Messages - Kodeni

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シナラムから日本へ / Re: Topic unique Saint Seiya
« le: 2 Juillet 2011 à 0h05 »
Sur PS2, déjà dans le mode histoire on pouvait se taper des gardes entre chaque maison du zodiaque.
Donc je ne vois jusqu'à présent aucune nouveauté.

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シナラムから日本へ / Re: Topic unique Saint Seiya
« le: 1er Juillet 2011 à 18h14 »
Exactement le même jeu que celui sur PS2 avec des graphismes adaptés à la PS3 quoi.
Grosse déception pour ma part.

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Only for Love / Chapitre 19
« le: 21 Mai 2011 à 18h38 »
Chapitre 19

En direction de l’île d’Yíaros, sur la mer Egée, la nuit du 5 au 6 mars est bien fraîche.
Tout comme sur les navires où se trouvent Aldebaran et Shura, un homme vêtu d’une tunique de soldat dépose un chaudron sur le pont.
Ces cuisiniers qui vivent en permanence au Port du Destin, en Crète, profitent de cette campagne contre Hébé pour prendre des nouvelles de leur terre natale, le Sanctuaire, tout en délivrant la soupe aux soldats avec, dans l’ordre, les Saints d’or, les Saints d’argent et le clergé puis les Saints de bronze, et enfin, les soldats qui font la queue.

Sur le bateau que Yakamoz dirige avec Ptolémy, Apodis picore son morceau de pain.
A l’avant du bateau, il scrute l’horizon et s’agace : « Nous ralentissons la cadence ! A ce rythme ces chiens d’Hébéïens auront eu le temps de fuir avant notre arrivée ! »
Apodis est rageur, tout comme Babel et Shura, chacun sur un navire différent, fixant eux aussi la direction de la terre ennemie.
Aldebaran préfère rester dans les cales à jouer aux dés avec Naïra Saint de bronze de la Colombe autour d’un bon verre de vin, tandis que sur le navire de Shura, Philémon Saint de bronze du Lièvre reste en compagnie des prêtres et des prêtresses pour invoquer Athéna avec quelques soldats.

Sur le pont, assis la tête appuyée en arrière contre un mat, Apodis rumine ses désirs de vengeance.
Epuisé par ses nerfs à vifs, il tombe de sommeil en ressassant le passé…

Flashback
1972 - Turbulent et violent, Apodis, cinq ans, se précipitait chaque jours vers la rivière, après qu’un prêtre descendu à Honkios se soit occupé de l’instruction des enfants. Il aimait y retrouver son père Frontinus.
Le futur Caraïb Ghost Saint de la Méduse menait là-bas des combats de rues contre des vétérans de l’armée. Il pariait sur sa victoire afin de gagner quelques sacres, monnaie du Sanctuaire.
Apodis se faufilait parmi les spectateurs et savourait chaque victoire de son père.
Frontinus était un véritable roc, tel un boxeur, ses coups étaient de véritables missiles que ses adversaires ne pouvaient esquiver.
Le petit garçon était le premier à féliciter son père.
Néanmoins, ce dernier ne le prit jamais dans ses bras. Il ne posait même pas les yeux sur son fils qu’il ignorait par-dessus tout.
Frontinus partait dans des tavernes avec quelques femmes et des brigands pour dépenser dans le vice l’argent qu’il gagnait, tandis que Mujakis la mère du futur Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis, se ruinait la santé à travailler la terre pour ramener quelques légumes et acheter de misérables morceaux de viandes défraîchis sur le marché.

Aimante, Mujakis demandait à son fils de ne pas suivre la même voix que son père. Apodis devait se concentrer sur son intellect. Elle lui apprit à bien se tenir, à respecter autrui et à étudier les leçons prodiguées par les prêtres qui enseignaient l’écriture, la lecture, les mathématiques, les arts, sans oublier les multiples légendes qui remontaient de la création de l’univers aux jours les plus récents.
La complicité qu’il entretint avec sa mère transforma cet enfant colérique en adolescent gai et instruit…
Flashback

Apodis revient à lui, le navire ralentit de façon trop subite pour que cela soit anodin.
Il constate que les voiles sont baissées et que les marins ne rament plus en calles.
Un navigateur du vaisseau d’Aldebaran s’écrit : « Terre en vue ! »
Il s’égosille si fort que les deux autres bateaux peuvent l’ouïr.
Une expression machiavélique s’affiche sur la mine d’Apodis qui court en direction des cales prendre sa Pandora Box.
Tapis dans l’ombre, camouflé sous sa soutane grise et son masque violet, Ptolémy le surprend : « Tu as l’air bien pressé d’accomplir ta mission ! »
Apodis sert le poing d’un air rageur : « Je tiens à honorer la mission que m’a confié le Grand Pope au nom d’Athéna ! Hébé et ses soldats doivent payer pour ce qu’ils ont fait ! »
Ptolémy le calme quelque peu : « C’est bien Saint de bronze. Le Grand Pope te féliciterait pour une telle bravoure. Toutefois je te conseille de ne pas te hâter trop vite. Un plan de guerre va certainement être étudié avant que nous accostions ! »
Apodis réfléchit un instant et se ravise, il est vrai que foncer tête baissée ne sert à rien.
Yakamoz rejoint ses pairs en descendant l’escalier au bois grinçant : « Je vous cherchais tous les deux. Les navires ont jeté l’ancre. Nos hommes ont ordre de se préparer pendant que nous allons sur le bâtiment du seigneur Shura. Nous y travaillerons une stratégie d’attaque. »
Apodis observe sa Pandora Box et d’un hochement de tête il appelle son armure. Celle-ci répondant à la volonté de son propriétaire, vient à lui pour le recouvrir intégralement : « Bien ! Je suis prêt à me présenter devant nos Saints d’or. »
Il emboite le pas à ses supérieurs tandis que Ptolémy fait un signe évasif de la main : « Pars devant, je te rejoins ! »
Yakamoz s’exécute tandis que Ptolémy consigne quelques notes sur un morceau de papyrus qu’il déroule de sa soutane. Il inscrit au milieu d’autres annotations : « … le chevalier Apodis se présente désormais comme un fidèle sujet de sa majesté. Il a épousé sa cause depuis les évènements de la Journée Sainte. »


Pendant ce temps, au Sanctuaire, dans les catacombes de la maison du Cancer, ruisselle l’eau de la pluie qui s’est insinuée dans la demeure et qui s’évacue par le sous-sol.
A l’intérieur de celui-ci, Deathmask reprend connaissance après qu’il se soit évanoui à la suite des blessures infligées par ¼dipe et surtout Hébé, alors qu’il apportait son repas à Lilith.
Il revient à lui dans sa cellule.
A sa grande surprise, en ouvrant les yeux, il remarque qu’elle lui caresse le front avec de l’eau. Il a été allongé sur le dos et sa tête est soutenue par un linge qu’elle a arraché sur un cadavre en décomposition.
Le bol dans lequel il lui avait apporté son bouillon a été vidé et c’est à l’intérieur de celui-ci que Lilith est allé chercher l’eau avec laquelle elle le rafraichit.
Il se redresse subitement en se cramponnant le torse de douleur.
Surprise, la malheureuse détenue se laisse tomber en arrière, couchant son corps nu sur la terre humide et couverte d’insectes.
Deathmask la fustige avec dédain en lui crachant au visage.

Pourtant, lorsqu’il emprunte le chemin de la sortie, il remarque que la porte de la geôle est restée grande ouverte. Il murmure alors : « Je suis resté inconscient un long moment… Tu aurais pu sortir, tu aurais pu hurler demander de l’aide. Pourquoi rester là ? »
Sans même se redresser, la prisonnière qui souffre d’un rhume depuis le mois et demi qu’elle est prisonnière dans cette cave humide, infestée de moisissures, de cadavres et de rats, prononce pour la première fois ces quelques mots. Le son vient difficilement, sa voix est enrouée : « J’ai déjà essayé de me sauver lorsque vous m’avez enfermé ici. Un trou de plusieurs mètres de haut est le seul accès à l’étage. Je ne peux réaliser un bond que seul un chevalier est capable de faire. »
Deathmask sourit sadiquement face à tant de franchise. Une autre question le taraude néanmoins : « Tu as lutté contre ma fièvre. Je ne comprends pas ? »
Bien que son visage soit cerné et creusé par la maladie et la faim, elle affiche un sourire timide qui illumine l’espace d’un instant ce lieu de désolation : « Sinon je n’aurai plus à manger, ni à boire et rien à lire non plus… »
Elle est prise d’une violente quinte de toux qui la fait se replier sur elle-même tant la douleur est insupportable.
Deathmask comprend que la prêtresse violée par Saga aime découvrir le passé évoqué par l’Italien dans son recueil. Avant de refermer la porte de la prison, il déclare d’un air presque chaleureux : « Ta maladie ne s’arrangera pas avec le froid et le manque de nourriture. Je t’apporterai des vêtements lors de ton repas de ce soir. A partir de maintenant tu auras droit à trois repas par jour. »
Il quitte la lugubre demeure de Lilith en refermant la lourde porte faite d’une grille de métal sur laquelle ont été coulées plusieurs dizaines de centimètres d’épaisseur de béton, laissant ainsi la captive seule, avec pour unique lumière la faible flamme de sa bougie.


Plus haut, dans le palais du Pope, Saga marche seul, calmement.
En maître des lieux, il observe l’architecture de cet immense édifice et l’usure que le temps a eu sur lui. Des plafonds à la roche fissurée, des colonnes effritées et des dalles manquantes à certains endroits.
Il avance paisiblement vers les arrière-salles où se situent les appartements d’Athéna.

Pour joindre ces pièces, il se dirige en direction de sa salle d’audience où un long tapis rouge relie le chemin à son trône.
C’est derrière son fauteuil où sont tirés de grands rideaux couvrants le mur de la salle qu’il approche : « Depuis douze ans, personne n’est venue ici grâce à ma volonté. Sur un soi-disant désir d’Athéna, je garde ces lieux clos… »
Il écarte les immenses voilages qui dissimulent une voute en berceau dans laquelle il s’engouffre pendant qu’il achève sa phrase : « … ces lieux où le silence est d’or et le secret bien gardé ! »
Il débouche sur une salle immense où un lit en banc de pierre se trouve en haut de trois marches en fond de salle. Sur les côtés de cette pièce, au plafond maintenu par des colonnes doriques, débouchent plusieurs couloirs que Saga emprunte.
En chemin, l’usurpateur défait son casque orné en son sommet par un serpent ainsi que son masque violet aux yeux rouge. Ses cheveux perdent leur teinte grisâtre à mesure qu’il suit le chemin des torches.
L’allée l’amène dehors. Elle continue sous la forme d’un pont en pierre suspendu.
A son bout, une tour est maintenue au-dessus du vide au beau milieu des montagnes qui encerclent les douze maisons.
Saga a retrouvé son physique originel. Il soupire un instant avant d’ouvrir la porte de cette pièce arrondie.
A l’intérieur, le vent s’engouffre violemment par un trou fait dans le mur. Au milieu de la pièce un berceau vide est le seul meuble qu’on peut trouver dans ce lieu lugubre.
Les torches ne brûlent plus ici mais la lueur de la lune illumine suffisamment la pièce pour que le Saint d’or des Gémeaux reconnaisse sur les dalles de ciments de vieilles taches de sang imprégnées. Il s’accroupit et les frotte avec émotion en murmurant : « Aiolos… Mon ami… »

Flashback
Mai 1973 - Le matin déployait ses ailes tout en douceur, trouvant son chemin parmi les trouées ajourant les murs de la troisième maison du zodiaque, réveillant doucement le propriétaire de sa nuit tourmentée.
Dans la chambre située dans un recoin du temple des Gémeaux, le jeune homme remua faiblement sous les draps, se détournant du rayon lumineux qui lui rappelait avec une certaine insolence qu’une nouvelle journée venait de commencer. Il se recouvrit le corps tout entier de son drap, cherchant à fuir l’astre solaire et ses obligations journalières, l’espace d’un moment encore. Les jambes ramenées contre son torse dans une position f½tale, il tenta de se rendormir mais la douce mélopée matinale des oiseaux l’en empêcha. Les yeux fermés, il écoutait les chants s’élever crescendo dans l’air ce qui le fit sourire et finit de le convaincre de quitter son lit malgré son envie d’y rester terré.
Pendant ce temps, une ombre se faufilait dans les couloirs du temple, guillerette et enjouée, se dirigeant droit vers la chambre où elle était sûre de rencontrer le propriétaire, persuadée de le trouver encore profondément endormi écrasé par la chaleur intense qui régnait à l’extérieur, le mois de mai étant très chaud pour la saison. Elle tenait entre ses mains un plat rempli de pommes d’un rouge éclatant, belles et rondes, généreuses à croquer. Un petit déjeuner de choix qu’elle souhaitait partager avec le loir tapi sous sa literie qui ressentait depuis le début sa présence en son domaine.
La silhouette arriva près de la porte en bois délimitant le domaine privé du Saint des Gémeaux et s’y fixa le temps de prendre une profonde aspiration pour puiser un peu de courage afin de braver le sacré de l’endroit. En plusieurs petites inspirations, elle se calma et se prit à sourire en armant son geste pour ouvrir sans frapper la porte lui faisant face.
Elle s’empara du loquet qu’elle tira pour se pencher joyeusement et présenter un beau sourire lumineux et mutin. Quelle ne fut sa surprise lorsqu’elle vit que le jeune homme qu’elle était venue visiter à l’improviste était prêt à se lever, assis sur le bord du lit, les cuisses recouvertes du drap blanc sous lequel il s’était tantôt caché. Son corps athlétique était généreusement offert à la vue de son visiteur qui sentit monter une pointe de honte lui empourprer les joues, l’embarrassant sur le moment. Le jeune homme ne dit mot, massant sa nuque moite sans adresser de regard vers la porte restée figée dans le temps où se cachait le jeune homme maintenant pris au dépourvu.
Les longs cheveux bleus du Saint tombèrent sur son torse, caressant ses épaules. Amorphe, Saga finit par abandonner son lit pour apparaître entièrement dénudé au regard de son ami, non surpris par sa nudité.
Alors qu’il s’étirait, il demanda : « Tu comptes rester à la porte toute la journée ou te décideras-tu à entrer Aiolos ? »
Avec diligence, Aiolos repoussa la porte, déposa le plateau sur le bureau estampillé par le symbole des Gémeaux et mordit à pleine dent la chair juteuse et sucrée d’une de ses pommes.
Le Sagittaire observait Saga. Un corps doré, joliment dessiné par des années passées à s’entrainer au grand air sous le chaud soleil de Grèce, portant les stigmates de nombreux combats formant de fines lignes blanches sur sa peau.
_ « Qu’es-tu venu faire si loin de ta demeure ? »
Aiolos se racla la gorge, sa dernière bouchée dans le fruit l’ayant un peu étranglé, trop obnubilé par la scène érotique qu’il avait saisie au vol : « Ai-je réellement besoin d’une raison pour visiter un ami ? »
Le frère ainé d’Aiolia vint se saisir d’une pomme qu’il lui lança de la table. Le geste vif de Saga enchanta le Saint du Sagittaire qui sourit jusqu’aux oreilles, satisfait de le voir parfaitement tiré de son sommeil. Il lui avoua alors l’objet de sa présence.
_ « Voilà la raison de ma visite… Un petit-déjeuner frugal ! Tu m’en veux ?
_ Je ne m’attendais pas à ça de toi, c’est tout.
_ Tu finirais presque par me vexer, tu sais ?
_ Pourquoi il t’en faudrait si peu pour que cela soit effectif ? »

Tous deux étaient des Saints très respectés, enviés par leurs autres camarades de la chevalerie, suivis de près par Shion et désirés par la quasi-totalité des c½urs libres du Sanctuaire.
D’un fort caractère, chacun espérait surpasser l’autre et s’approprier toute la notoriété. Cela avait fait naître chez eux une rivalité qui au-delà de la compétition, avait altéré beaucoup leur amitié.
C’est pour cette raison qu’Aiolos avait profité que Saga soit rentré de mission pour lui apporter ce plateau de fruits. Il espérait renouer des liens amicaux en s’accordant un peu d’intimité tous les deux.

Les jeunes gens se mirent à rire ensemble, non pour les mots échangés mais pour le silence qui s’en suivit, un silence qui fit naître un étrange sentiment entre les pairs.
Aiolos se décida à quitter sa place près de la table et se dirigea le c½ur battant vers son allié. Ses pas résonnèrent intensément dans son crâne, une fièvre nouvelle se mit à envahir son corps tout entier.
Une demi-dizaine de pas le séparait de Saga qui mangeait sa pomme. Aiolos vint si près de lui que cela le rendit perplexe et étrangement cela le fit rougir. Sa gorge devint douloureuse, ses lèvres s’asséchèrent soudainement lorsque la main du Sagittaire se posa sur sa joue et qu’il se mit à la lui caresser avec une infinie douceur.
Fort de cette audace nouvelle Aiolos posa sa seconde main sur le visage déconfit du beau jeune homme qui lui adressa un regard intrigué, impuissant, presque docile. Les mains bien agrippées à son visage, il le souleva avec délicatesse pour pouvoir apercevoir l’éclat de son regard anxieux.
Saga ouvrit un peu plus les lèvres et prit soudainement conscience qu’il s’apprêtait à être délesté d’un baiser de la part de cet homme qu’il appréciait depuis toujours. Les yeux grands ouverts, la gorge serrée et saisi de tremblements, il vit le visage d’Aiolos se rapprocher de lui. Le c½ur battant jusqu’à se rompre dans sa poitrine douloureuse, Saga attendit l’inéluctable. Sagement assis sur son lit, bien que transit à l’idée que ce mouvement s’arrêta sans qu’il ne fût terminé, dans un geste de lucidité, il s’empara de son fruit et le plaça dans la bouche de son camarade. Il se dégagea rapidement en hurlant : « Ça ne va pas ! Qu’est-ce qui t’as pris enfin de vouloir faire ça ? »
Saga se montra fort dépourvu et hors d’haleine, son regard fulminait de rage à l’encontre de cet ami tombé à genoux près du lit.
Aiolos, du dos de la main, s’essuya les lèvres puis, mesurant son geste indécent, il regarda obstinément le sol en cherchant à éviter toute confrontation avec le maître des lieux resté au loin à l’abri de ces facéties impudiques.
_ « Je l’ignore, murmura Aiolos… Je t’assure que je ne sais pas ce qui m’a pris mais soudainement j’ai voulu te prendre un baiser. Je suis désolé.
_ Tu peux l’être effectivement ! »
Les regards s’enfuirent, les attitudes devinrent frigides, un froid s’était créé entre les deux jeunes gens tous deux désireux d’aventures sentimentales mais qui ignoraient encore que les sentiments étaient de nature difficile d’appréhension. Les c½urs affolaient par cet événement, ils gardèrent leur distance, restant obstinément figés à leur place, toujours fuyant la réalité de leur sensualité naissante.

