes d’Apodis à tribord s’écartent.
Baucis replie son bras gauche contre son imposante poitrine et dresse son poing droit devant la troupe athénienne : « Héraclès Hunting Arrow ! » Un déluge de flèches illusoires chargées de cosmos perfore de toute part Apodis qui ne peut protéger les douze Athéniens derrière lui. Apodis s’encastre à nouveau contre le navire dont la coque se fendille. Ses hommes s’écroulent un à un au sol, tués par les Flèches d’Héraclès. D’un hochement de tête, Baucis fait comprendre aux Hébéïens qui l’accompagnent sur le côté droit d’investir le navire, avant d’aller porter le coup de grâce aux Athéniens qui s’opposent encore aux soldats du côté de la forêt. De sous son casque semblable à un large diadème qui protège son front et descend jusqu’à son nez sous la forme d’un bec de couleur orangé, Apodis remarque impuissant l’étendue des dégâts, le bateau est maintenant investi par une vingtaine d’Hébéïens. Tandis qu’il se dégage de la coque, il est chargé par Baucis qui l’insère totalement dans le navire cette fois-ci. Elle retombe avec lui à l’intérieur du vaisseau, laissant un trou béant dans la carapace en bois qui prend maintenant l’eau. Dans l’une des calles, Apodis se relève juste après Baucis qui essaie de le frapper au visage en lançant sa jambe en avant. Apodis tourne sur lui-même pour éviter et réplique par un crochet du gauche en plein estomac de l’Alcide, faisant voler davantage en éclat sa Cloth. Baucis recule et concentre sa cosmo énergie, pour frapper à nouveau son adversaire avec les Flèches d’Héraclès mais Apodis jaillit devant elle à toute vitesse et la cogne d’un uppercut en plein menton, lui faisant traverser le plafond et atterrir au niveau supérieur.
C’est dans ces autres niveaux, que les soldats de Baucis exécutent l’ensemble des religieux et des marins pendant qu’à bâbord, sur la berge, il ne reste plus qu’une poignée d’Athéniens face à des hébéïens déchaînés. Pullo et Cliff sont acculés avec trois des leurs contre plus du double d’Hébéïens. Leurs protections sont lourdes à porter après les nombreuses entailles causées par les dagues adverses…
Dans le bateau, Apodis bloque le poing droit de Baucis avec son bras gauche et lui décoche un violent coup de tête en plein visage, fissurant à nouveau son masque de femme chevalier. L’Alcide recule de trois pas et est retenue dans sa chute par une caisse en bois contenant des jarres d’eau et de vin. Apodis poursuit ce corps à corps genou droit en avant en plein estomac. L’élan de Baucis emporte avec elle la caisse de vivre qui vole en éclat dans le fond de la calle. Couverte d’eau, de vin et de morceaux de bois fendus, Baucis se relève et devance Apodis qui s’approche d’elle. Surpris, le Saint de bronze adresse mollement une droite qu’elle bloque immédiatement. Elle passe le corps du Saint au-dessus d’elle et le renverse contre une des lourdes tables en bois de cet étage. Le meuble se brise en morceaux sous l’impact et Apodis est enfoncé dans le plancher. Couché sur le dos, la tête aux pieds de Baucis, Apodis embrase en un éclair son cosmos et joint ses deux bras devant elle : « Wing Jikan No Yoyu ! » Surprise, Baucis est emportée par le puissant courant d’air invoqué par le Battement d’Ailes majestueux d’Apodis qui arrache toute une partie du navire et envoie Baucis en direction de la montagne. En se redressant, il constate que sur son passage, Baucis a laissé de nombreux débris d’armure et de sang. Pensant la victoire acquise, il se retourne pour aller aider ses soldats encore vivants. Quelle n’est pas sa surprise lorsque, une fois après avoir fait demi-tour, il se retrouve nez à nez avec Baucis qui a réussi à se dégager à temps de son arcane et qui s’est déplacée à la vitesse de la lumière jusqu’à lui. Saisi, il balance son poids en arrière en espérant tenir la distance pour vite riposter. Hélas sa réaction est trop lente et Baucis le surpasse. Elle tourne autour de lui afin de créer une tornade dans laquelle il sent ses membres se tétaniser. Au fur et à mesure que la tornade se transforme en tourbillon, les planches qui couvrent le sol, les murs et les étages supérieurs du navire s’arrachent et s’effritent pour prendre une forme sablonneuse qui érafle la peau d’Apodis et corrode sa Cloth. Tandis que son corps est déchiqueté, il se sent être soulevé par la bourrasque et balayé comme un fétu de paille. Devenu autonome, le Tourbillon de Sable de Baucis n’a plus besoin qu’elle lui donne de vitesse. Elle en sort pour le diriger avec ses bras. Désormais immobilisé dans la rivière par le poids de l’eau qui l’a investi, le bâtiment voit ses niveaux supérieurs être totalement emportés. Les corps des défunts matelots et des religieux sont broyés à l’intérieur du cataclysme, ainsi que ceux des soldats des deux camps qui combattent sur la berge. Rares sont ceux qui arrivent à s’accrocher à quelque chose comme le fait Pullo, pour ne pas être emporté. A l’intérieur du désastre, Apodis perd connaissance à mesure que sa peau se fait lacérer et que son armure se craquelle. Baucis choisit de déclencher le véritable atout de cette technique en dégageant dans son poing le cosmos collecté par sa catastrophe. Elle se lance alors à l’intérieur du Tourbillon de Sable et décoche au chevalier de bronze un violent coup de poing en plein c½ur : « Sand Swirl ! » Le côté gauche de son plastron ainsi que son épaulette gauche explosent sous l’impact. Apodis est propulsé vers les étoiles d’où il ne redescend pas.
Les alentours de la rivière sont anéantis. Du navire il ne reste que les calles submergées par les eaux. La montagne est ébranlée. Les arbres aux abords de la forêt sont déracinés. Du Tourbillon de Sable de Baucis et de leur combat contre les Athéniens ne ressortent vivants que onze Hébéïens sur les cinquante conduits. Comparés à Achille et ses mirmidons, Apodis et ses hommes font pâles figures dans ce guet-apens. Achille semble avoir était vaincu et il ne reste que deux mirmidons dans un piètre état, Pullo et Cliff. A peine relevés, désarmés et meurtris, les deux hommes sont tenus en joug par les dagues des soldats à l’armure et aux vêtements bleus. Pullo grommelle : « Tuez-nous tout de suite. Nous ne parlerons jamais de toute façon… » Un Hébéïen cogne Pullo avec le manche de son arme en pleine nuque pour le faire tomber au sol. Cliff fait un pas pour aider son caporal, mais les pointes acérées des dagues pressent aussitôt sa poitrine pour l’en dissuader. Baucis débarque dans le groupe et cogne le blondinet qu’est Cliff en plein estomac pour le faire tomber au sol. Couché sur le dos, se cramponnant l’estomac, Cliff observe les étoiles. Le pied de Baucis vient faire pression contre sa mâchoire : « Toi tu parleras ! Sinon je te briserai les os un par un ! » Absorbé par la nuit, Cliff sourit sarcastiquement : « Vous n’en aurez jamais l’occasion Alcide… Un drôle d’oiseau vous en empêchera… » Baucis remarque l’admiration qu’à le soldat à fixer la lune et lève les yeux dans cette direction. Elle est tout de suite affolée quand elle reconnaît un oiseau aux ailes déployées venir vers eux. La lueur de la lune ombrage davantage cet homme qui descend du ciel les bras grands ouverts, comme s’il volait dans les ténèbres de la nuit. Ebahis, les Hébéïens ne réagissent pas tout de suite et observent l’arrivée impressionnante du Saint de bronze qui retombe seulement maintenant de la terrible technique de Baucis. Cliff profite de la stupéfaction générale pour ramasser Pullo avec lequel il se jette dans la rivière… Baucis reconnaît Apodis et recroqueville son bras gauche contre sa poitrine et dresse son bras droit contre l’Oiseau de Paradis. Concentré sur le Saint de bronze, elle laisse fuir les deux Athéniens et s’adresse à son adversaire qui tombe à pic : « Allez viens volatile de malheur ! Les Flèches d’Héraclès vont t’achever ! » En l’air, les protections des doigts d’Apodis qui forment de longues griffes deviennent incandescentes. Le Saint de bronze recroqueville ses coudes, tandis que les trente-neuf étoiles de sa constellation se relient dans le ciel et embrasent son corps. Baucis et ses hommes croient voir un véritable Oiseau de Paradis se créer grâce à l’effluve du cosmos d’Apodis. Les soldats restent hébétés lorsque le chevalier fond sur eux à grande vitesse avec ses serres affûtées et brûlantes. Seule Baucis réagit : « Héraclès Hunting Arrow ! » Tel un rapace, Apodis accélère sa chute, approchant l’ultime cosmos, passant au travers de toutes les Flèches d’Héraclès et décochant les serres brûlantes de l’Oiseau de Paradis : « Shining Apus Claw ! » Semblable à une étoile filante, Apodis traverse le groupe à une vitesse incroyable, entamant au passage leurs corps, les amputant de leurs membres, tranchant en lamelles leurs panses, les décapitant et calcinant leurs peaux grâce à l’incandescence du cosmos qui l’enveloppe… Il achève son atterrissage en s’écrasant au sol, à bout de force.
Seule Baucis est encore debout, le bras droit toujours tendu vers le ciel. Une légère brise souffle sur elle et emporte en poussière son armure. Son court bustier grenat s’arrache en son milieu, libérant encore un peu plus sa volumineuse poitrine. Bon nombre de ses longs cheveux violets aux reflets clair, voguent avec son armure tandis que de nombreuses plaies s’ouvrent partout sur son corps. De fines et profondes plaies, desquels s’échappent de la fumée suite à la chaleur libérée par Apodis. Brûlée et profondément incisée sur tout le corps, Baucis sent son masque se fendiller en deux de façon horizontale entre son nez et sa bouche, libérant ainsi son menton de tout artifice. Déjà démasqué par Philémon, la belle Alcide a failli perdre une fois de plus son honneur. Elle le sait et soupir en s’écroulant enfin au sol pleine d’amertume : « Qu’importe d’être découverte après tout… J’ai encore échoué et… et… cette fois-ci personne ne viendra me sauver… » Elle reste inconsciente sur le sable pendant que Pullo et Cliff sortent de l’eau et titubent jusqu’à leur sergent qu’ils essaient de relever. _ « Apodis ! Apodis ! Reviens à toi vite ! Apodis, le secoue Pullo ! » Les paupières d’Apodis tremblotent et s’ouvrent à peine : « Pullo… L’Alcide… Elle n’est pas encore morte… » Cliff réagit : « Tu ferais mieux de penser à toi. Nous sommes les seuls survivants, il faut qu’on aille se cacher pour récupérer en attendant l’arrivée de nos amis. »
Une voix féminine et familière à Apodis les interpelle : « Vous n’irez nulle part ! » Apodis redresse son buste difficilement pour trouver qui a bien pu prononcer cette affirmation. Pullo et Cliff se mettent en position de combat et reconnaissent à distance la lumière d’une torche qui avance vers eux depuis la direction du Centre de la cité. Cliff ramasse une dague hébéïenne sur le sol et la brandit en direction de la flamme : « Personne ne nous empêchera d’accomplir cette mission ! » Instantanément, la lame se désagrège et une onde de choc repousse les deux hommes d’Apodis dans la forêt où ils retombent inconscients. Apodis se tient sur ses coudes et ne peut plus se relever. Ses yeux distinguent de mieux en mieux cette femme à la fine robe bleue azure, les cheveux et le visage cachés par un voile de la même couleur. Autour d’elle brûle un cosmos qu’il reconnaît facilement. Tout en crachant du sang, il fait part de sa joie : « C’est toi… Yakamoz de la Grue… Alors vous êtes parvenus jusqu’au Parthénos ! Nous avons gagné… » Néanmoins la jeune femme ne répond pas, elle continue d’avancer et passe à côté du corps inanimé de Baucis. Apodis gesticule du mieux qu’il peut : « Yakamoz… L’Alcide… Elle est toujours vivante… Achève-la… » Yakamoz n’écoute pas Apodis et continue de marcher jusqu’à lui. Derrière elle, il distingue dans l’ombre des silhouettes qu’il pense être celle de ses compères : « Mes amis… Pourquoi ne pas avoir allumé vos torches… Et… Et pourquoi avoir agressé mes hommes… » Apodis réalise un effort insoutenable pour se redresser un peu plus durant quelques secondes. C’est là qu’il réalise : « Vous ! Mais alors… Qu’est-ce que… Yakamoz ?! »
Derrière l’amante d’Apodis et de Shura se trouvent cinq soldats hébéïens ainsi qu’¼dipe. Yakamoz retire son voile et laisse Apodis admirer son visage : « Je te l’avais dit Apodis qu’un jour je vengerai l’affront que tu m’as fait en me faisant faussement croire à ton intérêt pour moi. » Une larme coule sur le visage d’Apodis : « Toi… Tu… Tu nous as trahis… Pour ça ?! » Le visage de Yakamoz est totalement défiguré par la haine. _ « C’est Athéna qui m’a trahie ! C’est elle qui a trahie tous les hommes ! _ Mais qu’est-ce que tu racontes ? Tu es devenue folle ! _ Non ! Non, c’est elle qui a perdu la raison. Elle a toujours véhiculé l’amour et la paix sur Terre, mais ça fait maintenant une dizaine d’année que le domaine sacré est en guerre. Moi je n’ai toujours voulu qu’aimer et être aimée ! Mais depuis que je suis devenue femme chevalier, je n’ai fait qu’ôter la vie à des personnes qui défendaient des causes plus importantes que celle de notre déesse ! Elle ne voit que dans le pouvoir et néglige nos sentiments. Son armée est corrompue et est remplie d’êtres sans c½ur comme toi. Tu m’as humilié en prenant mon innocence et en me rejetant… _ Ne mélange pas tout, l’interrompt Apodis ! Tes états d’âme ne doivent pas t’écarter de ta mission. _ Ici, les gens vivaient en paix, avant qu’Athéna ne fomente un complot pour faire croire en une tentative d’invasion lors de la Journée Sainte. J’ai eu des doutes durant notre voyage et j’ai compris que nous étions dans l’erreur lorsque j’ai rencontré Hébé, lorsque j’ai dialogué avec ses prêtresses et… _ Yakamoz ! Baucis est une adversaire dangereuse, je t’en prie, tue-la pendant qu’il en est encore temps sinon il sera trop tard ! » Yakamoz s’accroupit devant Apodis et concentre son cosmos dans ses mains : « Non Apodis, j’ai rejeté l’emprise d’Athéna. Désormais je défendrai la vraie justice et pour cela je dois te tuer. »
Tandis que sous le regard satisfait des soldats hébéïens Yakamoz prend son élan, un faisceau lumineux fend l’air. Les coudes d’Apodis cessent leur appui. Son corps tombe au sol, les yeux fermés. C’est terminé. Les bras de Yakamoz redescendent le long de son corps tandis que la voix stupéfaite d’¼dipe retentit dans l’atmosphère : « Magnifique chevalier, tu lui as ôté la vie de sang-froid… »
Au sol, tombe la tête de Yakamoz, détachée de son buste. Elle s’écrase sur Apodis qui rouvre les yeux. Une lumière dorée illumine la forêt tandis que s’avance un homme dont le tranchant de la main est pointé en direction d’¼dipe. L’Alcide continue de discourir : « Ainsi, vous êtes parvenus jusqu’au Centre de l’île. Le mal a remporté une victoire de plus et a aussi eu raison d’un de ses anciens sujets, Yakamoz de la Grue, n’est-ce pas, Shura du Capricorne ? » De derrière Shura débarquent une dizaine de soldats athéniens qui soutiennent Pullo et Cliff tous deux évanouis. Shura répond sèchement : « Le mal vient de ceux qui se rebellent contre celle qui a instauré la paix depuis la nuit des temps. Athéna a permis aux hommes de prospérer sur cette terre, quels que soient les dieux qu’ils vénèrent. Ce n’est pas une déesse intéressée et elle a toujours compté sur le soutien d’Hébé qui a profité de sa confiance pour la trahir. Je n’accepterai jamais qu’on puisse entacher Athéna comme l’a fait Yakamoz et comme l’a fait ta déesse. Hébé connaîtra le même sort que Yakamoz, je peux te l’assurer. » Le cosmos d’¼dipe reste de longues secondes muet avant de constater : « Ton corps porte encore les blessures infligées par Androgée. De mon côté ma déesse a besoin de soutien après votre invasion. Nous avons tous deux à nos pieds le corps d’un chevalier de notre camp que nous pouvons encore sauver. Je pense qu’il est plus sage de les ramener maintenant. Trop de sang a coulé pour aujourd’hui. » Shura sourit presque chaleureusement à son adversaire puis ramasse le corps d’Apodis. Les Hébéïens font de même avec Baucis, tandis qu’¼dipe tranche l’air pour créer un passage dimensionnel dans lequel il s’engouffre avec ses hommes pour rentrer au Parthénos. Shura observe les hébéïens prendre la fuite et prononce : « Tu as raison Alcide, nous affronter aujourd’hui serait du suicide. De toute manière notre victoire est désormais acquise. »
Le soleil du 8 mars 1985 n’est pas encore levé que la guerre est remportée. Il n’a fallu qu’une journée pour permettre aux Athéniens de venir à bout d’une armée avec laquelle leurs ancêtres ont lutté main dans la main auparavant. Hébé a perdu cette Guerre Sainte. Au final le Sanctuaire aussi. Seul Saga est le vainqueur. Des retours de Saints en Grèce pour renforcer les troupes sur Yíaros, un nouveau territoire conquis… Une page de plus dans l’histoire de la conquête du pouvoir par Saga se remplit…
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« le: 17 Janvier 2012 à 20h56 »
Voila j'ai lu le premier chapitre. Il est très bien écrit et intéressant (au fait, on écrit un boxeur en français, pas boxer) et l'entrée en matière est très bonne. Comme je suis surpris de voir que tu as pris le temps d'y jeter un oeil. Ca me touche. A contrario de toi, j'ai une préférence pour le manga par rapport à l'animé, c'est donc amusant de voir apparaître Gigas et le nom de Phaeton mais ça ne me dérange pas de les y retrouver dans cette histoire originale, je sais quand même qui ils sont. En fait, pour Phéaton, et surtout Gigas, c'est surtout l'occasion de développer des personnages qui auraient pu être intéressants si les fillers avaient été traités au bout dans la série tv. Pour finir, Misty, du haut de ses 15 ans est déjà un beau dévérgondé, à ce point-là, c'est rarissime! ^^ En fait, je ne prêtes pas spécialement attention aux âges dans ma fiction. Et heureusement d'ailleurs au vu de certains scènes. A plus tard pour la suite. Avec plaisir. Pour info, la fiction démarre vraiment à partir du chapitre 5.
