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Messages - Kodeni
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« on: 28 March 2013 à 19h08 »
L’ouverture tant attendu de la Galaxian War approchait. Pendant que certains achevaient leur apprentissage comme Hyoga, d’autres se préparaient déjà à contrer Athéna une fois celle-ci éveillée…
Chapitre 41 - Le château d’Heinstein, une légende urbaine
En Allemagne, au château d’Heinstein :
12 septembre 1986. A l’approche d’un domaine familial devenu bien obscur, deux personnes s’enfoncent dans la brume dominant la forêt qui encercle ce territoire. Une jeune femme vêtue d’un tailleur, les cheveux attachés, réajuste ses lunettes : Journaliste - " C’est bon ? Tu filmes ? " Un homme, casquette à l’envers, habillé d’un jean troué et d’une veste miteuse, hoche la tête : Cameraman - " Tu peux y aller. " Journaliste - " Hum, hum… Nous sommes ici dans le bois qui encercle le château d’Heinstein. Comme vous le savez sans doute déjà, une légende urbaine veut que depuis près de dix ans, personne n’est revenu vivant de ce lieu. Il est vrai que durant tout ce temps, nous sommes restés sans nouvelles de la famille Heinstein, ainsi que de leurs sujets… " Le cameraman lève son objectif pour filmer la nature morte, les animaux en décomposition, puis une tourelle du bâtiment à peine visible tant la distance est encore grande pour s’en approcher. Journaliste - " … Comme vous pouvez le constater, aucune trace de vie, quelle soit animale ou végétale ne semble survivre à mesure que nous nous engouffrons dans ce brouillard de plus en plus épais. Tandis que nous profitons, malgré la distance, des premiers aperçus des tours du château, il est aisé de remarquer l’usure des pierres. Connu dans le passé pour le blanc éclatant de ses parois, les murs du château sont désormais ternis par la vétusté et un manque d’entretien apparent… " Soudain, la jeune femme interrompt son monologue. Ses chaussures à talons hauts ne l’étaient pas suffisamment pour l’empêcher de marcher dans ce cours d’eau qui traverse toute la forêt. En remarquant cela, son collègue abandonne sa caméra : Cameraman - " Ca y est, nous y sommes. " Journaliste - " Tu m’étonnes. Et maintenant j’ai les pieds mouillés ! " Cameraman - " En même temps, s’habiller ainsi pour venir dans un lieu pareil, on n’a pas idée. " Journaliste - " Ce reportage, une fois fini, nous ramènera de l’or. Le monde entier le verra et je veux qu’on m’admire sous mon plus beau jour. " Cameraman - " Ok, très bien. Bon ça ne te dérange pas qu’on finisse vite d’aller jusqu’au château ? Cet endroit me fiche la chair de poule ! Je comprends que plus personne ne souhaite en savoir plus sur ce lieu. " Journaliste - " Vas-y, reprend ta caméra ! Hum, hum… Nous voici donc arrivés à la limite du domaine. Une fois ce bras d’eau passé, nous aurons pénétré sur le territoire de la famille Heinstein. On dit qu’une fois écoulée, l’eau du château devient aussi brûlante que l’acide. Voilà qui peut-être ce qui explique la pourriture ambiante i… ici… " Le cameraman remarque que la journaliste a du mal à se tenir droit : Cameraman - " Qu’est-ce que tu fabriques ? " Journaliste - " Mes pieds me démangent. " Le cameraman, prudent, enjambe le cour d’eau tout en poursuivant le film. Cameraman - " Je t’avais dis de foutre autre chose pour te chausser. Même si cette histoire d’eau contaminée est fausse, elle doit probablement être pleine de bactérie ! " Journaliste - " Bon, tu me gonfles à me faire la leçon. Reprends ta machine, je vais refaire la fin de ma phrase. Hum, hum… Voilà qui peut-être explique la pourriture ambiante ici. Nous prélèverons un échantillon de cette eau en revenant du château. En effet, l’état allemand, encouragé par l’Organisation des Nations Unies, a qualifié ces rumeurs de légende urbaine. Quant aux disparitions des scientifiques dépêchés ici, des enquêteurs, de nos confrères ou encore de simples voyageurs, tout a été classé « non lieu »… " La jeune femme commence à bouillir à se retenir de gratter ses pieds, si bien que la folie lui vient. Elle s’assied dans la boue pour ôter ses chaussures et se gratte jusqu’au sang. Cameraman - " Arrête ton délire bordel ! " Elle hurle à la mort : Journaliste - " Je ne plaisante pas, ça me brûle. Ca remonte à mes jambes, pas seulement ma peau, c’est comme si mes os fondent, que le sang qui traverse mon corps bout. Ah… " Elle s’allonge maintenant sur le dos pour ronger ses membres inférieurs, tant la douleur est atroce. Son collaborateur abandonne sa caméra et fait marche arrière, apeuré. Pendant qu’il saute le bras d’eau, il est rattrapé par une hache au long manche. Frappé en plein dos, par surprise, il retombe devant le champ de la caméra, mort sur le coup.
Trop meurtrie pour être terrorisée, l’ambitieuse jeune femme se traîne, les jambes en sang, jusqu’à la dépouille du malheureux en rampant inconsciemment dans le chenal. Arrivée à la hauteur du cadavre, elle en arrache l’arme et, uniquement guidée par son instinct de survie, l’abat jusqu’au haut de ses cuisses pour sectionner ses membres trop douloureux. La douleur de cette amputation semble être une partie de plaisir après les tourments qu’elle a subi jusque là. Comme si la folie s’est emparée de son esprit, elle se met même à rigoler après avoir échappée à cette torture, ignorant même la dépouille à ses côtés. Son hilarité stoppe brusquement lorsque de nouvelles démangeaisons la prennent sur tout le corps. Elle réalise aussitôt que, trop préoccupée par ses démangeaisons, elle a traversé en rampant l’eau. Tout son corps a trempé dans le fluide qu’elle méprisait quelques minutes plus tôt en le qualifiant de légende urbaine. Le calvaire est si grand qu’elle ne se rend pas compte qu’elle se lacère elle-même le visage avec ses ongles pour lutter contre les brûlures. Ses vêtements se mettent à être rongés par une étrange fumée, exposant un corps déformé par des bouts de chair qui se détachent de son tronc.
Des voix interviennent enfin. Les yeux déchirés de la victime ne peuvent discerner les deux hommes. Ils sont vêtus d’armures sombres en forme d’ossements humains. L’un d’eux est armé d’une faux, tandis que l’autre vient ramasser sa hache encore tâchée du sang des deux innocents. Les deux soldats sont amusés face aux dernières convulsions de la jeune femme. Leur bonne humeur est interrompue par une troisième intruse.
Celle-ci s’accroupie devant le bras d’eau et en ramasse dans sa main pour en boire. Les deux hommes, subjugués par sa beauté, se délectent de ses formes généreuses visibles à travers sa légère robe. Surélevée sur de hauts escarpins, la demoiselle se lève sans subir la moindre difficulté malgré la boisson. Ni ses mains fines, ni ses lèvres charnues, ni son estomac ne semblent souffrir de l’eau contaminée. Elle se décide enfin d’honorer les deux spectateurs de sa voix charmante et de son accent délicieux : Ksénia - " Je vois. Les premières armures de Squelettes ont déjà été ramenées depuis le royaume des Enfers. Dans ce cas j’imagine que les rangs de soldats d’Hadès sont bien fournis en cette époque pour que Pandore vous gratifie déjà d’une protection. " Les deux soldats de basse condition au service d’Hadès s’échangent un regard ahuri. Ksénia - " Trêve de bavardage. J’ai besoin de voir Pandore. Vous me faciliterez donc l’accès jusqu’à elle pour me faire gagner du temps n’est-ce pas ?! " Ne voulant s’opposer à l’impressionnante jeune femme, ils l’accompagnent après avoir détruis le film des reporters.
Sibérie Orientale, village de Kohortec :
Le vent frais et sec balaie les environs. Craint par quiconque découvre ce domaine reculé de la Russie contemporaine, une jeune femme parait apprécier ces basses températures. Elle profite même des chutes de neige pour défaire la capuche de son long manteau. Elle dévoile ses mèches blondes et son visage élégant, après avoir ôté quelques secondes son masque de femme chevalier comme pour mieux respirer l’air de sa terre d’adoption. Le village dans lequel Carina a suivi son apprentissage de chevalier est désormais visible à l’horizon. Peu pressée de réajuster l’objet destiné aux combattantes d’Athéna, elle dégage les lanières de cuir de sa Pandora Box de ses épaules et s’assied dessus.
Ne lui étant plus d’aucune utilité, elle laisse voguer le voile qui cachait aux yeux du monde l’urne de sa Cloth. Son manteau, déboutonné, s’agite dans le vent. Par-dessous, ses vêtements sales et déchirés suite à ses affrontements sur Yíaros laissent entrevoir ses formes généreuses. La tête inclinée en arrière, elle libère son esprit et apprécie le souffle frais et pur du vent glacial.
Une voix masculine la ramène à la réalité. Familière mais plus grave que dans ses souvenirs, la voix de Hyoga lui rappelle que du temps s’est écoulé depuis leur dernière rencontre : Hyoga - " Tu ferais mieux de réajuster ton masque. Ca serait beaucoup trop simple pour moi de voir ton visage de la sorte. Alors qu’un affrontement dans lequel je découvrirais ton identité serait beaucoup plus prestigieux pour moi. " La demoiselle rit nerveusement. Les progrès de Hyoga l’épatent. Il est parvenu derrière elle sans qu’elle s’en aperçoive.
Quelques heures plus tard, après une bonne dizaine de fou rire, l’évocation des souvenirs en commun et la description des derniers mois passés l’un sans l’autre fais, Carina ne cache pas son chagrin d’avoir perdu Isaak. Couchés tous les deux dans la poudreuse, sur le dos, les visages à la même hauteur, Hyoga répète de nouveau le courage dont a fait preuve le finlandais pour le sortir de sous la glace : Hyoga - " … Je le savais pourtant. Je savais que c’était risqué, il m’avait prévenu. Malgré tout il est revenu me chercher, bravant les courants marins et l’eau glacée. Il me manque tellement. " Carina parle d’un ton rêveur, comme si elle était dans un autre monde à l’évocation du nom de son défunt bien-aimé : Carina - " Ah… Isaak… Il nous manquera tous. Durant les mois loin d’ici, il est resté ma motivation à revenir à Kohortec. " Cela rappelle à Hyoga à quel point Isaak est irremplaçable dans le c½ur de Carina et l’afflige davantage : Hyoga - " Je suis désolé. Profondément désolé. " Carina se redresse subitement et se force à adopter un ton plein d’entrain : Carina - " Ne t’en veux pas. Isaak a fait ce qu’il a cru juste de faire. Il est mort en accomplissant ce qu’il a toujours prôné. Le courage et l’amitié. " Hyoga se presse de se remettre sur pied et dépose timidement sa main sur l’épaule de Carina, espérant ainsi lui témoigner toute l’affection qu’il éprouve pour elle. Il se sent prêt à la lui avouer pour compenser l’absence d’Isaak : Hyoga - " Toutefois, je sais qu’il était une épaule sur laquelle tu pouvais te reposer. Je ne prétends pas être capable de t’apporter tout ce qu’il était capable d’offrir. Je veux juste que tu saches que je suis là. " La jeune femme ne réagit pas comme il l’aurait souhaité. Elle ramasse sa Pandora Box et l’enjoint à la suivre jusqu’au village : Carina - " Allons, parlons d’autre chose à présent. Il me tarde de revoir le Seigneur Crystal. " Hyoga demeure déçu et se contente de sourire avec peu de conviction.
En Allemagne, au château d’Heinstein :
Après de longues minutes durant lesquelles ils n’ont cessé d’admirer les yeux topaze de Ksénia, ainsi que sa poitrine mise en valeur par un corsage particulièrement serré, les Squelettes sortent de la forêt. Une humidité pourrissante prouve que le soleil n’inonde même plus la propriété de sa lumière bienfaitrice. Le léger vent qui traverse les environs contient un air malsain, nauséabond. La traversée des jardins n’a plus rien de féerique depuis une décennie. Les habitants du château s’y exercent ou y montent la garde. Futurs Spectres déjà éveillés en attendant de retrouver leurs âmes, ou Squelettes, observent tous la venue de la demoiselle.
Enfin, ils pénètrent dans le château en empruntant un des ponts-levis, puis remontent plusieurs tours pour pouvoir enfin atteindre le c½ur des appartements de la famille Heinstein. Dans la salle centrale, le jour s’engouffre par un dôme fait de vitraux aux couleurs vives et aux motifs à caractères religieux. Une jeune femme brune vêtue d’une longue robe sombre, fait glisser ses doigts décorés d’une bague en forme de serpent sur sa harpe. A proximité de son instrument, un plateau de fruit est servi sur une table basse par un homme au costume noir, le pantalon à pince et feu de plancher légèrement usé en bas, certainement en raison du frottement du tissu sur le cuir de ses chaussures. L’homme dépose la corbeille avec la main droite, tandis que sa main gauche tient dans son dos un chapeau haut de forme. Il reste incliné sans tourner le dos à la demoiselle pour reculer, jusqu’à ce qu’il prenne assez de distance pour enfin dévoiler son vrai visage et enfiler son chapeau sur ses cheveux bruns. Le col de la chemise blanche enserré par un n½ud papillon rouge, son expression lui donne un vague air familier avec Seiya. Sa mine plus mature, confirmée par quelques poils de sa barbe grossièrement rasée, affiche un sourire narquois en observant l’arrivée de Ksénia. Il s’engage dans l’escalier débouchant sur un petit balcon qui surplombe la pièce afin d’observer la rencontre entre les deux femmes.
Les deux gardes s’agenouillent au seuil de la salle, tandis que Ksénia les bouscule jusqu’à arriver à quelques mètres de Pandore. Après avoir attendu que la maîtresse de maison achève sa partition, un des hommes annonce enfin : Squelette n°1 - " Majesté Pandore. Pardonnez notre intrusion. Nous pensons qu’un nouveau Spectre s’est éveillé en cette personne. Elle a résisté sans mal au kekkai du Seigneur Hadès. " Sans ouvrir ses yeux, Pandore joue deux notes de musiques qui ôtent immédiatement la vie à ses hommes. Sans qu’elle en exprime le besoin, quatre autres Squelettes veillant sur les entrées de la pièce viennent débarrasser la demoiselle des deux corps. Enfin, elle toise Ksénia : Pandore - " Bande d’incapables. Sous prétexte que quelqu’un puisse résister au kekkai, ils le font venir jusqu’à moi en croyant faire face à un futur allié. "
Toujours aussi provocante, Ksénia vient se positionner aux côtés de l’allemande, contre qui elle se frotte sans gêne pour venir à son tour tirer sur quelques cordes de l’instrument musical pour s’amuser.
N’appréciant guère ce genre de manières, Pandore se retire en ramassant son sceptre. Ksénia s’en amuse : Ksénia - " Ta personnalité est bien différente de celle de ta précédente réincarnation Pandore. Je t’ai connu bien plus accueillante et moins frileuse au contact de la chair. " Pandore - " Ainsi tu nous observais déjà il y a deux cent ans, Ange de l’Olympe ? " Ksénia - " On peut dire ça. J’étais resté auprès de mon maître dans son repère à observer le spectacle. Si je me suis réincarnée en cette ère, c’est simplement parce que les petits jeux d’Athéna ne l’amusent plus. Et toi, comment sais-tu qui je suis ? " Pandore - " Les futurs Spectres qui se réunissent ici sillonnent le monde pour trouver de nouveaux Squelettes. Ainsi, ils renforcent les rangs de l’armée de notre Seigneur. Crois-tu que ta présence auprès d’un dénommé Vasiliás soit passée inaperçu ? Les combats de cet homme contre des Ankoku Saints au Canada il y a plus d’un an ont été suivis attentivement par mes soins. Dommage qu’il ne soit pas destiné à devenir un Spectre. " Ksénia - " Je vois. " Pandore - " Passons aux choses sérieuses si tu veux bien. Que puis-je pour ton maître ? " Ksénia - " Mon maître hait ce que les hommes sont devenus et le manque de respect qu’ils éprouvent envers les dieux. Il veut simplement les rabaisser à leur condition de base, chose qui n’aurait jamais dû changer. Malheureusement, Athéna leur a offert trop de liberté. Son souhait le plus cher passe donc par la perte d’Athéna. " Pandore - " Poursuis donc, tu m’intéresses. " Ksénia - " Les diverses Guerres Saintes entre ton maître et Athéna se sont toujours soldées par la victoire de cette dernière. Or, en cette époque, trop de forces en présence sont réunies pour que le sort du monde reste inchangé une fois encore. Et grâce à cela, je veux offrir l’aide nécessaire à Hadès pour vaincre Athéna et satisfaire mon maître. " Pandore - " De quelle aide parles-tu ? " Ksénia - " De celle d’Arès. Il est prêt à rendre la pareille après qu’Hadès lui ait offert sa protection lors de sa fuite face à Athéna en des temps reculés. " Pandore - " Arès a déjà essuyé une cuisante défaite contre Athéna en notre époque. Qu’a-t-il de plus à offrir à Hadès qu’une armée décimée ? " Ksénia - " La possibilité de voir le royaume d’Hadès se remplir davantage d’habitants ainsi que celle d’affaiblir les rangs d’Athéna. L’armée d’Arès se reconstruit autour du Berserker de la Royauté. " Pandore - " Arès a retrouvé un Berserker de la Royauté. J’imagine donc que ta présence auprès de ce Vasiliás n’y est pas étrangère ? Il est vrai que la prestation de cet homme au Canada m’a impressionné. Mais ce ne sera pas suffisant pour convaincre Sa Seigneurie. " Ksénia - " Et le pouvoir divin d’Arès sur le champ de bataille non plus ? " Pandore - " Pardon ? " Ksénia - " Arès serait prêt à s’investir en personne dans les combats. " Pandore - " Là tu donnes du poids à tes arguments. Mais connaissant l’être intéressé qu’est Arès, j’imagine qu’il attend quelque chose en retour ? " Ksénia - " Son armure divine. Tout simplement. Avec son armure qui lui a été confisqué après sa défaite contre Athéna, il a perdu son honneur. Il veut juste la récupérer pour accomplir sa vengeance et retrouver sa dignité en triomphant aux yeux de l’Olympe. "
Après une telle déclaration, Pandore reste muette le temps de la réflexion. Pendant ce moment, un Squelette vient se courber à l’entrée de la salle : Squelette - " Majesté Pandore, un homme se présentant sous le nom d’Eaque s’annonce être attendu par notre Seigneur. Lui et sa troupe ont survécu à l’approche du domaine. " Pandore abandonne sa discussion avec Ksénia et, malgré une attitude froide et un ton autoritaire, semble ravie : Pandore - " Un second Juge des Enfers nous a rejoins. Il ne nous reste qu’à récupérer Rhadamanthe. Fais donc entrer Eaque. " L’homme s’exécute et fait signe à l’escorte qu’il a réuni de faire rentrer le népalais dans la pièce. Ce dernier est accompagné de Fyodor et Violate, ses bras droits. Le fils d’un ancien haut dignitaire du gouvernement népalais vient s’incliner : Eaque - " Majesté Pandore. Je me nomme Eaque. En attendant la libération de mon âme de Juge, je viens à vous en compagnie de deux futurs Spectres. J’ai également constitué une troupe de soldats destinés à devenir Squelettes. Ils patientent dehors. " Pandore - " Eaque… Le Seigneur Hadès sera ravi de savoir que ton corps est désormais des nôtres, en attendant que ton âme te soit rendue. "
Ksénia parait enjouée devant ce spectacle. Elle n’est pas au bout de ses surprises lorsqu’un autre Squelette vient annoncer l’entrée de Minos. Minos - " Vous m’avez fais appeler Majesté ? " Pandore - " Tout à fait Griffon. Je voulais t’informer que le Garuda est dorénavant parmi nous… " Sans trop se rappeler de leur passé commun, Eaque et Minos s’échangent un hochement de tête en guise de respect. Pandore achève l’objet de sa convocation : Pandore - " … et te confier une mission. Je sais que ton équipe et toi revenez d’un voyage destiné à rassembler de nouveaux adeptes d’Hadès pour en faire des Squelettes. Toutefois, l’éveil récent du dernier Juge nécessite ta présence. Rhadamanthe, en quête de vérité sur son passé, se dirige droit en Chine pour y gagner la Terre Scellée. " Eaque semble être déjà conscient de son destin de Spectre. Les souvenirs de ses vies antérieurs l’animent : Eaque - " Sacré Rhadamanthe ! Toujours aussi obstiné ! " Pandore - " Tout à fait. Il risque de se retrouver face au chevalier d’Athéna qui veille sur la tour des âmes. " Eaque - " Connaissant Rhadamanthe, il n’aura pas la patience d’attendre que l’efficacité du sceau d’Athéna s’estompe de lui-même. Il pourrait tout faire échouer. " Pandore - " Exactement. C’est pourquoi j’aimerai, Minos, que tu ailles le chercher pour l’empêcher d’alerter le Saint de notre présence. " Minos se prosterne immédiatement : Minos - " Entendu votre Majesté. " Eaque interpelle son allié : Eaque - " N’hésite pas à prendre le temps de lui expliquer plusieurs fois la situation. Dans mes souvenirs Rhadamanthe n’a jamais été réputé pour son intelligence. " Minos acquiesce en riant, symbole d’une complicité naissante avec Eaque, mais aussi témoin d’une rivalité existante entre les Juges depuis la création de leur ordre.
Au balcon, le serviteur de Pandore reste en appui sur la rambarde, amusé par le spectacle des rencontres entre tous ces protagonistes. Il recoiffe ses cheveux en bataille sous son chapeau.
Pandore renvoie Eaque et en revient à Ksénia : Pandore - " Ange de l’Olympe ! J’ai pris une décision. Le conflit entre notre Seigneur et Athéna remonte à l’appel à l’aide d’Arès auprès d’Hadès. Si ce dieu sanguinaire et vulgaire, n’avait pas causé tant de malheur autour de lui, notre Seigneur n’aurait pas à souffrir à chaque réincarnation de la perte de chacun de ses hommes. " Ksénia - " Dois-je prendre cela pour un refus ? " Pandore - " C’est bien cela. L’armure d’Arès est bien là où elle se trouve. Aussi longtemps qu’elle y restera, cela empêchera ce dieu belliqueux de s’entacher davantage de médiocrité. "
Avec le calme qui la caractérise, Ksénia ne bronche pas. Elle lève les yeux en direction du domestique de Pandore pour lui sourire de façon complice puis salue Pandore : Ksénia - " Dans ce cas je te t’importunerais pas davantage. Au nom de mon maître, je vous souhaite bon succès dans vos entreprises. " Deux Squelettes arrivent pour raccompagner Ksénia hors du château.
