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Messages - Kodeni
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« le: 2 Mai 2012 à 13h10 »
Je te confirme, j'ai bossé seul sur cette fiction. Et la saison 3 est finie. Elle s'achève sur une fin ouverte. Une saison 4 se fera peut-être un jour. A méditer...
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« le: 2 Mai 2012 à 13h09 »
Rien. Un ras le bol du changement de mentalité et d'ambiance de celle que j'ai connu au début. Je ne m'y sentais plus très bien et les attitudes de certains membres que je ne supporte plus m'ont amené à me réfugier sur un forum Saint Seiya plus... familial. Un peu comme SSP à ses débuts.
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« le: 1er Mai 2012 à 19h45 »
Oui, même si j'ai quitté SSP je suis carrément pour cette réaction d'archange. Faut pas déconner. C'est du boulot pour la trad et tout le reste. D'autant plus quand c'est volé par des kévin-13-ans-jtencule-çy-té-pa-konten. Perso, le vol d'un travail, amateur ou pro, c'est dégueulasse. Surtout que la gloire sur le web c'est éphèmére et sans réelle valeur. Autant nommer l'auteur d'un travail plutôt que de s'attirer les fourdres d'une communauté et de passer pour un con (car ça c'est moins éphèmére. Ikki2 toussa...).
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« le: 30 Avril 2012 à 11h36 »
Chapitre 29
A l’extérieur de la petite bourgade d’Arviat, au Canada, dans la région de Nunavut, sur une route enneigée déserte, un homme atterrit depuis les airs jusqu’au parterre givré. Il s’écrase la tête la première, le corps tuméfié et le visage ensanglanté. Il rampe difficilement, en regardant derrière lui comme pour fuir l’animal féroce, responsable de son calvaire. Celui-ci ne tarde pas à dévoiler son identité. Un homme corpulent qui devance sept de ses semblables, aux cheveux longs et quasis étouffés par un casque noir, muni en son sommet d’une corne acérée, s’avance jusque sa victime. Il est couvert d’une armure noire qui copie au détail l’armure de bronze de la Licorne et qui couvre ses vêtements sombres. En se frottant sa grosse moustache il écrase du pied un contemporain vêtu d’un costume noir arraché. _ « Est-ce bien ici que vit ton patron, lui réclame Ankoku Monoceros ? _ Je vous l’ai déjà dit, notre directeur est très discret sur sa vie privée. La seule adresse que nous avons dans nos fichiers, est celle-ci, s’apitoie l’employé de bureau. » Le chevalier noir de la Licorne lève les yeux en direction d’un homme recouvert d’une version ténébreuse de l’armure d’or des Gémeaux : « Ankoku Gemini, as-tu encore besoin de lui ? » Le visage dissimulé sous son heaume, le Gémeaux maléfique répond d’une voix venue d’outre-tombe : « Non. N’oublions pas que nous devons rester discrets pour accomplir cette mission. Personne ne doit être capable d’identifier des chevaliers, qu’ils soient d’Athéna ou d’un autre dieu. Il en va de notre réhabilitation auprès du Sanctuaire. » Comprenant très peu les propos de son chef, la Licorne Noire se gratte derrière la tête, secouant ainsi ses longues bouclettes qui tombent de son casque. Il regarde enfin sa victime et lui sourit bêtement : « Je n’ai pas tout compris à ce que raconte notre chef. J’ai seulement retenu qu’il fallait en finir avec toi. Alors… » Sans même finir sa phrase, il soulève son énorme pied, qu’il abat sur le crâne du salarié de l’entreprise familiale de Vasiliás… Observant cette scène macabre, les sept autres Ankoku Saints restent de marbre. La Licorne, le Lynx, la Lyre, l’Aigle, l’Ophiuchus, le Sagittaire, le Scorpion et les Gémeaux… En un grondement de tonnerre, ils se dispersent aussitôt à l’orée de la ville…
Pendant ce temps, sous la Méditerranée, loin dessous les abysses, Kanon, couvert de sa Scale orangée et dorée, le visage à peine discernable sous son heaume, sort du temple dans lequel il a élu domicile en compagnie de ses pairs. Reculé à quelques kilomètres du temple de Poséidon, établi au beau milieu d’un village d’une centaine d’habitations où résident les soldats et leurs familles, le temple des Généraux a été érigé il y a des millénaires et sert de poste de commandement aux plus puissants guerriers de Poséidon. Aux alentours, vivent les descendants d’une poignée d’humains désignés par Poséidon à l’époque du grand déluge. Depuis la nuit des temps, ces fidèles consacrent leur temps à la perfection de ce qu’ils entreprennent. Entraînement et éveil au cosmos, prières et entretiens des cultes de leur dieu, créations d’armures et d’armes, pêche et culture d’algues dans les lagons qui se trouvent au milieu des récifs coralliens qui dominent le décor.
Derrière Kanon, le cliquetis métallique d’une Scale contre les dalles rocheuses blanches se fait entendre. Sans se retourner, Kanon reconnaît à sa cosmo énergie et au froid qui s’en dégage le Finlandais Isaac. Arrive ensuite Io, le nouveau venu qui s’entraîne à des kilomètres de là, près du pilier du Pacifique Sud sur lequel il doit veiller, tandis que Krishna surplombe le reste des Généraux depuis une colline qui domine le village. Thétis bondit de roches en roches, pour enfin venir se prosterner devant ses supérieurs, tandis que Kassa arrive par là où sont apparus Kanon et Isaac en ricanant. Légèrement voûté vers l’avant, le Portugais constate : « L’équipe est presque au complet n’est-ce pas ? » Le meneur des hommes de Poséidon lui répond d’une voix grondante : « Effectivement, seul Sorrento n’est pas encore au Sanctuaire sous-marin. Il a pour mission de veiller sur la réincarnation de notre majesté, en attendant que celui-ci décide de mener nos troupes à la surface. Aujourd’hui va être un grand jour, le Cheval des Mers, notre dernier semblable, va enfin nous rejoindre. Sa Scale s’est éveillée aujourd’hui, preuve qu’il a été reconnu comme nous tous. Kassa observe cet homme depuis des mois et s’en est fait un ami à qui il transmet la passion de Poséidon… » Le Général des Lymnades frotte sa joue blafarde avec ses longs ongles en affichant un sourire ravi. _ « Dragon des Mers, si la Scale du Cheval des Mers a réagi, c’est qu’elle reconnaît définitivement Bian comme étant prêt à la porter. _ « Exactement. Il est temps que tu mettes ton plan à exécution. Détache-le de cet homme au puissant cosmos qui l’accompagne et ouvre-lui les yeux sur sa destinée. »
A la surface, au Sanctuaire d’Athéna, à Noioso, un village du Sud, rares sont les animations qui permettent de se distraire. Dans cette zone du Sanctuaire, où la population est surtout composée de vieillards, d’esclaves affranchis et d’apprentis chevaliers ou soldats devenus infirmes, le lieutenant Arachné, Saint d’argent de la Tarentule s’ennuie à mourir. Les tavernes sont délabrées, à peine fréquentées, et les femmes qu’il y trouve sont toutes des veuves de soldats ou des femmes insatisfaites de leurs époux invalides. La jeunesse prometteuse de cette contrée du domaine sacré fuit pour gagner Honkios, au Centre, ainsi que les villages de l’Ouest et de l’Est où le travail se trouve plus facilement.
Seule une beauté subsiste dans cette zone. Courtisée par Arachné et ses soldats, elle élève seule son fils dont personne ne connaît le géniteur. C’est dans son village de Noioso que cette fleur vit au milieu d’une terre aride. Dans un logis aux murs en torchis et au toit fait de planches et de paille, au sol argileux et au mobilier monté avec des matériaux récupérés des fermes avoisinantes, vit cette vénusté aux grands yeux océan et aux longs cheveux roux. Sa peau blanche et son allure frêle lui donnent un aspect angélique. Ses petits pieds nus avancent gracieusement jusqu’à sa couche, faite de paille et couverte d’une épaisse étoffe. Elle défait sa toge blanche, afin de libérer son corps de ses vêtements qui couvrent sa petite poitrine et son intimité. Myrrha, de son prénom, fixe avec émotion un bel homme au corps d’athlète, aux cheveux bleus teintés de reflets verts, étendu dans le plus simple appareil sur ce lit de fortune. Ses doigts délicats viennent lui caresser ses pectoraux et dévalent délicatement ses abdominaux d’acier. L’homme au grain de beauté sous son ½il gauche, considéré comme étant le plus beau du Sanctuaire, laisse s’allonger contre lui la jeune femme…
Au Canada, à proximité des calottes glaciaires, sur la baie de Baffin, Bian s’essaie à nouveau à son arcane meurtrier. Son Souffle Divin arrache la banquise et provoque un grondement retentissant partout dans les environs. Cette manifestation de cosmo énergie, ne passe pas inaperçue auprès de cet homme, portant une version masculine de l’armure d’argent de l’Aigle. Cette copie sombre forme sur le corps de ce chevalier noir une cuirasse à l’apparence épaisse faisant souffrir de la comparaison son corps rachitique. Ses yeux de rapace s’accommodent à merveille à son visage creusé où quelques mèches rosées de sa chevelure hirsute passent par-dessus son diadème orné d’un aigle au beau milieu du front.
L’Aigle Noir bondit de roches en roches en écartant dans les airs ses bras, tel un volatile arborant son plumage. Il arrive rapidement sur les rives gelées de la baie et découvre le Canadien aux cheveux grisonnant qu’est Bian. L’autochtone reconnaît par le physique de cet intrus ce que Vasiliás lui a toujours décrit comme étant un chevalier : « Qui es-tu chevalier ? » D’une voix aigüe, l’Ankoku Saint ne daigne même pas répondre et présente directement ses intentions : « Vasiliás, sur ordre du Grand Pope, je suis venu t’exécuter. » L’ami de l’Américain, comprend immédiatement que le Sanctuaire a retrouvé sa trace. Se gardant bien de dévoiler son identité, Bian se fait passer pour son camarade. Le futur Marinas, ne réagit pas par la parole à l’annonce faite par le maléfique guerrier, il privilégie l’action. À une vitesse surpassant celle du son, Bian surgit devant la menace que représente le guerrier à l’allure chétive et s’en défait sans perdre de temps : « God Breath ! » En déployant ses bras devant son adversaire, Bian déclenche un souffle surpuissant qui l’emporte à plus de dix mètres du sol et le déchiquette. L’Ankoku Saint retombe sur la banquise, face contre sol, la Cloth en morceaux et la chair en lambeau. Bian sourit devant le cadavre et semble satisfait de sa technique : « J’ai réussi à le vaincre sans déclencher mon attaque à pleine puissance ! » A cela, un timbre grave résonne dans l’atmosphère qui se déchire devant le Canadien pour laisser apparaître le Gémeaux Noir : « Très bien… Dans ce cas tu vas pouvoir nous faire la démonstration de tous tes talents. » Bian lève alors les yeux et fait le tour de lui-même, pour remarquer qu’il est maintenant cerné par les sept camarades de sa victime. Pourtant cela ne l’effraie pas, Vasiliás lui a déjà évoqué la légende des chevaliers noirs, ces renégats ayant échoués à l’accession d’une armure et ayant endossé les armures du mal à des fins personnelles. Il se met en garde immédiatement et fixe le visage ombragé du Gémeaux Noir dont les deux faces du heaume représentent le malin contrairement à celui de la Cloth dont il est inspiré. Durant de longues secondes, il reste ainsi, sans trembler, à écouter les rires alentours de ces sept adversaires jusqu’à ce que, soudain, la glace se brise sous ses pieds.
Agile, le futur Général exécute un saut périlleux prodigieux et atterrit sur le bloc de glace le plus proche. De sous l’eau glaciale, apparaît l’origine de ce fracas. Un homme grand et fin arbore un sourire en coin. Ses cheveux longs, du même bleu marin que ses vêtements, tombent jusqu’au sol. Il se montre vêtu d’une armure qui n’est en rien semblable à celle de ses acolytes. Celle-ci marine et grise métallisée présente un éclat bien moins apocalyptique. D’ailleurs, cette distinction fait de lui le meneur de cette troupe.
Bian examine la Cloth du nouvel arrivant : « D’une grande luminosité, elle couvre uniquement les zones vitales de son porteur et non l’entièreté de son corps, pour lui laisser une liberté de mouvement essentiel à l’exécution de ses missions… Voici donc un chevalier de bronze ! » Toutefois, ses pensées le tracassent, Vasiliás lui a pourtant certifié que les chevaliers d’Athéna et les chevaliers noirs étaient ennemis, alors que là le Saint de bronze n’est en rien hostile à eux. Le Gémeaux Noir apporte plus de précision à ses interrogations : « Devons-nous te laisser l’honneur d’achever toi-même ton disciple, Klok Saint de bronze de l’Horloge ? Ou bien pouvons-nous venger nous-même la mort d’Ankoku Aquila ? » A cette annonce, Bian comprend enfin que cet homme n’est autre que le Néerlandais qui a instruit Vasiliás lorsqu’il arriva au Sanctuaire. Klok pose sa main gauche sur sa hanche et déclare : « Ce n’est pas Vasiliás ! » Du haut d’un glacier, une magnifique jeune femme aux cheveux d’un blanc éclatant et portant une version féminine et sombre de l’armure d’or du Scorpion intervient. _ « Cet homme a tué notre camarade en une fraction de seconde. Alors s’il n’est pas celui que nous devons exécuter, qui est-il ? _ Je n’en sais rien Ankoku Scorpius, déplore Klok, mais il n’a pas sourcillé lorsque Ankoku Aquila l’a confondu avec Vasiliás. Il doit le connaître. _ Peu importe, s’il s’est battu contre l’Aigle Noir, c’est qu’il a l’intention de protéger Vasiliás jusqu’à la mort. Il ne parlera pas, il ne nous est donc d’aucune utilité, décrète Ankoku Gemini. » Une seconde jeune femme, plus imposante physiquement que le Scorpion Noir, grande et dotée d’une musculature aussi remarquable que celle de Docrates, le visage maculé de cicatrices immondes, habillée d’une copie ébène de l’armure de Shaina intervient alors. En se déplaçant d’une vivacité encore plus grande que celle de Bian contre l’Aigle Noir, elle arrive au-dessus de lui et abat ses deux mains aux ongles longs et sales dans sa direction : « Ankoku Claw ! » Les Griffes du Mal déchirent les vêtements de Bian et lacèrent sa peau, tout en faisant voler en éclat l’iceberg, sur lequel il a précédemment atterri.