De longues minutes s’écoulèrent sans qu’il ne se passa rien entre eux jusqu’à ce que las de cette histoire, Saga abandonna le terrain. Rentré durant la nuit de sa mission, il devait rendre compte au Grand Pope.
Cette fuite de sa part agaça Aiolos qui se releva pour le poursuivre dans les couloirs de la maison des Gémeaux, le rattrapant en quelques enjambées pressées.
Le geste vif, il s’empara du poignet de Saga, toujours fâché, et le fit se détourner de sa route pour qu’il pivote vers lui. D’un mouvement franc et parfaitement contrôlé, il finit par accomplir son désir de lui prendre de force un baiser.
Surpris par le mouvement, Saga se laissa capturer par Aiolos et se retrouva entre ses bras. Les doigts du Sagittaire enserrant son poignet, il était capturé dans une étreinte charnelle et ne fit plus un mouvement lorsqu’il sentit sur ses lèvres le baiser brûlant du fier guerrier. Le souffle d’Aiolos lui investit la gorge, ce qui le rendit fiévreux.
Leur échange les embrasa tous deux jusqu’à ce que le charme soit rompu de lui-même, les chevaliers reprenant le contrôle de leurs pulsions en se rendant compte que l’endroit n’était pas approprié pour se livrer à de telles explorations.
Le souffle court, hors d’haleine et tout en sueur, Saga fit quelques pas pour échapper aux caresses d’Aiolos. En le fixant dans les yeux, cette fois-ci avec amitié, Saga quitta enfin sa demeure pour trouver Shion…
Flashback

Saga revient à lui, il revit l’espace d’un instant la réaction qu’eut Aiolos lorsque quelques mois plus tard il découvrit la tentative d’assassinat d’Athéna.
Les larmes lui viennent et son poing se crispe tandis qu’il balbutie : « Kanon… Tout ça… C’est ta faute… C’est toi qui as fait germer la graine du mal qu’il y avait en moi… »

Flashback
Mai 1973 - Quelques heures après que Saga ait rencontré le Grand Pope, au Nord du Sanctuaire, dans une petite forêt à proximité d’un corps de ferme, un jeune homme aux cheveux longs et bleus, vêtus d’un haut azur, remonte son pantalon et enroule les lanières de ses spartiates autour des chevilles.
Sous les yeux des deux b½ufs qui tiraient une charrette remplie de foin, une paysanne réajuste sa coiffe et sa robe en observant son amant d’un ½il concupiscant.

Au loin, dans un bâtiment, un bouvier constata que le char était arrêté.
La paysanne déclara : « Mon père doit s’impatienter, je ferai mieux d’y aller. A bientôt chevalier des Gémeaux. »
Le bel homme la regarda prendre sa route avant d’attraper un fou-rire qui devint machiavélique.
Une fois qu’il eut repris son souffle, il avoua en riant : « Ah, ah, ah… Comme c’est bon de se faire passer pour toi mon frère ! Ah… »
Son rire fit froid dans le dos de Saga, dissimulé depuis le début dans l’ombre.
Il répondit sèchement : « Maintenant que tu t’es bien amusé, nous rentrons nous entraîner ! »
Kanon refusa l’invitation.
_ « Ça fait plus d’un an que nous sommes arrivés d’Yíaros et que je te prouve quelle est l’étendue de ma force. Je ne supporte plus le fait de me cacher dans cette petite cabane à l’Est du domaine. Quand vais-je pouvoir vivre sous mon vrai nom et non sous le tien ? Personne au Sanctuaire ne sait que nous sommes jumeaux ! Pourquoi ?
_ Tu es trop dangereux ! Tes rêves de puissance risquent de tout faire échouer ! Athéna va bientôt venir au monde et ce jour-là le Grand Pope me choisira comme successeur. Mais s’il découvre qu’un être tel que toi est mon jumeau, alors il pensera que je suis capable des mêmes desseins démoniaques que toi ! »
Kanon suspecta d’un ½il complice son frère.
_ « N’est-ce-pas déjà le cas ? Nous sommes pareils après tout, toi aussi tu rêves de pouvoir !
_ Je souhaite devenir le plus haut dignitaire du Sanctuaire pour servir ma déesse ! Toi tu as soif de conquête, tu es fasciné par le mal ! »
Kanon se tût, un long silence apaisa la tension…

Les deux frères repartirent discrètement dans un logis abandonné dans un coin reculé à l’Est du domaine.
Saga y descendait lorsqu’il revenait de sa mission fixée par le Grand Pope.
En effet, Shion et Arlès avaient chargé Saga de veiller sur le Cap Sounion. Ce lieu situé en bord de mer, peu éloigné du Sanctuaire, est un point de passage en Méditerranée vers le Sanctuaire sous-marin de Poséidon. Le retour sur terre d’Athéna annonçant le retour d’autres dieux, l’empereur des mers était de ceux à surveiller.
Lorsqu’il rentrait, Saga s’assurait que son frère vivait toujours dans le secret.
Kanon n’a jamais caché ses projets diaboliques. Le Saint des Gémeaux l’avait ramené d’Yíaros pour s’assurer qu’il ne fasse rien de tragique là-bas. En le gardant près de lui, il espérait faire de lui son successeur au cas où il lui arriverait quelque chose.
Hélas, Kanon devenait de plus en plus imprévisible et Saga commençait à rêver d’un pouvoir plus grand que celui dont Shion disposait déjà…
Flashback

Saga se redresse subitement.
Il sort de ses souvenirs et fixe le berceau vide à la couche épaisse et molle toujours transpercée par la dague que Cronos lui confia.
Rien n’a bougé depuis douze ans, hormis la dague rangée sous son trône.
Personne n’est revenu dans ces lieux hormis les fantômes qui hantent l’esprit tourmenté des Gémeaux. Saga s’interroge : « Athéna… Où es-tu ? Mes hommes sillonnent le monde à la recherche de l’armure d’or du Sagittaire. Tu ne dois pas en être bien loin… »


Justement, au Japon, dans un immense stade couvert qui domine Tokyo, les médias et les journalistes de tous les pays, comme les simples spectateurs, se réunissent.
Ils affluent dans l’unique but de célébrer la fin de la construction de cette version moderne du Colisée romain.
Ce dôme de pierre s’élève sur plus de quarante-trois mètres de haut. Doté d’une technologie de pointe incroyable, il dispose d’un toit ouvrant et de cent-mille places assises.
Des écrans géants sont installés tout autour du stade, tandis qu’à l’intérieur, lorsque le dôme se referme, le ciel devient étoilé.
Un ring est dressé au centre des tribunes avec, au-dessus, quatre panneaux lumineux qui, collés l’un à l’autre, forment un cube et affichent en continu le message suivant : « Bienvenue au grand Coliseum ! »
Dans les tribunes, au-dessus du débouché des vestiaires, protégée par un léger vitrage, se trouve la loge d’honneur.
Derrière les gradins, dans les couloirs, de nombreux stands d’animations sont encore fermés pour le moment.
Près des vestiaires, de nombreuses salles de réunion, de relaxation ou de repas sont encore closes.
Une seule, celle de conférence, est animée par M. Tokumaru Tatsumi, homme de main du défunt Mitsumasa Kido.

Devant une horde de journaliste, le sportif amateur de kendo se tient debout en appui sur une table à côté d’une demoiselle qui n’a pas encore ses douze ans, la propriétaire de ce complexe, Mademoiselle Saori Kido.
Tatsumi répond à chaque question posée par les critiques mais reste mystérieux sur le réel intérêt du colisée : « Aujourd’hui nous inaugurons le Coliseum qui s’est achevé quelques mois en avance sur nos prévisions. Nous tenons à féliciter notre service du bâtiment qui a fait un travail époustouflant. Mon maître, Mitsumasa Kido, était passionné pour les arts de combat. C’est pour respecter sa mémoire que nous avons achevé ce projet ambitieux qu’il chérissait tant. Dans quelques mois, de nombreux combats mémorables se dérouleront ici sous vos yeux. La Fondation Graad forme actuellement des hommes qui s’approprient des techniques légendaires. Bien entendu, vous serez convié le moment voulu à en savoir plus sur ces êtres surhumains qui viendront faire devant vous l’étalage de leur toute puissance. »

Divinement belle, Saori Kido, jeune demoiselle promise à un bel avenir dans le monde des affaires, se redresse de son siège.
Tous les appareils photos se braquent sur elle, tout comme l’attention de chaque interviewer qui observe l’étalage de sa beauté.
Ornée de bijoux, dans sa longue robe blanche, la fière héritière au regard ferme succède à son majordome.
Aussitôt, Tatsumi effectue une révérence et recule de quelques pas pour lui laisser place.
Dans la pièce, une dame en tailleur noir et en chemisier blanc entre dans la salle.
Saori tend le bras, paume de main ouverte, en direction de la femme : « Ce sera tout pour aujourd’hui messieurs. Notre hôtesse va se charger de vous faire visiter le reste du complexe. »
Tous les médias suivent avec plaisirs l’employée de la Fondation Graad alors que Saori regarde Tatsumi : « Descendons ! »
Tatsumi s’incline et suit Saori Kido.

Ensemble, ils descendent par ascenseur dans les sous-sols du colisée et finissent leur course dans la blanchisserie.
Au fond de celle-ci, dans une arrière-salle où sont entreposés des restes de matériaux de constructions, des objets défectueux et des archives, contre un mur, descend une épaisse couverture poussiéreuse que Tatsumi écarte du bras en prenant soin de ne pas tâcher son costume.
Derrière le tissu, se dresse une porte en métal sans poignets.
Seul un digicode aux touches alphanumériques autorise l’accès.
Le valet exécute le mot de passe les yeux fermés laissant le blindage s’entrouvrir lentement. Une lumière blanche, aveuglante, s’échappe de la cavité.
C’est une fois leurs yeux habitués à cet éclat vif qu’ils s’engouffrent de trois pas et stoppent leur avancé.
Devant eux, se dresse un champ de rayons lasers en perpétuel mouvement.
Ils attendent que la porte blindée se referme derrière eux pour frapper sur un nouveau digicode mural la combinaison qui fera cesser le danger.
Leurs pas résonnent sur le sol de verre illuminé au-dessous par des éclairages éblouissants.
Ils peuvent admirer leurs reflets dans les miroirs aux murs et au plafond.
Le couloir, long d’une dizaine de mètre, débouche sur un nouvel ascenseur là encore codifié.
La tête pensante de la Fondation Graad et son adjoint ressortent de l’appareil à des mètres en dessous du Coliseum.

Ils se retrouvent sur une plateforme composée de nombreux bureaux encore en construction.
Saori fait le tour d’elle-même et affiche une mine contrariée.
Elle s’avance dans la pièce principale dont la porte est déjà ouverte. Celle-ci desserre sur un plateau qui surplombe des écrans géants qui n’affichent pour le moment que des données informatiques incompréhensibles.
En bas de ce plateau, le sol n’est que partiellement carrelé. Il est pour le moment jonché de câbles. C’est au milieu de ce désordre, qu’un homme s’affaire à tirer un cordon électronique en hurlant à un autre : « Donne-moi plus de mou… Encore… ».
C’est seulement lorsque Tatsumi racle sa gorge qu’il constate l’arrivée de la demoiselle : « Qu’… Ah… Hum, hum… Mademoiselle Kido… »
Il baisse la tête en guise de politesse contrairement à Saori qui ignore le travail de ses ouvriers en marchant au beau milieu du chantier : « Le Coliseum est inauguré à l’heure actuelle. Il est en avance sur nos prévisions. Néanmoins je constate que notre QG perd énormément de temps. »
Le technicien bafouille : « Je sais bien mademoiselle Kido, veuillez-nous excuser pour ce retard. Le recrutement d’agents spéciaux, d’espions et d’informaticiens, a été ma priorité. Il nous fallait des hommes de confiance pour ce travail. Les trouver n’a pas été une partie de plaisir… »
Il pointe la scène qui domine la pièce principale et plus précisément l’espace bureautique situé en son centre : « … D’ailleurs vous trouverez leurs dossiers dans votre bureau. Nous avons recruté de véritables mercenaires, des gens d’expériences qui ont déjà travaillés pour les gouvernements où d’autres organisations et… »
Saori le coupe sèchement : « Dans la résidence de mon défunt grand-père, le grand Mitsumasa Kido, je dispose déjà de ce genre d’éléments pour mes renseignements généraux. Si je vous ai confié cette mission c’est parce que j’ai besoin de services secrets efficaces. Comment juger l’efficacité d’un élément qui prend déjà du retard ? »
Le chef du département militaire des Kido est désemparé : « Je comprends Mademoiselle, sachez que maintenant… »
Tokumaru Tatsumi surenchérit : « Enfin, un peu d’honnêteté tout de même. Nous disposons de pétroliers à la pointe de la technologie, nous créons nous-mêmes nos énergies, nos matières premières, nous venons d’achever ce complexe ainsi que la construction d’un grand hôpital pour notre Fondation Graad ! Et là nous exploitons nos propres ressources dans un siège qui manque d’innovations et d’hommes de caractère ! Nous attendons beaucoup de ce quartier général ! "
Cet homme d’expérience est totalement secoué par de tels propos : « Je vous assure que tout va rentrer très vite dans l’ordre Mademoiselle Kido. Nous serons à l’heure sur les plans que nous avons convenus. »
Saori, furieuse, quitte son repère sans même dire au revoir, suivie de Tatsumi qui est un petit peu à la traîne…

Une fois tous les niveaux traversés, elle sort du Coliseum où sa limousine l’attend dehors.
Au pas de course Tatsumi vient lui ouvrir la porte et la laisse s’assoir sur le cuir de la luxueuse voiture.
A l’intérieur, une télévision déjà allumée diffuse un reportage sur l’inauguration de la nouvelle création de la Fondation Graad.
Entre les deux banquettes et l’écran incrusté à la paroi du véhicule, un plateau avec un seau contenant une bouteille de champagne à moitié vidée est posée en compagnie de quelques verres sur la table fixée à la moquette du sol.
Saori dépose alors un regard amical sur une jeune fille de cinq ans son ainée qui est assise les jambes croisées sur la banquette d’en face tenant une coupe presque vide à la main.
Ses longs cheveux bruns tombent en quelques mèches sur sa généreuse poitrine à peine cachée par sa robe violette sans bretelles. Des petits rubans violets se mêlent derrière sa tête à ses cheveux et font ressortir le maquillage qui habille ses lèvres pulpeuses. Le petit c½ur rose tatoué sur sa pommette gauche s’accorde à merveille avec ses yeux topaze enjolivés par de fins sourcils.
Saori lui attrape ses douces mains aux doigts fins et aux ongles vernis : « Dis-moi ma chère Ksénia, comment étais-je à la télévision ? »
Ksénia répond avec un accent slave prononcé : « Sublime ! Presque aussi sublime que la réalité. »
Pour la remercier, la petite-fille de Mitsumasa Kido lui baise la joue.
Par la porte d’à-côté, Tatsumi entre enfin. Saori l’informe : « Tatsumi, nous allons ramener Ksénia à son hôtel. Elle doit être épuisée de m’avoir attendu ainsi toute l’après-midi. »
Tatsumi décroche alors le téléphone qui le lie au conducteur qui est caché derrière une vitre pare-balle teintée afin de l’informer de leur destination.

Ksénia est une jeune Russe dont le père a fait des affaires sur le sol japonais. Souvent parti en voyage d’affaires, il a accepté de louer un étage entier à l’année d’un luxueux hôtel de Tokyo pour sa fille qui est tombée amoureuse de cette ville.
Il faut dire qu’elle s’y est rapidement faite une amie en la personne de Saori Kido qu’elle a rencontré quatre ans auparavant lorsque son père et Mitsumasa Kido faisaient des affaires ensemble. Les deux demoiselles, bien que jeunes à l’époque, se sont découverts des intérêts communs comme le shopping, les bijoux, les concerts de musique classique, la danse…
Depuis, elles essaient de se voir au moins une fois par jour lorsque l’agenda de Saori le lui permet…


A nouveau au Sanctuaire, dans la quatrième maison du zodiaque, Deathmask achève de reprendre des forces.
C’est la panse bien remplie qu’il se lève de table à l’intérieur de sa chambrette.
Une seconde assiette est disposée en face de lui et est protégée par le couvercle d’un plat pour conserver la chaleur. Il la dépose sur un plateau en compagnie d’un couteau et d’une fourchette qu’il vient de laver dans sa bassine d’eau ramenée d’Honkios. Il l’accompagne d’un pichet d’eau, d’un verre, d’une bougie et de quelques pages de ses mémoires.
Dans sa large robe qui cache les blessures infligées par Hébé, il ouvre l’armoire en bois massif qui a traversée les âges depuis la création du quatrième palais zodiacal et en sort une couverture ainsi qu’un de ses deux pantalons craqués et un de ses trois maillots usés.

Il s’enfonce alors dans les ténèbres de sa demeure et va aux plus profond des catacombes sous les yeux impuissants des masques de mort qui ornent les murs jusqu’à sa cave.
Il tire péniblement sur la porte en béton armé pour trouver Lilith, assise contre un mur, les jambes serrées contre sa poitrine, grelotant et crachant du sang.
Deathmask observe la maigreur de sa détenue pendant qu’il lui approche le plateau : « Tu as vraiment besoin de prendre un bon repas. Mange tout de suite pendant que c’est encore chaud. »
Tel un animal affamé qui se jette sur sa gamelle, elle dévore rapidement le repas que Deathmask a spécialement préparé pour eux. Elle ne prend même pas la peine d’utiliser les ustensiles qu’il lui a amenés et mâche à peine sa nourriture. Semblant avoir perdu toute bienséance, elle boit à même le pichet l’eau fraiche, en renversant la moitié sur elle. Elle achève ce disgracieux diner en faisant un rot la gueule grande ouverte.

Du début à la fin, Deathmask la dévisage avec envie.
Il lui étend même sa pièce d’étoffe censée la protéger du froid comme s’il lui prépare un lit et dépose ses vêtements bien pliés en déclarant d’une inattendue gentillesse : « Voilà… Avec ça désormais tu te porteras mieux. »
La captive le fixe de ses grands yeux bleus presque éteins, elle semble ne pas le reconnaitre. D’habitude si indélicat, il lui montre pour la première fois de l’affection. Il se montre même doux lorsqu’il commence à lui caresser de ses mains sèches sa petite poitrine qui frémit.
Violée et humiliée par Saga puis par Deathmask le jour de son enlèvement, elle a perdu le sens de sa vie, une vie qu’elle vouait à Athéna en étant prêtresse. Aujourd’hui, cette jeune femme, fille du Sanctuaire, est persuadée qu’elle n’atteindra jamais son dix-neuvième anniversaire. Elle se surprend elle-même à apprécier le peu de douceur que lui procure à l’instant Deathmask dans cette cellule morbide où elle pense finir sa vie.
Lorsque le Cancer caresse son visage et qu’il passe ses doigts dans ses longs cheveux lilas, emmêlés et crasseux, elle ferme les yeux, sentant en elle venir le moment où l’homme va s’acharner sur elle comme l’a fait auparavant le Grand Pope.
Pourtant, elle découvre la sensation agréable que procurent quelques caresses sur ses bras, dans son cou, autour de sa bouche. Elle se laisse glisser par le poids du corps robuste du chevalier contre le sol.
Elle ne bronche pas, elle garde les yeux clos et se consacre à l’évènement qui se produit. Elle ne ressent aucune sensation particulière hormis la satisfaction de faire plaisir à son bourreau. Elle n’éprouve aucune douleur non plus, ayant compris que sa docilité lui apporterait un minimum de confort, elle s’efforce de ne pas déconcentrer le Saint d’or…

Du début à la fin, elle l’aura entendu apprécier être en elle…

Elle se surprend même à sourire lorsqu’elle regarde Deathmask se relever brusquement, suant à grosses gouttes et souffrant de l’effet provoqué par la transpiration sur ses plaies.
Le visage crispé, il quitte la cellule sans rien dire, laissant Lilith ramasser les feuilles de son recueil et se coucher lascivement sur l’étoffe pour les découvrir en gardant une mine satisfaite…

200
Cynarhum² / Re: Joyeux anniversaiiiiiireuh !
« le: 21 Mars 2011 à 20h44 »
Joyeux anniv Nao.

201
Only for Love / Chapitre 18
« le: 19 Mars 2011 à 16h06 »
Chapitre 18

En marge des évènements qui ont confrontés Mû et Shaka à de futur Généraux de Poséidon, l’actualité du Sanctuaire ce 5 mars 1985 reste dominée par la riposte à l’encontre des Hébéïens.