Avant qu’elle ne franchisse le seuil de la salle, Pandore interpelle une dernière fois la russe : Pandore - " Dis-moi, Ange de l’Olympe, hormis Athéna, Arès, Hadès, Hypnos et Thanatos, quelle autre force est en présence sur ce monde ? Je veux dire, toi, olympienne, tu ne peux être ni au service de Shiva, ni à celui des dieux Egyptiens, tous déjà défaits en notre époque. Tu es venu porter un message pour Arès mais ton rôle s’arrête là. Qui peux-tu servir ? " Ksénia lui tourne le dos : Ksénia - " Merci pour ton accueil chère Pandore. Adieu. "
Sibérie Orientale, village de Kohortec :
A l’intérieur de sa chaumière, Hyoga ôte son maillot pour arborer sa musculature parfaitement travaillé. Tourmenté par le retour de Carina, il abandonne son habit au sol et s’assied sur son lit, face au coin qu’occupait autrefois Isaak. Esseulé dans cette demeure qu’il partageait avec lui, il observe un instant la couche vide de son camarade. Rien n’a bougé depuis sa disparition, pas un pli de ces draps n’a été tendu. Profondément aspiré par sa culpabilité, le futur Saint se résout à surmonter son chagrin : Hyoga - " Pardonne-moi Isaak. Seulement… J’ai beau n’avoir de cesse de m’en vouloir, cela ne changera plus rien. Quoi que je fasse aujourd’hui, on ne change pas le passé. C’est toi qui me l’as dit. Le retour de Carina m’a rappelé qu’à une époque je suivais tes pas. A présent il est temps que j’avance de moi-même. Je vais devenir Saint du Cygne et… Et je compte avouer à Carina que... Que je l’ai toujours aimé… "
A quelques demeures de là, dans l’auberge régulièrement fréquenté par les villageois, Carina profite de l’occasion pour évoquer la situation au Seigneur Crystal : Crystal Saint - " … Qu’as-tu donc dis à Hyoga si tu ne lui as pas fais part de la situation au Sanctuaire ? " Carina - " Je lui ai dis qu’une nouvelle troupe a été envoyé sur Yíaros, pour contrer la révolte des hébéïens et que ceux qui étaient sur l’île depuis un moment se sont vus accordés une permission. " Le mercenaire à l’armure cristalline contient son chagrin en évoquant la perte de son amante : Crystal Saint - " Il ne sait donc rien du décès de Lena ? " Carina - " Il la croit toujours sur l’île. " Crystal Saint - " Tu as bien fait de ne pas lui en parler. Moi-même je ne lui ai rien dis à propos d’étranges évènements dans la région. Depuis deux jours, des hommes armés attaquent les villages plus bas pour trouver de la main d’½uvre et construire un pôle stratégique ici pour le Sanctuaire. Ils emploient la force sans ménagement. Je n’en ai pas parlé à Hyoga. La perte d’Isaak l’a déjà profondément bouleversé. " Carina se veut dure à l’égard de celui qu’elle ignore être devenu Marinas : Carina - " Il ne devrait pas. Cela fait parti de notre vie de chevaliers de perdre des gens qu’on aime, des frères d’arme. Il doit apprendre à surmonter ça. " Le Seigneur Crystal a du mal à sourire. D’un caractère parfois proche de celui de Hyoga, il se remet mal de la perte de Lena contrairement à l’apprentissage de son maître Camus : Crystal Saint - " En t’écoutant, j’ai parfois l’impression d’entendre Camus du Verseau, mon maître. Je suis certain que l’annonce de la mort de Lena par les messagers du Sanctuaire l’a touché, mais il ne laissera rien transparaître. " Carina - " Je suis persuadée que Lena ne voudrait pas vous voir dans cet état. Elle vous aimait de tout son c½ur et je suis convaincue qu’elle préfère vous voir surmonter ça, que de la pleurer encore longtemps. " Crystal Saint - " Ce n’était pas mon intention. Avec cette tentative de déicide, le Grand Pope a poussé trop loin son entêtement à maintenir une politique répressive à travers le monde. Lena y a laissé la vie, comme beaucoup d’autres. Je comprends sa décision d’avoir voulu suivre les ordres du Pope, mais comme toi, je suis convaincu que cela ne sert pas les intérêts de la justice. " Il fait une légère pose, le temps de vider la vodka qui lui a été servie pure et en grande quantité dans son verre. Crystal Saint - " Demain je partirai pour le Sanctuaire. J’irai demander une audience auprès du Grand Pope. Les actes des mercenaires qu’il envoie sont inadmissibles et je refuse qu’ils progressent davantage. Ils finiront par gagner nos villages. " Carina - " Qu’allez vous dire à Hyoga ? " Crystal Saint - " Que je vais simplement rendre visite à notre maître à tous. Il n’est pas encore prêt à être confronté à tout ça. " Carina - " Vous avez bien raison. Demain, je vous accompagnerai pour faire éclater la vérité au Sanctuaire. " Crystal Saint - " Je préfère te savoir ici, à veiller sur le peuple. On ne peut pas prévoir l’accueil qui nous sera réservé là-bas. Les Saints et soldats les plus bavards ont tendance à disparaître depuis ces dernières années. " Il présente une lettre imprimée par une machine : Carina - " Qu’est-ce donc ? " Crystal Saint - " La dernière lettre en date que j’ai reçu de la Fondation Graad, l’organisation au Japon qui m’a envoyé Hyoga. Elle est restée en contact avec moi durant toutes ces années et, aujourd’hui, elle rappelle les enfants envoyés dans divers centres d’entraînement ayant survécus dans le but de réunir des chevaliers. Hyoga est prêt à devenir Saint, je lui dirai demain qu’il est attendu au Japon et qu’il peut à présent se confronter au mur de glace éternel afin de libérer la Cloth du Cygne. Il sera alors un jeune Saint, inexpérimenté. Son retour au Japon l’aidera à se forger, car je ne pense pas que le Sanctuaire restera insensible à cette réunion de Saints organisée sans son accord. Il reviendra plus fort, plus mature. Seulement à partir de cet instant nous pourrons lui évoquer la situation. "
En Allemagne, au château d’Heinstein :
Dehors, à l’approche de la forêt, le majordome de Pandore vient relever les Squelettes qui raccompagnent Ksénia : Yoma - " Ca ira messieurs, je vais finir de conduire la demoiselle hors d’ici. Merci. "
Une fois seuls à l’intérieur du bois, Yoma engage enfin la parole : Yoma - " Ah… Ange de l’Olympe… J’ai failli vous affronter lors de la précédente Guerre Sainte si mon plan n’avait pas failli. " Ksénia - " Yoma de Méphistophélès, réincarnation du dieu Kairos, le grand conspirateur de la précédente Guerre Sainte. Tu sembles bien discret en cette époque. " Yoma - " Oui, tant mieux. On va dire que je me découvre une nouvelle vie depuis que l’âme de Kairos a été détruite et que je suis devenu un simple mortel. " Ksénia - " Mais quelque chose me dit que tu ne peux renier tes bonnes prérogatives. " Yoma - " En effet, la proposition faite à Mademoiselle Pandore me parait des plus intéressantes. Dommage qu’elle n’y ait pas saisie une opportunité. " Ksénia - " Et j’imagine que tu en vois une de ton côté. " Yoma - " Evidemment. Il y a deux siècles, lors de la précédente Guerre Sainte, mon plan a nui aux desseins de notre Seigneur Hadès. Désormais, je suis un Spectre tout ce qu’il y a de plus fidèle à notre maître et j’aimerai corriger mon erreur du passé. " Ksénia - " Arès, son armure, il est impératif qu’il la récupère. " Yoma - " Dans mes vagues bribes lors de réminiscences de ma vie passée de Spectre, je me rappelle voir cette armure enfermée dans le Meikai. En des temps plus anciens, lorsque Arès s’est réfugié aux enfers, il y a laissé son armure. Depuis, elle est conservée là-bas auprès de notre Seigneur Hadès. " Ksénia - " Où exactement ? "
Complètement déjanté, l’homme d’un âge déjà plus avancé que les autres Spectres lorgne les formes de la jeune femme au lieu de lui répondre. Comme pour achever le plaisir d’un tel spectacle, il sort une cigarette de l’intérieur de sa veste et l’allume pour en savourer quelques bouffées. Sans la moindre gêne, il vient caresser le visage de la jeune femme et abandonne son expression follement sympathique pour adopter une mine plus sournoise : Yoma - " Je compte sur le voyage de Minos en Terre Scellée pour en avoir le c½ur net ma jolie. On dit que pour nos corps, futurs réceptacles des âmes des Spectres, c’est à courte distance avec la montagne où elles sont prisonnières que nous pouvons entrer en osmose avec elles. Il faut savoir que pour nous, lors de notre mort, une fois nos âmes scellées, celles-ci peuvent, grâce au cosmos d’Hadès, continuer d’officier dans le royaume des enfers. " Ksénia hume la fumée du tabac et ferme les yeux : Ksénia - " Astucieux. Tu comptes donc faire le lien entre ton corps et ton âme pour la faire interagir directement aux enfers. "
Yoma espère avoir suffisamment épaté Ksénia pour descendre sa main le long de son cou et gagner le creux de sa poitrine. La jeune femme, d’une gentille tape sur les doigts du valet, le repousse en lui échangeant un regard coquin : Ksénia - " Dans ce cas, ne tarde pas à rejoindre la troupe de Minos avant son départ. Moi je me charge d’organiser une rencontre avec le Berserker de la Royauté. "
Repoussé, le futur Spectre passe les bras derrière son dos et fait les cents pas autour de la jeune femme en gardant la cigarette aux lèvres. Sa concentration semble empruntée et se lit parfaitement sur son visage : Yoma - " Oui, oui, une rencontre… Mais il faut absolument que cela soit en toute discrétion, loin d’ici, au milieu de civils. Je ne tiens pas à ce que d’autres Spectres soient informés de mon plan. " Ksénia - " Qui est ? "
Yoma cesse de tourner autour de Ksénia en stoppant dans le dos de celle-ci. Il crache sa cigarette sur le sol puis accroche fermement chacune de ses hanches afin de caller son corps fermement contre lui et de poser sa tête sur son épaule : Yoma - " Faire valoir auprès d’Hadès ma vraie place. La grande bataille que mènera Hadès contre Athéna en notre époque l’occupera certainement au Meikai. Je souhaite lui offrir le Sanctuaire durant ce temps, cela sans même la perte d’un Spectre. Oui, je vais marchander le don de l’armure d’Arès en échange de son aide pour attaquer le Sanctuaire. " Ksénia - " Comment sais-tu qu’Hadès mènera sa guerre depuis son royaume et non à la surface comme il en a l’habitude ? " Yoma remonte ses lèvres jusqu’à l’oreille de la jeune femme : Yoma - " Servir constamment Mademoiselle Pandore a ses avantages. Comme celui de connaître les moindres plans de notre armée. "
Ksénia se libère de l’étreinte de Yoma pour lui faire face : Ksénia - " Tu es perfide. " Le prenant comme un compliment, il ferme les yeux et avance jusqu’à elle pour lui échanger un baiser. Amusée par ses âneries, elle pivote sur le côté pour le laisser retomber grossièrement sur le sol, faute de n’avoir pu trouver les lèvres de la douce mais non moins subtile russe. Avant se s’enfoncer dans la forêt, Ksénia lâche : Ksénia - " Je viendrai moi-même à toi lors de ton retour de Chine… " Yoma, bredouille, grimace avec exagération en voyant partir Ksénia…
Sibérie Orientale, village de Kohortec :
Carina a pris congé de l’endeuillé Seigneur Crystal et peut enfin ramener sa Cloth à l’intérieur de la maison où elle a grandi. En chemin, comme ce fut le cas dans la taverne, les rares villageois présents la saluent joyeusement, ravis de revoir une enfant prodigue auprès d’eux.
La porte d’entrée lui parait dure à pousser, le gel et le manque de mouvement de celle-ci ces derniers mois l’ont immobilisée. L’intérieur est froid, voire figé, preuve d’une longue absence de vie et de chaleur dans ces murs. Elle se presse de ramasser quelques morceaux de bois à proximité de la cheminée pour raviver un foyer trop longtemps éteint. Ainsi, la lumière permet de mieux discerner l’intérieur du logis qu’elle partage depuis sa petite enfance en compagnie de son défunt mentor. Avec nostalgie, elle ramasse quelques affaires de Lena qu’elle n’a pas besoin d’étudier pour être déjà submergée de souvenirs. Elle rassemble ainsi tout ce qui appartenait à la propriétaire des murs, soit pour ajouter ses vêtements à sa propre penderie, soit pour exposer sur des étagères les objets lui ayant appartenu. A l’image des autels destinés à honorer la mémoire des disparus. Les heures s’écoulent sans qu’elle ne choisisse de privilégier le sommeil qui lui manque.
La demeure à nouveau vivante, rangée, elle retire son masque et se débarrasse de ses vêtements usagés. Suspendue au dessus du feu, une marmite de neige a eu le temps de fondre pour offrir de l’eau potable à la slave. Dans le plus simple appareil, les quelques cicatrices et hématomes maquillant son corps ne dénaturant en rien sa beauté, elle vient en cueillir un seau pour laver sa tenue avant d’étendre son linge sur le filet qui traverse la pièce. Alors qu’elle choisit de laver son masque, resté dans la bassine, quelqu’un frappe à la porte. Immédiatement, elle arrache de son lit les couvertures pour s’enrouler à l’intérieur et enrubanner son visage afin d’accueillir le visiteur : Carina - " Ah ! Hyoga ! Que viens-tu faire ici à une heure pareille ? " Hyoga - " Je voulais m’assurer que tu avais bien retrouvé tes marques. " Carina - " Oui, comme tu peux le voir j’en avais profité pour laver mes affaires… " Hyoga l’interrompt, gêné : Hyoga - " Oui, oui, j’avais cru comprendre en te voyant dans cette tenue. Je ne te dérange pas plus longtemps. " Carina le retient, comprenant trop tard que sa réaction aurait mérité réflexion. En effet, l’ambiguïté de sa demande peut trahir ses réels sentiments vis-à-vis du jeune homme : Carina - " Attends ! Reste s’il te plait… Enfin, je veux dire, tu peux encore rester un peu si tu veux. " Elle s’assied sur sa couche, laissant une place à Hyoga à ses côtés. Seuls ses grands yeux bleus sont visibles après qu’elle se soit cachée derrière l’immense tissu. Cela est bien suffisant pour faire chavirer le c½ur du japonais. Hyoga - " Je voulais te dire… J’ai beaucoup réfléchi à ce que tu m’as dis, par rapport à mon sentiment de culpabilité envers Isaak et… Et je crois que ton retour ici va me faire le plus grand bien pour surmonter tout cela. Maintenant que tu es de retour, nous allons pouvoir revivre comme lors de notre enfance, durant laquelle nous étions unis, indéfectibles. " Elle préfère ne pas lui apprendre son rappel pour le Japon, c’est au Seigneur Crystal de s’en charger. Cependant, elle tente de lui faire face à la réalité : Carina - " Cette époque, aussi belle soit-elle, ne pourra jamais être ce que nous vivrons demain. De l’eau a coulé sous les ponts, des visions de guerres, de morts, de passés de désolations, me hantent désormais. Ils ne tarderont pas à te hanter car tu deviendras sous peu un Saint toi aussi. Dès lors, un soldat ne peut jamais vivre totalement en paix avec lui-même et faire abstraction de son passé. On peut être heureux, mais jamais comme nous l’étions à l’époque de notre innocence enfantine. " Le regard envoûté de Hyoga se charge d’une intense émotion à mesure que Carina lui expose les blessures de son c½ur, si bien que les rapports s’inversent au point que Carina se sent irrémédiablement attirée par les yeux bleus du futur Cygne. N’écoutant que son c½ur et la tendresse qu’il a pour elle, Hyoga découvre instinctivement le visage de Carina. Avant de l’embrasser, il reste quelques secondes comme émerveillée par les traits de cette camarade qu’il a toujours aimé. Tout en poursuivant son langoureux baiser, Hyoga défait un peu plus la tenue de Carina qui se laisse guider par son entreprise…
Grèce, au Sanctuaire :
Le chevalier du Cancer vient d’arriver au Sanctuaire après que Dante l’y ait appelé. Sans daigner saluer ses pairs en remontant les douze maisons du zodiaque, Deathmask use du passage secret pour rendre des comptes au Grand Pope. Vêtu de son armure d’or pour se présenter à son Seigneur, le Cancer a le visage fermé, tendu. Une fois la maison des Poissons passée, il entend derrière lui résonner sur les dalles de la demeure, les cliquetis de la Cloth d’Aphrodite.
Par manque de courage ou par honte, Aphrodite préfère ne pas croiser le regard du Masque de Mort : Aphrodite - " Ca n’aurait pas dû se passer comme ça. Je suis désolé. " Deathmask - " De tout ce qui existe de plus sordide, tu n’as pas trouver mieux que de me voler la femme que j’aimais. " Aphrodite - " Je l’ai vu trop tard, mais elle représentait tout ce que j’idéalise au final. "
Deathmask se retient de tourner la tête vers le suédois. Il poursuit sa route. Avant qu’il ne soit trop loin, Aphrodite l’informe : Aphrodite - " Son corps a été… " Deathmask met un terme à la discussion : Deathmask - " Je me fiche de savoir ce qu’il est advenu d’elle. Elle m’a trahi en me faisant croire qu’il existait encore du bon en l’homme. Finalement, le seul qui m’a fait confiance jusqu’ici, le Grand Pope, je l’ai trahi pour cette traînée. Dorénavant je ne serai rien d’autre que Deathmask Saint d’or du Cancer, au service de sa Majesté le Grand Pope. "
Aphrodite observe Deathmask gravir les dernières marches pour arriver au palais papal en se résignant à avoir perdu le peu d’humanité qui subsistait en son ami.
Sibérie Orientale, village de Kohortec :
13 septembre 1986. L’aube reflète sur la banquise et illumine la chaumière de Carina par les quelques espaces laissés par la neige sur les carreaux. La lumière cogne les paupières closes du jeune homme blond totalement dévêtu et étendu nu sur le ventre dans la couche. Dans un état de conscience à mi-chemin entre l’éveil et le sommeil, il se retourne instinctivement en passant son bras devant ses yeux afin de les replonger dans l’obscurité. Néanmoins, dans cette position, la présentation de ses attributs provoque l’hilarité taquine d’un timbre autre que celui de la propriétaire du logis.
Il se redresse aussitôt, sans le moindre mal, comptant sur une assise abdominale époustouflante pour toiser du regard l’homme qu’il côtoie depuis tant d’années : Hyoga - " Maître ?! Que faîtes-vous ici ?! Où est Carina ?! " Les pieds nus de Hyoga prennent appui sur le sol argileux et gelé tandis qu’il enroule autour de sa taille la couverture pour s’en faire un pagne. Le Seigneur Crystal observe avec fierté son disciple : Crystal Saint - " Alors tu lui as avoué tes sentiments après tant d’années ! Je suis fier de toi. " Quelque peu gêné par l’interférence de son professeur dans sa vie privée, Hyoga baisse honteusement la tête. Bien qu’il soit un être bon et ouvert à la discussion, le Seigneur Crystal ne s’est jamais entretenu de la sorte avec son apprenti. Voilà pourquoi Hyoga préfère ne pas relever cette déclaration et réitère sa question : Hyoga - " Je suis étonné par votre présence ici. Où est Carina ? " Le visage du Crystal Saint se fait plus soucieux tout à coup : Crystal Saint - " Ne te trouvant pas chez toi, je me suis douté que tu étais auprès de ta mère ou ici. Je lui ai demandé de nous laisser seul. " Il lui tend une vingtaine de lettres : Crystal Saint - " Voici six ans que tu es ici et, depuis tout ce temps, la Fondation Graad n’oublie pas de suivre ton évolution. La dernière lettre ordonne la réunion au Japon des enfants ayant survécus. Bien évidemment, les enfants survivants sont ceux devenus Saints. Tu as survécu car tu es prêt à devenir Saint. " Hyoga - " Maître, ce que vous me dîtes me… " Crystal Saint - " Tu sais où se trouve le mur de glace éternel. L’enseignement que tu as assimilé te rend en mesure de le détruire désormais. Ne perds pas de temps. Tu es attendu le 17 septembre pour un tournoi. Ne tarde pas et fais moi honneur. " Hyoga - " Et vous ? Vous ne m’accompagnez pas dans cette dernière tâche ? " Crystal Saint - " Mon instruction s’arrête ici. Je dois quitter la région quelque temps, je ne peux hélas m’attarder davantage. J’ai chargé Carina de veiller sur le village en notre absence. " Il s’approche de Hyoga et lui tend la main amicalement, le regardant d’égal à égal : Crystal Saint - " Lorsque nous nous reverrons, tu seras devenu ce que je n’ai pu être, un Saint. Je suis fier de ce que tu es et je suis persuadé que je serai fier de ce que tu seras. " Hyoga - " Maître, je vous dois tellement… " Le guerrier des glaces préfère écourter ces échanges sentimentaux sous peine d’y succomber. Le regard qu’il échange à Hyoga en dit déjà long sur son état d’esprit. Crystal Saint - " Allez, je n’ai pas de temps à perdre. Et n’oublie pas, même si tu repars au Japon, ici ça sera toujours chez toi. A bientôt Hyoga. "
Le japonais observe son maître prendre la porte en restant droit, les yeux brillants de tristesse à l’idée de devoir quitter ce lieu.
Que ce soit auprès des hommes de Poséidon, Arès ou Hadès, Ksénia faisait l’étalage d’une grande connaissance et d’un dangereux projet. Mais le danger ne guettait pas que ceux qu’elle fréquentait. Ainsi, en choisissant d’aller de lui-même au Sanctuaire, le Seigneur Crystal se jetait lui-même dans la gueule du loup…
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« on: 21 March 2013 à 17h18 »
Joyeux anniversaire Nao.
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« on: 10 March 2013 à 11h42 »
Salut,
Oui, désolé, pas mal débordé en ce moment.
J'espère publier le 41 d'ici demain.
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« on: 26 February 2013 à 17h11 »
Sans vouloir te décevoir, on arrive au terme de l'évolution de DM et Aphrodite. Ils ont été exploités pendant plus de 40 chapitres, place aux autres.
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« on: 28 January 2013 à 13h23 »
Au Sanctuaire, le Grand Pope passait la pire de ses journées. Des élèves d’Arlès avaient fait ressurgir les fantômes du passé, Aphrodite et Deathmask avaient désobéi à un de ses ordres, la tentative d’assassinat d’Hébé s’était soldée par un échec cuisant… Toutefois, le plus inquiétant n’était pas au Sanctuaire. La mystérieuse Ksénia manoeuvrait toujours en secret…
Chapitre 40 - Le Pope face à ses échecs
Grèce, Sanctuaire d’Athéna, dans la ville d’Honkios :
La fréquentation de cette ruelle sombre de la ville principale du Sanctuaire est bien faible. Le silence est d’or et le calme assuré par la présence dans le logis d’un des personnages les plus influent du domaine sacré.
L’homme, italien d’origine, aussi apprécié par le voisinage que son colocataire Capella du Cocher, est allongé dans un hamac qu’il a dressé juste devant sa bâtisse. Vêtu de vieilles frusques d’entraînement, le visage caché du soleil par un chapeau de paille, Dante de Cerbère profite du vent léger de l’automne pour s’accorder du repos.
Toutefois, ce répit s’annonce de courte durée. Son ouie, entraînée, distingue l’avancée de pas. A l’étude de ce mouvement, il parvient à comptabiliser trois hommes. Ceux-ci ne tardent pas à arriver à sa hauteur.
Le premier, simple soldat, hésite à prendre la parole, craignant d’extirper le Saint d’argent de son sommeil : Soldat n°1 - " Se… Seigneur Dante… Je… Euh… " Toujours dissimulé sous son couvre-chef, le chevalier se contente de racler sa gorge, pour manifester son mécontentement. Sans prendre de gants, un second soldat prend la suite : Soldat n°2 - " Seigneur Dante, nous avons un ordre de mission vous concernant. " Sans voir son visage, ses interlocuteurs se doutent que Dante baille sans ménagement au bruit disgracieux qu’il produit. Dante - " Impossible, vous faîtes erreur, je suis en permission aujourd’hui. Allez plutôt voir Capella, il effectue une garde en compagnie des troupes alentours. " Soldat n°2 - " Impossible Seigneur Dante, l’ordre de mission est adressé exclusivement à votre attention. " D’un ton désagréable, Dante tend le bras sans daigner regarder les messagers : Dante - " Bon, passe moi ce rouleau de papyrus que je lise ça. " Sans qu’il s’y attende, la voix du troisième visiteur, familière, annonce : Gigas - " L’ordre vient directement du Grand Pope et je me vois chargé de t’en faire part de vive voix. " Au son de la voix de son supérieur, Dante défait son chapeau et bondit du hamac pour s’agenouiller : Dante - " Général Gigas ! Veuillez excuser ma tenue ! Je ne pensais pas être le destinataire d’une mission si urgente. " Gigas - " Quelle que soit le donneur d’ordre, toute mission est importante et nécessite une totale implication. Tu tacheras de t’en souvenir Saint d’argent. " Bien qu’il sache que Gigas lui soit inférieur martialement parlant, Dante ne bronche pas et respecte la hiérarchie : Dante - " Compris Général. " Gigas - " Bien. A présent nous allons nous entretenir à l’intérieur de chez toi. A l’abri des oreilles indiscrètes. "
Les deux gardes se positionnent à la porte du domicile tandis que Gigas donne, à l’intérieur, le but de sa présence à Dante : Gigas - " Tu vas te rendre en Sicile, au Mont Etna, là où se trouvent Deathmask Saint d’or du Cancer et ses disciples. Tu es italien et tu t’es entraîné en ces lieux. Tu devrais pouvoir t’y rendre rapidement. " Alors qu’il sert dans un récipient fait d’argile un peu d’eau pour son général, Dante acquiesce : Dante - " A vos ordres Général. Et que dois-je faire auprès du Seigneur du Cancer ? " Gigas - " Contente-toi de lui dire que Lilith est morte par la faute du Saint des Poissons et que le Grand Pope lui ordonne de se présenter à lui immédiatement. " Le Saint de Cerbère incline légèrement la tête, puis endosse sa Pandora Box pour répondre à la requête de Gigas.
En Grèce, sous l’Aréopage :
Sous les profondeurs terrestres, autour du temple en forme conique, sur l’îlot entouré de lave, Vasiliás assiste à la formation des recrues.
Sous les sons venteux de l’orgue de Mars, provenant de l’intérieur du temple, l’américain s’active à joindre les petits groupes d’entraînement pour prodiguer le maximum de conseils. Depuis plus d’un an, ses recherches permettent de composer ses rangs. De partout dans le monde, il ramène des opprimés, des désabusés par les lois de leurs états, des personnes qui rêvent d’un monde meilleur et qui n’ont pas peur de faire couler le sang pour y parvenir. Il leur inculque l’histoire du cosmos, la création du monde et les légendes des chevaliers d’antan.
Tous s’éveillent avec plus ou moins de réussite, prêts à embrasser celui qui se présente comme leur roi, élu par le dieu Arès en personne. Majestueux dans sa Nightmare écarlate, le visage dissimulé par le masque doré que maintient son casque en gueule de lion, ne laissant apparaître que ses beaux yeux bleus et verts. Il cache grâce aux grandes ailes vermillonnes qui se déploient dans son dos la présence de la sublime Ksénia. Ksénia - " Quel travail remarquable ! Prendre d’anciens souffre-douleur qui ne supportent plus la vie actuelle et le manque de lois est un pari osé. Cela demande beaucoup de patience et de temps, pour en faire des guerriers dignes de ce nom. " Vasiliás - " Qu’importe. Je me félicite de composer une armée digne de l’image que je souhaite apporter au monde, en menant une guerre sans merci contre le Mal, pour les opprimés. " Ksénia suit du regard la direction prise par le bras de Vasiliás. Elle distingue alors un homme et une femme, tous deux vêtus autrement que les soldats et les apprentis : Vasiliás - " J’ai déjà trouvé mes Berserkers du Malheur et de la Terreur. Deux bons guerriers, que leurs Nightmares n’ont pas tardé à s’approprier, une fois arrivés ici. Tous deux déjà savaient se servir de leur cosmos avant leur venue ici, ils m’aideront à former avec plus d’efficacités mes troupes. " Il se retourne enfin pour observer celle qui attise ses plus grandes convoitises. Face à elle, il ôte son casque pour lui exposer enfin son splendide visage : Vasiliás - " Néanmoins, je reconnais que tu n’as pas tous les tords. Même si je parviens à en faire des soldats organisés, capables de prendre les armes et à en éveiller certains au cosmos, il me manquera une véritable puissance à mes côtés. Je serai incapable de recomposer les quatre régiments, les Flammes, le Feu, la Terreur et la Calamité qui faisaient autrefois de l’armée d’Arès une force redoutable. " La jolie russe couverte de sa légère et courte robe, marche sans grande difficulté sur le sol rocailleux, malgré qu’elle soit chaussée d’escarpins, preuve de son extrême agilité : Ksénia - " As-tu pensé à l’armure divine d’Arès ? " Vasiliás - " Cela voudrait dire faire entrer notre dieu dans la bataille et tu sais que je n’en ai pas envie. Même si sa puissance est dévastatrice, encore plus lorsqu’il sera habillé de son armure divine, il prendra goût aux combats sanguinaires et nuira à mes projets de domination de la planète pour un monde meilleur. Il ne fera pas la différence entre les ennemis du roi et les innocents… " Semblable à Kanon qui préfère utiliser Poséidon plutôt que de l’éveiller à sa toute puissance, Vasiliás achève tout espoir de retrouver cette armure : Vasiliás - " … Et tu sais comme moi que la légende veut que cette armure soit désormais inaccessible. " Ksénia - " Que dirais-tu de créer une nouvelle légende en la récupérant ? Arès veut juste du sang. En l’utilisant sur le champ de bataille rien que contre Athéna, tu économiseras tes forces et tu satisferas sa soif de sang. " Vasiliás - " Je pourrai en effet agir ainsi, mais récupérer cette armure voudrait dire m’allier à Hadès et ça je m’y refuse complètement. " Ksénia - " Évidemment, tu n’aurais pas d’autres choix que de passer par Hadès. Mais rien ne t’empêche de te servir également de lui. " Vasiliás - " De toute manière, je doute qu’Hadès soit un dieu très accessible. " Ksénia - " Tu oublies que je peux en faire mon affaire. " Vasiliás - " Dans ce cas, prépare ma rencontre avec un représentant d’Hadès. " Ksénia - " Volontiers. Toutefois, j’ai à faire avant. " Vasiliás - " Où pars-tu encore ? Combien de temps vais-je devoir rester sans t’avoir près de moi ? " Ksénia - " Disons que je pars en vacances. D’abord la mer, ensuite la neige. " Puis elle disparaît aussitôt, laissant Vasiliás dubitatif.
En Grèce, au Sanctuaire :
Sur le versant d’une montagne, taillée à même la roche, la prison principale du Sanctuaire a des allures de tour. A l’intérieur d’une cellule, trois soldats balancent Yulij. L’un d’eux à la mauvaise idée de profiter de l’étourdissement de l’apprentie pour approcher son masque. Grand mal lui en prend, la jeune femme revient à elle. Il est violemment frappé à l’entrejambe devant ses deux acolytes, hilares. Un autre s’approche de Yulij : Soldat - " Allons ma jolie, tu risques de passer pas mal de temps ici. Tu devrais en profiter pour faire passer le temps. "
Comme son complice, il est contraint de vite faire une croix sur ses mauvaises intentions. Décourageant par la même occasion le troisième larron.
