Messages - Kodeni

Pages: 1 ... 4 5 [6] 7 8 ... 30
76
シナラムから日本へ / Re: Topic unique Saint Seiya
« on: 16 December 2019 à 18h42 »
Aucun rapport mais y'a des gens ici qui jouent au jeu mobile de saint Seiya ? Juste pour savoir si ça vaut le coup parce qu'il y a les musiques de Yokoyama dedans...
Bah, j'ai voulu tester hier justement.
Grosse déception : le jeu lag énormément malgré le fait que j'ai choisi la résolution la plus basse. Résultat, beaucoup de perte lors des quelques animations qui ont l'air au passage sympas. J'aurai pu tester plus longtemps, mais impossible de me connecter avec mon compte Facebook et le jeu coupe tout seul trois fois en 15 minutes. Donc désinstallé dans la foulée. Dommage.

Donc, question, existe-t-il un lien qui regroupe toutes les animations ?

77
Only for Love / Re: Chapitre 55 - Retourner la situation
« on: 11 December 2019 à 14h52 »
Bonjour Hyaplo,
Merci beaucoup.
Je te rassure, la publication devrait reprendre sous peu.
Merci de ton soutien et à bientôt j’espère.

78
Only for Love / Re: Chapitre 55 - Retourner la situation
« on: 12 February 2018 à 13h33 »
Bonjour Lilie.
Merci pour ce retour.
J'ai en effet pas mal de chapitres d'avance, donc ne t'en fais pas, tu verras un jour de nouveaux chapitres arriver.
Néanmoins je suis pas mal pris par ma vie privée d'où le manque de temps pour garder un rythme de parution élevée.

79
Only for Love / Chapitre 55 - Retourner la situation
« on: 11 June 2016 à 17h03 »
Après les échecs de plusieurs Saints d’argent, Saga attendait une réplique venant du Japon afin de se débarrasser de Seiya et de ses amis.
Il préférait profiter de cette interruption momentanée dans la lutte directe contre Athéna pour l’affaiblir.
Partout dans le monde, le Grand Pope avait fait envoyer des assassins dans le but, soit de rallier les derniers dissidents à sa cause, soit de les éliminer.
Pendant ce temps, nous achevions de traverser la Mer Egée…



Chapitre 55 - Retourner la situation

En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

2 novembre 1986.
Historiquement grecque, l’île de Ténédos est sous la souveraineté de la Turquie depuis le traité de Lausanne en 1923.
L’île compte de nos jours approximativement deux mille cinq cent habitants désormais majoritairement turcs.
Néanmoins, une petite communauté grecque y vit et tente de faire subsister les légendes d’antan comme celle voulant qu’un culte de la Déesse du Feu Sacré et du Foyer fût dressé ici.

Embarqués sur un navire de marchandises, après avoir passés sous les eaux la barrière maritime dressée par le Sanctuaire tout autour de Yíaros, Apodis, Marine, Philémon et Baucis arrivent à bon port.

Au sein d’une communauté où il n'est pas rare de croiser des femmes portant le voile, Marine et Baucis passent inaperçues après avoir enrubannées leurs visages masqués de femmes chevaliers.

Affublés de leurs Pandora Box sur le dos, Philémon suggère à ses amis : « Avant de nous faire repérer, nous ferions mieux de chercher un guide pour nous trouver rapidement le temple où est prisonnier le Jonc. »
Baucis s’engage dans un bar pour donner raison à son amant : « Oui. Il ne nous manque plus qu’à trouver un grec qui accepte de nous y conduire. »


A l’intérieur du bistrot, tout ce qu’il y a de plus contemporain, seuls des hommes profitent des boissons proposées sur la carte.
Dans un nuage de fumée soulevé par le tabac qu’ils inhalent tous, les autochtones s’étonnent de découvrir la présence d’une femme qui, malgré la toge qu’elle porte par-dessus ses vêtements pour dissimuler son identité, ne peut camoufler ses formes particulièrement avantageuses. Son opulente et ferme poitrine ainsi que son fessier rebondi ne passent pas inaperçus.
Apodis, Marine et Philémon la précédent. Les accompagnateurs sont vus d’un mauvais ½il par les clients, qui ne baissent pas les yeux devant les étrangers.
Préférant ignorer tout ceci, Apodis s’adosse au comptoir et demande au propriétaire : « S’il vous plaît. Nous sommes grecs et nous souhaitons visiter l’île. »
Un habitué répond pour le propriétaire : « Ici on paie d’abord une tournée quand on est étranger. »
Moins courtois qu’Apodis, le petit Philémon écarte du bras le malotru qui lui cache la vue du propriétaire : « Nous n’avons pas le temps pour ces petits jeux. »
Vexé, le client envoie son poing en direction de Philémon : « Petits jeux ! Tu vas voir si on rigole ici sale… »
Le provocateur n’a pas le temps de finir sa phrase que Philémon se saisit de son poing dans la paume de sa main. Il le sert si fort que le mal élevé courbe l’échine sous la douleur : « Tiens-toi tranquille sinon je te brise la main. »
Impatiente, Baucis tape du poing sur le zinc : « Où peut-on trouver un guide ici ?! »
Sur leurs gardes, Marine et Apodis voient se lever tout autour d’eux les compatriotes du rustre. Sans être effrayé, Apodis ne décolère pas envers Philémon : « Ce n'est pas croyable ! Tu as le don pour nous mettre dans de ces situations ! »
Philémon est amusé : « Quoi ?! Ce n’est pas moi qui l’ai cherché ! »
Le craquement des os rompus du poignet de son assaillant ouvre les hostilités.
Philémon se jette avec des yeux d’enfants et un sourire gredin : « Laissez-les moi les amis ! »

Ses trois amis font la moue devant le comportement enfantin du Saint de bronze du Lièvre, qui ressemble à un enfant se chamaillant avec d’autres dans la cour de récréation.

Une fois son divertissement achevé, Philémon revient vers le patron du bar en se frottant les mains : « Bon ! Ce guide ! »
Tremblant, le tenancier pointe du doigt le seul homme à ne pas avoir quitté sa chaise et qui continue de boire son café comme si de rien n’était : « L… Lui… Lui est grec, il connaît l’île comme personne ! »
L’homme montré du doigt accroît davantage l’impatience des visiteurs. Il termine paisiblement son café avant d’enfin se présenter à ses semblables : « Bonjour. En effet, je connais l’île mieux que quiconque. J’y suis né. Et si je me souviens bien des contes de mon grand-père, ce que vous portez sur votre dos derrière ces vieux draps se sont des Pandora Box n’est-ce pas ? »


En Finlande, au Lac Holtz :

Dans un lieu reculé de la Finlande, abandonné de toute civilisation en raison des légendes terrifiantes qui entourent cette immense surface aquatique, le Lac Holtz reçoit la visite d’un messager du Sanctuaire.

Positionnée au beau milieu de l’eau, élevée sur pilotis, une cabane abrite l’homme, habillé d’une tunique ocre, bardée d’épaulettes de cuir. Il est accroupit devant le destinataire du courrier qu’il apporte.
Celui-ci, laisse tomber la lettre frappée du sceau du domaine sacré sur le sol. Tout de noir vêtu sous sa Cloth bleu, l’homme au visage renfrogné et aux cheveux châtains se cramponne sur la barrière qui entoure la cabane.
Le soldat lui demande : « Seigneur Finrando Saint de bronze du Poisson Volant, que dois-je apporter comme réponse au Sanctuaire ? »
Les yeux noirs de Finrando assombrissent davantage son visage : « Rapporte au Sanctuaire que j’exécuterai mon élève Ichi Saint de bronze de l’Hydre pour haute trahison sans la moindre hésitation. »
Le messager repart aussi vite qu’il est arrivé en bondissant jusqu’à la berge.

Seul, le maître d’Ichi observe la silhouette de son disciple remonter vers la surface de l’eau : « Ichi. Voici déjà plus d’un mois que tu es revenu ici. Malgré tes dispositions à devenir chevalier, m’obligeant à assurer ta formation, je n’ai jamais réussi à apprécier l’homme que tu es. Voici que j’apprends que tu t’es battu pour des intérêts personnels, à l’encontre du Sanctuaire. Je vais me faire un plaisir de te punir. »


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos : 

Sortis du village principal où est regroupée la quasi-totalité de la population, Apodis et ses amis s’enfoncent dans la forêt.
Leur accompagnateur mène le pas et leur apporte les réponses qu’ils attendent : « … et le mythe le plus répandu ici est celui de Ténès. C’est à lui qu’on doit le nom de l’île. Cependant, il ne reste de cette légende que l’histoire. Aucun objet, aucune ruine n’y a survécu. »
Marine - " Dans ce cas, où nous conduis-tu ? "
Le guide - " Vous vouliez savoir s’il existe un temple ancien. Il y en a bien un. Mais personne ne s’y rend. Peu de monde, peut d’ailleurs précisément le localiser. Il s’agit de ruines. On dit que ce culte voué à une déesse a été abandonné des hommes en raison de son absence sur Terre. Le temps et un éboulement ont eu raison de cet édifice. C’est la première fois que je m’y rends. On dit que personne n’en est revenu vivant. Ah ! Les deux grands chênes ! Ce doit être un peu plus bas sur notre droite. "
Apodis étudie les alentours : « Il est vrai que les arbres et les feuilles mortes ne portent aucune trace de passage, qu’elle soit humaine ou animal. Le lieu est peut-être véritablement dangereux. Tu ferais mieux de nous laisser ici. Nous finirons par trouver seuls. »
Le natif de Ténédos s’engaillardit : « Non ! Je suis en présence des légendaires Saints ! Je ne crains rien ! »
Sans le moindre égard, Marine brise cet enthousiasme : « Tu parles d’une déesse qui a quitté la Terre. Sais-tu son nom ? »
L’autochtone répond fièrement : « Oui. Elle demeure en permanence sur l’Olympe. Il s’agit de la Déesse du Feu Sacré et du Foyer il s’agit… »
« D’Hestia ! », murmure Baucis.

Instantanément, un souffle puissant balaie un parterre de feuille en contrebas d’une pente et libère une crevasse.

Surprise par la réaction provoquée par son intervention, Baucis déclare : « Je pense que nous n’avons pas besoin de chercher davantage. »
L’Alcide s’avance en compagnie de Philémon et Apodis tandis que Marine s’obstine auprès de leur accompagnateur : « J’insiste, mais je préfère pour votre sécurité que vous ne veniez pas ! »
Tout sourire, l’homme lève les bras au ciel : « Puisque je vous dis que je ne crains rien avec… »
Le malheureux n’a pas le temps de finir sa phrase qu’une gerbe de flamme jaillit de sa poitrine.
Baucis passe ses mains devant son masque : « Par Hébé ! »
Le feu se propage sur tout son corps depuis l’intérieur et le calcine sous l’½il impuissant de ses touristes.

Les quatre amis se regroupent et tournent sur eux même pour chercher l’origine d’un tel mal :
Apodis - " De quoi Hestia est la Déesse déjà ? "
Marine - " Du Feu Sacré et du Foyer. "
Philémon - " Le feu sacré c’est plutôt un sentiment noble et passionné, une ardeur, et non pas le feu au sens littéral du mot. "
Baucis - " Parmi les attributs d’Hestia, se trouve le feu. Je pense donc que ce lieu est protégé. "
Apodis pointe du doigt une immense créature enflammé qui débouche du haut d’une colline :
Apodis : «  Tu ne crois pas si bien dire ! »
Le comique du groupe, Philémon, lâche un cri de panique : « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? »
Marine détaille la forme particulière que dessine cette silhouette de flamme : « Cela ressemble à une araignée. Une immense araignée de feu. »
Pour amuser la galerie, Philémon se cache comme un enfant derrière Apodis : « Tu m’étonnes qu’elle est immense ! Elle doit bien faire trois mètres de haut ! »
Baucis ne les rassure pas en ajoutant : « Comme ses copines. »
Les Saints se retournent et voient depuis les airs voler une guêpe de feu suivi par un lombric qui laisse une terre calcinée là où il rampe.
Philémon grimace : « Et moi qui ai la phobie des insectes. »

Inopinément, d’entre ses mandibules flamboyantes, l’araignée balance l’équivalent d’une balle sur le groupe. L’équipe se disperse tout autour de l’entrée du temple.
La balle, une fois au sol, provoque une explosion.
Philémon s’essuie le front : « Merde ! C’est comme une grenade ! »
Sa petite amie le rappelle à la raison : « C’est pire que cela. Cette bombe de feu était chargée d’une cosmo énergie inquiétante. »
Pendant qu’elle étudie la situation, la bande se laisse cerner.
Apodis - " Je comprends maintenant pourquoi le guide disait que personne ne s’aventurait ici et surtout que personne n’en était revenu vivant. "
Marine - " Si on regarde bien l’anatomie de ces monstres de flammes, on remarque qu’un foyer les alimente en cosmo énergie au centre de leurs corps. "
Apodis - " J’imagine qu’il s’agit du noyau qui les alimente en cosmos. "
Leur réunion est interrompue, lorsque le lombrics se jette sur Philémon qui s’échappe d’une roulade en hurlant : « Maman ! »
Baucis s’élève pour frapper le ver à l’endroit stratégique indiqué par Marine, mais elle entend dans son dos le bourdonnement de l’hyménoptère géant. Grâce à une agilité parfaite, elle réussit à esquiver le dard brûlant aussi large qu’une poutre embrasé et aussi acéré qu’une lance.
Marine prend appui sur le sol pour la sortir de ce mauvais pas, mais Apodis la retient en arrière afin de lui éviter une nouvelle balle de feu de l'arachnide.
Philémon détale aussi vite que le lièvre symbole de sa constellation protectrice pour éviter l’acharnement du ver.
Le rampant arrive devant Marine et Apodis. L’Oiseau de Paradis choisit de concentrer sa cosmo énergie : « Je vais nous débarrasser de toi en premier ! Wing Jikan No Yoyu ! »
Il abat ses bras en direction de l’insecte pour le balayer avec le vent qu’il a invoqué.
Cependant, la guêpe s’interpose et d’un battement d’aile repousse le souffle d’Apodis.
Apodis, Philémon et Marine sont repoussés par un air brûlant.
Baucis profite que la guêpe et le ver soient déconcentrés par les Saints, pour les attaquer à revers. Seulement, elle est coupée dans la concentration de son cosmos par l’araignée qui la percute de plein fouet avec une de ses balles. L’explosion repousse Baucis dans les bras de ses alliés.

Apodis, premier debout, se met en tête du groupe : « Bon sang ! Ça va être plus compliqué que je ne le pensais. »
Philémon pose sa main sur l’épaule de son compatriote : « Ça suffit Apodis. Nous allons nous en charger. Toi, continue ton chemin à l’intérieur de ce passage souterrain. »
Baucis et Marine confirment l’initiative du Lièvre : « Nous ne savons pas encore combien de dangers nous attendent. Cela ne sert à rien que nous nous épuisions tous les quatre ici. Garde tes forces pour l’intérieur. »
Baucis - " Nous allons les retenir. "
Philémon fait un clin d’½il à son ami : « Je dirais même qu’on va se charger d’eux et qu’on te rejoindra à l’intérieur. »

L’araignée aide Apodis à se décider. Elle balance une nouvelle balle que Marine fait exploser à distance : « Ryu Sei Ken ! »
Apodis grimace à l’idée d’abandonner les siens. Toutefois, il se concentre sur l’importance de sa mission : « Entendu. Je vous attends à l’intérieur du temple. Pour Athéna ! »
Marine et Philémon répondent en ch½ur : « Pour Athéna ! »
Baucis, elle, hoche simplement la tête.

Le grec plonge alors la tête la première dans l’entrée du tunnel.


En Finlande, au Lac Holtz :

Les mouvements provoqués sur la surface de l’eau, habituellement calme, remémorent au lac les six dernières années.
En effet, depuis bien longtemps, le Lac Holtz était resté habitué à une grande quiétude dont le propriétaire de la cabane surélevée était témoin.
Finrando Saint de bronze du Poisson Volant n’avait pas eu de disciple depuis bientôt dix ans avant l’arrivée d’Ichi.
Un jour, ce petit garçon est entré dans sa vie. Et le voici obligé aujourd’hui de l’en sortir.
Le finlandais, assis les bras sur la table, grimace en regardant la Pandora Box de son disciple. Il n’a pas bougé d’ici depuis le départ du messager et sent l’approche de son élève.

Depuis la surface, l’apparence ondulée d’un corps humain remonte peu à peu.
D’abord, c’est la crête blanche qui coiffe le crâne d’Ichi qui sort en premier de l’eau. Puis, son visage souriant. En nageant sur place, il se félicite : « J’ai donc réussi. Mes mouvements sous l’eau sont de plus en plus rapides. J’imagine qu’à l’air libre mes attaques devraient bénéficier d’un impact et d’une vitesse plus importants. J’irai m’exercer après le repas dans la forêt pour vérifier ça. »
En quelques mouvements de bras, il regagne la demeure de son maître.

Sur la terrasse, il ramasse la serviette qu’il avait laissée auparavant. Il essuie son visage et son torse nu. Celui-ci présente de nombreuses cicatrices témoins de son difficile apprentissage pour devenir chevalier. Athlétique, son buste se gonfle de bonheur au moment d’entrer dans la cabane où il a vécu pendant six avec son professeur.
A l’intérieur, il remarque son mentor qui le fustige du regard.
Ichi regarde son pantalon mauve et ses chaussures de ville goutter sur le sol. Il passe sa main derrière sa tête en signe de confusion : « Pardonnez-moi maître. Je nettoierai ça une fois que je me serai changé. »
Le regard noir de Finrando ne décolère pas pour autant. Le japonais cesse de faire le pitre et réalise qu’un malaise plus profond s’installe : « Seigneur Finrando, qu’y a t il ? »
Finrando - " Te rappelles-tu des histoires que je t’ai enseigné ? Du Sanctuaire plus particulièrement ? "
Ichi - " Oui. Bien sûr, le Sanctuaire, berceau de la chevalerie. "
Finrando - " Le Sanctuaire vient de me faire parvenir un courrier, dans lequel il m’expose qu’au Japon des Saints se sont battus pour leurs propres intérêts. "
Ichi comprend la colère de son maître : « Oui. Je sais. Je m’en excuse. Je… »
Finrando - " Ce n’est pas tout. Vous vous êtes battus pour le compte d’une jeune fille, qui a révélé l’existence des chevaliers au monde entier et qui aujourd’hui se fait passer pour Athéna. "
Ichi - " Pour Athéna ?! Il n’en a jamais été question lorsque je suis parti du Japon. "
Finrando - " Toujours est-il que des assassins ont été envoyés au Japon pour l’éliminer elle, ainsi que ceux qui la protègent. "
Ichi se précipite vers sa Pandora Box : « Comment ?! Alors Phénix n’agissait pas pour son propre compte. Je dois absolument aller aider Seiya et les autres. »
Le Poisson Volant apparaît devant lui et le repousse en intensifiant son cosmos : « Pas la peine d’aller jusqu’au Japon pour mourir. Les ordres sont clairs. Le Sanctuaire a choisi de t’éliminer. »
Ichi se relève, déterminé : « Vous ne comprenez pas. Certes nous nous sommes battus en toute insouciance en nos propres noms. Cependant le tournoi a été interrompu et nous avons été attaqués bien avant que le Sanctuaire nous considère comme des renégats. Cela cache quelque chose. »
Finrando - " Qu’importe. Vous avez désobéi aux lois. La volonté du Grand Pope est unanime. "
Ichi - " Maître. Je vous dois tout. Et malgré la façon dont vous m’avez traité, je rechigne à l’idée de vous affronter. "
Finrando affiche un visage méprisant à l’encontre de son élève : « Tant mieux, ma victoire n’en sera que plus rapide. »
Ichi - " Votre victoire ? Vous oubliez qu’aujourd’hui je suis moi aussi un Saint de bronze. Un chevalier de votre rang ! "
Finrando - " Qu’importe. Tu es un faible et tu as toujours été un faible. Tu le resteras toute ta vie. Même en étant Saint. Le courrier me rapporte, que tu as perdu pitoyablement pendant le tournoi au Japon. Cela ne m’étonne pas de toi. Je me suis pourtant donné beaucoup de mal pour t’enseigner ce que je sais. Seulement, tu n’as jamais su l’assimiler. "
Ichi reproche à son maître sa méchanceté : « Peut-être que si j’avais eu un mentor plus attentif à mes lacunes il m’aurait permis de corriger ça et de me rendre meilleur ? Depuis mon retour, bien que je vous ai dis vouloir progresser davantage, vous ne vous êtes pas soucié de moi. Je m’entraîne seul depuis plus d’un mois. »
Finrando - " Tu m’as déjà fait perdre suffisamment de temps pendant six ans. J’ai été fait chevalier ici, sur ma terre natale. Le Sanctuaire m’a demandé de veiller sur la seconde armure du Lac Holtz et de former celui qui en serait digne. Pendant vingt ans j’ai vu venir des apprentis des quatre coins du monde et tous étaient plus motivés et performant que toi. Cependant, aucun n’a survécu à l’épreuve du lac. Plonger dans les abysses pour affronter les créatures mythologiques qui veillent sur l’armure demandait trop d’effort. Seulement, toi, le plus mauvais de mes apprentis, le plus lâche, le plus faible, tu y es parvenu en plongeant contre mon gré pour réaliser l’épreuve. "
Ichi - " Si j’ai tenté l’épreuve c’est parce que je ne supportai plus vos brimades et vos mauvais traitements. J’espérai vraiment trouver la mort au fond de l’eau. Seulement, lorsque je suis arrivé jusque devant la Pandora Box de l’Hydre, j’ai réalisé qu’au final c’était à ma portée. Qu’en fin de compte je n’étais pas plus mauvais qu’un autre. J’ai alors enfin vu l’occasion de briller à vos yeux. Cette confiance soudaine m’a permis de surmonter le reste des épreuves. Je ne suis pas un lâche ni un faible ! "
Déjà revêtu de sa Cloth, Finrando se met en position de combat : « Alors prouve-le ! »
Ichi essaie de se concentrer aussitôt pour appeler à lui son armure mais déjà son maître retourne la table pour arriver devant lui : « Tu es trop long à entrer en osmose avec ta Cloth ! »
Le Poisson Volant lui colle un violent coup de tête, qui lui brise le nez en l’envoie au tapis.