Celle-ci se prépare au Port du Destin, l’annexe portuaire du Sanctuaire située en Crète vit un évènement qu’elle n’a plus connu depuis des milliers d’années.
En effet, les deux-cents soldats du domaine sacré, accompagnés de huit Saints ainsi que des membres du clergé, sont réunis sur les quais.
Les marchands, les messagers du Sanctuaire, les marins et les employés des auberges observent la discipline de ces hommes qui se divisent en quatre groupes sur les pontons, face à quatre navires.
 
Ces vaisseaux en bois massif et en métal sont entretenus dans ce port. Il s’agit des bâtiments de campagne qu’utilise le domaine sacré lorsqu’il envoie des légions sur les terres ennemies.
Un cinquième pavillon reste ancré au large, celui-ci est plus majestueux, plus grand, plus décoré. Il s’agit de celui d’Athéna et du Grand Pope. Ni l’un ni l’autre ne l’a utilisé ces milles dernières années. A son bord, des matelots et des cuisiniers travaillent chaque jour à son entretien.
 
La longue et solide passerelle de chaque embarcation atteint les embarcadères.
En tête, Saints d’or et d’argent emboitent le pas à leurs troupes composées de Saints de bronze, de soldats et de religieux.
 
Déjà parés sur les navires, les membres des équipages, tous originaires du Sanctuaire, portent la même tenue que les gardes. Ils sont accroupis et attendent les directives. Ces dernières sont formelles : « Cap sur Yíaros ! »
 
Les ancres sont rapidement levées. Les Saints se posent, sur le pont tandis que les soldats se réunissent dans les cales où ils prient Athéna, sous la directive des représentants de la sainteté.
 
Il n’y a qu’un seul navire où des soldats se permettent de joindre le pont. Quinze soldats en tout, avec parmi eux le caporal Pullo. Il s’agit des hommes les plus fidèles d’Apodis.
Les quinze braves prient eux-mêmes, à ciel dégagé, bien que Yakamoz qui est la plus gradée, ait demandé à Apodis de renvoyer ses soldats avec les autres.
L’Oiseau de Paradis refuse de se soumettre aux ordres de son supérieur. Ses petits yeux rouges, fixent avec amertume la mer Egée et ses courts cheveux bleus s’agitent dans l’air.
Il repense à ses origines…
Si une tierce personne évoque le nom de Frontinus, rares sont ceux capables de mettre un visage sur ce robuste mercenaire.
Pourtant Frontinus, le père d’Apodis, fait partie des hommes qui, à force d’acharnement, sont parvenus se faire une place au Sanctuaire.
Tout remonte à la rencontre de ses parents originaires du Sanctuaire…
 
Flashback
Les parents de Mujakis, la mère d’Apodis, auraient voulu l’envoyer dans les prieurés où sont formées les prêtresses d’Athéna, aspirantes Saintias.
L’instruction sans passer par le camp des femmes chevaliers est toutefois réservée aux enfants des habitants les plus aisés du domaine, car contre l’éducation de leur progéniture, les villageois versent de nombreux sacres au Sanctuaire.
 
Les grands-parents maternels d’Apodis manquants de moyens, Mujakis travaillait donc dans l’écurie d’un fermier où elle s’occupait des chevaux.
D’une personnalité pure, elle nourrissait de grands projets, où elle se voyait épouser un paysan aimant à qui elle aurait offert une descendance, qu’elle aurait voué aux travaux fermiers plutôt qu’aux garnisons athéniennes.
Belle et candide, elle avait néanmoins un caractère en acier trempé. Il faut plus que les doigts d’une main, pour calculer le nombre de Saints ayant profité de leur grade pour courtiser ses charmes, en vain. Mujakis se permit même une fois, de refuser les avances d’Arlès Saint d’argent de l’Autel.
 
Le Saint d’argent de l’Autel est depuis la nuit des temps l’ombre du Grand Pope. Il endosse souvent le rôle de chef d’armée pour attirer l’attention de l’ennemi sur lui.
Second du Grand Pope, le Saint de l’Autel était à l’époque Arlès, frère cadet du Pope Shion.
Il y a longtemps qu’il n’est pas apparu aux yeux du peuple dans sa Cloth d’argent.
Le peuple croit le voir apparaître dans sa tenue papale au heaume et aux épaulettes rouge sang. Ignorant tout de l’usurpation de Saga.

Toujours est-il qu’à l’époque, Mujakis se réservait en réalité pour un jeune et coriace fils de soldat, Frontinus.
Ce jeune homme était mystérieux. Il parlait peu et avait une réputation de puissant cogneur.
Ses cheveux courts, blancs et ses yeux noirs onyx, le rendaient séduisant. Son côté renfermé lui donnait un air intriguant qui mystifiait les villageoises qu’il rencontrait. Il devait souvent se défaire des nombreux maris rancuniers qui découvraient qu’il était le responsable des infidélités de leurs épouses.
Son v½u le plus cher était de devenir Saint.
Il fut mis à la rue à l’âge de dix ans par son père pour le punir. Le grand-père paternel d’Apodis trouvait Frontinus trop faible pour prétendre un jour à une armure.
Depuis, il se battait chaque jour pour gagner son pain et surtout le respect. C’est comme cela qu’un Saint d’argent accepta de l’intégrer à son groupe d’apprentis pour faire de Frontinus son élève.
Hélas, le teigneux disciple misait tout sur sa force de frappe, manquant de patience et de respect envers son mentor et ses camarades.
Chassé par son professeur, puis par les ouvriers et les marchands qui l’employaient, chaque fois pour excès de violence, il trouva sa vocation en travaillant à l’assainissement des eaux du Sanctuaire dans la ville d’Honkios.
C’est ici qu’il croisa la jeune femme aux cheveux bruns bouclés et aux yeux noirs, Mujakis.
 
Elle fit tomber son panier de fruits achetés sur le marché d’Honkios, juste devant Frontinus qui l’aida à les ramasser. Son regard la plongea dans un état de grâce.
Au bout de quelques mois, il ravit sa confiance et son c½ur à force de se montrer attentionné et nourrit des mêmes rêves qu’elle.
Toutefois, la nature violente de Frontinus se raviva plus tôt que tard.
Il fallut qu’un soir où elle travaillait à l’étable, perdue au beau milieu des villages du nord, elle se fasse agresser.
 
Ces villages situés aux frontières du nord, sont généralement sous la coupe des gardes qui profitent du manque d’affluence démographique dans ce secteur pour instaurer leurs propres lois et considérer les villageois, majoritairement paysans, comme des esclaves.
 
Depuis que Mujakis lui avait annoncé qu’elle portait son enfant, Frontinus se hâtait à chaque fin de journée à venir chercher sa belle à la ferme.
Ce soir-là, il trouva cinq gardes essayant de la contrôler.
En cercle, autour d’elle, ils la giflaient et la bousculaient à tour de rôle, après qu’elle ait refusé de se soumettre à leurs avances.
Ils finirent par lui arracher ses vêtements et la frapper au ventre, pour qu’elle s’affaisse au sol, tout cela sous l’½il impuissant du propriétaire de ces terres qui n’osait pas s’interposer.
Un premier soldat baissa son pantalon, mais avant même qu’il ait pu espérer profiter du corps martelé de coups, il fut foudroyé en plein dos par une onde de choc électrique, chargée de cosmos.
Les yeux grands ouverts, le misérable s’écrasa mort sur la paille.
Ses acolytes découvrirent Frontinus. Celui-ci avait le regard sombre, le visage fermé, les veines de tout son corps prêtes à exploser.
Un des quatre comparses restants, se jeta sur celui venu jouer le héros.
Frontinus esquiva le coup et hurla de rage en le cognant si fort dans les côtes que celles-ci furent perforées, laissant son poing s’engouffrer dans le corps abattu.
Il balança le cadavre sur les trois derniers malotrus qui se lancèrent instinctivement sur lui.
Emporté par la rage, Frontinus crispa ses poings si fort qu’autour du droit se forma une écume et que quelques étincelles électriques jaillirent autour du gauche. Lorsqu’il mêla ses deux poings dans la direction des misérables, il hurla : « Kurage Ryu Den Keki Hyaku Man Volt ! »
Le courant aquatique les emporta en les électrocutant, ne laissait d’eux que des cadavres totalement calcinés.
Pour la première fois de sa vie, il réussit à réaliser cet arcane qu’il tentait de maîtriser depuis toujours.
Néanmoins, cela ne fut guère suffisant pour atténuer sa rage.
Lorsqu’il découvrit le fermier caché derrière ses ballots de foin, sous le regard traumatisé de Mujakis, Frontinus lui brisa la nuque du tranchant de la main.
Pour ne rien arranger, elle perdit l’enfant qu’elle portait après le mauvais traitement reçu, s’attirant ainsi la colère de Frontinus qui la tint responsable de tout…
 
Remonté, sa violence exacerbée par ces évènements, il choisit de déloger son père de sa demeure à Honkios.
Il assassina le vieillard et installa sa femme dans la maison d’où il fut chassé lorsqu’il était enfant.
 
Quelques mois plus tard, lorsque Mujakis lui annonça être enceinte de nouveau, Frontinus n’en eu que faire. Il était trop occupé à parfaire sa technique. A rattraper le temps perdu. Dans le but de se venger de ceux qui l’ont châtié par le passé.
Il privilégia son rêve de devenir Saint et abandonna son travail d’assainissement des eaux.
Ils ne vécurent alors que des victoires de Frontinus lorsqu’il misait des sacres sur ses combats de rue contre des gardes malintentionnés.
Du moins, ils survivaient en fonction de ce qu’il restait des recettes de ses prouesses, après qu’il eut payé les tonneaux de vins qu’il vidait dans les tavernes d’Honkios en compagnie de femmes de joie.

S’entraînant chaque jour au bord d’un court d’eau, il négligeait son hygiène, ses beaux cheveux blancs devinrent longs et poisseux, il rasait son visage à l’aide d’un couteau qui trainait toujours dans sa poche.
Surnommé « la méduse » par les pêcheurs qui fréquentaient la rivière, il ne rentrait que pour exiger un bon repas et les plaisirs charnels que son épouse était contrainte de lui donner.
 
Un matin de printemps de l’année 1967, un voisin vint le trouver afin de lui annoncer que Mujakis était chez eux en compagnie des prêtres, venus l’aider pour l’accouchement.
Furieux d’être dérangé pendant ses exercices, Frontinus prit son temps pour rentrer chez lui. Lorsqu’il ouvrit la porte il vit Mujakis rire, pour la première fois depuis des mois.
Le visage enchanté et soulagé après une telle épreuve, elle souriait à l’enfant qui pleurait dans ses bras.
Devant cette découverte idyllique, Frontinus fronça les sourcils et déclara avec mépris : « Fais-le taire à présent ! Je ne veux pas de pleurnichard ici ! »
Déconcertée après que son mari lui a gâché cet instant de bien-être que lui procurait le plaisir d’être maman, Mujakis observa son mari qui pointait du doigt l’enfant : « Il sera un Saint pour faire honneur à mon nom ! Et pour cela, pas de temps à perdre en jérémiades ! »
 
Les années passèrent et même s’il était encore tout jeune, Frontinus avait choisi unilatéralement le destin de son fils appelé « Apodis » par Mujakis…
Flashback
 
Une main amicale sort Apodis de ses tristes souvenirs, la main douce et chaleureuse d’une femme, Yakamoz de la Grue.
La Turque à qui il a offert un instant de complicité quelques heures plus tôt vient le questionner : « Tu sembles tourmenté. »
Alors qu’elle tente une nouvelle approche après qu’il l’ait rejeté plus tôt, il lui répond sèchement : « Comment ne pas l’être ? »
Yakamoz essaie d’oublier l’affront que lui a fait Apodis après lui avoir déclaré qu’il ne voulait pas d’elle une fois qu’ils eurent fini de se donner l’un à l’autre : « J’aimerai tellement soulager ton mal-être. »
Apodis lui offre un sourire hypocrite que seule la femme chevalier croit sincère : « Tu espères acheter mes sentiments et couvrir la honte que je t’ai fait après avoir vu ton visage ! Je te l’ai déjà dit, il n’y aura rien de plus qu’un peu de fougue et de plaisir charnel entre nous. Il n’y a plus d’amour chez moi. »
Sous son masque, Yakamoz est rouge de colère : « On m’a déjà parlé de cet Apodis ! Celui qui est revenu de son entraînement avec Orphée et qui profitait de son physique pour charmer qui il voulait. On m’a dit que cet Apodis là était mort ! »
Apodis cogne violemment une male qui est pulvérisée sur le coup sous les yeux de tous ceux présents sur le pont.
_ « Il faut croire que le massacre de ma famille tout entière a fait ressurgir le chevalier cruel et impitoyable que j’étais.
_ T’aimer ou te tuer. Il n’y a pas d’autre alternative maintenant que tu as vu mon visage. Je n’accepterai pas d’aimer un homme qui me considère comme sa chose. »
Elle fonce sur Apodis en concentrant son cosmos dans ses mains.
La mine toujours narquoise, sans même bouger, l’Oiseau de Paradis paralyse grâce à la pression de sa cosmo énergie l’avancée de la Grue.
Elle se laisse tomber au sol, épouvantée par la noirceur du cosmos d’Apodis et surtout par son intensité.
Lui, il tourne les talons et descend aux niveaux inférieurs en passant sa main dans les cheveux de la jolie blonde au moment de croiser son chemin : « Je suis l’élève d’un des plus puissants Saint d’argent. Je ne crains personne. »
Couverte de honte devant une grande partie de l’équipage, Yakamoz marmonne avec amertume : « Tu me le paieras quand même tôt ou tard ! »
 
 
Pendant ce temps, en Grèce, au Sanctuaire, dans la chambre du Pope, Saga se baigne dans un les thermes du palais.
Ses longs cheveux ont repris leur couleur originelle tandis que les larmes de ses joues se mêlent à l’eau du bassin.
Il tient dans ses mains le bandeau rouge qu’Iphiclès a détaché après sa mort.
Il ressasse les derniers mots que lui a adressé l’Alcide : « Je te hais… Traitre… »
Lui reviennent alors les souvenirs d’antan…


Flashback
Il y a vingt ans, en 1965, sur une île de la mer Egée nommée Yíaros, inaccessible pour les hommes dénués de tout cosmos, un bateau de pêche rentrait au Sud par le port…
A quai, un homme désemparé descendit avec sous les bras le corps de deux petits garçons.
Ce pêcheur portait un long ciré gris, ses petits yeux verts foncés étaient inquiets. Ses cheveux orange coiffés en brosse s’agitaient dans le vent tandis que ses sourcils grenat étaient froncés.
Il courut pendant de longues minutes jusqu’à sa remise où il attela une charrette à ses chevaux et y déposa les deux corps gelés, emmitouflés dans d’épaisses couvertures de laine.
Il remonta jusqu’au centre de la citée pour atteindre un temple immense, aux colonnes doriques, décoré à l’extérieur par une statue d’Héraclès brandissant une épée contre l’Hydre de Lerne.
Autour de cette paroisse, de nombreux prêtres en toges bleu azur se promenaient dans les jardins alentours. Ceux-ci profitaient à pieds nus de l’herbe douce et fraîche, ils observaient les oiseaux roucouler dans les arbres et les insectes butiner les nombreuses fleurs.
L’homme arrêta sa course et hurla avec effroi au beau milieu de ce qui s’apparente aux Champs Elysées : « J’ai besoin d’aide ! »
 
Quelques jours plus tard, un des mystérieux enfants se réveilla dans une chambre du temple. En ouvrant les yeux, il eut l’impression de se reconnaître comme s’il se regardait dans un miroir en voyant son frère penché au-dessus de sa couche.
Saga reprit connaissance tandis que Kanon était déjà sur pied : « Mon frère, es-tu mort toi aussi ? As-tu vu nos parents dans ce monde ? »
Kanon grimaça.
_ « Cesse-donc ! Nous sommes les seuls survivants du naufrage !
_ C’est horrible, cela veut dire que nos parents sont… »
La voix de celui qui les a repêchés confirma ses craintes : « Je suis désolé les enfants. »
Les jumeaux se retournèrent et le découvrirent, le ciré gris défait, debout dans sa grande toge azure…
 
Ils marchèrent tous les trois dans les vergers et avancèrent jusqu’à un second temple où se baladaient cette fois-ci des femmes.
Ce bâtiment aussi grand que celui d’où ils étaient sortis avait à l’entrée la statue de la déesse de la Jeunesse, Hébé, versant à son père Zeus, couché sur un nuage, le nectar et l’ambroisie : « … A côté du temple dans lequel vous étiez, le temple d’Héraclès, réservé aux prêtres d’Hébé, se trouve le temple d’Héra, dans lequel sont formées les prêtresses de notre majesté Hébé. »
Saga murmura : « Si nous ne sommes pas chez nous, au Sanctuaire d’Athéna, où sommes-nous alors ? »
Acis, leur sauveur, écarta les bras comme pour étaler toutes les merveilles de la cité et cria avec enthousiasme : « Vous êtes sur Yíaros, la cité de la déesse Hébé ! »
 
Plus tard, tandis que Saga et Kanon dinaient en compagnie des autres élèves du temple, Acis s’entretenait avec ses semblables : « J’ai demandé aux cardinaux, notre grand prêtre et notre grande prêtresse, leur avis. Les deux sont d’accord avec moi. Ces enfants sont les fils du Sanctuaire d’Athéna, des frères d’armes donc. Alors que je revenais de pèlerinage, j’ai découvert leurs deux corps sur un épais rondin de bois qui flottait à la surface, au beau milieu de cadavres et de débris. Ils sont les seuls rescapés du naufrage d’un navire marchand qui regagnait Athènes. D’après les propos de ces deux survivants, ils sont originaires du domaine sacré. »
 
An 1966 - Une année s’était écoulée.
Saga et Kanon furent éduqués par les prêtres d’Hébé sans pour autant renier leur déesse Athéna.
Beaucoup plus enclins à suivre un apprentissage militaire que religieux, ils obtinrent rapidement l’autorisation de rejoindre Acis qui officiait dans l’apprentissage et la maîtrise du cosmos.
Quelle ne fut pas la surprise de l’homme de foi lorsqu’il retrouva ces deux orphelins qu’il avait perdu de vue durant un an.
Contrairement à Kanon qui restait en retrait, Saga n’hésitait pas à témoigner énormément de gratitude à l’égard de leur sauveur.
Rapidement, l’un comme l’autre, ils réussirent à surclasser les autres élèves mais dans des buts différents. Toujours pour être les meilleurs. Saga voulait être l’égal des Saints d’or, les chevaliers les plus puissants parmi toutes les catégories de guerriers de la planète.
Kanon préférait être au-delà des dieux même.
Bien que jeunes, les Gémeaux avaient déjà de solides ambitions.
Mais un leitmotiv commun les faisait persister dans leurs choix. On racontait qu’Hébé s’était réincarnée la même année que leur naissance.
 