Dans la cellule qui lui fait face, Nicol s’amuse avec cynisme de la déroute des trois soldats. La tête collée aux barreaux, il déclare à Yulij : Nicol - " Tu avais raison lorsque tu disais que les étoiles annonçaient un changement. Dorénavant notre situation a empiré. " Yulij se met en garde face aux montants : Yulij - " Tu rigoles ?! Ce ne sont pas quelques barreaux en métal qui me décourageront. " Nicol soupire : Nicol - " Tu devrais pourtant. De toutes les geôles du Sanctuaire, nous sommes dans la plus gardée. Ces barreaux ont été imprégnées du sang d’Athéna et sont indestructibles. A une époque, les diverses galeries creusées dans la montagne ont permis de nombreuses évasions. Comme celle d’un Saint de Pégase, il y a plus de deux cent ans, parti défier Hadès. Depuis, la sécurité a été renforcée et les passages condamnés. " Yulij - " Les barreaux sont peut-être protégés par le sang d’Athéna, mais les murs eux sont de pierre. Il nous suffit de passer au travers. " Nicol - " Bien sûr ! Chaque paroi étant indispensable à l’équilibre de l’édifice, le moindre ébranlement d’un mur provoquerait l’éboulement de la montagne et la mort pour tous ceux qui s’y trouvent prisonniers. Nous compris, n’ayant pas le temps de gagner l’extérieur. "
Dehors, Algol s’assure auprès des trois soldats que les deux rebelles aient bien été enfermés avant de les congédier. Il profite de sa solitude pour s’isoler. A l’abri des regards, il fond en larmes. Ses membres tremblent et son c½ur s’emballe. Bouleversé par la leçon de force reçue d’Aphrodite, le préjudice moral est grand. Gondolé par les larmes, ses yeux fixent avec rancoeur la direction des douze maisons du Sanctuaire. Les dents serrés, il prononce avec colère : Algol - " Aphrodite… Shaka… Je vous hais. "
Une voix douce et familière le surprend : Hasu - " Pourquoi tant de haine envers les Saints d’or ? " L’ancienne amante d’Algol se présente, vêtue de sa longue robe blanche fendue dès le haut de sa cuisse gauche. Devenue femme chevalier grâce à Shaka, elle ôte son masque, décoiffant quelque peu ses longs cheveux châtains qui tombent sur ses épaules. De ses grands yeux bleus, l’angélique Saint de bronze de la Couronne Australe, observe avec compassion le Saint de Persée. Cela accroît son aigreur : Algol - " Tu oses me poser la question, alors que tu m’as quitté pour suivre le chevalier de la Vierge ! Et qu’aujourd’hui de plus, je me suis fait ridiculiser par le chevalier des Poissons ! " D’une voix rêveuse, elle espère lui faire comprendre : Hasu - " Ce sont des Saints d’or ! " Algol - " Dit-elle avec fascination ! Ils n’en restent pas moins des hommes ! Des hommes trop respectés, tandis que nous Saints d’argent et vous Saint de bronze nous nous abaissons à de sales besognes. " Hasu - " Je te trouve dur. Tu n’es pas objectif en disant cela, notre rupture t’implique personnellement dans ce ressentiment. " Algol - " Bien évidemment ! Tu m’as abandonné pour le suivre lui. Tu m’as abandonné car tu voulais suivre la voix de sa sagesse et cesser l’apprentissage de chevalier. Puis tu es revenue amoureuse de lui et Saint ! " Hasu - " Parce qu’il a eu les mots, pour me prouver que ma vraie place est dans les rangs des Saints. " Algol - " Etait-ce une raison pour te donner à lui ? " Hasu - " Nous avons déjà eu cette discussion. " Algol - " Je le sais. Mais je n’arrive pas à comprendre que tu puisses toujours l’aimer, tandis que depuis votre retour au Sanctuaire il t’ignore. Moi j’ai toujours été là pour t’épauler, pour t’écouter. " Hasu - " M’écouter, peut-être. Seulement tu n’apportais pas les réponses à mes questions. Sans me côtoyer autant que toi, il a tout de suite su sonder mon âme. En quelques jours j’ai eu l’impression qu’il me connaissait mieux que moi-même. " Algol - " Alors tu vas rester là, à attendre qu’il s’intéresse de nouveau à toi. A attendre un jour qui ne viendra jamais. " Hasu - " Le peu de temps passé à ses côtés m’a suffit à remplir une vie. Désormais je peux me consacrer à ma mission de Saint, sans craindre de mourir sans avoir connu le vrai amour. Je suis désolé. "
Venue au départ pour le réconforter, Hasu n’apporte à Algol qu’amertume et désillusions. Pour seule réponse, elle obtient un silence gênant auquel elle finit par tourner le dos, pour retourner au camp des femmes chevaliers.
Sous les océans :
En direction de l’extrême nord de la Russie, en dessous d’un plafond d’eau duquel s’écoule une fine bruine, le général de l’armée de Poséidon est absorbé par l’épais et indestructible manteau de glace dressé face à lui. De l’autre côté de ce cercueil de glace se trouve Atlantis, la citée condamnée par Dégel du Verseau en 1743.
Après avoir caressé ce rideau impénétrable, Kanon tourne la tête pour dévisager avec colère son interlocutrice : Kanon - " Tu m’as fais miroiter… Tu m’as fais imaginer pouvoir contrôler le monde en comptant sur l’idiotie d’Hilda de Polaris et d’Alexer de Blue Graad. Or, comme je te l’avais bien dis, Hilda n’est pas quelqu’un qu’on peut corrompre. Tu l’as sous-estimée. " La sublime Ksénia reste calme. Assise sur une pierre à impression spongieuse, les jambes croisées, faisant remonter sa courte jupe jusqu’au haut de ses cuisses magnifiquement dessinées, elle regarde le Dragon des Mers avec un léger sourire : Ksénia - " J’avoue être déçue et surprise par son refus. Et je n’avais pas prévu qu’elle choisisse d’envoyer une mission de sauvetage à Blue Graad, en effet. Mais pas de panique, il y a toujours un moyen d’influencer Hilda, même si cela doit être contre son gré. Il nous reste l’anneau maudit des Nibelungen. " Kanon pointe du doigt la sphère de glace devant lui : Kanon - " Dois-je te rappeler que cet objet maléfique fait parti des nombreuses armes de Poséidon désormais prisonnières du cercueil de glace d’Atlantis ? J’ai déjà essayé maintes fois de briser ce mur éternel, sans toutefois parvenir ne serait-ce qu’à l’ébrécher. " Ksénia - " En effet, pas même un dieu ne pourrait détruire ce gel immuable. Il résulte de l’invocation de l’empereur Poséidon et de l’arcane d’un Saint du Verseau mêlés à leurs paroxysmes durant la dernière Guerre Sainte contre Hadès. " Kanon - " Depuis Atlantis n’est plus qu’une immense citée fantôme impénétrable. " Ksénia - " Pas depuis la surface ! Il reste un seul endroit au monde depuis lequel Atlantis est accessible. Il s’agit du passage cosmique qui relie Atlantis à Blue Graad. Le passage se situe au c½ur même du palais, dans la bibliothèque impériale. " Kanon - " Dans ce cas pourquoi ne pas me l’avoir dis plus tôt ? J’aurai déjà fait envoyer des hommes pour s’y rendre. " Ksénia crée un miroir comme elle l’avait fait pour Arès, lorsqu’elle lui avait montré Vasiliás. Cette fois-ci, c’est pour présenter Alexer. Ksénia - " Prendre d’assaut Blue Graad n’est pas chose aisée. Ainsi tu aurais révélé aux yeux du monde le retour de Poséidon qui se veut pour le moment endormi en Julian Solo. Ne veux-tu pas agir dans l’ombre de Poséidon pour assouvir tes ambitions ? " Kanon - " Alors voilà pourquoi tu gardes malgré tout un ½il sur le fameux fils de l’empereur Piotr ? " Ksénia - " En effet, il ne manque plus grand-chose pour que l’armée d’Alexer attaque celle de Blue Graad. Cette guerre fratricide sèmera une confusion totale. Si on ajoute à cela que sa tentative de corruption envers Hilda de Polaris ne restera pas sans suite, il y a fort à parier qu’Hilda envoie se mêler à cette anarchie quelques guerriers de son royaume. " Kanon - " Oui, quoi de plus facile par la suite que de se rendre incognito à Atlantis lorsque la tension sera à son comble. " Ksénia - " Voilà pourquoi je te demande d’attendre patiemment. De toute manière l’anneau des Nibelungen ne peut être associé qu’au cosmos de Poséidon. " Kanon - " Ce n’est pas un problème. Lorsque Julian Solo viendra à nous, je n’aurais qu’à lui rappeler à quel point le général que je suis a réussi à lui remodeler une armée digne de ce nom. D’ailleurs, elle n’aura pas à être sacrifiée, puisque je lui proposerai d’enrôler Hilda, grâce à l’anneau des Nibelungen. Flatté par mon géni militaire il cédera à ma proposition et Poséidon restera endormi à jamais en Julian Solo, pendant que je dirigerai le monde en son nom. " Ksénia - " Qu’il en soit ainsi. Cependant pour que la victoire d’Alexer soit garantie, j’ai besoin d’infiltrer un homme en qui tu peux avoir toute confiance. Celui qui nous épie depuis mon arrivée devrait parfaitement faire l’affaire. "
Aussitôt, un homme dissimulé jusqu’alors dans l’ombre, jaillit de derrière d’immenses coraux. Son corps est revêtu d’une protection similaire à celle portée par Kanon. Son diadème coiffe ses cheveux verts et dégage parfaitement son visage à la mine renfrognée.
Kanon présente à Ksénia celui qui l’accompagne : Kanon - " Hum… Quelle perspicacité ma chère Ksénia ! Je te présente le Général de l’Océan Arctique, Isaak de Kraken. " Ksénia se laisse tomber du rocher où elle s’est posée dans un mouvement gracieux. Les talons de ses escarpins piétinent le sol rocailleux chargé d’eau salée pour approcher le finlandais qu’elle dévisage sans gêne : Ksénia - " Dis-moi joli c½ur, que t’est-il arrivé à l’½il. "
Froid et inaltérable comme l’était avec lui le maître des glaces, Camus du Verseau, l’ancien disciple du Seigneur Crystal se contente de déclarer : Isaak - " Je me tiens à ton entière disposition pour me rendre à Blue Graad. J’ai grandi en Sibérie. Je connais la région comme ma poche. " Kanon - " Très bien. Dans ce cas tu accompagneras Ksénia. Elle doit ramener auprès d’Alexer des hommes de haut niveau pour renforcer ses rangs. A toi seul, tu parviendras à faire bouger la balance en sa faveur. Une fois que la bataille battra son plein à Blue Graad, reviens-moi avec l’anneau des Nibelungen. Toutefois n’oublie pas qu’une vague de froid, aussi meurtrière que celle qui a décimée une majorité de la population de Blue Graad il y a des années, se prépare à frapper à nouveau l’extrême nord de la Sibérie. "
Isaak acquiesce sans broncher puis retourne en direction du temple de Poséidon où sont disposés ses appartements de Marinas…
En Grèce, au Sanctuaire, dans le palais du Grand Pope :
D’un pas lent et pénible, Aphrodite traverse les couloirs du temple. Sa toge abandonnée et ses esprits amoureux perdus après la mort de Lilith, le suédois arbore dans sa Cloth brillante comme le soleil, un visage fermé mais ô combien élégant.
Sans la moindre crainte, heaume sous la main, il pénètre dans la salle d’audience de son souverain, après que les gardes lui aient ouvert les grandes portes qui isolent le représentant d’Athéna. Il s’agenouille et incline légèrement la tête en attendant la sentence.
Affalé dans son trône, le Grand Pope reste de longues secondes silencieux, le temps de faire douter le Saint sur ses intentions. Une fois que l’atmosphère malsaine devient suffisamment dérangeante pour le Saint des Poissons, le Saint des Gémeaux n’y met pas les formes : Saga - " Que faisais-tu avec elle ? " Aphrodite comprend l’allusion faite à Lilith. Il ne se démonte pas : Aphrodite - " Je profitais de sa présence pour rendre agréable ma permission. " Saga - " Où l’as-tu rencontré ? " Refusant de révéler la faute de Deathmask censé l’avoir tuée, il préfère se taire. Saga ne perd pas son temps et sévit en conséquence : Saga - " J’avais demandé au Saint du Cancer de l’éliminer et de se débarrasser de cette fille pour traîtrise envers le Sanctuaire. Puisque tu refuses de donner le nom de ton frère d’arme, j’en conclus de moi-même, qu’il a refusé d’obéir à mes ordres. Je prendrais les décisions qu’il faut en temps voulu pour le Cancer. En ce qui te concerne, je ne peux que féliciter cet état d’esprit envers ton camarade, mais ne peux tolérer qu’on me mente. Au regard de tes faits d’arme et de ta fidélité, tu seras simplement assigné à la garde de ton temple sans la moindre permission jusqu’à nouvel ordre. Va à présent ! " Aphrodite baisse encore une fois la tête avant de quitter, sans la moindre contestation, son seigneur.
Au Sanctuaire sous-marin :
Dans le temple de Poséidon, au milieu d’un couloir aux murs et plafonds fais de pierres blanches taillées, la chambre du Marinas de Kraken est illuminée par la Scale d’Isaak. Cette dernière repose sous la forme de totem au milieu de la pièce. Pour cette mission, il a choisit d’abandonner son identité de Marinas et prépare son paquetage pour remonter la Sibérie jusqu’à Alexer.
Avant de partir, il prie agenouillé devant sa Scale, provoquant l’hilarité de son équipière : Ksénia - " Comme c’est étrange. Tu pries Poséidon alors que tu sais qu’en réalité il est manipulé par le Dragon des Mers ! " Isaak - " Je connais le but avoué de Kanon, cependant je sais qu’il est impossible de duper les dieux, comme il le souhaite réellement. Tout ce que je fais, je l’accomplis en sachant que cela apportera la gloire de l’empereur Poséidon. Sa volonté sera tout de même accomplie et, lorsqu’il sera enfin éveillé, c’est un monde à reconstruire qu’il trouvera devant lui. Et nous serons félicités pour nos bienfaits. " Ksénia - " Tu te sers donc de l’ambition de Kanon n’est-ce pas ?! C’est très astucieux ! Quelle dévotion ! " Isaak - " Je dois tout à l’empereur Poséidon. Lorsque j’ai été laissé pour mort, c’est la bonté du seigneur des mers qui m’a ramené à la vie. J’ai donc accepté la Scale de Kraken et juré fidélité à mon dieu pour m’avoir sauvé et ouvert les yeux. A vouloir protéger un ami qui ne vouait son destin qu’à un projet personnel, j’ai failli mourir. Aujourd’hui je ne désire que la purification par les eaux d'une planète corrompue par les passions humaines. " Ksénia - " Très bien. Je viendrais te chercher demain. Profite d’abord de cette nuit pour faire le plein d’énergie. Nous allons devoir beaucoup marcher. Nous devons nous déplacer comme de simples mortels pour ne pas faire repérer nos cosmos énergies. " Isaak - " Et toi, où vas-tu dormir ? " Ksénia - " Je n’ai pas besoin de sommeil pour l’instant. J’ai à faire avant de partir. "
En Sicile, sur le Mont Etna :
Les rayons du soleil gênent immédiatement Deathmask en pleine sieste. Il se redresse, sans difficulté, comptant sur des abdominaux parfaitement travaillés. Ses yeux s’ouvrent difficilement et il écarte grand sa bouche pâteuse pour bayer aux corneilles. Sans même regarder dans sa direction, il déclare : Deathmask - " Tu es bien matinal ce matin Mei ! " Le jeune disciple, les bras chargés de deux grands seaux d’eau, à l’autre bout du sentier, dos à Deathmask est pris au dépourvu : Mei - " En effet, je suis allé chercher de l’eau fraîche à la source. " Deathmask - " Tu as été rudement rapide pour t’y rendre ! " Mei est décontenancé : Mei - " V… Vous m’avez senti passer ce matin ?! " Deathmask - " Bien évidemment. N’importe quel ennemi pourrait percevoir ta cosmo énergie à des kilomètres à la ronde. Je croyais t’avoir enseigné… " Le Cancer n’a pas le temps de finir sa phrase que le cosmos de Mei disparaît. Le chevalier d’or daigne enfin écarquiller les yeux et fait volte face pour chercher son apprenti. Les seaux ont été jetés droit en l’air, afin de ne pas perdre l’eau récoltée.
Soudain, une griffure marque la joue de l’italien qui a à peine le temps d’esquiver le poing de son disciple. La puissance d’impact est telle que le vent soufflé par le coup de Mei fait voler en morceaux le rocher sur lequel Deathmask est positionné.
Alors qu’il sort des décombres les cheveux salis par la poussière de l’explosion, Deathmask arbore une mine satisfaite, pendant que Mei récupère les seaux, sans que ceux-ci aient perdu la moindre goutte.
Enfin, Epione vient se joindre à la fête. Sans le moindre vêtement, en appui à l’encadrement de porte, elle hurle de rage : Epione - " Vous ne pourriez pas faire un peu moins de bruit ! J’ai besoin de sommeil ! " Les deux hommes ne trouvent rien de mieux que de lui rire au nez en guise de réponse.
La bonne ambiance matinale n’est en rien entamée puisque Deathmask propose un duel sans retenu à Mei pendant que Epione fait sa toilette avec l’eau apportée par le jeune japonais. Durant l’échange de coups, Mei ne parvient pas à toucher une seule fois son professeur tandis que celui-ci s’étonne : Deathmask - " J’ai beau esquiver, je n’y trouve plus la même facilité qu’autrefois. Ta marge de progression est énorme ! " Mei - " C’est grâce à votre enseignement maître ! Grâce à vous je deviendrai un vrai homme ! " Deathmask bloque le poing de Mei et le plaque contre lui pour lui murmurer : Deathmask - " J’ai l’impression que pour cela tu n’as pas eu besoin de moi. " Les yeux complices du Masque de Mort scrutent la direction du logis à l’intérieur duquel se trouve Epione.
Mei comprend que son mentor fait allusion à sa relation de la veille avec la vénusté. Quelque peu gêné, il espère profiter de l’inattention de son maître pour se dégager et le frapper du pied. Néanmoins, tout en continuant à observer d’un air nostalgique la direction de la demeure, Deathmask repousse sans mal le jeune garçon.
Sans la moindre animosité, il déclare : Deathmask - " Allez ! C’est bon pour ce matin ! J’ai une faim de… " La bonne humeur de Deathmask change brusquement. Ses sourcils se froncent et du coin de l’½il, il observe le bas de la colline. Mei essuie le filet de sang qui coule de ses lèvres en regardant la même direction que son maître : Mei - " Oui, moi aussi je l’ai ressenti. Quelqu’un arrive. " Deathmask - " Il s’agit d’une cosmo énergie qui ne m’est pas inconnue. "
Quelque peu ébloui par le reflet du soleil sur l’argent de la Cloth du visiteur, Deathmask grimace : Deathmask - " Que viens-tu faire ici Dante Saint de Cerbère ? " Deathmask adopte un ton bien dur à l’encontre de Dante, ton adopté au quotidien au Sanctuaire par le Saint. Cette attitude est inconnue à Mei. Ce dernier profite de l’occasion pour observer une armure d’argent, émerveillé.
A mesure qu’il approche, Dante prend soin d’étudier les lieux avec minutie. Il salue d’un hochement de tête Epione qui débarque masquée et vêtue de sa Cloth. Dante - " Voici bien des années que je ne suis pas revenu ici. Depuis que j’ai été fais chevalier en fait. " Deathmask - " On ne peut pas dire que tu as passé tes plus belles années ici. " Dante - " Effectivement, j’ai du survivre ici seul, sans compter sur votre aide pour m’apprendre à devenir Saint. " Malgré ces reproches, Dante s’agenouille devant le Saint d’or pour lui rendre les hommages qui lui sont dus. Deathmask - " Je n’ai jamais vu en toi les capacités suffisantes pour faire un bon Saint. " Dante rétorque en dénigrant Mei : Dante - " J’étais destiné à devenir Saint d’argent. Certes c’est bien loin de votre niveau, mais c’est bien au-delà de celui d’un Saint de bronze. " Deathmask - " N’ait crainte, dans peu de temps Mei deviendra au moins aussi puissant qu’un Saint d’argent, si ce n’est pas encore le cas. " Dante - " Dans ce cas, pourquoi n’a-t-il toujours pas été sacré Saint ? " Deathmask - " L’armure est un gage d’achèvement de formation. Tant que je n’aurai pas fini son éducation, il n’aura pas sa récompense. "
Dante, revanchard, s’amuse à déclarer : Dante - " Je crois hélas que cela va prendre fin plus tôt que prévu. " Deathmask - " Explique-toi. " Dante - " J’ai été mandaté par le Grand Pope qui vous ordonne de vous présenter instamment à lui. " Deathmask - " Qu’y a t il de si urgent au Sanctuaire pour qu’il envoie auprès de moi un Saint d’argent et non un simple messager ? " La suffisance de Deathmask a son égard insupporte Dante, au point qu’il annonce d’une voix monotone : Dante - " Le Grand Pope est furieux. Lilith est morte par la faute du Saint des Poissons. " Ces quelques mots résonnent dans l’esprit du Cancer et lui foudroient le c½ur. Ses jambes se mettent à trembler et d’hypothétiques situations sur les évènements qui se sont déroulés en son absence l’assaillent. « Lilith, morte, Saint des Poissons, Grand Pope furieux… », ressasse-t-il sans fin. Tous ces facteurs sont à eux seuls suffisant pour le déstabiliser. Cependant, le plus difficile d’entre eux est le décès de Lilith. Sa gorge se noue et ses forces l’abandonnent. La tristesse le submerge pour la première fois depuis bien longtemps. Les mauvais traitement reçus durant son enfance l’avaient endurcit, au point qu’aucun sentiment de peine ne puisse exister en lui. Lilith, par sa douceur et son approche psychologique ordonnée, était parvenue à le rendre plus… humain. Cette même humanité qui abandonne à jamais son être, à chaque souffle qu’il expire depuis l’annonce de la cruelle nouvelle.
L’atmosphère devient macabre à mesure que la cosmo énergie violacée du maître des lieux imprègnent les environs. Son affliction se consume en flammes mauves, semblables à celles qui conduisent ses victimes au Meikai. L’effluve cosmique dégage un parfum de mort qui inquiète davantage les pairs du Masque de Mort. Le regard du Saint est rivé au sol, rongé par la destruction de sa bonté retrouvée grâce à Lilith.
Embarrassé, Mei décide d’approcher son maître pour tenter de le réconforter. Hélas, il est devancé par Epione qui en profite pour se coller contre le dos de celui qui l’obsède. Elle passe ses bras autour de sa taille et se hisse sur la pointe des pieds pour lui susurrer à l’oreille : Epione - " Tu n’auras plus à culpabiliser désormais. Tu vas pouvoir redevenir le Masque de Mort que tu étais et que j’aime tant. "
Pour la première fois depuis l’annonce destructrice de la mort de son amante, Deathmask esquisse un sourire, un vil rictus imprégné de sa folie : Deathmask - " Tu crois ça pauvre traînée ? " Le ton sarcastique du chevalier l’embrouille. Elle relâche sa prise et recule d’un pas hésitant.
Tout à coup, le visage de Mei est maquillé de sang. Le japonais se décompose tandis que le chevalier d’or arbore un sourire fou, terrifiant. Deathmask aussi est souillé par de l’hémoglobine. Il passe sa langue sur le liquide écarlate qui roule sur son visage pour s’en délecter. Dans sa main droite, par le cou, il maintient debout le corps totalement écorché d’Epione. Aux pieds de celle-ci roule sa tête, sur laquelle tient encore son masque. Deathmask - " Alors tu veux rester auprès de moi hein ?! Quitte à profiter de la mort du seul être qui m’était cher… " Mei est décontenancé par l’attitude de son mentor. Il en perd même le réflexe de se nettoyer le visage. Deathmask - " … dans ce cas je vais t’offrir le plus beau des cadeaux que je puisse faire. Je vais faire de ce qui était ton si joli visage, le plus beau trophée de ma collection de masques de mort. "
Mei espère faire revenir son maître à la raison en se jetant sur lui. Sans même retenir son coup, le Cancer renvoie l’élève au tapis en lui décochant sa plus puissance droite dans l’estomac.
Tordu de douleur, les larmes aux yeux, Mei confesse que c’est avant tout le chagrin qui le blesse le plus aujourd’hui. Deathmask lit dans les yeux le désarroi de son disciple. L’espace d’un instant où il aurait pu le prendre dans ses bras pour lui dire à quel point il l’estime et qu’il est fier de lui, Deathmask préfère affirmer avec dédain : Deathmask - " Lilith était le seul rayon de soleil dans ma vie. " Le chevalier abandonne la dépouille du Saint du Serpent puis bondit en direction du Sanctuaire sans même adresser un dernier regard à Mei…
En Grèce, au Sanctuaire :
Les murailles du domaine sacré s’ouvrent pour accueillir la dizaine de soldats qui accompagne Taishi. La troupe du Saint de bronze rentre tête baissée, après le coup d’état manqué sur Yíaros. Epuisés après ce voyage en mer et les longues heures à se fondre dans la masse contemporaine, pour rallier le Sanctuaire depuis la Crète, les hommes se dispersent bien vite retrouver les leurs.
Pandora Box sur le dos, Taishi a le visage fermé. Il redoute de devoir faire son rapport au Grand Pope. Néanmoins, le Grand Pope n’a pas besoin de l’attendre pour connaître la situation.