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« le: 10 Janvier 2012 à 19h39 »
Apparemment, rien de sérieux, mais c'est tout de même étonnant qu'on en parle quand même dans le Weekly Shonen Champion.
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« le: 9 Janvier 2012 à 14h24 »
Chapitre 26
Au Sanctuaire, l’étroit passage secret qui joint les douze maisons du zodiaque est bien difficile à suivre en pleine nuit. Rien ne peut l’éclairer hormis la lueur de la lune. C’est pourquoi, alors que le 7 mars 1985 s’achève, Gigas mène le pas depuis le palais du Grand Pope qu’il vient de quitter. Lui qui peut utiliser ce passage les yeux fermés, descend lentement les marches en compagnie d’une femme chevalier. Cette femme, dont les longs cheveux noirs couvrent son masque à hauteur du front et tombent en fines mèches sur ses épaules, porte une Cloth qui couvre ses épaules et ses mains d’une protection violette, tandis que ses avant-bras, son buste et ses genoux sont d’un noir cristallin. Son bustier descend jusqu’à son nombril et libère sa jupe, couleur lilas. Dessous son court vêtement elle porte un cuissard et ses tibias sont protégés par des jambières violettes. Ses longues jambes sont agrémentées d’escarpins qui agrandissent encore son mètre soixante-dix-sept. Gigas ne cesse de lui donner ses directives : « Votre bateau quitte Athènes demain matin pour la Crète. Vous voyagerez dans l’anonymat le plus complet. Vous vous rendrez ensuite au Port du Destin, où un navire de commerce du Sanctuaire vous conduira jusque Yíaros. Cette galère marchande a déjà été payée par le Domaine Sacré pour vous amener toi, ton élève Carina, Anikeï de Cassiopée, Taishi du Toucan ainsi que des vivres pour nos soldats… » Les deux passent sur le flanc de la maison des Poissons où Aphrodite, tapis dans l’ombre veille au grain. Gigas s’agenouille tandis que la femme chevalier l’imite. Aphrodite l’interroge néanmoins : « Dis-moi femme chevalier. Tu es déjà passé devant moi il y a une heure pour rencontrer le Pope et chaque fois j’ai ressenti un certain froid venant de toi… Serais-tu une de ces chevaliers des glaces ? Ou bien peut-être cherches-tu à me montrer une certaine hostilité ? » Gigas se manifeste immédiatement confus : « Seigneur Aphrodite, en tant que Général en chef de notre armée le Grand Pope m’a demandé de conduire cette femme à… » Aphrodite s’expose à l’astre lunaire afin d’arborer son armure d’or enserrée par sa cape ainsi que son magnifique visage. Il interrompt le vieil homme : « Merci Général Gigas mais je n’ai pas l’intention de laisser cette femme passer devant ma demeure sans qu’elle ne me présente plus de respect. S’agenouiller est une chose, ne pas répondre à ma question en est une autre. » Immédiatement, un courant d’air glacial venu du bas des marches gèle les colonnes du temple des Poissons, ainsi que les cheveux grisonnants du général qui grelotte aussitôt. Aphrodite riposte instantanément en dégainant une rose rouge qu’il projette en bas des escaliers. La fleur fonce sur un mystérieux intrus qui a couvert les environs de givre. C’est seulement lorsqu’elle arrive contre son visage ombragé qu’elle se brise comme du verre après avoir été réfrigérée. Aphrodite n’attend pas que son adversaire poursuive son ascension pour deviner de qui il s’agit : « Quelle charmante surprise. Je n’attendais plus que tu viennes me saluer depuis ton retour de Sibérie chevalier d’or ! Camus du Verseau ! » Du bras, Camus écarte également sa cape pour présenter sa Cloth qui illumine les environs comme le fait celle d’Aphrodite. Tenant son diadème dans la main gauche, le Français pointe son index droit vers la femme chevalier et déclare à voix haute : « Ça ira Général Gigas, je m’occupe de reconduire Lena, Saint de bronze de la Boussole à Honkios. Je vous remercie. » Aphrodite ne dit rien, il laisse Camus descendre jusqu’à son palais tandis que Gigas reste pantois.
Aphrodite profite que Camus et Lena aient quitté les lieux pour déclarer futilement au sujet de Lena : « De toute manière je ne m’imaginais pas passer la nuit avec un glaçon. » Cette boutade fait rire Gigas qui espère ainsi gagner la sympathie du Saint d’or. Aphrodite n’est pas dupe : « Allons vieillard ! Qu’attends-tu pour quitter ce lieu. Tu n’as plus rien à faire à l’approche de ma demeure. » Apeuré, le général cesse de glousser et s’empresse de suivre la même direction que le Français et son amie Russe.
Plus bas, dans la demeure du Verseau, Lena marche sur le sol verglacé et observe son reflet sur les murs où réfléchissent les quelques torches qui sortent des ténèbres cette maison de glace. Elle est suivie par Camus qui guette tous ses mouvements. D’ordinaire extrêmement taiseux, le chevalier d’or engage la discussion. _ « Il me semblait que tu devais venir au Sanctuaire en compagnie de ton élève. _ Carina a déjà été présentée au Pope par le Général Gigas. Notre Majesté l’a déjà informé de notre ordre de mission. _ Qui est ? _ Nous partons demain sur Yíaros pour obtenir la réédition d’Hébé sans condition et faire maintenir l’ordre là-bas… » Lena défait son diadème et ôte son masque pour afficher ses beaux yeux azurs et ses fines lèvres que Camus connait si bien : « … mais j’imagine que ce n’est pas l’objet de ma conduite en ton palais. » Camus avance et l’enserre par la taille. Il s’approche de sa bouche qu’il embrasse juste après avoir murmuré : « Effectivement… » Lena, la compagne du Seigneur Crystal, se laisse croquer les lèvres tandis qu’elle défait sa Cloth pièce par pièce à l’instar de Camus…
Au même moment, au Canada, dans la région de Nunavut, devant le modeste dispensaire d’Arviat, seul lieu où il est possible de subir des soins médicaux dans la région, Vasiliás patiente adossé contre le mur. Il attend le bilan de santé prodigué à la dame qu’il a tenté de secourir face à des malfrats quelques minutes plus tôt. Il passe sa main sur son crâne rasé et observe la fumée qui sort de sa bouche. Celle-ci est provoquée par la condensation de son souffle contre l’air froid. Simplement habillé de sa veste de costume, il ne souffre pourtant pas de cette température bien basse, lui qui a pourtant passé une partie de son enfance sous les températures torrides du Sanctuaire. Soudain, une voix familière lui fait cesser ses enfantillages. Une femme d’à peine vingt-trois ans le salue. Vasiliás réajuste sa veste et frotte son visage avec ses mains pour se donner davantage de vivacité. Il fait alors face à la jeune femme aux cheveux d’un gris aussi métallisé que ses grands yeux, marqués sous l’½il gauche d’un grain de beauté qui accentue les charmes de cette infirmière : « Ariel ! » Elle s’avance contre lui et le baise à pleine bouche pendant qu’il l’enlace. _ « Est-ce toi qui nous a amené cette femme ? _ Oui, elle se faisait agresser par des voyous. Je suis intervenu mais elle était déjà dans un triste état. _ Malheureusement, vu le peu de moyens à notre disposition, je crains que nous ne puissions pas faire grand-chose. Elle a les côtés brisés et les chocs qu’elle a subis à la tête lui ont causé une hémorragie cérébrale. Je suis désolée. » Bien qu’il ne connaisse pas cette pauvre dame, Vasiliás est affecté par l’annonce de sa mort imminente. La Canadienne amorce alors un autre sujet. _ « Bian… Mon frère n’est pas avec toi ? _ J’ai laissé à Bian le soin de venir me chercher ici avec ma voiture. J’ai utilisé ma force pour me déplacer plus vite, afin de secourir cette victime. » Ariel lui donne un léger coup de poing, qui heurte la poitrine gonflée de muscle de Vasiliás, pour le taquiner : « Tu es donc d’abord passé voir mon petit frère plutôt que moi en rentrant de Miami… » Le véhicule de Vasiliás rejoint justement le couple. Bian salue sa s½ur qui retire sa blouse blanche. Elle arbore sa jolie robe marron qui lui laisse les épaules dégagées et cache avec élégance sa petite poitrine : « Bien ! Rentrons chez nous ! »
En route, Bian reproche à son ami sa cruauté vis-à-vis des bandits qu’il a massacrés. _ « … Ils ont subi un châtiment à la hauteur de leur forfait. _ Vasiliás… Tu es trop immodéré dans le jugement que tu adresses aux hommes ! N’oublie pas que tu es un homme, pas un dieu. Tu as tout fait à l’époque où tu vivais au Sanctuaire pour te rapprocher du poste le plus proche d’Athéna et ainsi imposer ta justice. Aujourd’hui tu as vu où cela t’a conduit ! _ Personne ne m’empêchera d’établir la paix que je destine à cette planète. Depuis que je me suis exilé ici et que je vous ai rencontré ta s½ur et toi, la criminalité a baissé, j’ai permis à la région de sortir de ses difficultés financières en lançant de nombreuses entreprises locales et ainsi relancer l’emploi par le biais de mes relations commerciales. Si Athéna m’en donnait les moyens je pourrais garantir à ce monde entier l’amour, la paix, le respect et la prospérité. » Bien loin de ce débat, Dolly, la petite amie de Bian, se contente d’observer discrètement l’élégance que dégage Vasiliás. Bian, lui, toujours aussi passionné par ce débat, soupire : « Aujourd’hui Athéna a fait de toi un rebelle qui est obligé de s’exiler pour éviter la mort. Je suis désolé, mais de tous les dieux que tu m’as présentés lorsque tu as choisi de m’aider à développer ma cosmo énergie, c’est Poséidon qui mérite d’être reconnu. La race humaine est pourrie, tu l’as bien vu tout à l’heure. Même dans une communauté où tu as agi en justicier pour éliminer la vermine il y a encore des dissidents. Les hommes sont foncièrement mauvais tout comme nos parents qui nous ont abandonné Ariel et moi. Seul un dieu capable de laver le monde et de recréer une humanité respectueuse envers ce que la nature et autrui peuvent lui offrir méritera mon respect. Et en ce sens je ne vois que Poséidon ! » Ariel, déconnectée de tout ce qu’a pu enseigner Vasiliás à son frère depuis qu’ils se sont rencontrés il y a bientôt dix ans, s’inquiète grandement : « Vous voulez donc dire qu’il est probable qu’un jour vous soyez ennemis ?! » A cela, ni Bian ni Vasiliás n’apportent de réponses, ils restent tous les deux les yeux rivés dans une direction opposée. Vasiliás, nerveux, sort sa montre-gousset qu’il remonte frénétiquement. Ariel, elle, reconnaît dans ce geste, la même détresse que celle qui le parcourait il y a huit ans…
Flashback Mai 1977. Ariel revient de Miami après des mois de voyage. Sur demande de ce dernier, elle a accepté d’aller se renseigner sur la famille de Vasiliás.