Cette jeune fille élevée dans le temple d’Héra comme une simple prêtresse n’avait même pas conscience de l’avenir qui allait lui être réservé.
C’était là la volonté des cardinaux d’Yíaros.
Ils voulaient qu’Hébé, comme depuis la nuit des temps, vivent sa vie de déesse en sachant ce qu’est la vie d’un humain, afin qu’elle incarne avec passion et amour son rôle sur cette île où les bons sentiments coulent à profusion.
 
Les années passèrent, durant lesquelles Saga faisait l’unanimité sur Yíaros.
Toujours serviable, surclassant les autres guerriers à l’entraînement et étant le plus assidu lors des leçons du clergé, il s’était lié d’affection pour deux jeunes enfants, Iphiclès et Juventas, sous l’½il complice d’Ambroisie, jeune prêtresse dans le temple d’Héra.
Bien entendu, Kanon n’était jamais loin, et s’il parvenait à égaler son frère au combat, jamais il ne réussit à être apprécié comme lui.
Cela ne le dérangeait pas, Kanon était un loup solitaire.
Seuls les regards qu’il échangeait avec Ambroisie justifiaient que Kanon avait un c½ur. Lorsqu’il n’était pas proche de mettre à mort ses camarades lors des entraînements, il n’avait de cesse de se rapprocher d’elle.
La belle demoiselle ne savait à quel frère se vouer. Tout aussi charmant l’un que l’autre, ils se distinguaient par leurs personnalités.
 
An 1970 – Ce fut lorsque les jumeaux approchèrent de leurs douze ans qu’Acis leur apprit son intention de voyager jusqu’au Sanctuaire où il comptait rendre visite à un ami.
Evidemment, Saga profita de l’aubaine pour le suivre.
Ici, à Yíaros, il ne trouvait plus d’adversaires à sa mesure hormis le Bolivien ¼dipe qui venait d’être fait Alcide des Oiseaux du Lac Stymphale.
Il était temps pour le futur Saint de franchir un palier et de réaliser son rêve en devenant chevalier sur sa terre natale.
Kanon, plein de morgue, défia son frère en lui affirmant qu’en restant ici à s’entraîner il deviendrait meilleur que lui.
 
Trois années s’écoulèrent.
An 1973 - Au Sanctuaire, Saga ne tarda pas à rivaliser avec les plus grands et à être reconnu par le Grand Pope en personne comme étant digne de devenir Saint et de porter l’armure représentant sa constellation, les Gémeaux.
Grâce à la persévérance dans l’apprentissage et au succès de ses premières missions, le Grec obtint une popularité encore plus importante que celle dont il jouissait déjà à Yíaros.
Il bénéficiait de responsabilités de plus en plus importantes, de la reconnaissance du peuple, de celle de ses pairs puis du Grand Pope. Et de l’affection des femmes, aussi…
Pourtant une seule restait gravée dans sa mémoire, Ambroisie, celle qu’il aimait depuis toujours.
Il n’avait pas osé lui avouer à quel point elle était tout pour lui.
La timidité.
La jeunesse.
Quoi qu’il en fût, il n’était pas encore assez mature au moment de quitter Yíaros pour se confier à elle.
Ici, chez lui, au Sanctuaire, il apprit à parler aux femmes, à les séduire, voire les enchanter.
Il n’avait plus peur de dire ce qu’il ressentait.

Un jour où il était en permission, il alla jusqu’au temple du Grand Pope pour l’y trouver. Celui-ci, Shion, vêtu d’une longue toge blanche descendant jusqu’au sol, décoré d’un long collier de perles et de diamants et de son casque orné d’or, était accompagné de son frère cadet, Arlès.
Arlès était vêtu de façon semblable et dissimulé sous un casque rouge et d’épaulettes aux piques acérés.
A sa façon de se tenir, Saga comprit que l’âge avancé de Shion n’étant pas à son avantage.
Celui-ci était sur un balcon donnant une vue sur la quasi-totalité d’Honkios, assis de manière rabougrie sur un fauteuil au haut dossier incrusté de fragments de saphirs.
A ses côtés, Arlès Saint d’argent de l’Autel était accroupi et semblait rigoler chaleureusement avec son frère en contemplant l’horizon.
Sans doute l’humour habituel de ce fringuant Saint d’argent avait fait une fois de plus oublier à Shion ses problèmes de santé.
Un garde était incliné déjà depuis quelques minutes et attendait qu’on lui donne parole.
C’est une fois leur fou-rire achevé qu’Arlès le questionna : « Nous t’écoutons soldat. Raconte-donc à ton Seigneur l’objet de ta visite ! »
L’homme s’abaissa davantage lorsque Shion se redressa difficilement de son siège.
Bien qu’au sommet de la hiérarchie, Shion témoignait énormément de considération à ses hommes quel que soit leur rang.
Se dévoiler à eux était pour lui une politesse essentielle.
Les deux mains appuyées sur l’accoudoir en ivoire de son trône, ses jambes flageolaient grossièrement, Shion se maintenait avec difficulté.
Pour le soldat, cette courtoisie du Grand Pope était un honneur. Profondément ému par l’importance que lui vouait le représentant d’Athéna, il déclara simplement d’un ton mielleux : « Majesté, je vous annonce l’arrivée dans votre palais du Saint d’or des Gémeaux. Il souhaite s’entretenir avec vous. »
D’une voix grave et fatiguée, Shion répondit simplement : « Laisse-le donc entrer soldat… »
Saga se présenta avec élégance devant son souverain pour demander l’autorisation de prendre congés quelques jours : « … Ainsi je gagnerai l’île d’Yíaros pour y délivrer le message de paix que nos prêtres m’ont confié à l’endroit de ceux d’Hébé. »
Ayant conscience des bonnes relations entre le clergé athénien et le clergé hébéïen, Shion n’y vit aucun inconvénient.
Saga se garda bien d’avouer qu’il souhaitait revoir Ambroisie et ramener un frère dont tout le monde au Sanctuaire ignorait l’existence.
Premier mensonge, première trahison…
 
Sur Yíaros, le temps avait également joué en faveur de Kanon, devenu beau, fier.
Il paraissait invincible sur cette île où une nouvelle génération d’Alcide, menée par ¼dipe et inspirée par la volonté de jeunes éléments volontaires comme Iphiclès et Juventas, se formait jour après jour.
Comme son frère au Sanctuaire, Kanon faisait ici des ravages dans le c½ur des femmes.
Tandis que Saga était en mer, proche de leur île d’adoption, Kanon levait la tête de sous les draps.
Il a quitté le temple d’Héraclès peu de temps après le départ de son frère pour s’installer dans un cabanon dans la grande forêt de l’Est.
 
A l’intérieur de ce logis en bois pourri, planté dans une terre marécageuse, sous un drap rapiécé, s’agitait une jeune femme dont les éclats de rires réchauffaient la lugubre bâtisse.
A mesure que la tête aux courts cheveux blonds de cette vénusté remontait le torse qu’elle baisait de ses petites lèvres roses et charnues, Kanon observait avec fierté son forfait.
Kanon la dévisageait sans la moindre gêne.
Il attrapa sur le sol un papyrus qu’il venait de recevoir par un messager venu de Crète et demanda à sa conquête : « T’a-t-il écrit à toi aussi pour t’informer de son retour ? »
Tracassée par les nouvelles de Saga, Ambroisie répondit à Kanon : « Il m’a dit qu’il venait te chercher. »
Présomptueux, Kanon soupira : « Il a peur que je lui prenne ce qu’il croit être à lui. »
Ambroisie baissa la tête, Kanon comprit.
_ « Il n’est pas au courant n’est-ce pas ?
_ Comment ?
_ Mon frère. Il ne sait rien de ta révélation n’est-ce pas ? »
Ambroisie confirma les soupçons de Kanon en baissant honteusement la tête.
Ses sentiments humains troublaient encore son jugement divin.
Le fourbe jeune homme persista.
_ « Crois-tu qu’il t’aimera toujours lorsque tu lui annonceras ?
_ Il n’a jamais dit qu’il m’aimait.
_ Cesse d’être naïve. Même ¼dipe qui ne dispose d’aucun de ses sens l’a remarqué !
_ Il n’est pas obligé de savoir qui je suis réellement. Lorsque nous nous sommes rencontrés, les cardinaux ont gardé secret les conditions de ma naissance. Grâce à cela j’ai pu vivre comme vous.
_ Ta mission divine est trop importante pour être reléguée derrière tes désirs humains. L’Olympe n’acceptera pas cette offense.
_ Dans ce cas je serai à lui telle que je suis réellement.
_ Aussi amoureux soit-il d’Ambroisie, je suis certain que son sens de l’honneur est trop fort pour qu’il puisse accepter de s’énamourer d’Hébé. Il est un serviteur d’Athéna. Bien que vous soyez du même camp Athéna et toi, rien ne l’autorise à t’aimer. Il n’osera même plus poser le regard sur toi de peur de commettre un outrage envers les dieux.
_ Pourquoi choisis-tu d’agir différemment dans ces conditions ?
_ Parce que je ne suis pas mon frère. Je n’ai pas sa bêtise, je n’ai pas ses craintes. Les dieux ne m’effraient pas, au contraire, ils m’amusent. Je suis certain de pouvoir accomplir de grandes choses là où ils ont échoué !
_ C’est-à-dire ?
_ Être reconnu comme le maître de ce monde par l’ensemble des hommes. Aujourd’hui les habitants de la planète ignorent que leur avenir se joue chaque jour bien au-delà des conflits qu’ils vivent. Les soldats de chaque dieu s’affrontent pour maintenir leurs vies faites d’ignorances.
_ Et tu te crois capable de pouvoir rétablir l’ordre en étant reconnu de tous comme un dieu grâce à ta force ?
_ Je suis persuadé d’y arriver. Contrairement à Saga je n’ai pas peur de froisser les dieux. La preuve en est avec toi. J’ai commis un des sacrilèges les plus irrémissibles en prenant la virginité d’une réincarnation d’Hébé, je surclasse les prétendants à ta garde que sont les Alcides, sans oublier que mes projets pour ce monde sont déjà définis. »
Ambroisie se mit debout. Elle était atterrée.
_ « Saga m’a avoué dans sa lettre que tu présentes une menace pour le peuple hébéïen. C’est pour cela qu’il vient te chercher. Et je comprends mieux où il voulait en venir.
_ Tu es trop crédule. S’il revient c’est parce qu’il t’aime trop pour me savoir à tes côtés. Mais rassure-toi, personne ici ne peut me vaincre et vu la faiblesse de ton armée rien ne peut m’être utile ici. J’aurai bien plus de chance de réaliser mes plans au Sanctuaire ! »
Ec½urée, elle chercha à le blesser : « Sais-tu pourquoi je ferme les yeux lorsque je suis dans tes bras ? »
Avec sa mine sournoise, il mime un signe négatif de la tête. Ambroisie poursuivit : « Pour oublier que celui avec qui je suis est un être à l’esprit malfaisant bien qu’il ait le même corps que celui d’un homme charitable et honnête. »
Elle enfila rapidement sa robe blanche et légère puis se dirigea vers la sortie lorsque Kanon la retint par le bras en bondissant du lit
_ « Pourquoi t’être donnée à moi dans ces conditions ?
_ Parce que, le physique aidant, j’espérais trouver en toi l’homme le plus formidable qui existe. Je n’aurais jamais pensé que Saga reviendrait un jour. J’ai voulu consoler mon chagrin avec ce qui restait de lui ici. »
Kanon fut meurtri dans son amour propre, il fronça les sourcils et lança avec amertume : « Mon frère est tout sauf un homme bon. Comment crois-tu qu’il sait que je peux me montrer dangereux ? Malgré sa volonté d’être fidèle à Athéna, il nourrit lui-aussi des projets passionnés qui ne demandent qu’à être influencés pour devenir plus ambitieux. »
Ambroisie claqua la porte au bois rongé de thermites laissant Kanon afficher son air narquois. Il n’eut pas honte de tourmenter l’esprit de son amie pour afficher ses plans.
Premier projet maléfique, premier complot contre les dieux…

En chemin, la jolie Ambroisie relisait un papyrus chiffonné marqué par le sceau des Gémeaux. Le courrier lui était arrivé il y a trois jours, en même temps que celui reçu par Kanon, par un messager du Sanctuaire mandaté depuis la Crète.
Ambroisie le savait, c’est au cours de cette journée que débarquait une galère marchande venue du Port du Destin. Saga y serait certainement transporté.

Elle ne s’était pas trompée.
Sur le port d’Yíaros, situé au Sud de l’île, un vaisseau grec voguant avec un drapeau où était estampillée la tête de la statue d’Athéna débarquait.
Le port hébéïen était agité comme à son habitude.
Des carrosses impériaux suivaient le chemin que formaient les soldats au beau milieu de la foule pour venir charger la marchandise réservée au palais d’Hébé et aux temples d’Héraclès et d’Héra.
Une fois ces grandes diligences blanches et bleues remplis de malles et d’amphores, les soldats vêtus de tuniques bleues marine, armés de dagues ovales et protégés par un plastron, des jambières, des avant-bras et d’un casque, tous d’un bleu azur, s’assurèrent du bon nombre des quantités demandées et laissèrent un prêtre verser les sacres, monnaie du Sanctuaire, qu’ils devaient en contrepartie.
Une fois l’armée partie, les marchands environnants enchérirent sur les marchandises restantes qu’ils allaient vendre au peuple.
En marge de cela, un homme marchait le long des quais.
Ambroisie le distingua de loin.
Elle était éblouie par sa Cloth en or que tout le monde admirait.
Son heaume ombrageait son visage. Beaucoup de villageois et de marins mirent du temps à reconnaître l’orphelin prodige.
Bien qu’il fût désormais le représentant d’une autre armée, tous saluaient Saga avec égard et admiration.
Même Ambroisie qui se courba avec volupté devant son ami.
 
Ils passèrent la journée à marcher dans les bois où Saga l’embrassa tendrement.
Ils rirent, s’échangèrent de doux regards, prirent des nouvelles l’un de l’autre, rencontrèrent Iphiclès et Juventas qui considéraient Saga comme un frère ainé. Saga en profita pour offrir un bandeau rouge à Iphiclès en lui affirmant qu’il serait toujours prêt de lui malgré les kilomètres qui les séparaient. Il confia à Juventas, Iphiclès et Ambroisie qu’il les aimait tous…
Malheureusement, le soleil se couchait et le bâtiment qui l’avait déposé ici allait lever l’ancre pour la Crète.
Le temps était venu pour le valeureux Saint de dévoiler le véritable objet de sa visite.
Une fois seul avec Ambroisie, il l’implora : « Je vais chercher Kanon et vous allez rentrer avec moi au Sanctuaire. Je souhaite que tu partages ma vie là-bas. »
La pauvre Ambroisie balbutia quelques mots : « C’est que… Je ne… Tu sais… J’aimerai… »
En elle c’était davantage confus.
Après les propos tenus par Kanon, elle sentait un terrible conflit naître en elle.
Hébé qui prenait de plus en plus d’importance dans sa vie luttait terriblement contre le sentiment humain d’Ambroisie.
La douce fille de paysans, en larme, se laissa tomber à genoux, salissant sa longue robe de satin. Elle se tenait la poitrine et sanglotait de chagrin.
A cette peine se mêlait une certaine douleur, une gêne qui commençait à oppresser Saga qui était tétanisé.
Lentement la forêt puis bientôt l’ensemble de l’île avant de résonner dans le monde, le cosmos d’Hébé faisait surface.
Hébé gagnait le combat et émanait de toutes ses forces sous les traits d’Ambroisie devant un Saga crédule.
Les ondes dorées de son cosmos parcoururent la planète. Elles aidèrent les bourgeons à éclore, firent sortir les animaux de leurs tanières, offrirent un sourire aux personnes les plus tristes.
Lorsqu’elle releva la tête, ses grands yeux bleus, d’habitude remplis de sympathie, furent cette fois-ci animés d’une puissante conviction. Son intonation se fit plus franche qu’à l’accoutumer : « Je ne peux pas Saga. »
Le Saint d’or qui venait d’être paralysé par ce cosmos qu’il n’avait jamais rencontré auparavant se sentit anéanti.
_ « Ambroisie… Que t’est-il donc arrivé durant mon absence ?
_ Il faut que tu saches… »
Une intervention plus vicieuse répondit à la place d’Hébé, lui coupant presque la parole. Kanon, sorti de sa cabane, rejoignit le couple : « Que souhaites-tu savoir Saga ? Veux-tu apprendre son réel rôle sur cette planète ? Ou peut-être es-tu plus intrigué sur ses découvertes sentimentales ? »
Sans même se retourner, Saga reconnut celui qu’il n’a plus vu depuis trois ans. Il soupira d’une voix enrouée et accablée.
_ « Mon frère, alors tu étais dans la confidence.
_ Saga… Tu es le seul qui ne sait pas encore quel est le destin de la femme de notre vie. Si cela peut te consoler, apprends que je ne vois aucune objection de mon côté à offrir mon corps à une déesse. Mais sois bien assuré qu’elle s’imaginait être dans tes bras à ces moments-là. »
Saga serrait les poings.
Son visage était déformé par le chagrin.
Il demanda à Ambroisie : « Dis-moi que tout ceci est faux ! »
L’attitude impériale d’Hébé, fut affectée par la détresse du chevalier d’Athéna.
Ses yeux devenaient gondolés par les larmes qui s’agitaient avant de s’écraser au sol. Elle murmura : « Que celle dont l’union entre Zeus et Héra donna naissance à la souveraine de ces terres, incarne son rôle dans ce monde en accomplissant sa mission divine. Que l’Ichor de sa majesté soit versé ce jour, pour permettre au monde de voir renaître les serviteurs du bien. Que le destin soit guidé sur ce monde par sa majesté Hébé. »
Relevant la tête pour exposer son regard éprouvé à Saga, elle reprit.
_ « Le jour de ma naissance, juste avant que je ne pousse mon premier cri, la foudre s’abattit sur le Parthénos, mon temple, gravant sur le mur juste derrière mon trône d’or et de diamant cette phrase en grec ancien. Je suis née de parents humains, des fermiers. A l’instant où la foudre inscrivit cette phrase dans le temple d’Hébé, le grand prêtre du temple d’Héraclès et la grande prêtresse du temple d’Héra, vinrent rejoindre les religieux ayant assistés à ma naissance. Sans même hésiter un instant, ces deux cardinaux prirent le bébé que j’étais et, avec une lame dorée, brillante comme le soleil et aussi tranchante qu’Excalibur, entaillèrent la paume de ma main droite pour faire couler quelques gouttes d’Ichor, le sang des dieux, sur le sol de glaise. Soudain, cette terre, argileuse, grasse et imperméable, trembla et se fissura pour former en quelques minutes un ravin dans lequel la ferme où je naquis s’engouffra. Du précipice jaillirent douze Cloth beiges et blanches sorties tout droit des entrailles de l’île. Leurs socles représentaient chacun un des douze travaux d’Héraclès. Seuls en réchappèrent les deux dignitaires des temples et l’orpheline que j’étais devenue. Je reçue une éducation humaine, en compagnie d’autres enfants, tandis que les prêtres veillaient sur les Cloths et le royaume jusqu’à ce qu’Hébé vienne définitivement au monde parmi son peuple. J’ai découvert ma vraie personnalité peu après ton départ.
_ Et tu as voulu profiter de tes derniers instants de mortelle pour trouver le plaisir dans les bras de Kanon !
_ Il est le seul à être aussi… aussi… à être toi !
_ Pff… Tu me dégoutes !
_ Je suis désolée Saga… »
 
Saga releva la tête avec rage, ses yeux exprimaient la même cruauté que Kanon qui constatait avec satisfaction l’emportement colérique de son jumeau.
Enfin, comme après un électrochoc, le chevalier se ravise et s’agenouille : « Dans ce cas déesse Hébé, je vous prie de bien vouloir pardonner mon attitude désobligeante vis-à-vis de votre rang. Mon amitié humaine n’est pas à la hauteur des attentes d’une divinité. Je m’en vais de ce pas auprès du Sanctuaire. Soyez assurée que j’y témoignerai le respect et l’amitié que vous vouez à Athéna. »
Choquée, Ambroisie comprit qu’il était désormais impossible de faire machine arrière. Le sort en était jeté. Bien qu’elle sentît son c½ur de jeune femme se fendre, elle garda sa dignité en le cicatrisant avec son c½ur de déesse. Son peuple était resté depuis trop longtemps sous les ordres des cardinaux en attendant son retour. Désormais elle devait s’affairer aux besoins d’Yíaros.
Ses yeux reprirent cet éclat et cette aisance envoutants. Elle tourna le dos aux jumeaux envers qui elle déclara avec suffisance : « Qu’il en soit ainsi Saint d’Athéna. Je te laisse également le soin de ramener ton frère sur vos terres. Veille à ce qu’il devienne plus respectueux envers les dieux, ses ambitions démesurées salissent l’image que les dieux ont des hommes. »
Toujours le visage figé en direction du sol, Saga étouffa sa mélancolie en grommelant : « Entendu déesse Hébé. »
Impériale, Hébé quittait la forêt en dissimulant comme elle le pouvait son affliction, ne souhaitant pas se retourner et afficher son visage enlaidi par ses pleurs.
Ambroisie se mourrait.
Hébé s’affirmait.
Saga fixait rageusement son frère.
Kanon savourait cette rupture.
Flashback
 
En sortant peu à peu de ses songes, les cheveux de Saga reprennent leur teinte blanche et grise, le blanc de ses yeux devient rouge sang, tandis que ses pupilles se changent en deux pierres obscures gorgées de vice.
Il se redresse et sort des thermes, en laissant goutter sur les dalles de marbres de son palais, l’eau qui perle sur ses muscles saillants. Il lève la tête vers le ciel et déclare revanchard : « Kanon espérait s’allier à toi pour devenir l’égal d’un dieu ! Moi je vais le devenir après t’avoir humilié. Ma vengeance sera ta sentence Ambroisie ! Ah ah ah… ! »


A cet instant, dans un coin inaccessible de la mer Egée, sur l’île d’Yíaros, à l’intérieur de la cité, les survivants retrouvent leurs familles et apprennent aux autres le décès des leurs. Beaucoup de larmes, de malaises et de souffrances tiraillent la population. Sans compter les craintes d’une invasion athénienne.
Tandis qu’on panse les blessures des soldats, les forgerons réparent déjà les protections et les armes abimées alors que les mères de famille somment à leurs enfants de rentrer s’enfermer chez eux.
 