Le finlandais laisse son ancien apprenti sur le sol et ramasse l’urne de l’Hydre. Il la saisit par les lanières et la balance en direction du lac, arrachant par la même occasion le mur de la maisonnette.
Ichi, le visage ensanglanté, voit son armure plonger dans les abysses.
Démuni devant son maître protégé de la Cloth du Poisson Volant, Ichi l’observe attentivement : « Ses pieds jusqu’aux genoux sont protégés. De même que ses hanches, son buste et ses épaulettes. Il faut que je reste méfiant de ces fameuses épaulettes. Les ailes du Poisson Volant qui sont rattachées aux épaulettes et descendent jusqu’à ses cuisses sont aussi dangereuses que les griffes qui jaillissent de mon armure. »

Le japonais est sorti de ses songes lorsque son maître poursuit sa correction. Il le fait retomber sur le dos, après lui avoir décoché un coup de pied au visage.
Il espère lui éclater la cage thoracique du plat du pied, mais Ichi se dégage en roulant sur le sol. Bien vite, la cabane présente ses inconvénients. Le mouvement d’Ichi est stoppé par une cloison. « Dans un espace aussi confiné, je ne peux me dégager librement. », reconnaît-il.
Finrando revient à la charge mais cette fois-ci Ichi est plus prudent. Il esquive une droite et riposte d’un crochet du gauche dans l’abdomen non couvert de son professeur. Celui-ci réplique avec une seconde droite qu’Ichi est obligé de paré. Son bras nu, dépourvu de la moindre protection, est immédiatement brisé par le poing bardé de bronze de Finrando.
Nez et bras gauche cassé, Ichi recule pour chercher une solution. Toutefois, en à peine trois pas il est acculé contre un nouveau mur. « Je ne peux me déplacer de toute ma vitesse ici. Et même si je brise les murs, je suis entouré par l’eau. Il me suffirait de bénéficier d’un mode de défense. », conclut-il.

Ses pensées sont de nouveaux troublées par le Poisson Volant. Les deux ailes reliées à ses épaulettes battent dans l’air subitement : « Tu n’as pas oublié cette technique que je t’ai enseigné. Le Melow Poison que tu diffuses par les griffes de ta Cloth, moi je le répands par l’air qu’abattent mes ailes. Dans une pièce si petite, tu vas rapidement être intoxiqué. »
Ichi se passe le bras droit devant le nez, ce qui amuse profondément son professeur : " Ha, ha, ha… Allons, tu sais très bien que le poison pénètre directement ta peau. Il ne suffit pas de l’inhaler pour en mourir. Succombe dorénavant au… Melow Poison ! "
Les mouvements des ailes deviennent plus violent, plaquant Ichi contre le mur. Sa chair est lacérée par les courants d’air et permet au poison de pénétrer plus rapidement dans ses entrailles. Ses petits yeux ébène se ferment et son visage grimace pour témoigner sa douleur…


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

Profond de plusieurs centaines de mètres, le gouffre dans lequel s’est jeté Apodis prend fin.
Plongé dans l’obscurité tout le long de sa chute abyssale, le Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis découvre par une étrange lueur qui provient de l’intérieur. Les vestiges du temple d’Hestia. Des colonnes doriques maintiennent la croûte terrestre, qui forme désormais le plafond. Devant, sur le parvis, gisent les bases de quelques statues arrachées.

En pénétrant à l’intérieur, Apodis est stupéfait de voir que la lumière qu’il apercevait depuis devant provient des torches accrochées contre les murs : « Elles brûlent toujours. Je sens la même cosmo énergie que celle des animaux de dehors. J’imagine qu’il s’agit de l’empreinte du cosmos d’Hestia qui les a maintenues allumées. »
Le vacillement des flambeaux offre à Apodis la vue d’un temple ravagé. Hormis les pierres qui soutiennent l’édifice, il ne reste rien : « Voici donc ce qu’il reste du temple d’une déesse qui a préféré l’Olympe à la Terre. »

Brusquement, son attention est frappée par l’appel du cosmos oppressant ces lieux. Il provient d’une statue. La seule encore debout, au fond du temple. Elle représente la déesse Hestia droite, debout, sévèrement vêtue.
Plus précisément, le cosmos provient du sceau qui retient un objet sur le banc de pierre au pied de la statue.
De là où il se trouve, Apodis reconnaît un bracelet, semblable à celui que Marine a confié à Hébé : « Le second Jonc d’Athéna ! Il est là. Je n’arrive pas à croire que c’est le cosmos qui administre ses pouvoirs au sceau qui régit tout le secteur. Je vais devoir l’en débarrasser. », choisit le chevalier.

Il projette un coup à distance en espérant que l’onde de choc soit suffisante pour défaire l’empreinte. Cependant, son coup s’essouffle à mesure qu’il parcourt la pièce : « Comment est-ce possible ? »
En guise de réponse, de derrière la statue d’Hestia, sort un homme vêtu d’une armure inconnue d’Apodis :
Apodis - " Qui es-tu ? Qu’est-ce que tu veux ? "
L’homme, un Ange, habillé d’une Glorie semblable à celle d’Odysseus et Theseus qu’affronteront Seiya et les siens dans quelques mois, ne daigne pas répondre.
Il attaque si vite qu’Apodis n’a même pas le temps de voir les traits de son visage.
Sa course s’arrête devant Apodis, contre lequel il pose simplement et délicatement l’index de sa main droite contre son épaulette gauche. Une détonation en découle. Apodis est repoussé en arrière, l’épaulette fissurée et le bras ensanglanté.

En se redressant, le grec peut enfin observer son adversaire. Ses cheveux verts descendent sur ses épaules et devant ses sourcils. Sa fine bouche n’esquisse pas la moindre réaction et son regard est inexpressif. Son visage est lisse, ses traits fins.
Apodis se relève et répond à son tour. Il écarte les bras et concentre sa cosmo énergie : « Wing Jikan No Yoyu ! »
Le Battement d’Ailes Majestueux soulève les gravats et la poussière du temple à mesure que le souffle approche l’Ange.
Pourtant, sans exprimer une fois de plus le moindre sentiment, il tend le bras devant lui comme pour couper le vent. Celui-ci se scinde en deux et fait demi-tour dans son dos pour revenir vers Apodis.

Pour ne pas encaisser sa propre attaque, Apodis saute dans les airs.
Il est suivi par l’Ange qui surgit devant lui. Sans pouvoir se mouvoir à sa guise, Apodis ne peut empêcher l’index de l’Ange de se poser contre son thorax cette fois-ci.
Une nouvelle détonation projette Apodis contre la roche qui fait office de plafond et lui fend la protection au niveau de la poitrine.
Il retombe violemment au sol, le torse ensanglanté.

En Finlande, au Lac Holtz : 

A l’intérieur de la petite maison sur pilotis, Ichi est encastré contre le mur.
Sous les effets du Melow Poison, Finrando pense lui avoir fait perdre connaissance. Il s’avance vers l’Hydre pour l’achever.
Lorsqu’il lève le bras en l’air pour prendre son élan, Ichi profite que son professeur baisse sa garde pour s’extraire du bois. Avec son poing droit, il le cogne sur le sommet du crâne suffisamment fort pour le distraire quelques secondes.
Le japonais enchaîne en écorchant les biceps, l’abdomen et l’intérieur des cuisses du chevalier chaque fois là où il n’est pas protégé.

Finrando recule de quelques pas en observant ses plaies : « Comment peux-tu encore bouger ainsi, alors que le poison devrait déjà avoir détruit ton système nerveux ? »
Ichi - " J’ai peut-être été pour vous un mauvais élève, mais j’ai été selon moi un élève attentif. Vous m’avez enseigné que pour que les effets d’un poison soient inutiles, il faut soi-même bénéficier d’un poison plus nocif. "
Finrando - " Je ne comprends pas. Le poison de l’Hydre ainsi que celui du Poisson Volant réside dans leurs armures. Comment peux-tu en bénéficier sans ta Cloth ? "
Ichi - " Simplement en me l’étant inoculé. Après ma défaite au Japon, j’ai réalisé qu’il était inutile de posséder une armure dotée d’un puissant poison si celle-ci est détruite. J’ai alors choisi de faire de mon corps une seconde armure. A la fois défensive et offensive, puisqu’en le manipulant, j’ai su rendre mon poison plus puissant que le votre,. "
Finrando - " Offensive ?! Que veux-tu dire ? "
Ichi - " En vous frappant sur chaque partie non protégée de votre corps, j’ai libéré ce poison. Le Melow Poison n’est plus simplement dans mes griffes, il est également dans mes coups. J’ai retenu les leçons de mon échec au Japon. J’ai affronté un chevalier à l’armure renforcée par les glaces éternelles et au corps capable de reproduire ce même froid. Vous le sauriez si vous vous étiez soucié un peu de ma présence ici depuis un mois. J’ai passé toutes mes journées à m’entraîner. "

Finrando commence à être tétanisé. Ses membres se raidissent et de tous ses orifices s’écoulent du sang. En crachant de l’hémoglobine, Finrando cherche à blesser davantage l’esprit de son disciple : « Tu es revenu ici dans le but de t’améliorer en défendant cette fausse Athéna. Mais sache que tu n’atteindras jamais le niveau nécessaire. Des Saints d’argent ont été envoyés au Japon. Tu resteras toujours le faible orphelin que tu étais en arrivant ici. »
Ichi passe aux côtés de son maître sans poser les yeux sur lui : « Un faible qui a suffisamment progressé pour vous vaincre. »
Finrando succombe après avoir entendu ces paroles. Son corps s’écroule lourdement contre le sol, passant à travers le plancher et sombrant au fond du lac.

Seul, accoudé sur la rambarde de la terrasse, Ichi pleure : « Il avait beau être cruel, il avait pourtant raison sur un point. Si le Sanctuaire envoie des assassins de plus en plus puissant contre Seiya et les autres, le fossé que je suis venu rattraper va continuer de se creuser. Quoi qu’il en soit, je vais continuer à m’entraîner et je reviendrai auprès de Saori plus utile que je ne le suis aujourd’hui. Et si elle prétend être réellement Athéna, alors je pousserai davantage à l’extrême mon entraînement pour la rejoindre encore plus fort. Le fait de n’avoir pu appeler à moi mon armure sans avoir besoin d’une extrême concentration est la preuve qu’il me reste encore une marge à réduire. Adieu maître. »
Le Saint de l’Hydre replonge aussitôt dans le Lac Holtz pour poursuivre sa quête.


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

Dans la forêt, Marine, Baucis et Philémon sont de plus en plus dérangés par les monstres de feu. Les tentatives des animaux provoquent d’importants dégâts. Un incendie se propage peu à peu tout autour du trio.


Face au ver, Philémon esquive les charges. Le lombric tente d’écraser avec son corps enflammé le petit grec.
Ainsi, les gerbes de feu qu’il laisse au sol encerclent le Saint du Lièvre. Il commence à suffoquer, la tête lui tourne : « l’incendie qui m’entoure prélève l’oxygène de l'air et m’empêche de respirer. Je vais mourir par asphyxie si ça continue. »
Le chevalier de bronze est interrompu dans sa réflexion lorsque le ver attaque de nouveau.
Affaibli, Philémon n’arrive plus à s’éloigner. Il passe ses bras devant lui et accroît sa cosmo énergie pour se protéger du cosmos ardent. Néanmoins, la force de son adversaire l’écrase peu à peu au sol.

A ses côtés, sa compagne, Baucis, court pour échapper au dard flamboyant de la guêpe. L’aiguillon enflammé détruit tout sur son passage. L’Alcide finit acculée contre un monticule de pierre. Le bourdonnement de l’insecte volant effraie davantage sa victime. La femme chevalier espère le repousser en dégageant un déluge de flèches de son poing : « Héraclès Hunting Arrow ! »
Cependant, l’émanation de chaleur dégagée par le corps de la guêpe atténue la puissance des coups de Baucis.
Le dard brûlant lui transperce la cuisse. Le craquement de la végétation à l’épreuve des flammes couvre le hurlement de détresse de la guerrière d’Hébé.
L’aiguille se libère de la jambe et reprend son élan pour piquer de nouveau. Baucis veut profiter de se laps de temps pour fuir mais sa jambe, considérablement brûlée, ne répond plus.
Ses membres se raidissent : « Le feu produit des gaz toxiques. Le venin qu’il m’inocule est fait de ces poisons. Je ne peux plus bouger, je suis à la merci d’une seconde piqûre. »

A proximité, de branches en branches, Marine évite les balles de feu de l’araignée.
Cependant, celle-ci, heurtent les arbres et propagent un immense feu de forêt qui rejoint celui engendré par les deux autres monstres.
Contrainte de regagner le sol, Marine perd en agilité. La Saint d’argent de l’Aigle est sans issue face à l’incendie : « Dommage. Le feu sacré qui l’alimente est situé au centre de son corps. Si je parvenais à sauter juste au-dessus de lui, j’aurai pu frapper ce point vital. »
L’araignée en profite pour dégager davantage de puissance en transformant sa balle en boule de feu. Marine a à peine le temps de se retourner. Elle se contente de prononcer : « Kuken. »
La boule la percute de plein fouet et la dévore.

Toujours à la lutte sous le poids des flammes du rampant, Philémon essaie de gagner du temps. « Il produit des gaz chauds qui chassent l’air. Cela accentue le phénomène d’asphyxie. Pour lutter contre, il va falloir que je crée un puissant courant d’air. Seulement, pour exécuter mon arcane, j’ai besoin de beaucoup d’espace pour me déplacer. Or, la surface tout autour de nous n’est qu’un immense brasier... ».
Le poids des flammes lui rappelle l’urgence de la situation. Il décide : « Tant pis. Je devrais me déplacer dans le feu suffisamment vite pour espérer ne pas être brûlé par les flammes. Seul le septième sens me le permettra. Maître Aldebaran, que votre enseignement me permette de surpasser mes limites ! »
Philémon se dégage du poids du ver et s’échappe dans les flammes à tout vitesse.
Le bras devant le visage, il réalise : « La chaleur me pèse. Je dois aller plus vite. Plus vite encore… »
Il tournoie à l’intérieur du foyer autour du ver en accroissant sa cosmo énergie. En une fraction de seconde, il réalise plus d’un millier de tour, créant ainsi un cyclone qui emprisonne le monstre. Le feu tout autour de lui est éteint par les bourrasques que sa course produit. A l’intérieur du tourbillon, le corps de flammes du ver se désintègre peu à peu, ne laissant place qu’au noyau de cosmo énergie qui alimente la bête.
Le chevalier d’un mètre cinquante-huit cesse sa course et dresse ses deux mains en directions de sa tornade pour en prendre le contrôle et en augmenter l’énergie destructrice. La vitesse circulaire approche la vitesse de la lumière. Philémon achève son ½uvre en cognant de son poing galvanisé d’énergie cosmique le noyau après avoir traversé sa propre tornade : « Lepus Sweep ! »
Le choc est si violent que la cosmo énergie du noyau s’envole dans les airs et se dissipe, pour ne laisser retomber qu’un vulgaire ver de terre semblable à tous les autres qui peuplent cette forêt.
Philémon, l’épiderme partiellement rongé, sourit devant l’insecte devenu inoffensif.

Immobilisée, Baucis réfléchit en attendant le coup de grâce : « Le foyer que dégage son noyau vital atténue mes Flèches d’Héraclès. Il faudrait que je frappe ce point à pleine puissance. Pour cela, l’idéal serait de repousser le feu comme je l’avais fait sur Yíaros face à Babel du Centaure. »
Elle essaie de se redresser mais le poison la paralyse. Pourtant, elle refuse de se laisser mourir. Sa main caresse le bas de son ventre qui abrite le fruit de son amour pour Philémon. Cela lui donne suffisamment de détermination pour recueillir la cosmo énergie suffisante entre ses mains.
Au moment où l’aiguillon s’abat, le corps de flamme est immobilisé par une rafale.
La masse d’air libère des grains de sable par millions qui tournoient à la vitesse de la lumière et corrode le monstre : « Sand Swirl ! »
L’atteinte du septième sens par Baucis lui permet de dissiper le poison qui la ronge. Elle se relève et observe le noyau.
Celui-ci, à peine le Tourbillon de Sable finit, commence à libérer de nouveau des flammes.
La compagne de Philémon refuse de le laisser reprendre des forces et le frappe de son second arcane : « Héraclès Hunting Arrow ! »
Encore plus rapides que des étoiles filantes, les Flèches d’Héraclès percent et anéantissent le noyau. Ce dernier explose et libère une guêpe qui repart aussitôt vers son essaim.

L’arachnide tourne le dos à sa proie qui retombe calcinée. Le corps de Marine est méconnaissable.
Pourtant, sa voix résonne dans l’atmosphère : « Eagle Toe Flash ! »
Prise à revers la bête n’a pas le temps de remarquer que le cadavre a disparu et que, en pleine santé, Marine arrive pied en avant, chargé de cosmos, depuis les airs.
Le noyau est heurté, provoquant la destruction du monstre.
Seule subsiste une petite araignée qui gesticule ses pattes à toute vitesse pour se cacher loin d’ici.
Philémon et Baucis rejoignent Marine :
Philémon - " Tu m’as fais peur. "
Baucis - " J’ai cru un instant que tu avais vraiment été touchée par ce monstre. "
Marine - " J’ai utilisé le Kuken sur moi. Le Coup Vide est censé faire voir l’illusion d’un coup porté. En pensant m’avoir touché, la bête a baissé sa garde et j’ai pu détruire son point vital. "
Philémon - " Ce qui est étonnant, c’est que ces animaux ont repris leur état normal une fois vaincus. "
Marine - " Le cosmos d’Hestia possédait ces insectes. Elle leur a prodigué la ferveur de défendre ce lieu. Une fois leur feu sacré détruit, ces bêtes n’avaient plus de raison de garder cette forme. Elles sont libérées de l’influence maléfique de la déesse. "
Baucis - " Heureusement, nos techniques de vent à Philémon et moi ont réussi à éteindre les feux. La vie va reprendre son court normal ici. "
Tout à coup, désormais silencieuse, la forêt libère les hurlements de détresses qui proviennent du tunnel où s’est engouffré Apodis.

Marine, Baucis et Philémon hochent la tête pour s’accorder sur l’importance de porter assistance au Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis.