Enlevé par le Sanctuaire durant son enfance, désormais en exil après avoir déserté le domaine, Vasiliás ne pouvait prendre le risque de revenir lui-même sur ses terres d’origine. En effet, le Sanctuaire dispose d’espions partout dans le monde contemporain et il ne pardonne pas aux déserteurs. Il était certainement attendu là-bas.
Hélas, les nouvelles furent bien mauvaises. La mère de Vasiliás ne voulut pas se résoudre à ce qu’on ne retrouve pas son fils. Elle choisit de s’ôter la vie après qu’il disparut quelques années plus tôt… Son père, responsable d’une grande entreprise de travaux publics, ne supporta pas la solitude et noya son chagrin dans l’ivresse. Son absence de rigueur dans le monde professionnel entraîna sa société dans de nombreux tracas financiers, tandis qu’une affaire de violence dans un bistrot malfamé avait définitivement entaché sa réputation. Il perdit la vie en prison lors d’une rixe peu de temps avant l’arrivée de la jeune Ariel en Floride. Néanmoins, du haut de ses 15 ans, Ariel ne se découragea pas et poursuivit ses investigations. Elle retrouva ainsi le grand-père de Vasiliás, seule famille qui lui restait. Ce brave vieillard de soixante-dix-huit ans avait choisi de ne pas sombrer comme son fils. Il reprit les affaires, sorti l’entreprise familiale de la crise et pu même entrevoir des jours meilleurs d’un point de vue financier. D’un point de vue sentimental, quelle ne fut pas sa joie en apprenant la survie de son petit-fils. Il accepta de croire ce qu’Ariel lui rapporta au sujet des conditions de retour de Vasiliás du Sanctuaire au Canada et joua le jeu de la discrétion pour éviter à son petit-fils des ennuis. Ainsi, le brave patriarche de la famille prépara tranquillement sa succession, en léguant à Vasiliás tout son amour à travers de nombreux courriers mais également une fortune et une entreprise à reprendre. Avec une maturité exemplaire, Vasiliás su relever le challenge sans cependant oublier les souffrances traversées par sa famille après son rapt.
Avant cela, lorsqu’elle revint au Canada lui apprendre la perte tragique de ses parents, Ariel ramena à Vasiliás la montre-gousset que lui transmis son grand-père et dont il se souvenait. Gage de la véracité des intentions bienveillantes de celui-ci. Flashback
Ariel revoit alors son bien-aimé puiser en cette objet la quiétude dont il ne sait pas faire preuve d’ordinaire… Ces cicatrices sont, depuis, profondément enfuies en lui, et Ariel peut les lire à chaque instant où Vasiliás s’abandonne à ses pensées. Pendant ce temps, en Grèce, à l’Ouest d’Athènes, sous l’Aréopage, la splendide slave et amie de Saori Kido, Ksénia, achève d’ouvrir les grandes portes couvertes de cornes de buffles qui servent d’entrée au domaine d’Arès. L’accès donne immédiatement sur une estrade surélevée au milieu de la pièce. Dessus, des tapis et d’épais oreillers dorés protègent les servantes qui s’entrelacent lascivement au milieu de pièces d’or, de jarres de vin et de plateau de fruits rapportés par des soldats depuis la surface. Le centre du plateau est dominé par un trône en or sur lequel est posée une silhouette endormie. Tout autour, comme les balcons d’un immense théâtre, des mezzanines forment une dizaine d’étages jusqu’au sommet du temple en forme de cône. A l’intérieur des avancées, comme dans une fourmilière, se trouvent les appartements des soldats, leurs salles d’armes, les cuisines et les bains. Contre les murs du cône, de haut en bas, derrière des vitraux rouges, scintillent des flammes qui se reflètent sur les pièces d’or et les étoffes couvrant le plateau et leur donnent une teinte sanguine.
Ksénia s’avance au milieu de la masse tandis que quelques soldats, parmi le peu qu’il reste de l’armée d’Arès, débouchent sur les balcons de tous les étages, intrigués par l’avancée soudaine de cette intruse enroulée dans son voile blanc. Elle traverse la nappe de fumée qui se dégage des pipes des jeunes femmes dévêtues chargées d’opium. Ksénia s’arrête devant Arès. Le dieu, massif, est affalé, endormi, la tête d’une de ses servantes enivrées posée sur ses genoux. Son visage est incliné vers le bas. Son opulente chevelure écarlate dissimule son visage duquel un filet de bave s’écoule jusque sur sa cape blanche qui habille son torse nu. Ses ronflements résonnent dans la pièce et créent l’hilarité au sein de sa propre armée qui s’ennuie aux étages. L’espace d’une seconde, Ksénia accroît sa cosmo énergie pour sortir de sa léthargie le dieu blasé. Un violent courant d’air le saisit aussitôt. Par réflexe, il gifle la muse éméchée soutenue par ses genoux et se met en garde en tournant la tête dans tous les sens, cherchant de façon crédule l’inconnue responsable de cette mascarade. Son sujet décède sur le coup sans que cela n’émeut ses semblables, toutes vaseuses comme leur maître, sous l’effet de drogues et alcool. Ksénia, elle, n’a pas bougé de devant lui. Arès ne la reconnaît que lorsqu’elle retire sa capuche : « Hum… Toi, l’Ange de l’Olympe réputé pour son charme, toi la beauté des beautés… Qu’es-tu venu faire en ce monde ? Pourquoi t’être réincarné ? Mais surtout, qu’es-tu venue faire chez moi ? » Ksénia, dont la véritable identité est à présent dévoilée, observe la malheureuse servante dont tous les os ont été brisés sur le coup. D’un signe négatif de la tête, elle déclare : « Mon pauvre Arès, tu es tombé bien bas cette fois-ci. » Le dieu belliqueux reconnaît son échec en ramassant une amphore. Il remplit un verre qu’il tend à Ksénia et trinque avec elle à même la jarre dont il se repait : « Tu n’as pas idée… » Ksénia pose avec délicatesse le verre contre ses lèvres charnues qu’elle mouille à peine tandis que lui vide le récipient à grandes gorgées _ « Nous sommes loin du Arès qui envoya il y a des milliers d’années ses quatre armées contre Athéna. De l’Arès qui fut si proche de la victoire que le chevalier d’or de la Balance de l’époque fut autorisé par Athéna à utiliser les armes. » Totalement désabusé, Arès libère un gros rot chargé de l’alcool qu’il vide tous les jours en guise de réponse. L’Ange tourne son visage pour ne pas sentir l’haleine enivrée de l’homme dont les grands yeux aussi rouges que ses cheveux semblent implorer la pitié. _ « Eris s’était jointe à toi et avec tes Ombres, tes propres enfants, vous poussâtes Athéna dans ses derniers retranchements. Cette Guerre Sainte fût si violente, que vos corps à Eris et toi-même firent détruits. Permettant ainsi d’emprisonner Eris dans la Pomme d’Or et te condamnant, toi, au cycle de la réincarnation… _ Comme Athéna, peste-t-il… Sauf que moi je ne l’ai pas choisi… _ La dernière en date, un garçon nommé Mars, né de parents humains, jeune Grec brutal. Tu compris dès ton enfance que tu étais doté de pouvoirs dépassant l’entendement humain, un cosmos divin. Très vite, tu défias l’autorité parentale et massacras à l’âge de treize ans ta famille, avant de fuir Athènes. Alors que tu te cachais après ton acte de barbarie, tu pris le chemin de l’Aréopage, où tu te sentis subitement guidé. Explorant les vestiges de ce lieu dont la mythologie rapporte qu’ici fut acquitté Arès qui avait vengé le viol de sa fille Alcippé, tu gravis ce qui aujourd’hui est un énorme monolithe gris bleu, veiné de rouge. A cette hauteur, tu cherchas désespérément un lieu où tu pourrais te cacher. Alors, soudain, tu fus attiré comme un aimant vers le bas de la colline. A toute allure tu arrivas sur le flanc droit de celle-ci. Il ne ressemblait à rien d’autre qu’au bloc de pierre que tout le monde pouvait voir. Pourtant, tu étais toujours appelé par cette énergie cosmique qui te poussa à traverser ce rocher. Tu te laissas aspirer à l’intérieur de celui-ci et te retrouvas dans les souterrains de l’Aréopage. Seuls les êtres maîtrisant le cosmos peuvent traverser ce pont cosmique et investir ce lieu où tu t’éveillas à ta conscience divine. Le Mars que tu étais réalisa qu’il était la réincarnation d’Arès. Dès lors, tu concentras ton esprit à la recherche des pires criminels qui peuplent la Terre et qui ont des qualités leurs permettant d’entrevoir la cosmo énergie. Tu formas toi-même six Berserkers qui enseignèrent à leur tour aux soldats l’art du combat. Te découvrant une qualité qui te manqua dans le passé, tu étudias patiemment le moment opportun pour prendre ta revanche sur l’histoire. Tu profitas de la mobilisation des Saints d’or contre Cronos en 1979 pour frapper le Sanctuaire. Hélas, ton échec n’en fut que plus cuisant. Alors qu’autrefois, il fallait à Athéna réunir ses douze chevaliers d’or pour te contrer, ici la quasi-totalité de l’armée arèsienne fut décimée par des chevaliers d’argent et de bronze… » Arès ironise avec cynisme : « Merci d’être venue me remonter le moral. » La biographie de Mars se transforme en leçon que l’Ange ne se prive pas d’administrer : « Sur neufs Nightmares, armures sacrées des protecteurs d’Arès, seules six ont été offertes. Six Berserkers furent envoyés au Sanctuaire sans même que le plus puissant d’eux, le Berserker de la Royauté ne soit nommé. Arès, tes soldats sont partis à la guerre sans même que tu ais nommé un général pour ton armée ! Evhémère Berserker de la Matière a même été achevé par des soldats athéniens ! » Piqué au vif, le Dieu de la Guerre, de la Brutalité, du Carnage et de la Destruction passe sa cape derrière son dos pour arborer son torse athlétique aux abdominaux parfaitement dessinés. Il serre son poing qu’il tend en direction de la jeune femme à l’accent slave : « Est-ce pour venir m’enfoncer davantage que tu te présentes devant moi Olympienne ?! » Elle calme le jeu en imposant un court silence durant lequel elle avale une gorgée de vin. La voix grondante d’Arès fait cesser les moqueries de ses hommes qui repartent tous vaquer à leurs occupations. Les servantes, elles, ont simplement été forcées d’émerger et remédient à cela en se délectant à nouveau de boisson tout en appréciant la sensualité des caresses qu’elles s’offrent. _ « Si je suis ici aujourd’hui Arès, c’est parce que mon maître me l’a demandé. _ Ton maître… Un dieu d’Olympien qui te mandate ? _ L’identité de mon maître importe peu. Ce qui est urgent aujourd’hui c’est l’agacement des Olympiens envers les hommes. Les humains ne les respectent plus, pas plus qu’ils ne se respectent entre eux-mêmes. Le sort de la Terre se jouera à cette époque, certains dieux subiront des défaites cuisantes. C’est dur à croire lorsqu’on sait qu’aujourd’hui Athéna est une petite fille capricieuse qui se complait dans la richesse. _ Dans la richesse ! Je croyais qu’Athéna était dans son Sanctuaire ? Où se trouve-t-elle ? _ Penses-tu vraiment que je vais te le dire ? Le meurtre d’Athéna n’est pas d’actualité, ça ne fait pas parti des plans de mon maître. Elle doit d’abord accomplir quelques missions sur cette planète et commettre les fautes qui lui causeront définitivement du tort auprès des autres dieux de l’Olympe. _ Et pour cela, ton maître a besoin de moi n’est-ce pas ? _ Plus ou moins. Mon maître m’a fait réincarner en tant qu’humaine comme c’est le cas pour Athéna et toi. De source sûre je sais que ton ami Hadès est revenu en ce monde également, tout comme Poséidon. _ Je vois. Comme tu l’as dit, le destin de la Terre prendra une tournure définitive en notre époque. Et avec autant de dieux désireux de prendre son pouvoir pour y effacer les erreurs d’Athéna, il n’y a pas de doutes, le sort du monde se joue en cette génération. Mais que dois-je faire ? Pourquoi aiderais-je les Olympiens alors que ceux-ci n’ont jamais eu d’égard à mon propos ? _ Les Olympiens te haïssent, il est vrai. Ils n’ont d’ailleurs aucune considération au regard de tes exploits quasi-inexistants. Mais ils ont davantage de dédain envers Athéna et les hommes. Les aider permettrait à mon maître de faire reconnaître ta valeur. Après tout, si Athéna est destituée, son siège qui trône vide depuis trop longtemps en Olympe pourrait revenir à quelqu’un qui aurait gagné la gouvernance de la Terre et l’estime de ses semblables. » Arès repose une nouvelle jarre qu’il comptait vider et s’assied de façon impériale sur son siège en or inondé par la lueur sanguine des flammes. _ « Tu commences à me plaire. Continue. _ Ce que nous souhaitons pour le moment c’est simplement voir Arès redevenir le dieu menaçant qu’il était. Et cela passe par une armée digne de ce nom. _ Tu l’as dit toi-même Ange, je suis loin d’avoir assez de recrue pour former les quatre armées d’antan. Une seule a déjà été dure à réunir et aujourd’hui il ne m’en reste que quelques incapables. Six Nightmares ont été réduites en poussière. _ Il reste la Nightmare de la Royauté, celle qui revient à ton général. Il te suffit de trouver l’homme suffisamment ambitieux et puissant pour te construire une armée digne de ce nom. _ Pff… Les mortels ambitieux et puissants sont déjà tous enrôlés par Athéna. Les ambitieux, sanguinaires et haineux, comme je les aime, eux, sont déjà tués ou emprisonnés par Athéna. _ La guerre et la destruction ne t’ont jamais conduit à rien. Pourquoi ne pas privilégier un homme qui lui croit en l’avenir ? _ Cela irait à l’encontre même de mes principes. _ Pas nécessairement. Il existe un homme qui croit en la possibilité d’un monde meilleur, un monde pour lequel il donnera sa vie sous l’égide du dieu qui l’aidera à réaliser ce rêve. Il sait que des sacrifices devront se faire, que de nombreuses guerres seront instaurées pour que son triomphe soit prononcé. Mais au final, il promet aux hommes une politique dictatoriale. Des lois qui leur permettront, s’ils les suivent, de vivre dans l’amour, la paix et la prospérité. Ce projet il est prêt à l’offrir au dieu qui croira en lui. _ Un monde où les hommes seraient tous soumis à la même loi, la mienne, après que mon armée ait livré toutes les batailles nécessaires pour y parvenir. Un monde où la violence envers les renégats permettra de maintenir l’ordre. Une planète où la destruction est indispensable à l’établissement de mon pouvoir… Hum… Cela va bien au-delà de mes espérances. Mais un tel homme existe-t-il vraiment ? » Ksénia sourit et tend ses paumes ouvertes vers le sommet du temple en disant simplement : « Regarde… » Le cosmos qui tourbillonne dans les mains de la jeune femme crée un nuage cosmique dans laquelle s’anime quelques évènements. Des évènements du passé… Flashback Octobre 1976. L’automne se faisait maintenant sentir sur le Sanctuaire d’Athéna. Bien que l’atmosphère fût agréable, la pluie était battante ce jour-là. Le jour de vérité était venu. Dans le grand Colisée d’Honkios, là où Seiya remportera quelques années plus tard la Cloth de Pégase, quelques gardes curieux et divers chevaliers de bronze et d’argent vinrent observer la consécration d’un des deux hommes que le peuple aimait détester. Il s’agissait d’Aiolia, frère du traître, et de Vasiliás, le prodige à la justice impitoyable. Jaloux de Vasiliás et furieux envers Aiolia, les Athéniens se tenaient droit debout, laissant les épaisses gouttes d’eau s’écraser sur leurs casques. Au sommet des gradins, quelques esclaves venaient tenir les quatre pieds d’une tonnelle rouge pour le Grand Pope qui se faisait attendre, tandis que deux autres serviteurs déposaient sous l’abri une urne dorée sur laquelle étaient gravés les symboles zodiacaux du Lion.