Situé au Nord de l’île, le Parthénos, temple d’Hébé, est en ébullition.
Depuis leur retour sur l’île, les hauts responsables de l’armée d’Hébé y sont enfermés et cherchent des solutions.
Les quatre Alcides survivants, les cardinaux et quelques prêtres de la déité débattent sur l’attitude à adopter quant à l’approche de l’armée d’Athéna.
Intronisé cardinal depuis peu après le décès de l’ancien pontife, Acis, l’homme qui a recueilli Saga et Kanon, la mine vieillie et meurtrie, ne cache pas ses craintes : « Iphiclès était le plus puissant de nos hommes. Il était l’espoir de tout un peuple. Maintenant qu’il a été vaincu, je crains que le moral de nos troupes toutes entières mais aussi celui de la populace soit au plus bas… »
Dans le grondement la plus inaudible, les autres membres de la réunion réagissent.
 
Anxieuse et absorbée par ses pensées, Hébé murmure, calmant ainsi les gorges les plus déployées parmi l’audience : « Du vent venu d’Athènes est imprégnée l’odeur du sang et de la fureur. Les hommes d’Athéna ont quitté la Crète. Ils arrivent à bord de leurs navires de guerre. »
Un des prêtres s’hasarde à suggérer : « Pourquoi ne pas frapper avant qu’ils n’arrivent ici ? »
Une prêtresse surenchérit : « Oui ! Il suffit de déployer les forces de nos hommes dès maintenant ! »
Juventas, toujours en deuil après le décès de son époux Iphiclès, rajoute : « Le Port du Destin conduit tout droit au Sud de notre cité et plus précisément à notre port. Je propose d’armer nos navires et de livrer bataille en pleine mer Egée ! »
Un nouveau prêtre intervient : « Sottises ! Si le grand général Iphiclès était encore de ce monde, il aurait immédiatement rejeté cette idée ! Combien d’hommes nous restent-ils ? »
Hébé, déesse habituellement effacée sous les traits de personnalité d’Ambroisie reprend de façon impériale : « Notre prêtre a raison Juventas… Faire éclater une guerre cosmique en pleine mer, c’est dévoiler l’existence des chevaliers et des dieux à l’ensemble de la planète. Notre but est de rester dans l’ombre pour ne pas troubler la quiétude des hommes sur terre. Cela entraînerait l’implication d’innocents dans ces conflits où ils n’auront pas la force de se défendre et je me refuse de mettre en péril la vie de milliards d’innocents. »
 
Juventas qui connait Hébé depuis sa plus tendre enfance est anéantie par cette réaction.
Elle sait qu’Iphiclès était un génie militaire. Sa perte est inconsolable pour elle, mais lui faire comprendre en plus de cela qu’elle ne sera jamais à la hauteur pour prendre la relève, s’en est trop. Elle se tait sans même réagir par la suite…
 
Une jeune femme se redresse au beau milieu du rassemblement.
Elle est physiquement remarquable puisque sa tenue et ses formes ne laissent personne insensible dans l’assemblée.
Son visage est masqué tandis que sa Cloth beige épouse avec sensualité sa poitrine sur-volumineuse, sa taille de guêpe et ses cuisses musclées et robustes. Un court bustier grenat couvre très peu sa poitrine tandis qu’un short de la même couleur habille à peine ses fesses rebondies.
Elle marche en se déhanchant jusqu’aux pieds de sa déesse et soumet.
_ « Majesté, moi Baucis Alcide de la Biche de Cérynie, je conseille de réunir l’ensemble de nos hommes sur le port pour barrer l’entrée des Athéniens sur nos terres.
_ C’est une bonne idée Baucis, toutefois nous avons conduit au Sanctuaire la quasi-totalité de nos hommes. Il en reste à peine cent-cinquante en pleine forme à notre disposition.
_ Alors j’implore votre grandeur de me laisser en diriger une centaine pour accueillir les Athéniens et disperser la cinquantaine restante sur l’ensemble de la cité pour s’assurer de la sécurité du territoire… »
 
A la sortie de la chambre du parlement du Parthénos, Baucis vient trouver Juventas qui marche seule.
D’une tape dans le dos, elle demande d’un ton hypocrite : « J’espère que la confiance que m’accorde Notre Majesté ne te gêne en rien. Je sais que tu as toujours été son bras droit, je ne voudrais pas créer de tension entre nous. »
Sous son masque, Juventas a le visage crispé de fureur. Elle se contient néanmoins : « Il n’y en a pas Baucis, je sais que tu agis dans l’intérêt de ton peuple. Je te souhaite bon courage pour repousser nos envahisseurs. »
Baucis dont la chute de reins attire toutes les convoitises quitte alors le palais, laissant Juventas être rejointe par ¼dipe dont la voix vibre dans l’esprit de la veuve.
_ « Sacrée Baucis, elle ne perd pas une occasion de faire valoir ses qualités.
_ Et ses qualités sont certaines ¼dipe. Maintenant que mon époux n’est plus, je crains fort que notre divine Hébé ne privilégie pas nos relations amicales pour m’accorder le statut de Général. Elle a toujours été trop objective pour ça. Baucis a toutes les chances de devenir notre nouveau leader !
_ Pourtant tu as toujours été presque aussi forte qu’Iphiclès.
_ Mais en plus de la puissance, Iphiclès avait une vision stratégique de la guerre. Je ne vais désormais être plus que la garde du corps de notre déesse. Fini le rôle de général en second.
_ Tu ne sembles pas plus ennuyée que ça à cette idée.
_ En effet, j’ai une petite fille qui ne sait pas encore que son père ne rentrera pas de sa mission, j’ai perdu l’unique amour de ma vie et je crains pour l’avenir de mon peule. »
¼dipe, au physique ingrat, cherche à réconforter Juventas en l’entourant de son cosmos bienfaisant…
 
Derrière eux, le dernier des quatre Alcides encore vivants, le visage cuirassé sous son casque, cachant ses yeux par deux globes oculaires beiges et couvrant la totalité de son crâne en dressant au sommet de son front deux cornes acérées, Androgée du Taureau de Crète, est plus qu’inquiet lui aussi et le fait savoir à ses deux amis : « Moi aussi j’ai peur pour notre peuple. »
¼dipe et Juventas s’étonnent tous les deux de la réaction de celui qui a tué hier quatre Saints de bronze.
_ « Cela m’étonne de la part d’un proche de Baucis !
_ Comme ¼dipe, moi Juventas suis surprise. Il est vrai que tu as pour réputation d’être de toutes ses conquêtes celle qu’elle affectionne le plus. »
Seuls le nez et la bouche du fier Androgée sont visibles, mais il ne faut pas plus que son sourire pour deviner la beauté dont fait preuve l’Alcide : « Avant de penser à ma personne, je me soucis d’abord de notre citadelle et de notre déesse. C’est pour ça que je vais me joindre à Baucis lors de l’arrivée des navires athéniens. Mon aide lui sera utile j’en suis convaincu. »
Hébé clôt enfin le débat en refermant derrière elle les portes de ce sénat : « Qu’il en soit ainsi ! ¼dipe fera le tour de l’île en s’assurant que nos hommes sont en place et Juventas assurera ma protection. Que tout le monde soit sur le qui-vive ! »


A quelques kilomètres des côtes d’Yíaros, les navires athéniens, à proximité, ralentissent leurs courses en pleine mer Egée.
La suite de cette Guerre Sainte est imminente…

202
Salut.
Merci beaucoup pour tes commentaires. Pas de saison 4 de prévu cependant. Désolé.

203
Félicitations O_Sensei et bon voyage.

Si tu as la possiblité de rencontrer Araki, j'ai une petite question à lui poser :
- Seriez-vous prêt à superviser de nouveaux travaux sur la licence "Saint Seiya" (fanboy oblige) ?

D'avance merci.

204
Je viens de lire un peu les nouvelles et en effet, il s'agit simplement de droit de diffusion de la série.

Maintenant, ça n'annonce aucune suite éventuelle.

205
シナラムから日本へ / Re: Dessins animés du moment
« le: 10 Janvier 2011 à 23h14 »
Heu... Je ne sais pas moi...

Par Dybex p-ê?   :mdr:
Je me doute que ce sera Dybex si une sortie était à prévoir -_-.
Ce que je demande, c'est si il y a bien prévision d'une sortie ou non ?

206
シナラムから日本へ / Re: Dessins animés du moment
« le: 7 Janvier 2011 à 22h17 »
Citation de Manga-News
Oad pour High School of The Dead

Le 7ème tome d'High School of The Dead qui sortira au Japon le 9 avril prochain aura droit à 2 éditions. L'édition normale ainsi qu'une édition limitée contenant une Oad. Celle-ci sera au format Blu-ray et durera 20 minutes. Elle contiendra un épisode original intitulé Drifters of The Dead.En France, la série est disponible chez Pika.

La journée du 13 avril avait commencé comme une matinée ordinaire au pensionnat de Takashi. Mais alors qu’il sèche les cours et s’apprête à faire une petite sieste sur la terrasse de l’établissement. Il aperçoit devant le portail un professeur se faire dévorer par ce qui semble bien être un mort-vivant... Tout bascule alors dans l’horreur et le gore. Takashi va tenter de quitter l’enceinte de l’établissement en compagnie de Rei, son amie d’enfance. Elle sera accompagnée de quelques autres élèves et Mlle Marikawa, l’infirmière sexy et étourdie. Mais rien ne dit que la situation sera plus reluisante à l’extérieur...Le monde est contaminé par une maladie qui transforme les humains en morts-vivants. Des lycéens ainsi qu’une infirmière scolaire s’engagent alors dans une course effrénée pour essayer de leur échapper. Contre les morsures et autres griffures, les voilà armés de battes de base-ball, de piquets et tout ce qui permet de broyer les crânes des infâmes créatures… La lutte pour la survie commence… Et il n’y a pas d’antidote !
Bon, j'ai craqué, j'ai commencé à m'y mettre.

Merci à Dybex de proposer la série en streaming.

Je voulais savoir si une sortie DVD chez nous était à prévoir ?

207
シナラムから日本へ / Re: Dessins animés du moment
« le: 31 Décembre 2010 à 15h18 »
Je ne connais pas trop le manga, mais j'ai laché la version animée après six épisodes... L'histoire n'avait pas avancé d'un demi subpixel durant six d'épisodes... -_-
Mince, d'un coup tu brises mon élan.

Je fais quoi alors ? J'achète ou pas  :^^;: ?

208
シナラムから日本へ / Re: Dessins animés du moment
« le: 29 Décembre 2010 à 20h51 »
Mince, ça me donne quand même envie d'essayer ce manga :mouais:...

209
Only for Love / Chapitre 17
« le: 26 Décembre 2010 à 16h11 »
PARTIE 2/2 :

Au Sri Lanka, Shiva aide Aghora à se maintenir debout tandis que Krishna sort de la mer agitée sans difficulté.
Sa cosmo énergie se décuple de seconde en seconde depuis le début du combat.
_ « S’il continue ainsi, il finira par être plus fort que nous deux réunis. Il faut… »
Aghora n’a pas le temps d’achever sa phrase que Krishna apparait devant eux et envoie un violent coup de tête en pleine colonne nasale du grand chevalier.
Shiva venge son ami, en frappant Krishna d’un violent crochet du droit dans le dos.
Krishna se retourne, en libérant son bras droit pour frapper dans la foulée Shiva.
Shiva s’accroupit et évite la contre-attaque du Sri-lankais.
Il répond par un puissant uppercut en plein menton.
Aghora riposte enfin en déployant à nouveau sa technique : « Renge Bakusai Ken ! »
Cette fois-ci, bien qu’il réussit à se retourner, Krishna ne peut contrer et encaisse ce coup à pleine puissance sur une courte distance.
Il recule seulement de quelques pas mais retombe à genou, le torse couvert d’ecchymoses.
Shiva choisit de l’achever en le frappant du plat du pied droit au visage mais, bien que lui tournant le dos, Krishna heurte sa jambe avec son coude droit.
L’impact de sa chair à nue contre une Cloth d’argent n’a pas d’autre effet que la fracture de tous les os de son bras.
La puissance de l’impact le fait rouler sur le côté, ce qui lui permet toutefois de récupérer sa lance, qu’il avait auparavant envoyée sur Shiva avec sa main gauche et d’éviter un choc trop violent au visage.
Shiva ne lui laisse pas le temps de se relever et effectue avec ses pieds un ciseau acrobatique pour lui fracasser l’épaule gauche.
Krishna use d’ingéniosité, il laisse ses omoplates toucher le sol pour esquiver le coup. Grâce aux muscles de ses cuisses et sa ceinture abdominale minutieusement travaillée, il se remet aussitôt sur ses genoux. Ainsi, il lance en arrière sa lance derrière la cuisse droite de Shiva, non protégée de sa Cloth à cet endroit, pour la lui transpercer.
Blessé dans les airs, Shiva ne peut se réceptionner de la figure délicate qu’il a tentée et s’échoue lamentablement le visage dans le sable, en se plaignant de la douleur.
La pluie nettoie les plaies du futur Marina.
Il prend appui avec sa main sur le sable chargé d’eau pour se relever mais se fait immédiatement faucher par Aghora dont le poing se dirige déjà dans sa direction : « Renge Bakusai Ken ! »
Krishna encaisse en plein crâne le Coup de Poing Explosif du Lotus et se retrouve la tête encastrée dans le sable humide, d’où ressort une incroyable quantité de sang.
Aghora enjambe son adversaire plus mort que vif pour rejoindre Shiva mais se fait retenir le tibia par la main encore valide de Krishna.
_ « Tu en veux encore ? »
Le Saint du Lotus concentre dans son poing tout ce qu’il lui reste de cosmo énergie.
Au moment de prendre son élan pour achever son adversaire, il est retenu par un mur invoqué par la Grande Lumière : « Maha Roshini ! »
Aghora est rejeté en arrière, totalement secoué et à bout de forces.

Lorsque l’éclat lumineux se dissipe, Shiva distingue difficilement le Thosien, en position assise, lévitant devant eux à deux mètres au-dessus du sol, les deux mains dans le giron, malgré son bras droit cassé, avec les paumes vers le dessus et les pouces qui se touchent, symbole de méditation et de concentration.
 
Plus loin, Hasu se met à genoux et hurle à pleins poumons à l’intention de son professeur : « Vous n’êtes qu’un monstre sans c½ur ! »
Un nouveau craquement d’os vient en réponse à Hasu.
Cette fois-ci, le poing serré, le Thosien vient de cogner fort l’épaule du malheureux Athénien qui lui sert de sac de frappe.
Hasu se relève, le visage crispé par la colère.
Son habituel regard chétif s’est transformé en véritable regard carnassier.
La douce enfant dégage autour d’elle une cosmo énergie couleur verte que ne distingue pas l’ennemi, tant il est amusé par sa torture.
La voix d’Hasu se fait impérative et froide envers le bourreau : « Arrête ! »
Le Thosien prend ça à la rigolade : « Tu as raison, j’en ai encore neuf autre à éliminer après celui-ci et avant de m’amuser avec toi. »
Un de ses complices, celui qui est plus petit mais tout aussi robuste, s’inquiète : « Attends ! Je ressens un profond malaise. De cette jeune fille se dégage une puissante énergie. Comme si elle l’avait caché jusqu’ici. »
Le meneur déclare avec insouciance : « Ne dis pas de sottises, elle n’est qu’un jouet avec lequel je vais… »
Soudainement, il est éclaboussé de sang : « … Mais… Qu’est-ce que… »
Son comparse, qui l’a prévenu il y a quelques secondes, se retrouve la poitrine transpercée par un poing délicat aux doigts fins.
Le colosse lâche sa victime et recule stupéfait jusqu’à ses trois autres amis sous le choc…
 
Dans la forêt où attendant patiemment les prêtres, l’un d’eux assis sur la Pandora Box de la Couronne Australe, sent une chaleur inattendue lui incendier la peau.
Lorsqu’il bondit du caisson métallique, sa toge s’enflamme subitement.
Ses semblables sont trop occupés à éteindre le feu pour remarquer, qu’en un éclair, l’urne s’est vidée…
 
Sur la plage, Hasu se défait du corps qu’elle vient d’empaler en le dégageant sur le côté. L’averse nettoie le sang ennemi qui souille sa peau et sa robe maintenant tachée.
Inopinément, son corps est baigné d’une lumière et est soulevé du sol.
L’objet provoquant cette lueur verdâtre forme un totem de bronze sous la forme d’une couronne de feuille.
Shaka murmure en souriant : « Même un lotus aussi beau et doux qu’Hasu peut renfermer derrière ses pétales délicats une force hors du commun. »
L’armure se sépare et prend forme en un éclair sur la belle demoiselle.
Couvertes de ses pieds, surélevée par des talons aiguilles, jusqu’en haut de ses tibias par des jambières vert pomme, ses membres inférieurs finissent d’être habillés par des genouillères marrons qui couvrent également le bas de ses cuisses.
Cette couleur de feuilles mortes est également celle de ses épaulettes aux pointes acérées et du bustier qui couvre sa petite poitrine.
La couleur vert clair se retrouve à hauteur des pièces du thorax et des avant-bras qui la couvrent avec élégance.
Un diadème, en forme d’une couronne de feuille couvre le tour de son crâne et, enfin, une ceinture de bronze lui protège la taille et maintient contre elle sa robe blanche dont le bas retombe comme un voile sur ses jambières.
Comme si c’était une évidence pour Hasu, sans même se demander pourquoi elle est reconnue Saint, elle fait face à ses adversaires qu’elle toise avec dédain.
Le leader des quatre Thosiens restants, passe derrière ses amis et les pousse dans le dos par crainte des représailles.
Envoyés à l’assaut, les trois acolytes découvrent qu’au-dessus d’eux la pluie a cessé.
Seules des feuilles mortes tombent du ciel.
Ils remarquent ensuite que le sable de la plage s’est dérobé et que leurs pieds piétinent des écorces d’arbres couchées au sol.
Enfin, lorsqu’ils cherchent du regard leur adversaire, ils découvrent Hasu les mains grandes ouvertes dans leur direction : « Je m’étais promis de ne plus utiliser cette technique que j’ai appris durant mon entraînement de femme chevalier mais vous ne me laissez pas le choix… »
Face à ses propos, les trois Thosiens se jettent sur Hasu et s’enfonce dans la nature morte : « Still Life ! »
Immédiatement, les feuilles qui arrivent du ciel tombent comme de lourds poids tranchants, tandis que les écorces d’arbres rejoignent de la même façon les feuilles pour créer une explosion après que feuilles et écorces entrent en contact.
Le Still Life broie les os et lacère les chairs ennemies.
Le dernier Thosien protège ses yeux suite à la centaine de détonation qui retentit en une seconde.
 