Dans ses appartements, Saga est tiraillé par la situation. Dans sa robe papale, il s’observe dans un miroir afin de dialoguer avec son reflet. Le Saga aux yeux injectés de sang et aux cheveux blancs converse avec le fidèle Saint d’Athéna au visage ferme mais calme : Saga - " Tu dois te rendre à l’évidence, cette tentative d’assassinat t’a fais perdre tes positions sur Yíaros. " Evil Saga - " Il me suffit de renvoyer quelques soldats pour calmer ces paysans armés de faux. " Saga - " Quels soldats ?! Tes troupes diminuent à vue d’½il. Toutes ces guerres menées ces dernières années ont affaibli tes rangs. Aujourd’hui il ne te reste que des hommes que Gigas nomme soldats. Une bande de bons à rien, prêts à répandre le sang pour quelques pièces de monnaie. " Evil Saga - " J’y enverrais des Saints alors ! " Saga - " Tu te priverais de quelques Saints d’or ?! Parce qu’il est bon de te rappeler que Juventas et ¼dipe ont mis à mal plusieurs Saints d’or lors des affrontements de la Journée Sainte. Et quel Saint d’or envoyer ?! Deathmask ?! Aphrodite ?! Je préfère encore les punir en les assignant à leurs demeures jusqu’à la fin de leurs jours. Et face aux Alcides, il est impensable d’envoyer de nouveau des Saints de bronze et d’argent. " Evil Saga - " Dans ce cas, j’appellerai Aldebaran et Shura qui ont déjà conduis une offensive contre Yíaros. Ils iront sur l’île en compagnie d’Aiolia et Milo. Ils écraseront ces Alcides et me ramèneront la tête d’Hébé. " Saga - " Ces hommes ne sont pas aussi mauvais que toi. Crois-tu vraiment qu’ils iront jusqu’à tuer Ambroisie ?! Quoi qu’il en soit, je ne te laisserai plus tenter quoi que ce soit contre la femme que j’aime. " Evil Saga - " Pauvre imbécile, tu aimes une déesse, comment peux-tu croire que votre histoire peut exister ?! " Saga - " Qu’importe, je vis d’un amour idyllique pour elle et cela me suffit. " Evil Saga - " Tu m’ennuies avec tes sentiments mielleux. Briser Ambroisie sera pour moi l’occasion de briser ce peu d’humanité qui reste en moi et qui me dérange. Je parviendrai à me débarrasser de toi. " Saga - " Je crois qu’il va falloir revoir tes intentions à la baisse. N’oublie pas que l’armure d’or du Sagittaire est toujours dans la nature, en compagnie d’Athéna. Que t’arriverait-il si Athéna parvenait à s’éveiller un jour et former une armée pour marcher sur le Sanctuaire pendant que tu serais privé d’une grosse partie de tes Saints d’or ? " Evil Saga - " Hum… Tu as raison. On m’a remonté une drôle de nouvelle, dans laquelle une jeune japonaise organise un tournoi mondial, destiné à l’obtention d’une armure en or. Je ferai mieux d’y envoyer Phénix vu qu’il semble être originaire du Japon. " Saga - " Pff… Dans tous les cas, tu es coincé. " Evil Saga - " Que tu crois… "
Evil Saga abandonne sa discussion avec son double en tournant le dos à la glace. Il réajuste son heaume rouge et son masque violet avant de s’époumoner : Saga - " Gigas ! " Immédiatement, des soldats ouvrent les grandes portent de la salle d’audience du Pope. Pendant que ce dernier prend place sur son trône, Gigas, s’aidant de sa canne, avance pas à pas sur le tapis rouge qui habille les dalles. Le Pope observe son général avancer misérablement jusqu’à lui. Il ne prononce aucun mot tant que le borgne ne s’est pas agenouillé. Gigas - " Oui Votre Eminence ? " Saga - " Gigas, où en sont les recherches pour l’armure d’or ? " Gigas - " Aux dernières nouvelles, aucun des groupes envoyés à travers le monde n’a donné suite. Il y a bien la rumeur d’un tournoi au Japon où des hommes se battront dans une semaine pour gagner une armure dorée mais… " Le pontife l’interrompt : Saga - " Envoie Phénix au Japon. Guilty me l’a parfaitement formaté. Je ne peux plus attendre. " Gigas - " Actuellement j’ai réunis le plus de soldats possible pour repartir sur Yíaros mais je peux… " Saga - " Oublis Hébé. J’ai une meilleure idée. Nous allons jouer sur deux tableaux. Nous allons concentrer nos recherches prioritairement sur la Cloth du Sagittaire. Pour ce qui est d’Yíaros, il nous suffit d’envoyer un maximum de galères occuper le tour de l’île afin d’empêcher Hébé de rentrer en contact avec un quelconque allié. Privés de ressources extérieures, les hébéïens auront juste de quoi survivre. Cela suffira pour les affaiblir et attendre d’avoir récupéré l’armure de ce renégat d’Aiolos, pour reprendre Yíaros avec le plus de chances de notre côté. " Gigas - " C’est magistralement bien pensé Mon Seigneur. J’envoie les vaisseaux immédiatement sur Yíaros et convoque un messager pour charger Phénix de sa mission. " Saga - " Par la même occasion, tu ordonneras à Taishi Saint de bronze du Toucan de partir à la recherche d’Apodis Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis et de Carina Saint de bronze de la Carène du Navire. Il les a laissés s’échapper, je ne veux pas lui faire l’honneur de le recevoir. Il sera digne de confiance lorsqu’il aura puni ces traîtres. " Gigas - " Bien Majesté. Que dois-je ordonner au sujet de Philémon Saint de bronze du Lièvre ? " Saga - " Ce misérable a choisi de rester auprès des hébéïens. Qu’il y coule des jours paisibles en attendant la reprise des hostilités. Ce n’est qu’un sursis pour ce renégat. " Gigas acquiesce puis prend congé du souverain.
De nouveau seul, Saga jubile en s’affalant dans son trône avant de conclure le tout par un rire sarcastique : Evil Saga - " Tu vois, finalement, en prenant mon mal en patience, je réussirai à être victorieux d’Athéna pour devenir le maitre du monde, et à me débarrasser d’Ambroisie pour ne plus être tiraillé par toi mon esprit bienfaiteur. "
En Sicile, au Mont Etna :
Le soleil est encore haut dans le ciel lorsque Mei finit de recouvrir de terre la tombe d’Epione.
Dante, resté en retrait durant tout le long de la colère de Deathmask, observe depuis le jeune homme. Alors qu’il tourne les talons, il lui conseille enfin : Dante - " Je repars au Sanctuaire, berceau de la chevalerie. Je t’invite à t’y rendre pour prêter allégeance au Grand Pope maintenant que tu n’as plus rien à faire ici. " Mei choisit de ne rien répondre. Il reste simplement là à fixer le Saint quitter les lieux de la même façon que son professeur il y a quelques heures auparavant.
Désormais seul, il prend un grand bol d’air en pensant pouvoir faire le vide grâce à cela. Aussitôt l’air expiré, c’est la solitude qui vient lui encombrer l’esprit. L’attitude de son professeur, la perte de celui-ci, conjuguée au décès de la jeune femme qui l’a toujours secrètement intriguée… « Je dois en avoir le c½ur net ! », se dit-il déterminé. « Il faut que je sache qui est réellement mon maître. Et moi, je dois devenir un Saint ! »
Alors il ramasse quelques affaires dans la bâtisse où il a passé ces dernières années, puis fait le tour des petites pièces qu’il s’apprête à quitter. Un sourire incontrôlé illumine son visage, lorsqu’il repense aux instants passés ici. « Comment pouvait-il dormir là-dessus ? », se demande-t-il en voyant le banc de pierre qui servait de lit à son professeur. « C’est vrai qu’elle n’avait vraiment pas grand-chose à se mettre non plus », confesse-t-il en observant la chambrette pauvre en vêtement d’Epione qui ne perdait pas une occasion d’exposer ses formes sensuelles.
Arrivé sur le pas de la porte, le visage candide du japonais se fronce : Mei - " Dorénavant, je dois mettre en pratique tout ce que j’ai appris jusqu’ici. Direction, le Sanctuaire. " Il enfile sur son dos les lanières de la Pandora Box de la Chevelure de Bérénice.
Sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos :
Les villageois déblaient les cadavres qui couvrent la salle du trône d’Hébé. De nouvelles obsèques vont embrumer davantage les esprits déjà bien accablés des hébéïens.
Pendant ce temps, dans l’un des appartements d’Hébé, la déesse et ses Alcides se réunissent pour évoquer cette nouvelle situation. Baucis déplore : Baucis - " Cette assemblée est bien morne. Je me souviens encore des grands forums entretenus en compagnie de nos défunts pairs Alcides ainsi que des prêtres et prêtresses. " ¼dipe - " Les athéniens ont pris soin, hélas, de réunir nos derniers membres religieux dans le temple d’Héra pour les exécuter sauvagement. Il ne reste plus que nous. " Hébé corrige : Hébé - " Nous et le peuple. C’est lui qui a encore subi de nombreuses pertes pour venir nous sauver. Ils se sont battus pour leur foi en nous et leur liberté. " Juventas intervient à son tour : Juventas - " Une liberté qui risque d’être bafouée de nouveau lorsque les athéniens reviendront plus nombreux. " Hébé - " Je ne suis pas sûre qu’ils reviendront. Du moins pas maintenant. Les différentes guerres orchestrées par le Grand Pope le forcent à occuper pas mal de positions stratégiques dans le monde entier. Cela veut dire que ses rangs sont diminués. La seule chose qu’il peut faire désormais, c’est nous couper les vivres depuis l’extérieur. " Baucis se montre fière : Baucis - " Agir ainsi c’est bien sous-estimer les hébéïens. Ils ont déjà fais suffisamment preuve de caractère, pour ne pas craindre de devoir vivre de leurs seules ressources. Cette situation est bien risible par rapport à la période d’occupation sous le régime athénien. " ¼dipe renchérit : ¼dipe - " Exactement. Cependant, cela reste une question de temps. Tôt ou tard ils tenteront d’envahir l’île. De notre côté, les villageois ne seront jamais en mesure de repousser les envahisseurs plus qu’ils ne l’ont fait. Et les enfants sont trop jeunes pour assurer la relève militaire avant des années. " Juventas - " De toute manière les enfants d’aujourd’hui sont bien peu nombreux. Beaucoup n’ont pas survécu aux restrictions alimentaires imposées par les athéniens. Les premiers mois qui ont suivis l’occupation ont causé la famine et apporté les maladies qui vont avec. " Hébé - " Reste le seul espoir que le Sanctuaire purge le mal qui le ronge de lui-même. " Juventas - " J’ai confiance en Apodis. Il saura trouver les ressources nécessaires pour faire éclater la vérité. " Hébé - " Je le souhaite. En parlant des Saints, comment se porte Philémon ? " Baucis - " Il reprend des forces dans ma demeure. Il a choisi de rester ici pour nous apporter son soutien en cas de retour du Sanctuaire. "
Le sourire que porte Hébé sur ses lèvres laisse présager qu’elle est enthousiasmée par cette intention. Néanmoins, le long silence qui s’en suit rappelle à quel point la situation est critique. La tension est palpable. Hébé - " Bien. En attendant, aidons le peuple à se reconstruire et prions pour des jours meilleurs. "
Sur Yíaros, Hébé avait compris que la seule issue possible à cette Guerre Sainte était de la solutionner de l’intérieur. Il ne restait donc plus qu’à Carina et moi-même de mener notre mission à bien. Cela n’allait malheureusement pas empêcher Ksénia de réaliser ses obscurs desseins.
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« on: 6 January 2013 à 16h22 »
C'est un problème SMF je pense, ça le fait également sur SSP.
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« on: 30 December 2012 à 15h18 »
Le 11 septembre 1986, des décisions devaient être prises. Asgard venait d’être informé d’une rébellion de Blue Graad, Yíaros s’était soulevée, Nicol et Yulij voulaient honorer la mémoire de leur maître, Aphrodite et Lilith avaient échangés plus que des mots… Après le 11 septembre 1986, plus rien n’allait être pareil… Ca allait être pire.
Chapitre 39 - Pour la mémoire de notre maître
Au Sanctuaire, dans la quatrième maison du zodiaque :
Le soleil n’est pas encore levé au Sanctuaire, mais les sens du Saint des Poissons sont déjà en éveil. Toujours allongé sur le dos contre les marches de la demeure du Cancer, au niveau de son passage secret, le chevalier se redresse et relève par la même occasion la tête de Lilith endormie paisiblement contre son torse.
Sans lui dire quoi que ce soit, il ramasse leurs vêtements et la tire à l’intérieur de la demeure jusqu’à la chambre de Deathmask. Lilith, toujours sous le charme du beau suédois, rigole de façon hébétée : Lilith - " Après cette magnifique journée d’hier, nous avons dû nous assoupir. J’étais épuisée. " Aphrodite est moins enjoué : Aphrodite - " Tu m’excuseras de t’avoir tiré ainsi de ton sommeil. Cependant des pas venaient des maisons supérieures. Certainement des soldats du Pope regagnant leurs logis pour échanger leur tour de garde. "
Lilith perçoit malgré tout un malaise chez son ami et ne tarde pas à comprendre de quoi il s’agit tant une douleur la tiraille du plus profond de son être : Lilith - " Tu penses à lui n’est-ce pas ? " Aphrodite - " Deathmask est certainement la personne avec laquelle j’ai le plus de contact ici. Sa façon de vivre la victoire et de la glorifier fait de lui un des plus beau sujet de ce Sanctuaire. Il est pour moi une personne de confiance et j’ai aujourd’hui quelques remords à l’avoir trahi ainsi. " Lilith - " J’ai mal pour lui. Je l’aime tu sais. Mais ce que j’ai vécu dans la chambre du Pope et les semaines qui ont suivies me rappellent à chaque instant, que ma vie n’est qu’une brindille pouvant se consumer à tout moment. Je sais aujourd’hui que je ne vivrai pas vieille, que tôt ou tard quelqu’un découvrira que je suis toujours vivante et que le Pope ordonnera mon exécution. Alors je vis. Je vis pour ces minutes qui peuvent être à tout moment les dernières. " Aphrodite - " Alors quoi ?! Entre nous, ce n’était qu’un instant de folie ?! " Lilith - " Pas du tout. J’aime également cet homme que j’ai découvert en toi. Et j’ai trop peu de temps devant moi pour me torturer le c½ur à savoir quel homme je dois aimer. Par respect envers Deathmask, j’ai choisi de rester fidèle à ses yeux. Mais pour mon bonheur personnel, j’ai choisi de m’épanouir à chaque instant pourvu qu’il n’en souffre pas. " Aphrodite - " Et maintenant ?! Je retourne dans le douzième palais et fais comme si nous ne nous étions pas vus ? " Lilith - " Cela pourrait être une solution. Mais le retour de Deathmask n’est pas encore prévu. Laissons-nous encore cette journée pour nous rappeler à quel point nous pouvons nous aimer nous aussi. " Aphrodite sourit difficilement. Son visage est partagé entre le bonheur d’être, aujourd’hui encore, auprès de celle qui lui fait oublier ses peines et la gêne occasionnée par cette relation interdite.
Au royaume d’Asgard :
En traversant le temple de Hel, dans lequel Syd perdra la vie face à Shun, les éclats de rire de l’aristocrate Bedra de Edel égaillent les environs. Côte à côte, Syd et Bedra se chamaillent, en évoquant les noms que pourraient porter l’enfant qu’ils choisissent de concevoir, après leur nuit de noce prévue dans quelques mois : Bedra - " … Ah non, c’est trop laid. Et pourquoi ça ne serait pas une fille d’ailleurs ? " Syd - " Voyons, nous faisons partis des familles les plus riches d’Asgard et la tradition veut que nous ayons un héritier mâle pour veiller aux intérêts familiaux ! " Bedra le bouscule en déclarant : Bedra - " Quel misogyne tu fais ! " Syd riposte en la serrant avec affection contre lui : Syd - " Ah, ah, ah… Quoi de plus normal que de te demander un fils ? " Bedra plonge dans son regard admiratif : Bedra - " Alors c’est seulement pour cette raison que je dois t’épouser ? " Syd la relâche petit à petit. L’émotion est palpable. Il se contente de dire d’une voix tremblante : Syd - " N… Non… Aime-moi. Aime-moi simplement. Aime-moi sans me trahir. " L’esprit de Bedra vagabonde. Aussitôt l’image de Bud lui vient aussitôt à l’esprit. « J’aimerai tellement ne pas avoir à choisir », pense-t-elle si fort. Néanmoins, elle dissimule ce dilemme en prenant une initiative symbolique. Bedra plonge alors sa main sous ses vêtements à hauteur de son cou. Elle remonte un collier au bout duquel deux moitiés de c½ur pendent. Le bijou, chauffé par la chaleur qui émane du creux de sa poitrine, porte l’odeur de cette peau lisse qui obsède Syd. Elle détache l’une des parties et l’attache autour d’une chaîne que porte son fiancé : Bedra - " Si cet objet peut te convaincre de l’amour que je te voue et te permettre de vaincre toutes les difficultés que tu rencontreras durant ton voyage, alors je veux que tu le gardes toujours auprès de toi. " Avant de reprendre leur promenade, les deux futurs époux s’échangent un baiser langoureux.
A proximité du parvis du Walhalla, l’immense Thor reste les bras croisés à observer les travaux effectués au palais pour pallier aux sinistres provoqués par la venue d’Alexer. Perdu dans ses pensées, le géant se remémore sa déroute et serre les poings de colère.
Derrière lui, main la main, apparaissent Syd de Mizar et Bedra de Edel. Les deux amants reviennent d’une ballade avant le départ de Syd. Le futur Guerrier Divin déclare à son pair : Syd - " Ne t’inquiète pas, Alexer paiera pour ça. " Thor salue avec tous les respects qu’il doit à la noblesse la riche héritière de la famille de Edel et répond avec enthousiasme à son ami : Thor - " Je n’en doute pas. J’aurai tellement aimé t’accompagner hélas mes blessures sont encore trop douloureuses. " Syd - " Ne t’en fais pas. Mime et Alberich seront du voyage et auront à c½ur de mener à bien notre mission. Mime s’entraîne durement depuis le départ de Myu, tandis qu’Alberich a encore beaucoup à prouver pour gagner les faveurs de la Princesse de Polaris. Après son échec lors de la surveillance de Rhadamanthe, il a encore baissé dans l’estime de notre Majesté. " Thor - " Méfie-toi de lui malgré tout, il serait capable de vous jouer un sale tour. " Syd plisse ses yeux et affirme d’un air songeur : Syd - " Je sais mon ami. Je ne le sais que trop bien. "
Au palais, dans ses appartements, le torse nu et bandé pour couvrir les plaies laissées lors de sa rencontre avec le Blue Warrior, Siegfried sue à grosses gouttes. Face à sa cheminée, en guise de convalescence, il réalise à une vitesse spectaculaire un nombre phénoménal de pompes. Le visage défiguré par la colère, le descendant du pourfendeur du dragon Fafnir revit son échec contre le sibérien.
Seule la voix douce d’Hilda le sort de sa torpeur : Hilda - " Es-tu simplement imprudent ou bien totalement fou Siegfried ? " Il se tient aussitôt au garde-à-vous : Siegfried - " Pardonnez-moi Altesse, je ne vous ai pas entendu rentrer. " Hilda - " Dans ton état tu devrais rester couché ! " Siegfried - " Comment rester allongé alors qu’un danger vous menace ?! J’espère reprendre rapidement pleine possession de mes moyens pour accroître davantage ma cosmo énergie. Notre rencontre avec le Blue Warrior nous a démontré que l’ennemi peut surgir à tout moment. " Malgré les durs évènements vécus en si peu de temps, la resplendissante jeune femme offre toujours à son protecteur, une sympathie chaleureuse : Hilda - " Oh Siegfried, comment pourrais-je craindre pour ma vie lorsque je sais que tu veilles chaque jour à devenir plus fort pour me protéger ? " Siegfried courbe l’échine : Siegfried - " Vous me flattez Altesse. Mais sachez que si je fais tout cela, c’est uniquement parce je… "
Un garde vient interrompre la conversation et coupe Siegfried dans son élan : Garde - " Majesté, la troupe pour Blue Graad est enfin réunie. Elle vous attend sur le parvis. " Hilda le renvoie respectueusement : Hilda - " Bien, qu’on aille m’y attendre, que je puisse leur présenter tous mes v½ux. "
L’homme se retire immédiatement, laissant Siegfried grincer des dents après cette nouvelle tentative avortée. Il se sentait pourtant prêt, il allait lui avouer. Malheureusement le charme est retombé. Pendant qu’Hilda salue son bienveillant protecteur, celui-ci se précipite vers elle : Siegfried - " Princesse Hilda attendez, je vais vous accompagner. " Hélas, il trébuche et s’écroule de fatigue.
Prise de panique, Hilda court le saisir dans ses frêles bras : Hilda - " Par Odin, Siegfried, tu es brûlant de fièvre ! Quelle folie d’avoir voulu en faire autant. " La magnifique prêtresse s’époumone, pour qu’on l’entende de partout dans le château : Hilda - " Qu’on fasse venir mon médecin ! Vite ! "
Grèce, au Sanctuaire, dans le village de Fóvos :
Dans cette zone de non droit à l’est nord du Sanctuaire, les matins sont calmes. Les rues sont rarement peuplées. Seulement par quelques soldats et brigands éméchés, qui n’ont pas réussis à retrouver le chemin de leur chaumière. Quelques chiens animent les allées en ramassant les détritus qui les habillent.
C’est en toute quiétude que Nicol emprunte donc le chemin de la sortie, en direction de Star Hill. Avant de franchir le dernier logis délabré de Fóvos, il se retourne avec un pincement au c½ur. Il pince ses lèvres comme pour retenir son affliction : « Yulij, pardon de ne pas t’avoir dis au revoir. Je te considère comme ma petite s½ur, nos adieux auraient été un déchirement. Même si je dois y laisser la vie, je trouverai un moyen de conjurer le mal qui ronge notre Sanctuaire. Ainsi notre maître sera vengé et Athéna honorée. », pense-t-il tout ému.
Au royaume d’Asgard, au temple Walhalla :
Dans les appartements d’Hilda, nu dans la couche royale, l’intimité uniquement cachée par un léger drap remonté à peine jusqu’au bas de ses hanches, Siegfried, inconscient, murmure : Siegfried - " Hilda… Hilda… Princesse… Hilda… " La princesse passe un linge humide sur le front de son bienfaiteur : Hilda - " Je suis là Siegfried, n’ait crainte. C’est à mon tour de prendre soin de toi cette fois-ci. " En entendant le ton mélodieux de sa voix, Siegfried entrouvre à peine les paupières : Siegfried - " Majesté… Si vous saviez comme je… Comme je… " Exténué, le pauvre reperd connaissance. Les joues d’Hilda s’empourprent, ses doigts glissent délicatement sur le bas de son visage puis dans le cou pour enfin venir caresser les pectoraux forts bien dessinés de l’asgardien. Elle plaque enfin sa main contre le c½ur du bel homme et murmure : Hilda - " Siegfried… Toi aussi, si tu savais… " Elle profite de cet instant d’intimité pour se lever de sa chaise et approcher du visage endormi. Soudain, un frisson vient la parcourir, sa gorge s’assèche et son c½ur palpite. Aussi agréable que cela puisse être, ses lèvres baisent les siennes, soulageant l’espace d’une seconde cette forte réserve de sentiment qu’elle éprouve pour lui, puis la culpabilisant presque aussitôt après de ne pas avoir le courage de lui avouer. Elle se rassied aussi lentement qu’elle s’était levée, se contentant de sourire comme une enfant qui vient d’obtenir avec malice ce dont elle avait toujours rêvé…
A quelques couloirs de là, dans les logements de la famille de Edel, Bedra observe l’horizon depuis la fenêtre. Ses yeux sont gondolés par le chagrin. Dans l’ombre, dans le fond de la pièce, Bud a les yeux rivés vers le sol. Les poings serrés, les grimaces qui se dessinent sur son visage révèlent les pincements qu’il a au c½ur : Bud - " N’ait crainte. Syd reviendra vivant. J’y veillerai. " Bedra - " Et toi ? Qui veillera sur toi ? " Bud - " Qu’importe. Après tout je ne suis qu’une ombre, mon destin n’est le souci de personne. " Bedra - " Il est le mien. Vous partez avec si peu d’hommes contre un effectif plus important que celui qui a dévasté le Walhalla. " Bud - " Les hommes d’Alexer ne sont pas un danger. Et en ce qui concerne ce prince, j’ai eu le temps d’étudier ses techniques de combat. Si j’ai su le faire, Syd l’a su lui aussi. Je n’aurai peut-être même pas besoin d’intervenir et ton futur époux reviendra sain et sauf. " Bedra hausse le ton : Bedra - " Cesse de croire que je ne me soucis que de Syd. Crois-tu être le seul à endurer ce supplice amoureux ? Me dire à chaque fois que si je suis prêt de l’un je trahis l’autre et qu’un jour l’un de vous ne sera jamais heureux me ronge. "
Bud s’avance vers la fenêtre pour sortir discrètement comme à son habitude : Bud - " Laisse-moi te conquérir parce qu’un jour, je me vengerai de mon frère et il ne restera plus que moi. Dès lors je serai ton avenir. " Avant qu’il ne parte, Bedra le retient par le bras : Bedra - " Attend, prend ceci. " Bud ramasse dans la main de son amante l’autre moitié de c½ur qu’elle a adressée à Syd : Bedra - " Si, dans toutes les épreuves que tu vas traverser, cet objet peut te rappeler à quel point je t’aime et te rendre fort dans la bataille alors je veux que tu le gardes contre toi à chaque instant. "
Plus loin, sur la route de cristal, à la sortie du royaume, Syd, Mime et Alberich prennent la direction de la Sibérie orientale. Huit chiens les accompagnent et tirent les vivres et lainages sur un traîneau. La neige tombe à gros flocon et le vent est si fort qu’il peut leur arracher la peau. Syd - " Vous avez entendu notre Prêtresse, la réussite de cette mission est primordiale pour l’équilibre du monde. Seulement, le temps presse. Un cataclysme se prépare là-bas, il nous faut réussir avant d’être bloqués à Blue Graad par le froid. " Mime acquiesce sans sourciller. Alberich, lui, sourit perfidement à l’idée de pouvoir remonter dans l’estime de sa souveraine. Enfin, Syd effectue un rapide demi-tour sur lui-même pour regarder en arrière, en serrant fort contre lui le demi c½ur offert par sa promise.
Grèce, au Sanctuaire, à Dignity Hill :
Le jardin qu’Aphrodite entretient dans le sanctuaire d’Abel est baigné de l’amour de son propriétaire pour la belle Lilith.
Vêtu d’une simple toge blanche agrafée par une broche dorée à hauteur de l’épaule droite, libérant à moitié son torse athlétique, Aphrodite laisse apparaître ses cuisses ainsi que ses mollets serrés par les lanières de ses sandales. Le voile, enserré par une ceinture de cuir, tombe sur le haut de ses jambes, donnant au Saint d’or une allure encore plus digne que celle des antiques statues grecques. Chacun de ses sourires plonge Lilith dans un état de grâce qui le ravit. Le moindre prétexte est bon pour venir cueillir ses lèvres pulpeuses et échanger un langoureux baiser.
Seulement, le vent, jusqu’ici rafraîchissant et agréable, inquiète le chevalier. Ses narines s’élargissent le temps qu’il hume le parfum amené par la brise. Son expression légère et chaleureuse se fige, amenant auprès de Lilith une certaine crainte : Lilith - " Ca ne va pas Aphrodite ?! " Le Saint ferme les yeux et adopte une mine prétentieuse, comme il l’arbore d’ordinaire : Aphrodite - " Le parfum de mes roses qui tournoie au gré du vent est souillé par l’odeur nauséabonde de la vermine. Quelqu’un souille ce décor paradisiaque que j’ai crée. " Craignant une saute d’humeur, voire un dédoublement de personnalité à son encontre, Lilith se recroqueville sur elle-même, craignant le châtiment qu’elle s’imagine lui être réservée.