Plus haut, à hauteur du passage secret reliant les douze maisons, Saga, l’usurpateur au trône du Grand Pope, descendait une à une les marches usagées tandis qu’il rapportait une fois de plus à un invité l’importance de sa mission sur l’île de la Mort. Le représentant d’Athéna était escorté de chaque côté par deux grands gardes qui lui couvraient la tête grâce à un linge blanc tendu à l’arrière par deux autres soldats qui le suivaient pas à pas. Le convive du Pope, lui, laissait le déluge lui rouler sur son torse nu. La peau brunie par le soleil de plomb qui fouette toute la journée l’île dont il est originaire, et chargée de cicatrices, la pluie semblait le soulager. Son pantalon verdâtre délavé et ses bandelettes de papiers de même couleur enserrant ses poignets étaient gorgés d’eau. Ses spartiates mauves enlaçaient ses mollets tout aussi bardés de muscles que le reste de son corps. De sa tête n’apparaissaient que ses longs cheveux blancs grisonnants puisque son visage était dissimulé sous un masque de démon orangé aux dents longues qui inspirait une profonde inquiétude auprès des quatre soldats accompagnant le haut magistrat. Saga, en tenue du Pope Shion, insista : « La légende veut que depuis la découverte de Death Queen Island, sous l’ordre d’Athéna, un chevalier à la puissance incommensurable y soit envoyé pour veiller à ce que les Ankoku Saints y restent prisonniers. Sur l’île de façon permanente, le chevalier et ses héritiers, dont tu fais partie, ont juré de donner jusqu’à leur propre vie pour garder les renégats et veiller sur la seule armure d’Athéna présente là-bas, celle du Phénix. » D’une voix froide et troublante, le mercenaire prénommé Guilty affirma : « Tout à fait. L’armure du Phénix n’a jamais été remportée et quel que soit le professeur, que ce soit moi ou mes prédécesseurs, jamais il n’a trouvé ce chevalier qui deviendrait ainsi digne d’être le maître de l’île de la Mort. » Le Grand Pope se tut un instant, le temps de passer le flanc droit de la maison de la Vierge où Shaka venait de prendre ses quartiers, à peine nommé Saint d’or. Il reprit ensuite : « Je sais lire les présages laissés par les étoiles et les constellations. Ils m’ont appris il y a peu que notre génération sera celle où le Phénix viendra à Athéna. Celui qui portera cette armure sera un des plus grands Saints de tous les temps. Il est impératif que tu fasses de lui un parfait chevalier au service du Sanctuaire, fidèle au Grand Pope que je suis. » Malgré les nombreux combats et les conditions de vie dans lesquels il a grandi, le rustre Guilty n’en restait pas moins un mercenaire du Sanctuaire intègre, aimé de tous dans le petit village de Death Queen Island où il élevait seul sa petite fille Esméralda encore enfant. Sa droiture lui imposait de rajouter au discours de Saga : « Fidèle au Grand Pope… et à Athéna ! » Le Saint des Gémeaux, gêné par la réaction du redoutable gardien de l’île la plus meurtrière au monde, garda son sang-froid : « Cela va de soi… » Ils continuèrent à descendre les marches mais en pressant le pas cette fois-ci : « Il me tarde Guilty de te faire assister au sacre d’un chevalier d’or afin que ta visite au Sanctuaire soit des plus inoubliables… »
Plus bas, Aiolia et Vasiliás avaient pénétré dans l’enceinte et se tenaient chacun à un coin de la surface de combat aux dalles fissurées, couvertes de sable humide. Vasiliás évitait de croiser le regard de son professeur assis dans les gradins, de peur certainement qu’il ressente la même appréhension que Klok éprouvait pour lui en cet instant. Enfin, au sommet des marches, arrivèrent le Grand Pope, ses quatre gardes qui aidèrent aussitôt les autres à maintenir la tonnelle fort secouée par le vent après que leur maître soit abrité, et Guilty qui préférait profiter de l’onde bienfaitrice de cette averse. Bien qu’il briguait sa place à horizon de quelques dizaines d’années, Vasiliás s’agenouilla aussitôt devant Sa majesté le Grand Pope tout comme l’ensemble des spectateurs. Seul Aiolia, dans un esprit de rébellion, resta de façon irrévérencieuse sur ses jambes et inclina légèrement la tête. Le silence était si pesant que les personnes présentes pouvaient entendre les bourrasques faire rouler les cailloux résultants des morceaux de marches délabrées du Colisée. Le souverain du domaine rompit cette quiétude en levant les bras en l’air : « Le Sanctuaire s’apprête à accueillir un nouveau Saint d’or. Depuis des années, vous avez combattu et triomphé de vos rivaux venus de toute la surface du globe pour appartenir à l’ordre des plus puissants défenseurs d’Athéna. Le gagnant d’aujourd’hui se verra récompenser par moi-même au nom de la grande Athéna. » Après cela, le souverain laissa retomber ses bras le long de son corps, synonyme de son de cloche pour ouvrir des hostilités. Avant d’engager le combat, Vasiliás se courba en direction de son professeur, comme s’il lui devait sa présence sur l’aire de combat à ce stade d’apprentissage. Aiolia, lui, faisait le tour de lui-même espérant trouver un peu de soutien comme cela a toujours était le cas lors du sacre des autres Saints d’or. Mais c’était un jour particulier, seuls de rares adorateurs de Vasiliás faisaient office de supporters, le reste du public, d’ordinaire plus nombreux lorsqu’il s’agit de mise à mort de simples criminels, rêvait plus que tout voir les deux hommes s’entretuer. Un unique visage amical marqué d’une grande cicatrice souriait au lionceau, celui de Galan, ancien prétendant à l’armure d’or du Lion et seul homme à n’avoir jamais abandonné le frère de son ami Aiolos. En reconnaissant la sympathie qui se dégageait de son visage, Aiolia reprit foi en ses chances et se tourna enfin vis-à-vis de son rival qui l’attendait en position de combat sans avoir profité de son inattention. Les intentions étaient claires, ça allait être un combat digne de ce nom, sans coups bas. Les deux enfants firent monter instantanément leur cosmos à leur paroxysme. Derrière Aiolia se dessina un lion rugissant. L’effluve cosmique de Vasiliás fit apparaître dans son dos un lion aux ailes d’anges, aux cornes d’ivoire plantées aux coudes et aux genoux, les crocs acérés, le visage marqué d’une cicatrice, semblable au lion qu’arborait la jeune Ksénia sur son étendard le jour de leur rencontre et qu’il a fait tatouer sur sa hanche depuis. De légers éclats lumineux vinrent illuminer le Colisée. Trois hommes vêtus d’armures dorées profitèrent de leur permission pour venir assister au sacre d’un des deux hommes. Shura se tenait en retrait, non loin du Grand Pope. Deathmask était les bras croisés à côté de Guilty qu’il défia un instant du regard. Aphrodite, lui, avait ses deux mains posées sur l’épaule d’or du Cancer et, en se tenant derrière celui-ci, avait ajusté son menton dessus. Un instant ébloui par les Cloths des trois Saints d’or, les deux rivaux choisirent de passer à l’action. Ils foncèrent l’un contre l’autre en effectuant un magistral coup de pied retourné. Vasiliás, trop lent sur ce coup, fut heurté le premier en plein visage. Il retomba sur les genoux, la joue égratignée. Aiolia ne lui laissa aucun répit et le frappa de son poing chargé de cosmos alors que Vasiliás relevait la tête dans sa direction : « Lightning Bolt ! » Semblable à une boule de feu, l’Eclair Foudroyant écorcha d’abord le visage de Vasiliás avant de plaquer tout son corps contre les dalles du colisée. La vitesse et la puissance d’impact firent rebondir le corps de l’Américain qui partit en l’air dans un flot de sang. Aiolia sauta le rejoindre, genou droit en avant, frappant son adversaire en pleine colonne vertébrale. Dépassé par les évènements, Vasiliás commença à perdre connaissance. Son esprit le tourmenta alors : « Pourquoi… Pourquoi j’échoue si près du but ? J’ai toujours eu tant de facilités à vaincre mes adversaires… Je n’ai jamais eu autant de mal face à un homme. Sa vitesse, sa force de frappe… et son regard si dur... Il ne veut pas perdre. Il ne peut pas perdre. On dirait que mes facultés innées sont inutiles contre sa détermination… » Ses yeux, à peine ouverts, cherchaient ceux complices de son professeur. C’est lorsqu’il put se plonger dans le regard de son mentor qu’il comprit… Le cadet d’Aiolos profita que son ennemi soit sans défense pour tenter de l’achever. Pendant ce temps, Vasiliás murmura : « Maître… Vos propos… Vous me disiez autrefois que… Un homme peut avoir une force hors du commun, si aucun but ne le motive, il n’est rien. Je ne dois pas oublier mon rêve. Je dois devenir le roi de cette planète… » Son corps se raidit dans les airs, prêt à riposter à l’arcane d’Aiolia situé juste au-dessus de lui. _ « Lightning Bolt ! _ Devil Proposal ! » La technique d’Aiolia renvoya Vasiliás s’écraser au sol après avoir englobé tout son corps de l’aura destructrice de l’Eclair Foudroyant. Néanmoins, seuls les Saints d’or présents dans les tribunes avaient pu voir ce filet de lumière, sortir du poing de Vasiliás et traverser la boule de feu d’Aiolia, pour ensuite lui transpercer le crâne. Aiolia regagna le sol en se tenant la tête. Son apparence physique, par rapport à celle de Vasiliás, pouvait être synonyme d’avantage mais il n’en était rien. En effet, Vasiliás se remettait debout, non sans mal, mais affichait un sourire en coin qui annonçait les pires tourments pour Aiolia. Celui-ci suait à grosses gouttes, son corps tremblait et son esprit était ailleurs. _ « Ce garçon a réagi à la vitesse de la lumière avec tant de simplicité, fut stupéfait Aphrodite. _ On aurait cru que cela était aussi naturel pour lui que de respirer, comme pour nous, ajouta Deathmask. _ Il a utilisé la technique du démon, les rejoignit Shura Il a pris le contrôle de l’esprit de son adversaire. Seuls des êtres d’exception peuvent s’approprier ce genre de techniques. L’homme le plus à même d’agit ainsi n’est autre que le Grand Pope. » Au centre de l’arène, Aiolia se roulait au sol en hurlant de rage. Ses yeux étaient révulsés. Il bavait sans s’en rendre compte. S’arrachait les cheveux par poignées. Se lacérait même le visage comme pour s’extirper de sa détresse mentale. Vasiliás fit cesser le suspens en expliquant son geste : « Arrête de te débattre. Mon coup est venu susurrer à ton cerveau la Proposition du Diable. Tu découvres ainsi ce qu’est le royaume d’Hadès et ce qui t’y attend. » Cependant, Aiolia luttait de toutes ses forces. Si bien qu’il cessa de se mutiler lui-même et concentra sa douleur en frappant avec rage des poings contre le sol. Les dalles du Colisée se soulevèrent un instant et un courant électrique vint chatouiller Vasiliás : « Mais… Qu’est-ce que… Il se sert de sa douleur pour accroître sa rage de vaincre ! » Hélas, il fut trop tard pour Vasiliás, Aiolia utilisa la pluie qui inondait son adversaire pour décupler sa plus puissante technique : « Lightning Plasma ! » Vasiliás se préparait à contrer l’Eclair Foudroyant mais fut surpris face à ce nouveau coup, le Plasma Foudroyant. Il fut balayé par des faisceaux lumineux le frappant à la vitesse de la lumière, brûlant sa peau lors du contact de la pluie sur son corps. Il retomba le visage au sol. Les vêtements arrachés. Couvert de plaies. Son sang se mêla aux marres d’eau qui noyaient la surface de combat. Alors que le public commençait à huer la victoire d’Aiolia, Aphrodite déclara : « Aiolia a perdu. » Deathmask ajouta : « Il a dévoilé à son adversaire sa seconde technique et y a mis tout ce qu’il lui restait pour contrer le Devil Proposal et le frapper de plein fouet. » Shura conclut : « Vasiliás va avoir tout le loisir de dévoiler à son tour une seconde botte secrète face à un Aiolia plus mort que vif. » Effectivement, Vasiliás se releva sous le regard ébahi du public qui ne l’appréciait guère plus qu’Aiolia. Qu’importe, le spectacle était à la hauteur de son attente. L’aura dorée de Vasiliás devint de plus en plus vivace tandis qu’Aiolia tenait difficilement sur ses deux jambes. Des deux lionceaux, un seul allait remporter le titre et le sort en était déjà jeté. Au-dessus d’Aiolia, l’eau ne tombait plus, seules des plumes d’ange venaient au contact de son corps épuisé. Les plumes flottaient sur l’eau qui couvrait le sol tandis que le vent ne soufflait plus sur le public. Celui-ci tournoyait uniquement à l’intérieur de la surface de combat sous l’impulsion de l’élève de Klok transcendé par les effets de son cosmos : « Byakûjin ! » Soudain, les plumes au sol se levèrent telles des aiguilles acérées, tandis que celles venant du ciel tombèrent lourdement mais avec autant d’effet. Elles formèrent un nuage autour d’Aiolia qui l’écorcha à mort. Les Plumes Célestes cessèrent leurs dégâts lorsque Aiolia s’effondra au sol, sans vie. Dans l’assistance, le silence fut d’or. Tout le monde était subjugué par la facilité avec laquelle Vasiliás était parvenu à retourner la situation. Le vainqueur fit aussitôt face à son adversaire et le salua pour lui rendre honneur. Il s’inclina ensuite en direction de son maître pour les hommages qu’il lui devait puis il se courba enfin en face du Pope au-dessus duquel la tonnelle continuait à être agitée. L’orage était devenu maintenant une tempête, néanmoins personne ne quittait les tribunes. L’heure du sacre était venue. Et voir l’adoubement d’un chevalier d’or était un des actes les plus rares mais aussi un des plus beaux à observer au Sanctuaire.