Sur le petit périmètre où se trouvent Hasu, Shaka, ses disciples et le dernier Thosien, le déluge retombe à nouveau.
Le nuage de sable soulevé par l’explosion se dissipe peu à peu, ne laissant rien de la nature morte instaurée par le nouveau Saint de bronze de la Couronne Australe.
A moitié ensevelies dans le sable, les dépouilles thosiennes des trois hommes démembrés gisent.
Les disciples athéniens les moins éprouvés aident les autres à se relever.
Hasu, elle, avance vers la montagne de muscle qui recule au fur et à mesure que son ennemie approche.
Il a à peine le temps de cligner des yeux que cette dernière disparait.
Brusquement, la route du titan est stoppée par un mur qui n’est autre que la main droite d’Hasu qui fait pression contre son dos.
Le Thosien avale sa salive et se retourne pour frapper son adversaire.
D’un bond prodigieux la Saint esquive le coup et tournoie sur elle-même dans les airs tandis que le poing du monstre s’écrase dans le sable.
Avec l’élan accumulé par son mouvement rotatif, Hasu décoche un coup de pied retourné derrière la nuque du Thosien dont les os se brisent sur le coup.
La victoire athénienne est acquise.

Hasu reste droite, le regard figé sur son adversaire.
Ses yeux plein d’animosité, reprennent leur air habituellement si fragile.
Elle fait la moue en voyant le massacre dont elle est responsable.
Inopinément, une main chaude et pleine d’ondes positives se pose sur son épaule et lui fait perdre pied.
Elle reconnait Shaka qui pour la première fois depuis leur échange amoureux de la veille vient vers elle.
Pourtant, le discours tenu par Shaka n’est pas celui qu’elle attend.
_ « Voilà pourquoi je ne suis pas intervenu.
_ Je ne voulais pas me battre.
_ Lorsque nous nous sommes rencontrés au Sanctuaire, tu as renoncé à ton apprentissage de femme chevalier pour suivre la voix de la sagesse en devenant prêtresse. Cependant je sentais en toi un fort potentiel. Dès le départ, mon envie de faire de toi mon élève en t’amenant en pèlerinage avec les autres était destiné à te faire comprendre qu’aider Athéna, par l’esprit ou par la force, n’était pas irrémédiablement dissociable. Tu as davantage instruit ton esprit et tes connaissances du monde grâce à Bouddha. La clairvoyance que tu as acquise durant ce pèlerinage t’a permis de sauver tes camarades en associant cela à tes aptitudes de femme chevalier.
_ Donc, si j’ai bien compris, mon destin a toujours été d’être une femme chevalier.
_ Tu es pure et fidèle à Athéna et par extension, à Bouddha. En étant à la recherche de ton moi intérieur tu t’es remise perpétuellement en question, dans l’unique but de servir Athéna. Mû a également reconnu ton potentiel lors de notre passage à Jamir et a vu dans le ciel ta constellation briller de mille feux… »
Shaka arrache une partie du tissu qui couvre la moitié de son torse et l’adresse à Hasu : « Nous sommes pairs à présent, tu es toi aussi un Saint. »
Hasu se saisit du vêtement, non sans caresser les doigts de son amant d’un jour.
Elle l’enroule autour de son visage pour dissimuler sa féminité comme le veut la coutume, en attendant de reprendre son masque de femme chevalier qu’elle a laissé en Grèce.
Après cet échange, Hasu reste auprès de ses amis pour les aider à se relever, tandis que Shaka rejoint les deux Saints d’argent en difficulté.
 
La vue d’Aghora et de Shiva se trouble.
Cela fait la deuxième fois qu’ils sont repoussés par ce mur invisible instauré par Krishna.
Ils s’apprêtent à s’y jeter une nouvelle fois quand la voix de Shaka venue de derrière eux leur défend : « Arrêtez ! »
Les deux amis s’exclament en ch½ur : « Maître Shaka ! »
_ « Maha Roshini signifie en hindi Grande Lumière. Cet homme a pris la position parfaite du yoga et maitrise la Kundalini. Cette énergie lui permet de traverser ses sept chakras et abouti à la réalisation de soi. Hormis la perte momentanée de la vue causée par cette Grande Lumière, vous n’arriverez à rien et votre adversaire finira pour vous annihiler, en vous écrasant avec son cosmos de plus en plus grand. »
Krishna prend enfin la parole : « A ces sages paroles je peux reconnaitre le célèbre Shaka. »
Les deux disciples se regardent tout penauds : « Célèbre ? »
_ « Je me doutais bien que tu viendrais ici tôt ou tard, après tout tu n’en es plus à un mort près parmi ton peuple d’origine.
_ Je ne cherche pas le conflit, d’ailleurs la communauté thosienne est saine et sauve, je me refuse de faire souffrir des innocents. Rends-moi le rosaire de Bouddha et je te laisserai la vie sauve.
_ La vie sauve ? La vie sauve ! Combien de temps le restera-t-elle ? Si ce n’est Athéna qui ne cesse les guerres inutiles, ce sera tôt ou tard Hadès qui viendra posséder le libre arbitre de tout un chacun en instaurant un monde de mort ! Mon village a tellement souffert il y a plus de deux-cents-ans du Lost Canvas d’Hadès qu’aujourd’hui nous ne sommes plus qu’une vingtaine de thosiens. Athéna n’a jamais réussi à changer le monde, pire, elle accepte sa détérioration, en menant une vie en compagnie des hommes.
_ Crois-tu qu’une Terre dévasté par les dieux permettra au monde de mieux se porter ?
_ Je crois en l'avènement d’une nouvelle ère de paix qu’instaurera Poséidon. Le sacrifice de la race humaine entière m’est indifférent car aujourd’hui Athéna n’est pas à la hauteur. Les prises de positions du Sanctuaire en Egypte il y a quelques années et contre le dieu Shiva récemment, prouvent son incapacité à enrayer les misères de ce monde et montrent qu’elle ne peut rien contre la guerre, la maladie, la famine et la pauvreté. Malgré cela, je n’en veux pas spécialement à Athéna, ce monde est pourri jusqu’à la moelle, même toi Shaka, le chevalier originaire de l’Inde qui tue les siens en obéissant aux ordres d’Athéna lorsqu’il vient affronter le dieu Shiva sur sa terre natale. Toi aussi tu es victime de ce poison qui pervertit les hommes.
_ Je t’accorde que l’être humain s’acharne à détruire et à corrompre tout ce que la nature lui a offert. Toutefois, c’est parce qu’elle comprend les hommes et qu’elle les aime pour leurs qualités et leurs défauts qu’Athéna s’acharne à maintenir un équilibre de paix sur cette planète. Si demain cet équilibre instauré par Athéna se rompt, la planète plongera dans le chaos, c’est une vérité, tout comme le mal absolu ou la justice parfaite n’existe pas… »
Tout en poursuivant son discours, Shaka se positionne sur le sol, jambes croisées, une main tournée vers le ciel et l’autre vers le sol, paumes vers l’avant, afin d’atteindre le stade de l’harmonie parfaite : « … Chacun considère ce qui est bien ou mal selon ses propres critères. Les dieux Egyptiens et Shiva ont contesté l’autorité d’Athéna, l’autorité de ce que je juge être le bien. Je n’ai pas à justifier d’avoir affronté un des dieux de ma terre natale. Et tant que je raisonnerai de la sorte, j’éliminerai tout ce qui fait obstacle à ma déesse, y compris toi, qui aujourd’hui souhaite la priver d’un instrument essentiel à notre victoire contre Hadès lorsqu’il reviendra sur Terre. »
Le cosmos de Shaka illumine les cieux et dégage les nuages, la pluie cesse enfin : « Om ! »
La cosmo énergie dorée de Shaka continue de se dégager à tel point que l’effluve de son aura forme derrière lui une statue de Bouddha.
Cette même aura vient corroder le grand mur lumineux de Krishna qui se brise et le renvoie contre le sol, libérant au passage le rosaire de Bouddha de son bras gauche pour le laisser s’échouer sur le sable à égale distance entre lui et Shaka.
 
Un sourire malicieux se dessine sur le visage du Saint d’or qui se relève et avance doucement en direction du chapelet objet de toutes ces querelles.
Mais lentement, la Vierge perd son sourire, car il distingue ramper sur le sol le fidèle fanatique de Poséidon.
Shaka est le premier étonné : « Serait-ce… l’ultime cosmos ? Aurait-il réussi à survivre jusqu’ici grâce au septième sens ? Sa volonté d’honorer son empereur est tout à fait louable et c’est ce qui le pousse à se surpasser… Je dois en finir immédiatement. D’ici quelques mois, cet homme pourrait devenir l’égal d’un Saint d’or s’il poursuit dans cette voie. »
Le corps de Krishna est soulevé du sol indépendamment de sa volonté et est soufflé comme un fétu de paille : « Tu vas subir une attaque qui surpasse la connaissance humaine, une attaque où l’homme entrevoit dieu par le cosmos avant de succomber… La Capitulation du Démon va calmer tes ardeurs. Tenma Kofuku ! »
Une incroyable vague de cosmos frappe toute la surface du corps de Krishna ainsi que l’intérieur de celui-ci.
Le futur Général de Poséidon tombe inconscient dans la mer redevenue calme après la démonstration de force de Shaka.
L’ensemble de ses disciples se joignent à lui pour le féliciter et l’admirer.
Hasu ramasse le rosaire de Bouddha qu’elle vient enrouler avec délicatesse autour du poignet de son professeur qu’elle admire avec des yeux débordant de passion.
 
Au loin, les prêtres sortent de la forêt pour profiter du soleil et afficher une mine enjouée en constatant la victoire athénienne.
 
Le mouvement marin rapporte sur la plage le corps sans vie de Krishna ce qui satisfait le Saint d’or qui lève la tête vers le ciel : « Il est temps pour le rosaire de Bouddha de regagner la maison de la Vierge et pour nous de retourner auprès d’Athéna. »
Malgré les nombreux blessés, tous rient en entendant cette annonce.
Le pèlerinage est fini…


De son côté, à Jamir, dans la grande tour sans porte, à l’étage au-dessus duquel la paisible Médée poursuit son sommeil profond, Mû presse les tiges de l’Epaphos desquels s’écoule une sève qu’il mélange aux pétales dorés de la fleur dans une écuelle.
Il ne prend pas le temps de soigner ses plaies et concentre tous ses efforts dans la mixture qu’il s’en va prodiguer à son épouse.

Il en souille de ses pieds sales le grand tapis qui couvre la quasi-totalité de l’archaïque plancher de cette antique bâtisse.
Il emprunte un vieil escalier de bois pour rejoindre sa belle.
Le Muvien ôte le masque, encore endommagé, de la jeune femme après son combat contre Fyodor.
Il essuie la sueur qui perle du front de sa bien-aimée avec une serviette humide et chaude, qu’il a trempé au préalable dans l’immense marmite suspendue au-dessus du grand feu de cheminée qui illumine la pièce.
Ainsi, il dégage les mèches vertes de son front où sont présents deux points de même couleur, symbole de leurs origines communes.
Ses doigts lavés dans l’eau bouillante, Mû les glisse sur le visage de Médée dont il écarte les petites lèvres charnues pour y amener le bol et la forcer à boire.
Puis, le Tibétain reste de longues secondes à épier le moindre mouvement…

Malheureusement, ce qu’il espère ne se produit pas et elle reste immergée dans son sommeil.
Abattu par cela et affaibli par son âpre combat contre Io, Mû s’essuie le corps avec la serviette encore chaude.
Il rejoint son épouse, s’allonge à ses côtés et la serre fort dans ses bras.
Epuisé et déboussolé, il cherche le sommeil dans cette couche en osier.
Il le trouve en se laissant guider, par un délicat baiser…


Médée, revenue peu à peu à elle, l’observe avec admiration de ses grands yeux rosâtres.
La magnifique Muvienne prononce d’une voix envoutante : « Dors à ton tour mon amour… Que ma passion pour toi te conduise au pays des rêves et te ramène à une réalité que tu as encore bonifiée en cette journée où je suis revenue en ce monde, grâce à toi. »
 
 
Devant le village de Thosa, sur la côte ouest du Sri Lanka, les nuages approchent à nouveau le rivage.
La plage est désormais jonchée des cadavres thosiens.
L’eau a beau rester calme, les vagues attirent vers elle le corps de Krishna au lieu de le repousser sur le sable.
Brusquement, une vague d’un demi-mètres inonde toute la plage et ne repart à la mer qu’après avoir dérobé totalement le futur Marina.
 
Tandis qu’en Grèce les troupes d’Athéna se rejoignent au Port du Destin après avoir débarquées incognitos en Crète, Kanon poursuit dans l’ombre l’enrôlement dans l’armée de Poséidon d’éléments qui se découvrent des facultés de plus en plus proches de celles des Saints d’or…

210
Only for Love / Chapitre 17
« le: 20 Décembre 2010 à 15h18 »
Chapitre 17

Tandis que l’armée athénienne prend la mer ce 5 mars 1985 en quête de revanche contre Hébé, Shaka et Mû poursuivent les pistes laissées par Krishna et Fyodor lors de leurs passages à Jamir.

Autrefois appelée l’île de Ceylan, le Sri Lanka se situe à cent-kilomètres au sud-est de l’Inde.
C’est sur la côte ouest que se dirige Shaka ainsi que ses élèves et les prêtres du Sanctuaire.
Estimée à plus de dix-neuf-millions d’habitants, la population, majoritairement bouddhiste, tient toutefois à conserver ses origines et ses coutumes de vie. Il n’est donc pas étonnant de trouver dans les jungles du centre de l’île, des aborigènes, ou encore, sur la côte ouest justement, un village d’adorateurs du dieu Poséidon.

Quelque part entre les villes d’Adapparagama et de Willarawadiya, dans une zone forestière humide et inhabitée, Shaka sent sous ses pas que le sol terreux est désormais couvert de quelques roches.
Il s’arrête alors et déclare : « Nous y sommes… »
Derrière lui, Shiva et Aghora qui portent fièrement sur leurs dos les Pandora Box que leur maître leur a remis en route, mènent le pas aux autres et s’extasient.
_ « Ouah, commence Shiva… Mais… C’est…
_ Un temple bouddhiste, complète Aghora !
_ Effectivement, atteste Shaka, il s’agit ici d’un temple abandonné. Ce lieu de recueil marque la limite avec Thosa… »
Les autres disciples rejoignent leur maître en compagnie des membres du clergé athénien dont la jolie Hasu.
Les apprentis portent à tour de rôle la Pandora Box de la Couronne Australe que Mû a confié à Shaka.
 
Un fleuve passe devant un temple au toit arrondi. Le bâtiment dresse en son sommet une pointe qui s’élève haut dans les cieux.
Les vitraux sont tous cassés, les murs fissurés s’effritent depuis l’extérieur.
Shaka emprunte l’escalier fait de vieux plâtre et de béton devenu sablonneux.
Il est suivi de près par l’ensemble de ses disciples.
Les prêtres, eux, s’avancent paisiblement aux abords de cette eau fraîche.
Certains en profitent pour boire et remplir leurs gourdes, d’autres défont leurs sandales et trempent leurs pieds abîmés par la marche.
 
Shaka ouvre en grand les portes du sanctuaire et se sent comme aspiré par une puissance bienfaitrice.
L’intérieur contraste totalement avec l’apparence extérieure.
Il est lumineux, propre et accueillant.
Le sol est carrelé de marbre et mène, sous forme de chemin délimité par des fleurs colorées et même quelques arbres fruitiers, à une immense statue en or de Bouddha couché sur le flanc droit, les deux mains jointes pour faire appui à son visage paisible et souriant.
Shaka s’assied en position du lotus juste devant la statue qui est surélevée d’au moins un bon mètre sur une estrade taillé dans la pierre.
Il fait face à ses adeptes qui l’imitent.
Durant de longues minutes, ils restent à méditer sans parler.

Dehors, les Athéniens ramassent quelques fruits qu’ils savourent.
Ils observent la faune composée de nombreuses espèces menacées tel que des guépards, des léopards, diverses espèces de singes et des éléphants.
Etrangement, comme si l’onde gardienne de Bouddha protégée les lieux, ces animaux prolifèrent dans le secteur et ne s’attaquent pas aux hommes.
Convaincue qu’ils sont avant tout protégés par le cosmos de Shaka, Hasu ne quitte pas des yeux l’intérieur du temple, en quête du Saint d’or de la Vierge.


Pendant ce temps, bien loin de là, à huit-cent-cinquante kilomètres des côtes du Chili, à proximité de l’île de San Ambrosio, Mû et Kiki apparaissent sur l’île de San Félix.

Plus petite que sa voisine, caractérisée par deux petits pics s’élevant à cent-quatre-vingt-treize mètres et dénudés par le vent, San Félix baigne dans l’océan Pacifique.
D’origine volcanique, San Félix ne dispose pas de source permanente d’eau douce et les seuls vertébrés y vivant sont des oiseaux.
La végétation est une mosaïque miniature de fourrés, de déserts, d’arbres aux tailles différentes, de buissons mélangés aux fougères et aux plantes vivaces.
Les récits du Sanctuaire rapportent qu’elle est réputée pour les bienfaits que procure une plante capable de lutter contre les substances hallucinogènes et autres méfaits de créatures mythiques, l’Epaphos.
L’Epaphos doit son nom à un fils de Zeus que lui donna Io dans la mythologie.
 
En cette époque contemporaine, bien qu’elles soient encore mal connues, la faune et la flore ont présenté un grand intérêt scientifique.
De nombreux états ont envoyés leurs chercheurs pour y prélever des échantillons et pour observer l’environnement avant une catastrophe climatique il y a seize ans.
Depuis, l’île est inoccupée.
En effet, les conditions de vie ont fait déchanter beaucoup de monde.