La Guerre Sainte contre l’Olympe commençait ce jour à partir du moment où nous profanions le domaine d’Hestia. Sans connaître à ce moment la nature exacte de mon adversaire, j’étais soumis à la supériorité de l’Ange. J’attendais avec impatience les interventions de mes compagnons. Peut-être cela me permettrait de garder la vie sauve ?
Intervenir auprès de ses amis était aussi le souhait d’Ichi. Néanmoins, il savait que la route était longue, s’il voulait approcher le niveau de Seiya et des autres. Pourtant, il ne soupçonnait pas qu’il avait réussi quelques progrès. A bien y réfléchir, il s’était servi de sa défaite contre Hyoga pour retourner une situation critique et vaincre un Saint de bronze expérimenté sans même porter son armure. Il fallait espérer le même succès pour ses camarades Jabu, Nachi, Geki et Ban.

80
Only for Love / Chapitre 54 - Les Joncs d’Athéna
« on: 13 February 2016 à 18h08 »
Cela faisait neuf jours que Marine et moi étions sur Yíaros. Neuf jours que je faisais le vide dans mon esprit. Je m’y trouvais en bonne santé, heureux, épanoui, auprès de Juventas et Agape.
Je savais hélas que ça ne durerait qu’un temps. Le sort de la Terre allait nous rattraper et bientôt j’allai devoir dire encore une fois au revoir à des êtres que je chérissais.



Chapitre 54 - Les Joncs d’Athéna

En Grèce, sur l’île d’Yíaros : 

28 octobre 1986.
Main dans la main, Apodis et Juventas se baladent le long des jardins du temple d’Héra en compagnie de Philémon et Baucis. Devant eux, la jeune Agape court après un lapereau qui s’amuse de sa lenteur.

Profitant des derniers rayons de soleil de l’automne, les couples évoquent Marine. L’Alcide aux longs cheveux violets confirme :
Baucis - " ¼dipe est formel. Il n’a pas quitté l’entrée du Parthénos depuis qu’elle s’est enfermée avec Hébé. Aucune d’elles n’est sortie de la salle d’audience. "
Juventas soupçonne un danger qui les dépasse : « Pour que sa Majesté Hébé s’inquiète autant des raisons de la présence de Marine, c’est qu’il doit s’agir d’un objet avec des vertus spécifiques. »
Apodis - " Marine m’a montré un bracelet qu’elle a présenté comme étant une clé. Jusqu’à maintenant, même si elle était réservée, Marine n’a jamais donné le sentiment de détenir des renseignements importants. "
Philémon qui l’a côtoyé également au Sanctuaire rajoute : «  Le plus étrange c’est qu’elle se soit simplement présentée à Hébé comme étant l’Aigle, et non pas comme Saint de l’Aigle. Moi quand je donne mon nom je ne dis pas « le Lièvre », je dis Saint du Lièvre. »


En Grèce, au Sanctuaire, dans la chambre du Grand Pope : 

Sur le long tapis rouge de la salle de réception du représentant d’Athéna, Phaéton se recroqueville sur lui-même face à la colère de son souverain.
Des éclairs jaillissent de l’effluve de son cosmos lorsqu’il évoque la situation au Japon : « Les chevaliers d’argent ne suffisent pas ! Ils ont réchappé à la destruction de l’Ile de la Mort ! Le casque de l’armure d’or demeure irrécupérable ! »

Catapulté général en lieu et place du déserteur Gigas, Phaéton reste là à subir les sautes d’humeur du Saint des Gémeaux. Il se hasarde à demander : « Dois-je envoyer d’autres Saints d’argent contre ces renégats ô Votre Grandeur ? »
Saga - " Non. Malgré tout, ils ont beaucoup souffert ces derniers temps. Je pense que laisser une période de vide sera idéale pour les faire douter. En attente d’une réplique de leur part, je souhaite accroître nos efforts sur des mises à mort stratégiques. Ainsi, Athéna sera privée d’alliés. "
Phaéton - " Que votre volonté soit respectée Altesse. "
Saga - " Bien. Tous les Saints ayant participé à la Galaxian War au Japon sont des traîtres. D’après nos espions envoyés au Japon, certains sont repartis auprès de leurs maîtres. Nous allons donc envoyer nos messagers les informer de la décision prise par le Sanctuaire de les éliminer. Pour ceux qui sont réticents à cette idée, nous ferons d’une pierre deux coups. "
Phaéton - " Qu’il en soit ainsi. "


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos : 

A l’intérieur des couloirs du palais, Hébé et Marine marchent côte à côte. Aucune des deux n’émet le moindre mot. Le visage de la déesse est franchement soucieux, tout comme l’est celui de Marine sous son masque.

Elles regagnent la salle du trône sur lequel siège le bracelet que le chevalier d’argent a amené jusqu’ici.
Hébé - " Je vais essayer de nouveau. "
Marine - " Déesse Hébé, vous devriez vous reposer. Cela fait neuf jours que vous concentrez sans cesse vos efforts. "
Hébé, douce et généreuse, pose sa main sur l’épaule de Marine pour la rassurer : « Ne t’en fais pas. Ce repas frugal m’a rendu des forces. »
Marine - " Je m’inquiète, le sceau apposé semble être difficilement décelable. "
Hébé - " Le sceau n’est pas vieux. Voilà pourquoi il représente un obstacle pour moi. "

La Déesse de la Jeunesse s’assied sur son impérial fauteuil et enferme dans la paume de ses mains le bracelet sur lequel s’entremêlent les symboles de la Chouette et de Pégase.
Elle clôt ses paupières et entre dans une transe spectaculaire. Bien que Marine assiste à ce phénomène depuis plus d’une semaine, la japonaise n’en reste pas moins émerveillée.
Le cosmos de la divinité inonde la pièce de sa lumière bienfaitrice et englobe peu à peu l’île.
L’énergie, empreinte d’une grande bonté, touche chaque personne d’Yíaros et leur réchauffe le c½ur.


Soudain, la déité aux cheveux blonds stoppe sa méditation et s’écroule sur le sol.
Marine se précipite vers elle pour la relever tandis que les gardes, pris d’un étrange pressentiment, pénètrent dans la pièce accompagné d’¼dipe Alcide des Oiseaux du Lac Stymphale.
Un soldat s’inquiète : « Elle vomit du sang ! »
La voix d’¼dipe retentit dans la pièce : « Je sens qu’elle essaie de maintenir un lien télépathique. C’est ce qui la fait souffrir. »
Hébé relève la tête vers le ciel, du sang coule de ses oreilles, de son nez et de ses yeux.
Marine - " Arrêtez Majesté ! "
Cependant, la transe d’Hébé ne cesse pas. Au contraire, elle s’amplifie, le souffle semble manquer à la vénusté. Ses yeux sont révulsés. Elle bleuit et convulse.

Des flashs frappent son esprit : « Mer Egée… Ile de Ténédos… Au c½ur de l’île… Sous terre… La croûte terrestre qui forme un plafond soutenu par des colonnes doriques… Les vestiges d’un temple… Sur le parvis, des statues arrachées dès leurs bases… L’intérieur est ravagé… Il ne reste que les pierres qui soutiennent l’édifice… Seul subsiste un banc de pierre au fond de la salle… Dessus… Un second bracelet… Identique à celui de Marine… Frappé d’un sceau… Surplombant le banc, une statue… »

Brusquement, elle revient à elle en reprenant son souffle à plein poumon.
Elle se redresse si subitement que toute l’assistance, prise de panique, recule d’un pas, croyant faire face à une revenante
¼dipe - " Comment allez-vous Majesté ? "
L’ancienne amie d’enfance de Saga et Kanon, essoufflée, cherche de ses yeux ensanglantés Marine. Elle lui cramponne le bras et lui sourit : « Je l’ai trouvé. J’ai trouvé le second bracelet. »


En Grèce, sous l’Aréopage, dans le Sanctuaire : 

Les étages du temple conique se vident.
En rang, s’agenouillant dans leurs tenues orange, cuirassées de rouge, les soldats se présentent face au trône d’Arès.

Passant en revu ses hommes depuis son fauteuil, le Dieu de la Guerre et de la Destruction, les bras sur son accoudoir, la tête en appui contre son poing droit, attend l’arrivée du Berserker de la Royauté.

Suivi de ses lieutenants, Atychia et Tromos, Vasiliás se manifeste dans sa Nightmare d’un rouge écarlate.
Sous son casque ovale formant une gueule de lion, sa voix, étouffée par le masque doré qui ne laisse apparaître que ses beaux yeux bleus et verts, ne passe pourtant pas inaperçu.
Arrivant en dernier, traversant toute la salle, il scande bien fort : « Justice ! Justice ! ... »

Finissant sa marche devant le trône de son maître, l’américain retrouve le silence.
Il patiente.
Le temps que les Berserkers du Malheur et de la Terreur se courbent à ses côtés.

Dès lors, il reprend : « Justice ! Voilà bien un mot oublié, perdu. Un mot que j’ai choisi de redéfinir avec vous afin de l’étendre au monde entier. Nos ennemis, les dieux qui se chamaillent la Terre depuis sa création, n’ont jamais su inspirer notre définition à la face du monde. Athéna la première. Celle qui se veut amour et paix, ne cautionne en réalité que le délabrement du genre humain qui n’offre finalement au plus faible que l’injustice du plus fort… »
Il lève le bras à l’attention des soldats positionnés en fond de salle, près de la grande porte, les invitant à l’ouvrir : « … Alors je vous ai trouvés. Et vous m’avez tous couronné, faisant de moi le roi du nouveau monde. Un monde de loi et de justice. Faisant de moi l’espoir… »
La porte ouverte, il tend les bras dans sa direction.

Dehors, sur l’îlot au c½ur de la Terre, entouré de lave, des hommes, nus, agenouillés, les mains ficelées dans le dos, sont sous la menace des épées arèsiennes.
L’assistance se retourne tandis que Vasiliás poursuit : « … Certains d’entre vous, les plus aguerris, sont envoyés en mission depuis des mois. Des criminels de guerre dans les pays en conflit, des violeurs, des tueurs, des voleurs récidivistes partout dans le monde… Tant de fléaux qui ont ruinés votre vie et en anéantissent d’autres. En contaminent d’autres. Nos hommes nous débarrassent d’eux. Vous, vous allez nous débarrasser d’eux. Pendant qu’Athéna règle ses conflits en interne et se chamaille sa souveraineté avec d’autres dieux, vous vous allez rendre la justice en ce monde. Discrètement. Avec discernement. Mais chaque fois avec violence. Pour marquer les esprits. Et déjà les prémices de notre loi favoriseront dans l’esprit humain la compréhension lors de notre prise de pouvoir. Inspirons dès maintenant la normalité, pour que le jour où nous raillerons les autres divinités de ce monde, il ne reste plus que les hommes justes et leur roi que vous aurez érigé ! »
L’assistance lève immédiatement le poing au ciel en criant d’un air victorieux.

Accroupie à côté de lui, Atychia relève sa tête vers Vasiliás pour lui témoigner toute son admiration.
Le charismatique orateur poursuit : « L'être humain a droit au bonheur. Mais à cause de quelques gens pervertis, ce droit disparaît soudain avec une facilité déconcertante. Rendre nous même la justice par la mort, surpasser les lois de pays aux justices trop laxistes ou corrompues, permettra aux gens de réaliser quelle est la juste façon de vivre. La justice ne s’acquiert pas en attaquant, en piégeant ou, à plus forte raison, en tuant son prochain. Vous aspiriez au bonheur sans nuire à celui d’autrui, en respectant les droits des autres et la justice de vos pays respectifs. Mais vous avez été dupés. Victimes. C’est désormais vous qui allez inspirer le devoir à chaque homme. Ces derniers mois, vous avez tous découverts et manipulés le cosmos. Certains ont même surpassé leurs limites. Pourtant, beaucoup attendent encore de prouver leur valeur. Cela passera par une inévitable Guerre Sainte. Par le combat, le sang, la mort. Rendre la justice fera peut-être de nous des criminels. Mais ce mal n’est-il pas nécessaire ?! »
De nouveau, la foule lève les bras au ciel en signe d’approbation.
Alors Vasiliás déclare : « Continuellement, jusqu’à ce que le jour de la bataille vienne, de nouvelles troupes seront formées. Envoyées incognito, en civil, dans ce monde perverti par le mal. Elles iront rendre la justice. Vidant les ghettos de leurs malfrats, déracinant les mafias les plus puissantes, brisant chaque dictateur et son gouvernement, nettoyant les prisons de chaque pays. Oui, sans annoncer pour le moment à la face du monde notre existence, nous allons créer un sentiment de justice divine. Une ambiance de justice rendue, instaurant la peur de commettre le mal. Et c’est lorsqu’il n’existera plus de menace divine que nous annoncerons à la face du monde qui nous sommes, ce que vous avez fait pour lui. Dès lors, vous serez reconnus comme les sauveurs de l’humanité. Une nouvelle ère commencera. Allez vous vivre en cette ère avec moi ?! »
Encore, l’armée s’époumone de joie. Leur chef conclut : « Nous devons alors tous porter notre pierre à l’édifice. Nos épées doivent être toutes teintées du sang de nos ennemis… »
Il pointe du doigt les dizaines de prisonniers dehors : « Avant de retrouver le temps d’une mission une vie civile, durant laquelle vous serez des justiciers, découvrez quelle est la couleur du sang souillé par le mal ! »
Sans être encouragé davantage, près d’un millier d’hommes se rue sur les otages de leurs pairs. Ordonnés, malgré la précipitation, les rangs viennent frapper de leurs épées les corps dénudés. Chaque arèsien cherchant, pour la plupart, à frapper là où la chair n’est pas encore entaillée, transpercée, afin d’avoir un sentiment d’exclusivité, comme si chacun était devenu « le » justicier, celui qui aurait rendu l’impartialité du roi en premier.

Dans le grand hall vide, Vasiliás se tourne vers Atychia : « Organise de nouvelles équipes. Cinq hommes. Répartis dans plusieurs régions du monde. Qu’ils soient discrets. Qu’ils soient efficaces. Aucune pitié. Tous doivent rendre la justice et revenir fiers. Après cela, il ne restera plus qu’un obstacle pour que le monde soit à nous. »
L’admirative bulgare incline la tête pour affirmer son obéissance et s’empresse déjà d’exécuter les ordres.
Le roi virevolte de l’autre côté pour sourire à son ami : « Que se passe-t-il Tromos ? »
Le géant argentin grimace dans sa longue barbe : « Pour ceux qui ne se sont pas encore vengés de leurs vies passées, tu te doutes bien qu’ils vont saisir l’occasion d’une telle mission. »
Vasiliás - " Parfait, c’est exactement ce que j’attends. "
Tromos - " Atychia a eu droit à sa chance avant même que tu n’en fasses un Berserker. "
Vasiliás - " Je vois où tu veux en venir. Ton tour viendra Tromos. Ton tour viendra. "

Puis, en levant les yeux plus haut, Vasiliás remarque un Arès totalement subjugué par le massacre qui lui est offert. Absorbé par les giclées de sang, le dieu belliqueux ne perd pas une goutte du spectacle. Pour le plus grand plaisir de Vasiliás. « C’est bien, régale-toi Arès. Cette scène était également pour toi. En plus d’être une épreuve pour les plus hésitants, cette mise en scène est une façon de te faire croire en ma promesse, en une Terre ravagée par la guerre. En cet instant mes hommes sont désormais totalement investis dans leur mission, et toi tu me laisses toute latitude pour gérer mes plans. », réfléchit-il.


Dans une dimension qui surplombe la Terre, l’Olympe : 

Dans le domaine des cieux, la vie s’écoule paisiblement. Il s’agit d’un monde où les dieux sont aimés, adulés, priés.

Aux confins du royaume, au sommet du Mont Olympe, le temple de Zeus surplombe cet univers.

Devant lui, sur le versant de la montagne, est dressé le Palais des Dieux. C’est ici que les dieux olympiens se réunissent.
Allant de débats vigoureux à d’interminables banquets, les divinités y scellent leur volonté.

A l’entrée du Palais des Dieux, se rejoignent onze chemins. Tous conduisent à onze temples en pierres aussi froides que le c½ur des autres dieux de l’empire.
Ils sont alignés au pied du Mont Olympe et dominent une immense vallée.

La nature est y saine.
L’eau, pure et claire des lacs, provient du Mont Olympe.
Le décor est similaire à celui que subira le Sanctuaire lors de l’occupation d’Artémis.
La verdure riche offre de longs jardins fleuris.
Loués par le peuple, Zeus maintient un ciel constamment bleu et laisse se succéder l’attraction lunaire et le soleil qu’offrent Artémis et Apollon.

A l’est, jusqu’au fond de la vallée, tout autour des habitations, là où l’eau qui s’écoule des montagnes repose à perte de vue, subsiste un vieux Colisée.
Vestige des temps anciens, les places assises, aujourd’hui couvertes de verdure, sont en demi-cercle autour d’une arène suspendue au bord du vide. Les dieux y faisaient combattre leurs prisonniers de guerre.

Le peuple, lui, est discret et décent. Vêtus d’une simple toge blanche accrochée stratégiquement par des broches en or pour ne rien dévoiler de leur intimité, ces privilégiés sont des descendants des héros mythologiques, des nombreux enfants illégitimes des dieux ou encore des fidèles élus par les dieux avant que ceux-ci ne se retirent ici.
Chaque foyer possède son logis. Tous salubres, leurs architectures sont identiques. Ils sont faits de colonnes de plâtres qui soutiennent les murs et les toits aux pierres impeccablement blanches. La pièce principale est dominée par un autel à l’honneur des dieux olympiens. Ils disposent de terres parfaitement fertiles où chaque foyer cultive et élève son bétail à la convenance de ses propres besoins.
De sa plus tendre enfance jusqu’à la fin de ses jours, l’olympien voue sa vie à la reconnaissance des dieux et travaillent pour eux. Tous sont éduqués dans le but de servir l’Olympe. Que ce soit en étant prêtre serviteur ou un Ange guerrier de l’Olympe.

En guise de foi et de remerciement pour cette vie de félicité, le peuple couvre chaque jour les prieurés d’offrandes.
Ces temples, montés sur des colonnes doriques et d’à peine vingt mètres carrés, sont dressés tous les deux kilomètres à la ronde. Aucun n’est pourtant vide plus d’une heure. Ils sont tenus par les prêtres et prêtresses au service des dieux. Les déités goûtent, au Palais des Dieux, à longueur de journée, les offrandes laissées par le peuple et servis par les religieux.

Les prieurés sont tous reliés par des routes de pavés qui, en direction d’une autre montagne faisant face au Mont Olympe, conduisent à un carrefour.
A mesure que les chemins s’éloignent du c½ur de l’Olympe, les routes sont de plus en plus détériorées et désertiques. Quand il n’en manque pas, les pavés sont fissurés, le sol est couvert de poussière et un vent violent se dresse, ne laissant des routes plus que deux sentiers.

Le premier part en direction des Prisons de l’Olympe. C’est ici qu’échouent les hommes qui, sur Terre, ont commis des actes immoraux et des affronts envers les dieux.
D’innombrables colonnes sphériques pointent vers le ciel d’un bleu plus obscur. C’est sur ces surfaces plates et surélevées que sont faites prisonnières les victimes de l’Olympe. Le vide, un passage vers l’Hyperdimension, y est donc sans fin.

Le second se perd dans un désert semblable à celui que traversera Seiya lorsque le Sanctuaire d’Athéna sera sous le contrôle d’Artémis.
Au bout de ce désert, une fois l’horizon perceptible, l’autre montagne se dresse. Un chemin étroit, en serpentin, tout autour d’elle, regorge des ruines de temples et de statues. A son sommet, un étrange lac rayonne de mille couleurs.
Personne ne s’y est aventuré depuis des siècles. L’évocation de cette zone est même proscrite du langage des olympiens.


Là où chaque souverain est flatté jusqu’à outrance, dans le Palais des Dieux, un habituel festin est dressé.
La pièce juxtapose la salle du trône où reposent, autour du trône de Zeus, les onze sièges de ses pairs.
La salle de banquet est drapée des murs au plafond de longs voiles blanc.
Des parterres de fleurs et d’arbustes agrémentent le sol marbré lavé sans cesse par les serviteurs.
Des estrades sont dressées tout autour de ce hall immense. Des fauves s’y baladent en total liberté et admirent la lascivité des Dieux.

En cet instant, deux déesses sont allongées sur des couches aux coussins ivoire.
Elles dégustent l’ambroisie apportée par les prêtres, qui se prosternent à chaque plat apporté. Elles savourent le nectar en observant avec dédain la nourriture donnée aux animaux.
Les serfs leur servent les mets offerts par les olympiens sur les autels.
Elles remarquent à peine, avec suffisance, les plus beaux sujets, hommes ou femmes, qui se baignent dans les multiples bassins embellissant la pièce, jouent de la harpe, dansent, ou réalisent des acrobaties, dans le but de les divertir.