Torse nu, ne portant plus son pantalon que comme un short, Bian essaie de ne pas sombrer dans l’eau glaciale, tandis qu’un nouveau Saint noir s’élance dans les airs au-dessus du point d’impact, pour suppléer la femme bodybuildée. Il porte la sombre imitation de l’armure de bronze du Lynx. Tout aussi athlétique que l’Ophiucus Noir, il abat de la même façon qu’elle ses bras en direction du Canadien en mauvaise posture : « Ankoku Claw ! » Bian reçoit de nouveau les Griffes du Mal qui découpent l’espace d’une seconde l’écume en de fins cubes d’eau et entaille plus profondément sa chair. Bian coule au fond de l’eau. Ne remonte alors à la surface que son hémoglobine qui drape la surface aquatique.
Le Lynx Noir se réceptionne juste à côté de l’Ophiucus Noir. Il l’embrasse aussitôt à pleine bouche afin de partager avec elle cette victoire que ce surprenant couple vient de remporter.
Pendant ce temps, la dernière femme composant l’équipe des chevaliers noirs, protégée par une Cloth noire et féminisée de la Lyre, approche du cadavre de l’Aigle Noir. Bien qu’elle ait le crâne rasé, cela n’altère en rien à sa beauté renforcée par l’expression mélancolique qui noie ses yeux de chagrins : « Ankoku Aquila espérait plus que tout revenir en grâce aux yeux du Pope en accomplissant cette mission… » Ankoku Gemini ajoute : « Il est vrai que sur les conseils de Jango et suite aux ordres de Guilty, j’ai abandonné mon poste de Seigneur Noir laissé au Pégase Noir et ait débauché les meilleurs d’entre vous pour être reconnu aux yeux du Grand Pope, en acceptant d’accompagner Klok le chevalier de bronze de l’Horloge. Klok nous a averti du danger que représente Vasiliás mais ayant moi-même, ainsi que certains d’entre vous, le niveau d’un chevalier d’or et après avoir suivi l’entraînement du Sanctuaire pour acquérir ces Cloths, je ne pensais pas qu’il faudrait se méfier autant de notre ennemi. » Klok ne les rassure en rien : « En effet, cet homme disposait d’un fort potentiel, mais celui-ci n’est rien par rapport à celui de Vasiliás. Je dois avouer que faire équipe avec des chevaliers noirs ne me ravit absolument pas. Cependant les ordres du Pope sont clairs et s’il faut demander de l’aide à des renégats, plus puissants qu’un simple chevalier de bronze comme moi, pour exécuter un autre rebelle, qu’il en soit ainsi. Connaissant les capacités de Vasiliás et sachant donc qu’il nous donnera du fil à retordre, je suis ainsi tout aussi déçu que vous par la perte de votre homme. » Ankoku Gemini lève son bras gauche vers le ciel et claque des doigts pour conclure cet entretien. A cet instant, tous disparaissent et partent à nouveau à la recherche de Vasiliás…
Enfin seul, Bian jaillit de la nappe d’hémoglobine qui pollue la baie. Meurtri, il s’agrippe à la banquise pour espérer s’extirper avant de mourir gelé s’il ne succombe pas avant à ses blessures…
Au même moment, sous la Méditerranée, loin dessous les abysses, le Dragon des Mers observe les coraux scintiller. Eloigné du temple de Poséidon et de ses appartements, Kanon admire le décor maritime somptueux. Ses pieds, chaussés de sa Scale, piétinent les nombreuses marres d’eau salée qui forment sur les roches rongées par le sel, un parterre aux formes creusées de façon inégale. Voici maintenant douze ans qu’il vit en ce lieu. Pourtant, malgré tous les endroits merveilleux qui lui ont été donnés de voir, qu’il s’agisse de l’île d’Yíaros ou du Sanctuaire d’Athéna, Kanon n’a de cesse d’apprécier les paysages naturels et l’architecture antique des temples du monde sous-marin.
Son état d’extase cesse lorsque soudain des rires d’enfants viennent jusqu’à lui. Il reconnaît les exclamations de plusieurs gamins, garçons et filles, vêtus de vêtements traditionnels de la Grèce antique, comme au Sanctuaire d’Athéna, se courant les uns après les autres en spartiates ou pieds nus. L’attroupement se rapproche du Marina et stoppe net devant lui. Le Général, le visage ombragé par son heaume, se tient droit sans rien dire. Les jeunes amis reculent d’un pas tremblotant en raclant leurs gorges. La voix grave du régent du royaume en l’absence de Poséidon finit par engager la conversation : « Que faites-vous si loin de la citée ? » Ces enfants de soldats ne savent quoi répondre. Kanon ôte alors son casque, libérant ainsi son opulente chevelure bleu foncé et présente son visage dur aux sourcils froncés. Pourtant son ton est conciliant : « Il est interdit à quiconque n’appartenant pas à l’armée de sa Majesté Poséidon, de quitter la citée. Les vastes étendues où nous nous trouvons sont des zones d’entraînement pour les Marinas. Je ne veux plus vous voir ici. » Les enfants hochent la tête et passent derrière Kanon, encore plus vite qu’ils ne sont arrivés jusqu’à lui, pour rentrer chez eux.
De nouveau seul, le Grec soupire. Puis, il s’adresse étrangement à un immense rocher, sur lequel tombe un filet d’eau depuis le plafond et coule comme une fontaine, une fois arrivé sur le sol : « Nous sommes enfin seuls. » Encapuchonné, un mystérieux intrus sort de derrière le roc. Le voile blanc qui le couvre entièrement descend jusqu’au sol humide et flotte dans les flaques. Kanon sourit sournoisement et balance son casque sur l’intrus. Celui-ci est correctement saisi par les bras fins, et les doigts délicats aux longs ongles, parfaitement manucurés, dévoilant ainsi un peu plus son identité. Son mouvement écarte son manteau et présente sous celui-ci une tenue contemporaine. Elle habille de façon sensuelle une jolie jeune femme brune, aux cheveux coiffés de quelques rubans violets et aux yeux topaze qui n’est autre que Ksénia. Ses lèvres pulpeuses maquillées aux couleurs de ses ornements capillaires s’entrouvrent pour laisser son magnifique accent slave envoûter l’homme à l’allure impénétrable : « Je te trouve bien clément envers de simples enfants pour un homme qui complote contre les dieux. » Elle lui renvoie son casque qu’il réceptionne en répondant : « Tu l’as dit toi-même, ce ne sont que des enfants. » Le Marina garde son heaume sous le bras tandis qu’elle s’approche par petits pas avec un déhanché gracieux jusqu’à lui : « Tu dois être comblé désormais, ton armée va être complète. » Elle arrive jusqu’à lui et dépose ses mains en appui sur sa cuirasse, à hauteur de l’abdomen. Ensorcelé par la beauté de celle, qu’il ne rencontre pas pour la première fois, Kanon reste plongé dans son regard : « Je vais en effet réunir auprès de moi tous les Généraux des Mers. Cependant les générations passent et le nombre d’humains fidèles à Poséidon et résidants en son royaume sous-marin s’amenuise. Aujourd’hui je déplore un nombre d’à peine cent soldats, au niveau plutôt lamentable, à peine aussi élevé qu’un Saint de bronze d’Athéna pour les plus talentueux. Le reste du peuple est composé de femmes et d’enfants encore trop jeunes pour manier les armes. »
Elle approche avec sensualité jusqu’au visage de Kanon, en se levant sur la pointe des pieds. Ses lèvres frôlent les joues du bel homme et glissent dans son cou, jusqu’à son oreille gauche dans laquelle elle susurre : « Crains-tu donc pour tes chances de succès ? » Kanon agrippe brusquement la vénusté par les épaules, comme s’il voulait garder le dessus dans ce jeu de séduction et affiche spontanément un visage machiavélique : « Absolument pas ! Toutefois je ne tiens pas à ce qu’en une bataille nous puissions perdre trop d’hommes. » Ksénia se défait de l’étreinte du Grec, en mouvant ses épaules comme pour lui faire remarquer que cette prise brutale n’est pas convenable. _ « Allons, n’as-tu pas pensé à d’autres solutions que de te lancer dans une lutte sans merci contre Athéna ? _ J’ai déjà imaginé me servir de dieux mineurs, auprès desquels j’aurai vendu la cause de Poséidon, en leur promettant de participer au partage de la Terre. Malheureusement, mon frère s’est montré bien plus intelligent que je ne l’aurai cru. Son emprise sur le Sanctuaire s’est soldée par un rappel de force des positions athéniennes dans le monde auprès de ces dits dieux. _ Sous-traiter la guerre contre le Sanctuaire est une très bonne idée et je comprends que tu sois ennuyé par la prise de pouvoir athénienne par Saga. Néanmoins, il reste parmi les dieux, le plus puissant dieu nordique qui dispose d’une armée presque comparable au statut des douze Saints d’or et des sept Généraux des Mers. _ Tu fais très certainement allusion au dieu Odin et à ses Guerriers Divins. Pourtant tu omets la fidélité de la famille de Polaris envers Athéna. Représentante d’Odin sur Terre depuis des millénaires, la famille de Polaris a toujours présenté un visage pacifique. _ Il manque seulement à Hilda de bonnes raisons et un allié convaincant. Un élément déclencheur en quelque sorte. Asgard n’est pas le seul royaume du grand nord. Heureusement pour toi, je nourris quelques relations privilégiées avec Alexer de Blue Graad. A Blue Graad, le fils de l’empereur Piotr entretient de fortes ambitions de conquête. Seul il est faible mais avec les guerriers d’Odin à ses côtés, il pourra mener cette Guerre Sainte qui se révèlera être une catastrophe pour le monde. _ Effectivement, une Guerre Sainte impliquant l’absence de prières d’Hilda provoquerait la fonte des glaces aux pôles. La terre se retrouverait sous les eaux et la planète sans autres protecteurs que Poséidon après une guerre dévastatrice entre les royaumes du grand nord et le Sanctuaire. Je pourrai alors dominer le monde au nom de Poséidon, tout en gardant à ma botte mes Marinas. »
Convaincue que son plan est infaillible, Ksénia se mordille sensuellement les lèvres en s’imaginant déjà victorieuse : « Exactement. Il ne me reste plus qu’à convaincre Alexer de s’allier à Hilda. » Elle tourne presque aussitôt ses talons aiguilles pour prendre congés de Kanon, lorsque celui-ci la retient par le bras et la tire jusqu’à lui. D’un ½il soupçonneux, il lui demande alors : « Ksénia, Ksénia, Ksénia… Qui es-tu donc réellement ? Depuis ma prise de fonction au sein de l’armée de Poséidon, tu t’es toujours montrée être d’excellent conseil. Tu dissimules un cosmos infiniment grand et tu profites de la vie, sur cette planète au milieu des hommes, alors que tu complotes contre eux. » Ksénia affiche une mine friponne et un sourire magnifique qui s’accorde à ravir avec son tatouage rose présent sous son ½il gauche. Elle déclare simplement : « Je ne suis que le messager de mon maître. Une entité dont tu ne peux même pas imaginer l’existence et pour qui la domination de Poséidon sur Terre serait d’une grande utilité, que cela soit de la volonté du dieu lui-même, ou bien de celle de l’humain qui le manipule. » Intrigué par cette jeune femme dont le nom signifie en grec, langue maternelle du jumeau de Saga, « étrangère », il essaie de lui prendre un baiser en se précipitant sur ses lèvres pulpeuses. Celle dont l’élégance frôle la perfection, recule légèrement son visage pour le distancer de celui du Marina qui se retrouve bien penaud une fois à bout de course. C’est lorsque celui-ci constate qu’il se retrouve bêtement dans une position défavorable, qu’elle en profite pour venir lui déposer un tendre baiser sur le coin des lèvres.
La sensation de ce bref échange est si agréable que Kanon lâche instinctivement sa prise et libère le bras de Ksénia. _ « Où vas-tu à présent ? A Blue Graad, trouver Alexer ? _ J’ai à faire avant cela mais ne t’en fais pas, je te tiendrai informé de l’évolution de mon projet pour le grand nord. » L’intrigante demoiselle quitte enfin le monde sous-marin en disparaissant sous la forme d’un mirage dont l’image transparaît jusqu’à se dissiper totalement au gré du vent…
Au Canada, à quelques kilomètres de là où Bian a été laissé pour mort, dans la chambre impeccablement rangée de Vasiliás, des exclamations de plaisir sont à peine contenues. Sur le valet de chambre, est impeccablement posé son costume blanc. De sous les draps du lit positionné au milieu de la pièce, les retrouvailles entre Vasiliás et Ariel pourraient paraitre passionnées. Pourtant, ce n’est pas la s½ur de Bian qui en sort mais Dolly, sa petite amie. Sa frange et ses longs cheveux blonds sont totalement défaits. Elle pose sa tête sur le torse magnifiquement dessiné du discret homme d’affaires. Ne prononçant pas un mot, il passe sa main sous le fin tissu qui les couvre de leur totale nudité et caresse sa belle poitrine rebondie. Dolly apprécie grandement que Vasiliás ait enfin remarqué sa présence : « Si tu savais à quel point j’attendais ce moment. » D’un ton blasé et inhabituel, Vasiliás s’étonne : « Ce n’était donc pas un moment d’égarement ? Et depuis tout ce temps tu étais avec Bian sans même l’aimer ? » Sans qu’elle ne le remarque, Vasiliás se met à sourire perfidement en entendant des pas résonner dans le chalet… En effet, une main couverte de sang ouvre délicatement et avec difficulté la porte de chambre. De concert, Dolly répond à Vasiliás : « Bian est bien gentil, il est drôle et attentionné mais il n’a pas ta beauté et ton charisme qui font de toi un homme par… » La vénusté n’a pas le temps de finir sa phrase, que déjà Bian surgit dans la pièce où il s’effondre, défiguré, noyant la moquette de son sang.