Cependant, son ami se veut rassurant. Il lui caresse le visage avec affection : Aphrodite - " N’ait crainte. Je vais recouvrir ce parasite de mes fleurs salvatrices. " Encore sous le choc des mauvais traitement reçus il y a des mois, Lilith a du mal à comprendre que l’aigreur d’Aphrodite ne lui est pas destinée. Ses yeux se lèvent en direction d’une jeune femme dont le visage est dissimulé sous un masque. Les cheveux longs de cette dernière, blancs grisonnants, descendent dans son dos jusqu’à son postérieur et tombent en de fines mèches sur sa poitrine habillés d’un maillot kaki. Son court short de même couleur permet à ses longues et fines jambes de présenter leur belle apparence, tandis que ses chevilles sont lacées par ses escarpins. Les poings serrés, la demoiselle au visage camouflé, Yulij, tient un discours incohérent pour Aphrodite : Yulij - " Par ta faute, il va risquer sa vie… Tout ça parce que tu retiens prisonnier son armure dans ce jardin impénétrable… Mais je te ferai rendre l’âme pour l’empêcher de mourir inutilement. " Ne comprenant rien à l’allusion du départ de Nicol pour Star Hill, Aphrodite se montre insultant : Aphrodite - " Je ne comprends rien à ce que tu racontes petite traînée. Vu ta tenue et ton hygiène déplorable, j’imagine que tu viens du village de Fóvos, peuplé de bons à rien et de consanguins… " Yulij - " Comment oses-tu ? "
A l’orée du jardin, le sang de Yulij boue. Derrière elle, son cosmos grandit, son sang ne fait qu’un tour. Toutefois elle ne peut avancer davantage, le parfum des fleurs commence déjà à lui monter à la tête et à se jouer de ses sens. Aphrodite s’en doute évidemment : Aphrodite - " Alors ? Le déchet que tu es est si vite tourmenté par mon univers ? " Sous l’influence du cosmos doré dégagé par le Saint d’or, les tiges des rosiers à proximité de Yulij se changent en d’épaisses ronces, bientôt aussi épaisses qu’un tronc d’arbre et les épines aussi acérées que la pointe d’une épée. Tout en grossissant, elles s’avancent en rampant sur le sol jusqu’à encercler Yulij, pour l’enserrer et l’enfermer comme l’avait fait le chevalier face aux soldats de Cronos il y a quelques années.
« Ses provocations n’étaient qu’une diversion pour permettre à son poison de pénétrer mon corps. », constate trop tard la jeune femme dont les membres engourdis par l’effet du jardin maléfique n’ont pu lui permettre de fuir de ce piège…
Aphrodite se félicite de sa rapide victoire : Aphrodite - " Quelle chance ! Mourir par mes fleurs est un immense honneur. Elles ajoutent à la mort une pointe de beauté, de perfection. "
Préférant ignorer l’arrogance du chevalier, se contentant d’être satisfaite par la bonté qu’il voue à son égard, Lilith reste étendue dans le jardin. Seul son buste est maintenu relevé par sa main droite en appui sur le sol. Elle s’empresse d’embrasser à nouveau son amant, dès l’instant où il revient auprès d’elle, bien décidée à ne rien louper des plaisirs que son éphémère vie lui offre.
Malheureusement, celui-ci est de courte durée. Au bout de quelques minutes d’embrassades et d’attentions délicates, un nouveau cosmos dérange Aphrodite. Les racines épaisses qui retiennent Yulij se mettent à pourrir, au point de s’assécher et de s’émietter pour ne devenir que poussière. La prisonnière, libérée de toute étreinte, commence à tomber lourdement sur le sol jusqu’à ce que son sauveur ne vienne la retenir.
Encore endolorie, Yulij reconnaît malgré tout son héros : Yulij - " Hum… Nicol… " Le jeune homme à la carrure digne d’une statue grecque, reste la mâchoire serrée à défier du regard Aphrodite.
Le Saints du Poisson soupire à l’idée de devoir interrompre une fois encore ses tendres échanges avec Lilith. Aphrodite - " Pff… Un cafard à la rescousse d’un autre. Voyons voir. "
Nicol, lui, ignore la présence de son adversaire. Il est furieux envers Yulij : Nicol - " Tu es folle d’être venue ici. J’étais en route pour Star Hill jusqu’à ce que je ressente ton cosmos en danger ici. Comment as-tu pu croire que tu parviendrais à gagner ? " Yulij - " Quand tu as quitté le toit hier soir pour te coucher, je suis restée lire les étoiles. J’ai pu y voir que quelque chose changerait aujourd’hui. " Face à cette situation difficile, Nicol essaie de ne pas broyer du noir. Il se veut rassurant malgré lui : Nicol - " Alors tâchons de ne pas faire mentir les étoiles. "
Nicol ne daigne toujours pas lever les yeux sur Aphrodite. Prenant cela pour un outrage, il ne fait pas de faveur à son rival. Sans crier garde, il déclenche ses Roses Piranhas : Aphrodite - " Piranhan Rose. " D’un revers de la main une centaine de fleurs carnassières fonce sur les frères et s½urs d’adoption. Grâce à ses sens affûtés, Nicol voit fondre sur lui les roses noirs. Il passe rapidement devant Yulij et écarte les bras. Tout autour de lui, son cosmos irradie puis se concentre devant sa poitrine : Nicol - " Shi no Scan ! " Un flash illumine en une fraction de seconde l’espace, tandis que les roses finissent désagrégées comme le furent plus tôt les ronces du jardin. Aphrodite perd son sourire narquois, comprenant que la situation est plus grave : Aphrodite - " Voilà donc la technique qui a libérée plus tôt ton amie. " Le Saint d’or n’obtient pour réponse qu’un long silence insultant. Il profite de cet instant pour détailler les traits de son adversaire avant de demander : Aphrodite - " Tu sembles plus âgé que moi. Ta tenue laisse présager que tu es ou as été un apprenti Saint. Le fait que ta cosmo énergie ne cesse d’irradier pour te préserver du parfum de mon jardin, suppose que tu as une certaine expérience du combat. Es-tu chevalier ? Et si oui, sais-tu que tu oses défier un Saint d’or, Aphrodite Saint d’or du Poisson ? Dans un lieu interdit d’accès à quiconque qui plus est ! " L’homme aux cheveux châtains clairs ébouriffés répond enfin : Nicol - " Je suis Nicol de l’Autel. L’armure que tu gardes prisonnière de ton jardin est mienne. " Aphrodite - " Aux dernières nouvelles, l’armure de l’Autel est celle d’Arlès, frère de notre Grand Pope. " Nicol affiche un sourire cynique : Nicol - " Mais nous savons tous les deux qu’Arlès n’est plus. " Aphrodite confesse, sans gêne : Aphrodite - " Du moins, nous nous en doutons. " Nicol - " Arlès était mon maître. Il a mystérieusement disparu il y a douze ans. Aujourd’hui j’ai poursuivi la voie de son enseignement et je viens prendre sa relève. " Aphrodite - " Et c’est en espérant me tuer que tu es venu ? " Nicol - " J’avoue qu’avant ces dernières minutes, j’avais un tout autre plan. Hélas Yulij a cru bon de venir te défier pour m’épargner la lourde tâche que je m’étais confié. " Aphrodite - " Néanmoins, cette petite écervelée a mal calculé le risque qu’elle prenait en venant défier un Saint d’or. Toi aussi tu es mal parti d’ailleurs. Tes capacités ont l’air plus grandes que les siennes, seulement tu oublies que la vitesse de la lumière n’a aucun secret pour moi. Ainsi, je serai plus sérieux et plus concentré en t’envoyant de nouveaux mes Roses Piranhas. "
Et Aphrodite tient parole. A la vitesse de la lumière, il projette son arcane : Aphrodite - " Piranhan Rose ! " Auquel riposte Nicol : Nicol - " Shi no Scan ! "
Le résultat est déconcertant. Certes, les premières roses sont parvenues à écorcher le visage et les bras de Nicol, seulement la technique de Nicol est parvenue à annihiler la quasi-totalité des fleurs. Aphrodite - " Epatant. Sans le maîtriser totalement, tu sembles éveillé au septième sens. De plus, malgré ta tenue déplorable, il y a quelque chose de raffiné dans l’expression de ton visage. Cela reflète une certaine sagesse, une certaine culture. Je sens que tu vas finalement être un adversaire amusant. " Nicol ne réagit pas. Son visage est ombragé par l’inclinaison de sa tête, comme s’il était au seuil de la mort. Devant lui, la sphère lumineuse invoquée par son arcane continue d’émettre une lumière de plus en plus aveuglante. Aphrodite considère encore plus le danger que représente un tel adversaire en éprouvant le cosmos oppressant qui lui tient tête. Nicol murmure : Nicol - " Le Scanner de la Mort n’est pas seulement une technique défensive, au contraire, à plus forte concentration, elle est capable d’ôter, en frappant de sa lumière, la vie de quiconque. " Comprenant où Nicol veut en venir, Aphrodite lève aussitôt le bras vers le ciel pour que les racines de ses fleurs deviennent à nouveau d’énormes ronces pour y enfermer Lilith et la protéger. Nicol - " Shi no Scan ! " Le flash lumineux persiste quelques secondes au point de créer une lumière aveuglante dans l’atmosphère.
Lorsque l’horizon redevient stable, Nicol est dépité. Le champ d’Aphrodite n’a subi aucun effet de l’arcane qui se devait de pourrir le jardin. Au contraire, certaines fleurs ont éclos. De belles roses écarlates. Au milieu de celles-ci, Aphrodite joue avec l’une d’elle : Aphrodite - " Comment as-tu pu oser croire qu’il aurait été si simple de réduire à néant cette espace de beauté et de perfection ? " Nicol avoue : Nicol - " En toute honnêteté, j’ai agis avec l’énergie du désespoir. Je ne me faisais pas d’illusion quant à l’issue de notre combat. Je suis simplement venu ici sauver Yulij. " A mesure qu’il parle, des roses rouges d’Aphrodite s’arrachent de son jardin sous l’influence de son cosmos et tournoient autour de lui : Aphrodite - " C’est bien mal parti pour toi. Vous allez mourir ici tous les deux. Royal Demon Rose ! " Les fleurs qui lévitaient suivent le mouvement de bras du chevalier pour frapper chacune telle des aiguilles tout le corps de Nicol, repoussé quelques mètres en arrière.
Le brave élève d’Arlès se remet malgré tout très vite en essuyant le filet de sang qui coule de sa bouche. A peine lève-t-il les yeux en direction d’Aphrodite que le Saint se tient déjà devant lui, hors de son champ. Aphrodite - " Je serai toi, j’essaierai de me vaincre au plus vite. Mes Roses Royales Démoniaques t’ont toutes touchées, inoculant par la même occasion un parfum similaire à celui de mon jardin. " En effet, Nicol commence déjà à voir flou, la perte de ses cinq sens a commencé. Alors il engage le corps à corps. Il vise de son poing droit le visage d’Aphrodite qui esquive en penchant d’un mouvement élégant la tête. Nicol ne s’avoue pas vaincu et tente de frapper avec sa jambe gauche le flanc droit d’Aphrodite. Cette fois-ci le bel homme se déplace à la vitesse de la lumière dans le dos de Nicol pour le frapper avec le coude derrière le crâne. Déstabilisé, Nicol chute en avant provoquant l’hilarité de son adversaire : Aphrodite - " Ah, ah, ah… Quoi de plus beau que la victoire lorsqu’elle est amusante et accompagnée de mes fleurs majes… " Il est interrompu par la réaction soudaine de Yulij qui se redresse devant lui bras tendu. Aphrodite s’empare de son poing et la balance par-dessus lui, pour la faire s’échouer à l’intérieur de son jardin. D’elles-mêmes, comme si elles étaient constamment envoûtées par le cosmos d’Aphrodite, les ronces enserrent et écorchent la malheureuse. Cette fois, c’est Nicol qui se relève. Il espère balayer les jambes des Poissons avec les siennes. Toutefois, alerte, Aphrodite saute pour l’en empêcher et profite de l’occasion pour le cogner violement au visage avec ses pieds en se réceptionnant sur le sol. Nicol est projeté à côté de son amie. Tous les deux prisonniers désormais, Yulij s’excuse : Yulij - " Je voulais à tout prix t’éviter de devoir risquer ta vie sur Star Hill. J’espérais pouvoir assimiler le sang d’Aphrodite pour récupérer la Cloth d’argent. Malheureusement, ni toi ni moi sommes parvenus à le toucher une seule fois. Sauras-tu me pardonner ? "
Nicol ne dit rien, il semble en pleine réflexion. Aphrodite remarque que quelque chose d’étrange se produit. Ses ronces cessent de lacérer les deux élèves d’Arlès tandis que ses fleurs fanent petit à petit. Aphrodite - " En de microparticules, l’énergie vitale du champ remonte dans l’atmosphère pour finir absorbée par... " Le chevalier relève peu à peu la tête est remarque, stupéfait : Aphrodite - " … ce trou noir ?! " Effectivement, par-dessus Nicol, le ciel s’obscurcit et appelle les cosmos qui lui sont hostiles. Yulij reconnaît l’arcane de leur maître : Yulij - " Le God Dimension ! Je ne savais pas que tu pouvais maîtriser la technique de notre maître. " Nicol - " Il m’aura fallu du temps pour réussir à ouvrir la Dimension des Dieux. Mais il était inconcevable pour moi de devenir Saint de l’Autel sans savoir manipuler cette arme propre à mes prédécesseurs. L’autel et les dieux sont liés depuis la Gigantomachie. C’est sur un autel construit par les cyclopes que les dieux jurèrent de combattre ensemble. Cette technique digne des dieux ouvre les dimensions qui attirent la cosmo énergie de toute chose malveillante envers l’invocateur. Par conséquent, tu devrais pouvoir être libre de tes mouvements, contrairement aux ronces qui te retenaient. " En gesticulant, Yulij se défait des liens qui la retenaient. Tout autour d’elle, la verdure jaunie, blanchie, comme si elle est asséchée.
Jusqu’ici infaillible, Aphrodite se retrouve un genou au sol, grimaçant. Son visage se ride et ses yeux se cernent. Ses muscles s’atrophient. Il devient méconnaissable. Dans une moindre mesure, Lilith, libérée de sa protection de ronces après que celles-ci soient affaiblies par le God Dimension, est étendue dans le champ. Son affaiblissement relève une certaine véhémence à l’égard de Nicol. Elle, la douce et tendre prêtresse d’Athéna, est aujourd’hui victime de son changement de caractère au contact d’Aphrodite et de Deathmask. Elle en est arrivée à épouser leurs causes.
Toutefois, Nicol se refuse d’achever Aphrodite si c’est pour sacrifier Lilith, une innocente. Nicol - " Yulij. Tu as encore suffisamment de force en toi pour vaincre Aphrodite. Tu n’es pas sous l’effet du God Dimension donc utilise ton arcane à pleine puissance. Vu comme il est devenu faible, il n’y survivra pas. " Yulij hoche la tête puis rassemble ses forces…
Au loin, depuis la chambre du Pope, Saga, le Saint des Gémeaux pour lequel les dimensions n’ont plus de secret, aperçoit l’ouverture dimensionnelle : Saga - " Plus que la puissance dégagée par ce trou, c’est la chute vertigineuse du cosmos d’un Saint d’or qui m’inquiète… " Il revêt son casque de Pope et alerte ses hommes : Saga - " Gardes ! "
A Dignity Hill, Yulij pointe le doigt vers les cieux. Malgré le ciel clair, une centaine d’étoiles scintillent : Yulij - " Falling Stars. " Une Chute d’Etoiles vient frapper de plein fouet un Aphrodite méconnaissable. Le sol est retourné par cette pluie stellaire et le jardin ravagé.
Seulement, le Saint d’or est toujours debout, entouré par d’épaisses racines jaillies de sous terre et qui pourrissent aussitôt sous l’effet du God Dimension après avoir eu juste le temps de le protéger. Yulij enrage : Yulij - " Quelle poisse ! Malgré son apparence cadavérique ce chevalier a encore bien des ressources. " Elle ne croit pas si bien dire. D’un mouvement de doigts lent et ordonné, Aphrodite matérialise une rose blanche. N’ayant plus suffisamment d’énergie vitale en lui, Aphrodite balbutie difficilement : Aphrodite - " Bloody Rose. " Telle une flèche tirée d’un arc, la Rose Sanguinaire s’élance à une vitesse dépassant l’entendement de Nicol contre son c½ur. Elle s’y loge, annihilant la concentration du jeune homme et son God Dimension.
Aussitôt, le trou dimensionnel cesse et les facultés d’Aphrodite sont recouvertes. Son visage affirme de nouveau une grande beauté et une confiance en lui inégalable. Nicol, lui, est à genou, immobilisé par la perte de son sang. Son fluide est absorbé par le seul pétale de la rose encore viable. Auparavant resplendissante, la fleur a tout de même subit le contrecoup du God Dimension avant de se loger dans la poitrine de Nicol. Aphrodite est enthousiasmé par la situation : Aphrodite - " Une fois la rose plantée dans le c½ur, l'absorption du sang par la fleur commence, et celle-ci se teinte au fur et à mesure. Lorsqu'elle est entièrement rouge, le décès de la victime est quasi inévitable. Seulement, le temps de passer de ma main à ton c½ur, ma Bloody Rose a subi l’effet de la Dimension des Dieux. Elle est arrivée presque pourrie jusqu’à toi, l’empêchant d’avoir assez de ressources pour pomper tout ton sang. Mais ne t’en fais pas, je vais t’offrir une fleur un peu plus jolie. " Arrivé jusqu’à son adversaire incliné, Aphrodite crée à nouveau une rose blanche.
Heureusement pour son frère d’adoption, Yulij surgit derrière Aphrodite : Yulij - " Falling Stars ! " La Chute d’Etoiles n’atteint cette fois-ci même pas l’atmosphère, puisque la Rose Sanguinaire d’Aphrodite est substituée par des Roses Piranha qui vont se heurter haut dans le ciel contre chacune des étoiles invoquées par Yulij. Puis, avec une agilité déconcertante, d’un coup de pied retourné, Aphrodite éjecte Yulij quelques mètres sur le côté en la frappant en plein flanc droit.
Elle se relève, malgré tout, immédiatement, adoptant avec l’énergie du désespoir une pose de combat. Aphrodite prend appui sur le sol pour se jeter sur elle. Seulement, à la dernière seconde, il voit le poing de Nicol fondre sur lui. Il esquive de justesse la tentative désoeuvrée de l’apprenti chevalier revenu à lui. Il le renvoie au sol d’un violent coup de poing sur le sommet du crâne. Malgré ses facultés de Saint d’or, Aphrodite consacre trop de temps à Nicol pour s’apercevoir qu’une nouvelle Chute d’Etoiles l’a pris pour cible. Il a juste le temps de passer ses bras devant lui pour se protéger. Un nuage de poussière est soulevé de nouveau, aveuglant quelques instants les trois adversaires.
Non loin de Dignity Hill, Algol, lieutenant de la région, s’inquiète des derniers chocs cosmiques et choisit de s’y rendre. A l’est, le trio argenté profite de sa rencontre avec Algol pour le suivre…
Toujours pointé vers Aphrodite, le doigt de Yulij tremble soudain. Le voile sablonneux soulevé par la poussière propose, en retombant, un spectacle accablant. De plus en plus exténuée, Yulij ne parvenait plus à cibler correctement son arcane. Quelques coups portés à la vitesse du son ont quitté la zone qu’elle souhaitait quadriller autour d’Aphrodite, provoquant l’irréparable. Aphrodite devine au comportement curieux de son ennemie qu’une tragédie s’est produite. Il tourne brusquement la tête, abandonnant son sourire resplendissant et reconnaît, souillée par la terre et le sang, Lilith, la toge arrachée et le corps marqué par plusieurs impacts, les yeux ouverts, sans vie.
A cet instant, le c½ur d’Aphrodite cesse de battre, son sang se glace, sa gorge se noue. Par réflexe, Nicol lève sur Yulij un regard accusateur tandis que cette dernière lève les mains en direction du ciel comme pour invoquer son innocence. Comprenant bien vite qu’il s’agit d’une erreur, Nicol, en retirant la rose à un seul pétale figée dans son c½ur, titube jusqu’à Yulij en constatant l’évidence : Nicol - " Je crois qu’on peut dire adieu à nos derniers espoirs. Ce qu’on va affronter maintenant dépasse tout ce qu’on peut imaginer. " Yulij - " Je suis profondément désolée. " Nicol - " Il est trop tard pour les regrets et il est inconvenant de demander pardon dans cette situation. "
Pendant qu’ils discutent, le cosmos doré d’Aphrodite irradie de plus en plus…
Nicol - " Si j’avais su que ça se terminerait comme ça, je n’aurai pas cherché à épargner cette femme lors du God Dimension. " Yulij détaille la Pandora Box de l’Autel retenue par la flore du Saint : Yulij - " Les ronces sont moins nombreuses. La Dimension des Dieux est parvenue à réduire leur énergie. " Nicol - " Pas suffisamment hélas. Et j’ai bien peur de ne plus pouvoir invoquer bien longtemps cet arcane. " Tout en disant cela, Nicol rassemble ses forces à l’image de son adversaire puis conclut : Nicol - " Je ne tiendrai pas assez de temps pour absorber dans la Dimension des Dieux tout son cosmos. De plus il doit s’attendre à cette attaque. Je n’ai pas d’autres solutions que d’essayer de contenir le poison dans son sang pour tenter de m’emparer de la Cloth et tenir face à ses ronces empoisonnées. " Yulij - " C’est de la folie, depuis le début du combat nous ne sommes jamais parvenus à le toucher. Même mon dernier Falling Stars n’a rien pu faire, il a pu passer au travers de chaque étoile. " Nicol - " Je n’ai pas d’autres solutions. " Yulij - " Dans ce cas, je l’affronterai de front avec toi. "
Le visage inhabituellement froid, fermé, Aphrodite fixe de ses yeux injectés de sang les deux amis. Un simple flash lumineux se produit tandis qu’ils retombent au sol, Aphrodite étant passé déjà depuis longtemps dans leur dos. Yulij est incapable de se relever : Yulij - " J’ai l’impression que tout mon corps vient de se faire broyer. " Nicol - " Nous venons de recevoir à la vitesse de la lumière un nombre incalculable de… " Il n’a pas le temps d’achever sa phrases que son visage est compressé par la main d’Aphrodite. Le chevalier le cramponne si fort qu’il le soulève du sol avec sa seule main droite, pendant que sa peau lui brûle tant l’étreinte rageuse d’Aphrodite dépasse l’entendement. Yulij se refuse d’abandonner son ami, mais à peine a-t-elle redressé la tête, qu’Aphrodite la lui éclate contre le sol avec son pied. Courageux jusqu’ici, Nicol cède face à la pression exercée par la seule main du Saint. Il hurle de douleur.
Il faut attendre une voix nouvelle pour permettre à Nicol d’être libéré. L’apprenti est frappé et envoyé au loin par un arrivant vêtu d’une Cloth d’argent : Dio - " Dead and Fly ! " L’opulente chevelure coiffée par le diadème de sa Cloth, Dio Saint d’argent de la Mouche se prosterne devant Aphrodite : Dio - " Seigneur Aphrodite, veuillez pardonner l’intrusion de cet individu en votre… " Aphrodite reste impassible. Droit, tendu, seul ses yeux bougent en direction de deux autres Saints approchant l’inconsciente Yulij. Dio commente l’arrivée de ses deux compagnons : Dio - " Sirius et Algethi vont ramener ces opportuns dans les geôles du Sanctuaire pour les y questionner. En effet, en venant en ce lieu interdit ils ont bafoué les lois du Sanctuaire. " D’un air totalement ahuri, le massif Algethi approche Lilith : Algethi - " Je fais quoi d’elle ? Elle est déjà morte ! " Le manque d’égard envers sa maîtresse, attise les foudres du Saint d’or. Il surgit juste sous les yeux d’Algethi et, à main nue, le cogne contre son armure à hauteur de l’abdomen. La Cloth du Saint d’Héraclès se fendille sous le choc alors que Sirius et Dio sont abasourdis. Aphrodite ne leur laisse pas le temps d’ouvrir la bouche : Aphrodite - " Partez immédiatement. Ce qui se passe ici ne concerne que moi. " Bien moins effrayé que ses deux amis, Sirius se montre également bien imprudent en rétorquant sèchement : Sirius - " Ce secteur est interdit. Nous devons rendre compte de ce qu’il s’y passe si quelqu’un s’y introduit, qu’il s’agisse d’un simple villageois ou d’un Saint d’or. Tuer des hommes ici, quelle qu’en soit la raison, ne peut-être autorisé que par le Pope. " Cette réaction conduit Aphrodite à répondre cyniquement : Aphrodite - " Ces belles paroles sonnent faux dans la bouche du trio argenté, alors qu’il est réputé ici pour faire régner la loi du plus fort et se contenter de veiller sur les menaces extérieures plutôt que sur la sécurité intérieure. " Sans le moindre égard, Sirius pose sa main la toge du chevalier d’or : Sirius - " Qui que tu sois, je te prie de croire que moi, Sirius Saint d’argent du Grand Chien, vais faire respecter ici la volonté du Grand Pope ! "
Sans sommation, un crochet du gauche d’Aphrodite l’envoie au tapis. Dio et Algethi, à peine remis de l’échange précédent, tentent d’enrailler la colère d’Aphrodite. Comme Sirius, leur tentative est veine, puisqu’un uppercut a raison d’Algethi et, du plat du pied, Dio est choqué en plein thorax.
Pendant ce temps, Nicol s’aide d’un rocher pour se remettre sur pied. Bien décidé à profiter de la situation pour goûter le sang d’Aphrodite, seul antidote à son jardin.
Subitement, le soleil est voilé par une nuée de corbeaux qui passent au-dessus du champ de bataille. Sans qu’il ait besoin d’annoncer son nom, Jamian Saint d’argent du Corbeau assure sa présence : Jamian - " Les chocs cosmiques qui se produisent en ce lieu inquiète énormément le Grand Pope. Je viens vous sommer de sa part de cesser ce combat Seigneur Aphrodite. " Aux côtés de Jamian, la voix posée d’un autre Saint d’argent, resté en retrait jusqu’à présent, se montre moins respectueuse envers le Saint d’or : Algol - " Je vous conseillerai d’exécuter la volonté du Grand Pope Seigneur Aphrodite, sans quoi, moi, Algol Saint d’argent de Persée, n’hésiterait pas à vous changer en pierre. "
Les propos tenu par le saoudien offusquent davantage le Saint d’or. A la vitesse de la lumière, il vient balayer les jambes de Jamian, afin de le faire valser dans les airs. Il le réceptionne avec son genou à hauteur des côtes. Malgré le fait qu’il porte son armure, à l’inverse d’Aphrodite, le choc est tel que Jamian peut entendre ses côtes se briser.