Les deux déités ont le visage très fin, les traits très tirés. Leurs yeux sont larges et plissés, exprimant à chaque instant la supériorité dont elles se glorifient.
L’une d’elle est dérangée par le couinement de la grande porte qui sépare la salle du trône de la salle de banquet.
Elle est vêtue d’une longue robe pourpre. Celle-ci libère sa poitrine généreuse et lui serre sa fine taille jusqu’à mouler parfaitement son postérieur et le haut de ses cuisses. Ses ongles vernis à la couleur de sa robe soulèvent une coupe en cristal jusqu’à ses lèvres pulpeuses. Ses cheveux noirs tirés, pour former un magnifique chignon, sont coiffés d’un diadème orné en son centre d’un rubis rouge écarlate.
D’un ½il inquisiteur, elle fixe l’olympien responsable de ceci.

Le bougre, un homme de petite taille et d’un certain âge, le crâne au sommet dégarni, ne gardant qu’autour de la tête une épaisse touffe de cheveux blancs coton, avance en mettant tranquillement un pas devant l’autre. Sous ses étroits sourcils, ses grands yeux ronds prennent la direction de la déesse qui le toise. Aussi indélicat que sa présence ici, son allocution ne dégage aucune formalité : « Déesse Héra, je vous importune quelques instants. Mon maître s’inquiète. »
La Déesse du Mariage se redresse immédiatement : « Que se passe-t-il Roloi ? »
Comme s’il était sénile, le vieillard tire sur ses fines moustaches qu’il a à chaque coin de ses lèvres. Ses yeux sont inondés de bêtise : « Enfin, je ne voudrai pas vous alarmer pour rien, mais comme vous êtes une des instigatrices de tout ceci… Bon, bon. En fait ça concerne surtout la Déesse du Feu Sacré et du Foyer ! »

Accompagnant Héra, Hestia, accoudée sur sa couche, se redresse aussitôt.
Sévèrement vêtue, seuls ses bras sont libérés de sa bure blanche. Un voile couvre sa tête et ses courts cheveux rougeoyants. Ses petits yeux sombres ne perdent rien de leur hauteur : « J’imagine qu’il s’agit de notre plan. »
Roloi agite ses bras comme un comédien : « Exactement. Un cosmos est entré en liaison avec le Jonc qui vous a été confié et que vous gardez prisonnier sur Terre. »
Hestia - " Athéna chercherait-elle à s’en emparer ? "
A l’évocation du nom de la Déesse de la Sagesse, Héra ne peut s’empêcher de plisser davantage ses yeux. Roloi secoue son doigt d’un signe négatif : « Pas du tout ! Apparemment il s’agit d’un autre cosmos. Celui de la Déesse de la Jeunesse ! »
L’appétit coupé par l’évocation des déesses protectrices de la Terre, Héra se retire en soufflant : « Hum… Hébé… Elle s’est donc réincarnée elle aussi à cette époque. Une de plus qu’il faudra rayer de l’histoire. Hestia, je te laisse nuire à leur recherche. »
Hestia - " N’aie crainte. Le Jonc est bien gardé. "

Alors qu’il s’apprête à quitter le banquet à son tour, Roloi fait demi-tour précipitamment : « J’allais oublier ! Mon maître propose de vous laisser son plus fidèle Ange pour protéger ce lieu. »
Hestia devine que Roloi parle de celle qui s’est réincarnée sur Terre sous le nom de Ksénia : « Je vois. C’est qu’il craint réellement qu’Hébé puisse récupérer le Jonc pour qu’il me confie Helénê. Cependant, le lieu est déjà gardé par un autre Ange. Rassure ton maître. S’il le faut, je me déplacerai en personne. »
Satisfait, Roloi affiche un sourire aussi large que sa bêtise.


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos : 

Considérablement affaiblie, Hébé est affalée dans son trône. Ses yeux sont cernés et ses membres tremblent encore.
A ses côtés, Marine, recouverte de son armure, observe l’ensemble des Saints et des Alcides présents sur l’île.

Apodis, Philémon, Juventas, Baucis et ¼dipe, se tiennent droits, casque de leurs Cloths dans les mains.
Tous sont soucieux de la tenue d’Hébé et des mystères qui entourent Marine. Apodis le premier. Volontaire pour accompagner Marine ici, il s’impatiente de connaître la suite.

Marine leur tend le bracelet : « Ce bracelet détient des pouvoirs au service de la déesse Athéna. J’ai trouvé le second bracelet. »
Apodis s’exclame : « Ah ! Parce qu’il y a deux bracelets à présent ! »

Pressentant que Marine n’arrivera pas à se faire totalement entendre par ses pairs, Hébé puise au plus profond d’elle-même pour se redresser. Son geste impose le silence.
Ses mains grelottantes prennent appui sur les accoudoirs de son fauteuil pour lui permettre de se mettre debout.
Aussitôt, la tête lui tourne et Marine se hâte de la soutenir.
Les chevaliers, eux, s’inclinent aussitôt.

Le ton est bas et sa voix déraille, mais elle tient à garder toute sa noblesse en poursuivant : «  Le combat que livre en interne le Sanctuaire n’est rien par rapport à la menace qui plane sur Terre. Le vrai danger pour Athéna n’est ni Poséidon, ni Hadès, comme cela pouvait être le cas dans le passé. Aujourd’hui, une conspiration semble être menée par l’Olympe. Nous ne savons pas s’il est question de tous les olympiens. Cependant certains éléments nous permettent de savoir qu’il s’agit d’eux… »
Elle coupe un instant pour récupérer quelques forces.
Les chevaliers espèrent qu’elle les éclaircisse sur ces fameux événements. Hélas, cela semble être de l’ordre de la confidence avec Marine. Elle enchaîne sur les artefacts : « Athéna va avoir besoin de toutes les forces dont elle peut disposer. Car c’est bien sur elle que repose l’avenir de notre planète. Les dieux mineurs, moi compris, ne seront jamais de taille à soulever seul le complot. Nous serons donc une des forces d’Athéna. Et c’est en tant que tel, que nous nous devons de réunir aujourd’hui le reste de ses atouts. Parmi eux, les bracelets. Oui, il existe bien deux bracelets. Il s’agit des Joncs d’Athéna. L’un d’eux a été dérobé par les olympiens. Fabriqués à l’époque de la création de sa chevalerie par Athéna en personne, les Joncs ne peuvent être détruits. Alors celui aux mains des olympiens a été scellé. »
La déesse se pose de nouveau sur son siège pour laisser Marine finir.
Cette fois-ci, c’est Juventas qui profite du changement d’interlocuteur pour demander : « Avec tout le respect que je vous dois, nous déplacer en Olympe pour récupérer cet objet est un outrage fait envers les dieux. »
Marine - " Heureusement nous n’aurons pas à aller en Olympe. Ce qui nous pousse à croire que tous les olympiens ne sont pas derrière cette machination est le fait que le Jonc soit encore sur Terre. "
Hébé clarifie : « Il se trouve précisément dans un temple abandonné sur l’île de Ténédos. »
La japonaise demande à son camarade grec : « Tu m’accompagnes toujours Apodis ? »
Apodis - " Même si tout ceci reste très flou, il s’agit de la sécurité d’Athéna. Bien sûr, je suis avec toi. "
Le petit Saint de bronze du Lièvre, amant passionné de Baucis, suggère avec véhémence : « Majesté Hébé, puisqu’il s’agit du bien d’Athéna, permettez-moi d’être de cette mission. »
Hébé - " Tu es un Saint d’Athéna Philémon. Si tes services ici nous sont très utiles, et je t’en remercie, je ne peux te retenir contre ton gré. "
Philémon se courbe : « Merci Déesse Hébé. »
L’amante du passionné chevalier, Baucis de la Biche de Cérynie, intervient : « Ô Divine Éminence, j’aimerai également accompagner les Saints d’Athéna dans leur succès. »
Hébé grimace quelques secondes. Elle reste intriguée par une étrange sensation qui émane de Baucis. Un rayon de bonheur intense qui brûle en son être. Seulement, elle reconnaît : « Il est vrai que Juventas et ¼dipe suffisent à ma sécurité. Bien. Baucis accompagnera les Saints d’Athéna dans ce cas. »
L’Alcide de la Biche de Cérynie effectue une révérence : « Si cela est votre choix, ô Grande Hébé. »


A Jamir : 

La contrée himalayenne, si calme d’ordinaire, est le théâtre de l’apprentissage difficile du septième sens des convives de Mû.

Quand il ne se replie pas sur lui-même pour méditer, Nicol profite de l’expérience de Mû pour étudier davantage l’ultime cosmos.

Esseulée lorsque son mari lui est accaparé, Médée, elle, brûle son cosmos à son paroxysme jusqu’à épuisement total. Elle espère ainsi franchir à chaque fois un pallier.

Inséparables, Mei et Yulij repoussent leurs limites en se livrant bataille sans cesse.
Parfois même trop dangereusement.

Aujourd’hui, ils ont choisi de se retrouver dans une grotte pour leur affrontement quotidien :
Mei - " Nous affronter dans l’obscurité la plus totale, nous privant de la vue, va nous permettre de faire travailler de façon plus assidue tous nos autres sens. "
A peine rentré, Mei boitille déjà. Les séquelles de ses entraînements précédents.
Yulij, le bras gauche déjà pansé pour les mêmes raisons que son ami, s’enfonce dans les ténèbres : « Cette fois-ci, c’est moi qui gagne. »
Mei - " Tu me dis ça chaque jour. "
A peine a-t-elle entendu la réponse de Mei sur sa droite, qu’elle encaisse un coup sur sa gauche.
« Je vois, il se déplace très vite. Il a profité d’entendre ma voix pour m’attaquer en premier. Je ne me laisserai pas avoir une seconde fois. », décrète-t-elle.
Son discernement lui permet de sentir l’approche du japonais dans son dos.
Elle s’accroupit et évite ainsi un nouveau coup. Sa riposte ne se fait pas attendre et elle décoche un uppercut sous son menton.
Repoussé Mei, tente un second puis un troisième assaut, en vain.

« Elle ne bouge pas, elle se concentre sur les sons qu’émet ma gestuelle pour contre-attaquer à chaque fois. Il faudrait que je sois partout à la fois. Je sais, le Lost Children va me le permettre. », déduit-il.
Il écarte délicatement ses bras pour ne pas attirer l’attention de Yulij. De la paume de ses mains jaillissent des centaines de filaments qui font peu à peu le tour de la pièce.
Ceux-ci frottent volontairement les parois de la caverne pour déstabiliser Yulij.

« Il me prépare un mauvais coup. Il m’attaquera certainement de toutes ses forces en pensant avoir trouver la faille cette fois-ci. Il ne sera pas sur ses gardes et je pourrai le surprendre avec mon Falling Stars. Depuis notre arrivée à Jamir je n’ai pas réutilisé cette technique. Je suis certaine que les fruits de mon assiduité vont le surprendre. Je vais réussir à surpasser de loin la centaine de coups à la seconde. », se convainc Yulij.

Inopinément, les fils de Mei frottent de partout contre les parois de la caverne pour désorienter l’audition de Yulij.
Privée de la vue et d’une ouie parfaite, Yulij commence à perdre l’équilibre lorsque sa conscience lui fait remarquer que la seule position silencieuse est au-dessus de sa tête.
Elle réalise aussitôt que Mei l’attaque réellement par les airs : « Lost Children ! »
Yulij - " Falling Stars ! "
Non plus par centaines, mais par millions, les étoiles du Sextant se heurtent aux cheveux de Bérénice.
La rencontre des deux arcanes se résume à d’indénombrables faisceaux lumineux qui s’entrechoquent et illuminent par flashs en un millième de seconde la caverne.

Quelques coups de la Chute d’étoiles sont passés outre Mei et ont percé le plafond de l’excavation. Laissant apparaître le jour et illuminant les deux adversaires.
Mei chute sur les genoux aux côtés de Yulij. Il se cramponne la poitrine de douleur et laisse couler un épais filet de sang de sa bouche.
La jeune femme se tient encore debout, poing dressé vers le ciel : « Je t’avais dis que je gagnerai aujourd’hui. »
Croyant trop vite sa victoire acquise, Yulij sent plusieurs entailles parcourir son corps, preuve que les filaments de Mei ont réussi à l’atteindre.
Un filet de sang coule depuis son front et descendant le long de son nez jusqu’à son menton. Certes, son visage est également éraflé, mais surtout, son joli minois est pour la seconde fois mis à découvert par Mei.
L’ancien disciple de Deathmask tend son masque à Yulij : « Pour la puissance de nos coups je dirais que nous avons fait jeu égal. Pour ce qui est de la vitesse, j’ai l’impression que j’ai un cran d’avance. »
Elle lui arrache son masque des mains, furieuse.
Face à cette attitude, Mei la taquine : « Estime-toi heureuse, si je n’avais pas pris le temps de t’ennuyer un peu, j’aurai pu frapper plus fort et plus vite. »
Tête baissée, Yulij balance d’un revers de la main le masque que Mei lui tend. Elle empoigne son camarade par le col et le soulève avec vivacité. Fier de lui, il ne perd rien de son rictus moqueur.
Néanmoins, le baiser que lui vole Yulij parvient à le désarçonner.
Subitement, sans laisser paraître le moindre sentiment, elle l’embrasse fougueusement.

Lorsqu’elle relâche sa prise, Mei est tremblant. Sa gorge s’assèche et son c½ur cogne fort dans sa poitrine. Il essaie d’ouvrir la bouche mais aucun son ne vient. Yulij lui épargne une nouvelle tentative en approchant de nouveau son ami.
Cette fois-ci, c’est lui qui s’engage en la devançant. Ses mains saisissent ses hanches et sa bouche vient chercher la sienne pour échanger un langoureux baiser.
Il enlève avec délicatesse le maillot kaki de la jeune femme. Celle-ci ne perd rien de sa fougue et gagne quelques secondes en arrachant directement le tissu usé qui couvre le torse du chevalier. Ses lèvres viennent baiser les pectoraux d’acier forgés par l’ardu entraînement de Deathmask. Encore humidifiés par la salive de sa camarade, les pectoraux de Mei sont réchauffés par la poitrine de Yulij qui vient plaquer son corps contre le sien…


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos : 

A l’intérieur du temple d’Hébé, les Saints et les Alcides prennent congé de la Déesse de la Jeunesse.
Au seuil de la salle d’audience, Baucis est rattrapée délicatement par le poignet par sa déesse.
Tous se retournent stupéfaits mais la jolie vénusté leur demande de les laisser seules : « J’aimerai m’entretenir avec Baucis avant son départ. »
Aucun ne discute les ordres.

Seules, les deux jeunes femmes peuvent discuter en toute liberté.
Hébé vient soulever le masque de son Alcide afin de pouvoir admirer son regard. Avec son autre main, elle presse avec attention son ventre : « J’en étais sûre. Baucis, depuis combien de temps es-tu au courant ? »
Baucis n’ose pas regarder sa déesse dans les yeux. Son regard est partagé entre bonheur et gêne : « Je l’ai découvert il y a une semaine. Les prêtresses d’Athéna suggèrent que je suis enceinte d’approximativement un mois. »
Hébé ne dissimule pas son bonheur : « Félicitations Baucis. La divinité que je suis se réjouit d’un tel événement. Qu’en a dit Philémon ? »
Baucis - " Il n’est pas au courant. Je comptais lui dire aujourd’hui. Cependant, face à son enthousiasme devant la mission que les Saints se sont confiés, je ne peux pas le déconcentrer avec cette nouvelle. "
Hébé - " Voilà pourquoi tu l’accompagnes alors. "
Baucis - " Oui, Philémon est intrépide, passionné. Il serait capable de donner sa vie sans hésiter pour réussir. Je ne veux pas que mon enfant naisse sans son père. J’y vais pour le protéger. "
Hébé - " Il est intrépide et passionné. Comme toi. Dans le cas inverse, tu n’aurais pas hésité à te lancer dans la bataille. Je peux le lire dans ton c½ur. "
Baucis rougit.
Hébé - " Maintenant que je sais, je ne suis pas certaine que te laisser te rendre sur Ténédos soit la meilleure idée. Toutefois, si tel est ton v½u, je ne peux t’en empêcher. Promets-moi seulement d’être prudente. "
Baucis s’agenouille et réajuste son masque de femme chevalier : « Merci Majesté. Je ferai tout mon possible pour que vous soyez fière de moi. »
Avant qu’elle ne passe la porte, Hébé précise, d’un ton délicat : « Je le suis déjà. »
Baucis, immobilisée quelques secondes par un tel éloge, se sent prise d’une fierté intangible.



Il en était ainsi, la vie calme à laquelle j’aspirais ne pouvait m’être promise tant que le règne d’Athéna n’était pas garanti.
Déjà, je quittais pour une énième fois l’amour d’une femme et d’un enfant. Je ne me doutais pas qu’au bout du chemin m’attendait l’Olympe, j’espérais simplement pouvoir un jour m’en retourner auprès de cet amour qui me manquait déjà cruellement…

81
Only for Love / Chapitre 53 - L’Aigle
« on: 3 January 2016 à 13h14 »
Au Japon, l’apprentissage était dur pour Seiya et ses amis. Shiryu avait perdu la vue contre Algol, Saori venait d’être enlevée par Jamian, Seiya se retrouvait avec elle au fond d’un ravin le bras cassé et victime d’un traumatisme crânien.
A Jamir, cela faisait une semaine que Nicol, Mei, Yulij et Médée suivaient les préceptes de Mû.
A Asgard, Bud, Alberich et Mime rentraient en héros.
Pendant que Marine et moi étions coincés.



Chapitre 53 - L’Aigle

Quelque part sur la Mer Egée : 

19 octobre 1986.
Le vent souffle violemment sur une embarcation de fortune. Celle-ci est secouée par les vagues.
La mer agitée ne rassure pas l’un des deux occupants. Apodis tient avec acharnement les lanières de l’urne dans laquelle est enfermée son armure. Ses cheveux bleus sont noyés par l’écume : « Je dois t’avouer que j’aurai espéré une traversée plus calme. »
La jeune femme qui accompagne Apodis tient elle aussi sa propre urne : « Nous n’avons pas d’autres choix. Tout autour de Yíaros, les navires du Sanctuaire bloquent les liaisons avec l’extérieur. Nous déplacer dans les airs en bondissant depuis la côte nous aurait été fatal. Nous aurions été à la merci d’une riposte. »
Apodis pointe du doigt la direction de l’île d’Hébé : « Parce que tu penses qu’une petite barque va passer inaperçue au milieu de tous les bâtiments remplis de soldats ? »
Marine - " Non plus. Mais ça nous a permis d’approcher jusqu’ici sans nous faire repérer. Il nous faudra finir la traversée à la nage à partir d’ici. "
Malmené par les bourrasques, Apodis s’exclame : « Comment ?! »
Marine - " Oui, à partir d’ici nous sommes à la portée de leurs longues-vues. Nous devons passer par-dessous la mer pour arriver jusqu’à l’île. "

Marine joint la parole aux actes et endosse sa Pandora Box pour se jeter dans l’eau. Avant de l’imiter, Apodis confesse : « J’étais persuadé dès le départ que tu me conduirais dans une aventure impossible ! »


Au royaume d’Asgard : 

Le sourire qui se dessine sur les lèvres des trois hommes est représentatif de la joie de chacun de mettre fin à ce voyage exténuant. Syd, Alberich et Mime rentrent enfin de Blue Graad.

Ayant ressenti leur cosmos en approche, Hilda a fait préparer un cortège pour venir à leur rencontre dès la route de cristal, là où Seiya affrontera Thor dans quelques mois.
Les soldats relâchent les chiens de traîneau pour les soulager et amènent des chevaux aux trois héros, car c’est bien ainsi qu’ils sont considérés.

Hilda s’approche d’eux sur son grand cheval blanc, les obligeant à attendre un peu avant de grimper sur leurs montures.
Ils effectuent une révérence fort prononcée que leur renvoie la prêtresse d’une mine complice :
Hilda - " Félicitations guerriers d’Asgard. Vous êtes parvenus à sauver Blue Graad et à ramener Alexer sur le droit chemin. Mais trêve de bavardages, vous devez être exténués. Je vais vous faire raccompagner jusqu’à chez vous pour vous reposer avant le grand banquet que j’officierai ce soir en votre honneur. "
Syd et Mime s’échangent un regard coopératif, Alberich, lui, montre toutes ses dents en se sentant enfin considéré comme il se doit.