Souffrant mille morts dans ce corps mutilé, Bian sent maintenant son c½ur se déchirer, en découvrant son meilleur ami, son mentor, son frère, profiter du corps aux formes parfaites de sa petite amie. Au plasma coulant de ses joues, se mêlent ses larmes qui lui rongent sa peau écorchée. Il vient de surmonter la mort qui lui tendait les bras, pour protéger son ami et le prévenir du danger qui le guette, la surprise de le voir dans cette position, n’en est que plus insupportable. Confuse, Dolly se recroqueville dans la couverture tandis que Vasiliás se met aussitôt debout, affichant sans complexes son physique gracieux et son intimité : « Bian… Mon ami… Ecoute… Je… » Il s’approche petit à petit de lui, en constatant l’état physique inquiétant de ce dernier : « Mais… Qu’est-ce que… » Puisant dans ce qui lui reste de forces, Bian décoche une puissante droite en pleine mâchoire de Vasiliás qui part s’écraser dans le mur proche duquel sont déposés ses vêtements. Les jambes flageolantes, il déclare enfin : « Le Sanctuaire… Il t’a retrouvé… » Vasiliás se défait du plâtre et de la brique dans lesquels il est encastré et ramasse ses vêtements. Il attend que Bian détourne son attention de lui pour sourire machiavéliquement. Dolly approche à son tour Bian en masquant son corps de déesse avec le tissu de soie sous lequel elle vient de passer d’agréables moments : « Bian… Mon amour… » Bian ne pose même pas les yeux dans sa direction, il se recroqueville dans un coin de la pièce : « Rhabille-toi et dégage d’ici ! »
Vasiliás finit d’enfiler sa veste avec une étonnante décontraction. Il prend son temps avant de s’approcher de Bian pour examiner ses plaies mais celui-ci le rejette. Il le pointe du doigt et ouvre la bouche pour le congédier : « … » Inopinément, une immense secousse empêche Bian de prononcer le moindre mot. La maison est soufflée. La bâtisse s’écroule sur le trio pris par surprise…
Pendant ce temps, sur Yíaros, à l’Ouest de l’île, près des montagnes qui bordent la côte, Philémon atteint les corps de fermes les plus reculés. Il patrouille afin de veiller à ce qu’aucun habitant ne projette clandestinement de fuir la cité, ou d’y préparer un mauvais coup. Poli, aimable et charitable, il assiste même les braves gens à traire leurs animaux, ou à soulever des ballots de paille. Aussi, il préfère porter sa tenue d’entraînement plutôt que son armure, afin de paraître plus abordable pour les Hébéïens.
Après quelques heures, durant lesquelles il a travaillé la terre, le petit Grec quitte une famille de cultivateurs. Il les salue en faisant de grands signes de bras, souriant et affichant dans ses grands yeux bleus une profonde sympathie.
Sur le chemin du retour, après avoir défait son plastron au métal rouillé, il ôte son maillot noir sous laquelle il est torse nu et replie ses bas de pantalons pour laisser ses mollets à l’air libre. Il s’assied sous un arbre, à l’ombre, et arrache une brindille qu’il met à sa bouche avant de s’allonger dans l’herbe touffue en espérant s’y reposer avant de rentrer. Enfin, tout en restant couché, il demande à voix haute : « Quand comptes-tu me lâcher ? » Philémon ouvre seulement son ½il gauche par lequel passe une longue cicatrice qui part de son front et s’achève à sa joue. Il observe en haut de l’arbre sous lequel il se repose, la silhouette d’une femme aux courbes généreuses. Désormais découverte, celle-ci se laisse tomber du haut des branches. L’intruse atterrit sur ses pieds devant le chevalier aux cheveux bruns hirsutes. Baucis Alcide la Biche de Cérynie passe ses longs cheveux lilas derrière son dos et prononce d’un air froid : « Crois-tu que ces bonnes actions auprès du peuple servent à te racheter à leurs yeux ? » D’une voix tout à fait amicale, le chevalier du Lièvre rectifie : « Me racheter ? N’oublie pas que la coupable dans cette Guerre Sainte c’est Hébé. C’est elle qui a déclaré les hostilités, en attaquant le Sanctuaire. Je trouve juste dommage que son peuple en pâtisse. Mais j’imagine que cela n’est pas la réelle cause de ta présence à mes côtés Baucis ?! » Habillée d’un court bustier grenat qui cache à peine sa poitrine sur-volumineuse et d’un short de la même couleur qui couvre presque ses fesses rebondies, la pulpeuse guerrière enlève son masque de femme chevalier : « Evidemment ! » Philémon relève son buste et la dévisage avec insistance : « La fois où j’ai brisé ton masque, ton visage était maculé de sang, je n’avais pu admirer ta beauté. » L’Alcide rougit mais n’en décolère pas pour autant. _ « Tu sais qu’il faudra que je prenne ta vie tôt ou tard, alors pourquoi ne pas rester sur tes gardes ? _ Parce que m’attaquer dans un tel contexte serait du suicide pour ton peuple. La population s’est rendue et le grand prêtre Acis qui la représente, a ratifié un traité de paix avec nos chevaliers d’or. Tuer un chevalier de bronze, alors qu’il est désormais un des magistrats de cette île, reviendrait à entacher ce traité et conduire au massacre les tiens. Ce n’est pas ce que tu veux et ce n’est pas ce que je veux non plus… » Philémon s’assit les jambes croisées et achève sa phrase : « … De plus, rien ne dit que tu parviendrais à gagner contre moi, vu que lors de notre combat j’avais nettement l’avantage ! » En entendant ces mots, le sang de Baucis ne fait qu’un tour et la voici qu’elle se jette sur le Saint qui malgré, son mètre cinquante-huit arbore une musculature impressionnante. Il ne réagit pas et se laisse plaquer au sol tandis qu’elle prend son élan, le poing serré. Elle abat son poing juste à côté du visage de Philémon, lui éraflant la joue et creusant un cratère dans lequel il tombe tous les deux, elle sur lui, lui toujours couché sur le dos et arborant un sourire enfantin, malgré les griffures sur son visage. Baucis est enragée : « Qu’est-ce qui te fait rire ? » Le Grec se retient l’espace d’une minute et plonge ses yeux bleus dans ceux de Baucis qui sont d’une couleur tout à fait semblable : « C’est la première fois qu’une femme aussi belle est allongée sur moi ! » La Biche de Cérynie se dégage illico et part réajuster son masque, en dressant à nouveau avec rage son poing : « Comme les vôtres, nos armures sont vivantes. La mienne a nécessité énormément de mon sang et repose dans sa Pandora Box. Lorsqu’elle sera enfin régénérée je te donnerai la mort. » Philémon continue de sourire et murmure en la voyant partir : « Pour revenir d’elle-même à la vie sans la faire réparer par un alchimiste, une armure met énormément de temps malgré le sang et sa Pandora Box. J’ai encore le temps de m’y préparer… »
Ce 22 juillet 1985, au Canada, la région de Nunavut est ébranlée. Le sol tremble toujours dans la ville d’Arviat. Après l’explosion qui a fait écrouler la maison où se trouvent Vasiliás, Bian et Dolly, à l’intérieur de l’immense nuage de fumée, provoqué par la chute des décombres, les Saints Noirs se camouflent des regards indiscrets du voisinage. Les badauds tardent à sortir constater les dégâts dont il ne s’explique pas l’origine.
De sous les gravats, ressort Bian plus mort que vif, aidé par l’arrivée inopinée de Kassa : « J’ai été alerté par l’arrivée dans le secteur de cosmo énergies hostiles. Nous devons nous enfuir. » Quelques mèches de cheveux s’échappent de sous une poutre en bois et alertent Bian : « Attends, Dolly est là-dessous… » L’éloignant de toutes ses forces, Kassa le convainc d’abandonner sa vaine tentative. _ « Elle est morte Bian. Il faut t’enfuir maintenant. _ Et Vasiliás ?! »
Concomitamment, la voiture de Vasiliás regagne ce qu’il reste de son domicile et s’engage dans le nuage de cendre. La portière s’ouvre, pour laisser apparaître la mine inquiète de l’ancien prétendant à l’armure d’or du Lion : « Mais qu’est-ce que… » Vasiliás n’a pas le temps d’achever sa phrase que déjà, sous l’impulsion d’un cosmos ennemi, son véhicule vole en morceaux et laisse retomber au sol une carcasse métallique calcinée : « Te voilà enfin ! Il aura fallu suivre ton ami que nous avions laissé pour mort, afin que nous puissions mettre la main sur toi ! » Dans le dos du Gémeaux Noir les silhouettes de ses six acolytes se dessinent. _ « Mon ami ?! Qu’avez-vous fait à Bian ?! Où est-il ?! Comment se fait-il que des chevaliers noirs soient à ma recherche ?! » Pointant du doigt sa proie, pour convaincre ses pairs de passer à l’attaque, Ankoku Gemini lance les hostilités en s’exclamant : « C’est le Sanctuaire qui nous envoie ! » Les six compagnons d’arme du Gémeaux Noir chargent immédiatement Vasiliás qui essuie chacun des coups sans broncher. Il est repoussé à quelques mètres en arrière, un peu plus loin dans le nuage de poussière et atterri jusqu’à Bian et Kassa.
Vasiliás remarque la présence de son ami et est ravi de le retrouver en vie : « Bian ! Comme je me suis inquiété pour toi. L’espace d’une seconde j’ai cru que… » D’un ton rancunier, Bian le coupe en pointant du doigt le cadavre de Dolly : « Ça t’aurait bien arrangé, n’est-ce pas ? En tout cas je découvre ta vraie nature, tu t’es enfui de l’écroulement sans même chercher à la sauver. » Vasiliás découvre la dépouille dépourvue de vêtement. Il apparait bien crédule : « Dolly ?! Mais comment est-ce possible ?! » Resté en retrait, le sourire aux lèvres, Kassa feint d’être inquiet : « Nous devons fuir. Aussi puissant puisses-tu être Vasiliás, ces hommes sont trop nombreux pour que nous puissions en venir à bout. » Ne parvenant pas à comprendre la ranc½ur de son ami, Vasiliás se veut bienveillant : « Tu as raison, vous allez pouvoir fuir. Moi je les retiendrai pendant que vous les sèmerez, car si je viens avec vous, ils ne vous laisseront pas repartir. Pars jusqu’au dispensaire retrouver Ariel et quitte le pays. » Bian se défait de l’aide que lui apporte Kassa et serre le poing : « Comment peux-tu te soucier du sort d’Ariel, avec ce que tu viens de nous faire ?! Cependant, malgré tout, je ne t’abandonnerai pas, nous allons combattre ensemble, uniquement par respect pour tout ce que tu m’as appris. » Vasiliás reste penaud : « Je ne comprends toujours pas ce que tu me reproches ? Quoi qu’il en soit je t’en conjure, quitte ce lieu. Tu es trop marqué pour résister à leur offensive. Kassa va assurer votre retraite. N’est-ce pas ? » Kassa, satisfait de la confusion qu’il a créée entre Vasiliás et Bian, le rassure d’un hochement de tête et guide Bian…
Sa veste maintenant déchirée, Vasiliás la retire en même temps que sa cravate. Il remonte les manches de sa chemise tout en fixant d’un regard froid l’approche de ses adversaires. Sa chemise toujours ajustée dans son pantalon maintenant poussiéreux, il ferme les yeux pour faire le vide dans son esprit et accroît sa cosmo énergie dont l’effluve dessine derrière son signe zodiacal.
Devant lui, la troupe d’assassins avance en ligne. Au beau milieu d’eux, juste à côté du Gémeaux Noir, le Sagittaire Noir sort son arc et pointe sa flèche maléfique en direction de Vasiliás. Sans que Vasiliás ne rouvre les yeux, le Sagittaire Noir est pris d’un inopiné malaise. En effet, son corps se raidit de plus en plus et des plumes d’ange venues des cieux pleuvent au-dessus de lui. L’homme de grande taille et chauve, bouge avec difficulté sa mâchoire pour interpeller son chef : « Gémeaux Noir… J’ai… Je… » Le Gémeaux Noir se retourne en direction de son subordonné qui ne peut désormais plus avancer. Il lit dans ses petits yeux vert pomme, une immense crainte et comprend que Vasiliás est vraiment un être exceptionnel. Devinant l’assaut imminent de l’Américain, il sonne la charge : « Chevaliers Noirs, à l’attaque ! » Les cinq autres chevaliers noirs s’élancent. Au même instant Vasiliás rouvre les yeux et prononce le nom de son arcane dévastateur : « Byakûjin ! » Les Plumes Célestes ayant déjà plu et jonchant le sol s’élèvent alors vers les cieux. De concert avec celles qui tombent encore du ciel, elles transpercent ainsi toute la surface du corps du Sagittaire Noir. Il demeure ainsi maintenu dans les airs par les milliers d’heurts qui le pilonnent. Quelques secondes d’extrêmes douleurs. Quelques secondes qui lui semblent être une éternité. Quelques secondes durant lesquelles la douleur est si atroce que son c½ur ne parvient plus à l’encaisser. Quelques secondes au bout desquelles Ankoku Sagittarius s’écroule en rendant son dernier souffle. Cependant, la tornade de plume ne cesse pas pour autant. Elle part à la poursuite des assaillants de Vasiliás. Elle se sépare en deux. Après avoir massacrée dans la verticalité Ankoku Sagittarius, elle se scinde en deux rafales qui traversent l’horizon. Ainsi, elles perforent les poitrines des chevaliers noirs de la Licorne et de la Lyre.