C’est donc en toute quiétude, qu’au sommet d’un pic montagneux de l’île, apparaissent les deux silhouettes qui prennent petit à petit forme humaine.
Mû, de son mètre-quatre-vingt-deux, surplombant Kiki d’un mètre-trente.
Pourtant, c’est la plus petite qui s’agite en première.
L’enfant de sept ans, de toute sa jeunesse, sautille pour se réchauffer du vent qui glace la pointe rocheuse.
Mû, moins expressif recoiffe calmement ses cheveux mauves pourtant attachés.
Il se gratte le front, à hauteur des deux points qui marquent sa peau au-dessus de ses yeux, symbole de son appartenance au peule de Mu.
Habillé d’une tenue traditionnelle tibétaine, il est couvert d’un voile gris enroulé le long de son corps et qui descend sous forme de robe à hauteur de la ceinture.
_ « Félicitations Kiki ! Tu as réussi une téléportation sur une longue distance. Tu as fait de très grands progrès, je suis fier de toi. Maintenant j’aimerai que tu retournes veiller sur Médée. Je n’aime pas la savoir seule dans cet état.
_ Merci maître, je retourne de ce pas à Jamir. »
L’enfant repart aussi vite qu’il est arrivé en laissant son professeur visiter l’île à la recherche de cette fleur…
 
 
Sur la côte ouest du Sri Lanka, toujours assis dans le temple, jambes croisées devant ses apprentis, Shaka raconte : « Ce temple a été cédé, il y a des millénaires. Les adeptes de Poséidon du village côtier de Thosa ont voulu chasser toute forme de vénération autre que la leur. Depuis, personne n’ose approcher les environs. Le nom du village, Thosa, est un hommage à une nymphe avec qui Poséidon eu pour fils le cyclope Polyphème. Les Thosiens sont des partisans de Poséidon et se trouvent en bord de côte, sur un bras de l'océan Indien s'étendant d'est en ouest entre l'Inde et le Sri Lanka, le golfe de Mannar… »
 
Dehors, un vol d’oiseaux effrayés passe au-dessus des prêtres qui se regroupent devant le palais.
Craintifs, ils sentent qu’un profond malaise anime la faune qui s’échappe subitement
Ils ne remarquent pas la sortie du temple des disciples de Shaka.
La voix de Shiva les fait sursauter : « Le vent du bord de mer les inquiète. Il est imprégné des prières des Thosiens. Nous sommes proches d’eux. »
Le reste de la communauté quitte le temple que referme avec délicatesse Shaka.
Alors qu’il passe aux côtés d’Hasu, celle-ci caresse avec finesse la main de son amant.
Immédiatement, Shaka tourne le visage dans une direction opposée à la sienne, comme s’il la rejette après les instants de tendresse passés ensemble la veille à Jamir. Sans lui donner la moindre explication.

Le groupe reprend alors la route et, après une demi-heure de marche, la pluie le poursuit.
A mesure qu’il s’enfonce en direction de Thosa, il rencontre une multitude de reptiles.
Les pluies diluviennes, conjuguée à une température avoisinant les 35°C, n’aide en rien les Athéniens qui commencent à se sentir fiévreux.
Néanmoins Shaka ne ralentit pas.
Et pour cause : « Nous sommes arrivés ! »


La jungle débouche sur une petite clairière au sol sablonneux, proche du rivage.
L’équipe du chevalier se masse derrière lui pour observer un peuple à la peau ébène, comme Krishna, où les enfants jouent et rient malgré le déluge.
Les femmes ramassent l’eau de pluie tandis que certains hommes reviennent de la pêche en poussant dans des chariots des masses de poissons prisonniers dans des filets.
Au loin, en bord de mer, en contraste total avec les décors indiens de ce magnifique pays, une paroisse, aux colonnes doriques, ornée en son entrée par la statue d’un homme à la musculature imposante, nu, au visage fermé et couvert d’une longue barbe, pointant en direction de la plage un trident, domine la vingtaine d’habitations thosiennes.
 
Shiva commence à s’avancer en faisant craquer les os de ses poings : « La statue de Poséidon ! Un prieuré à son culte ! Nous sommes bien arrivés ! Bien… Nous n’avons pas une minute à perdre, retrouvons celui qui se fait appeler Krishna. »
Il est aussitôt rappelé par Aghora qui le tire par la manche.
Shaka adopte un ton impérial : « Apparemment, l’ensemble des Thosiens se réunit au fur et à mesure dans le village. Je n’y sens aucun cosmos important. Notre homme doit encore se trouver sur la plage. Il y a de nombreux innocents ici, évitons de nous faire remarquer. »
 
Les pèlerins reviennent sur leurs pas et longent la forêt pour rejoindre le bord de mer.
A l’avant, Shiva et Aghora devancent les douze autres disciples.
Aghora, pourtant le plus calme et le plus réfléchit des deux, s’interroge : « Pourquoi devons-nous donc épargner ce peuple ? Ces gens ne reconnaissent ni Athéna ni Bouddha. Pire, il glorifie un dieu hostile à nos croyances ! »
Shiva qui glisse ses pouces entre les lanières en cuir de sa Pandora Box et ses épaules soupire : « Pff… Ces Thosiens ne méritent que notre mépris, comme tous les faibles qui n’ont pas trouvés la voix de la sagesse au travers des paroles de Bouddha d’ailleurs ! »
Derrière eux, les douze élèves écoutent leurs modèles.
Certains sourient en se préparant à passer à l’action, d’autres craignent justement de devoir mettre pour la première fois en application les leçons de leur seigneur Shaka.
Il a beau les instruire à la maitrise de la cosmo énergie et aux mantras protecteurs, certains appréhendent malgré tout de devoir les mettre en application.


Plus loin, Shaka donne les instructions aux prêtres athéniens.
Ceux-ci devront attendre son retour en restant cachés dans la jungle et en veillant sur la Pandora Box de l’armure de bronze de la Couronne Australe qu’ils doivent rapporter en Grèce.
A la droite de Shaka, la belle Hasu attend patiemment que le Saint d’or remarque au moins sa présence…
 
 
Sur l’ile de San Félix, bien que les bourrasques soient violentes, la météo est clémente, le soleil fait quelques apparitions entre deux nuages.
Voici plusieurs heures que Mû observe fleur par fleur l’ensemble des espèces présentes sur cette île.
Or, il peine à trouver celle aux pétales dorés, aux tiges longues et orangées qui contiennent cette sève qui pourrait être bénéfique aux méfaits provoqués par Fyodor sur Médée.
Le placide Bélier finit par être tourmenté par l’absence de ce remède.
Dans les reliures dont il dispose dans sa tour de Jamir, rien n’indique à quel endroit précis il faut chercher.
De plus, après avoir fouillé le centre de l’île de fond en comble, il n’a hélas rien trouvé.
 
Alors, il remonte jusqu’au sommet pour observer les côtes et mieux découvrir les seuls lieux où il n’est pas encore allé.
Là, il distingue une immense vague qui engloutit le sud de l’île.
Surpris par un tel phénomène, Mû dévale les roches en quelques secondes et approche les récifs couverts d’eau salée.

De nombreux rochers ont été arrachés et avalés par la mer.
Pourtant, à sa grande surprise, une femme qui est de dos, se tient au bord d’une falaise d’au moins six-mètres au-dessus de l’Océan Pacifique.
Elle surplombe une plage de galets.
Elle est habillée d’une robe azur et ses cheveux bleus sont drapés d’un léger voile transparent. Elle semble prier.
Sentant le danger, Mû l’interpelle : « Prenez garde mademoiselle ! »
Il court vers elle pendant qu’elle se retourne.
A cet instant, la belle grimace et le blanc de ses yeux devient jaune.
Sa peau rougie.
Sa mâchoire se déboite pour laisser apparaître de longues dents.
Abasourdi par la scène dont il est témoin, Mû ne sent pas venir six coups qui le frappent sur tout le corps avec une intensité phénoménale.
Six coups prenant la forme d’un ours, d’un loup, d’un aigle, d’une abeille, d’une chauve-souris et d’un boa.
Il est repoussé vers un rocher contre lequel il s’écrase violemment.
Secoué, la tête lui tourne et du sang coule en abondance de son crâne.
Pendant qu’il prend appui sur la pierre, il entend des pas venir derrière lui.
A première vue, la femme changée en monstre a disparu du bord de mer : « Pas de doutes, il s’agit d’une illusion engendrée par un puissant cosmos. »
A cela, un claquement de main lui répond.
L’homme qui vient dans son dos l’applaudit en souriant.
Vêtu d’un pantalon et d’un maillot noir, il marche dans des bottines grises et laisse le vent balayer ses longs cheveux fuchsias.
Mû se remet difficilement debout et invective l’inconnu : « As-tu perdu la raison ? J’aurai pu y laisser la vie. Quel est ton nom ? »
L’autochtone bondit depuis les trois mètres qui le tenaient à portée de Mû pour venir exposer face au Saint d’or son mètre-quatre-vingt.
_ « Tu te trompes, un homme normal aurait pu perdre la vie. Seul un être capable de jouer de sa cosmo énergie peut parvenir à survivre à ce genre de technique. La politesse voudrait que ce soit toi qui te présentes le premier, car je suis Io et tu te trouves ici sur mon île !
_ Je me nomme Mû. Mû de Jamir.
_ Jamir ? Oui, mon père m’en a déjà parlé. Je croyais qu’il s’agissait d’une légende. A ce que je vois nous sommes donc tous les deux les derniers membres de nos communautés respectives !
_ Les derniers membres ? Que veux-tu dire ?
_ Il y a seize ans, une équipe de chercheurs du Chili est venue suppléer celle déjà présente ici. Les scientifiques arrivaient chaque fois pour six mois avec, à leur bord nourritures, technologies de plus en plus avancées et de nouveaux surdoués de plus en plus instruits. Tout cela dans le but de percer les mystères naturels de cette zone. A bord du bateau, une jeune météorologiste, ma mère, me portant dans son ventre depuis six mois, venait pour étudier les nombreux cataclysmes dont est victime l’île durant toute l’année. »
Mû se permet de mettre en avant ses connaissances.
_ « Les îles Desventuradas… Voilà donc l’origine du nom de cet archipel…
_ Exactement. Dans ce bateau, un mystérieux matelot venait d’être engagé pour transporter le matériel. Il parlait peu, se tenait toujours à l’écart et était capable de se retourner une dizaine de fois en une minute, pour vérifier qu’il n’y ait personne derrière lui. Toutefois, malgré tous les mystères qui l’entouraient, il était serviable et charitable. Un mois seulement après le débarquement sur l’île, une immense tornade ravagea les installations des scientifiques qui périrent tous emportés par le vent et les eaux. L’intrus, au terme d’une concentration incroyable, parvint à repousser cette catastrophe climatique qui faillit de peu emmener ma mère qui venait d’être soufflée. Le choc fut intense. Malgré tous les efforts de l’étranger elle perdit beaucoup de sang et ma venue au monde prématurément n’arrangea pas son hémorragie. Elle mourut en me laissant seul avec l’exilé du Sanctuaire d’Athéna… »
Il sort de sa poche une pièce de monnaie qu’il balance au Muvien.
Le Bélier s’en saisit et passe sa main devant ses yeux pour dégager le sang qui y coule afin de mieux examiner l’écu.
Mû reconnaît parfaitement ce morceau de métal qui favorise les échanges commerciaux dans le Sanctuaire et les domaines annexés par celui-ci : « Un sacre ! Cela confirme que la personne qui te sauva la vie était du Sanctuaire. »
En entendant Mû prononcé le nom du domaine sacré, le regard d’Io se charge de haine : « Alors tu sais de quoi je veux parler ! En garde ! »
Sans crier garde, Io lance son poing en avant en hurlant de rage…
 
 
Pendant ce temps, à l’orée de la forêt de Thosa, les douze disciples du Saint de la Vierge ont gagné la plage.
Derrière eux, Shaka pose, pas par pas, ses pieds de façon légère dans le sable humide.
Ses deux mains sont jointes en direction du ciel et il recueille à l’intérieur l’eau de pluie qui tombe abondement.
Ses cheveux trempés sont plaqués en arrière, car il lève la tête en direction des nuages et du tonnerre grondant.
 
Alors qu’il a demandé au clergé de rester en retrait, Hasu suit Shaka en trainant les pieds.
Elle baisse la tête.
Cet homme magnifique aux yeux bleus et purs, qui lui a apporté tant de bonheur hier, est aujourd’hui hermétique à ses approches.
Des mèches de ses fins cheveux châtains noyés collent sur ses frêles épaules.
Sa robe blanche fendue dès le haut de sa cuisse gauche se fixe à sa peau et dessine avec grâce ses courbes sensuelles.
Des larmes se mêlent à l’ondée qui choit sur son visage et imprègnent ses grands yeux azurs d’une profonde souffrance.
Subitement, elle choisit de ne plus avancer ce qui alerte aussitôt le Saint d’or : « Que se passe-t-il… Hasu ? »
Pensant être plus discrète, elle garde le silence.
Sans même se tourner vers elle, Shaka ressent très bien le mal-être de cette magnifique jeune femme.
Froid, d’un ton insensible, il lui annonce : « Je suis le Saint d’or de la Vierge. Ma mission me pousse à ne pas m’attacher davantage… »
Touchée au plus profond d’elle par ce qu’elle vient d’entendre, Hasu serre les poings : « Nous ne serons pas toujours en temps de guerre. »
Shaka adopte un ton complaisant : « Malheureusement, mes longues discussions avec Bouddha m’ont appris que la mort est inévitable pour nous autres Saints d’or. Nous avons un rôle crucial dans l’équilibre de ce monde. Notre génération est celle où tout se jouera. »
Hasu sent une déchirure à l’intérieur même de sa poitrine, comme si son c½ur venait d’être fendu : « J’ai… J’ai abandonné Algol pour suivre la voie des prêtresses… Et finalement tu m’as détourné de mon chemin… »
D’une voix mielleuse, Shaka rectifie : « Non. Tu cherchais un meilleur moyen d’honorer ta déesse que par la violence. Limitée par ton savoir, tu as cru qu’être prêtresse suffirait. Alors je t’ai ouvert les portes de la sagesse. Aujourd’hui, après des mois de pèlerinage et de leçons, tu as presque atteint ton but. »
Hasu prononce difficilement : « Presque atteint… Qu’est-ce que cela signifie ? »
Shaka qui toise l’horizon n’en dit pas plus : « Tu m’as suivi alors que les prêtres sont restés en retrait. Tu ne peux plus faire marche arrière à présent. Pressons ! Le combat va commencer… »
 
Les apprentis, Shiva et Aghora en tête, distinguent au loin un homme s’entrainant à la lance.
Il effectue de grands mouvements de bras, tandis qu’autour de lui quelques pêcheurs tirent des filets dans lesquels sont regroupés leurs provisions pour les jours à venir.
L’homme à la lance, torse nu, les cheveux blancs en forme de crête sur son crâne et descendant dans le creux de son dos, accroit progressivement sa cosmo énergie.

Soudain, les pêcheurs stoppent leur activité et s’interrogent sur la façon dont ont pu arriver des étrangers jusqu’ici.
Pieds nus sur le sable humide, son pantalon bleu imprégné par la pluie battante, Krishna fait fi de l’arrivée de ses adversaires qui sont maintenant à quelques mètres de lui.
Autour de son bras gauche est enroulé le rosaire de Bouddha qu’il a dérobé à Fyodor, lui-même auteur du larcin à Jamir.
Il somme à ses semblables : « Ils sont venus chercher l’offrande que j’ai récupéré pour sa majesté Poséidon. »
Cinq pêcheurs se positionnent aussitôt devant Krishna et, d’un signe de la main, indiquent aux autres de regagner le village.
Ensemble ils déploient leur cosmo énergie.
 
Shiva qui leur fait maintenant face est amusé : « Oh… Quelle surprise ! Il semblerait que notre voleur ne soit pas le seul à posséder un cosmos important. Ça n’en sera que plus amusant. »
Shaka préfère user de sa sagesse. Sans ouvrir les yeux, il pointe du doigt le mala porté par Krishna : « Nous ne vous voulons aucun mal. Nous souhaitons simplement récupérer ce qui nous appartient. »
Un premier Thosien au crâne rasé réagit.
Habillé d’un simple short, il est doté d’une musculature imposante, semblable à celle de Docrates. Son bouc noir couvre son menton carré : « Ce collier est désormais la propriété du Seigneur Poséidon. »
Un second, plus petit mais tout aussi bardé de muscles ajoute : « Athéna n’est pas de taille face à Hadès. Leurs querelles durent depuis trop longtemps. Il est temps pour notre Seigneur Poséidon de conclure ces batailles, en se débarrassant de chacun d’eux lorsque l’heure sera venue. »
Aussitôt, les cinq Thosiens se jettent vers Shaka qui est immédiatement encerclé par ses élèves…
Une vague d’énergie repousse les opposants.
Les Pandora Box du Paon et du Lotus s’ouvrent et couvrent leurs propriétaires.
Shiva et Aghora s’étudient eux-mêmes avant de s’observer l’un l’autre.
Pour la première fois, ils endossent les Cloths que leur a offert Shaka durant le voyage pour l’île de Ceylan.
Ils sentent une âme nouvelle dans ces armures qui les parcoure et qui décuple leurs forces.
Sentant le danger et leur volonté de faire leur devoir envers Athéna, les armures s’éveillent sur leurs nouveaux porteurs.
Shaka, mains jointes paume contre paume à hauteur de sa poitrine, est fier de ses élèves : « Félicitations Aghora. Félicitations Shiva. Vous portez pour la première fois vos armures d’argent sur lesquelles le grand Mû a passé beaucoup de temps pour les restaurer. Shiva, j’ai très bien connue l’ancienne détentrice de cette Cloth. Elle s’appelait Mayura et, à une époque pas si lointaine que ça, elle faisait avec Orphée de la Lyre la fierté des Saints d’argent. Rendez honneur à Mû et Mayura en vous montrant dignes de votre rang de Saint d’argent. Récupérez le rosaire de Bouddha. Pendant ce temps, les autres s’occuperont des alliés de Krishna. »
 
Il n’en faut pas plus au Saint d’argent du Paon et à celui du Lotus pour foncer dans la masse.
Les cinq amis de Krishna, ne pouvant rien face à des chevaliers vêtus de leurs Cloths, s’écartent aussitôt pour laisser le meilleur d’entre eux les défaire.
 