En traversant les hordes de villageois qu’ils rencontrent en remontant jusqu’au Walhalla, Syd salue chaleureusement son ami Thor, tandis que Mime joue quelques notes de sa lyre pour satisfaire davantage les adulateurs. Alberich, lui, ne cesse de lever le poing haut en l’air, afin que les acclamations de la foule flattent encore et encore son ego.
Les retrouvailles entre Siegfried et Syd se font bien plus solennelles que celles avec Thor, mais non moins joyeuses. Avec toute la politesse qui lui est connue, Mime incline à peine la tête devant l’ange gardien d’Hilda sur le parvis du palais, tandis qu’Alberich profite de passer à proximité de lui pour lui souffler du coin des lèvres : « Tu vois mon cher Siegfried, je serai toi je surveillerai ma place, je pourrai prendre goût à être considéré comme tu l’es habituellement, en héros. »
Siegfried se contente de lui lancer un regard sombre, tout en conservant son calme pour ne pas gâcher la fête.
Une attitude que Syd imite en voyant arriver devant lui la Princesse Freiya de Polaris accompagnée de ces amis, Hagen de Merak et, surtout, Bedra de Edel.
Freiya et Bedra effectuent une révérence en l’honneur du brave, alors que Hagen se contente de pencher la tête non sans respect comme l’a fait auparavant Mime envers Siegfried.
Une fois les usages réalisés, Bedra ne tient plus de se jeter dans les bras de son futur époux. Syd accepte l’étreinte avec une certaine retenue. Il n’a pas oublié que sa promise trouve aussi du réconfort dans les bras de son frère lorsqu’il n’est pas là.

Mime vient taper sur l’épaule de son équipier : « C’est là que nos chemins se séparent. Tu as bien mérité un peu de repos. »
Syd - " Ce fut un plaisir de faire équipe avec toi. "
Le trio se sépare aussitôt, prêt à se réunir une dernière fois au festin prévu ce soir en leur honneur.


En Grèce, sur l’île d’Yíaros : 

Au sud de l’île, dans le port réfectionné après l’invasion du Sanctuaire il y a un an et demi, les pontons sont déserts.
L’embargo instauré par le Sanctuaire et l’isolement de l’île qui en découle a fait cesser toute activité maritime pour le sanctuaire d’Hébé.

A bout de force et de souffle, Marine et Apodis atteignent le rivage.
A peine la tête sortie de l’eau et les pieds sur le sol, le Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis hume l’odeur si particulière de cette île, lui rappelant que c’est ici qu’il a passé des nuits paisibles après des années de tourments.

Devant eux, le reste de l’île est dissimulé par une chaîne montagneuse où il n’existe qu’un passage. Celui-ci consiste à longer le chenal qui traverse l’île du nord/est jusqu’au sud.
Apodis - " Nous devons remonter ce cours d’eau. A mon avis, une fois que nous serons entre les deux flancs des montagnes, nous aurons droit au comité d’accueil. "


Marine le suit et ne peut que donner raison à Apodis.
A peine sont-ils arrivés sur les flancs des montagnes, que surgissent une quinzaine de soldats couverts d’une armure azure par-dessus leur tunique bleu marine. Ils brandissent leurs dagues ovales en direction des intrus. Le chef de la cohorte demande : « Vous portez des Pandora Box des chevaliers d’Athéna. Déclinez votre identité ! »
Une voix emplie de sympathie retenti depuis le sommet du col montagneux. L’homme de petite taille, les cheveux bruns hirsutes, le teint brunit par le soleil et marqué par une longue cicatrice affirme à ses hommes : « Ça ira soldats ! »
Le soldat s’exécute : « Bien Seigneur Philémon Saint de bronze du Lièvre. »
Vêtu d’un plastron en métal rouillé par-dessus son maillot noir, le joyeux homme atterrit devant les étrangers. Il fronce ses épais sourcils et reconnaît de ses grands yeux bleus de vieilles connaissances : « Apodis ! Mon ami, tu es revenu ! Et accompagné, si mes souvenirs sont bons, de Marine Saint d’argent de l’Aigle n’est-ce pas ? »
Marine se contente de hocher la tête pour confirmer son identité. Pendant ce temps, le petit grec sert son compatriote dans ces bras : « Tu es sain et sauf ! Je suis tellement content. Juventas aussi sera heureuse de te retrouver. »
Apodis - " Je l’espère Philémon. Je suis également content de te voir en bonne santé. Je vois que tu as pris du galon. Tu officies dans l’armée d’Hébé désormais ? D’ailleurs, je suis surpris de voir autant de soldats. Il n’y en avait plus de vivants au moment de mon départ de l’île. "
Philémon - " Après que le Sanctuaire ait été repoussé, il fallait organiser une milice pour préparer leur retour. Beaucoup de villageois qui ont participé à la révolte se sont portés volontaires pour entrer dans les rangs. Quand aux jeunes, pendant le temps où les athéniens ont été sur l’île ils avaient été formés aux armes. J’ai donc donné un coup de pouce pour achever leur apprentissage. Par contre j’évite de porter ma Cloth ici. Ça fait mauvais genre après les tragiques événements. "

Le ton dominateur de la compagne de Philémon confirme les propos de son amant :
Baucis - " Même si nous vous savons alliés, nous préférons que vos armures ne soient portées qu’en cas de force majeure. "
Apodis reconnaît la jeune femme qui arrive dans leurs dos. Physiquement remarquable puisque sa tenue et ses formes ne laisse personne insensible, son visage est masqué tandis que sa Cloth beige épouse avec sensualité sa poitrine sur volumineuse, sa taille de guêpe et ses cuisses musclées et robustes. Un court bustier grenat habille très peu sa poitrine tandis qu’un short de la même couleur couvre à peine ses fesses rebondies.
Apodis salue la femme chevalier : « Baucis Alcide de la Biche de Cérynie. »
Elle lui renvoie le respect témoigné par Apodis en inclinant légèrement sa tête sur le côté.

Philémon demande à ses pairs : « Alors vous êtes venus vous réfugier ici ? »
Marine répond pour Apodis : « Pas vraiment. Je suis venue demander une audience auprès d’Hébé. »
Ne connaissant pas la japonaise, Baucis marche en se déhanchant jusqu’à elle. Elle la saisit de la main gauche par le menton et glisse ses doigts le long de son masque avec la main droite. Sa main descend le long de son cou et s’arrête juste au creux de sa poitrine sans que Marine n’esquisse la moindre réaction.
Baucis conclut sa provocation en déclarant à Apodis : « Si tu l’as emmené avec toi, c’est que j’imagine que tu sais ce que tu fais. »
Le grec soupire, soulagé de voir la tension redescendre. Sans savoir ce que Marine attend d’Hébé, il souffle : « Naturellement. »


Au royaume d’Asgard, au temple Walhalla : 

Enfin chez lui, dans les appartements du Walhalla, Syd peut maintenant supprimer cette fausse joie qu’il garde sur son visage.
Il défait ses vêtements usés par le voyage, puis enroule son corps d’une serviette de bain sans dire un mot à sa promise.
La blonde aux cheveux soyeux s’inquiète de cette froideur brutale : « Mon amour, tu descends aux bains ? »

Syd ne lui dévoile rien de son intention de descendre se débarbouiller dans l’immense salle de toilettes comprenant différents thermes que se partagent les aristocrates du palais.

Avant qu’il ne prenne la porte, la jeune femme aux yeux améthyste lui barre le chemin. D’une voix friponne, elle lance : « Attends, tu sais que tu as un certain charme avec ce style vagabond ? »
Provocante comme Syd l’aime d’ordinaire, le futur Guerrier Divin ne réagit pas comme l’espère Bedra. Tourmenté par la relation qu’il soupçonne entre sa fiancée et Bud, Syd froncent ses sourcils : « Tu l’as rencontré n’est-ce pas ? »
Bedra - " Pardon ?! "
Syd - " Tu sais qui il est, n’est-ce pas ? "
Bedra - " Mais de qui me parles-tu ?! "
Le visage de Syd est défiguré par la colère : « De mon frère ! »
Il présente la moitié de pendentif qu’il a ramassé à Blue Graad.
Bedra est sans voix. Elle regarde tournoyer le bijou suspendu au bout d’une chaîne.

Démasquée, elle préfère poser cette question qui lui mord les lèvres et qu’elle s’efforçait jusqu’ici de masquer par sa joie de retrouver Syd : « A-t-il a survécu ? »
Syd arrache son propre médaillon et le jette de rage sur sa promise ainsi que celui de son frère : « Alors c’est lui que tu aimes ?! »
Bedra se cache trop tard le visage, l’un des deux morceaux du bijou en forme de c½ur ricoche sur sa joue.
Elle s’effondre en sanglots, ses larmes se mêlent au sang qui s’écoule de sa plaie.

Syd est transformé, il regarde avec une certaine indifférence sa fiancée. Sa voix est sèche et autoritaire : « Réponds-moi ! C’est lui que tu aimes ?! »
Il la relève en l’empoignant par la gorge pour mieux la plaquer contre un mur.
D’un timbre abîmé, étouffée par la colère de Syd, Bedra confesse : « Je ne peux choisir lequel de vous deux je désire le plus. »
C’est seulement lorsque Syd comprend la détresse qui se lit dans les yeux de la belle, des yeux rougis par l’étreinte, marqués par le manque d’oxygène, qu’il revient à lui. Il desserre ses mains et la laisse retomber sur la moquette de sa chambre.
Tel un point mort, elle s’échoue au sol, reprenant difficilement sa respiration.

Il lui tourne le dos, refusant d’être confronté davantage à la vue de cette menteuse.
Après plusieurs expirations profondes, il reprend un ton plus habituel : « Je ne sais pas s’il a survécu. Il m’a sauvé alors que la situation était tendue. Une violente explosion s’en est suivie, c’est tout ce que je sais. »
Bedra - " Syd… Je suis… "
Syd - " Je n’arrive pas à croire que tu ais pu me faire ça. "
Bedra - " Il était… Il est tellement… Toi ! Semblables physiquement, la personnalité de l’un comblait les manques laissés par l’autre. J’aurai voulu pouvoir vous aimer dans le plaisir, sans avoir un jour à choisir… "
Il l’interrompt : « Arrête ! N’en dis pas plus ! C’est déjà suffisamment dur comme ça. »
Bedra - " Je suis désolée, je n’ai jamais voulu te blesser. Je me suis laissée partager entre mon amour pour toi et l’amitié pour lui. "
Syd - " Alors ce n’est même pas une simple attirance qui aurait juste pu servir à combler mon absence ? Tu éprouves malgré tout des sentiments pour cet homme ? "
Bedra - " Il était seul, abattu. Il a tellement manqué d’amour qu’il en voulait au monde entier. Il a tenté de se rapprocher de moi dans le but de se venger de toi. Mais tout comme au fond de toi, j’ai compris qu’il n’avait pas une âme vile. Quand je lui ai déclaré comprendre qu’il n’était pas Syd de Mizar, il m’a alors avoué son histoire. C’est un homme perdu, débordant d’affection derrière cette carapace qu’il travaille. J’ai toujours rêvé qu’un jour il puisse venir à toi pour t’apprendre son existence, pour rattraper ce temps perdu durant lequel vous auriez pu jouir d’un amour fraternel. "
Syd - " Je sais qui il est. Je l’ai su bien avant de te connaître. Je l’ai rencontré durant mon enfance et j’ai fais admettre à mes parents que notre ressemblance physique ne pouvait pas être un hasard. Alors ils m’ont avoué. Ils l’ont toujours aimé… Et moi… Moi je l’ai toujours inconsciemment aimé aussi. Seulement les lois d’Asgard sont ainsi et jamais tout cela n’aurait dû se produire. S’il a réellement survécu à Blue Graad et qu’il se présente à toi, je te conseille de me le dire. Je l’exécuterai et tu le suivras dans la tombe si je découvre que tu me mens de nouveau. "
Bedra - " Que dois-je faire à présent ? "
Syd - " Il est hors de question d’annuler notre mariage. Il en va de la fierté de nos familles. Je ne veux pas que nos noms soient traînés dans la boue à cause d’une femme infidèle. Refuse de le voir, dis-lui de fuir Asgard et qu’il ne remette jamais plus les pieds ici. Mais jamais, ô grand jamais, tu ne dois lui dire que mes parents et moi-même sommes au courant de son existence. Je préfère qu’il me haïsse plutôt qu’il cherche à affronter les lois d’Asgard qui lui ont choisi un tel destin. "
Bedra hésite un instant. Elle balbutie avec chagrin : « Qu’il en soit ainsi. »

Tandis qu’il quitte l’appartement, elle l’interpelle avec timidité : « Syd, je t’aime. »
Syd ne daigne toujours pas la dévisager : « Dans ce cas aime-moi sans me le dire. C’est trop tôt pour que je puisse te pardonner. »


En Grèce, sur l’île d’Yíaros : 

Disséminées tout autour du temple des hommes, le temple d’Héraclès, et du temple des femmes, le temple d’Héra, les habitations se sont reconstruites.
Les villageois s’entraident toujours pour restaurer les demeures des plus démunis.

Après avoir été réquisitionnés par les athéniens, les temples sont de nouveaux des lieux de culte revenus aux mains des prêtres et des prêtresses. Devant ces lieux de recueil, la verdure a poussé autour des statues hébéïennes couchées par les soldats du Sanctuaire.

Les jardins fleurissent à nouveau après avoir été des champs de terre abandonnés sur lesquels les hébéïens imprudents étaient exécutés.

Apodis sourit, ravi de cette reconstruction. Il salue chaque fois avec obligeance les villageois qui le reconnaissent.
Même du temps où il était leur ennemi, la complaisance d’Apodis à l’égard des faibles a toujours été appréciée.

Pourtant, malgré sa politesse, il cherche partout un visage connu qui lui a tant manqué, celui de Juventas.
C’est alors que la foule s’écarte pour laisser passer un chétif être qui marche par petits pas. La petite fille, bien qu’encore faible sur ses jambes, progresse d’un pas décidé vers Apodis.
Le grec a les yeux qui débordent de larmes lorsqu’il reconnaît l’enfant de Juventas pressée de se jeter dans ses bras : « Agape ! Comme tu as grandi ! »
Il la soulève et la fait tournoyer au-dessus de sa tête en riant aux éclats avec elle.
Il la présente à Marine : « Il s’agit de la fille d’Iphiclès, l’Alcide qui a donné tant de mal aux Saints d’or au Sanctuaire, et de Juventas Alcide des Juments de Diomède. Elle a deux ans. Elle est née la même année que Sperarus, mon défunt fils. »

L’intonation si chaleureuse qui lui a le plus manqué le foudroie en plein c½ur. Juventas se joint à la fête : « Elle t’a beaucoup réclamé tu sais. N’arrivant pas à dire Apodis, elle disait souvent « Apopo ». Avant d’abandonner ce nom pour « papa ». »
Apodis soulève avec fierté l’enfant de son amie et la sert chaleureusement dans ses bras.
Il reste de longues secondes émerveillé par le charme de l’Alcide pourtant masquée aux yeux de tous.
Grande, mince, à l’allure très féminine, elle est comme ses semblables, vêtues d’une tunique grenat et porte une Cloth blanche et crème. Ses cheveux couleur taupe descendent en de nombreuses pointes dans son dos et sur son front dissimulé. Sa peau mate, brunie par le soleil de Grèce, lui donne un teint éclatant.
Avec une certaine réserve, face à la foule observatrice, Apodis se cantonne d’un timide : « Je suis très heureux de te revoir. »
Sous le masque aux expressions inquiétantes de Juventas, des larmes coulent : « Moi aussi. »
Le peuple applaudit ces retrouvailles pour féliciter le retour d’un héros. Comme Philémon, il est reconnu pour avoir su se retourner contre les siens qui ½uvrent pour le mal.

Enfin, des applaudissements se poursuivent alors que tous les hébéïens ont cessé de frapper dans leurs mains.
La foule se prosterne à mesure qu’une lumière aveuglante et chaleureuse les inonde.
Apodis et Marine observe la même attitude que l’ensemble des habitants en s’inclinant devant Hébé.
Le Saint de l’Aigle détaille de bas en haut la déesse.
Ses délicats pieds, chaussés de spartiates, aux doigts fins et aux ongles parfaitement manucurés s’enfoncent sur le gazon. Les lacets de ses sandales couleur châtaigne enroulent ses minces chevilles. De ses jambes, Marine n’aperçoit que ses mollets parfaitement dessinés, ses cuisses qu’elle imagine douces et ravissantes sont tenues couvertes par une longue toge de satin, rose, épousant à merveille ses hanches et sa légère taille, agrafée à hauteur des épaules par des broches d’or, métal pur et précieux qu’on retrouve le tour de ses frêles biceps et de ses poignets. Un collier de perle descend jusqu’au creux de sa ferme poitrine pour tenir à son bout un c½ur d’or incrusté de diamants.
Ses mains menues, aux ongles vernis d’or, viennent effleurer ses petites mèches de cheveux qui lui caressent les joues. Ses courts cheveux blonds ne descendent pas plus bas que sa chétive nuque et son front est parfaitement dégagé puisqu’elle est coiffée d’une couronne en forme de feuilles de laurier trempée dans l’or. Son nez est fin, ses lèvres d’un rose innocent paraissent suaves. Ses sourcils subtilement épilés s’accordent à merveille avec ses grands yeux bleus aux couleurs du ciel lorsque celui-ci est au paroxysme de sa clarté.

Hébé - " Bon retour à toi Apodis. "
Apodis se baisse encore plus bas : « Merci de m’offrir votre hospitalité déesse Hébé. »

Devant la déesse, l’atmosphère ondule, comme si l’air venait d’être fendu.
De façon irréelle, apparaît le maître de l’illusion. Le dernier Alcide, ¼dipe des Oiseaux du Lac Stymphale. Son physique disgracieux ne fait pas sourciller Marine, pourtant elle en aurait eu le droit.
L’homme aux genoux distordus, marche lentement. Il traîne les pattes tel un animal abattu.
Le bolivien distance ainsi sa déesse de Marine qu’il ne connaît pas. Ne sachant pas parler, dénué dès la naissance de ses cinq sens, ¼dipe utilise la télépathie pour faire résonner sa voix dans l’atmosphère : « Il me semble ne jamais t’avoir rencontré. Qui es-tu pour recevoir l’insigne honneur de te présenter devant sa Majesté Hébé ? »
La japonaise se contente d’une réponse vague : « Je suis l’Aigle. »
Apodis la dévisage, surpris d’une réaction aussi floue.
Hébé plisse légèrement ses yeux. ¼dipe insiste : « Est-ce ainsi qu’on se présente ?! Veux-tu te soumettre convenablement ! »
Hébé réagit pour Marine : « Ça ira ¼dipe. Elle t’a parfaitement répondu. Elle est l’Aigle. Et elle va me suivre dans mon palais. J’aimerai m’entretenir seule avec elle. »

L’assistance reste pantoise. Marine abandonne Apodis sans la moindre explication.


Au royaume d’Asgard au temple Walhalla : 

Au Walhalla, dans la salle de réception, la fête bat son plein.
Comme à Blue Graad, Mime accompagne les musiciens d’Hilda à la lyre tandis que Syd reste attablé en compagnie de Bedra et de leurs parents en faisant mine de vivre un parfait bonheur.
Bedra a le visage enroulé par une écharpe qui remonte sur le haut de son visage, de façon à masquer sa joue blessée et son cou bleui par la marque des mains de son fiancé.

Pendant ce temps, Alberich n’a de cesse de se complaire des éloges que lui font les convives d’Hilda, à commencer par cette dernière.
Cela a pour conséquence de provoquer l’hilarité d’Hagen et le manque d’appétit de Siegfried. Les deux amis positionnés aux côtés d’Hilda et de Freiya se navrent de manière différente du comportement de leur compatriote. En observant les femmes intéressées par ce succès d’Alberich, Hagen bouscule Siegfried avec son coude : « J’ai l’impression que pour une fois il ne repartira pas seul. »
Le cynisme de Siegfried tranche avec la bonne humeur d’Hagen : « Qu’il en profite, cela ne durera probablement pas. »


A Jamir :

Le calme de la contrée himalayenne fait réagir de façon différente les apprentis de Mû.
Depuis une semaine qu’ils se sont invités chez le Saint du Bélier, ils s’exercent à leur manière pour trouver la voix du septième sens d’après la présentation que leur en a fait Mû.