Sous son masque, Saga grimaçait à l’idée de nommer cet Américain trop ambitieux à son goût. Il se leva pourtant au bout de longues minutes qui semblèrent être pour Vasiliás une éternité : « Jeune homme, Athéna t’a admis aujourd’hui parmi ses chevaliers. L’armure que tu reçois est l’héritage des plus grands, c’est le gage de cette reconnaissance. Depuis sa création, l’ordre des Saints d’or a protégé Athéna et défendu la justice. Cette armure, l’une des douze plus puissantes au monde ne peut être portée que pour cette cause. Tu es aujourd’hui… " Vasiliás commençait à se relever en voyant l’urne de l’armure d’or s’ouvrir d’elle-même tandis que Saga achevait avec dépit sa déclaration : « … Saint d’or du Lion ! » L’armure d’or du Lion apparut aux yeux de tous, éblouissant l’ensemble des spectateurs habitué en ce jour à l’obscurité d’une météo capricieuse. Vasiliás se cacha également les yeux et, lorsqu’il les rouvrit, s’empressa de tâter son corps pour s’assurer qu’il était désormais protégé par la Cloth. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il crut l’armure disparue. Elle ne se trouvait ni sur sa Pandora Box ni sur lui. C’est lorsqu’il aperçut de la lumière dans son dos et qu’il constata la stupéfaction de l’assemblée qu’il se retourna, le visage décomposé. Son rival se relevait avec difficulté, couvert de l’armure d’or du Lion.
Abasourdi, Saga fit à voix basse la simple remarque : « L’armure… L’armure a choisi son porteur… Elle estime Aiolia plus digne de la porter que Vasiliás ! » A côté de lui, les trois chevaliers d’or n’en revinrent pas. _ « Voilà bien la première fois qu’une Cloth agit de la sorte, fut étonné Aphrodite. _ Au vu du combat, Vasiliás s’est nettement mieux distingué, déplora Deathmask. _ La Cloth a jugé avant tout l’état d’esprit des deux prétendants, comprit Shura. »
Au centre de l’arène, Vasiliás tremblait. Son teint était devenu livide. Ses yeux gonflés par les larmes. _ « Pourquoi ?! Pourquoi l’armure te juge-t-elle meilleur propriétaire que moi ?! Quelle cause peux-tu bien défendre et quelle cause peut-être plus juste que la mienne ? » Aiolia demeura interdit l’espace d’un instant. Puis, lorsque le moment fut venu de répondre à Vasiliás, la raison lui parut évidente : « Mon frère était le plus grand chevalier d’or de l’armée d’Athéna de notre génération. Je ne t’apprends rien sur les circonstances qui ont fait de lui un traître. Aujourd’hui, je rêve de pouvoir laver l’affront de ma famille en devenant encore plus brillant que ne l’était Aiolos, pour défendre la justice, les faibles et les innocents au nom d’Athéna ! » Son timbre de voix était monté crescendo, son poing s’était dressé, rempli de conviction. Le regard du perdant prit la direction de son maître pour reconnaître dans le sien un profond abattement. Klok était déçu pour son élève, mais le regard plein de tristesse exprimait aussi un constat, après les différentes mises en garde du maître à l’élève quant à ses ambitions trop extrémistes.
Aiolia ôta son diadème et salua son adversaire pour prendre congé de lui, maintenant que la sentence était donnée. La foule quitta peu à peu le Colisée, laissant seul Vasiliás dont le désespoir se consumait en rage. Son cosmos s’élança alors subitement dans les airs et défia tous les hommes encore présents, y compris le Pope, Guilty, son maître et les quatre chevaliers d’or. Il pointa du doigt Aiolia et releva la tête, le visage déformé par la folie : « Notre combat n’est pas terminé. » Téméraire, Aiolia comprit aussitôt que son adversaire n’abandonnerait pas. Il réajusta son diadème et se tint en position d’attaque.
Les gardes qui maintenaient la tonnelle du Grand Pope furent soufflés par le vent provoqué par le cosmos de Vasiliás et retombèrent plus loin en dehors du Colisée. Guilty avait beau lutter, il reculait petit à petit. Hormis les chevaliers présents dans l’enceinte, tous les soldats et habitants avaient préféré fuir. Derrière son masque, le fourbe Saga n’en espérait pas tant, par son geste, Vasiliás venait de lui offrir l’occasion de se débarrasser de ce prétendant au trône. _ « Saint d’or du Capricorne, appela Saga ! _Oui Votre Grandeur, s’agenouilla aussitôt Shura. _ Quelle que soit l’issue de cet échange, je t’ordonne d’éliminer Vasiliás. Par sa révolte à l’encontre de la décision d’Athéna de nommer Aiolia chevalier, il vient de montrer son incapacité à se soumettre aux ordres de notre déesse et de son représentant. Il représente un danger bien trop grand. » Sans broncher, Shura acquiesça.
Plus bas, Klok choisit de rejoindre Vasiliás tandis que derrière lui l’effluve du cosmos de son élève dessinait un lion aux ailes d’ange et aux cornes d’ivoire. _ « Arrête immédiatement mon cher élève, sinon il sera trop tard pour toi ! _ Il s’agit d’une erreur. Je m’en vais la réparer, répondit Vasiliás méconnaissable ! _ Ne sois pas stupide je t’en prie ! Athéna a pris sa décision ! Un autre destin t’attend j’en suis sûr ! _ Athéna est dans le faux ! Elle l’est depuis trop longtemps déjà ! J’étais la solution à tous les maux de ce monde et elle a préféré me rejeter ! _ Quoi que tu fasses, l’armure a fait son choix, elle ne viendra plus à toi ! » Klok ne put plus tenir, la cosmo énergie de Vasiliás devint trop grande. A cet instant, seul l’ultime cosmos guidait ses pas. Aiolia déploya lui aussi toutes ses capacités retrouver grâce à l’armure qui l’avait revigoré. Il serra bien fort son poing droit et tendit son bras en direction de Vasiliás : « Lightning Plasma ! » Vasiliás bavait d’impatience : « Je me fiche de l’armure ! Elle n’est qu’un symbole ! La vraie force n’est pas dans le palpable, l’armure, mais dans l’impalpable, la force de mes ambitions ! Heart Break Canon ! » Le lion de Vasiliás battit des ailes et traversa l’ensemble des rayons du Plasma Foudroyant en les évitant tous. La gueule grande ouverte, les crocs acérés, arborant sa majestueuse crinière, fixant le lion d’Aiolia de ses grands yeux marqués par une cicatrice à l’½il gauche, il traversa le lion du chevalier d’or, debout sur ses pattes arrières, encore en plein élan. Le poing droit encore tendu d’Aiolia retomba le long de son corps. De sa bouche s’évacua, mêlés à ses crachats, glaires et sang. Un bruit de métal brisé résonna à mesure que sa Cloth se fissura à hauteur de sa poitrine, là où le poing de Vasiliás était encore logé. Le chevalier novice s’échoua inconscient sous une pluie torrentielle tandis que l’Américain se réceptionnait sur ses deux jambes.
Immédiatement, autour de lui, gardes et chevaliers présents l’encerclèrent. Son visage s’était radouci, il passa d’un air innocent ses mains dans ses longs cheveux ondulés, pendant qu’il cherchait de nouveau celui qui lui enseigna les bases de la chevalerie. Lorsque Vasiliás plongea une dernière fois son regard dans celui de Klok, des larmes vinrent le prendre : « Merci pour tout maître. Je suis désolé. » Il eut à peine fini qu’un faisceau de lumière jaillit de son corps et provoqua une épaisse fumée sur laquelle il compta pour disparaître. Quelques gardes se jetèrent à l’intérieur du nuage de poussière d’où retentirent quelques cris de douleur puis… Plus rien…
Shura se redressa et informa le Pope : « Il a profité de la vitesse de la lumière pour quitter le Colisée. Je suis sa trace. » Saga hocha simplement de la tête pour lui donner son approbation et pointa du doigt Klok : « Klok Saint de bronze de l’Horloge, professeur de Vasiliás, je t’ordonne de lancer l’alerte dans tous les villages. Vasiliás est un renégat et va certainement vouloir fuir le domaine. Tout homme l’apercevant a ordre d’abattre ce déserteur. »
En moins d’une minute, le Colisée se vida. N’ayant pas même un regard pour Aiolia qui fit une bien piètre performance pour sa première en Cloth d’or. Seul Galan était resté pour porter Aiolia sur son dos. Le serviteur fut alors interpellé par Guilty : « L’homme que tu portes a peut-être perdu aujourd’hui, mais j’ai senti en lui un très grand potentiel. Il a une marge de progression encore très importante. Ne lui fais surtout pas perdre le droit chemin. » Puis, laissant Galan penaud, le gardien de l’île de la Mort parti en direction du temple du Pope. Ce message retentit dans l’esprit de Galan comme si l’avertissement de Guilty laissait présager des doutes quant à l’avenir politique du Sanctuaire.
Quelques heures plus tard, dans la demeure du pontife, le propriétaire des lieux se tenait dans la pièce principale, empoignant fort les accoudoirs de son trône, tandis qu’un garde venait lui murmurer quelques mots à l’oreille, accroissant ainsi sa colère déjà explosive. Une fois son rapport achevé, le garde le laissa seul avec Guilty incliné devant lui. La journée fut riche en évènement et cette visite de courtoisie touchait à sa fin : « Majesté, ce fut un immense plaisir et un honneur infini d’avoir pu passer cette journée à vos côtés. Néanmoins, une galère est affrétée au Port du Destin en Crète. Elle doit me reconduire sur l’île de la Mort. Si je ne veux pas manquer le ferry qui lie Athènes à Iraklion, je dois me hâter de vous quitter. » En nage sous sa soutane, Saga sentait ses nerfs à vif, ses cheveux bleus commençaient à grisonner : « Guilty, avant ton départ j’aimerai te confier une mission. » Guilty, ne remarqua pas l’attitude de son supérieur. _ « A votre service mon Seigneur. _ Vasiliás, le vaincu de cet après-midi, représente une menace pour le Sanctuaire. A en croire le rapport qui vient de m’être fait, il serait parvenu à tromper la vigilance de nos hommes et à quitter le Sanctuaire. J’aimerai que tu l’élimines. _ Excellence, même avec les meilleurs moyens du monde j’en serai incapable. Cet enfant a le niveau d’un Saint d’or. Aujourd’hui le sacre aurait pu être sien si l’armure n’avait pas fait son choix. _ Justement, Athéna en a jugé autrement en favorisant Aiolia. Elle m’avait déjà fait part de ses craintes face aux ambitions de Vasiliás. _ Avec tout le respect que je vous dois Eminence, on n’a jamais vu un prétendant à une armure être mis à mort pour de telles raisons. De plus ce n’est encore qu’un enfant ! » La voix du représentant de la Déesse de la Sagesse se fit de plus en plus impériale : « Tu contrôles les moindres faits et gestes des chevaliers noirs de l’île de la Mort. Certains sont d’anciens élèves du Sanctuaire ayant échoués aux épreuves d’accession à l’armure sacrée. Ils ont toutefois un potentiel proche de celui des meilleurs de nos Saints. Je veux que tu composes une équipe capable d’éliminer ce garçon. » Guilty commença à s’emporter : « Faire appel aux chevaliers noirs ! Mais c’est contraire aux v½ux d’Athéna ! Et comment ferais-je confiance à des Ankoku Saints que je combats depuis ma nomination à la sécurité de Death Queen Island ? » La chevelure bleutée du chevalier d’or était maintenant blanche : « Comment peux-tu prétendre connaître la volonté d’Athéna ? Je suis le seul à être dans la confidence de notre déesse ! Tu n’auras pas à craindre pour ton intégrité, les chevaliers noirs sont restés exilés depuis trop longtemps maintenant. Ils peuvent nous être utiles dans ce genre de circonstance. Je t’ordonne d’exécuter cette mission. » En l’espace d’une seconde, Guilty douta des intentions du Grand Pope et fit allusion à Shion : « Je suis désolé votre grandeur, mais il y a une époque où je vous ai connu bien moins cruel et plus concilient. Aussi fort et menaçant soit cet enfant, s’allier aux chevaliers noirs pour l’éliminer serait un outrage envers Athéna, j’en reste convaincu. » Le chevalier des Gémeaux se redressa aussitôt de son siège en déclarant : « Tu ne me laisses donc pas le choix ! » Stupéfait par cette déclaration, Guilty n’eut pas le temps de remarquer que le Saint d’or était déjà derrière lui : « Genro Mao Ken ! » Un fil cosmique traversa le cerveau de Guilty qui, en une fraction de seconde, fut conquis par l’Illusion Diabolique du Pope. Sans même pouvoir lutter, Guilty se tint droit debout, les membres tremblants, pendant que Saga retournait s’asseoir en passant à côté de lui comme si de rien n’était : « Guilty ! » En entendant la voix du Pope résonner dans la salle et dans son esprit, le père d’Esméralda se prosterna aussitôt. _ « Oui Maître. _ J’ai deux requêtes à te formuler. _ Vos désirs sont des ordres. _ Pour réaliser chacune d’elle, il faut que dès ce jour tu abandonnes tout sentiment d’amour et de bonté au quotidien et ce pour toujours. _ Qu’il en soit ainsi. _ Maintenant tu vas rentrer sur Death Queen Island. Là-bas tu confieras à Jango, le chef des chevaliers noirs, la mission d’envoyer tous ses Seigneurs Noirs et ses meilleurs Ankoku Saints contre Vasiliás. Ils devront le traquer et l’éliminer quel que soit le lieu où il se cache. Pour information, il est arrivé il y a deux ans de Floride aux Etats-Unis, il cherchera peut-être à y rentrer. _ Bien, j’accomplirai votre volonté. _ Ma seconde demande est la suivante. Lorsque tu auras trouvé un élève au potentiel suffisant pour devenir Saint du Phénix, fais de lui une machine à tuer uniquement pour mon bon plaisir. Il ne devra avoir que deux références, la haine et le Grand Pope. Réussir ces deux charges permettra aux chevaliers noirs de revenir en grâce et de reprendre leur liberté. » Les jours passèrent. Guilty rentra sur l’île de la Mort et partit à la rencontre de Jango. Dès lors, les Ankoku Saints prirent le contrôle de l’île toute entière et terrorisèrent les quelques villageois cultivant pour leur survie en bord de côte. L’équipe chargée de retrouver Vasiliás fut constituée et prit la mer… Tandis que sur les flots, le jeune Vasiliás, de retour dans le monde contemporain, réfugié sur un navire marchand, utilisait une paire de ciseaux pour retirer ses belles bouclettes et changer d’apparence… Flashback Le cosmos de Ksénia s’atténue petit à petit. Arès rigole à plein poumon : « Les rois ont toujours été les élus des dieux. Je ferai de ce jeune garçon mon roi, mon élu et le laisserait me conquérir la planète, après avoir triomphé dans une sanglante Guerre Sainte où il détruira Athéna et m’offrira la Terre ! » Ksénia sourit avec beaucoup de charme et quitte le palais après avoir réajusté sa capuche sur son crâne : « J’étais convaincu que ce jeune homme te siérait à ravir. Je le ferais venir à toi en temps voulu. En attendant, veille à améliorer ton hygiène de vie. »
175
« le: 9 Janvier 2012 à 14h10 »
Idem, je n'ai vu que le premier qui finit de façon... Inatendue !