Interdits, les trois autres Ankoku Saints stoppent leurs courses.
Le corps sans vie de la Licorne Noir tombe aux pieds de Vasiliás. Ses longs cheveux bouclés couleur cassis flottent dans le vent. Celui de la Lyre est réceptionné par l’Américain. En prenant la femme décédée dans ses bras, il remarque à quel point cette femme au crâne rasé était belle. Néanmoins autre chose l’intrigue.
Freiné dans sa cours, le Lynx Noir remarque la gêne de Vasiliás et lui demande : « Est-ce le fait de tuer une femme qui te met dans cet état ? » Vasiliás lève les yeux vers son interlocuteur et répond froidement : « Qui que soit l’adversaire d’un roi, il doit subir sa sentence sans traitement de faveur. Non, ce qui me gêne, c’est l’odeur que porte cette femme sur son corps. Elle porte la même odeur que la Licorne Noir qui gît à mes pieds. La même odeur que vous portez tous. Celle de mon maître. Klok Saint de bronze de l’Horloge. »
La voix du susnommé retentit aussitôt dans l’atmosphère : « Tes sens sont toujours aussi aguerris mon cher disciple. » Le chevalier de bronze aux longs cheveux bleus apparaît derrière Ankoku Gemini…
Loin de là, au Sud du Sanctuaire d’Athéna, dans la chaumière de Myrrha dans le village de Noioso, des sanglots alertent la jeune femme et son amant. L’homme au corps de rêve se redresse immédiatement et s’avance jusqu’à un berceau situé à l’opposé du logis. Myrrha observe sa démarche et reste admirative devant ses fesses fermes et musclées : « Tu es toujours aussi beau Aphrodite ! » Le Saint d’or du Poisson affiche un large sourire de satisfaction après ce compliment et attrape en chemin sa cape, qu’il tire puis enroule autour de sa taille, libérant ainsi l’armure d’or qu’il avait volontairement couverte, pour ne pas trop illuminer les lieux et réveiller l’enfant qui s’agite. Aphrodite arrive devant le couffin et tend sa main devant le bambin qui fête aujourd’hui ses douze mois. Dans sa paume, son cosmos doré s’agite et forme une rose aux pétales aussi rouge que le sang. Il dépose la fleur à côté du visage du nourrisson. _ « Et toi, tu es assurément bien plus beau que moi, Adonis… _ Plus que d’éloges, c’est de nourriture dont ton fils a besoin en cet instant, les rejoint Myrrha ! _ Je sais que tu as peu de moyen. Je t’ai laissé un sac de sacres sur la table. Vous ne manquerez de rien Adonis et toi. Ma solde de Saint d’or est plus que suffisante pour subvenir à vos besoins. _ Je n’aurai pas cru que tu viendrais pour ses douze mois. _ Adonis est mon fils, il est ce que l’univers a pu concevoir de plus beau, depuis la création du monde. Ne pas le voir fréquemment me brise le c½ur tu sais Myrrha. _ Pas d’attache, une vie libertine, les combats et ton propre intérêt, ta gloire, voilà à quoi se résume ta vie Aphrodite. Je refuse de mêler mon enfant à ce que tu ornes comme des trophées. Il n’en est pas un, il est le fruit de l’amour que j’éprouve pour toi et de la satisfaction que tu as eue, de pouvoir séduire une des femmes les plus courtisées du domaine. » Le Suédois ne dit rien, ce constat de Myrrha, lui fait afficher un léger rictus de désappointement sur son visage. Finalement, Aphrodite lève l’enfant et le prend dans ses bras. L’espace d’un instant durant lequel il le couve de son cosmos, il fait cesser aussitôt ses pleurs. Il lui murmure tendrement : « N’oublie jamais mon fils, que quoi que tu puisses penser de mon absence lorsque tu deviendras un homme, je l’ai fait dans ton intérêt. Je sais que tu deviendras beau et brave et feras oublier à ta mère le manque d’amour dont elle souffre. Je t’aime mon petit cadeau des dieux… » Il tend enfin l’enfant à sa mère et ramasse son pantalon. _ « Je reviendrai bientôt. _ C’est ce que tu m’as dit il y a huit mois. » La Cloth du Poisson se réajuste d’elle-même sur son propriétaire, hormis le casque que celui-ci prend dans ses mains pendant qu’il emprunte la sortie : « Alors considère que je reviendrai dans autant de temps… »
Arrivé dehors, il fixe son heaume sur son crâne et passe son index sous son ½il droit pour ramasser une larme. Savoir qu’il a un enfant, qu’il ne prendra pas la peine de connaître, le chagrine. Seulement, la vie qu’il mène n’est pas celle qui le destine à être un bon père de famille…
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« le: 26 Avril 2012 à 13h01 »
Bonjour.
Merci beaucoup pour vos remarques. Pour Deathmask et Lilith, l'issue de cette relation risque de vous surprendre. En espèrant que l'élan pris par le second arc de la fiction (qui vient peu à peu) vous passionne toujours autant.
Au plaisir de lire vos impressions.
Kodeni.
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« le: 23 Avril 2012 à 10h59 »
C'est tout à fait moi Kodeni. Mon avatar m'a trahit ?! En essayant de m'inscrire, j'ai remarqué que mon ancienne tentative d'inscription utilisait toujours mon adresse mail et ce avec un autre pseudo que j'utilise sur d'autres forums. C'est bien ça. L'avatar m'a mis la puce à l'oreille.
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« le: 22 Avril 2012 à 17h51 »
Hello,
Je suis dans le milieu de la vingtaine. Je suis depuis fort longtemps ce blog (fin 2002, depuis 2003 je crois ) qui s'est transformé au fil des années, je me suis dit qu'il était temps de m'y inscrire bien que j'ai déjà posté quelques commentaires en invité.
Fan de Saint Seiya devant l'éternel malgré certain(e?)s OAV, enfin vous savez... Fan de Kaamelott, j'ai hâte que les films sortent. Gros fan de chocolat et de musique en général.
Je suis toujours impressionné par EnCyna, même si je ne suis pas un gros fan de staff, car ça doit en prendre du temps de recenser toutes ces personnes. C'est toi Kuwa ?
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« le: 3 Avril 2012 à 15h49 »
Chapitre 28
Le soleil de plomb fait courber encore plus bas l’échine qu’à l’accoutumer à Gigas ce 22 juillet 1985. Accompagné de Ptolémy Saint d’argent de la Flèche, il écoute le compte rendu des quatre mois écoulés depuis la victoire athénienne sur Yíaros. Sévèrement dissimulé sous sa bure et son masque, Ptolémy parait moins souffrir de la chaleur que son supérieur. Cachant ainsi à tous l’identité du fidèle messager du Pope, le Général et l’émissaire traversent le marché d’Honkios en échangeant d’un ton bas.
_ « … Et donc Shura et ses hommes prirent possession du Centre de la cité tandis qu’Apodis Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis faisait diversion contre Baucis Alcide de la Biche de Cérynie à l’Est. _ Brave Saint que cet Apodis. Le plan du Grand Pope lors de la fausse attaque de la Journée Sainte aura permis de le ramener dans le rang, se félicite Gigas. _ En effet. Le lendemain matin, Aldebaran et le reste de nos cohortes assirent nos positions dans le Centre, obligeant Hébé et ses trois derniers Alcides à se retrancher dans son temple, le Parthénos. Des deux cents soldats athéniens conduits là-bas, la centaine ayant survécu s’installa partout dans les villages afin de remplacer la garde hébéïenne dont l’armée a été décimée. C’est là que vinrent prendre la relève quatre autres chevaliers de bronze. _ Oui. La victoire acquise, le Grand Pope a préféré ramener auprès de lui ses forces. Shura, Aldebaran et Babel rentrèrent. Anikeï de Cassiopée, Carina de la Carène du Navire, Lena de la Boussole et, enfin, Taishi du Toucan vinrent compléter les équipes de Philémon du Lièvre et d’Apodis. Tout cela sous ton ½il avisé. _ Absolument. Bien que lorsque l’heure de mon départ fut ensuite venue, Taishi n’était toujours pas parvenu à accomplir la mission pour laquelle le Pope l’a investi. Notre Grand Pope m’avait confié dans le courrier qui accompagnait l’arrivée de ces Saints de bronze que Taishi doit remettre à Hébé le bandeau prélevé sur le défunt Iphiclès Alcide du Lion de Némée et lui délivrer un message. _ Atteindre Hébé n’est pas chose aisée. Ce que vous avez accompli sur l’île en si peu de temps est déjà miraculeux. _ Pour cela nous avons pu compter sur la grande expérience de Lena et Apodis. Leur pratique des guerres passées en Egypte et en Inde et les leçons apprises auprès de Saints d’or lors de ces évènements ont facilité les négociations avec les Hébéïens. _ La main mise athénienne plutôt tu veux dire, pouffe de rire Gigas ?! _ La sagesse d’Hébé aura permis à Shura de vite obtenir sa réédition, tempère Ptolémy en souriant sous son masque. Elle a accepté la prise politique de l’île par Athéna en échange de la vie sauve du peuple hébéïen composé d’un millier d’habitants. Ainsi Shura n’eut pas de difficulté à déléguer à Apodis et Lena. Ils soumirent au peuple la reconstruction du port au Sud de l’île qui fut le théâtre des premiers affrontements sur Yíaros. Ainsi, en se montrant obéissant, les travailleurs reçurent des sacres afin de relancer le commerce sur l’île. Notre monnaie a instauré rapidement un climat de paix, en rétablissant un système de rémunération basé sur le mérite et surtout la possibilité pour le peuple affamé de vite pouvoir être à nouveau livré en vivres. Car en attendant, afin de soumettre par la faim le peuple, les rares récoltes étaient réquisitionnés par les athéniens. Nous les stockions dans le temple d’Héraclès où nos Saints ont établi leur quartier général après avoir chassé les représentants religieux. _ Gouverner par la faim mais apporter rapidement la solution pour ne pas priver le peuple et éviter une insurrection désespérée fut bienvenue. _ A raison de deux repas par jours, le peuple finit par trouver cela raisonnable. Il se déplaçait donc jusqu’à ce temple pour le rationnement. Et, nourri, contesta moins le couvre-feu qui interdit à quiconque de sortir de chez lui la nuit tombée, sous peine d’être immédiatement exécuté. _ La raison d’un côté et la fermeté de l’autre, cette gouvernance mesurée a donc permis de vite se mettre le peuple dans la poche donc ? _ Pas exactement non. Malgré l’investissement à la réfection du port, le civisme lors des rationnements et le respect apparent des règles de couvre-feu, de nombreux sabotages témoignant de la révolte du peuple hébéïen. Ces rébellions masquées continuent encore de mobiliser fortement l’armée athénienne en cette période d’occupation. _ Ça n’est qu’une question de temps. L’éducation et l’instruction militaire sont désormais données en mixité dans l’ancien temple dédié aux femmes, le temple d’Héra, par des prêtres athéniens. _ Oui, les responsables religieux hébéïens ont tous été remis à la vie civile et ont été ensuite mis à mort sur les places publiques après que nous ayons fabriqué de fausses tentatives de soulèvement afin qu’ils servent d’exemple pour les autres Hébéïens… _ … et afin de faire disparaitre toute source d’une doctrine hébéïenne, précise Gigas. Sauf le Grand Cardinal Acis… »
Ignorant les liens qui unissent leur Grand Pope à Acis, sauveur de Saga et Kanon durant leur enfance, Gigas est interrompu dans sa conversation par un marchand qui insiste pour lui offrir une corbeille de fruit. Alors que sa garde rapprochée se dépêche d’encercler le bougre, Ptolémy recule d’un pas pour se détacher rapidement de toute esclandre. Heureusement, l’homme neutralisé est rapidement relâché après que Gigas d’un mouvement de main ne calme ses soldats tous porteurs de sa marque, un crâne monté d’un reptile tatoué sur la peau. Ainsi, une fois la foule ramenée à ses occupations, Ptolémy réapparait au détour d’un stand auprès de Gigas qui déguste une grappe de raisin.
_ « … Tout à fait, reprend le Saint d’argent. Le Grand Pope a été très clair à ce sujet. Pour une raison que nous ignorons, il a insisté pour que nous veillons à ce que l’intégrité d’Acis soit respectée. Et cela nous fit grand bien finalement. Car sur demande de Lena et validation d’Hébé, sa sagesse permit à Acis de raisonner bon nombre de villageois belliqueux et ainsi leur garantir la vie sauve. _ On ne peut pas en dire autant de l’autre cardinale. Celle qui régissait les Hébéïennes, ricane Gigas. _ Non, déplore plus respectueusement Ptolémy. Elle préféra se suicider lorsque son temple fut investi et pillé par la milice athénienne. _ Cela nous donna déjà l’occasion de nous épargner un coup de glaive. _ Surtout que nos soldats ont beaucoup à faire. Sous la joute du Caporal Pullo, second derrière les Saints de bronze, les garçons hébéïens en âge de porter l’épée ont bien été contraints de suivre une éducation militaire, afin de constituer une nouvelle armée pour la défense de cette île au nom d’Athéna ainsi que d’Hébé lorsque celle-ci aura recouvert ses esprits et reconnue notre suprématie. _ Dans l’attente, qu’elle pourrisse avec ses derniers fidèles dans son temple, conclut Gigas. »
Justement, depuis son temple, le Parthénos, imprenable jusqu’à maintenant, sonne la cloche annonçant l’heure du déjeuner. Repliée sur Yíaros en compagnie des quinze derniers soldats de son armée qui veillent sur les issues de son palais, Hébé passe ses journées à regarder en direction des villages par les lucarnes laissées volontairement dans la roche pour permettre à l’éclat du jour d’y passer.