N’ayant toujours pas encaissé le moindre choc, Aphrodite pulvérise à mains nues ses adversaires. D’un ton arrogant, il défie le dernier Saint encore debout : Aphrodite - " Allez Algol, sort donc ton bouclier que je puisse y admirer mon reflet ! " Saisi par la vitesse à laquelle son adversaire s’est débarrassé de Jamian, Algol ne perd pas de temps et dégaine son écu au visage de Méduse. Néanmoins, l’improbable se produit, les yeux de Méduse ne s’ouvrent pas tandis qu’Aphrodite toise avec hargne le bouclier. Algol lui-même refuse d’y croire : Algol - " Impossible, mon bouclier ne m’a jamais fais défaut ! Alors comment… " Le malheureux ne peut finir sa phrase que son visage s’atrophie. Ses membres se raidissent, l’obligeant à un immobilisme total. Autour de lui, l’effluve dorée du cosmos d’Aphrodite lévite : Aphrodite - " Ton bouclier, non toute ta Cloth, vit en harmonie avec ta cosmo énergie. C'est dire à quel point elle est faible par rapport à moi. Ma cosmo énergie oppresse tellement la tienne, que ton arme est sans la moindre efficacité. "
Une nouvelle tentative du trio argenté, libère Algol de la restriction d’Aphrodite. Les trois comparses sont esquivés tour à tour et se font repousser définitivement : Aphrodite - " Piranhan Rose. " Les roses noires dévorent les derniers espoirs des Saints d’argent de ramener Aphrodite à la raison.
Toutefois, la volonté de Nicol reste inébranlable. Droit derrière Aphrodite, il appelle en lui ses dernières forces : Nicol - " Chevalier ! " Aphrodite sourit avec perfidie à l’idée de pouvoir enfin en finir avec lui. Il se retourne, en maintenant entre chaque doigt de ses deux mains des roses blanches : Aphrodite - " Ton Scanner de la Mort et la Dimension des Dieux ne peuvent rien contre moi. Mes Roses Sanguinaires, vont consumer ce qu’il reste de ta misérable existence. " Nicol ferme les yeux et murmure : Nicol - " La vitesse de la lumière, le septième sens, la vitesse de la lumière, le septième sens… " Il répète, encore et encore, inlassablement ces mots, accroissant son énergie cosmique à chaque nouvelle syllabe : Aphrodite - " Tu espères entrevoir l’ultime cosmos ?! " Nicol - " À force de concentration et de maîtrise de soi, mon maître Arlès parvenait à l’approcher. J’ai suffisamment confiance en mes connaissances et mes compétences pour atteindre un stade de contrôle de moi-même proche du tien. " En une fraction de seconde, Aphrodite décoche son arcane : Aphrodite - " Je te conseille alors de dégainer aussi vite que moi : Bloody Rose ! " Nicol croise les bras devant lui et, contrairement aux précédentes ouvertures dans le ciel, il crée un trou noir face à lui : Nicol - " God Dimension ! " Cette fois, ce n’est pas la Dimension des Dieux qui absorbe l’énergie cosmique adversaire. Elle s’ouvre pour déverser une concentration cosmique qui déferle sur Aphrodite. Les roses blanches sont désintégrées en entrant au contact de la vague de cosmos qui fonce à la vitesse de la lumière sur Aphrodite. Le Saint n’a d’autre choix, que de se protéger le visage en recroquevillant les bras pour parer l’attaque, provoquant une importante déflagration dont la détonation retentit à des kilomètres alentours.
La poussière soulevée par l’explosion trouble la vision d’Aphrodite qui desserre enfin les bras. De sa toge arrachée il ne reste qu’à peine un morceau de tissu qui lui sert de jupette, ses avant-bras heurtés sont écorchés. Lorsqu’ils tombent le long de son corps, les différentes plaies laissent s’écouler un filet de sang qui descend le long de ses doigts et s’égoutte sur le sol. Seulement, Aphrodite reste saisi par l’exploit de Nicol : Aphrodite - " Impossible, il a réussi à atteindre un instant la vitesse de la lumière et à me surprendre, en changeant le fonctionnement de son arcane. Sa dimension a renvoyé toute l’énergie vitale et cosmique qu’elle avait absorbée depuis le début du combat. Il m’a attaqué avec ma propre cosmo énergie. "
Le voile de fumée se dissipe enfin, laissant Aphrodite distinguer en lieu et place de Nicol la silhouette de Yulij, debout avec difficulté. Aphrodite est stupéfait : Aphrodite - " Mais… Qu’est ce que… " Le Saint des Poissons comprend trop tard la diversion opérée par Yulij lorsque Nicol surgit aux côtés d’Aphrodite. L’apprenti Saint passe sa main sous une goutte de sang du Saint et s’en délecte aussitôt. Aphrodite - " Misérable ! " Nicol affiche une mine satisfaite : Nicol - " J’y suis enfin arrivé ! Maintenant ton jardin maudit ne me fera plus peur. Je peux sans crainte m’en approcher. " Aphrodite - " Tu es plus mort que vif. Je ne t’en laisserai donc pas l’occasion. "
Soudain, une voix grondante et autoritaire retentit : « Ca suffit ! »
A genoux, affaibli, Algol reconnaît l’allure impériale du souverain du Sanctuaire. Entouré par une dizaine de gardes, le Grand Pope répète : Saga - " Ca suffit Aphrodite ! "
Le Saint d’or serre les dents et les poings tandis que le Pope avance doucement jusqu’à lui. Sous son masque, Saga grimace. A mesure qu’il s’approche il reconnaît Yulij et Nicol, les deux disciples d’Arlès qu’il a tué voici treize ans. Pire, malgré les hématomes, il distingue parfaitement la défunte Lilith, que Deathmask était censé avoir tué il y a des mois après qu’il ait commis l’irréparable. Tant de preuves pouvant le conduire à la chute sont réunis ici, sous les yeux de Saints d’argent, témoins des ces éléments troublants dans un lieu interdit. « Il y a bien trop de témoins pour éliminer ces gêneurs », constate-t-il. Alors il lève les bras en direction de Yulij et Nicol, encerclés par les Saints d’argent : Saga - " Ces gens s’en sont pris à Aphrodite des Poissons, un Saint d’or. En plus de cela, ils ont osé violer ce lieu sur lequel plus personne n’est autorisé à pénétrer depuis les temps mythologiques. Ils ont commis un crime envers le Sanctuaire. " Yulij tente de protester, mais à peine ouvre-t-elle la bouche, qu’Algethi l’assomme en la cognant derrière la nuque. Nicol espère faire mieux, mais Jamian profite de la fatigue de l’apprenti pour l’envoyer au tapis de le frappant dans l’estomac.
Le Saint des Gémeaux cherche à étouffer tout soupçon en se montrant magnanime. Il pointe du doigt Lilith et invente : Saga - " Ces délinquants ont déjà perdu une complice. Laissons-les réfléchir aux conséquences de leurs actes dans la prison principale. "
La façon dont le grand pontife considère Lilith, irrite au plus haut point Aphrodite, sans qu’il en dise le moindre mot. Bien vite, le cadavre de Lilith est emmené par les soldats qui accompagnent le Pope. Ils le brûleront certainement, sans la moindre cérémonie religieuse ni le moindre égard. Le Pope tourne le dos à Aphrodite. Avant de partir, il déclare sèchement : Saga - " Ta permission s’achève à cet instant Aphrodite. Retrouve ta Cloth et viens me voir dans mon palais. Nous devons avoir une explication. " Aphrodite baisse la tête sans rien dire, il devine déjà l’objet de leur entretien.
Pendant qu’il s’engage en direction des maisons du zodiaque, son jardin refleurit déjà et vient couvrir les traces de sang et les souillures laissées par les combats d’aujourd’hui. Gardant bien pour lui, enserrée dans ses ronces, la Cloth de l’Autel…
Nicol avait réussi l’exploit de faire saigner Aphrodite. Bien évidemment, la blessure était minime et le combat floué par l’intervention de nombreux gêneurs. Mais il avait réussi. Trop affecté par la perte de Lilith, le Saint des Poissons ne se doutait pas que l’absorption du contrepoison par Nicol allait déclencher des évènements dépassant son entendement…
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« on: 8 December 2012 à 15h06 »
Lorsque j’ai perdu Netsuai, mon épouse, il a fallu me reconstruire. J’ai pu compter sur ma mère et mon fils pour cela. Je voulais plus que tout réussir l’éducation de mon enfant. C’était le sens de ma vie. La Guerre Sainte contre Hébé me les a retirés. J’ai été anéanti. Mon seul but était alors de répondre aux v½ux d’Athéna sans faire la distinction entre le bien et le mal. Enfin, la présence de Juventas à mes côtés sur Yíaros, m’a ouvert les yeux. J’avais besoin d’amour pour être heureux. Voilà pourquoi j’étais Saint. Et cet amour, elle me l’a accordé. Néanmoins, ce 10 septembre 1986, j’étais encore entrain de tout perdre…
Chapitre 38 - Repartir à zéro, encore
Sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos :
Au milieu des cadavres, Apodis est à genoux, les yeux embrumés. Il est trop fébrile pour se relever. Le sang fuit son corps et il a puisé dans ses dernières ressources pour massacrer Lena. Dans son dos, deux cadavres sont dégagés. Les dépouilles reposaient sur Anikeï qui a repris ses esprits. Titubant, tremblant, l’ukrainien ne renonce pourtant pas. Il approche du grec.
Au bout de la pièce, en surélévation, Hébé et ses Alcides sont acculés. Il reste peu de soldats athéniens, mais les forces des chevaliers d’Hébé s’épuisent.
Soudain, lorsqu’il croyait la victoire acquise, Taishi est surpris par des exhortations venant de toutes les pièces du Parthénos autour d’eux. De chaque couloir, débouchent les villageois venus prêter main forte à leur déesse. Leur tumulte leur donne le courage nécessaire pour foncer sur la vingtaine d’athéniens encore debout et achever ceux restés au sol. Les plus jeunes à mains nues, les fermiers avec leurs fourches, les mères de famille avec leurs couteaux de cuisine, tous se lancent dans une mort certaine ce qui oblige cependant les athéniens à revoir leurs positions et abandonner la tentative d’assassinat sur Hébé.
Juventas profite de l’effet de surprise pour emmener Hébé à l’abri dans une autre pièce du palais : Hébé - " Hors de question ! Mon peuple est venu mourir à mes pieds, je ne peux me dérober. " Juventas - " Il est venu mourir pour votre sécurité, par respect au bien-être que vous leur avait donné durant tant d’années. " ¼dipe surenchérit. La volonté du muet résonne dans les esprits d’Hébé, Juventas et Baucis : ¼dipe - " Juventas a raison. Elle vous conduira à l’abri en compagnie de Baucis. Moi je resterai ici pour repousser les athéniens hors du Parthénos. " La foi qu’elle a en son Alcide finit de convaincre la déesse. Elle suit ses deux femmes chevaliers après que Baucis prenne sur son dos l’inanimé Philémon.
Massacrant les quelques villageois qui tentent de se heurter à lui, Taishi s’avance avec rage en direction de l’immobile Apodis : Taishi - " Toi ! Tu as tout fait échouer ! Tu vas crever ! " Encerclé par le Toucan et Cassiopée, Apodis sert les poings, il essaie déjà de se relever depuis quelques minutes, en vain. Inopinément, avant qu’elle ne quitte la salle, Juventas bondit jusqu’aux côtés d’Apodis. De son cosmos bienveillant, elle enraille les tentatives simultanée des deux Saints de bronze qui espéraient achever l’Oiseau de Paradis. Juventas - " Pardon. Pardon Apodis de t’avoir cru coupable de tout ceci. " Apodis - " Je suis désolé. Désolé de ne pas avoir pu empêcher cela. " Juventas - " Il y aura certainement des représailles du Sanctuaire, mais moi je ne peux m’engager dans cette guerre. Je dois protéger Hébé. Cette Guerre Sainte est en réalité interne au Sanctuaire. Ce n’est pas la notre. " Apodis - " Oui, tu as raison. Je dois partir, trouver du renfort loin d’ici, loin de la Grèce. Mais avant cela, je te remercie. Tu as su cicatriser la déchirure causée par la perte des miens. " Juventas - " Je me dois de te remercier également, pour moi-même et ma fille également. Tu lui as donné cette présence paternelle qui lui manquait tant, tu m’as redonné goût à la vie, à l’amour. " Apodis - " Je reviendrai Juventas. Lorsque j’aurai découvert la vérité, je reviendrai. Je te le promets. " Juventas n’en attend pas plus, sa présence a suffi à galvaniser le Saint de bronze. Sans en dire davantage, elle retourne auprès d’Hébé pour fuir la salle.
De nouveau seul face à Taishi et Anikeï, Apodis ne voit pas d’autres issues que les espaces laissés au plafond lors de ses précédents combats. Son cosmos irradie de nouveau aux couleurs aussi vives et changeantes que celles d’un arc-en-ciel. Cette démonstration de force prend au dépourvu Taishi. Apodis saisit l’opportunité pour foncer sur son adversaire, lui fracturant au passage le nez après un magistral coup de tête. Le plus vif de ses deux opposants étant ralenti, Apodis s’élance désormais dans les airs, puis fuit le palais. Il espère atteindre la côte. Cependant, il subit au passage une attaque d’Anikeï dans le dos : Anikeï - " Znyshchennya Kita ! "
Essayant de retenir le flot d’hémoglobine qui s’écoule de son nez, Taishi sonne la retraite : Taishi - " Il va essayer de fuir l’île ! Tous au port vite ! " Seule une dizaine d’athénien est encore mobile. Cette troupe, mise en difficultés par les villageois et ¼dipe, profite de l’aubaine pour abandonner le champ de bataille.
Les athéniens invalides, abandonnés à leur triste sort, essuient la colère des rares villageois ayant survécus à cette attaque suicide.
Seul Anikeï quitte le Parthénos dans une direction opposée au Port, il part pour les côtes du nord-est, là où Apodis avait débarqué avec son équipe il y a des mois. Là où l’Oiseau de Paradis a trouvé le cadavre d’un soldat de Gigas.
Discrètement, à vitesse moindre, le dernier homme de confiance d’Apodis, Cliff, suit l’avancée d’Anikeï.
Esseulée au milieu des villageois, Carina pleure toujours la dépouille de Lena. Malheureusement, son étiquette de Saint d’Athéna ne plaide pas en sa faveur et les hébéïens se pressent de l’encercler. La voix de ¼dipe gronde dans les airs : ¼dipe - " Laissez la ! " Effarée par le comportement du bolivien, alors qu’elle attendait la sentence qui lui était due, Carina profite de la chance que lui donne l’Alcide : ¼dipe - " Apodis doit avoir besoin de toi. Sa quête va être dure. Aide-le à quitter cette île. " Avant de partir, Carina jette un dernier regard sur le cadavre de Lena qu’elle considérait comme son modèle…
En Sicile, au Mont Etna :
La fin de journée provoque une légère chute des températures. Le soleil est moins harassant et les peaux brunies peuvent enfin bénéficier d’une légère brise.
Deathmask profite de cette opportunité pour se promener seul. Chaque lieu traversé lui ressasse les souvenirs de son enfance brisée, bafouée, par son apprentissage de Saint d’or en compagnie de Cancro et de sa tante Lilith. « Ah… Lilith… », s’évade-t-il. A la réflexion de ce nom, l’image du bourreau de son enfance est annihilée par le visage radieux de la prêtresse d’Athéna qu’Aphrodite a ainsi rebaptisé et qui partage désormais sa vie. Cet ange gardien pour lequel il se refuse de céder à la tentation d’Epione.
Le hasard ne pouvant supplanter le destin, la moindre pensée pour l’indomptée Saint appelle à la croiser. En cet instant, la voluptueuse femme chevalier arrive. De façon anodine, en toute amitié, Deathmask remarque : Deathmask - " Je ne te savais pas adepte des promenades en ce secteur. " N’ayant pour recouvrir son corps que sa Cloth, elle la défait sans la moindre gêne, ainsi que son masque comme à l’accoutumer en compagnie de Mei et de Deathmask. Epione - " Pour tout te dire, je te cherchais. " Deathmask - " Tu ne comprends donc pas ? " Epione - " Nous avons passé tellement d’années ensemble que j’ai peine à croire en tes bonnes résolutions. " Le Masque de Mort poursuit son chemin sans céder à la belle, soufflant au passage : Deathmask - " Tu ne peux pas comprendre. " La vénusté reste sans voix.
Sur l’île d’Yíaros, sur le port :
Tous les athéniens se sont réunis sur le port. Un soldat rend son rapport à Taishi : Soldat - " Les bâtiments sont vérifiés, l’espace est occupé. Le sergent Apodis ne pourra pas s’enfuir d’ici. " Néanmoins le Saint du Toucan reste soucieux. Il règne sur les embarcadères une tranquillité bien trop anormale. « C’est le calme avant la tempête », pense Taishi. Il développe intérieurement sa pensée : « Il ne reste plus rien des troupes athéniennes. Le renfort des villageois a annihilé notre seule chance de prendre la vie d’Hébé. Nous sommes réunis ici, à l’extérieur de l’île. Bientôt tous les hébéïens reprendront position dans le centre. » Le rustre japonais grimace, il s’est fait avoir, Apodis n’est pas ici, il l’a compris désormais. Il est tombé dans le piège d’Apodis. « En nous faisant venir ici, il savait que nous ne pourrions pas reprendre notre position de force. », avoue-t-il. Il enrage à l’idée de pointer du doigt un navire et d’ordonner à tous ces hommes : Taishi - " Assez ! Stoppez les recherches. Nous nous sommes fait avoir. Il nous est désormais impossible de reprendre le contrôle de l’île après les évènements d’aujourd’hui. Nous sommes regroupés ici, nous n’avons plus accès aux ressources nécessaires à notre survie. On embarque sur un navire. Nous rentrons au Port du Destin. "
Les hommes, non mécontents d’obéir après cette journée meurtrière, s’engagent sur un vaisseau qu’ils prennent de force, sommant aux matelots de lever l’ancre. Le même soldat s’étonne alors de voir le chevalier de bronze repartir : Soldat - " Vous ne venez pas Seigneur Taishi ? " Taishi - " Il n’y a qu’un autre lieu côtier duquel on peut embarquer ici. Il s’agit d’une encablure dans les montagnes du nord/est. Je veux voir si Apodis y est toujours. Je ne serais pas long, je reviendrais ici avant que vous ne soyez partis. "
Grèce, au Sanctuaire, quatrième maison du zodiaque :
Sur le flanc droit de la demeure du Cancer, quelques éclats de rire viennent perturber les hurlements de souffrance des masques de mort accrochés sur les parois. A hauteur du passage secret, Aphrodite et Lilith se chamaillent dans la bonne humeur.
Avant de se quitter, Aphrodite matérialise grâce à son cosmos une rose épineuse : Aphrodite - " Tu n’as plus à craindre la piqûre de mes fleurs désormais. " Lilith - " Pourquoi une telle confiance en moi ? " Aphrodite - " Certainement parce que le changement de Deathmask à ton contact m’a poussé à le jalouser. Alors j’ai convoité ce qu’il avait et en apprenant qui tu étais réellement, je me suis laissé charmer. C’est idiot à dire, mais je perds pieds à tes côtés. "
Un peu honteux de se dévoiler ainsi, le bel homme tourne les talons en direction de sa maison, jusqu’à ce que le pas léger de Lilith le rattrape. Elle passe devant lui et, instinctivement, se hisse sur la pointe des pieds pour passer ses bras autour de sa tête et lui déposer un long baiser.
Incapable de réagir, libéré soudainement du chagrin de sa rupture avec Myrrha, Aphrodite ferme les yeux et se laisse guider par Lilith. En reculant, ses pieds viennent heurter la première marche qui amène à l’intérieur du temple du Cancer. Il tombe à la renverse et Lilith avec. Son agilité lui permet de se réceptionner sans encombre et Lilith de poursuivre plus lascivement encore son étreinte. Accroupie sur lui, elle abandonne une fois de plus ses vêtements et se donne totalement sur le seuil de la maison de son amant à l’ami de celui-ci…
Sur l’île d’Yíaros, sur la plage entre les montagnes du nord et la forêt de l’est :
Les grains de sable viennent se coller sur le sang d’Apodis qui souille son corps et sa Cloth émiettée. Il titube jusqu’au bord de l’eau, où quelques vagues balancent un vieux canot en bois relié par une corde à un piquet. Avant de monter à bord, il s’effondre dans l’eau salée pour nettoyer ses plaies et se rafraîchir le visage. Un laps de temps, hélas, trop long puisqu’en une fraction de seconde la barque vole en morceaux. Apodis - " Anikeï ! Tu m’as suivi ! " A l’orée de la forêt, le Saint de Cassiopée traîne la jambe : Anikeï - " Tu n’as tout de même pas cru que je te laisserai fuir, sale traître. " Apodis - " Je te l’ai déjà dis, je t’en conjure, ouvre les yeux. Ton don de prémonition devrait t’aider à y voir plus clair sur la politique du Grand Pope. " Anikeï - " La seule chose que mon don m’a montré, c’est l’image de toi m’ôtant la vie. Et aujourd’hui je comprends pourquoi. Seulement, hors de question que je laisse cela se produire. " Apodis - " Dans ce cas, tu ne me laisses pas le choix. Je ne peux plus rien faire. " L’effluve du cosmos d’Apodis dessine dans son dos l’animal emblème de sa constellation. Anikeï l’imite. Anikeï - " La Destruction de Cetus aura raison de toi : Znyshchennya Kita ! "
Apodis attend patiemment que la technique d’Anikeï vienne à lui. Seulement, poing d’Anikeï tendu vers l’avant, le monstre marin ne se montre pas. Cela n’enlève en rien le sourire en coin de l’ukrainien. En effet, dans le dos d’Apodis, une ombre monstrueuse le prive de lumière. L’Oiseau de Paradis n’a que le temps de se retourner pour comprendre qu’Anikeï s’est servi de l’élément aquatique qu’est la mer pour accroître l’effet de son arcane. Une monstrueuse baleine faite d’eau et du cosmos destructeur du Saint de Cassiopée engloutit la plage et emporte Apodis.
A mesure que l’eau regagne la mer, ramenant avec elle les quelques galets et les arbustes qui composent le début de la forêt, ne subsiste qu’Anikeï. Le chevalier au physique androgyne grimace. Son armure s’effrite de haut en bas pour ne devenir que poussière. Son corps est brûlé par de profondes griffures.
Derrière lui, Apodis présente une triste réalité pour le slave : Apodis - " J’ai été l’élève du légendaire Orphée de la Lyre. Il m’a enseigné tout ce qu’il sait, y compris la voie du septième sens. Même s’il s’agit d’une capacité que je n’entrevois que seulement au terme d’une concentration accrue, il m’est possible de me déplacer à une vitesse proche de celle de la lumière. En conclusion, j’ai pu fuir ta technique et te frapper avant même que celle-ci ne ravage les environs. " Le chevalier de Cassiopée s’écroule sur le dos : Anikeï - " Ce… Ce n’était pas le Wing Jikan No Yoyu, ni le Frantic Fury… Cet arcane m’était inconnu n’est-ce pas. " Apodis - " En effet, il s’agit des Serres Brûlants de l’Oiseau de Paradis, le Shining Apus Claw. " Anikeï - " Et maintenant ? " Apodis - " Maintenant je vais aller au bout de ce que j’ai entrepris. Vaincre le mal qui ronge le Sanctuaire. " Anikeï - " Pff… Tu vas rire mais… Cette situation, moi étendu, immobile, mourant à petit feu, c’est exactement ce que j’ai vu durant mon instant de clairvoyance. " Apodis sourit amicalement : Apodis - " Je t’assure pourtant m’être battu à contre c½ur. Cependant, je dois… " Anikeï - " Je sais, je sais. Pars à présent. "
Apodis ne se fait pas prier, il plie les genoux pour se projeter de tout son cosmos loin d’ici. C’était sans espérer un violent heurt sur son flanc droit annoncé par la voix rocailleuse du Saint du Toucan Taishi - " Beak Bone ! " Apodis est repoussé sur les roches formant la base de la chaîne montagneuse du nord. La situation est critique pour le grec. Son plastron a volé en morceau au niveau de l’impact, il a senti ses côtes se briser et était déjà bien mal en point avant cela. « Merde ! Taishi ! Je suis plus mort que vif. Même si je parviens à m’en débarrasser, je n’aurai plus suffisamment de cosmo énergie pour me projeter loin d’ici. Au mieux, je m’échouerai au beau milieu de la Méditerranée. », admet-il.
Peu épargné par les coups échangés avec les Alcides, Taishi fatigue également. Il préfère garder quelques réserves et s’offre le droit d’administrer la sentence d’Apodis à petit feu. Il relève Apodis par les cheveux et le plaque contre un monticule de pierres pour le cogner de toutes ses forces sur toute la surface du corps. Apodis est balancé dans tous les sens au rythme des frappes répétées de l’ancien camarade de Jabu.
Depuis le bois, par là où ont déjà débouché Apodis, Anikeï et Taishi, un courant d’air froid ramène à lui Anikeï. Le chevalier, aux portes de la mort, reprend connaissance quelques instants, pris d’une soudaine vision…
Pendant ce temps, l’air frais continue de traverser sa plage pour prendre forme sous l’apparence svelte et gracieuse de Carina : Carina - " Taishi, laisse-le ! " Interpellé, le fidèle du Pope abandonne un instant celui qui lui sert de sac de sable pour observer avec dédain la Saint de la Carène du Navire : Taishi - " Tiens donc, toi aussi tu te ranges du côté des traîtres maintenant ?! " La jeune femme écarte les bras, invoquant l’apprentissage de ces dernières années en Sibérie Orientale, la Poussière de Diamant.
Un dernier intervenant rejoint à son tour la plage. Le fidèle soldat et ami d’Apodis, Cliff. L’italien, rescapé grâce à Aiolos d’un cataclysme invoqué par Typhon il y a des années, empoigne fermement sa lance au manche brisé à mi-hauteur. Il espère faire pencher la balance en faveur de Carina. C’est sans compter sur Anikeï qui lui agrippe la cheville au passage. Cliff s’emporte aussitôt, il pointe sa lance vers la gorge de l’ukrainien agonisant et chuchote, pour ne pas se faire repérer : Cliff - " Non, je ferai tout pour qu’Apodis survive. Personne ne m’en empêchera, pas même toi Saint de bronze. " Anikeï a du mal à articuler : Anikeï - " Non… Apodis… Je dois parler à Apodis… Amène-le jusqu’à moi, je t’en prie. Je sais où le guider. " L’italien se résout et se faufile le long des rochers pour venir relever Apodis et le porter par-dessus l’épaule jusqu’à Anikeï.
Au centre de la plage, Taishi se voit déjà victorieux : Taishi - " Le Bec Osseux du Toucan brisera ta glace Carina ! Ma force de frappe sera supérieure à ton mur de froid : Beak Bone ! " Carina s’élance en direction du japonais et, au lieu d’invoquer la Poussière de Diamant comme elle semblait s’y être préparée, elle évite le choc de Taishi. Grâce à son agilité, elle esquive le poing en avant du Toucan et le balaie avec ses jambes. Immobilisé dans les airs, Taishi ne peut éviter l’enchaînement de la jeune femme qui répond d’un second coup en plein abdomen, repoussant ainsi dans l’eau le rustre chevalier. Seulement à cet instant, elle profite de sa concentration : Carina - " Diamond Dust ! " A peine la tête sortie de l’eau, Taishi se cache le visage derrière ses mains. Toutefois, ce n’est pas lui qui est directement visé par ce coup mais bien la mer. Paralysé à hauteur du buste dans une énorme plaque de glace, Taishi n’a pas le temps de trouver une solution que déjà Carina vient à lui en glissant à merveille sur la mare de glace. Tout en tournoyant autour de lui, elle le martèle de coups, lui rendant choc après choc le traitement qu’il a réservé à Apodis.