Mais la main dans la culotte aura suscité mon engouement...
176
« le: 29 Décembre 2011 à 19h45 »
Merci beaucoup. Hélas rien de prévu pour les mois qui viennent. Je me consacre à ma fiction Saint Seiya.
177
« le: 10 Décembre 2011 à 19h19 »
Tiens, toi ici. Je pensais que tu aurais commenté sur SSP.
Très content que tu ais jeté un oeil au premier chapitre.
Je ne connais la série Spartacus que de nom et j'espère franchement m'y mettre un jour.
En attendant, ravi que ce premier chapitre te plait. J'espère avoir tes impressions sur les suivants.
178
« le: 5 Décembre 2011 à 14h12 »
Grand joueur de foot brésilien Ryo.
179
« le: 1er Décembre 2011 à 20h10 »
Grosse mauvaise nouvelle. Ca fait étrange de perdre un élément essentiel qui est une des bases d'une passion.
180
« le: 27 Novembre 2011 à 22h06 »
Chapitre 25
Au Canada, dans la région de Nunavut, contrastant avec le paysage reculé et glacial, un véhicule motorisé roule à toute vitesse sur les routes gelées de la ville d’Arviat. La voiture rouge, modèle sport, quitte la petite communauté Inuit d’environ mille huit cent habitants qui représente quatre-vingt pour cent de la région de Nunavut. Le bolide sort de la ville et fonce à toute vitesse à l’Est, en direction de la baie de Baffin.
Reliée à l’Océan Atlantique par le détroit de Davis, au Sud-Est, et à l’Océan Arctique par plusieurs passes, à l'Ouest et au Nord, la baie n’est navigable que trois mois dans l’année, car des masses de glaces flottantes et des icebergs dominent ce cadre magnifique. En quelques minutes, le conducteur atteint une anse au milieu de laquelle il reconnaît un Canadien aux cheveux longs, épais et gris. Loin des yeux innocents, l’autochtone croise ses bras et plie doucement ses genoux. Derrière lui, les calottes glaciaires se brisent tandis qu’un effluve orangé émane de son corps. Plus haut, sur la berge, une demoiselle aux longs cheveux blonds observe son petit ami s’exercer. Malgré la température fort basse, ses jambes ne sont habillées que de ses longues bottes rouges qui remontent jusqu’au haut de ses cuisses, tandis que sa courte jupe en jean ne la réchauffe pas davantage. Son manteau de fourrure n’est même pas fermé et laisse sa forte poitrine être arborée dans ce maillot rouge décolleté qui ne descend pas plus bas que son nombril. Le chauffeur sort enfin de son automobile, dont il ferme soigneusement la porte, pour ne pas ébranler la concentration du Canadien et ne pas attirer l’attention de la jeune femme. Il porte un costume blanc avec de fines rayures argentées, des chaussures blanches et brillantes, une chemise gris métallisé et une cravate à peine serrée du même coloris que son uniforme. Ainsi, il est libéré de son col trop serré et laisse apparaître quelques griffes tatouées dans son cou. Son visage aux traits fins porte une barbe de deux jours aussi courte que ses cheveux qui couvrent d’à peine trois millimètres son crâne rasé. Les quelques rayons du soleil qui se reflètent en ce 7 mars 1985 sur les glaces canadiennes font briller deux petits diamants que porte l’élégant observateur à chacune de ses oreilles ainsi que ses beaux yeux bleus qui scrutent les mouvements de l’inconnu. Il sort de la poche de son pantalon une montre-gousset qu’il remonte par la même occasion. Fixant les aiguilles de longues secondes comme pour constater que le temps s’est écoulé vite depuis son absence ici, il pense alors : « Il semble que Bian ait développé encore davantage son God Breath en mon absence. »
A l’instant où le dénommé Bian écarte les bras pour dégager son arcane, l’automobiliste apparaît devant lui et appose sa main juste devant la poitrine du futur Marina pour aspirer son Souffle Divin en prononçant calmement : « Temporal Weakness ! » Dans la paume de main du distingué jeune homme semble s’ouvrir une dimension qui se referme aussitôt une fois le cosmos de Bian atténué. Le Canadien revient à lui et reconnaît son ami qu’il sert immédiatement dans ses bras : « Vasiliás ! Tu es revenu ! » Le fameux Vasiliás se défait en douceur de l’étreinte de son camarade pour ne pas froisser son bel habit : « Oui, j’ai repris les affaires à Miami en Floride, là d’où je viens, après le décès de mon grand-père. J’ai beau avoir nommé un directeur délégué, il fallait tout de même que je me présente pour finaliser une transaction. » Depuis la berge, la frivole petite amie de Bian interpelle leur camarade en faisant de grands signes de bras ce que ne peut s’empêcher de constater Bian : « Il me semble que Dolly soit également très heureuse de ton retour. » Ne prêtant guère attention à Dolly au physique pourtant si gratifiant, Vasiliás répond à son ami par un sourire sincère. _ « J’espère recevoir le même accueil de ta s½ur. _ Tu lui as beaucoup manqué tu sais. Cependant, malgré ton mois d’absence, ta Faille Temporelle est toujours aussi impressionnante. _ C’est bien ça le souci. Ma technique n’évolue pas. Je dispose d’autres arcanes dévastateurs que j’améliore de jour en jour, pourtant je stagne avec le Temporal Weakness. Ton Souffle Divin n’en est pas moins incroyable. _ Il faut dire que mon ami Kassa m’aide beaucoup à travailler cette technique. _ Kassa… C’est bien l’homme qui est arrivé du Portugal il y a quelques mois et que tu dois me présenter depuis n’est-ce pas ? _ Tout à fait. Mais comme à chaque fois tu préfères t’entraîner lorsque tu es ici, je n’ai jamais pu organiser votre rencontre. Tu verras, il a conscience de ce qu’est la cosmo énergie. Il a comme moi appris à la développer seul mais n’en dégage qu’une force limitée. _ Ça tombe bien, mieux vaut être prudent avec le cosmos, on ne sait jamais qui en détient la force. En parlant de ça je comptais m’exercer ! » Bian ramasse un manteau de fourrure crème qu’il ajuste au-dessus de son pantalon et de son maillot pourpre : « Tu pourras toujours reprendre demain. Là j’en ai assez fait pour aujourd’hui. Rentrons maintenant. » Vasiliás grimace en regardant à nouveau l’heure sur sa montre. Lui qui trouve qu’il reste du temps pour s’entraîner, il finit par abdiquer en rangeant le bijou dans sa poche de pantalon. Il taquine son ami en lui pointant du doigt sa sublime voiture. _ « Attention à ne pas salir mes sièges avec tes vieilles frusques. _ Je ne comprends toujours pas pourquoi tu utilises cet engin, alors que tu peux te déplacer bien plus vite tout seul. » Vasiliás fixe avec intensité son ami droit dans les yeux et prend un air grave : « Je te l’ai déjà dit. Pour rien au monde nous ne devons être repérés. Notre présence et nos forces dépassent l’entendement humain. N’oublie pas ce que je t’ai enseigné, tu sais que je suis en sursis. On me cherche. Le Sanctuaire ne me laissera jamais en paix. » En disant cela, Vasiliás frémit et fait le tour de lui-même avant de grimper dans son véhicule : « Rentrons au chalet à présent… » Les deux amis regagnent le véhicule, laissant Dolly s’installer sur les genoux de Bian bien qu’elle continue à dévorer Vasiliás des yeux. Ce magnifique exemple de réussite sociale émerveille la jeune femme qui se remémore l’époque de leur rencontre…
Flashback Décembre 1976 - Arrivé au Canada en étant enfant, Vasiliás n’avait ni lieu où dormir ni argent pour se nourrir. Mal fagoté, n’ayant sur lui de valeur que sa montre-gousset, il semblait apeuré et méfiant. Petite fille, Dolly le voyait régulièrement survivre en se dissimulant dans des ruelles où il se nourrissait dans les poubelles. Alors que Bian et sa s½ur aînée, Ariel, deux orphelins, trainaient aussi les rues, Vasiliás fut interpellé par la présence de Bian qui dégageait inconsciemment une énergie intérieure que Vasiliás savait ressentir, le cosmos. Dès lors persuadé que les personnes à sa recherche l’avaient retrouvé, Vasiliás engagea un combat contre l’autochtone de deux ans son cadet. Les déclarations d’Ariel qui supplièrent Vasiliás de croire en leur innocence le ramenèrent à la raison. Bian n’était qu’un enfant avec un talent inné pour la maîtrise de la cosmo énergie comme Vasiliás l’était lui-même. Bian et sa s½ur cherchaient un refuge et s’entraidaient, tandis que Vasiliás, lui, était seul. Il choisit d’aider Bian à devenir quelqu’un de plus fort en lui enseignant ce que lui-même avait appris. Ainsi, il pourrait toujours protéger sa s½ur. En échange, Ariel dut accepter d’aider Vasiliás à reprendre contact avec sa famille en Floride dont il avait été arraché deux ans auparavant.
Les années défilèrent et Dolly s’approcha petit à petit du trio qui devint vite un quatuor. Secrètement attiré par Vasiliás, elle ne réussit qu’à accrocher le c½ur de Bian dont elle s’est finalement satisfaite. Vasiliás et Bian, eux, s’entraînaient à longueur de journée sur les rives gelées de la baie de Baffin. Pendant ce temps, Ariel partit aux Etats-Unis pour découvrir l’histoire de Vasiliás… Flashback Dolly sort de ses songes lorsque Bian vient lui baiser doucement le cou. Ils abandonnent Vasiliás durant leurs embrassades. Seul, l’élégant jeune homme ressasse le passé, deux ans avant les souvenirs de Dolly… Flashback 2 juin 1974 - Le soleil brûlait la peau d’un Vasiliás jeune garçon. Il ne comprenait pas pourquoi il devait accomplir ces exercices physiques que l’homme responsable de son rapt lui avait ordonné de réaliser. Le fameux kidnappeur était habillé de la même manière que la majorité des soldats qui veillaient dans ce domaine. Dans de vieux vêtements jaunâtres recouverts de cuirasses aux tibias et aux avant-bras, ses cheveux kaki couverts d’un casque plutôt usagé, le ravisseur était agenouillé devant un homme.
Cet inconnu observait s’exercer avec intérêt l’enfant. Il était couvert d’une protection marine et grise, à vue d’½il une armure de bronze qui recouvrait sa tenue océan et s’accordait à merveille à ses yeux azurs ainsi qu’à sa longue chevelure qui frôlait le sol. Il fut rejoint par Saga, dans le rôle du Grand Pope Shion qu’il avait usurpé quelques mois auparavant, était recouvert de sa longue robe blanche, de son magnifique collier et de son casque en or. Le Saint de bronze courba aussitôt l’échine tandis que le kidnappeur de Vasiliás s’écrasait encore plus bas que précédemment.