Soudain, la Déesse de la Jeunesse entend grincer les lourdes portes en bois massif du palais. Dans ses hauts escarpins roses, elle court à vive allure en direction de l’entrée qui s’entrouvre sous la surveillance des quinze gardes. Sa longue robe de satin rose pâle vogue dans les airs, tant elle se presse de trouver ses gens qui pénètrent dans l’enceinte hautement surveillée. Elle garde sa main gauche pressée contre sa poitrine, afin que son collier de perle ne virevolte dans l’élan de sa course. Arrivée aux abords de l’entrée principale, elle découvre deux paysans et leurs b½ufs qui tirent un chariot. Un soldat finit de les fouiller et s’agenouille devant ¼dipe qui veille au grain : « Seigneur ¼dipe, il s’agit bien des fermiers qui ravitaillent continuellement notre palais de vivres sur ordre des forces athéniennes. » L’Alcide des Oiseaux du Lac Stymphale hoche la tête, afin de donner son approbation à son interlocuteur. Celui-ci ordonne aussitôt à ses pairs : « Videz le chariot et amenez les vivres en cuisine aux serviteurs de notre majesté ! Vite ! »
Subitement, les talons d’Hébé résonnent sur les dalles marbrées du palais et attire l’attention de tous les protagonistes qui s’accroupissent immédiatement. Hébé s’empresse de relever les deux paysans en les prenant chacun par la main. Son cosmos les enveloppe instantanément et leur réchauffe le c½ur : « Je vous en prie, hommes de mon peuple, ne vous baissez pas devant moi lorsque je reste cachée dans ce temple, alors que mon rôle est de vous protéger. Dîtes-moi comment se déroulent vos vies dans la cité ? Les Athéniens sont-ils justes ? Manquez-vous de quelque chose ? Laissez vos c½urs me parler. » Un seul paysan ose répondre à sa majesté. Il baisse les yeux et parle doucement : « La seule chose qui nous manque est notre liberté. Les débuts ont été difficiles mais plus nous nous montrons dociles et moins nous avons faim. Les Athéniens sont durs mais leurs sergents, les Saints de bronze, sont plus justes et compréhensifs. Néanmoins, aucun de nos maux ne doit être aussi douloureux que le vôtre de nous savoir soumis Majesté. Les nôtres en ont conscience et acceptent leur destin en ne se souciant que de vous. » Quelques larmes roulent sur les joues de la déité où tombent quelques mèches de ses courts cheveux blonds : « Dîtes à mon peuple que mon âme est meurtrie à l’idée de devoir me cacher et que… et que… » La malheureuse ne peut finir de prononcer ses doléances que le chagrin l’envahit. Elle s’effondre à genoux, visage contre terre, en sanglot. Les soldats font évacuer les deux campagnards en ouvrant le moins possible les portes principales, devant lesquelles attendent en ligne l’escorte athénienne des deux hommes.
Plus bas, dans la cité, dans une des chambres du temple d’Héraclès, Anikeï, l’ancien élève d’Albior et ami de Shun, se tient droit debout contre un jeune habitant de l’île qu’il a plaqué contre le mur et avec lequel il partage quelques caresses affectives. Pendant qu’Anikeï exalte, le rideau qui fait office de porte, est écarté par une jeune femme au visage dissimulé sous un masque havane, vêtue d’un pull blanc couvert d’épaulettes en cuirs et d’une jupe marron. En recoiffant ses cheveux blonds aux reflets bruns, Carina déclare : « Anikeï ! Apodis et Lena ont été suffisamment clairs à ce sujet. Corrompre les habitants en leur promettant double ration n’est pas approprié à notre statut ! » Anikeï libère le bel homme à qui il baise rapidement la bouche avant de lui dire : « Pars maintenant. Quitte ce temple. Nous nous reverrons demain. » L’Ukrainien attend que son amant soit sorti pour répondre à Carina : « Carina, mon amie, hormis surveiller ce peuple quasi-discipliné et nous entraîner, nous n’avons rien à faire sur cette île. Cela fait quatre mois que nous sommes là… _ Et nous risquons d’y rester encore longtemps. Alors tâche de ne pas salir l’image que nous sommes censés véhiculer ! » Au moment où elle quitte la pièce, Anikeï lui annonce : « Tu devrais essayer pourtant. Ça te détendrait je t’assure. _ Mon c½ur est ailleurs. _ Il est mort Carina. Tu l’as lu de tes yeux. » Le Saint de Cassiopée fait allusion au courrier reçu par un messager du Sanctuaire et écrit par Hyoga. Ne sachant où trouver son amie Carina partie de Sibérie, l’apprenti Saint du Cygne a confié un courrier à un messager du Sanctuaire venu apporter une lettre au Seigneur Crystal écrite par Lena. Dans celle-ci, il annonçait le sacrifice d’Isaac qui essaya de sauver son camarade lorsqu’il fut emporté par les courants marins en voulant voir sa mère. Depuis, Carina n’arrive pas à faire le deuil d’Isaac qu’elle aime encore profondément. La Russe rétorque : « Est-ce une raison pour entacher sa mémoire ? » Une voix roque retentit depuis le couloir et les ramène à la raison. Il s’agit du mature Taishi, enfant de la fondation Kido et ancien élève à Oran en compagnie de Jabu. Devenu Saint du Toucan, il rappelle souvent ses camarades dans le droit chemin : « Allons ! Est-ce normal que nos soldats ne soient accompagnés d’aucun chevalier pour distribuer les vivres. Le rationnement est le moment propice aux écarts de conduites du peuple tout comme le couvre-feu. Vous devriez pourtant le savoir ! » Anikeï sourit puis rejoint leurs : « Taishi mon ami, tu as raison. Comme toujours. » Une fois seul avec Carina, le Japonais au menton carré et aux petits yeux noirs est vêtu de sa Cloth rouge et bleue. Il décrispe son visage fermé pour afficher une mine moins froide. _ « Carina, sache que si tu en as besoin, je suis à tes côtés. _ Ça ira Taishi. J’ai déjà Lena pour me confier. Elle a été mon professeur durant toutes ces années, je n’ai aucun secret pour elle. D’ailleurs je vais la rejoindre. _ Elle est dans la forêt à l’Est de l’île en compagnie du caporal Pullo qui instruit aux armes les jeunes Hébéïens. Elle s’entraîne en compagnie de nos soldats. _ Et Philémon et Apodis ? _ Philémon fait une ronde dans les villages. Apodis est sur la côte Sud avec nos hommes. Il aide les Hébéïens à reconstruire le port. »
Pendant ce temps, au Canada, dans la région de Nunavut, au sein de la ville d’Arviat, Bian et sa petite amie sont attablés dans une auberge locale. Ils partagent leur repas en compagnie d’un homme au visage creusé, au teint pâle et aux petits yeux sombres et sournois. L’inconnu se tient voûté et rie aux anges en compagnie du couple. L’atmosphère est détendue et les spécialités semblent au goût des camarades. L’énigmatique jeune homme de vingt ans ne parvient pas à dissimuler sa laideur. Lorsqu’il rigole à gorge déployée, il dévoile ses dents pointues et mal entretenues. Pourtant, cela ne coupe pas l’appétit de Bian qui apprécie la compagnie de ce Portugais d’un mètre soixante-huit. Contrairement à Dolly qui s’ennuie à mourir. Elle remonte sans cesse son maillot rouge qui offre un aperçu agréable à l’invité qui ne s’interdit pas d’admirer sa poitrine rebondie.
Tout à coup, depuis l’intérieur, on entend le claquement d’une portière de voiture que reconnaissent aussitôt Bian et Dolly. _ « Ah… Vasiliás vient d’arriver, annonce Bian ! » A cet instant, Dolly semble revivre enfin. Elle applique ses mains sur ses longs cheveux blonds pour s’assurer d’être présentable. L’ignoble convive le remarque d’un coup d’½il en coin et observe l’entrée du fameux Vasiliás, resplendissant dans son costume blanc aux rayures et à la chemise grise, le cou à peine serré par sa cravate blanche. Ses belles dents alignées offrent un sourire à la table des trois clients. Elles brillent presque autant que les diamants qu’il porte à chacune de ses oreilles et sont aussi claires que ses yeux bleus aux éclats verts. Son allure faussement négligée, donnée par sa barbe de deux jours, aussi longue que ses cheveux d’à peine trois millimètres de hauteur, offre un charme fou à cet homme d’affaire sur lequel toutes les femmes de l’auberge se retournent. Bian se lève de sa chaise pour accueillir Vasiliás qui lui serre fermement la main. Il baise les joues de Dolly sans lui prêter davantage attention, ce qui suffit toutefois à la jeune femme qui sourit timidement après le salut de l’Américain. _ « Vasiliás, je tiens à te présenter mon ami Kassa, annonce Bian. » Vasiliás tend sa main à Kassa qu’il fixe droit dans les yeux : « C’est donc toi le fameux Kassa dont Bian me parle si souvent. _ Je pourrai en dire tout autant de toi, répond d’un regard perfide Kassa. Cela fait des mois que Bian me vante tes mérites. _ Hélas mes affaires à Miami nécessitent ma présence et je fais régulièrement la navette entre ici et la Floride ces dernières semaines. »
La propriétaire du restaurant reconnaît l’habitué qu’est Vasiliás et lui apporte un verre de vodka sans même lui demander quel plat il prendrait avec ça. _ « Et qu’est-ce qui t’a amené dans ce coin perdu du Canada, poursuit Kassa pendant ce temps ? _ Le besoin de me ressourcer au calme, botte en touche Vasiliás qui se sait fugitif aux yeux du Sanctuaire. Et toi ? _ Je fuis la moquerie, le fixe avec insistance Kassa. Comme je l’ai déjà expliqué à Bian et comme tu peux le voir, je ne suis pas à ton image un modèle de perfection avec mon physique immonde et mes loques défraîchies. Au Portugal, d’où je viens, j’ai depuis mon enfance été martyrisé et moqué. Je suis venu chercher ici le calme loin du regard des gens. _ Etonnant, fronce aussitôt les sourcils Vasiliás. Qu’un homme disposant d’une si grande cosmo énergie soit incapable de lutter contre l’intolérance d’autrui… » Démasqué par cet ancien apprenti chevalier qui ne tourne pas autour du pot, Kassa perd tous ses moyens l’espace d’une seconde, il décroche son regard de celui de Vasiliás et est pris d’une suée inattendue. _ « Je t’ai déjà expliqué Vasiliás que la frustration et l’endurcissement de Kassa lui ont permis de développer un potentiel dont il n’avait même pas idée, le couvre immédiatement Bian au grand dam de Vasiliás … _ … effectivement ! Et lorsque j’ai compris comment me servir de cette énergie, j’ai appris de moi-même à l’apprivoiser et à la développer, surenchérit Kassa sauvé par la réactivité du Canadien. C’est ce qu’on appelle… » En ch½ur, Vasiliás et Bian accompagnent la fin de phrase de Kassa à voix basse : « le cosmos ! »
A cet instant, à une table proche, deux hommes font un scandale. L’alcool aidant, ils se permettent d’insulter la serveuse et de manquer de respect envers les propriétaires du restaurant avant de partir sans payer en promettant qu’ils reviendront se venger. Cet excès de colère laisse la table de Bian bien dubitative. _ « Quelle bande d’imbéciles, peste Bian. _ Tu m’ôtes les mots de la bouche, colère Vasiliás. C’est contre cette mauvaise graine que j’espère un jour réussir à lutter. _ Ce germe du mal est présent dans chacun des hommes, souffle dépité Bian. Il faudrait tous les supprimer. _ Eliminer la race humaine est une solution extrême. Je suis convaincu qu'en assurant au monde la présence de chevaliers et qu'en leur imposant des lois strictes et semblables pour tous, quel que soit le pays ou la classe sociale de chacun, le monde se porterait mieux, assure Vasiliás. _ Qu'en penses-tu Kassa, mesure Bian ? » Resté en retrait, masquant sa satisfaction devant les propos du futur Marina, Kassa argumente subtilement en faveur de son prochain compagnon : « Et bien... Je ne voudrais pas dire de bêtises, mais il me semble que les propos de Bian sont les plus fondés. De tout temps, de toute époque, les hommes ont manifesté leur nature maléfique et cela sous tous les régimes politiques possibles. Ce n'est pas les lois qu'il faut changer, il faut changer les hommes. » Vasiliás s’emporte immédiatement : « Tu proposes donc d'exterminer l'humanité toute entière toi aussi ?! » Bian s'interpose : « Pas nécessairement ! Prend Poséidon pas exemple. Il ne souhaite pas anéantir la race humaine pour de bon, il souhaite purifier la Terre par les eaux. Les rares survivants deviendront ainsi fidèles et obéissants envers les dieux, comme cela devrait être le cas aujourd'hui. C'est la fuite des hommes vers d'autres croyances ou même l'abandon pur et simple de la foi qui poussent les dieux dans leurs derniers retranchements. Les hommes ne respectent plus rien, ni les divinités ni la terre qu'elles leurs ont confié. » Kassa voile sa grande satisfaction en se contentant juste d’approuver d’un hochement de tête.
Le repas s’achève dans le calme, malgré les défis incessants que se lancent Vasiliás et Kassa du regard. L’attention du Général de Poséidon est également posée sur Dolly qui depuis l’arrivée de Vasiliás n’a guère d’autre activité que de l’admirer.
Une fois le repas terminé, Bian choisit d’aller s’entraîner. Kassa, lui, choisit de profiter des quelques lueurs du soleil automnale pour se promener seul dans la rue. Vasiliás accepte la proposition de Dolly de la déposer chez eux, où Bian et lui partagent le même toit, avant de se rendre au dispensaire où travaille Ariel, sa petite amie et s½ur de Bian.