Mei et Yulij espèrent le maîtriser en repoussant leurs limites en se livrant bataille sans cesse.
Nicol en ouvrant son esprit à la nature chaque jour en allant s’isoler dans la montagne.
Médée en demandant sans cesse à son époux de lui faire partager son expérience des champs de bataille et de son apprentissage auprès de Shion.

Pour la muvienne, c’est l’occasion de passer davantage de temps avec l’être aimé.
La dure réalité leur rappelle que des Guerres Saintes ont déjà éclaté ces dernières années et qu’elles n’étaient rien par rapport à celles qu’ils allaient tous les deux devoir livrer dans les mois à venir.
Régulièrement tranquilles grâce à l’entraînement de leurs convives, ils profitent de ces instants pour partager le plaisir de l’amour en oubliant pendant ces minutes leur dure mission de chevalier.
Dans une couche en osier, elle émerge progressivement de son court sommeil. La tête appuyée sur le torse magnifiquement sculpté de son mari, elle soupire : « Suis-je la seule à m’être assoupie ? »
Mû - " Je suis trop préoccupé pour trouver le repos. "
Médée - " Qu’est-ce qui te préoccupe ? "
Mû - " Toi. Chaque jour tu progresses. Et cela pour aller jouer ta vie sur les champs de bataille. Moi je suis Saint d’or. Ma mission me vaudra très certainement la mort. J’en suis conscient. Mais si tu venais à partir toi aussi dans tous les combats que nous aurons à mener, que restera-t-il de nous ? "
Médée - " La mort est-elle obligatoirement notre seule issue ? "
Mû - " Si tu vas au Sanctuaire bousculer la hiérarchie de l’usurpateur, alors oui ça sera le cas. "
Médée - " Tu me demandes alors de fermer les yeux sur ce qui se trame en ce moment. "
Mû - " Pas nécessairement. Mais ces Saints de bronze au Japon, leurs techniques se perfectionnent de combat en combat. Ils ont réussi à égaler des Saints d’argent voire à les surpasser. Je ne serai pas surpris qu’ils renversent le Sanctuaire sans que tu ais besoin d’intervenir. "
Médée - " Tu me mets sur la touche si je comprends bien. "
Mû - " Tu assisteras le Sanctuaire le temps voulu. Il y a encore bien des dangers qui le guettent. "
Médée - " Attendons de voir comment va évoluer la situation. "


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, au centre de l’île : 

Au c½ur de l’île, là où la majorité de la population hébéïenne est regroupée, la demeure de Juventas vit de précieux instants.
Penché au-dessus du petit lit d’Agape, Apodis reste rêveur devant le visage endormi de l’enfant.
Juventas, dévêtue de sa Cloth, lui précise : « Elle ne s’était pas endormie aussi rapidement depuis ton départ. »
Apodis - " Vous m’avez terriblement manqué toutes les deux. "
Juventas ôte son masque et arbore une mine radieuse. Ses grands yeux dévorent Apodis : « Pour combien de temps es-tu là ? »
Apodis - " À vrai dire je n’en sais rien. Je ne sais pas ce que manigance Marine. Elle me paraît bien étrange. L’ordre du jour n’est plus de renverser le Sanctuaire mais de l’aider elle pour une mission bien plus importante. "
Juventas - " Dans ce cas là, si elle vient chercher l’aide d’Hébé, c’est que nous ferons certainement équipe. "
Apodis se rapproche d’elle et la serre contre sa poitrine. Malgré l’épaisse couche de muscle qui barde sa cage thoracique, Juventas peut entendre le c½ur de l’athénien cogner fort dans sa poitrine.
Apodis - " Quelle que soit mon rôle, je tiendrai ma promesse. Je te reviendrai en vie. "
Elle lève les yeux vers lui et pousse très légèrement sur la pointe de ses pieds pour hisser son mètre soixante douze au mètre soixante quinze d’Apodis.
Enfin, ils s’échangent un long baiser durant une étreinte passionnée…


Au royaume d’Asgard au temple Walhalla :

La fête à l’honneur des héros s’achève à mesure que les invités regagnent leurs appartements à l’intérieur du Walhalla ou leurs domaines tenus dans les environs du palais.

Bedra de Edel salue les derniers invités d’Hilda ainsi que cette dernière en affichant une fausse euphorie. Elle laisse seul Syd, obligé de raconter pour la énième fois les détails de son combat contre Alexer aux derniers participants au repas.


En retrouvant sa chambre, Bedra abandonne au sol l’épais foulard qui lui enroule le cou et masque sa blessure à la joue. S’ensuivent le reste de ses vêtements pour qu’enfin, d’une parfaite nudité, elle puisse se blottir dans ses draps.

N’arrivant pas à fermer l’½il, l’esprit trop ennuagé par les derniers événements, elle se met à fondre en larmes.

Soudain, depuis l’ombre laissée par le reflet de la lune sur la cheminée, une voix familière la surprend : « Je ne ressens que du chagrin dans l’univers que tu dégages. »
Bedra bondit de son lit en reconnaissant le jumeau de son futur époux. Elle vient lui tomber dans les bras et l’embrasse ardemment : « Par Odin ! Tu es vivant ! »
Bud l’enlace bien fort pour la convaincre qu’il est sain et sauf.

Malheureusement, les retrouvailles deviennent moins enjouées à mesure que Bedra comprend qu’elle est confrontée à une dure réalité. Entre son engagement envers Syd et son désir pour l’ermite, elle doit faire un choix.
Son sourire se charge brusquement d’une affliction. Les chaudes larmes qui lui viennent à nouveau surprennent Bud : « Que t’arrive-t-il ? »
Elle baisse honteusement la tête, souffrant de la décision qu’elle sait devoir prendre. Son mouvement fait remarquer à Bud les marques des mains de Syd sur le cou de l’aristocrate : « Qui… Qui t’a fais ça ?! C’est Syd ?! C’est lui n’est-ce pas ?! Il a osé ?! Et… Et ta joue ?! »
Tandis que le visage de Bud se charge d’une rage folle, Bedra le prend au vif : « Va-t-en ! »
La colère du jeune homme laisse place à l’incompréhension : « Pardon ? »
Bedra - " Tu as bien compris. Je ne veux plus te voir. "
Interloqué, il persiste : « Tu n’es pas sérieuse ? Que t’est-il arrivé ? Tu n’as pas l’air dans ton état normal… »
Bedra lui coupe la parole : « J’ai voulu vous aimer les yeux fermés, rester celle que vous désiriez tous les deux sans jamais avoir à choisir. Néanmoins, la réalité me rattrape. Aujourd’hui je suis obligée de me décider. »
Bud refuse d’abdiquer : « Alors tu privilégies l’empire que mon frère te propose à l’espoir d’un amour infini… »
Bedra se cramponne le c½ur. Elle le sent cesser de battre à mesure qu’elle ment pour le bien des deux hommes qu’elle aime : « Je choisis simplement la voix de l’amour. C’est lui que j’aime, pas toi. »
Bud reste sans voix, il tente un ultime geste vers elle qu’elle refuse en reculant d’un pas davantage décidé : « Va-t’en à présent. Et ne reviens jamais. »
Bud - " Je… Je t’ai toujours… "
Il fait la mou, remplit ses poumons d’oxygène pour retenir son chagrin puis se résout.
En baissant la tête, il prend la direction de la fenêtre par laquelle il avait l’habitude de fuir après leurs instants secrets partagés autrefois.
Un pied en appui sur le rebord de la fenêtre, prêt à prendre toute son impulsion pour quitter les lieux, Bud présente pour la première fois devant Bedra ce regard froid qui le caractérise habituellement : « Une fois de plus Syd m’a pris ce qui me revenait. Je le maudis… Oui, je le maudis du plus profond de mon être et je jure sur Odin que je reviendrai malgré ton souhait. Je reviendrai plus fort pour prendre cette place qui doit être mienne auprès de la cours d’Asgard et surtout auprès de ton c½ur. »
Sans même lui offrir un dernier regard, il disparaît dans les forêts enneigées où il a grandi.

Hagarde, la riche héritière de la famille de Edel traîne les pieds jusqu’à la fenêtre pour la fermer. Elle exécute mécaniquement les gestes nécessaires pour la clore puis s’assied au pied de son lit. Sans la moindre étincelle de vie dans son regard, elle passe doucement ses doigts sur sa joue marquée à tout jamais par son adultère. Cette cicatrice qui lui restera gâchera aussi péniblement sa beauté que les souvenirs qu’elle retiendra de ces moments passés où elle a pu aimer deux hommes et être la plus comblée des femmes.
Enfin, petit à petit, comme si l’air dégage une odeur inhabituelle, elle sent ses narines être prises d’une étonnante brûlure. Le cruel parfum de la réalité la rattrape, lui déchire son âme.
Renoncer à l’un des hommes qu’elle aime, c’est comme renoncer à une partie d’elle-même.


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos : 

A l’intérieur du palais d’Hébé, de nombreux habitants travaillent à sa réfection. Le bâtiment a beaucoup souffert de la tentative d’assassinat perpétrée contre la Déesse de la Jeunesse.
La grande salle de réception, vidée de toute présence, autre que celle de Marine, à la demande de la maîtresse des lieux, témoigne de la violence des combats livrés ici. Le plafond est toujours ouvert par plusieurs trous faits dans la roche. Les murs sont encore couverts de sang, les tentures arrachées et le marbre au sol fissuré.

Cependant, Marine n’est guère étonnée. Elle achève ses explications en tendant le bracelet où sont marqués les symboles de Pégase et de la Chouette : « … Et c’est pourquoi j’ai besoin de votre divin cosmos pour localiser le second bracelet. Un autre cosmos divin l’a scellé et m’empêche de faire le lien entre les deux artefacts. »
Hébé - " D’après tout ce que tu m’as raconté, ce bracelet sera certainement surveillé. Il vous faudra combattre, Apodis et toi, des Anges de l’Olympe. "
Marine - " Très certainement en effet. "
Hébé - " Apodis semble disposer d’une cosmo énergie impressionnante. Bien différente de celle qu’il détenait quand il a quitté l’île la dernière fois. Mais ça ne sera pas suffisant. Si la conspiration de l’Olympe que tu m’as exposé s’avère exacte, alors il est capital que vous réussissiez cette mission. Je vais donc joindre mes forces à votre succès. "



Le 19 octobre s’achevait sur encore bien des mystères et des morts.
Au Japon, Jamian, Dante et Capella avaient péri face aux Saints de bronze.
Sur Yíaros, Marine devenait de plus en plus énigmatique. Celle qui s’était faite appeler l’Aigle devant Hébé, semblait avoir un lien privilégié avec les dieux.
J’étais loin de me douter que la dernière Guerre Sainte se jouait déjà et que j’allais en être un acteur majeur.

82
Non. Si ce n'est pas pour le moment c'est que je n'ai aucune date en tête.

83
Pas de saison 4 de prévu pour le moment.
Pour le moment, seule votre imagination peut vous dire ce qui se passera par la suite.

84
Cinétélébouquins / Re: [Séries TV] La loi des séries
« on: 11 August 2015 à 16h31 »
On me dit souvent que la série Daredevil est la meilleure à ce jour mettant en scène un super-héros. Info ou Intox ?

D's©
Perso j'ai bien accroché. Pas forcement la meilleure, tous les gouts sont dans la nature, mais franchement quelque chose de bien. Et enfin du Marvel un peu sombre !

85
Merci beaucoup pour vos impressions.

86
Félicitations aux futurs parents.

87
シナラムから日本へ / Re: Dessins animés du moment
« on: 1er April 2014 à 20h39 »
je dirai même pas que Saint Seiya Saintia Shô va avoir l'honneur d'une adaptation animé de 52 épisodes
-_-

88
Only for Love / Re: Chapitre 52 - Renaissance
« on: 4 March 2014 à 16h40 »
le prochain devrait arriver en milieu de mois.

89
Only for Love / Chapitre 52 - Renaissance
« on: 11 February 2014 à 21h44 »
Une Guerre Sainte avait eu lieu en Sibérie. Je ne l’avais pas ressentie.
Mei et ses amis approchaient de Jamir. Je ne m’en doutais pas.
Ksénia était repartie auprès de l’Olympe. Je n’en avais même pas idée.
Les camps d’Arès et d’Hadès se renforçaient. Je ne m’en préoccupais pas.
Le Sanctuaire avait envoyé au Japon les Saints d’argent. Je ne l’aurai jamais soupçonné.

Non, moi j’errais. J’errais de pays en pays, mourant de faim et de soif, agonisant de mes plaies qui ne cicatrisaient pas, brûlées par les lanières en cuir de ma Pandora Box rentrées au plus profond de ma chair. Je m’imaginais rejoindre mon fils et ma femme.
La douleur devenait de plus en plus supportable.
Mon corps s’affaissait peu à peu et j’allais mordre la poussière à quelques mètres de la frontière qui sépare la Turquie à la Grèce…



Chapitre 52 - Renaissance

Quelque part à la frontière qui sépare la Turquie à la Grèce :

13 octobre 1986.
Apodis a le visage écrasé dans la poussière. Son bras gauche, toujours gelé par le Diamond Dust encaissé sur Yíaros, ne l’aide pas à s’extirper de cette honteuse condition.
Toujours en route pour l’île Kanon après sa rencontre avec le vieux maître Dohko, il y a près d’un mois, le Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis rampe tel le vermisseau qu’il est devenu.
Sa gorge lui brûle, elle est sèche. Ses lèvres sont craquelées et son estomac crie famine. Ses plaies sont toujours à vif.

« Je sens de moins en moins la douleur. Je quitte peu à peu ce monde. Je vais retrouver ma femme et mon fils… », s’imagine-t-il.
Il retire les lanières de sa Pandora Box qui l’écrase contre le sol et se tourne sur le dos pour observer le soleil brûlant.
Ce soleil lui rappelle celui qu’il observait aux côtés de Juventas et de la fille de celle-ci sur Yíaros : « Juventas… Je lui ai promis que je reviendrai auprès d’elle. »
Ses flous souvenirs sont interrompus par le passage continu de vautours au-dessus de lui.

Cette situation et ses souvenirs lui redonnent la force de reprendre sa route. Il s’écrie dans la douleur : « Je n’ai pas le droit d’abandonner ! »

Soudain, une voix familière lui répond : « C’est bien ce que j’espère. »
Apodis, les yeux à peine ouverts, réclame : «  Qui est là ? »
Il distingue difficilement, de ses yeux mi-clos, les chaussettes blanches par-dessus les collants rouges d’une jeune femme venue à son secours.
Couverte de sa Cloth bleue et cachée sous son masque, la Saint d’argent de l’Aigle à l’opulente chevelure rousse soulève par-dessus son épaule le bras droit d’Apodis :
Apodis - " Ma… Marine c’est toi ? "
Marine - " Tais-toi. Garde des forces pour tenir le coup jusqu’à l’île Kanon, je t’y emmène. "


Sud/est de l’Asie centrale, l’Himalaya :

A la frontière de la Chine et de l’Inde se trouve une région montagneuse où culmine à près de six milles mètres d’altitude la terre du diable.
Là-bas, l’oxygène se raréfie et les tibétains eux-mêmes ne s’y aventurent jamais, le nom de ce territoire est « Jamir ».


Au bas des montagnes himalayennes, la foule venue à dos de mules, de bovins ou de vieux véhicules motorisés, se dispersent sur un marché immense.
Paysans, touristes, moines, occidentaux et orientaux se laissent séduire par les spécialités locales. L’agriculture de l’orge, du blé, du seigle et des pommes de terre est très prisée par les paysans. Tout comme le coton, le chanvre et le soja. Les éleveurs, prennent plaisir à y trouver de nombreux animaux pour leurs élevages personnels, comme les yacks, les moutons et les chameaux.
Quelques alcools locaux ainsi que l’artisanat, comblent les touristes du monde entier.


Une halte dans cette dernière zone habitée a permis à Mei et ses compagnons de reprendre des forces. Yulij est la première à féliciter Médée, la régionale de l’étape : « Cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu droit à un vrai repas. »
Le meneur du groupe, Nicol, précise : « Sept jours exactement. Cela fait sept jours que nous traversons le monde pour venir jusque chez Médée. »
Mei - " Heureusement que nous avons quand même utilisé une infime partie de notre cosmo énergie pour nous déplacer. Sans quoi nous serions encore loin d’être arrivés. "
L’épouse de Mû justifie : « Faire appel à plus de cosmos aurait permis au Sanctuaire de localiser nos positions. Une fois arrivée à Jamir, nous aurons tout le luxe de dévoiler nos potentiels. Le magnétisme des montagnes empêche la télépathie pour ceux qui ne la maîtrisent pas parfaitement. »
Nicol - " De plus, il me semble que nous serons en sécurité, là-bas, auprès de ton mari n’est-ce pas ? "
Médée - " En effet, mon mari est très respecté malgré ses divergences d’opinion avec le domaine sacré. Mais ce n’est pas tout. Pour parvenir jusqu’à lui, il faut passer le cimetière des armures. Voilà pourquoi j’ai préféré que nous nous arrêtions prendre quelques forces. "
Le Saint du Sextant s’inquiète :
Yulij - "  Le cimetière des armures, qu’est-ce donc ? "
Médée - " Jamir est défendue par une tour. Elle sert de lieu de travail et de vie à mon mari. Derrière, plus loin, réside les muviens, les descendants du peuple du Mû et habitants de Jamir. Le cimetière des armures sert de rempart à Jamir. C’est un lieu où les gens se perdent et errent sans fin. Les intrus finissent par se retrouver en ce lieu où des squelettes de guerriers encore vêtus d'anciennes Cloths en débris les attendent. Il s’agit des fantômes de ceux qui ont voulu s’aventurer de trop près. "
Mei, plutôt fier, affiche un certain mépris : « Des faibles donc ! »
Médée - " Détrompes-toi. Dans le lot, beaucoup de Saints d’argent désireux de faire réparer leurs armures y ont perdu la vie. Et rejoins les rangs, par la force des choses. "
Yulij - " Oui, mais toi qui vient de Jamir, ils te laisseront passer n’est-ce pas ? "
Nicol répond pour Médée : « Traverser le cimetière des armures est une épreuve. Un test. Il faut être digne de pouvoir atteindre Jamir. Notre maître Arlès, originaire de cette contrée, me disait souvent qu’il devait chaque fois prouver sa valeur lorsqu’il revenait sur sa terre natale. »
Mei taquine Yulij qui semble inquiète. Il dépose sa main sur son épaule : « Ne t’en fais pas va, je te protégerai. »
Nicol étale tout son savoir : « Ce n’est pas si simple. Pour traverser le cimetière, il faut attaquer sans se retourner. Mon maître disait qu’il fallait avancer. Sans cesse avancer. Quoi qu’il arrive. »
Mei continue de badiner auprès de Yulij : « Mince, tu n’auras pas intérêt à te trouver derrière moi. Sans quoi je ne pourrai pas venir te chercher. »
Yulij, vexée, dégage la main que Mei a déposé sur son épaule : « Ça ira je te remercie. »


Dans la Méditerranée, non loin de la Grèce, sur l’île Kanon :

Visible depuis le Sanctuaire, cette petite île de la Méditerranée est réputée pour les vertus de son volcan en éveil constant. Ses vapeurs ont des propriétés curatives, capables de soulager et développer les pouvoirs des Saints meurtris.

« Un homme normal n’y survivrait pas », pense Marine en traversant le seul village de l’île Kanon.
Vêtue de sa Cloth, portant d’un bras Apodis et de l’autre la Pandora Box de l’Oiseau de Paradis, la Saint d’argent de l’Aigle n’attire même pas la curiosité des habitants.

Le peuple a été habitué au fil des siècles à voir débarquer ici des chevaliers.
Ce domaine annexé par le Sanctuaire reçoit régulièrement des navires du Port du Destin venu les ravitailler.
La monnaie est le sacre, celle du domaine sacré.
Les villageois vivent du commerce des pierres de lave, auxquelles on assimile des bienfaits réparateurs pour de simples humains. Ainsi, le commerce de ces pierres auprès des marchands du Sanctuaire permet aux habitants de l’île Kanon d’acheter boisson et nourriture puisqu’ils ne peuvent rien cultiver sur le peu de terre aride dont ils disposent.