Malgré l’atmosphère étouffante, le représentant d’Athéna ne semblait pas souffrir de la chaleur. Le pauvre enfant, lui, sentait comme une odeur de soufre sur sa peau brûlée, tandis que ses petites mains souffraient de l’incandescence de la roche qui était prête à éclater sous la pression solaire. L’oxygène était difficilement respirable tant la poussière environnante se soulevait au fur et à mesure que la cosmo énergie du Grand Pope s’élevait. Dissimulé sous un masque violet, le Grand Pope incendiait le soldat. _ « Tu es coupable d’un crime d’une importance capitale ! Enlever un enfant de l’amour de ses parents uniquement parce qu’il est prédisposé à un cosmos important est interdit par Athéna en personne ! Seuls les orphelins peuvent être retirés du monde contemporain ! _ Pardonnez-moi majesté, répondit l’infiltré dans le monde contemporain. Je pensais qu’il était préjudiciable pour le Sanctuaire et pour Athéna de se priver d’un tel élément… » Le chevalier à l’armure marine avait un visage sournois et affichait toujours depuis son arrivée un sourire en coin. Il observait le souverain interrompre son sujet d’une voix grondante : « Silence ! S’il était vraiment destiné à la chevalerie alors il serait venu de lui-même lorsqu’il aurait été plus vieux ! » Le ton impérial du Pope retentit dans ces environs désertiques du Sud du domaine sacré. Face à tant de prestance, l’enfant qui allait sur ses huit ans en cette année 1974 cessa ses efforts et observa le maître des lieux en s’asseyant bras croisés. Le soldat glissa sa tête jusqu’aux pieds de son seigneur et dirigea ses mains vers la robe de celui-ci pour essayer de la soulever et de les lui baiser. Le Pope s’écarta instantanément et lui somma de se reprendre : « Un peu de tenue ! Ce n’est pas en implorant mon pardon que nous résoudrons ce problème. » Le malheureux suggéra alors : « Je peux très bien me rendre de nouveau à Miami où j’étais en mission. J’assurai là-bas la correspondance avec le Sanctuaire pour veiller sur le monde alentour avant qu’un autre soldat ne me relève. Je connais les Etats-Unis comme ma poche et l’état de Floride encore plus. Je peux très bien ramener cet enfant à ses parents incognito ! » Le Grand Pope réfléchit un instant tandis que le chevalier qui l’accompagnait fixait avec insistance l’enfant. Ce frêle garçonnet aux cheveux mi-longs, bouclés, châtains, coiffés d’un serre-tête noir et vêtu d’un survêtement blanc encrassé par la poussière et le sable du Sanctuaire observait avec admiration le monumental Pope au charisme imposant. Lorsque ce dernier prit une décision, il déclara fermement au Saint de bronze observateur : « Cet enfant en a déjà trop vu, n’est-ce pas Klok ? » Le chevalier au corps svelte et au regard perçant, tenant sa main gauche en appui contre sa hanche tandis que son bras droit était tendu le long de son corps, affirma : « Evidemment. Même si nous ne sommes qu’à la frontière entre le monde moderne et le Sanctuaire, juste à l’approche du village de Rodorio qui fait office de rempart au Sud de notre domaine, nous ne pouvons pas prendre le risque de laisser cet enfant retourner chez lui. Soit il entrera dans la garde athénienne en devenant soldat ou chevalier, soit il mourra. » L’annonce de son sort ne fit pas frémir l’enfant. Les bras résolument croisés, il fixait avec détermination, presque défi, le Grand Pope. Cela convainquit Saga : « Klok Saint de bronze de l’Horloge, tu es un des sergents du Sud de notre domaine. Je te charge de découvrir qu’elle est la constellation protectrice de cet enfant et d’assurer sa formation. » Le regard profond de Klok se figea dans les yeux de l’enfant pendant qu’il assurait : « A vos ordres majesté, je ferai de lui un être invincible… » Flashback
Les mains sur le volant, la victime du rapt, aujourd’hui le crâne rasé et la carrure plus imposante, est un des rares déserteurs du Sanctuaire encore en vie…
Toujours dans le monde moderne, à Athènes, en Grèce, des flashs et du brouhaha animent la colline de l’Aréopage situé à l’Ouest d’Athènes. Plus qu’un énorme monolithe de marbre gris bleu, ce lieu touristique qui domine l’agora d’Athènes accueille sur les plates-formes de son sommet des centaines de curieux venus découvrir ce qu’il reste du tribunal de la Grèce antique. Un peu partout sur les flancs et le sommet de la colline, les creux de la roche sont les seuls vestiges des bâtiments antiques. Malgré le vent frais du mois de mars, le soleil réchauffe les visiteurs qui, s’ils ne sont pas en maillot, portent de légers gilets. Cette belle journée de fin d’hiver attire beaucoup de monde hors de chez eux tout comme la richissime Ksénia, amie de Saori Kido. A l’approche de ses dix-sept printemps, elle a choisi de faire une visite en Grèce, aux frais de son riche homme d’affaires de père souvent en voyage. La météo est propice à ce que la demoiselle se découvre et dévoile ses formes gracieuses. Ses longs cheveux bruns tombent en quelques mèches dans son cou et sur sa généreuse poitrine à peine cachée par sa robe violette sans bretelle. Des petits rubans violets se mêlent derrière sa tête à ses cheveux et font ressortir le maquillage qui habille ses lèvres pulpeuses. Le petit c½ur rose, tatoué sur sa pommette gauche, s’accorde à merveille avec ses yeux topaze, enjolivés par de fins sourcils. La vénusté s’avance sur le flanc droit du site, sans se soucier des regards remplis de convoitise qui se posent sur elle. Elle stoppe sa marche lorsqu’elle distingue un groupe de touristes posé contre l’immense roche souriant au flash photographique qui vient de les saisir. La jolie Russe reste en retrait de longues minutes durant lesquelles elle s’assure qu’elle n’est plus épiée et que les environs se désertent. C’est seulement lorsque le calme et l’absence de quiconque reviennent que Ksénia s’engage à l’endroit même où l’attroupement s’appuyait. Une dernière fois, elle pivote sur elle-même s’assurant de sa solitude en ce lieu. Puis passe sa main à travers la roche pour vérifier la qualité de ce pont cosmique permettant aux êtres doués d’un cosmos plus ou moins maîtrisé de s’aventurer dans le domaine d’Arès…
Pendant ce temps, la voiture de Vasiliás roule au pas dans la petite ville canadienne d’Arviat. Ici, les enfants ne prêtent pas attention aux dangers de la circulation. Malgré le dialogue que cherche à instaurer Bian, Vasiliás est absorbé par une bataille de neige entre des enfants d’à peine dix ans qui ne se soucie guère du véhicule de sport qu’on ne croise pourtant jamais en ces lieux reculés. Il se revoit au même âge, loin d’ici…
Flashback Hiver 1974 - Il faisait très froid en Grèce, bien plus froid qu’à l’accoutumé. Même les chevaliers les plus robustes craignaient cette température et, hormis ceux en faction avec leurs gardes, ils restaient à l’intérieur de leurs chaumières où le feu d’une cheminée et les bras d’un être aimant étaient plus appréciables.
Pourtant, le survêtement blanc remplacé par de vieilles frusques de même couleur, ses bras couverts de bandelettes de papiers, ses chevilles lacérées par le cuir de ses spartiates, ses bouclettes noyées par la pluie de grêle qui venait de s’abattre, le garçonnet qu’était Vasiliás concentrait dans son poing l’étendue de son savoir acquis depuis seulement quelques mois. Au beau milieu de la place principale du village de Rodorio, désertique en cette journée glacée, il se préparait à créer la surprise auprès de son professeur. Lorsqu’il vit autour de son poignet une lueur dorée irradier, il se lança sur Klok, son mentor, protégé par sa Cloth. Ce Néerlandais d’un mètre soixante-quinze bougeait ses soixante-quatre kilos à son gré afin de déstabiliser son élève qui cherchait maintenant à le toucher à distance. Après un effort de concentration extraordinaire, l’apprenti parvint à décocher un coup proche de la vitesse du son qui frôla in extremis son professeur. Le chevalier ne tarda pas à riposter, il fonça sur son disciple. Vasiliás mit trop de temps à se ressaisir après l’effort qu’il venait de faire et se trouva sans défense au moment du face à face. Klok ne perdit pas une seconde et le frappa de tout son cosmos. Bras ouverts, à l’approche du torse de celui-ci, sa douce voix retentit : « Inversie Tijd ! » Le corps de l’enfant se tétanisa instantanément pendant que Klok passa derrière lui. Klok ralentit et, sans même se retourner vers son élève, quitta la place principale pour regagner sa chaumière en lui faisant une nouvelle fois la leçon : « Encore une fois tu n’arrives pas à mêler action et concentration. Tu es à nouveau victime de mon Inversion du Temps. Ton corps et ton organisme subissent un retour en arrière dans le temps et ne supportent pas l’évolution de ceux-ci par rapport à ce qu’ils devraient être lorsque tu n’es qu’un bambin. Heureusement, je t’ai appris à devenir suffisamment résistant pour que tu survives à cela. Lorsque tu auras recouvert toutes tes forces, tu iras chasser pour rapporter le dîner. » Soudain, les pas du chevalier stoppèrent leur marche. Sous ses pieds la roche givrée étincelait comme de l’or. De cette plaque lumineuse, mais aussi du ciel, jaillirent tout autour du Saint des plumes blanches, longues et larges telles des plumes d’ange. Le mentor comprit enfin : « Cette technique à laquelle il s’essaie depuis des semaines, les Plumes Célestes, il y est arrivé… Vasiliás a réussi… » A cet instant, l’enfant se redressa en pleurant tant la souffrance intérieure de contrer l’arcane de Klok était insoutenable. Avec une rage folle de vaincre il hurla si fort que toutes les maisons alentours à la place principale de Rodorio l’entendirent : « Byakûjin ! » Tous les villageois se mirent aux lucarnes de leurs maisonnettes et découvrirent un nuage de plumes écorcher Klok durant une fraction de secondes. C’est seulement lorsque Vasiliás retomba à genoux que les plumes se dissipèrent au gré du vent. Le souffle court, les yeux à peine ouverts, Vasiliás observait son professeur qui se tenait dans la même position que lui. Pour la première fois depuis son arrivée, son maître lui sourit…
Le soir venu, tandis que l’atmosphère s’était radoucie grâce à une pluie fine qui tombait depuis quelques heures, Vasiliás resta assis contre la façade d’une maison. Son postérieur baignait dans l’eau boueuse tandis qu’il était trempé jusqu’aux os. Le calme régnait dans Rodorio.
Ce petit bourg du Sud du Sanctuaire est le plus distant du Centre du Sanctuaire et de la ville d’Honkios. Il est si éloigné que certaines personnes disent de lui qu’il ne fait pas parti du Sanctuaire. Rodorio est le seul village frontalier dénudé de remparts après que ceux-ci furent renversés par l’armée d’Hadès il y a plus de deux-cent ans. Pour les soldats et les chevaliers les moins expérimentés, il s’agit de l’endroit le plus facile pour accéder au Sanctuaire car les conditions climatiques qu’il faut franchir sont les moins difficiles par rapports à celles qui encerclent le reste du domaine. Les monts sont moins élevés, les roches moins sablonneuses et la route plus courte vers le monde contemporain. Cependant Rodorio n’en reste pas moins un lieu inaccessible pour les humains n’ayant pas connaissance de ce qu’est la cosmo énergie.
C’était dans ce village calme, où la présence militaire n’en était pourtant pas moindre due à l’absence d’obstacles en cas d’invasion ennemie, que Vasiliás avait été conduit et dont il n’était jamais sorti. Son regard était perdu, son esprit ailleurs. Il regardait sur son bras nu, un tatouage qui lui avait été fait à l’intérieur de l’avant-bras droit à son arrivée, dans le même style que celui de son maître. Il s’agit de son année de naissance en chiffre romain inscrit en verticale, le chiffre un commençant juste en dessous du coude et le chiffre six de l’année mille-neuf-cent-soixante-six finissant juste avant le poignet. Son professeur, spécialiste des cycles temporels, avait fait faire ce tatouage pour rappeler à son disciple que de tout temps les chevaliers ont protégé cette planète et que l’année de sa naissance apportera au monde un nouveau cycle de paix. Au départ, tout cela n’était que du charabia pour ce jeune humain qui souffrait de l’absence de ceux qu’il aimait et dont il était loin. Il devait renoncer à les retrouver un jour, ne pensant qu’à son rôle de chevalier. Du moins, s’il parvenait à atteindre ce stade. Quand il réussit en quelques semaines à embraser son cosmos, Vasiliás fit briller dans le ciel une constellation sur le chemin de l’astre solaire, celle du Lion. Klok le mit immédiatement en garde contre les autres aspirants à cette armure car il s’agissait d’une des douze plus puissantes. Et les autres prétendants n’en n’étaient pas moins tendres. Oui, il lui faudrait devenir un des hommes les plus redoutés de cette planète, un Saint d’or. Cependant, Vasiliás y vit aussitôt l’espoir d’être au-delà de ce statut, il ambitionna aussitôt d’être aussi adoré et remarquable que leur maître à tous, le Grand Pope. Lorsqu’il ne s’affairait pas à déployer sa cosmo énergie, Vasiliás apprenait de Klok l’histoire de la chevalerie. Il retint plus que tout parmi les légendes et les récits contés, la fonction de Pope et le fait que seul un Saint d’or pouvait lui succéder. Cette mission revenait au chevalier doté du corps, de l’esprit et du c½ur les plus purs. Depuis qu’il l’avait vu et qu’il apprit son rôle, Vasiliás ne rêvait que d’une chose, devenir ce représentant d’Athéna pour assurer avec les pleins pouvoirs la paix et la prospérité d’une planète où aujourd’hui beaucoup d’hommes vivent dans l’inégalité. Idéaliste et utopique, il n’en était pas moins radical. Sa solitude et la découverte de son potentiel lui ont valu plus d’une fois d’être repris par ses semblables. En effet, si ses actes de violences parurent justifiés quand il s’agissait de défendre des opprimés, de se débarrasser de gardes usants de leurs droits pour considérer des villageois comme des esclaves, sa conception de la justice fut jugée trop radicale puisqu’il ne laissait aucune chance à ses adversaires. Au-delà de la radicalité, c’est le jugement qu’il administrait aux manquements moraux comme l’irrespect envers autrui, le harcèlement moral d’un garde envers un villageois, l’humiliation, qui le rendit menaçant aux yeux d’autrui. Tout manque de civisme était, aux yeux de Vasiliás, bon à être éradiqué. Il rêvait d’un monde libre fait d’amour et de paix mais d’un monde propre où il exterminerait lui-même le mal à la racine. Durant ces instants où il laissait son esprit vagabonder, lui permettant de se voir devenir ce qu’il ambitionnait, Vasiliás se voyait tel le symbole de sa constellation, un roi au c½ur de lion…