Au même moment, sous la Méditerranée, loin dessous les abysses, dans le sanctuaire sous-marin, à l’intérieur d’une pièce lumineuse de trois mètres carrés, au sol de marbre clair et aux murs de rochers blancs rectangulaires parfaitement taillés, un homme à l’opulente chevelure marine remue sur son lit en banc de pierre. Kanon est perturbé dans son sommeil…
Flashback 1er septembre 1973. Un homme aux cheveux à peine plus clair que lui et au physique similaire l’affrontait. Saga Saint d’or des Gémeaux corrigeait son frère pour ses propos inopportuns. Kanon lui avait soumis l’idée d’assassiner Athéna qui venait de renaître sur cette planète. Déjà tourmenté par son secret depuis des semaines, celui qui le tiraillait au plus profond de son être, se revoyant assassiner Arlès, le jeune frère de Shion, puis ce dernier, Saga ne put supporter d’avantage les paroles démoniaques de son jumeau et choisit de l’enfermer au Cap Sounion. A l’intérieur de cette prison de métal où il fut projeté par l’Another Dimension de son frère, Kanon l’implorait d’ouvrir les yeux. _ « Saga, sors-moi de là ! Tu veux tuer ton propre frère ? _ Kanon, tu pourras sortir de cette cellule, uniquement si c’est la volonté des dieux. Tu y resteras tant que le mal qui t’habite ne sera pas lavé… Jusqu’à ce qu’Athéna te pardonne. » Kanon paniqua en voyant la mer monter et son frère quitter les lieux : « Sa… Saga… Les hommes comme toi s’appellent des hypocrites ! Ne pense pas pouvoir cacher indéfiniment le mal qu’il y a en toi ! Quel mal y a-t-il à ce qu’un homme puissant veuille conquérir ce dont il a envie ? Quel mal y a-t-il à utiliser la force que les dieux t’ont donné ? Saga… Je continuerai à te rappeler la fascination du Mal ! Saga, ta véritable personnalité c’est le Mal ! » Avant de n’être plus qu’un point à l’horizon, Saga fut profondément ébranlé par une telle annonce en ce jour où il allait succomber aux tentations du malin.
Ensuite, Kanon essaya à maintes reprises de briser ces barreaux de métal fait d’orichalque. En vain. Il n’y avait aucun moyen de rompre ces tiges. Tandis que la roche au-dessus de sa tête était trop lourde et l’aurait écrasé s’il avait essayé de la briser. Son frère réussit à l’y précipiter grâce à l’Another Dimension, néanmoins, sans l’aide de quelqu’un maîtrisant le temps et l’espace, il lui était impossible de s’échapper.
Près de dix jours s’écoulèrent où lors de chaque marée haute la geôle de Kanon était inondée par l’eau. Autant de jours où il erra entre la vie et la mort. Il profitait de quelques instants de lucidité pour mettre au point une tactique similaire à celle de Saga. Elle consisterait à maîtriser l’espace et le temps afin de pouvoir fuir cette cellule. Mais le temps lui manquait. Souvent les eaux revenaient à la charge. Heureusement, chaque fois qu’il se voyait mourir, un cosmos d’une intensité infinie et rempli d’une grande sérénité le sauvait. Et, dès qu’il s’en sortait, il jurait de sortir d’ici et de tuer Athéna, sans réaliser qu’elle était celle qui le maintenait sauf.
Puis un jour, avant qu’il ne parvienne à achever sa technique du Golden Triangle, répondant à ses promesses hostiles, une lumière l’interpella du fond de la prison. Il parvint à briser ce faux mur d’une faible épaisseur, pour découvrir dans cette nouvelle pièce, le trident de Poséidon scellé par Athéna. Le temps aidant, les pouvoirs du sceau étaient estompés et, Kanon, de sa seule force, réussit à libérer l’arme de l’Empereur des mers. Immédiatement, le jumeau de Saga fut aspiré dans les profondeurs sous-marines. La pression de l’eau lui comprima les organes et le manque d’oxygène lui fit perdre connaissances… Flashback
Des pas résonnent dans les couloirs avoisinant la pièce où repose l’homme au sommeil agité. Des soldats couverts d’armures en forme d’écailles approchent. Ils arrivent à hauteur de la chambre sans porte où repose leur général. Le plus grand d’entre eux ôte timidement son heaume et avance d’un pas timoré jusqu’à son seuil. Là, il découvre leur chef à tous, allongé sur le dos, enroulé dans sa cape bleue marine, son imposante chevelure de même couleur dissimule son visage. Le Marina tourne progressivement sa tête en direction d’une stèle sur laquelle resplendie la Scale du Général au repos, une monumentale armure en forme de Dragon des Mers. Ayant tout tenté jusqu’ici pour ne pas réveiller brusquement le Général, le soldat espère désormais le sortir de son sommeil en se raclant la gorge. Tandis qu’il approche sa main de sa bouche, le souffle de son supérieur le fait frémir : « Que se passe-t-il soldat ? Ton cosmos transpire l’inquiétude depuis des kilomètres à la ronde. » Surpris que le maître des lieux en l’absence de Poséidon l’ait ressenti venir malgré son repos, le Marina s’agenouille et baisse la tête en tremblotant : « U… u… Une révélation mon Seigneur. Le… Le temple de Poséidon… Une lumière scintillante vient de l’intérieur… » Kanon se redresse en recoiffant par la même occasion ses cheveux : « Bien. Alors cela signifie que le dernier Général a été reconnu par sa Scale. Celui que nous observons depuis des mois est enfin prêt. Il sera temps bientôt d’accueillir le Cheval des Mers. » Kanon se relève et couvre ses vêtements miteux de sa cape majestueuse afin de les cacher à ses hommes : « Réunissez les autres Généraux, je dois m’entretenir avec eux. »
A la surface, au Sud de l’île d’Yíaros, Apodis, torse nu, dans son pantalon couleur marine et ses sandales nouées autour de ses chevilles, participe à la réfection du port. La peau dégageant une odeur de soufre provoquée par le soleil qui lui chauffe la peau, il soulève facilement dans ses bras d’épais arbres que les ouvriers peinent à guider en s’y mettant par dizaines. Silencieux et austère depuis la victoire, inconsolable depuis le meurtre de son fils et de sa mère, Apodis n’en reste pas moins courageux et juste envers les innocents. C’est pourquoi il se montre brave avec les travailleurs qui méritent leurs sacres pour s’accorder un minimum de confort maintenant que la juridiction du Sanctuaire est souveraine. Ces travaux estivaux lui permettent de se vider l’esprit afin de s’appliquer à la reconstruction d’un port dont il a fait lui-même redessiné les plans. Son acharnement et son entêtement à offrir ses services aux villageois ont convaincus certains soldats athéniens de faire de même. Malgré son manque de sympathie à l’égard du peuple, Apodis est certainement l’Athénien que les Hébéïens apprennent le plus à apprécier. Néanmoins, malgré son acharnement, rien ne permet à Apodis de chasser ses souvenirs du passé. Dans la routine de ses travaux, il revit la fin de la bataille de 1979 contre Arès, lorsqu’il venait de libérer le Sanctuaire de deux Berserkers et que seul le front droit de l’armée athénienne, était encore sous la menace des Arèsiens…
Flashback Les hommes qui formaient les rangs sur les lignes latérales droites du champ de bataille restaient les seuls à être encore aux prises avec les Arèsiens. Bien que le Sanctuaire semblait avoir repris le contrôle de la bataille, Arès était déterminé à réaliser le plus gros carnage possible pour que sa défaire ne soit pas vaine. Sur ce flan en souffrance, Apodis remarqua que du haut de son cheval d’ébène, le dernier Berserker et sa cohorte y dominaient les débats. Il était temps pour Apodis d’utiliser le savoir que lui avait légué Pajaros, le Wing Jikan No Yoyu. Les étendards d’Arès et les immenses catapultes tombés au sol ou consumés par les flammes des torches athéniennes n’affichaient plus aucun signe de menace. Seulement, il restait ce Berserker qui méritait de ne pas être pris à la légère.
Au Centre, dans le camp des Athéniens désormais numériquement dominants, Apodis portait sous chaque bras Pullo et Cliff qu’il confia à un des gardes : « Soldat, puis-je te confier ces deux hommes ? Leur survie dépend de toi ! » L’homme n’hésita pas face à un Saint de bronze : « Bien Sergent ! » Après avoir été nommé ainsi, Apodis sentit en lui une grande fierté. Lui, le jeune freluquet qui traînait des pieds il y a encore quelques heures, devenait une figure aussi importante que Circinus du Compas qu’il voyait au loin en difficulté contre Antiochos, le dernier Berserker, et ses hommes.
Apodis rejoignit les troupes de Circinus en se débarrassant des Arèsiens qui se dressaient sur son passage. Le Saint de bronze du Compas constata que l’armure que portait son ami Pajaros il y a encore quelques minutes était désormais sous l’égide d’un nouveau chevalier : « Tu tombes bien Saint ! Je ne m’attendais pas à ce que l’armure de l’Oiseau de Paradis trouve aussi vite un nouveau porteur ! Ton aide va nous être précieuse. Un messager m’a prévenu que notre armée avait remporté la victoire au Nord du domaine et que le Grand Pope avait fait dépêcher les Saints encore debout là-bas pour nous prêter main forte. En attendant, nous devons empêcher la troupe de ce Berserker de rallier les leurs qui sont encore plus haut à l’Ouest, sinon nous pourrions compter de nombreuses pertes. » Effectivement, les troupes du Berserker étaient encore fort nombreuses et vaillantes. Elles étaient déterminées à faire le plus gros massacre possible dans ce dernier baroud d’honneur.
Du haut de son cheval, Antiochos parvenait sans peine à canaliser l’énergie cosmique provoquée par les attaques de Circinus. Circinus allait faire une énième tentative lorsque Apodis se mit sur son chemin. _ « Que fais-tu chevalier ? Aurais-tu perdu la raison ? Par désespoir de cause tu aurais choisi de nous trahir ! _ Ne dîtes pas de sottises Saint du Compas. Je tiens juste à éviter que vous ne gaspilliez votre énergie à rien. Jusqu’ici il a réussi à bloquer votre arcane ! » Une voix féminine confirma alors les propos du Saint débutant. La jeune femme portait une armure d’argent avec un Aigle en guise de diadème. Son visage était dissimulé mais sa voix était claire et impérative. Marin pointa du doigt Apodis : « Ce Saint de bronze a raison ! Ce serait te fatiguer pour rien Circinus. Le Pope m’a fait venir depuis les remparts du Nord pour vous aider, alors écoutez-moi bien. Saint de bronze, penses-tu être en mesure de me frayer un passage jusqu’à ce guerrier ? Circinus, ne maîtrisant que des attaques psychiques, m’accompagnera face au Berserker pour le neutraliser. » Aussitôt Apodis vit l’occasion d’utiliser l’énergie conférée par Pajaros, grâce au Battement d’Ailes Majestueux de l’Oiseau de Paradis, le Wing Jikan No Yoyû. Le nouveau chevalier se mit alors en tête des troupes, pour ne pas embarquer le moindre des siens dans la tempête qu’il allait provoquer. Trop fougueux, il se prépara sans la moindre discrétion et Antiochos Berserker maîtrisant le feu, projeta une comète de lave en sa direction. Stupéfait, Apodis ne put l’esquiver, heureusement Marin se dressa bras croisés devant lui pour faire écran avec son corps : « Ne t’inquiète pas. Je veillerai sur toi. Sois plus prudent à l’avenir ! » Outré d’entendre une si jolie voix se vouer à être son ange gardien, Apodis décréta que c’était plutôt à lui de couvrir Marin. Il se remit de ses émotions en déblayant le passage jusqu’à Antiochos. Ses bras s’écartèrent et lorsqu’il ferma les yeux, il l’aperçut, Pajaros, l’ancien Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis. Il sentait à travers son armure qu’il l’accompagnait, le guidait, dans l’utilisation de son arcane. Antiochos devina la tentative. Il descendit de sa monture et colla sa tête contre celle de son cheval. Il lui prononça quelques mots à l’oreille puis l’animal parti au trot, s’effaçant dans la foule. Antiochos était prêt. Il savait que Marine protégerait Apodis jusqu’au bout et que ses hommes allaient être condamnés par ce que préparait le Saint de bronze. Le mieux qu’il fallut faire pour lui était de rassembler ses dernières forces. Le combat qu’il allait mener serait décisif pour les siens comme pour les Athéniens. Apodis ouvrit ses yeux et balança ses bras en avant comme un battement d’ailes, ressentant cette sensation de puissance propre à tous les guerriers qui maîtrisent le cosmos : « Wing Jikan No Yoyû ! » Immédiatement, une puissante bourrasque souleva les corps face à Apodis, les déchirant dans les airs, brisant les armes ainsi que les roches alentours. Seul Antiochos restait fixé au sol, autour de lui retombait un monceau de cadavres arèsiens. Les râles de douleur ennemis n’impressionnaient pas Apodis, au contraire, il en était satisfait car il se remémorait les paroles d’Orphée avant que celui-ci ne se jette dans la bataille…
Le Saint de la Lyre évoquait cette femme, Eurydice. Il tenait à la protéger, tout comme Apodis tenait maintenant à protéger celle qui lui avait accroché ce ruban autour du poignet, Netsuai. Grâce à son geste, Apodis comprit que plus jamais il ne perdrait son opiniâtreté. La haine, la violence, il a ça dans le sang, son père les lui a transmises. Mais au-delà de Frontinus, il y avait sa mère. Il réalisa qu’il était un mélange de bonté et de fureur, il avait tellement canalisé ses émotions jusqu’ici, renfermé dans une profonde frustration, que libérer un tel potentiel destructeur était en tout point réjouissant. Il s’était retrouvé, il avait retrouvé sa personnalité de poète, d’homme inspiré car il avait trouvé sa muse, Netsuai. Tout comme Orphée, il était devenu un être d’exception, en plus du talent, il avait un devoir.
Cette prise de conscience réchauffa davantage son âme. De façon encore plus puissante que le cosmos laissé par Pajaros. Apodis perçu alors la chaleur d’une femme, d’une déesse. Athéna l’avait reconnu parmi les siens, il en était persuadé.