Apodis revient peu à peu à lui : « Marine… Sommes-nous déjà arrivés ? »
Marine - " Oui, j’ai pu me déplacer rapidement grâce à ma cosmo énergie. Accroche-toi, nous sommes tout proche. "


Alors qu’ils entament l’ascension du cône montagneux, la silhouette d’un vieillard rabougri aux cheveux grisonnants se positionnent sur le perron d’une vétuste maison comme toutes celles de cet antique village.
L’observateur, d’un signe de la main, appelle deux soldats qui sortent du logis. Ils emboîtent le pas à l’infirme qui s’aide d’une canne pour marcher.
Un des deux hommes demande au vieux borgne : « Seigneur Gigas, pourquoi suivez-vous ces Saints ? »
Gigas - " Parce que l’un d’eux est activement recherché par le Pope et que l’autre ne peut être qu’une traîtresse puisqu’elle l’accompagne. Je tiens mon billet pour rentrer en grâce aux yeux de notre maître. La défaite de Ennetsu Saint et ma fuite seront bientôt du passé. "


Plus haut, Marine descend au c½ur du volcan, au plus près de la lave. Sans crier garde, elle balance l’urne d’Apodis dedans.
Apodis - " Marine ! Tu es folle ! Comment pourrais-je la récupérer ? "
Marine - " La fumée du volcan ne fera pas de miracle. Vu ton état et celui de ton armure, seule la lave pourra vous guérir rapidement. "
Apodis - " Mais c’est de la folie, jamais je ne pourrai me jeter là-dedans sans mourir. "
Marine - " Alors c'est qu’Orphée ne t’a rien appris ! Si tu visualises la cosmo énergie qui est en toi, alors tu sauras l’appréhender, la contrôler. Si tu y parviens, alors tu modèleras ton cosmos selon ton bon désir. Il t’enveloppera, te protégera. Et alors tu ne feras qu’un avec le magma et n’importe quel élément qui t’entoure. "

Marine abandonne Apodis au bord du magma. Il tombe devant comme un poids mort.
Marine - " Je t’attendrai au village tout en bas. Sache que j’en sais beaucoup sur les catastrophes de la Journée Sainte qui ont coûtées la vie à ta mère et on fils. Si tu veux en savoir plus, rejoins moi là-bas. "
Elle remonte aussitôt les parois, laissant le Saint affaibli au bord des larmes. Apodis, sûr de mourir ici, n’entrevoit que le désespoir…


Himalaya, à l’approche de Jamir :

L’équipe de Mei a repris sa progression. Au milieu des montagnes, face à un épais rideau de brume, à la file indienne, Pandora Box sur le dos, la bande s’enfonce dans le brouillard.

En bout de file, Yulij, positionnée juste après Mei, constate : « Le brouillard est devenu si épais que je ne peux voir où je mets les pieds. »
Nicol, derrière Médée qui dirige la bande, reconnaît : « Oui. De plus l’oxygène se raréfie. »
Mei - " Moi, depuis quelques mètres, j’ai le sentiment que le sol craque sous mes pas. "
Yulij frissonne : « Oui, de plus, j’ai l’étrange sensation que nous sommes observés par la mort… »

Médée stoppe sa marche et s’accroupit. Elle balaie de sa main le brouillard qui l’empêche de distinguer sur quoi ils piétinent. Elle identifie ce qu’elle croit être un ossement : « C’est parce que nous sommes arrivés au beau milieu du cimetière. »

Des voix sorties de l’inconnu donnent raison à la muvienne : « Où allez-vous imprudents ? »
Un second esprit les met en garde : « Vous êtes à la frontière de Jamir, le territoire des héritiers du continent de Mû. »
Un troisième complète : « Partez si vous tenez à la vie. »

La régionale de l’étape prend la parole : « Je suis Médée de Jamir. Saint de bronze du Burin du Graveur et je viens rentrer chez moi pour… »
Un coup jaillit de la brume pour cogner en plein estomac la jeune femme.
Elle s’écroule sur le sol pendant que des centaines de squelettes se forment.
Yulij - " Incroyable ! De sous nos pieds s’élèvent dans les cieux tous les ossements et les débris d’armures pour former des chevaliers-squelette. "
Mei ironise : « On se croirait dans un mauvais roman féerique ! »
Nicol relève Médée et rappelle au sérieux son équipe : « Ce n’est pas le moment d’être cynique. Nous devons reformer notre ligne et foncer jusqu’à Jamir. »
Un premier fantôme réagit : « C’est très bien pensé. Mais pourrez-vous avancer tous ensemble sans vous accabler des faiblesses de l’un de vous ? »
Médée, en tête de file, charge les rangs ennemis : « Il n’y a qu’une seule façon de le savoir ! »
Elle assaille le premier adversaire genou en avant, de quoi décrocher sa tête du reste de sa carcasse. Elle esquive ensuite les coups des deux squelettes suivants, laissant le soin à Nicol de les mettre hors d’état de nuire.
Derrière eux, Mei veille à garder le chemin ouvert pendant que Yulij repousse ceux qui auraient profité du léger laps de temps entre leur passage pour se reconstituer.

Bientôt proches de la sortie, Médée et Nicol finissent de coucher les derniers piliers, pendant que Mei se retourne avec désinvolture en direction de Yulij toujours sur le qui-vive : « Je t’avais bien dit qu’il n’y avait rien à craindre. »
A cet instant, un chevalier-squelette profite de ce manque de sérieux pour le cogner à la tempe. Sonné, le japonais s’écroule sur le côté.
Yulij défait l’adversaire de son ami et le rattrape par le bras alors que sa chute n’en finissait pas.
Le Saint de la Chevelure de Bérénice revient à lui, suspendu au-dessus du vide. La brume se dissipe, ne laissant apparaître qu’un étroit pont de pierre en dessous duquel gisent les chevaliers-squelette et les corps des malheureux qui, comme lui, ont manqué de discernement.

De l’autre côté du pont, les mains sur les hanches, l’attendent Médée et Nicol. Ce dernier esquisse un rictus désolé en réponse à l’impertinence de l’apprenti de Deathmask.
Blessé au plus profond de lui, Mei découvre enfin ce qui le tient encore dans ce monde.
Yulij le retient par le bras : « Tu ne voudrais pas t’aider un peu pour te remonter. C’est qu’avec ta Pandora Box sur le dos tu n’es pas très léger tu sais. »
Avec son autre bras Mei prend appui sur le pont pour s’extirper de cette situation où il se sent pitoyable. Sa camarade plaisante à son tour : « Heureusement que j’étais derrière pour veiller sur toi. »
Mei marmonne dans sa barbe jusqu’à ce que Nicol rappelle les cadets du groupe : « Allons, du calme. Nous sommes bientôt arrivés. »


Dans la Méditerranée, non loin de la Grèce, sur l’île Kanon :

Abandonné à côté d’une cascade de lave, Apodis hésite.
Il ne se sent pas le courage de plonger récupérer son armure. Il n’a même pas la force de se relever. Rien que la température extérieure l’étouffe. Cela ne l’aide pas à surmonter ses doutes. Il n’ose pas imaginer la chaleur de la lave. Son corps suinte et sa peau le brûle déjà.


Plus bas, sur le versant du volcan, Marine réfléchit : « Apodis, tu as bénéficié de l’entraînement du meilleur des Saints d’argent. Bien que tu sois Saint de bronze, tu es prêt à endurer dès à présent cette épreuve. Orphée t’a préparé au septième sens, il n’appartient plus qu’à toi de t’y éveiller définitivement. Si j’avais eu le temps d’apprendre à Seiya à atteindre ce même niveau, j’aurai agi de la même façon en l’abandonnant ici. Le sort de la terre en dépend. »

Un raclement de gorge perturbe la japonaise dans ses pensées.
Elle identifie très rapidement la personne qui en est l’origine : « Gigas ! »
Le général déchu est accompagné par un soldat, tandis que le second arrive dans le dos de Marine : « Je vais pouvoir vous ramener au Grand Pope. Je récupérerai ainsi ma place auprès de lui. Quelle aubaine n’est-ce pas ? »
Marine - " Comment tu le dis, c’est une véritable aubaine. Je comptais faire le point auprès d’Apodis sur les récents événements du Sanctuaire. Tu pourras m’y aider lorsqu’il sera rétabli. "

Ne l’entendant pas de cette oreille, Gigas envoie ses deux hommes sur la jeune femme.
Celui dans le dos de Marine se jette poing en avant. Sans même le regarder, elle l’esquive facilement en tournant sur elle-même. Elle renvoie le second à côté de l’autre en le frappant d’un coup de pied au menton.
Ses assaillants lui faisant face tous les deux désormais, Marine les achève grâce aux Météores : « Ryu Sei Ken ! »
Les malheureux meurent sur le coup devant Gigas.

Le vieillard se met rapidement à genoux : « Je t’en prie Marine, ne me fait pas de mal. Je suis certain qu’avec ta force nous pouvons faire de grandes choses toi et moi. Pourquoi n’irions nous pas chercher Apodis pour le livrer au Pope ? Il nous pardonnera certainement tous les deux et ainsi nous remontrons dans son estime et… »
Marine soulève Gigas en l’attrapant par le col : « Nous demanderons à Apodis ce qu’il en pense quand il reviendra du volcan. En attendant nous allons discuter. J’ai plusieurs questions à te poser… »


A Jamir :

A l’intérieur de l’immense tour sans porte, assis en arc de cercle sur un tapis autour d’une cheminée où le feu chauffe une théière suspendue, Nicol, Yulij et Mei observent l’architecture de ce lieu antique.

Mei se lève prendre l’eau brûlante. Il la verse dans trois tasses posées sur un plateau en bois peint aux motifs d’animaux de la région et au fond desquelles se trouvent des feuilles séchées.
L’élève de Deathmask s’impatiente : « Ils commencent à être longs. »
Nicol lui rappelle les bonnes manières : « Un Saint d’or nous fait l’insigne honneur de nous recevoir dans sa demeure et de nous offrir le thé. Profitons-en pour nous remettre de nos émotions, pendant que Médée finit de lui exposer la situation. »
Face aux nerfs d’acier du Saint d’argent, Mei opte difficilement pour la diplomatie. Il retourne poser son postérieur sur l’épaisse étoffe où sont brodés des éléphants.


A l’étage inférieur, vêtu d’une longue toge blanche ajustée autour de son cou qui descend jusqu’à son bas ventre et dans le creux de son dos, Mû passe subtilement sa main sur le visage, défait de son masque, de sa femme. Il dégage quelques mèches vertes de son front où sont présents deux points de même couleur que les siens, symbole de ses origines muviennes. Il l’embrasse pour la énième fois avec délicatesse. Ses doigts descendent le long de sa colonne nasale et glisse jusqu’à sa petite bouche aux lèvres charnues : « Je suis si heureux que tu me sois revenue saine et sauve, après tous les risques que tu as pris. »
Médée - " Tu comprends maintenant pourquoi je veux que tu nous prodigues tes connaissances ? "
Mû - " Je ne veux pas être le professeur qui vous guidera vers la mort. Combattre le Sanctuaire est dangereux. "
Médée - " Et Kiki alors ? Tiens, en parlant de lui, où est-il ce garnement ? "
Mû - " Je l’ai justement laissé à Seiya et ses compagnons. Avec la rébellion menée contre le Sanctuaire au Japon, j’ai trouvé que ce serait un bon exercice pour Kiki de vivre la tension de tels événements. C’est l’occasion de lui faire gagner en maturité sans l’exposer directement aux combats. "
Médée - " Et pour nous ? "
Mû - " Je vais aller parler à tes amis. "


En haut, trop empressé, Mei n’a pas résisté à l’envie de visiter davantage l’étage.
Contre les recommandations de Nicol, il vient s’étaler dans une couche en osier faite à la main : « S’il faut encore attendre des heures, je préfère me mettre sur quelque chose de plus confortable que sur ce tapis. »

La voix calme et retenue du Saint d’or rappelle toutefois à l’ordre le Saint de bronze : « Voici donc le remerciement qu’un brave est en droit d’avoir, lorsqu’il t’offre l’hospitalité ? Je reconnais bien là les manières de Deathmask. »
Mei s’insurge : « Qui que vous soyez je vous interdis de porter un tel jugement sur mon maître. Il a toujours été bon et généreux envers moi. L’éducation qu’il m’a donnée, était basée sur le respect. Malgré la découverte de ses actes abominables, je refuse qu’on puisse librement salir son nom. »
Mû maintient un ton courtois malgré des propos durs : « Dans ce cas tiens-toi convenablement, si tu ne souhaites pas être jugé comme un vaurien. »
Mei serre les poings : « Répète un peu ! »
Mû - " Quoi donc ? Le fait que je te demande de te tenir mieux que ne le ferait un singe ou bien le fait que tu ne sois qu’un prétentieux qui ne supporte pas d’entendre la vérité ? "
S’en est trop pour le japonais qui se précipite sur le propriétaire.
Il balance son pied en avant sous le regard désarçonné de Nicol qui déplore déjà la conduite de son camarade.

Mû, les yeux fermés, tend simplement le bras pour immobiliser dans les airs le jeune homme : « Ridicule. »
Il s’amuse à faire tournoyer dans la pièce son bouc émissaire et s’adresse aux autres pendant que Mei l’invective : « Finalement, quand je vois votre niveau, je comprends que Médée me demande de vous ouvrir la voix vers un entraînement plus complet. »
Il relâche enfin Mei qui se réceptionne sur le postérieur, l’air totalement idiot.
Mû lui sourit pourtant : « Quand tu sauras te défaire de ma télékinésie, alors tu imposeras le respect. En attendant, tant que tu seras ici, tu me présenteras un minimum d’égard. »
Trop fier, Mei ramasse sa Pandora Box et l’enfile sur son dos : « C’est complètement ridicule. J’ai déjà réussi à entrapercevoir le septième sens. Je n’ai pas besoin de ce guignol qui se prend pour je ne sais qui. »
Il crache sur le sol de la demeure et saute depuis la fenêtre pour quitter Jamir, sous l’½il désemparé de ses compagnons…


Dans la Méditerranée, non loin de la Grèce, sur l’île Kanon :

Seul, étendu au bord du précipice, Apodis commence à se sentir mal.
La chaleur l’insupporte.
Cependant, alors qu’il commence à perdre connaissance, sa détermination est renforcée par les propos de Marine. Celle-ci sait ce qu’Apodis veut savoir. Les réelles circonstances de la mort de sa famille.
« Je n’ai pas de temps à perdre. Aussi meurtri que mon corps, ma Cloth s’enfonce dans les abysses brûlants de seconde en seconde. Plus que jamais je dois mettre en application les enseignements de mon maître Orphée. Je vais me jeter tout entier dans ce volcan, en luttant grâce à ma cosmo énergie. Ainsi, je me régénérerai plus vite et je développerai davantage mes facultés. », décide-t-il.

Avec son seul bras droit encore valide, il se hisse jusqu’au bord de la falaise de lave.
Ayant à peine la force d’ouvrir un seul ½il, il observe le tourbillon de magma qui bouillonne à des mètres plus bas.
Sans même le courage d’hésiter davantage, il se laisse tomber dans la lave comme il abandonnerait un vulgaire caillou du haut d’un précipice.
Un point mort.
Tombant sans grande conviction dans un torrent de feu rougeoyant.

La chute provoque à peine une éclaboussure.
L’épais fluide ardent se contente d’amortir l’affaissement progressif de ce corps qui rougit.
Puis noircit.
Avant de disparaître dans les limbes brûlantes…

Englouti par le magma, sa peau se désagrège peu à peu.
Ses cheveux commencent à se dissoudre.
Pourtant il est apaisé.
Il ne ressent plus rien. Il n’ose d’ailleurs pas à ouvrir ses paupières de crainte que ses yeux fondent sous la chaleur. Apeuré qu’il est de se souvenir de ce qu’est la douleur.
Le liquide ardent s’engouffre par ses orifices.
Jusqu’au plus profond de ses entrailles.

« Alors voilà, je n’y suis pas arrivé, je perds connaissance et quitte ce monde sans parvenir à tenir mes promesses. Mes sens m’abandonnent, je meurs. », avoue-t-il avant de finir inconscient…


Flashback
1979 - Cela faisait deux mois qu’Apodis suivait le pénible entraînement d’Orphée.
Après avoir lutté contre les troupes d’Arès, Apodis avait été reconnu comme un Saint par l’armure de bronze de l’Oiseau de Paradis.
Depuis, jamais il n’eut droit d’avoir recours à sa Cloth. Son professeur ne préférait le voir la porter que lorsqu’il serait un chevalier accompli.
Il restait pour cela encore beaucoup de chemin à parcourir.

Les premières semaines consistèrent à développer sa musculature et son renforcement organique sans faire appel au cosmos.
« L’intérêt est déjà de faire travailler ton corps car derrière l’armure et les bienfaits de la cosmo énergie, tu restes un homme avec ses faiblesses. », lui avait assuré Orphée.
Ses exercices sans relâches lui permirent de jouir bien vite d’une carrure physique plus importante.

Orphée accepta donc de passer à la maîtrise du cosmos.
Les quelques combats menés contre les apprentis d’autres Saints le rassurèrent sur ses capacités martiales et bien vite il profita de cette notoriété grandissante.


Un matin, alors que les rayons du soleil perçaient la tanière qu’il s’était confectionné à côté de la demeure du Saint de la Lyre, Apodis bondit.
Orphée lui avait enseigné que la journée d’un Saint aguerri commençait dès le levé du jour.
Une fois ses vêtements miteux enfilés, ses bras pansés de bandelettes de papier et quelques protections en cuir ceinturées, il alla trouver le chevalier d’argent déjà debout devant chez lui à observer la rosée matinale : « Alors maître ?! Quel exercice me réservez-vous aujourd’hui ? »
Orphée - " Oh, rien de bien compliqué. Aujourd’hui tu auras droit à une journée de repos en notre compagne. Nous partons, avec Eurydice et Netsuai, le long du fleuve qui traverse le Sanctuaire. "
A l’annonce de cette invitation, Apodis grimaça : « Maître, je vous suis reconnaissant d’avoir pensé à moi. Seulement j’aurai aimé poursuivre ma maîtrise de la cosmo énergie. J’ai l’impression d’avoir encore beaucoup à faire. »
Agréablement surpris par l’investissement de son disciple, Orphée n’insista pas.
Au grand damne de Netsuai. La s½ur cadette d’Eurydice appréciait tout particulièrement le caractère, emprunt d’assurance, naissant chez le jeune homme. Elle s’en était fait son ami.

Quelques heures plus tard, tandis qu’il dormait en compagnie d’une fille de fermier dans le foin de la grange, Apodis fut surpris par l’irruption du Saint d’argent.
Par réflexe, Apodis couvrit le corps dénudé de son amie d’une bâche et cacha sa propre intimité par ses vêtements.
Le chevalier de la Lyre, tout en restant calme et appliqué dans son allocution, manifesta sa colère : « Mon pauvre garçon. Tu manques encore de discernement. Comment pouvais-tu croire que tu allais me mentir ainsi ? Si tu exerçais réellement ta cosmo énergie, grâce à mes facultés accrues de concentration, je l’aurai ressentie, aussi insignifiante soit-elle ! »
Devenu bien fier en si peu de temps, le nouveau Saint de bronze se rhabilla avec une expression bien dédaigneuse sur le visage : « Insignifiante ?! Ma cosmo énergie ?! Vous oubliez que je suis un des héros de la tentative d’invasion des arèsiens ?! J’ai même tenu tête aux Berserkers ! »
Orphée - " Ces Berserkers étaient d’un niveau pitoyable. Cependant je veux bien croire que mes dons aient été floués. Peut-être n’ai-je réellement pas constaté ta rapide évolution au point de me tenir tête ? "
Apodis - " Vous me défiez maître ?! "
Orphée - " Considère-le comme tu le veux. Je t’attends dehors. "

Orphée, admiré par tout le domaine sacré, sorti de la grange.
Autour, quelques villageois de Paesco furent ameutés par l’arrivée fortuite du chevalier. A commencer par le père de la jeune femme qui a partagé quelques instants de folies en compagnie d’Apodis. Le pauvre homme, décomposé en voyant sa fille sortir à moitié dévêtue, et totalement déshonorée face au peuple, priait Athéna qu’Apodis soit puni.