Soudain, des claquements de pas dans les larges flaques d’eau firent sortir le jeune Vasiliás de ses rêves de pouvoir. Une petite fille se couvrant la tête d’une cape rouge courait à toute allure pour se mettre à l’abri. Habillée d’une longue robe violette, cette enfant d’à peine deux ans de moins que Vasiliás passa sans lui prêter attention. Encore plus surpris de voir ce joli visage pour la première fois dans ce bourg où il connut tout le monde en à peine une semaine, Vasiliás fut étonné qu’une fille si jeune soit dehors par cette averse et à cette heure. Il se redressa aussitôt et lui courut après. Malgré ses jambes lourdes après les exercices effectués à longueur de journée, Vasiliás rattrapa l’enfant en peu de secondes. Il lui saisit le bras et le tira vers lui pour la faire pivoter et lui permettre de découvrir son magnifique visage : « Qui… Qui es-tu ? » La timide enfant ne répondit pas, elle avait le visage incliné vers le sol tandis que ses bras maigres tenaient au-dessus de sa tête la toge gorgée de pluie. De ses doigts froids et écorchés, Vasiliás souleva le menton de la belle en réitérant : « Qui es-tu ? » Elle posa enfin ses yeux vers l’inquisiteur en remontant du sol jusqu’à son torse. Sans même s’arrêter sur le visage de l’Américain, la jeune fille s’attarda sur le côté gauche du cou de Vasiliás d’où sortaient trois griffes de son maillot. Avec un accent slave fort prononcé, elle lui demanda avec beaucoup de curiosité : « Que t’est-il arrivé ? » Vasiliás comprit aussitôt qu’elle faisait allusion à son tatouage : « Ce n’est rien.... Je suis apprenti chevalier, précisa-t-il en indiquant un autre tatouage sur son avant-bras droit. Lorsque mon maître m’a pris sous son aile, il a fait tatouer sur mon bras l’année de ma naissance en m’affirmant que celle-ci marquerait par mon rôle de chevalier l’avenir du monde. Alors j’ai choisi d’en faire d’autres pour refléter également ce que je suis. » La petite fille n’avait pas détaché les yeux du tatouage de Vasiliás et n’avait même pas encore regardé à quoi ressemblait le garçon aux cheveux mi-longs et aux yeux bleus aux reflets verts. Vasiliás, lui, avait remarqué à quel point l’enfant était belle, ses fins sourcils donnaient à ses yeux topaze un regard envoûtant, ses cheveux bruns descendaient en de fines mèches sur ses épaules et étaient coiffés de deux fleurs sur le dessus de son crâne. Ce qui marqua le plus son attention c’était le petit tatouage en forme de c½ur rose juste sous le coin de l’½il gauche de la fillette. Vasiliás constata d’un ton crédule : « Toi aussi tu en as un. » Toutefois, elle restait focalisée, sur celui qui était gravé sur le cou de Vasiliás : « Que signifie-t-il alors ? » Les soldats et chevaliers qui peuplent le Sanctuaire venant des quatre coins du monde, Vasiliás avait entendu bien des accents jusqu’à aujourd’hui. Cependant, c’était la première fois qu’il découvrait l’accent slave et le charme de la petite Russe ne le laissa pas insensible. Il retira son maillot blanc décrassé par la pluie et présenta son torse athlétique qui n’était guère le même que celui des garçons de son âge. Les griffes descendaient le long du cou et passaient derrière sa clavicule pour enfin descendre dans son dos où était dessiné une couronne, vieille, fissurée, entourée de lierre et sur laquelle on pouvait lire une phrase en latin : « Post Tenebras Spero Lucem. » Vasiliás la traduisit : « Après les ténèbres j’espère la lumière. » En entendant cela, la demoiselle leva enfin les yeux vers Vasiliás. Elle laissa tomber sa cape sur le sol et se présenta en tendant la main : « Je suis Ksénia. » Vasiliás, en véritable gentleman, saisit la main de Ksénia et déposa un genou à terre avant de la baiser avec délicatesse : « Enchanté de faire ta connaissance. Je suis Vasiliás. » La petite fille, charmée, demeurait curieuse. _ « Pourquoi les ténèbres ? _ Parce que depuis tout petit je peux les entendre grâce à mon cosmos. Je peux entendre les prières des gens qui souffrent et implorent un monde meilleur. Mon maître dit que je suis doté d’un don inné, que je peux m’adapter à toutes les situations et surpasser tous mes adversaires. Il est convaincu que c’est parce que je suis né avec ce géni pour le combat que mon cosmos est devenu celui d’un messie. _ Ton destin est donc de supporter les maux de ce monde n’est-ce pas ? _ C’est pour cela que j’espère la lumière. L’éclat doré du Lion qui influe mon cosmos doit me permettre de veiller au bonheur des hommes. _ Il te faudra être plus qu’un lion, il te faudra être un roi ! » En annonçant cela, comme si elle lisait dans les pensées de Vasiliás, le vent souffla sur la cape rouge de Ksénia. Le tissu s’étendit. Plus qu’une cape, le voile parut être en réalité un étendard. Etait brodé dessus au fil noir, un lion rugissant, les pattes enroulées de ronces, des cornes d’ivoires sortant de ses coudes et de derrière ses genoux, déployant dans son dos des ailes d’anges. Il ouvrait grand sa gueule pour présenter ses crocs aiguisés, portant sur son visage la trace de combats sous la forme d’une cicatrice passant par son ½il droit. Le tonnerre retentit soudain et les battements de c½ur de Vasiliás s’accélérèrent. Il était captivé par ce dessin, ce que remarqua Ksénia. _ « Je te la laisse si tu veux. _ Et toi ? Comment vas-tu rentrer ? D’où viens-tu ? _ " Je me suis simplement perdue mais je ne désespère pas de retrouver mon chemin. » Elle commença à sautiller et à prendre la direction du Sud du village, vers une des sorties du Sanctuaire. Vasiliás l’interpella alors qu’elle était désormais bien loin : « Attend ! Te reverrais-je un jour ? » Elle revint toute souriante jusqu’à lui et lui déposa un tendre baiser sur les lèvres : « Nous nous retrouverons, bien évidemment. Un roi dispose toujours de ses sujets ! » Puis elle disparut à l’horizon, mais pas des rêves de Vasiliás qui espéra depuis la retrouver chaque jour… Flashback Soudain, des hurlements viennent aux oreilles de Vasiliás qui revient au présent. Au bout d’une ruelle enneigée, une vieille femme crie de toutes ses forces et se débat du mieux qu’elle peut. Vasiliás freine brusquement et sort de son véhicule sans dire mot à Bian et à Dolly. Il court jusqu’à l’origine de ces appels de détresse et découvre trois jeunes individus tabassant une vieille dame pour la dépouiller de son sac et de ses bijoux. Témoin d’une telle violence, Vasiliás s’emporte aussitôt, les os de ses mains craquent tellement ses doigts sont contractés, ses dents sont si resserrées que sa mâchoire lui dessine un visage plus carré, ses sourcils se froncent et son regard s’assombrit. Un premier malfaiteur, grand et mince, encagoulé, remarque l’approche de l’homme d’affaires au pas de course et alerte ses comparses : « Regardez qui voilà ! Il doit avoir plus de pognons que la vieille celui-là ! » Un de ses complices, grand, costaud et coiffé d’une casquette sort un couteau : « Il est pour moi ce toquard. Je vais lui tailler un autre costume sur mesure. » Le colosse fait office de rempart et cache la vue à Vasiliás qui arrive devant lui. A hauteur de la taille du voyou, Vasiliás lève la tête au ciel pour fixer droit dans les yeux l’inconscient. Le regard de l’Américain est si dur que le géant ne peut se retenir d’avaler sa salive, un malaise le prend d’un coup. Derrière lui, ses deux amis s’impatientent. Le dernier des voleurs plus petit que les deux autres, encapuchonné dans son épais blouson polaire, sort une arme à feu : « Il faut toujours que ce soit moi qui fasse le sale boulot ! »
Devant la ruelle, Bian arrive enfin et découvre son camarade en tête à tête avec la racaille. Connaissant celui qui l’a aidé à accroître son cosmos, il le supplie d’atténuer immédiatement sa rage : « Vasiliás ! Non ! »
Trop tard, la tête du robuste voleur, premier obstacle, vole en lambeaux qui éclaboussent ses comparses. Vasiliás, auteur d’un bond prodigieux pour atteindre son ennemi, se réceptionne sans difficultés sur ses deux jambes et évite avec facilités les éclaboussures d’hémoglobine. A cet instant, retentirent, une dizaine de coups de feu venant du revolver du troisième malfrat. D’un mouvement rapide de la main gauche, Vasiliás récupère chacune des balles qui lui étaient destinées. Il les compresse dans sa main de manière à former une balle de métal aussi grosse qu’une balle de golf qu’il lance à une vitesse encore plus véloce que celle du son sur le l’autre larron. Ce dernier se retrouve, sans avoir eu le temps de le voir arriver, avec un trou au beau milieu du visage à la place même de là où se trouve son nez. Son corps sans vie s’écroule aussitôt tandis que le propriétaire de l’arme pointe encore Vasiliás en tremblant. Il vide son chargeur sur le visage de Vasiliás à mesure que celui-ci approche. Le nez, les yeux, le crâne… toutes les balles ricochent comme si le corps du héros était composé d’un alliage indestructible. _ « Que… Comment… Je… Je suis désolé… Je vous en prie… Je… Ah… » Vasiliás pose sa main sur le visage du criminel et serre ses doigts de plus en plus fort. La douleur est si atroce que le gangster s’accroupit tandis que sa chair éclate et ses os se rompent. Le râle s’achève enfin lorsque Vasiliás ressert totalement son poing et que la face, de dessous le nez jusqu’au menton du malheureux, éclate en morceaux. Après un tel acte de barbarie, Vasiliás tourne les yeux en direction de la personne âgée qui a perdu conscience après le mauvais traitement reçu. Son corps, affaibli par la force du temps, a été roué de coups. Vasiliás porte dans ses bras les cent huit kilos de la victime sans le moindre mal et tourne la tête en direction de Bian : « Prends la voiture et rejoins-moi à la clinique ! » D’un bond prodigieux, Vasiliás atteint le toit d’un immeuble situé à proximité et disparaît presque aussitôt après s’être déplacé à une vitesse hors du commun, laissant Bian souffler de dépit. Le Canadien tourne les talons pour regagner le véhicule et Dolly avant que d’autres témoins ne remarquent le carnage dont est responsable son ami.
Pendant ce temps, en Grèce, à l’Ouest d’Athènes, sous l’Aréopage, Ksénia a traversé le monolithe. La riche héritière et amie de Saori débouche sur un hall taillé dans la roche. Le plafond est maintenu par d’immenses colonnes doriques, créées à partir du marbre qui composait dans le passé le tribunal où Arès fut jugé et acquitté par les dieux du meurtre d'Halirhotios, fils de Poséidon, qui avait violé sa fille à cet endroit. Ce vestibule est éclairé par la lueur des torches qui l’entourent et qui se reflètent sur le marbre propre et brillant. Les talons des escarpins noirs de Ksénia résonnent dans cet espace vide et propre à outrance. Pas une marque de pas, pas une trace de main sur une colonne, l’hygiène est scrupuleusement présente. Ksénia fait le tour de la pièce en étudiant avec un ½il expert les piliers froids sur lesquels ses doigts délicats glissent. Enfin, elle approche au milieu de la pièce où un escalier de pierre, mélange de roche et de calcaire, conduit vers un sous-sol insondable tant l’obscurité envahit cette descente dans les profondeurs terrestres. Pourtant, la demoiselle de bonne famille n’hésite pas un seul instant et s’y engouffre, descendant les marches d’un mouvement captivant, se laissant absorber par l’obscurité de cette incursion…
Lorsque revient enfin la lumière, après des mètres d’abysse absolu, une chaleur lourde et suffocante pèse tout à coup sur elle. L’intrigante beauté débouche à nouveau sur une plateforme ressemblant au hall ovale par lequel elle est arrivée. Cette fois-ci, face à la descente d’escalier, deux lignes enflammées dessinent un passage de chaque côté d’un tapis rouge. Ksénia affiche avec élégance un sourire sur son visage harmonieux. Et, malgré les températures insupportables qui continuent de croitre, d’un mouvement de bras, faisant le tour de sa tête, elle fait apparaître une longue cape blanche qui l’encapuchonne et ombrage son visage. Désormais, elle emprunte le chemin de feu qui débouche sur une grotte caverneuse étroite, aux stalactites fort basses. La voie s’achève sous une voûte en arc de cercle. A cet endroit, Ksénia atteint le centre de la Terre. En effet, au fond d’un précipice, sur un îlot entouré par une route de lave, se dresse un immense temple aux hauts murs lisses. Autour du bâtiment d’une superficie incalculable, sur le peu de terre restant entre la lave et les cloisons de ce sanctuaire, des dizaines d’hommes aux cuirasses rouges portées au-dessus de leurs vêtements orangés rapportent des tonneaux d’eau fraîche. Le liquide s’écoule tel un ruisseau depuis les nappes phréatiques, en dessous desquelles ils se trouvent, et vient mourir dans la lave rutilante. Ksénia prononce alors d’un air enjoué avec son accent slave : « L’Aréopage, ce qu’il reste du domaine d’Arès le Dieu de la Guerre. » Elle réalise un bond prodigieux que personne ne lui aurait soupçonné jusqu’à présent et atterrit devant la bâtisse ressemblant à un cône dont la pointe vient s’encastrer dans le faux plafond à côté des concrétions de la grotte. Les gardes arèsiens ne prêtent guère attention à la présence de l’intruse qui ouvre grand une palissade ornée de cornes de buffles sur toute sa surface et faisant office d’entrée…
Au même moment, la nuit tombe sur Yíaros. A mesure que le navire d’Apodis entre par le canal formé au Nord Est grâce au chemin de la rivière, le Saint de l’Oiseau de Paradis est pressé d’en découdre. Le souvenir du corps inanimé de son fils baignant dans le sang de sa mère, focalise son attention. Remonté à bloc comme ses hommes, sa soif de vengeance n’a aucune idée de ce qui se trame au Centre de l’île…
Là-bas, les villageois n’arrivent pas à trouver sommeil. Depuis leurs logis où ils sont restés enfermés, ils entendent la garde hébéïenne courir sans cesse dans tous les sens. L’armée est dépassée par les évènements, l’intrusion des ennemis dans le Sud de l’île annonce des jours obscurs pour la population qui craint les représailles après les évènements catastrophiques de la Journée Sainte au Sanctuaire d’Athéna.
Pourtant, au milieu de la cité, dans le temple réservé aux femmes, le temple d’Héra, un conseil de guerre semble se dessiner. Les prêtresses soignent une demoiselle qui se tient debout dans une chambre du temple. Elles nettoient son corps sale et blessé qui se dresse nu devant elles. La queue de cheval de leur patiente est défaite et ses longs cheveux blonds lui sont peignés sous les yeux de la déesse Hébé en personne. Autour de la pièce, Juventas et d’autres prêtresses observent la scène et dévisagent plus particulièrement la jolie blonde qui baisse ses beaux yeux bleus honteux en direction du sol marbré. Subitement, les talons des escarpins rose pâle d’Hébé résonnent dans la pièce à mesure qu’elle s’avance de cette captive qu’elle guette avec pertinence. Hébé attrape une serviette pliée dans un panier amené par une servante et essuie elle-même les quelques gouttes d’eau qui roule dans le creux de la frêle poitrine de cette demoiselle confuse. La voix mélodieuse d’Hébé lui apprend d’un ton monocorde : « Le Saint de bronze de la Colombe, ton amie Naïra, est morte durant votre combat contre Baucis… » La déesse dirige sa main en direction de Baucis située dans le fond de la salle, à peine remise des blessures infligées par Philémon du Lièvre. La torride Alcide a sa Cloth fissurée de toute part et a réajusté un nouveau masque de femme chevalier sur son visage après que Philémon lui ait brisé le sien. La prisonnière tourne légèrement la tête pour distinguer l’Alcide de la Biche de Cérynie qui l’a mise hors de combat quelques heures plus tôt. Hébé poursuit : « … C’est elle qui mènera la prochaine mission dans le Nord Est de l’île. Elle tient à prendre sa revanche après qu’elle ait perdu le Sud contre les Athéniens lors de votre débarquement. » Juventas des Juments de Diomède, fidèle guerrière d’Hébé, veuve du brave Iphiclès du Lion de Némée, intervient pour s’assurer une dernière fois que la détenue ne ment pas. Elle pointe du doigt en direction du sol l’armure d’argent abîmée et retirée du corps de la captive. Le masque fissuré de Yakamoz ainsi que ses vêtements arrachés jonchent le sol et permettent à Juventas de pointer la soumission de la Saint : « Si ce que tu nous as dit est exact, s’il n’y a réellement que cinquante soldats et un Saint qui tentent de s’introduire dans le Nord Est de la cité, alors tu auras respecté ton serment auprès d’Hébé et tu seras reconnue comme servante de notre déesse, toi, celle qui a choisi de renoncer à ton rang de chevalier d’Athéna et d’entrer au service de l’amour et de la justice sous le flambeau d’Hébé, toi, Yakamoz de la Grue qui a fait v½u de fidélité envers notre déité à l’intérieur même de ce temple sacré… »
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