Hasu, refusant d’avoir recours à la violence, reste derrière Shaka, assis jambes croisées, observant ses élèves le protéger des cinq serviteurs de Poséidon…
 
 
Au même moment, sur San Félix, le poing dressé d’Io est arrêté par un mur invisible à quelques centimètres du visage de Mû.
Mû ferme les yeux et prononce calmement : « Crystal Wall. »
Le Mur de Cristal calme les ardeurs du jeune Chilien : « Tu refuses le combat ? »
Mû garde les yeux clos et déclare sans hausser la voix : « Je préfère éviter cela tant que possible. L’unique objet de ma visite est l’Epaphos. Je souhaite guérir ma femme. Cette plante est mon dernier espoir.
_ L’Epaphos ne se trouve pas comme cela. Je sais où tu pourras la trouver. J’accepte de te le dévoiler si tu consens m’affronter en combat singulier.
_ Je n’ai pas de temps à perdre. »
Io réplique avec beaucoup de mépris : « A ta guise. Après tout je dis cela pour toi, la mort des représentants d’Athéna me réjouit plus que tout. »
Mû ressent énormément d’amertume dans ces propos.
Malheureusement, il doit se résoudre à accepter s’il veut sauver son épouse.
Il brise sa barrière.
Immédiatement, Io envoie son pied gauche en plein visage de Mû.
Le Bélier esquive en se déplaçant à la vitesse de la lumière, tout comme il évite la trentaine d’assauts suivants.
Io n’abandonne pas et, à la grande surprise de Mû, ne semble pas épuisé.
Il est temps pour le chevalier de réagir.
Au moment où Io se jette le genou en avant, Mû le devance et plaque sa main contre la poitrine de son adversaire. Avec la pression de son cosmos, il le projette haut dans les airs et, tandis qu’il pointe sa main vers le sol, il se sert de sa télékinésie pour l’écraser ensuite contre le parterre rocailleux.
Au contact de la pierre, le corps de l’orphelin rebondit devant Mû.
Le Saint d’or croise rapidement ses bras pour concentrer sa cosmo énergie, qu’il fait exploser aussitôt en écartant en arrière tous ses membres.
La déflagration repousse Io au flanc du précipice.
De son accoutrement, il ne reste plus que son pantalon arraché, ressemblant plus à un short dans cet état.
Son torse et son dos, désormais à nus, sont écorchés et ses pieds découverts sont marqués par de nombreuses plaies.
Mû se téléporte jusque devant lui.
Io rampe jusqu’au bord de la falaise pour se donner un peu de recul.
Même si ses jambes flageolent, il parvient à se mettre debout et brûle précipitamment sa cosmo énergie pour cogner de toutes ses forces Mû.
Six impacts se dégagent en un millième de seconde, chaque coup chargé de cosmos prend respectivement la forme d’un ours, d’un loup, d’un aigle, d’une abeille, d’une chauve-souris et d’un boa.
Les assauts sont si véloces que le Chilien réussit à passer derrière Mû.
Malgré tout, Mû a eu le temps d’éviter les six chocs.
Il a même pu prendre le loisir de s’essuyer le front du sang qui coule encore de sa précédente plaie.
Io est déchaîné, son visage se charge d’animosité il essaie à nouveau de frapper le représentant d’Athéna en l’acculant près du vide. Mais Mû se téléporte derrière lui et lui enseigne une leçon qu’Io aura plus tard tort d’oublier : « Une même technique ne marche pas deux fois sur un Saint ! »
Le temps qu’Io fasse volte-face, Mû prend assez d’appui contre le sol pour jaillir genou en avant, cogner le thorax de son adversaire et s’envoler avec lui dans le vide.
Io retombe six mètres plus bas, les omoplates en premier, sur la plage de galets.
Depuis les airs, Mû se téléporte au sol, afin de s’éviter de faire une cabriole pour se réceptionner convenablement.
La chute a été si violente qu’Io est presque encastré dans les cailloux qui ont éclatés sous le choc.
Du sang coule de ses oreilles, de sa bouche, de ses yeux et de son nez.
Il semble paralysé et souffre d’hémorragies internes importantes.
A mesure qu’il approche, Mû interroge son adversaire qui agonise : « Pourquoi ? Pourquoi tant de haine contre les chevaliers d’Athéna ? »
Io, tête couchée en arrière, souffre à évoquer son passé : « Parce qu’ils sont le mal, ils ont tué la seule famille qu’il me restait. Sur l’île, après la catastrophe, il ne restait plus que l’étranger et moi-même. Les gouvernements des nombreux pays, croyant la mission gâchée et n’ayant jamais réussi à tirer quoi que ce soit de l’île, abandonnèrent l’idée même de poursuivre les recherches et d’envoyer une équipe de sauvetage. Avec le peu de vivres qu’il récupéra dans nos bateaux éventrés et dans nos habitations de fortune ravagées, l’étranger réussit à faire survivre le nourrisson que j’étais. En grandissant, il m’apprit à survivre en tirant à l’arc les nombreux oiseaux qui viennent nidifier ici, à recueillir l’eau de pluie pour boire et à développer la force qui sommeille en chacun de nous, le cosmos. Car oui, il était un mercenaire du Sanctuaire. Il fut jugé pour avoir échoué à une mission secrète, la peine de mort fut sa sentence. Par chance, il parvint à s’enfuir et à passer incognito dans chacun des pays qu’il traversa. Il m’enseigna ce qu’il savait. Il avait manqué la dernière étape pour accéder à une armure d’argent. Son savoir et sa cosmo énergie étaient, malgré tout, très grands. Je fus mis au fait de toutes les légendes, des causes qu’il défendait. Je ne pus m’empêcher de rejeter cette déesse qui était à l’origine de tous les malheurs du seul parent que j’avais. Cette même déesse qui défendait les hommes responsables du non envoi d’un bateau de sauvetage, de celle qui couve des gouvernements qui ont préférés laisser mourir les chercheurs de cette île sans même se soucier de la possibilité qu’il puisse y avoir des survivants… »
Mû essaie d’atténuer la folie de son interlocuteur : « Tu l’as dit toi-même, seule la cosmo énergie de l’exilé a réussi à contenir la tempête. Les peuples de ce monde ne se doutent pas que des êtres comme nous existent. C’était une évidence pour eux, il n’y avait aucun survivant. »
Io se fiche de la réaction de Mu et poursuit : « Les années passèrent et chaque soir je le voyais prier Athéna pour qu’elle veille sur nous. Bientôt, alors qu’il n’était âgé que de douze ans, l’élève que j’étais surpassa le maître et s’émancipait de ses leçons mais pas de son amour. Cependant, les espions du Sanctuaire sont tenaces et éparpillés sur tout le globe. Après diverses investigations, ils découvrirent que la dernière destination de l’exilé fut mon île natale. Le Grand Pope envoya quatre chevaliers de bronze pour exécuter la sentence de son jugement. D’abord surpris de voir pour la fois première d’autres humains, je fus mis rapidement hors de combat. Mon père ne put rien et lorsque je rouvris les yeux, il gisait à côté de moi, défiguré, les bras et les jambes tranchés. Il avait tenu jusque-là pour me dire qu’il m’aimait avant de mourir… »
Pendant que Mû rejoint son adversaire, il observe les vagues avaler de plus en plus de mètres de plages.
Soudain, son attention se focalise sur un point brillant dans l’eau.
Les rayons du soleil passent au travers des nuages et reflètent sur des pétales qui réagissent en dégageant une couleur d’or.
Par pur hasard, Mû découvre l’Epaphos qui ne vit que dans les récifs souvent inondés d’eau salée.

Mû se dirige pieds dans l’eau pour ramasser quelques fleurs.
A l’instant même où il arrache avec soin la racine, la cosmo énergie d’Io s’intensifie à mesure qu’il ressasse ses souvenirs : « … Après qu’il ait rendu son dernier souffle, ses bourreaux choisirent de rester s’amuser avec moi. Ils ne savaient pas que fidèlement aux légendes que me raconta mon père, je m’étais conformément imprégné de celle de Scylla… »
En entendant cela, Mû reste immobile quelques instants.
Il réalise trop tard que son ennemi est debout, bras croisés en l’air, regroupant en lui ses dernières forces.
Mû range immédiatement l’Epaphos dans un morceau de cuir qu’il glisse dans sa robe et invoque un Mur de Cristal : « Crystal Wall ! »
Io descend ses bras en direction de Mû : « Big Tornado ! »
Le Tornade de Scylla se heurte sans effets à la barrière de protection de Mû.
Cela n’empêche pas Io de dégager son aura dans cette attaque de façon exponentielle.
Il sourit même et reprend son élan en levant les bras au ciel.
Mû maintient son Mur de Cristal : « Pff… Futile… Crystal Wall ! »
Cette fois-ci, Io vise le bord de plage, là où l’eau vient au contact des galets : « Tu oublies que Scylla est proche de son élément : Big Tornado ! »
L’onde cosmique se mêle à l’écume et aux cailloux qui s’écrasent contre le Mur de Cristal et cache la vue de Mû.
Tout à coup, Mû est frappé dans le dos par une salve d’énergie : « Big Tornado ! »
Mû est rejeté sur le rivage, la soutane arraché au-dessus de la ceinture, le petit sac de cuir dans lequel il a enroulé l’Epaphos tombe à côté de lui.
Son dos est lacéré sur toute sa surface.
Alors qu’il prend appui au sol pour se relever, ses plaies s’élargissent et son sang se déverse sur la plage : « Il a contourné mon Crystal Wall après avoir fait diversion, tout cela avec une vitesse que je ne lui connaissais pas jusque-là. Pour réussir un tel exploit, il a fallu qu’il entrevoie un court instant le septième sens. »
 
Là où l’eau est assez profonde pour être à hauteur de ses genoux, Io dresse à nouveau ses bras dans l’atmosphère, un tourbillon se crée tout autour de lui et les nuages sont dégagés par les bourrasques de vent qu’il occasionne, permettant ainsi à une multitude de fleurs d’Epaphos de resplendir de toute leur clarté : « Je ne laisserai jamais aucun représentant d’Athéna remporter la victoire. Les hommes sont foncièrement mauvais, ils m’ont abandonné tout comme le Sanctuaire d’Athéna a abandonné mon père adoptif… »
Au large, l’effluve cosmique du Muvien dessine derrière lui un immense Bélier d’or. Le chevalier est dépité : « Tu es irrécupérable, seule la Spirale Stellaire aura raison de toi. »
L’eau autour de Scylla forme une vague de plus de cinq-mètres de haut, prête à engloutir l’île de San Félix.
La déferlante passe au travers d’Io sans même le déranger, au contraire, elle se joint à la Tornade de Scylla.
_ « Big Tornado !
_ Stardust Révolution ! »
Un cataclysme est projeté sur Mû qui, contre cela, d’un mouvement de main, envoie, tel des grains de poussière, des milliers d’étoiles chargées d’un cosmos dévastateur.
Les points chargés de cosmos de Mû disparaissent dans le typhon. Provoquant ainsi la joie d’Io qui crie déjà victoire.
L’île est avalée par l’arcane d’Io.
Cependant, il déchante quand plus d’un demi-millier de points étoilés résiste à la Tornade de Scylla.
Ils passent au travers et viennent le télescoper, puis le transpercer…


A cet instant, sur la plage devant le village de Thosa, sous un orage violent, le combat fait rage.
Le vent soulève l’eau de mer et crée de terribles vagues de plus en plus grandes qui gagnent la plage.

Pourtant, cela ne ravise pas les deux Saints d’argent, bien au contraire.
Un terrible corps à corps s’est engagé entre eux et Krishna.
Le Thosien utilise la lance qu’il a achetée au marché Himalayen et avec laquelle il a combattu Fyodor.
La cosmo énergie du futur Marina imprègne son arme qui devient bien plus qu’un vulgaire outil à la lame émoussée.
Tandis qu’Aghora se relève après un coup au thorax, Shiva dégage toute sa cosmo énergie dans son arcane : « Sen Ju Shin On Ken ! »
Krishna pare chaque impact du Saint d’argent, en faisant tournoyer sa lance autour de lui à une vitesse qui dépasse largement celle du son.
Aghora profite de l’effet de surprise pour l’attaquer dans le dos en le frappant d’un violent coup chargé de cosmos : « Renge Bakusai Ken ! »
Cette fois-ci, Krishna esquive le Coup de Poing Explosif du Lotus, dont la vague de cosmos fonce désormais sur Shiva qui l’évite de peu en pivotant sur le côté.
Déconcertés tous les deux, les Saints ne réalisent pas que Krishna est prêt à riposter, investissant son bâton de toute son aura : « Flashing Lancer ! »
Entre ses deux ennemis, le Sri-lankais frappe avec le manche dessous le genou de Shiva pour le faire tomber au sol. Tandis qu’avec la lame, il cogne l’abdomen d’Aghora.
Le Saint du Lotus s’écroule en se tenant la poitrine de douleur, comme si l’impact était passé au travers de l’armure, laissant seul Shiva qui se remet sur ses jambes et saute pour ne pas être balayé par le manche à nouveau.
Dans les airs Krishna essaie de l’embrocher à hauteur du cou mais Shiva se meut avec agilité.
Il réussit à saisir la lance qu’il agrippe aussi férocement que Krishna.
En retombant au sol, il tournoie sur lui-même pour réussir à envoyer Krishna dans la mer déchaînée en relâchant le bâton une fois que la vitesse est suffisamment grande.
Voyant son rival sombrer dans cette tempête maritime, il se réceptionne sur le sable et reprend son souffle avec difficulté.
A mesure qu’il avance vers son camarade souffrant, Shiva perçoit derrière lui un sifflement.
Il se retourne en déployant son bras comme s’il fendait l’air et contre la lance de Krishna qui fonçait droit en direction de sa colonne vertébrale.
Shiva reconnaît son adversaire qui avance sans difficulté dans cette eau enragée qui le submerge jusqu’à la taille…
 
A plusieurs dizaines de mètres de là, les cinq autres Thosiens ne ménagent pas les dix autres disciples de Shaka qui ont choisis de se battre.
Visages couverts d’hématomes, os brisés, vertèbres déplacés… Il ne reste plus que le maître et Hasu.
Hasu observe la Vierge : « Seigneur Shaka… Si vous ne faites rien vos élèves vont mourir. »
Shaka ne répond pas, il semble continuer de prier.
Hasu abandonne sa pose de méditation et se lève en agitant ses mains devant son professeur : « Seigneur Shaka je vous en prie… La méditation n’a rien apporté de bon à la défense de nos amis. Il est temps de réagir. »
Le Saint ne réagit toujours pas.
Derrière Hasu, le colossal Thosien qui a pris tout à l’heure la parole, approche.
Il écarte d’un revers de la main la belle enfant qui retombe dans le sable humide : « Allons jeune femme, crois-tu donc que cet homme a le courage de nous affronter après ce que nous venons de faire subir aux autres ? »
Il fait craquer les os de ses poings avant de les unir tous les deux pour abattre le tout au sommet du crâne de Shaka.
Shaka prononce enfin une syllabe : « Kan ! »
Une bulle de cosmo énergie englobe le corps de Shaka et contre avec efficacité l’assaut ennemi.
Le Thosien est repoussé en arrière et s’échoue à son tour dans le sable humide.
Il se relève presque aussitôt les yeux injectés de haine.
Il dresse son poing en direction de Shaka et déclare : « Très bien ! Tu as trop peur pour te battre et tu préfères te retrancher derrière ton cosmos. Ce n’est pas grave. Nous allons d’abord exécuter tes semblables avant d’en finir avec toi. »
Hasu revient à elle en entendant cela.
Couchée face contre terre, elle supplie son maître : « Seigneur Shaka, ne laissez pas faire cela, pitié. »
Le Thosien espère qu’avec l’imploration de son élève le maître se décidera à intervenir, cependant Shaka reste de marbre.
Le géant perd patience et soulève du sol un des élèves à moitié conscient.
Le pauvre est défiguré, méconnaissable.
Il est tenu par les cheveux et a les bras qui pendent le long du corps.
Il essaye de trouver le sol du bout de ses pieds.
Le Thosien en profite pour frapper du plat du pied la rotule de sa victime qui se brise immédiatement, provoquant un cri de douleur insupportable et l’hilarité des quatre autres Thosiens…
 
 
Sur San Félix, l’eau quitte petit à petit l’île.
Elle regagne la mer en emportant avec elle des arbres et des pierres.
Le vent s’est dissipé et les nuages reviennent jouer avec le soleil.
Sur la plage de galets, Mû sort de l’eau le corps meurtri d’Io en le trainant avec son bras gauche.
Sa main droite tient fermement son morceau de cuir, dans lequel est contenue l’Epaphos.
Mû regardant son adversaire plus mort que vif, est navré de n’avoir pu trouver aucune autre issue.
Seulement, le temps presse et il n’a pas le temps de pleurer son ennemi.
Il se téléporte chez lui aussi vite qu’il en est venu…
 
La mer regagne très vite le corps égratigné du Chilien.
Le sel ne lui brûle plus ses plaies.
Au contraire, il s’habitue à cette sensation de bien-être que lui procure le flux marin.
Il relève sa tête qui baigne dans le centimètre d’eau qui regagne le Pacifique et se met sur le dos pour observer l’horizon.
Dans son esprit, il rejoue la scène finale de son affrontement : « Il s’est téléporté… Il a eu le temps d’envoyer son Stardust Révolution et de disparaître avant que mon arcane ne l’emporte… »
En comprenant cela, il se lève en s’égosillant de rage, de douleur et de désespoir.
Il avance dans l’eau jusqu’à hauteur de son bassin, en implorant le ciel de lui trouver une réponse : « Pourquoi ?! Je n’ai pas pu venger mon père ! Pourquoi Athéna triomphe-t-elle tout le temps ?! »
D’aigreur, il cogne de toutes ses forces le sol en soulevant l’eau tout autour de lui sur un rayon de dix mètres, ne laissant au sol que les galets, les poissons et…
_ « Une sirène, s’étonne-t-il ?! »
Tandis que l’eau reste surélevée autour d’eux grâce à la cosmo énergie d’Io, le beau jeune homme s’avance d’un pas hésitant.
Il est inquiet et à la fois curieux de cette femme au visage et au buste parfait.
Elle a une longue chevelure blonde et une queue de poisson à écailles roses.
Il la croit échouée à plat ventre sur cette plage de fortune imposée par sa furie.
Scylla arrive à sa rencontre, attristé par le mal qu’il pense avoir causé à cette créature qu’il ne pense pas réelle : « Pardonnez-moi créature… Je… Je suis désolé… Mes blessures sont si profondes, la fièvre me vient… Je perds la tête en croyant voir une créature imaginaire. Tu dois être une interprétation de mon subconscient. Un messager venant des entrailles maritimes pour me corriger pour ma violence et apaiser ma rage. Sache pourtant que je n’ai jamais voulu de mal au monde aquatique qui m’a, à chaque fois, miraculeusement épargné en temps de tempête. »
La sirène ouvre ses grands yeux bleus et voit Io pleurer, confus pour les dégâts occasionnés par son courroux.
Couchée dans ses bras, la créature mythique et magnifique arbore sa vigoureuse poitrine dénudée tout en souriant.
Sa voix et douce et optimiste : « Ton subconscient ne te joue aucun tour Io. Je suis Thétis la Mermaid, servante du dieu Poséidon. Je suis venue t’apporter la réponse à ta question. »
D’une voix mélancolique Io demande, crédule : « Ma question ?
_ Oui, celle qui t’éclaircira sur Athéna. Et celle qui te permettra de la contrer, de nettoyer le monde des êtres maléfiques qu’elle protège. »
La mine triste d’Io se change en regard d’enfant, plein de rêve : « Poséidon va changer ce monde n’est-ce pas ? »
D’un hochement de tête, Thétis lui répond affirmativement.
Elle se redresse et approche son visage de celui d’Io : « Le capitaine de notre armée, le Dragon des Mers réunit aujourd’hui les meilleurs soldats du monde entier fidèles aux idéaux du Seigneur Poséidon. Il t’a choisi pour mener à bien la conquête du Dieu des Mers. »
D’un sourire franc et direct, Io confirme aussitôt son enrôlement dans l’armée marine.
A cet instant la magnifique Thétis lève suffisamment sa tête pour s’approcher des lèvres d’Io qu’elle baise.
L’eau qui lévite tout autour d’eux s’affaisse aussitôt, les faisant disparaître de la surface terrestre…


PARTIE 1/2
La suite, dans le post qui suit.

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