Les rangs d’Antiochos furent grandement diminués, ce dernier désarçonné. Désormais, Apodis menait les soldats contre ceux restants, animé d’une folle volonté de vaincre. Il laissa ainsi le champ libre à Marine. Elle se présenta face à Antiochos en compagnie de Circinus. Antiochos était à genou, les mains ouvertes vers le ciel. Il semblait prier. Son casque était tombé à côté de lui et sa longue épée était plantée dans le sol. Il paraissait être le plus jeune des Berserkers. Son visage était ferme. Il paraissait intouchable malgré la posture dans laquelle l’avait mis Apodis. Ses cheveux forts blonds, en batailles, lui donnaient vraiment un aspect juvénile. Il était de taille moyenne et plutôt bien bâti. Sa Nightmare ne présentait aucune trace de lutte, comme si jusqu’ici il avait vaincu tous ses adversaires sans jamais être inquiété. Leur imposant un profond respect, Marin et Circinus attendirent que le Berserker finisse sa prière. Ce dernier n’oublia pas de les remercier quelques secondes plus tard en réajustant son casque : « Vous êtes des soldats bons, Saints d’Athéna… » Sa voix était douce et posée : « Vous estimez votre ennemi et je saurai m’en rappeler. Depuis la nuit des temps on vous présente comme des faiseurs de miracles. C’est donc un immense honneur de lever l’épée contre vous. J’espère être moi-même capable d’accomplir des miracles, choses qui ne sont propres qu’à nos maîtres, les dieux. J’implorais à l’instant mon maître, Arès, de faire de mes flammes celles qui le guideront à la victoire. Enfin… Je parle, je parle et j’en oublie les présentations… Je suis Antiochos Berserker maîtrisant le feu. On me présente comme étant le plus puissant des chevaliers d’Arès, je préfère être estimé comme le plus juste. C’est pour cette raison que je vous prie de bien vouloir cesser cette lutte inutile et d’offrir vos vies en sacrifice à Notre Seigneur. » Circinus afficha un rictus : « Alors toi ! Alors qu’Apodis t’as mis au pas… Tu ne manques pas de culot ! Je vais te faire ravaler tes belles paroles ! Funerary Torments ! » Circinus colla ses mains contre ses tempes et semblait entrer par télépathie dans l’esprit d’Antiochos. Le Berserker ramassa alors son épée et dessina avec un cercle de feu. Par l’incandescence de ses flammes, il créa un bouclier cosmique autour de lui : « Tu es bien ridicule d’essayer de m’atteindre avec cette technique, alors que depuis tout à l’heure je parviens à la contrer ! Si tu n’es pas capable de passer à autre chose, je te conseille tout de suite de m’offrir ta vie. Nous gagnerons du temps. » Circinus serra les dents de rage. Contre les conseils de Marin, il se lança à corps perdus sur Antiochos.
Rapide et fluide, le jeune homme esquiva les coups de poings et de pieds du vieux Saint de bronze. Marin ne se résolvant pas à perdre inutilement un allié, elle se joignit à Circinus. Antiochos était bien trop doué pour être alarmé, il commença à riposter. Marin faisait face à merveille mais Circinus subissait à chaque fois les coups de son adversaire. Le Berserker comprit vite comment se défaire de lui. Pour cela, il lui fallait déjà écarter Marin. Il pointa sa lame vers elle : « Ignited Needles ! » Les Aiguilles Enflammées vinrent transpercer Marin qui retomba à quelques mètres sur le ventre sans avoir eu le temps de réagir. Puis, d’un revers de main, Antiochos abattit son épée chargée de cosmos sur le flanc de Circinus. La collision fut si forte que l’armure se fissura et la lame pénétra de quelques centimètres la chair de Circinus : « Tu as bien de la chance que ton corps soit couvert par ta Cloth. Malheureusement ce n’est pas le cas de ta gorge ! Je vais la transpercer immédiatement et venger la mort de mes hommes. » Il posa la lame sur le cou de Circinus et appuya tout doucement. D’abord piqué par la pointe d’acier, la gorge saigna. Antiochos allait appuyer davantage sans compter sur le retour triomphant de Marin : « Ryu Sei Ken ! » Les Météores le rossèrent de toute part, entamant même sa Nightmare. Sans fléchir, Antiochos fit face avec calme : « Tu as pu te relever après que mon épée t’ait envoyé ses Aiguilles Enflammées ! Tu m’épates ! » Marin se mit en garde. Bien qu’elle soit agile, elle ne pouvait rien faire contre la lame du Berserker d’Arès qui la manipulait à merveille. Il finit par lui écorcher les deux cuisses pour la faire chanceler. Antiochos l’accula contre une roche et poursuivit son discours : « Il parait qu’Athéna hait les armes et qu’elle n’autorise que ses soldats à en porter. Le corps d’un homme maîtrisant sa cosmo énergie n’a rien à craindre d’une arme, qu’elle soit à feu ou tranchante. Une arme devient dangereuse uniquement lorsqu’elle est portée par un autre guerrier ayant une emprise sur son cosmos. Voici pourquoi ma lame gorgée de cosmo énergie peut entamer n’importe quelle surface comme vos armures, qu’elles soient de bronze ou d’argent ! » Il pointa son épée vers le ciel en la maintenant avec ses deux mains. Ses pupilles s’illuminèrent : « Voici la plus puissante technique armée de mon épée ! Fire Sword ! » L’épée s’enflamma et fondit sur Marine, impuissante… Apodis surgit alors devant l’Epée de Feu et déclencha à nouveau son arcane : « Wing Jikan No Yoyû ! » Positionné juste devant le Berserker, Apodis réussit à créer un vent si puissant qu’il souleva son athlétique adversaire du sol et l’envoya dans les cieux, lacéré par la tempête. Apodis se retourna ensuite devant Marine et du coin de l’½il, pour la rassurer, il annonça : « C’est à ton tour de ne plus t’inquiéter. C’est moi qui veillerai sur toi désormais ! »
Non loin de là, le corps d’Antiochos retombait en direction du sol. Celui-ci, conservant son calme habituel, effectua un déhancher dans les airs pour se réceptionner sur ses jambes. Il pointa sa lame en direction d’Apodis : « Alors voici celui qui a mis à mal Evhémère et Diodoros et qui a pris le loisir de terrasser bon nombre de mes hommes. » Apodis se tenait fièrement en entamant un magnifique jeu de jambes. _ « Le Wing Jikan No Yoyû m’a pris par surprise. Je t’ai déjà vu l’utiliser contre mes hommes et je saurai le contrer maintenant. Quant à cette technique invoquée contre Diodoros, le Frantic Fury, il te faut concentrer un maximum d’énergie, ce qui prend du temps et ce que tu as pu faire car Diodoros te sous-estimait. Sache que ce n’est pas mon cas. Mais même si ma victoire est certaine, je te voue une profonde considération je te l’assure. _ Peu importe que tu puisses contrer mes techniques ou non ! Mon but est de détruire cette épée. Moi aussi je t’ai observé et sans ton arme tu n’es rien ! _ Je te mets au défi d’essayer ! » L’épée découpait le vent et s’agitait dans la direction du chevalier d’Athéna sans que jamais il ne se fasse avoir. Pourtant, il lui était impossible de contre-attaquer tant la garde adverse était parfaite. L’endurance lui manquait alors qu’Antiochos paraissait en pleine possession de ses moyens. Il remarqua qu’Apodis peinait à maintenir sa vive allure : « L’oisillon que tu es est sorti trop tôt de son nid. Je vais lui transpercer les ailes avec mes Aiguilles Enflammées ! Ignited Needles ! » Des centaines d’aiguilles enflammées jaillirent de son épée, pour transpercer de part en part le chevalier. Impuissant, Apodis sentit d’innombrables piqures dévorer sa chair, passant même à travers son armure. Il retomba non loin de Marine.
Derrière Antiochos, Circinus rassemblait ses dernières forces pour les sauver tous les deux. Antiochos fit mine de ne pas le percevoir. Il leva son épée au ciel et invoqua sa toute puissance : « Fire Sword ! » Alors qu’il abaissait l’épée dans la direction d’Apodis et de Marine, il pivota en arrière et la pointa finalement sur Circinus qui fut pris par surprise. Une boule de flamme vint emporter Circinus. Au milieu du foyer, un semblant de lamelles tranchantes entama sa peau pour laisser le feu s’y engouffrer. Antiochos dirigeait sa sphère de feu, semblable à un soleil, grâce à la pointe de son épée. Il leva son soleil vers le ciel. A cet instant, au beau milieu de la nuit, le champ de bataille fut illuminé comme si l’assaut se déroulait de jour. Enfin, Antiochos ferma les yeux et la boule de feu explosa, laissant retomber Circinus, le corps calciné et sectionné de toute part, à des lieues d’ici. Marine et Apodis, épuisés, furent incapables de faire le moindre mouvement. Le Saint d’argent de l’Aigle venait de lutter elle aussi au Nord et n’était donc pas en pleine possession de ses moyens. _ « Voici donc deux oiseaux ne pouvant prendre leur envol après avoir eu les ailes consumées, commençait à savourer Antiochos… » Quand, inopinément, le cor du Sanctuaire l’interrompit.
A l’Ouest, la victoire d’Orphée et des Athéniens était totale. Les troupes remontaient jusqu’à Antiochos et le peu d’hommes qu’il lui restait. La tendance changea, les soldats d’Arès étaient enfin encerclés et en infériorité numérique. Pour la première fois, Antiochos semblait troublé. Il était pressé d’en finir : « J’ai l’impression qu’il faut que ce soit moi qui me débarrasse de votre lieutenant. Le Saint de la Lyre aura été déterminant dans cette bataille. Il n’y a rien à voir avec vos faibles cosmos. Je vais vous écraser avant de me défaire de lui ! »
Apodis se dressa devant Marine pour agir tel un bouclier humain et protéger sa supérieure. Son initiative ne fut pas nécessaire puisque déjà Orphée avait choisi de les rallier sur le flanc droit avant même qu’Antiochos n’exécute le moindre mouvement. _ « Pourquoi ne pas entamer tout de suite notre combat Berserker ? _ Voilà une proposition qui me convient, fut ravi Antiochos. Je vais trancher les cordes de ta lyre avec mon épée de feu. » Il se retourna brusquement pour menacer Orphée de sa lame, mais le Saint d’argent s’était déjà volatilisé. Antiochos tournait anxieusement la tête pour trouver où était passé le lieutenant. Il le découvrit trop tard puisque Orphée arriva par les airs et frappa du poing la clavicule gauche d’Antiochos. L’onde de choc produite fut si grande qu’elle s’élargit sur le long du bras gauche d’Antiochos. La Nightmare protégeant cette zone éclata. Ses veines se gonflèrent de sang et finirent par exploser. Les tendons et les nerfs lâchèrent. Son bras pendit le long de son corps. Orphée s’apprêtait déjà à donner le coup de grâce : « Stringer Fine ! » En jouant quelques notes, les cordes de sa lyre se jetèrent sur Antiochos pour le faire prisonnier. Toutefois, avec son seul bras droit, le blondinet brandit son épée et la fit tournoyer devant lui pour laisser les cordes s’enrouler autour de sa lame. Une fois que cela fut fait, il tira son épée au ciel, ses yeux s’enflammèrent : « Ne crois pas avoir gagné si vite. Maintenant tu es à ma merci : Fire Sword ! » L’incandescence de la lame enflamma les cordes. Le feu remonta jusqu’à la lyre d’Orphée pour le frapper. Les flammèches, une fois arrivées à sa hauteur, devinrent un énorme brasier qui forma un soleil qu’Antiochos leva à nouveau pour le faire imploser dans le ciel. Orphée retomba, à demi conscient, devant Marin et Apodis. Sa lyre, démunie de cordes, réduites en cendres, chuta au beau milieu d’un attroupement qui mêlait soldats athéniens et arèsiens.
En regardant autour de lui, Apodis voyait que les zones de combats diminuaient. Alors qu’au commencement de la bataille, les deux camps occupés des hectares entiers, maintenant ils ne couvraient que quelques mètres ici et là. Les zones abandonnées étaient devenues des charniers, desquels ressortaient quelques rescapés qui venaient réintégrer le combat pour y mourir. D’autres, allongés, gémissaient, ils avaient les membres sectionnés, les os brisés ou encore les corps bloqués sous les décombres. Dans ces zones semblables à des nécropoles, on ne distinguait même plus qui appartenait à quel camp. Tous les soldats étaient égaux face à la mort…
Une mort à laquelle Orphée ne voulut pas se soumettre. Il se redressa uniquement pour couvrir Marin et Apodis, face au Berserker qui n’avait plus qu’à lui trancher la tête pour crier victoire. Antiochos prit une impulsion avec son seul bras droit et destinait le crâne d’Orphée comme point de chute de sa terrible épée. Trop épuisé pour réagir, Orphée ne vit pas qu’avec un tel emportement Antiochos avait abandonné sa garde. Apodis puisa dans ses dernières forces et se manifesta devant le Saint d’argent. Antiochos invoqua son arcane : « Fire Swo… » Complètement démuni, Antiochos ne put que ressentir l’ambleur des dégâts. Apodis le cognait en plein thorax avec son Battement d’Ailes Majestueux : « Wing Jikan No Yoyû ! » L’élan d’Antiochos, fit abattre lourdement son épée contre la colonne vertébrale d’Apodis, entamant légèrement son armure. Antiochos, lui, fut soulevé une fois de plus du sol. Mais cette fois-ci sa Nightmare fut complètement brisée au niveau de la zone ventrale, arrachant même ses vêtements.