Ce dernier est justement maintenu debout auprès d’Anikeï par Cliff : Anikeï - " Ecoute-moi bien Apodis. Je viens d’avoir une vision. J’y vois un homme suppléer le Grand Pope après une guerre fratricide au Sanctuaire… " Apodis, les yeux gonflés, le visage tuméfié, supplie son camarade : Apodis - " Tiens… Tiens le coup Anikeï. Qui est cet homme ? Réponds, je t’en prie ! " Anikeï - " Le vieux sage des Cinq Pics, en Chine… " Apodis - " Orphée m’a déjà parlé de lui, il serait, avec le Grand Pope, l’unique survivant de la précédente Guerre Sainte contre Hadès, la plus sanglante de l’histoire de la chevalerie. " Un court silence s’instaure, permettant à Apodis de réaliser qu’il n’est peut-être pas seul, à pouvoir lutter contre le Sanctuaire tout entier. Les râles d’Anikeï ramènent Apodis à la réalité. Le clairvoyant essaie de lutter contre la mort pour déclarer : Anikeï - " A… Apodis… Il m’aura fallu cette vision pour te croire vraiment… Je… Je suis… Je suis désolé, frère d’arme. " Apodis - " Tu es tout pardonné Anikeï. Maintenant il nous faut partir. "
Apodis a raison car la véloce sibérienne est à nouveau en difficulté, puisque malgré les coups qui le martèlent, Taishi cogne de façon répétée la glace qui l’emprisonne. Il parvient à la briser, faisant perdre son équilibre à Carina puis complètement tomber dans l’eau après que la banquise soit devenue une mer de glaçon.
Cliff avale avec peine sa salive. Il retire le bras d’Apodis qui permet au chevalier de bronze d’être maintenu debout puis s’avance d’un pas, serrant fort sa lance : Cliff - " Apodis, mon ami, mon frère. Ce fut un plaisir d’être sous tes ordres… " Apodis - " Cliff, qu’est-ce que tu fais ? " Cliff - " … Je crois que jamais soldat n’a rencontré de sergent aussi doué et respectueux que toi envers ses hommes. Pour moi tu es bien plus qu’un supérieur, tu es un ami, un frère. " Apodis devine les intentions de son camarade : Apodis - " Cliff ne fais pas de bêtise, reviens, je t’en supplie. " Cliff - " Je te l’ai déjà dis, depuis que ma vie fut sauve grâce à un chevalier d’or, j’ai juré de me battre pour ces fabuleux êtres. Je n’ai malheureusement jamais pu en devenir un. Cependant, je garde pour moi le souvenir d’en avoir servi un des plus grands. Carina et toi devez vous enfuir, vous êtes les seuls à pouvoir apporter la vérité au Sanctuaire. " Apodis - " Non, je refuse de t’abandonner. " Cliff le taquine : Cliff - " Essaie donc de me rattraper. Vu ton état je suis sûr de te battre pour une fois. Si jamais tu retournes un jour au Sanctuaire et que tu y vois mon jeune frère, dis-lui s’il te plait que je veille sur lui depuis là-haut. Adieu mon ami. " Puis il s’élance, à une vitesse supérieur à celle d’un simple soldat, certes, mais pas suffisante pour impressionner un Saint de bronze. Néanmoins, son courage est assez grand pour plaquer Taishi et s’écraser avec lui dans l’eau, libérant ainsi Carina de ses poings.
Apodis hésite à abandonner Cliff. Anikeï l’exhorte à fuir : Anikeï - " Allez Apodis, tu ne peux plus rien faire pour lui de toute façon. Ne rend pas sa mort inutile. " Apodis est défiguré par le chagrin mais se fait une raison. Il fléchit les genoux, concentre ce qu’il lui reste de cosmo énergie puis, avant de bondir dans les airs pour s’éjecter loin d’ici, il hurle le prénom de Carina afin qu’elle le remarque et l’imite. Tel un éclair, Apodis disparaît à l’horizon. Taishi cesse de tabasser Cliff, méconnaissable après s’être fais briser la mâchoire et le nez. Il observe le départ d’Apodis. Il espère empêcher celui de Carina mais c’est sans compter sur l’opiniâtreté de Cliff. Le soldat sort la tête de l’eau. Il fracasse sa lance sur la tête de Taishi, le désorientant l’espace d’une seconde, bien assez pour que Carina emprunte la même direction que l’Oiseau de Paradis.
Taishi reste hébété quelques instants : Taishi - " Non. Non ce n’est pas possible. Je les tenais. J’aurai au moins pu rentrer au Sanctuaire avec leurs têtes pour apaiser la colère du Grand Pope. Maintenant, au moment même où ils se sont projetés hors d’ici, leurs cosmos ont cessé d’émettre la moindre de leur présence. Ils sont n’importe où autour de Yíaros, sur les rives de la Méditerranée. " Il est sorti de son émoi par le fou rire sarcastique du condamné qu’est Cliff. Taishi - " Toi ! C’est de ta faute ! " Il cramponne le cou du courageux italien et le force à rester le visage sous l’eau. Après de longues secondes durant lesquelles il s’est débattu, l’héroïque soldat perd la vie. Les vagues ramènent son corps sur le rivage où Taishi traîne les pieds.
Le chevalier passe à côté de son ancien compère qui a préféré se rallier à Apodis, Anikeï. Il l’ignore, alors que dans ces derniers râles, l’ukrainien semble le supplier de rester. Et pour cause, sa dernière vision le conduit dans l’autre monde avec un sentiment d’horreur. Son étrange sentiment à l’égard de Shun prend enfin forme. Il reconnaît le médaillon que porte en permanence Shun autour du cou, il distingue un trône et son camarade, les cheveux ombragés et les yeux brumeux. Shun est Hadès et… Il meurt. Le c½ur d’Anikeï cesse enfin de devoir supporter toute cette souffrance. Il meurt sans que Taishi ne lui laisse la chance d’entendre que son plus grand danger est au sein même de l’armée d’Athéna.
En Sicile, au Mont Etna :
Assis au bord d’un précipice, Deathmask scrute les étoiles, le visage détendu, les cheveux au vent. Le jour se couche, la fraîcheur ambiante vient soulager son corps dégageant une légère odeur de souffre après avoir passé la journée au soleil.
Petit à petit un sourire s’esquisse sur son visage harmonieux. Il murmure : Deathmask - " Lilith… J’ai réussi… J’ai résisté. Depuis que je suis Saint, chaque fois que je quitte l’île pour rentrer au Sanctuaire, je suis nourri d’idées noires. Comme si les souffrances et les sévices subis ici durant mon enfance renforçaient la cruauté de mon être, comme si les âmes maléfiques de Cancro et de Lilith, ma tante, me pervertissaient… " Il s’arrête un instant pour aspirer l’air à pleins poumons : Deathmask - " … Mais pour la première fois, je me sens soulagé. L’idée de te revoir et le plaisir de partager à nouveau des jours heureux à tes côtés m’emplissent de joie. Quand je serai rentré, je te dirai à quel point je t’aime Lilith. Je t’aime… "
Tout guilleret, il rebrousse chemin pour revenir dans le logement qu’il occupe en compagnie de son disciple et d’Epione. A mesure qu’il parvient au sommet de la colline, il distingue l’ombre de Mei et d’Epione. Plus il s’en approche, plus il reconnaît leurs formes, parfaitement dessinées par l’ombre sur le mur du fond. Ombres entrelacées, ne réagissant que par quelques mouvements lents. A ce spectacle provoqué par un faible jeu de lumière, le souffle exaltant des deux partenaires se coordonnent et se synchronisent à la perfection à leurs oscillations.
D’une mine à la fois complice, destiné à son disciple, et déçu, à l’idée de renoncer définitivement à Epione, réfugiée dans les bras de Mei, il se résigne à bondir sur un rocher au sommet plat pour s’y allonger : Deathmask - " Bon… Je pense qu’il est plus opportun de dormir à la belle étoile… "
Quelque part, sur les rivages de la mer Méditerranée :
Couchée sur une plage de sable fin, le masque à moitié défait, Carina revient à elle. Epuisée par l’effort que lui a demandé un tel déplacement, elle réajuste son masque et cherche aussitôt Apodis dont elle a suivi la direction. Hélas, la plage est déserte. Ce qu’elle craint fort se produit malheureusement. En scrutant la mer, elle découvre à l’horizon un homme qui flotte sur le ventre, visage dans l’eau. « Il n’a pas eu le cosmos suffisant pour se projeter jusqu’au continent. Les vagues le ramènent petit à petit sur la côte mais… Combien de temps a-t-il bien pu rester sous l’eau ? », s’inquiète-t-elle. Immédiatement, elle défait sa Cloth devenue bien trop lourde à porter dans son état puis part à la nage repêcher son pair. Maintenu par le menton, tête hors de l’eau, Apodis est tiré jusqu’à la surface puis traîné sur le sable. Carina prend sur elle d’ôter son masque pour lui insuffler de l’air afin de le réanimer. C’est seulement au bout de longues tentatives qu’Apodis revient à lui avec une grosse quinte de toux. Carina se presse de dissimuler son minois et s’exclame : Carina - " Ah ! Tu es vivant ! " Apodis n’ose pas bouger davantage, sentant ses plaies le tirer aussitôt. Le spectacle qu’il offre est désolant. Il est méconnaissable et sa Cloth semble morte.
Néanmoins, il reste conscient du rôle qu’il a à jouer : Apodis - " Ca va aller Carina. Je te remercie. Je vais réussir à surmonter ça et à me rendre en Chine, auprès du vieux maître. " En prononçant cela, il parvient à appeler à lui la Pandora Box de sa Cloth afin que celle-ci se retire de lui. Carina adopte le même comportement : Carina - " De mon côté je compte retrouver le Seigneur Crystal en Sibérie. Il était très proche de Lena et c’est un homme intègre, je peux avoir confiance en lui. " Apodis - " Bien. Il va falloir cependant dissimuler le plus possible notre cosmo énergie. Le Grand Pope va certainement envoyer des tueurs à notre recherche. Nous devons nous fondre dans la masse et passer pour des citoyens contemporains. " Carina - " Ca risque d’être difficile de camoufler nos Pandora Box durant un trajet aussi long. D’autant plus que je n’ai aucune idée du lieu où nous nous trouvons. " Apodis réfléchit quelques instants : Apodis - " Au vu de la direction empruntée lorsque nous avons fais exploser notre cosmo, je parierais à coup sûr que nous nous trouvons sur la côte turque. Et pour ce qui concerne ta Pandora Box, il suffira de trouver un grand voile pour la cacher et avoir de l’imagination comme d’habitude. " Il achève leur discussion en lui tendant la main : Apodis - " Bon courage. " Elle lui serre chaudement : Carina - " Sois prudent. "
Plus de force, plus d’amis, plus de famille… J’étais seul à nouveau. Il me fallait repartir à zéro, encore une fois… Le 10 septembre 1986 s’achevait ainsi pour moi, tandis qu’au Japon, il s’achevait par l’annonce dans les média de l’ouverture de la Galaxian War dans une semaine.
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« on: 17 November 2012 à 17h15 »
La journée du 10 septembre 1986 se poursuivait dans un torrent de violence à Yíaros et à Asgard. Si l’idylle qui liait Aphrodite à Lilith en l’absence de Deathmask semblait loin de toute cette haine, elle n’était pas loin d’en être contaminée.
Chapitre 37 - L’union fait la force
A Asgard, au temple Walhalla :
A l’intérieur du palais, Alexer défonce toutes les portes sur son passage. Violant ainsi l’intégrité des convives de la famille de Polaris qui occupent à longueur d’année les appartements, comme la richissime famille de Bedra de Edel, future promise de Syd de Mizar. De plus en plus emprunt à une folie meurtrière, il n’hésite pas à éliminer les serviteurs des riches occupants qui espèrent faire valoir le respect de leurs maîtres.
C’est à l’instant où il allait asséner un choc mortel à l’un d’eux qu’une mélodie lui vient aux oreilles. Le son, d’abord harmonieux, ne cesse de le troubler, si bien qu’il croie voir le valet qu’il allait tuer se dédoubler.
Il essaie de se boucher les oreilles mais la mélopée continue de retentir dans son cerveau. Il tourne sur lui-même, pour découvrir de quel instrument vient son malheur, seulement sa vision lui offre un spectacle d’horreur. Il distingue des dizaines et des dizaines de musiciens, tous similaires les uns des autres, les cheveux blonds, longs, descendant jusqu’aux épaules, les yeux clos, tandis que leurs doigts s’agitent sur une lyre, vêtus d’un long maillot bleu foncé ceinturé à la taille par un bandeau de tissu rouge, alors que leurs pantalons vert foncé descendent dans leurs bottes, enserrées autour des mollets par des lanières de cuir. Plus ils jouent de la musique et plus les membres d’Alexer se raidissent. Il remarque bien tard que ce ne sont pas ses muscles qui se tétanisent mais les cordes de la lyre qui l’encerclent et le retiennent prisonnier, pieds et poings liés. C’est seulement lorsque le bel inconnu ouvre ses beaux yeux aux reflets rosés qu’il prononce posément le nom de son arcane : Mime - " Stringer Requiem. " A cet instant, les cordes se resserrent davantage, si bien que l’armure d’Alexer commence à être entamée. Les zones non protégées sont profondément lacérées et ses os craquent les uns après les autres.
Bien que l’avantage paraisse acquis pour le fier Mime de Benetnasch, celui-ci, pris d’une soudaine suée, grimace de plus en plus alors que la mise à mort de l’intrus met du temps à s’achever. Brusquement, les cordes aux contacts d’Alexer gèlent. Si bien que le givre remonte jusqu’à l’instrument. Les fils qui retiennent le Blue Warrior bloqué volent en cristaux de glace. La vague de froid est si forte qu’elle repousse en arrière Mime.
Avant de remettre les pieds au sol, le défenseur d’Odin ne s’avoue pas vaincu. D’un mouvement de bras, il déclenche les mêmes jets de cosmos qu’il enverra plus tard à Shun d’Andromède à la vitesse de la lumière. A peine libéré de ses liens, Alexer n’a pas le temps d’esquiver et encaisse le tout à pleine puissance. Il finit par être encastré dans le mur du fond de l’appartement des bourgeois qu’il a investi.
Alexer se défait par de grands mouvements d’épaules du plâtre et des briques dans lesquels il a été enclavé. Ses yeux, d’ordinaire si fiers, sont chargés de folie, le Blue Warrior perd ses nerfs et se jette sur Mime qui n’a pas le temps de réagir. Le futur Guerrier d’Eta est cogné d’une droite à la pommette, immédiatement fendue. Sous le choc, Mime commence à tomber au sol. Alexer redresse alors l’homme en perdition par un crochet du gauche qui fracture les côtes de l’asgardien et le soulève en l’air. Alexer attend patiemment que Mime retombe en direction du parterre pour le réceptionner d’une magistrale reprise de volée du pied en plein visage qui repousse Mime dans le mur d’où vient de sortir Alexer. L’impact est si puissant que Mime passe au travers et atterrit à son tour hors du château. Alexer affiche un air narquois et suffisant après sa nouvelle victoire sans s’apercevoir qu’au seuil de porte du logement de la riche famille chez laquelle il s’est infiltré, l’attend Siegfried.
Le bel asgardien arbore sa magnifique musculature et la contracte à mesure qu’il concentre sa cosmo énergie.
Face aux mines rassurées des occupants, Alexer comprend qu’un autre gêneur l’a retrouvé. Il se retourne en direction du protecteur d’Hilda : Alexer - " Incroyable ! Tu as survécu à l’Orbe Bleue… " Il recroqueville son bras devant lui pendant que son visage est défiguré par la furie : Alexer - " … Mais cette fois je vais y mettre toute ma hargne ! " Le virulent sibérien achève tout juste sa phrase que déjà Siegfried pointe son doigt aux pieds de son adversaire : Siegfried - " Je ne t’en laisserai pas le temps. Que l’Epée d’Odin te transperce : Odin Sword ! " Le fils de Piotr ne peut réagir que déjà son corps est soulevé et martelé par de fines lames mêlées au cosmos destructeur du futur Guerrier Divin d’Alpha. C’est seulement quand son supplice cesse que l’homme vêtu d’un pantalon blanc et de bottes aux lacets arrachés dégage sa plus puissante force destructrice. Il gonfle sa poitrine et replie ses coudes en arrière pour déployer deux jets de cosmos dont les effluves prennent la forme de deux dragons qui s’entremêlent : Siegfried - " Et maintenant, le coup de grâce : Dragon Bravest Blizzard ! " Sans qu’il puisse revenir au sol, les Flammes du Dragon frappent Alexer en pleine poitrine puis le repoussent hors du Walhalla en arrachant le plafond et les nombreux autres étages du palais, ne laissant retomber au sol de la chambre ravagée que quelques morceaux de l’armure du Blue Warrior ainsi que des gravats et autres matériaux.
Sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos :
A l’étage, au-dessus de la salle du trône, autour du trou par lequel Apodis a été projeté, deux autres brèches se forment pour faire entrer ses adversaires.
Désormais sur le toit du Parthénos, les trois Saints exposent leurs silhouettes à la foule en alerte par les diverses secousses venues du palais d’Hébé.
Depuis les villages, le peuple est ameuté par la tentative d’assassinat des athéniens qui ont désertés le reste de la cité. Les jeunes apprentis de l’île, désormais instruis par les soldats du Sanctuaire, à l’esprit formaté par la politique du Grand Pope, commencent à douter sérieusement lorsque les injures de leurs parents envers les athéniens viennent à pleuvoir. « Que ce soit avec ma fourche ou avec mes poings, il est hors de question que je laisse notre Majesté Hébé sans défense ! », s’écrie un villageois avant d’être suivi par un autre : « Cette situation a bien trop longtemps duré. Ils nous privent de nourriture, s’attaquent à nos femmes et mentent à nos enfants. ». « Ils nous ont trop longtemps privé de notre liberté, et tout ça pour quoi ?! Ils trahissent le traité de paix que nous avons docilement ratifié en dépit de toutes les concessions que nous avons faites. », rajoute un autre. Un véritable rassemblement populaire s’opère. Réunissant même des mères de famille et des vieillards. En grimaçant, ne pouvant contenir la fureur de leurs aînés, les nouveaux soldats hébéïens se rendent à l’évidence, ils ne peuvent renier leurs racines. Ils suivent le mouvement, en marche vers le Parthénos.
Au sommet du temple, Apodis recroqueville son visage sous ses bras, attendant les attaques couplées de Lena et Anikeï. Il patiente pour que le nuage de condensation provoqué par la rencontre des deux arcanes adversaires soit évaporé. Aussitôt, Lena reconnaît le cosmos aux couleurs rayonnantes de l’arc-en-ciel d’Apodis l’entourer. Lena - " Tu espères contrer nos attaques en évaporant l’eau et la glace grâce à la chaleur de ta cosmo énergie. C’est une bonne astuce. Elle aurait même pu être efficace si ton corps n’était pas déjà autant affecté. Parce qu’en annihilant les effets de nos arcanes, tu accrois ta force, toutefois ton corps ne peut plus supporter un tel cosmos. " Sur sa chair, les coupures naissantes donnent raison à Lena, la peau meurtrie d’Apodis ne supporte pas cette accumulation d’énergie. Le sang d’Apodis coule à flot. Cependant, le Saint n’abdique pas. Il maintient sa concentration. Son cosmos s’embrase davantage jusqu’à ce que l’effluve de celui-ci dessine dans son dos l’animal emblème de sa constellation. Lena abandonne son rictus provocateur : Lena - " Tu l’auras voulu. Dans ce cas Anikeï et moi-même allons t’achever. " Anikeï approuve en poussant lui aussi son cosmos à son paroxysme. Les arcanes chargés de toute leur puissance destructrice foncent sur Apodis : Lena - " Diamond Dust ! " Anikeï - " Znyshchennya Kita ! "
Tout à coup, Apodis écarte les bras, tel un oiseau déployant grand ses ailes, prêt à recevoir les coups de glace et d’eau. Néanmoins, au moment de l’impact, sans se mélanger, l’eau et la glace s’enroulent autour d’Apodis provoquant un tourbillon à l’intérieur duquel il semble prisonnier.
Au bout de quelques secondes, Anikeï et Lena s’échangent un regard ahuri, comme pour assurer à l’autre qu’il n’y est pour rien dans cette réaction extraordinaire. Leur surprise est d’autant plus grande, lorsqu’ils entendent Apodis prononcer le nom de son arcane puis de voir la tempête de glace et d’eau être précipitée contre Anikeï : Apodis - " Wing Jikan No Yoyu ! " Le Battement d’Aile Majestueux de l’Oiseau de Paradis devient une tempête qui emporte haut dans le ciel Anikeï, en retournant contre lui les forces conjuguées des trois arcanes. Le souffle du vent est si impressionnant qu’il est impossible d’entendre les hurlements de douleur de l’ukrainien dont le corps retombe après s’être envolé à des dizaines de mètres. La chute est si grande qu’il traverse le toit du Parthénos pour retomber au beau milieu de la salle du trône où la bataille fait rage.
En effet, plus bas, les soldats athéniens tombent tour à tour, sous les cosmos des trois Alcides bien décidés à ne pas abandonner Hébé. Evitant le corps des leurs, Pullo et Cliff, les anciens soldats d’Apodis, avancent au milieu des cadavres de leurs équipiers pour mieux menacer Hébé. Ils persévèrent après avoir été renvoyés en arrière par les chocs cosmiques des Alcides. Cependant, la chair à canons athénienne est suffisamment nombreuse pour que la réussite de leur progression ne fasse aucun doute.
Au-dessus d’eux, Apodis a du mal à se maintenir sur pieds. Son bras gauche, précédemment gelé par Lena, le fait horriblement souffrir après l’effort sensationnel qu’il a été obligé de faire pour exécuter le Wing Jikan No Yoyu. Encore estomaquée, Lena reprend petit à petit le sourire derrière son masque : Lena - " Prodigieux ! Il n’y a pas d’autres mots. Je reconnais bien là les capacités d’Orphée de la Lyre à travers son élève. Tu as réussi à dompter nos cosmos à Anikei et moi-même pour les retourner grâce au tien. Malheureusement, le Battement d’Aile Majestueux est une technique de vent que tu ne peux projeter que dans une seule direction. En l’occurrence, tu ne pouvais pas nous avoir en même temps. Et dorénavant, ton corps souffre terriblement de l’énergie que tu as été obligé d’invoquer pour ne te débarrasser que de l’un de nous. " A peine visible derrière son visage rougi de sang, Apodis ne désespère pas : Apodis - " Qu’importe ! J’ai mis hors de combat le plus puissant de vous deux. Tu n’es plus qu’une partie de plaisir à présent que tu es seule. " Touchée par les propos acerbes de son adversaires, Lena serre les poings : Lena - " Comment ?! Attends, tu vas voir ?! " Furieuse, elle se jette sur Apodis qui pare du mieux qu’il peut les coups de poings chargés du cosmos glacial de la jeune femme. Petit à petit son armure se détériore. Aveuglé par le sang qui coule dans ses yeux, Apodis profite d’un instant de clairvoyance pour contrer Lena avec un crochet du droit en pleine tempe. Choquée, elle vacille. Apodis profite de l’occasion pour sauter jusqu’à elle afin de la prendre de hauteur et frapper avec sa seule main valide sur le sommet de son crâne, la renvoyant à son tour à l’intérieur du temple.
A Asgard, derrière le temple Walhalla :
A quatre pattes de l’autre côté du parvis du Walhalla, dans la cour arrière où il a atterri, Alexer observe les gouttes de son sang tomber de son front et de son thorax au plastron fissuré. L’hémoglobine est aussitôt absorbée par la neige qui habille le sol marbré fissuré par sa chute. Durant de longues secondes, il reste ainsi positionné, le regard vide, absorbé par les blessures qui lui ont été infligées.
Dans le décor blanc aux reliefs montagneux couverts de poudreuses, accompagnés de hurlements de loups, Fenrir apparaît au sommet d’une colline. Accompagné de sa meute pour guetter les mouvements de l’intrus, il ne passe pas pour autant à l’offensive.
Soudain, une pointe solide et froide pique la nuque d’Alexer. Une voix féminine et autoritaire accompagne cet évènement : Hilda - " Ne bouge plus Alexer ou bien tu es mort ! " Tenu en joug par la lance d’Hilda, Alexer abandonne la politesse et tutoie la prêtresse : Alexer - " Après t’être cachée, Hilda, tu m’attaques dans le dos, en traître. " Hilda - " Le seul traître ici c’est toi. Tu projettes de te retourner contre ton père, contre le Sanctuaire. Ton acte ne peut être toléré. Tu dois être arrêté et jugé pour cette rébellion. " Alexer - " Hilda… Je te le dis encore une fois. Ton peuple mérite mieux et tu le sais. N’as-tu pas lu dans ses yeux l’espoir d’un monde meilleur lorsque j’ai tout à l’heure annoncé l’objet de ma venue ? " Hilda avale sa salive en grimaçant. Il est vrai qu’elle a ressenti un certain malaise tout à l’heure. Cependant, en aucun cas elle ne peut remettre son rôle en question, ni celui des siens. Ce moment de doute profite à Alexer. Il se retourne à vive allure et utilise sa vélocité pour prendre par surprise la Prêtresse d’Odin. Il saisit sa lance et la lui arrache des mains en tirant fort dessus. Conduite par l’élan, la belle princesse est attirée vers l’avant, sans défense. Alexer arbore son habituel sourire en coin et s’apprête à frapper du tranchant de la main le frêle cou de la belle autochtone. Il est aussitôt contré par Siegfried qui pare le geste avec son genou.
Alexer effectue un salto arrière et se réceptionne sans difficulté pour se mettre en position d’attaque. Siegfried écarte les bras pour faire écran devant sa maîtresse : Siegfried - " Tu peux remercier ton armure. Sans elle tu n’aurais pas survécu au dernier assaut. " Alexer - " Ne fanfaronne pas guerrier d’Odin. Je n’ai pas encore dis mon dernier mot. Je me suis laissé avoir trop de fois aujourd’hui mais je compte bien y remédier. Après t’avoir mis hors d’état de nuire, je m’emparerai du pouvoir à Asgard en éliminant ta chère Hilda. Ainsi je réunifierai Asgard et Blue Graad sous mon seul nom et conduirai les peuples des royaumes du grand nord sous le soleil. "
Une voix aigue venue du toit d’un donjon interpelle le Blue Warrior. Siegfried identifie grâce à sa chevelure améthyste l’homme dont elle provient : Alberich - " Explique-moi comment tu comptes t’y prendre alors qu’il reste encore bien des adversaires pour t’en empêcher ? " Depuis les portes du palais qui débouchent sur les jardins arrières, arrivent Syd et Mime qui soutiennent par-dessus leurs épaules Thor. Les trois hommes, titubant et couverts d’hématomes, lèvent les yeux vers les collines lointaines où Fenrir attend impatiemment d’être le dernier rempart de sa Majesté. Derrière eux, Hagen, maintenu debout par Freiya, suit le mouvement. Enfin, de plus en plus de soldats se joignent au rassemblement.