Epuisé, Orphée observa le corps d’Antiochos retomber à hauteur de la brèche faite dans les murailles du Sanctuaire, là où attendait le cheval ébène du Berserker. Orphée balbutia en se relevant : « Le Berserker… Il ne doit pas s’enfuir… » En boitant, il traversa le dernier attroupement, où la bataille commençait à prendre des allures de victoire pour l’armée athénienne. Il ramassa sa lyre au passage en esquivant les haches. Les épées. Les flèches. En fracassant ses adversaires en brisant du revers de la main leur nuque. En délogeant leur c½ur par la force de ses poings… Apodis releva Marine et suivit son lieutenant en l’imitant face à l’ennemi. Lorsqu’ils sortirent de la foule, ils observèrent Antiochos, le ventre profondément écorché par le vent violent d’Apodis, le bras gauche ensanglanté et le visage épuisé. Malgré tout, Antiochos voulait se relever en prenant appui avec sa main droite sur la selle de sa monture. Il se parlait à lui-même : « Ma famille… Cette terre était la leur… Ils ont été massacrés par la folie des hommes car Athéna n’a pas su atténuer leurs bêtises. Maître Arès doit gagner cette bataille pour faire couler le sang impur de ces hommes abjects et recréer un monde nouveau… Je… Je dois me relever… Pour ma famille… »
En titubant, Apodis approchait le cheval qui s’agitait et s’inquiétait pour son maître. Le Saint de l’Oiseau de Paradis lui caressa la tête et le fixait dans les yeux pour lui communiquer toute sa compassion. Il ne restait plus qu’une corde qui pendouillait sur la lyre d’Orphée. En la caressant de sa main avec son cosmos bienfaisant, le chevalier d’argent la fit s’agrandir pour qu’enfin sa lyre en soit totalement recouverte. L’instrument était comme neuf. Antiochos était enfin debout, se tenant sur une jambe. Son genou droit avait dû se briser en retombant au sol après l’arcane d’Apodis. Il avait la bouche tellement ensanglantée que les dents de ce beau blond n’étaient plus visibles, ni même son regard de braise tellement il peinait à ouvrir les yeux. Antiochos lâcha la selle de son cheval. Apodis s’en saisit pour reculer l’animal du lieu où son maître allait tenter le tout pour le tout. Antiochos pleurait adressa à son fidèle destrier qui rechignait à suivre le Saint d’Athéna : « Allons Sinir, toi, moi fidèle compagnon, calme-toi. Remercie plutôt ce glorieux chevalier de bien vouloir veiller sur toi. Je n’ai jamais autant douté de moi tu sais, c’est pour cette raison que je te prie de bien vouloir rentrer auprès de notre maître Arès si jamais je devais périr dans ce combat… » Soudain, il toussa du sang, il commença à vaciller… Juste avant de tomber il se reprit : « Lieutenant Orphée de la Lyre ! Il n’y a pas que mon épée qui soit brûlante ! L’espoir qui fait battre mon c½ur peut être encore plus chaud que n’importe quelle source lumineuse sur cette terre. » Le corps d’Antiochos devint étincelant. De petites flammèches commencèrent à surgir de son corps. Il était volontairement entré dans un état de combustion. On le vit serrer fort la mâchoire pour ne pas laisser s’échapper la douleur. Son cosmos accroissait de façon démesurée. _ « Puisque nous sommes condamnés à la défaite, alors je vais devenir moi-même un soleil pour brûler ce qu’il reste de ce champ de bataille et faire subir au Sanctuaire les plus lourdes pertes humaines qu’il a connu… » Les flammes qui jaillissaient de son corps se mêlèrent aux effluves de son cosmos pour former un astre : « Human Torch ! » Dès lors, l’énergie produite par sa sphère de feu agit comme un aimant et commença à attirer vers lui les objets les plus légers. Suivirent quelques cadavres alentours. Apodis, Marin et Orphée durent se faire lourds sur leurs appuis pour ne pas être embarqués. Orphée prit donc les devants : « Berserker, ta cause est noble mais contraire à la nôtre. Tu souhaites imposer ta paix et ramener les hommes à la raison, en brisant ce qu’Athéna a protégé depuis des millénaires, des vies. Aujourd’hui tes hommes s’écroulent tandis que les nôtres se relèvent. La victoire est acquise en notre faveur. Je n’ai pas l’intention de te laisser détruire tout cela. Je sens que ton corps et ton c½ur souffrent. Je vais donc les apaiser en jouant de ma lyre. Tu vas sombrer dans un profond sommeil. Les notes que je te destine vont soulager ton esprit et ainsi ralentir les battements de ton c½ur à tel point qu’elles annihileront totalement tes flammes. » Antiochos voyait ses membres se désintégrer sous la chaleur de son attaque. D’abord ses mains et ses jambes. Son esprit n’allait plus faire qu’un avec cette technique. Orphée devait faire vite. Une douce sérénade retentit donc dans les airs. Elle parut comme un doux appel au calme. Néanmoins, pour Antiochos, elle représenta une réelle contrainte puisqu’elle amoindrit l’étendue de sa lumière. Son soleil commença à se réduire en un vulgaire feu de bois, alors que son corps refroidit. Peu à peu, la boule de feu laissa apparaître un homme brûlé au troisième degré. Lévitant par l’émanation de son énergie, Antiochos regagnait doucement le sol. N’ayant plus ni bras ni jambes, déjà calcinées, l’amenuisement de son cosmos le fit reposer étendu à terre. Incapable de la moindre réaction. Tout le derme était lésé. Il n’avait plus de cheveux. Sur son visage on ne pouvait plus distinguer ses yeux, de sa bouche, de son nez ou de ses oreilles. Sa peau était noire, carbonisée. Ses expirations s’apparentèrent davantage à des gémissements de la douleur. Sa tentative a coupé court au moment le plus technique. Le plus pointilleux. Là où il devait se débarrasser de son corps de chair afin que son cosmos ne fasse qu’un avec la sphère de flammes. Orphée n’interrompit pas sa sérénade pour autant. Bienveillant, il espérait abréger au plus vite de telles souffrances. Il murmura graduellement : « Death Trip Serenade. » Dès lors, la douleur ne sembla plus préoccuper Antiochos. Des larmes coulèrent le long des joues d’Orphée tandis que Sinir, le cheval du Berserker, s’approcha de son maître agonisant. Sans même pouvoir regarder sa monture une dernière fois, Antiochos lui fit ses adieux : « Je compte sur toi Sinir pour transmettre mon message… merci pour toutes ses chevauchés que nous avons réalisé ensemble mon fidèle compagnon… » Orphée cessa de jouer : « C’est terminé, Antiochos Berserker d’Arès vient de rendre son dernier souffle. Mon requiem l’a accompagné dans la mort en l’aidant à faire abstraction de la douleur. » Sinir fit quelques cabrioles en hennissant, comme s’il rendait hommage à son cavalier.
Apodis aida Marin à se tenir droite et observa en sa compagnie l’étendue des dégâts. Il devait rester une bonne centaine d’Athéniens. Ils aidaient les blessés à tenir bon, ou terrassaient les derniers soldats d’Arès qui se traînaient au sol pour fuir. Orphée gagna une des tourelles jointes aux remparts qui tenait encore debout. Du haut de celle-ci, il prit une forte aspiration : « Soldats, Saints, mes frères ! Le soleil ne tardera pas à se lever d’une couleur rougeâtre une fois encore. Vous portez sur votre corps le sang de nos compagnons ainsi que celui de nos ennemis. Nous avons tenu le Sanctuaire tandis que nos Saints d’or affrontent Cronos ! Je ne sais comment vous remercier d’avoir tenu aussi longtemps, alors que la situation fut plus d’une fois critique. Athéna a béni vos vies. Soyez-en fier ! » Tous les hommes levèrent leurs bras en l’air en hurlant : « Gloire à Athéna ! »
Après cette rapide scène de liesse, comme tous les soldats, Apodis aida les blessés. Un à un, au bénéfice du lever du jour, les prêtres mandatés par le Pope ainsi que les villageois bénévoles vinrent rapatrier les estropiés dans leurs villages et soigner les multiples plaies qui couvraient leurs corps. Les ferrailleurs et les forgerons suivirent. Ils chargeaient leurs mules de casques, boucliers et pièces d’armure des soldats sur ordre d’Orphée. Rien ne devait être négligé et ces métaux, à nouveau travaillés, formeraient quelques semaines plus tard, les nouvelles armes de l’armée athénienne.
Apodis soulevait des centaines de cadavres pour les identifier. Les rescapés entassaient ceux des forces d’Arès au milieu d’un gigantesque brasier alimenté par leurs catapultes, béliers et autres armes en bois. Tandis que des charrettes transportaient les malheureux du camp d’Athéna, afin qu’ils soient identifiés auprès de leur famille pour ceux qui en avaient une. C’est avec joie qu’Apodis remarqua Klaus, le grand représentant des prêtres en personne, prodiguer des élixirs à Cliff et Pullo. Ces camarades avaient survécu. Le jeune chevalier se précipita vers eux et ôta le casque de sa Cloth pour converser en attendant qu’ils soient ramenés dans les temples. Ces prieurés, disséminés partout dans le domaine, peuvent servir au quotidien de dispensaires. En tant de guerre, ils deviennent de véritables hôpitaux. Enfin, quelqu’un vint soulever leurs brancards pour les conduire jusqu’au village en ruines de Paesco, aménagé pour l’occasion en un grand centre de soin sous des tonnelles dressées par des villageois comme cela devait être le cas dans les villages des frontières du Nord où la bataille s’était aussi achevée.
Au niveau des murailles, Apodis aperçut quelques soldats encercler Sinir. L’animal refusait de se laisser monter. Apodis ramassa son casque et atteignit la cohorte pour les sommer d’arrêter. Un autre soldat commençait à ramasser la triste dépouille d’Antiochos. Apodis comprit alors le comportement de Sinir : « Lâchez cet homme. Il est la cause du tourment de ce cheval. » Apodis caressa alors la crinière de Sinir et agrippa son harnais pour le faire avancer jusqu’à son maître. Enfin, il chargea le cadavre d’Antiochos sur Sinir et d’une tape sur sa croupe, le laissa partir au galop avant qu’il ne disparaisse dans un nuage brumeux. Apodis se plut à croire que Sinir avait retrouvé le chemin qui conduisait à l’Aréopage, temple d’Arès où le dieu aurait offert des funérailles dignes pour Antiochos. _ « Tu as un grand c½ur Saint de bronze, l’interpella Marin en fine observatrice. Quel est ton nom ? _ Je me nomme Apodis, fils de Fronti… » Apodis reprit la fin de sa phrase en fixant ses jambes comme au garde à vous : « Je suis Apodis, fils de Mujakis et Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis. » Elle tendit alors sa main vers lui et serra la sienne chaleureusement : « C’est avec un immense plaisir que moi, Marin de l’Aigle, j’ai combattu à tes côtés. » Marin soutenait Circinus sous le bras. Circinus félicita à son tour son nouvel allier : « Tu as été épatant jeune guerrier. Je suis convaincu que Pajaros est mort le sourire aux lèvres en sachant qu’un brave garçon comme toi allait prendre sa relève. »
Arrivée du village, la belle Eurydice courut jusqu’à Orphée et lui sauta dans les bras. Ce romantique spectacle réchauffa le c½ur de tous. Apodis s’approcha d’eux, d’un pas beaucoup plus décidé que lors de leur première rencontre. _ « Alors voici celui qui m’a sauvé de l’épée de flamme, le flatta Orphée. Tu as donc retrouvé l’inspiration suffisante pour déployer tes ailes, jeune poète. » Apodis sourit fièrement et, sans se retourner, perçut la présence de Netsuai : « Vous ne me prendrez pas par surprise cette fois jolie demoiselle au ruban de soie. » Malgré ses nombreux hématomes au visage, Apodis se tourna pour lui offrir un charmant sourire. Il tendit son poignet gauche et défit sa Cloth pour montrer à la jeune s½ur d’Eurydice le tissu qu’elle lui avait enroulé avant la bataille. Les regards des deux jeunes enfants s’entremêlèrent et dégagèrent un sentiment mêlant affection et remerciement. Orphée se défit de l’étreinte d’Eurydice avec tendresse et annonça à Apodis : « Nous devons remonter auprès du Pope. Tous les Saints ayant participé à la bataille doivent s’agenouiller devant lui et lui rapporter les faits marquants. Tu dois me suivre et te présenter à lui comme étant son nouveau Saint de bronze ! » Flashback
Inopinément, un Hébéïen fait chuter du matériel et sort Apodis de ses songes : « Bateau en vue ! » Le Saint de bronze soupire, ses souvenirs sont ceux d’une époque désormais perdue…
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« le: 1er Avril 2012 à 17h56 »
Et bien bon anniversaire, en retard, à : ... Kodeni Soit tu es sacrément en retard soit tu es en avance.
160
« le: 24 Mars 2012 à 17h05 »
Désolé pour le retard. Joyeux anniversaire Nao.
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« le: 19 Mars 2012 à 10h48 »
Mais ça c'est la condition sine qua non pour s'inscrire ici de toute façon  Ah bah je me disais aussi. Bienvenue Kgeg.
162
« le: 12 Mars 2012 à 17h27 »
Ouai j'ai l'impression qu'ils vont vouloir moderniser la série en alliant la technologie et la mythologie... Dès qu'on me parle de ça, je pense aux Steel Saints.
163
« le: 12 Mars 2012 à 9h06 »
Pendant ce temps, une sonde vers Mars a été envoyée secrètement pour préparer le retour de Mars. Fallait bien que ça coince quelque part cette histoire. Le côté "autres planètes" toussa ça me déplait au plus haut point.
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« le: 6 Mars 2012 à 14h05 »
(d'ailleurs ce que je viens de dire ça vient pas de moi, c'est un peu un condensé de ce qu'il se dit)
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« le: 1er Mars 2012 à 17h35 »
Chers Noisiens,
Il est temps de sortir les lingettes à microfibres ou autres chiffons antistatiques afin de dépoussiérer vos bonnes vieilles SNES !!! Vous la croyez morte ? et bien tenez-vous bien ! un jeu est en cours de développement et sortirait en 2013... allez voir ça :
http://www.nightmarebusters.com/ Ah !!! Super initiative. Je savais qu'il fallait que je garde une SNES.
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