Alberich saute depuis le donjon jusqu’au sibérien. Le craquement de la neige sous le poids de ses bottes lacées jusqu’à ses genoux, accompagne les hurlements des loups de Fenrir, unique son dominant la contrée depuis plusieurs minutes. Son court survêtement bleu ciel, ceinturé à la taille, passant par-dessus son maillot et son pantalon blanc, est tâché de plasma qui ne semble pas être le sien. A mesure que son cosmos se concentre dans sa main droite, une arme cristalline se matérialise : Alberich - " Désormais tu es seul, tes hommes ont péri sous la lame de mon Epée Flamboyante. "
Alexer est une nouvelle fois tenu en joug, Hilda somme immédiatement ses hommes : Hilda - " Qu’on le mette aux arrêts ! " D’autres guerriers armés de haches et de lances viennent encerclés l’hériter de Blue Graad. A mesure qu’ils avancent, Hilda prononce son arrestation : Hilda - " Prince de Blue Graad, moi Hilda de Polaris demande votre mise au cachot sous haute surveillance pour meurtre, tentative d’assassinat envers de hauts dignitaires du royaume d’Asgard y compris ma propre personne, pour rébellion envers le Sanctuaire et pour tentative de coup d’état envers le royaume d’Asgard et envers Blue Graad. " A mesure que les soldats resserre l’étau autour d’Alexer, celui-ci se met à rire : Alexer - " Et ma sentence ? La mort je présume ? " Il incline légèrement sa tête en direction de la princesse de Polaris qu’il regarde avec une grande défiance : Alexer - " Je suis un patriote. C’est pour nos peuples que je fais cela. Je ne mourrai pas avant d’avoir réussi ce que nos peuples attendent depuis des millénaires. Je suis l’élu, celui qui les conduira là où le soleil réchauffe le c½ur. "
Illico, l’attroupement autour d’Alexer se fige. Les hommes, y compris Alberich, se raidissent et des cristaux de glace se forment sur leurs corps, les enveloppant peu à peu et les rendant bientôt prisonniers.
Autour d’Alexer, sa cosmo énergie forme une réelle sphère de glace dans laquelle il est enveloppé, dissimulant complètement son corps : Alexer - " Que tous mes sens soient au summum de leurs perceptions, qu’ils se surpassent pour atteindre l’ultime cosmos, que l’Orbe Bleue ravage mes adversaires… " Des rayons lumineux gravitent autour du noyau d’énergie qui s’est formé autour de lui. Ils balaient les hommes congelés en les faisant voler en poussière. A l’intérieur de sa prison de glace, l’Honoo no Ken d’Alberich dégage l’énergie du désespoir du pauvre garçon pour le libérer à temps grâce aux flammes de son épée. Heureusement car Alexer libère enfin son arcane : Alexer - " … Blue Impulse ! "
Sans se concerter, l’ensemble des soldats capables de frapper de leurs cosmos une cible, s’en prend à l’Orbe Bleue pour la faire imploser. Heureusement, les cosmos plus conséquents des futurs Guerriers Divins s’additionnent à ceux des gardes. Alberich, lui, préfèrent reculer pour se protéger du choc au vu de la courte distance où il se trouve. Mime use de son cosmos pour restaurer son instrument et utilise les cordes de sa lyre pour les enrouler autour de la sphère afin de l’atténuer : Mime - " Stringer Requiem ! " Maintenant, Thor, Hagen, Syd et Siegfried peuvent aider Mime à comprimer la masse d’énergie : Thor - " Titanic Hercules ! " Hagen - " Great Ardent Pressure ! " Syd - " Viking Tiger Claw ! " Siegfried - " Dragon Bravest Blizzard ! "
Voyant les protecteurs d’Hilda mal partis, Fenrir du haut de sa position choisit de protéger la princesse de Polaris en retour de leur précédente rencontre : Fenrir - " Wolf Cruelty Claw ! "
Seulement, les efforts restent vains et la vague de froid menace d’imploser.
Devant l’engagement de toutes ses troupes Hilda ne peut rester impassible. Elle choisit de joindre ses forces en dressant sa lance contre l’Orbe Bleue afin d’y confronter ses propres forces.
La fusion des forces asgardiennes parvient enfin à faire le poids et à contenir l’explosion de froid qui se contente de se résorber dans l’atmosphère… Ne laissant qu’un petit cratère dans le parterre marbré.
Siegfried réalise immédiatement : Siegfried - " C’était une diversion ! Alexer tient trop à son projet pour risquer de se faire emporter par sa propre attaque. Il a profité que notre attention soit focalisée sur son Blue Impulse pour s’éclipser à la vitesse de la lumière. A l’heure qu’il est, il doit être loin désormais ! "
En Sicile, au Mont Etna :
Sous un soleil de plomb, au sommet de la colline, Deathmask, torse nu, bras croisés, peine à rester concentré.
Devant lui, Mei démontre les facultés acquises depuis bientôt six ans. Seulement, à l’intérieur de la bâtisse où ils élisent domicile, Epione attire l’½il masculin du régional de l’étape. En toute conscience, la Saint de bronze du Serpent se promène en tenue d’Eve dans les diverses zones d’ombre qu’offre la demeure, passant régulièrement d’un mouvement sensuel les mains sur son corps pour ramasser les gouttes d’eau qui perlent sur sa peau. Face à une telle chaleur, même le discipliné japonais a l’esprit dissipé par le comportement d’Epione.
L’attitude de son élève gêne le Cancer : Deathmask - " Allons Mei, ça suffira pour aujourd’hui. " L’apprenti s’exécute et approche son professeur en remontant son maillot, pour essuyer la sueur qui coule de son front. A l’ombre d’un rocher, il n’arrive toujours pas à détourner son regard de la belle jeune femme, s’attirant la curiosité de son mentor : Deathmask - " Elle est belle n’est-ce pas ?! " Mei confesse, les joues empourprées : Mei - " Quel homme peut assurer savoir résister à une femme si belle ? " Le Saint d’or pose sa main affectueusement sur le crâne de son élève : Deathmask - " Aucun j’avoue. "
Un long silence laisse planer une ambiance complice entre les deux hommes jusqu’à ce que Mei choisisse de le briser : Mei - " Elle vous a attendu vous savez. " Deathmask - " Pardon ?! " Mei - " Epione, chaque jour elle n’a cessé de mentionner votre nom, n’aspirant qu’à vous retrouver. " Avec une pointe de regret dans l’intonation, Deathmask confesse : Deathmask - " Je suis un homme, avec mes forces mais aussi et surtout mes faiblesses. Tu ne peux imaginer les faiblesses de mon âme et le mal qui a pu en résulter. Aujourd’hui j’ai quelqu’un pour m’absoudre de mes péchés. Ne pas céder à la tentation c’est pour moi une victoire. Une preuve que je peux devenir l’être bon que mon ange gardien pense que je suis. " Mei - " J’ai du mal à croire que vous puissiez faire le mal maître. Mais je reconnais volontiers que depuis votre retour du Sanctuaire vous paraissez comblé. Vous êtes mon mentor, je dirai même plus, vous êtes comme un père pour moi. Vous savoir heureux m’emplit de joie. " Deathmask le regarde du coin de l’½il, masquant la satisfaction d’une telle annonce.
Sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos :
L’étau se resserre autour d’Hébé. Elle-même repousse les efforts des fidèles du Grand Pope. Au détriment de leur force, les athéniens bénéficient de leur quantité pour focaliser toutes les attentions sur eux. Alors que retombe à ses pieds Lena juste après Anikei, le Saint du Toucan, le rustre Taishi, choisit de profiter de la concentration d’Hébé sur ses hommes pour attaquer de toutes ses forces : Taishi - " Beak Bone ! " Du poing de Taishi, tel un toucan fendant l’air bec en avant, la technique du Bec Osseux fonce en direction du c½ur d’Hébé.
Apodis qui arrive depuis le toit assiste impuissant à la scène.
La force de frappe du rugueux japonais éclate le torse de sa victime, éclaboussant les Alcides, pris au dépourvu, de sang. A l’hémoglobine se mêlent quelques morceaux de métal, correspondant à une Cloth. La salle toute entière semble s’être immobilisée. Seul le râle horrible de l’être blessé retentit. Sous son masque, Baucis Alcide de la Biche de Cérynie est la première à s’alerter : Baucis - " Philémon ! Non ! " Le petit et toujours souriant grec s’écroule aux pieds d’Hébé, le torse maculé de sang, l’armure en miettes. Hébé, protégée de justesse par la bienveillance du Saint du Lièvre, réagit aussitôt en projetant une vague de cosmos contre Taishi. Le Saint du Toucan est sauvé par le sacrifice d’un de ses hommes qui est désintégré par le cosmos divin. Immédiatement, d’autres soldats relancent les offensives auxquelles Juventas et ¼dipe font face, seuls, pendant que Baucis pleure en serrant fort Philémon dans ses bras.
Le vacarme assourdissant de la bataille réveille Philémon. Tout en crachant du sang, il garde son expression fort joyeuse en s’adressant à la femme de sa vie : Philémon - " Je crois bien que je ne pourrais plus t’exaspérer à présent. " Baucis - " Ne dis pas de sottises, tu vas t’en sortir. " Philémon - " Bordel… Je souffre tellement que j’aimerai te donner raison. " Baucis - " Pourquoi avoir fais cela ? " Philémon - " Tu l’avais dis, malgré l’amour que nous nous portions en tant qu’homme et femme, notre rivalité de Saint et Alcide devra passer avant tout. Et c’est parce que je suis convaincu qu’il ne peut y avoir de rivalité entre Athéna et Hébé, Saint et Alcide, que j’ai choisi de croire en l’amour. Ce n’est plus l’histoire d’une guerre entre Hébé et Athéna, il s’agit ici d’une guerre du bien contre le mal. Et je refuse de croire que la femme que j’aime est du côté du mal. Alors j’ai choisi. "
Furieux, Taishi choisit de punir Philémon et Baucis en relançant à nouveau son Beak Bone. Apodis refuse de laisser le japonais répandre davantage le mal : Apodis - " Taishi ! " Toutefois c’est la voix féminine de Lena qui lui répond : Lena - " Diamond Dust ! " Avec l’énergie du désespoir, Lena, à peine debout, attaque Apodis dans son dos. Trop diminué, l’Oiseau de Paradis ne peut qu’encaisser la Poussière de Diamant. Là encore, un sauvetage in extremis se produit. Le sacrifice d’un homme encore une fois.
Le corps couvert de givre, le caporal d’Apodis, Pullo, celui qui fut son premier instructeur, s’écrase lourdement au sol. Méconnaissable, Apodis s’accroupit difficilement et ironise : Apodis - " Même toi Pullo tu protèges le traître. " Pullo - " Je refuse de laisser mourir un de mes anciens sous-fifres en traître. "
L’élève de Lena, Carina, insiste impuissante à toutes ses morts. Bouleversée par les propos de Philémon, elle est effarée par l’attaque en traître de son professeur en laquelle elle a tant cru jusqu’à aujourd’hui.
Apodis ignore tout des combats qui se déroulent autour de lui, il est trop affecté par le geste de Pullo : Apodis - " C’est vrai que tu m’en as fais baver. Tiens le coup, n’oublie pas qu’après tes exploits dans l’armée athénienne le Pope t’a promis une terre. Tu pourras y profiter durant ta retraite dans les villages reculés du Sanctuaire. " Le vétéran, devenu aveugle après la courte guerre contre Arès il y a quelques années, ne perd pas son franc parlé : Pullo - " Si tu veux mon avis, je pense qu’un autre en profitera. Le voyage s’arrête ici pour moi. " Apodis ne dit rien, ses larmes nettoient quelque peu son visage. Pullo - " Tu as toujours été un bon gamin et tu es devenu un excellent sergent. Que tu ais tort ou raison de te soulever, je m’en moque. Survis, c’est tout ce que je te demande. Survis et vient me dire dans plusieurs dizaines d’années, si cette terre qui m’était promise est fertile ou non. " Apodis - " Je survivrai, je te le promets. " Pullo, prêt à rendre son dernier souffle, empoigne le bras d’Apodis. Celui-ci en profite pour l’accompagner dans la mort avec quelques douces paroles : Apodis - " Ce fut un honneur pour moi de combattre à tes côtés Pullo. Tu as été pour moi bien plus qu’un instructeur et un soldat. Athéna peut être fière de toi. Et moi… Et moi… Et moi je t’aime Pullo, je t’aime comme un fils peut aimer un père. " Les mains du caporal se desserrent, son visage sourit, s’illumine même, puis son thorax gèle sous la Poussière de Diamant avant d’éclater en morceaux cristallins. Seul le c½ur d’Apodis cogne encore. Il cogne de plus en plus fort. A mesure qu’il se redresse, les battements de celui-ci résonnent jusqu’à Lena, coupable du meurtre de son ami. La colère d’Apodis se change en rage, une rage qui coule dans ses veines depuis sa naissance et de laquelle transpire sa toute puissance. Tel un rapace fonçant sur sa proie, Apodis concentre toute sa fureur sur le Saint de la Boussole : Apodis - " Frantic Fury ! " A une vitesse proche de celle de la lumière, Apodis éclate la poitrine de la jeune femme sous les yeux de Carina, son ancienne élève.
La compagne du Seigneur Crystal tombe sur le dos, le corps immobile. Comme Cliff qui se précipite sur le cadavre de Pullo, Carina vient prendre Lena dans ses bras. Elle lui ôte son masque de femme chevalier pour mieux l’aider à respirer : Carina - " Maître Lena ! Maître Lena ! " Malgré le sang qui jaillit de sa bouche à chaque souffle, Lena tient à offrir ses derniers mots à son élève : Lena - " Ne… Ne pleurs pas Carina… Je meurs en ayant accomplie mon serment auprès du Pope. Néanmoins… Néanmoins j’ai bien vu que toi aujourd’hui tu as… Tu as douté de ses véritables intentions… " Carina - " Je suis désolé maître. Désolé d’avoir ternie votre réputation en refusant de vous suivre davantage dans cette tentative de déicide. Je vous en prie, ne dites plus un mot, je vais vous soigner. " Lena - " Non… Non… Il est trop tard… Et… Et sache que je ne t’en veux pas. Tu as les défauts et les qualités de la jeunesse. Aujourd’hui j’ai vu comme tu es une jeune femme réfléchie et au grand c½ur. Tu doutes de la sincérité du Pope et d’Athéna lorsque ceux-ci vont à l’encontre de ce qu’ils prônent, l’amour et la justice. Désormais je peux… Je peux le dire, l’élève a dépassé le maître. J’ai suffisamment confiance en toi pour savoir que, quel que soit ton choix, ce sera le bon. Va au bout de tes rêves et de tes engagements pour un monde de paix… Va… Va ma chère Carina… " Ainsi, dans le brouhaha des combats, s’achève la vie du Saint de bronze de la Boussole.
Pendant ce temps, Taishi tente désespéramment d’achever Philémon et Baucis. C’est sans compter sur l’intervention de ¼dipe des Oiseaux du Lac Stymphale qui repousse le japonais à chaque tentative grâce à son Psycho Crusher. Le Saint du Toucan parvient malgré tout à ses fins car en concentrant l’attention d’¼dipe, il permet au reste de l’armée athénienne d’avancer de plus en plus près de Juventas et d’Hébé. Les cadavres de cette marée humaine commencent à tomber aux pieds du trône de la déesse.
Dans un village de l’est du Sanctuaire, à Fóvos :
Les allées sont désertes dans le village de Fóvos. Seules quelques tavernes desquelles s’échappe le son de quelques champs barbares rappellent que la zone est habitée.
Brigands, hors-la-loi… Ce bourg du Sanctuaire ne manque pas de délinquants. Les prisons du domaine sacré ne les effrayent pas, ils les connaissent de fond en comble.
Depuis l’accession au poste de général de Gigas, ces vandales sont concentrés ici sous la surveillance du Trio Argenté composé de Dio, Sirius et Algethi, en réserve de missions suicides pour lesquelles le Pope leur promet leur réhabilitation.
Les derniers villageois ont fini par déserter ce lieu de non droit, abandonnant leurs maisons et leurs cultures. Ainsi, dans une demeure abandonnée, Nicol rejoint sur le toit sa camarade Yulij : Nicol - " La nuit arrive à peine et déjà tu guettes les étoiles. " Yulij - " Du fait de mon jeune âge, je n’ai pas eu la chance d’apprendre auprès de maître Arlès aussi longtemps que toi. Mais s’il y a bien une chose que j’ai retenue de lui, c’est observer les étoiles pour anticiper les changements que celles-ci provoquent sur le destin. " Nicol - " Et que te disent les étoiles ? " Yulij - " Plus rien hélas. Les étoiles murmurent de moins en moins, à mesure que les ténèbres du Sanctuaire obscurcissent leur éclat. " Nicol - " J’ai peut-être un moyen de chasser les ténèbres. J’ai vu comment pénétrer dans le jardin de ce chevalier d’or qui retient la Cloth de l’Autel. " Yulij - " Quiconque s’en approche meurt à petit feu. Comment comptes-tu t’y prendre ? " Nicol - " Le sang du Saint est l’antidote à son poison. Si je parviens à absorber son sang et à le garder en moi, je parviendrais à gagner l’armure. " Yulij - " Cela implique également le fait de vaincre ce Saint. Tu y as pensé ? " Nicol - " Evidemment. " Yulij - " C’est de la folie. Aussi fort sois-tu devenu, tu ne parviendras jamais eu niveau d’un Saint d’or. " Nicol - " Alors que faire ?! Devons-nous rester cachés ici toute notre vie en attendant de voir le Sanctuaire détruire les valeurs qui ont bâties la paix en ce monde ?! " Yulij - " Il existe peut-être une solution. " Nicol - " Tiens donc. Et laquelle est-ce ? " Yulij - " Star Hill ! " Nicol - " Star Hill ?! Tu parles bien du pic rocheux le plus élevé au monde, dépassant aisément l’Everest et ses huit mille huit cent quarante quatre mètres d’altitude ?! " Yulij - " Exactement. C’est là que se rend en principe le Pope pour observer les mouvements des étoiles à partir desquels il établit des prophéties. Peut-être que là-bas je saurai mieux lire les étoiles. " Nicol - " Je suis désolé de te dire ça mais seuls les Popes sont censés avoir le droit d'y aller, et de toutes façons peu de gens possèdent les capacités nécessaires pour atteindre le sommet. " Soudain, une idée vient à l’esprit de Nicol : Nicol - " Star Hill, il s’agit du lieu où la Terre est plus proche du ciel et, par déduction, de l’Olympe ! " Emerveillée par la sagesse et la culture de son ami, Yulij en déduit : Yulij - " Comme je te connais, tu as une idée derrière la tête. " Nicol - " Exactement. Vaincre un Saint d’or ne me sera pas possible. Il ne reste qu’une seule solution. Implorer les dieux. Zeus a confié la Terre à notre déesse Athéna il y a des millénaires. L’enseignement religieux reçu par Arlès m’a permis d’identifier certaines choses qui ne trompent pas. Parmi elles, le fait qu’aucun prêtre ni aucune prêtresse ne soit entré en relation avec Athéna depuis maintenant treize ans. " Yulij - " Tu sous-entends qu’Athéna n’a jamais été réincarnée en notre époque ? " Nicol - " Si, elle a été réincarné, je me souviens de notre maître m’annoncer son arrivée imminente quelque temps avant qu’il ne disparaisse. Seulement, aujourd’hui, elle doit, soit être manipulée par le Pope, soit être absente du Sanctuaire. " Yulij - " Tu espères atteindre l’Olympe ? C’est de la folie ! Et quand bien même tu y arriverais, tu serais immédiatement désintégré par les dieux, pour avoir l’impudence d’oser les invoquer. " Nicol - " Je n’ai pas d’autres choix. La fatalité a eu raison de mon projet de récupérer l’armure sacrée de l’Autel. Il ne me reste plus que cette solution. "
La jeune femme tourne le dos à son camarade, furieuse envers lui de s’entêter à poursuivre un projet aussi périlleux. Toutefois, le fier élève d’Arlès n’en démord pas : Nicol - " Je comprends que ma décision puisse ne pas te convenir. Néanmoins la mémoire de notre maître se doit d’être honorée et la paix sur Terre préservée. Je partirai demain matin à l’aube. " Yulij craque et se jette dans les bras de Nicol. Sous son masque coulent ses larmes tandis que sa voix est tiraillée par le chagrin : Yulij - " J’ai peur. J’ai peur qu’il t’arrive malheur, que tu ne reviennes pas. Tu es ma seule famille. Depuis mon enfance, je n’ai vécu qu’avec maître Arlès et toi. Tu es comme mon frère, je ne supporterai pas de te perdre. De me retrouver seule… " Nicol la saisit par les épaules et lui sourit chaleureusement : Nicol - " T’es-tu déjà sentie au moins une fois seule depuis la disparition de notre maître ? " Elle répond par une rotation négative de la tête. Son aîné poursuit : Nicol - " Moi non plus. Et tu sais pourquoi ? Parce que le cosmos bienveillant d’Arlès de l’Autel continue de veiller sur nous par delà la mort elle-même ! " Sa main caresse affectueuse les fins cheveux de sa s½ur d’adoption puis il conclut : Nicol - " Tâchons maintenant de passer une bonne nuit. Demain sera un jour déterminant. "
En Sibérie, au beau milieu d’un désert de glace :
A mi-chemin entre Asgard et Blue Graad, au milieu d’un voile brumeux et d’un ciel capricieux duquel une épaisse neige tombe abondamment, un point rouge tremblote. Alexer se tient la poitrine au plastron émietté et perd énormément de sang de ses nombreuses plaies : Alexer - " Je ne m’attendais pas à rencontrer des asgardiens aussi puissants. Quel gâchis de ne pas pouvoir les prendre sous mon aile... " Ses blessures lui infligent quelques troubles de l’équilibre et il chute face en avant dans l’épais coton blanc.
Son corps s’engourdit, il se sent partir avec tant de facilité que la mort lui semble être une aubaine. Son premier revers va finalement être son dernier. Il se remet à penser à la dernière fois où il s’était trouvé dans une telle position, il y a cinq ans. Après un dur entraînement, Ksénia vint le sauver d’une mort certaine. Dès lors il lui promit de conquérir le monde et d’en faire sa reine. Ksénia… N’est-ce pas en raison de son plan de coalition avec Asgard qu’il se retrouve aujourd’hui de retour dans la condition dans laquelle elle l’avait pourtant sorti. Néanmoins, sa bouche remplie d’hémoglobine s’ouvre en grand pour arborer un sourire de plaisir, durant ces années où il a tout donné pour son projet, il a été heureux, comblé.
Comme si elle lit dans ses pensées, en dégageant une douce chaleur, toute de blanc encapuchonnée, apaisant par sa cosmo énergie Alexer, Ksénia apparaît. Cette situation similaire à leur première rencontre rend Ksénia nostalgique. Avec son délicieux accent slave, la jeune russe demande : Ksénia - " Est-ce tout ? Tes promesses s’arrêtent donc ici ? Dans un désert de glace où personne ne te retrouvera jamais ? Abandonnant ton royaume ? " Alexer reste couché dans la neige. Il ouvre les yeux pour lui répondre, le regard vide : Alexer - " J’ai perdu dix hommes aujourd’hui. J’ai réussi à fuir. Mais à quel prix ? Je suis dans un état de santé lamentable. J’étais parti chercher de l’espoir à ramener à mes soldats. Je vais revenir affaibli, leur griser leur moral. C’était ton plan, un plan foireux. " La belle jeune femme défait son voile et l’abandonne au vent. Elle arbore sa courte jupe qui la protège à peine du froid et son visage radieux embelli par son tatouage rose en forme de c½ur sous l’½il gauche. Puis elle s’allonge sur le dos du Blue Warrior, ne craignant pas la dureté du métal de sa Cloth ni le plasma qui s’en échappe. C’est seulement lorsque sa tête est collée à lui qu’elle lui murmure : Ksénia - " En ton absence tes Blue Warriors ont réussi à s’infiltrer dans le château sans trop d’efforts grâce à plusieurs salves d’attaques réparties sur l’ensemble de la citée. Vous êtes en égalité numérique désormais. Il ne reste plus qu’à porter le coup de grâce. Hilda et Odin se mordront les doigts de ne pas t’avoir suivi. Tu n’es plus qu’à un pas du succès. " La chaleur corporelle et la douceur de la peau de Ksénia additionnés à ses propos ravivent la flamme qui brûlent dans les yeux d’Alexer : Alexer - " Mes hommes auraient espéré une supériorité plutôt qu’une égalité. " Ksénia - " Contrairement aux soldats de ton père, les Blue Warriors t’ont toi ! De plus, si tu le désires, je peux également t’apporter l’homme qui fera toute la différence. " Alexer ne dit rien. Il clôt de nouveau ses paupières et affiche une mine réjouie. Il affectionne tant l’étreinte de Ksénia qu’ils restent accolés de la sorte de longues minutes.
Il se décide seulement à réagir lorsqu’il sent Ksénia s’impatienter en aspirant à plein poumon l’air glacé : Alexer - " Amène-moi cet homme. Il est temps que je prenne mon trône. De plus, le grand cataclysme ne devrait pas tarder ! "
A Asgard, derrière le temple Walhalla :
Tout le monde est resté dans l’arrière cour à s’interroger sur les suites à donner à de tels évènements. Quelques guerriers pleurent la mort des leurs, tandis que ceux mal en point sont amenés à l’intérieur du château pour être couverts et bénéficier de quelques soins. Les artisans des villages ont déjà été appelés en renfort pour venir suppléer les serviteurs du palais qui essaient de réparer les nombreux dégâts du Walhalla désormais investi par le froid.
Au sommet de la colline, Fenrir choisit de repartir pour la forêt de Loki sans avoir adressé la parole à qui que ce soit, estimant avoir accompli aujourd’hui son devoir de protecteur de la princesse de Polaris.
Alors qu’il coulait des jours heureux en compagnie de la charmante Lilith, Aphrodite ne se doutait pas qu’il avait montré la voie aux élèves d’Arlès. En effet, ceux-ci espéraient plus que tout étaler au grand jour la disparition de leur maître en récupérant sa Cloth retenue prisonnière à Dignity Hill. Pendant que la bataille faisait rage à Yíaros, des plans d’attaque se préparaient donc au Sanctuaire mais aussi en Sibérie.
115
« on: 12 November 2012 à 19h22 »
Désolé, vie privée et pro très chargées actuellement. Je l'ai sous le coude. Toujours cette satanée relecture avant publication et c'est en ligne...
116
« on: 11 November 2012 à 18h45 »
Ah ouais quand même ! Merci !
117
« on: 2 November 2012 à 20h20 »
Non non, je dois faire une dernière relecture et je pense le publier d'ici mardi au plus tard.
118
« on: 18 October 2012 à 19h37 »
Très plaisant de voir qu'il a tout en tête. Et très amusant de découvrir ce qu'il nous réserve.
119
« on: 10 October 2012 à 19h47 »
Si tu as une vidéo je suis preneur.
120
« on: 6 October 2012 à 18h14 »
Merci Lionel, Didi, Kryshna et Ryo.
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