Dehors, rhabillé grossièrement, Apodis mit quelques instants à habituer ses yeux au soleil de plomb.
Aussitôt, la lumière du soleil lui pesa comme d’ordinaire et la sueur se forma sur son front.
A mesure qu’il distinguait la foule de plus en plus grande, il se sentit honteux envers Netsuai qui le dévisageait avec une certaine déception. C’était pourtant bien avec elle qu’il partageait depuis deux mois quelques instants complices durant lesquels ils se chamaillaient, se confiaient et se réconfortaient l’un l’autre.
« Entre elle et moi, il y a bien plus que de l’amitié. », pensait souvent le grec.

Sans le prévenir, l’homme aux cheveux d’un bleu très clair frappa son élève d’un violent coup de poing dans l’estomac.
Les petits yeux rouges sang contrastant avec la chevelure marine d’Apodis exprimèrent surprise et douleur.
Après avoir reculé de plusieurs petits pas, il s’en remit et rendit la pareille. Du moins il essaya. Les yeux fermés, Orphée esquiva en se permettant de jouer une petite note de musique sur sa lyre pour le ridiculiser : « J’imagine que ton intensif entraînement de cet après-midi t’a épuisé. Le combat n’est donc pas équitable. Pour cela je te propose de ne me battre qu’avec mes jambes. Mes bras serviront uniquement à agrémenter la foule de mon art musical. Il faut bien leur offrir un peu de spectacle vu à quel point tu es pitoyable. »
Le cynisme des propos d’Orphée amusa quelques spectateurs, ce qui provoqua la colère d’Apodis.
Tête baissée, il fondit sur le musicien qui s’amusait de son instrument en parant pieds et poings d’Apodis avec ses jambes et les yeux clos.

Au bout de quelques secondes qui se firent sentir sur l’organisme d’Apodis par un essoufflement important, la colère de l’Oiseau de Paradis ne régressa pas. Cela permit de faire de sa rage un atout qui accrut considérablement son cosmos. Ainsi, il put invoquer l’arcane avec lequel il massacra un Berserker quelques mois plus tôt : « Frantic Fury ! »
Tel un oiseau qui déployait ses ailes, Apodis fonça à une vitesse surpassant celle du son sur Orphée. Il dégagea l’alliance parfaite de son courroux et de son cosmos.
Refusant depuis le début du combat de sous-estimer les capacités de son apprenti, malgré les apparences, Orphée abandonna son engagement. Il utilisa ses bras et invoqua davantage de cosmos pour encaisser cette attaque surprenante.

Un flash se produisit, aveuglant la foule le temps du choc. Après quoi, la stupéfaction générale laissa place à la découverte du succès du maître.
La lyre d’Orphée retombait depuis le ciel où il l’avait projeté pour recevoir dans ces deux mains l’impact d’Apodis. Il s’en ressaisit avec la main gauche, tandis que son bras droit restait tendu contre le visage d’Apodis à hauteur de sa tempe.
Durant quelques secondes, Apodis, les yeux perdus dans le vague, resta en position de frappe sans bouger le moindre membre.
C’est seulement lorsque du point d’impact gicla un important flot de sang, que le corps du jeune homme s’échoua au sol.
A cet instant, toutes les admiratrices d’Apodis tournèrent la tête pour esquiver cette vision d’horreur.

Seule Netsuai bouscula la foule pour gagner son ami qui l’avait déçu. Elle résista à la retenue par le bras d’Eurydice, mais ne put contester l’autorité de l’amant de sa s½ur :
Orphée - " N’avance pas plus Netsuai. Je me charge de ramener Apodis à lui… "
Le virtuose incline la tête en direction de sa bien-aimée : « … Cela me demandera du temps. J’ai l’intention de lui en apprendre davantage et vu son caractère de cochon, il me reste du travail. Nous ne rentrerons pas avant. »
La douce Eurydice se contenta d’acquiescer, laissant Orphée prendre sur son épaule le corps inanimé d’Apodis, tout en masquant les fourmis qui parcourait ses bras suite à la surprenante décharge de cosmos de son élève.
Enfin, d’un bond prodigieux, il se propulsa à plusieurs kilomètres d’ici…


Apodis rouvrit les yeux seulement à la nuit tombée, lorsque Orphée balança son corps dans une eau fraîche.
Le fier disciple, pris d’un violent mal de crâne après le choc reçu, ressortit aussitôt de l’onde en hurlant de rage : « Où je suis bordel ?! »
Assis sur la base usée d’une colonne dorique, Orphée rigolait : « Nous sommes là où j’ai été fait Saint. Là où ton entraînement va réellement commencer. »
Apodis - " Merde… J’ai l’impression que mon corps pèse une tonne. "
Orphée - " Je t’ai connu plus poli jeune homme. Il me semble que tes excès de zèle ont réduit à néant la bonne éducation que Mujakis, ta mère, t’a pourtant donnée. "
Apodis - " Ce n’est pas qu’une impression, mon corps est irrémédiablement attiré par le sol. J’ai l’impression que mes muscles vont céder et mes os se rompre. "
Les nerfs d’Apodis jaillirent tous au travers de sa peau, alors qu’Orphée ne semblait pas souffrir de cette nouvelle loi de la pesanteur.
En observant l’eau dans laquelle ses jambes trempaient encore, Apodis remarqua que le fluide s’écoulait depuis plusieurs rivières. Celles-ci venaient se réunir dans d’immenses bassins pour alimenter quelques fontaines et divers thermes. Tout autour, d’immenses jardins fleuris embellissaient les ruines de nombreux temples.
Apodis - " C’est quoi ce lieu ? Nous sommes toujours au Sanctuaire ? "
Orphée - " Nous sommes à Dignity Hill. "
Apodis - " Dignity Hill ! Il s’agit de la zone interdite du Sanctuaire, située dans les collines du nord. Même les Saints d’or ont ordre de ne pas s’y rendre. "
Orphée s’en amusa : « On va dire que je dispose d’une dérogation spéciale du Grand Pope. »
Apodis - " Qu’est-ce que ce lieu ? Pourquoi mon corps souffre-t-il autant ? "
Orphée - " Ce sont les vestiges du Sanctuaire d’Abel. "
Apodis - " Abel ? "
Orphée - " Le dieu solaire oublié. Ancien dieu du soleil, son nom fut rayé de l’histoire à cause de sa trop grande ambition. "
Apodis - " Mais alors… Pourquoi son sanctuaire se trouve au sein du notre… "
Orphée - " Parce qu’il est le frère de sa Majesté Athéna. Lorsque les dieux choisirent de le supprimer du court normal de l’histoire, il présentait un amour sans égal pour sa s½ur. Pour cette raison il établit son camp au sein même du domaine sacré. Afin d’honorer cet amour, Athéna accepta de conserver le Temple de Corona où nous nous trouvons actuellement. "

Apodis suivit des yeux la direction présentée par le bras d’Orphée.
Au centre des ruines, au sommet d’une élévation, se dressait toujours le temple du soleil. Depuis ce lieu impérial, émanait un cosmos divin, oppressant et terrifiant.

Orphée - " Malgré le retrait d’Abel depuis des millénaires, sa présence se fait toujours ressentir aux abords de son temple grâce à la bannière de force de son cosmos, un kekkai. Un homme dénué de cosmos serait déjà mort à l’heure qu’il est. Et pour ceux qui le maîtrisent, ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne meurent épuisés. "
Orphée se gratta grossièrement la tête, brisant le charme qui émanait naturellement de lui. A présent qu’ils sont seuls ici, élève et maître, il n’était plus question de bonnes manières :
Orphée - " C’est pour cela que nous allons rester ici jusqu’à la fin de ton entraînement. "
Apodis - " Mais c’est impossible, comment voulez-vous que je m’entraîne dans ces conditions ? "
Orphée - " C’est en apprenant à t’habituer à ces conditions que tu reviendras plus fort. C’est ici que je suis devenu un chevalier capable de rivaliser avec les Saints d’or. Pour quitter ce lieu il ne te reste que deux solutions. Surpasser le niveau d’un Saint d’argent ou mourir. "
Hurlant à la mort, refusant de douter comme il a pu le faire durant son adolescence, Apodis appelait en lui toutes ses forces pour réussir à sortir complètement de l’eau.

Lorsqu’il leva le menton en direction d’Orphée pour lui manifester son choix, son maître avait disparu.
Il fut tétanisé en entendant la voix de son maître derrière son dos.
« Même avec un dixième de sa force, le Seigneur Orphée est capable de se montrer aussi vif ! », admira le jeune Apodis.
Orphée - " Parfait. Tu es maintenant prêt pour la seconde phase de ton apprentissage ici. "
Il l’attrapa par le col de son maillot et le traîna jusqu’à un bassin dont les profondeurs parurent insondables.
Apodis - " Maître que faîtes vous ?! Si vous me lâchez dans autant d’eau, avec la pression exercée par le kekkai, je vais tomber comme un morceau de plomb et mourir noyé ?! "
Orphée - " J’attendrais jusque là alors. Je n’accepterai que tu sortes de là qu’à l’unique condition que tu réussisses à me parler sous l’eau. "
Apodis - " Que je vous parle sous l’eau ?! Mais je ne suis pas télépathe moi. "
Orphée - " Laisse la télépathie à ceux qui en ont le don. Toi tu ne possèdes que celui du cosmos et tu n’es pas capable d’en faire un bon usage. Lorsque tu parviendras à survivre en canalisant le peu d’oxygène que tu as dans tes poumons grâce à ta cosmo énergie alors tu pourras passer à l’étape suivante. C’est-à-dire rentrer en communication avec la mienne. Seulement à cet instant, tu seras capable de prétendre maîtriser ton cosmos. "
Apodis - " Non… Maître attendez… Attendez… "
Plus lourd qu’un rocher, le corps de l’Oiseau de Paradis s’enfonça dans l’eau après avoir provoqué une immense éclaboussure.
Pris de panique, il ne tarda pas à manquer d’air à mesure qu’il s’enfonçait…

Orphée resta de marbre devant un tel spectacle.
Pour lui donner l’exemple de ce qu’il devait apprendre à faire pour conclure cette expérience, la Lyre profita d’une infime étincelle de cosmos chez son disciple et s’en saisit pour lui parler grâce au sien : « Le cosmos ne sert pas qu’à frapper brutalement son adversaire. Il est capable de substituer les éléments naturels qui nous maintiennent en vie. La faim, les températures anormalement basses ou hautes, l’air. Plus le cosmos est grand, plus la survie est forte et plus on en sort aguerri. Il est impératif que tu saches t’en servir comme bouclier le jour où tu rencontreras des environnements hostiles ou pire, si tu affrontes un adversaire qui les manipule. La cosmo énergie est un art, un état d’esprit, une culture intérieure, pas une force. »
Flashback


Au fond du lac incandescent, le corps d’Apodis heurte un objet.
Une urne métallique.
Elle résonne.
A mesure que le sang d’Apodis fuit ses plaies, celui-ci se mélange à la lave.
Cette fusion inonde l’urne métallique.
Elle résonne plus fort.
De plus en plus fort.

Apodis revient à lui : « Ma Pandora Box… Je la sens, mon armure, elle m’appelle. Cette sensation d’énergie qui me permet de communiquer avec elle et de rester en vie, ce n’est pas mes cinq sens, ni même mon sixième sens. C’est bien au-delà de ça. Je ne fais plus qu’un avec mon armure et l’île Kanon. C’est grâce à ce qui m’a permis de survivre à l’enseignement de mon maître. C’est… L’ultime cosmos, le septième sens ! »
Immédiatement, Apodis ouvre ses yeux et écarte ses bras.
Son corps rayonne et son armure jaillit devant lui.
La Cloth est comme neuve, le mélange du sang nécessaire à sa reconstruction et les bienfaits du volcan l’ont réparé.
Les plaies d’Apodis cicatrisent peu à peu. Son bras gauche bleui par le froid commence à réagir…


A Jamir :

Alors qu’il est proche de sortir du domaine des muviens, Mei, le visage renfrogné, froissé par l’humiliation que lui a fait subir Mû, ressent la présence de Yulij lui courir après.
Celle-ci n’a pas pris sa Pandora Box contrairement à lui, il comprend donc : « Tu vas rester ici alors. »
Yulij - " Et toi aussi tu dois rester. "
Mei - " Certainement pas. "
Yulij bouillonne : « Mais enfin qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ? Tu as été l’élève d’un Saint d’or. Et alors ? Quel droit ça te donne de plus ? Quelle capacité exceptionnelle as-tu de plus que les autres ? Aucune ! Hormis Nicol, nous sommes tous à un niveau quasi équivalent. »

Encore plus piqué au vif par de tels propos, Mei tourne le dos. Son ego est sérieusement troublé.
Yulij insiste pour le retenir. D’une voix plus douce, elle déclare : « Tu n’as rien à prouver. »
Cependant, la décision de Mei est prise : « Je m’en vais. »
Yulij passe devant lui et se met en position de combat : « Tu partiras d’ici seulement après m’avoir vaincue. »
Mei - " Arrête Yulij. Tu es ridicule et je ne veux pas… "
Il n’a même pas finit sa phrase que la jeune femme au maillot et au short kaki l’envoie au tapis d’un crochet du gauche.

Pour Mei, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Il défait les lanières de sa Pandora Box et se met en position de combat. Ses yeux sont embrumés par la colère.
Il répond d’une droite qu’elle pare sans difficulté. Elle en profite pour lever le genou vers son estomac, mais il le bloque avec son coude gauche. Il enchaîne avec un coup de tête en plein visage de Yulij et lui fissure son masque de femme chevalier.
La Saint du Sextant s’en remet vite et effectue un coup de pied retourné. Il l’esquive en s’accroupissant. Il joue ainsi de la flexion de ses jambes pour prendre appui et plaquer violemment Yulij contre les rochers qui les entourent.
Secouée, la demoiselle parvient difficilement à se tenir droite. Mei espère ainsi la mettre hors de combat en lui collant un uppercut.
C’est sans compter sur l’opiniâtreté de son adversaire qui lui attrape le bras et fait passer Mei par-dessus elle pour le faire s’écraser au sol.
Yulij - " Tu vois. Finalement tu n’es pas plus fort qu’un autre. L’entraînement de Mû te sera bénéfique. "
Mei refuse de s’avouer vaincu, il se jette genou en pleine figure de Yulij. Après avoir voltigé dans les airs, elle s’échoue lamentablement au sol.
Mei - " Je t’interdis de croire que tu peux rivaliser avec moi ! "

Sous ses pieds, il sent quelques fracas. Sa rage s’atténue lorsqu’il comprend qu’il s’agit du masque brisé de Yulij : « Te… Ton masque ! Je… Je ne voulais pas, je suis désolé. »
Yulij se relève déconcertée. Elle passe ses mains sur son visage qui reste magnifique, malgré l’aigreur qui la défigure.
Ses fins sourcils sont froncés et ses grands yeux bleus toisent son rival, subjugué, voire gêné, par sa beauté :
Yulij - " Comment as-tu pu ? "
Mei - " Je… Je m’excuse. "
Sa cosmo énergie commence à s’étendre tout autour d’eux, laissant Mei penaud.

Heureusement, la concentration de la jeune femme est interrompue lorsqu’un foulard tombe sur ses cheveux blancs grisonnants.
Médée, en tête, lui assure : « Ajuste donc cela pour dissimuler ton visage. Mon mari te refera un masque ne t’en fais pas. »
Derrière sa conjointe, Mû, plein de bon sens, déclare : « Alors Mei. Cette confrontation a été un bon exercice. Je suis sûr que tu réalises avoir encore beaucoup à apprendre. Si tu es prêt à te conformer à mes exigences et à suivre rigoureusement mes conseils, alors j’accepte que tu restes parmi nous. »
Mei, indécis, baisse la tête vers le sol.
Nicol rajoute alors : « Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour Yulij. Maintenant que tu as vu son visage, elle n’a pas d’autres choix que de t’aimer ou de te tuer. Epargne-lui une traque inutile à travers le monde. »
Mei rendosse l’urne de son armure et tourne le dos à ses amis.

Pourtant, il est incapable de reprendre sa marche.
Ses membres tremblent d’effroi après avoir constaté l’écart insignifiant entre Yulij et lui.
Lui, l’élève d’un des Saints les plus puissants au monde, réduit au même niveau qu’une vulgaire paysanne du Sanctuaire.
L’image cruelle de Deathmask, abattant son courroux sur Epione, brisant le souvenir paternel qu’il gardait de lui, lui revient aussitôt en mémoire.
Tout comme son impuissance face à la mort de Dabih.
Il réalise alors que sa propre faiblesse remet chaque fois en question ses certitudes.

Longtemps immobile, il finit par laisser s’échapper quelques larmes.
C’est seulement lorsqu’il devient capable de dissimuler son émotion, qu’il fait demi-tour : « Très bien, j’accepte de rester… »
Une fois arrivé à hauteur de Mû, Mei concède, tout en le fixant dans les yeux et en abandonnant son ton fier : « … Et je m’excuse pour mon comportement grossier. »


Dans la Méditerranée, non loin de la Grèce, sur l’île Kanon :

Le soleil se couche à l’horizon, ne laissant qu’une teinte orangée dans le ciel.
Au sommet du volcan, dans le nuage de fumée, apparaît peu à peu l’ombre d’un chevalier habillé de son armure de bronze. Celle-ci brille de mille feux.

Resplendissant, le Saint se détaille lui-même avec admiration : « Incroyable, c’est comme une seconde vie. Je n’ai jamais été aussi en forme. Je n’ai plus une seule cicatrice, toutes mes plaies ont été résorbées. Et mon armure, je la sens emprunte d’une nouvelle vie. »
Il ferme les yeux un instant avant de déclarer : « Juste en bas, je ressens le cosmos de Marine. Elle est accompagnée d’une autre personne. J’y vais. »


Après un bon prodigieux, à la vitesse de la lumière, à peine sa phrase achevée, qu’Apodis se réceptionne devant Marine.
Celle-ci, assise, les jambes croisées, est restée à fixer toute la journée le captif Gigas.
D’un hochement de la tête, comme pour la remercier, Apodis se contente de prononcer le nom de son amie : « Marine. »
Elle lui renvoie le même signe et pointe du doigt Gigas : « Apodis, il faut que nous parlions. Beaucoup de choses sont arrivées au Sanctuaire. »

Pendant plus d’une heure, Apodis reste les bras croisées à écouter les interventions de Marine conjuguées à celles de Gigas.
Apodis - " Alors Docrates, Misty, Babel et les autres sont morts sans savoir qu’ils officiaient pour le mal. Et c’est aujourd’hui Phaéton qui a pris la place de Gigas, après que celui-ci a fuit une fois sa dernière tentative au Japon avortée. "
Marine - " Tout le monde n’est pas mort sans connaître les raisons obscures de leurs missions. Il y avait parmi eux les Ghost Saints. "
Apodis - " Les Ghost Saints ? "
Marine bouscule Gigas pour le faire parler :
Gigas - " Euh… Hum… Les Ghost Saints étaient un groupe de mercenaires du Sanctuaire. Un peu comme Docrates et Crystal Saint. Seulement leurs actes étaient criminels et par sécurité, une fois leur mission principale achevée, on les a exilés du Sanctuaire. C’est sur l’île où ils se sont réfugiés que Seiya et les autres les ont vaincus. Voilà, c’est tout. "
Marine le chahute davantage : « Non ce n’est pas tout. »
Apodis - " Tu parlais d’une mission principale. Laquelle était-elle ? "
Gigas - " Comme tu le disais tout à l’heure, sur Yíaros plusieurs soldats portaient ma marque. Il s’agit d’hommes sans scrupules. En plus de soldats je disposais d’une équipe de mercenaires, dont les Ghost Saints. Sur demande du Grand Pope, nous les avons utilisés pour monter le complot lors de la Journée Sainte. C’est eux qui ont attaqués les athéniens. "
Apodis - " Tu veux donc dire que ce sont des athéniens qui ont tués d’autres athéniens. "
Gigas affirme honteusement d’un mouvement de tête. Marine, d’un ton autoritaire, somme à Gigas de dire toute la vérité : « Dis-lui qui était chargé de s’occuper de la maison d’Apodis ! »
Les yeux d’Apodis, remplis de douleur, se lèvent instantanément sur Gigas. Ils deviennent chargés d’une rage folle.

L’ancien général commence à reculer, espérant prendre la fuite : « Je… J’accepte de te le dire… Seulement… Seulement promets-moi de me laisser la vie sauve. »
Apodis se précipite devant lui : « Parle ! Je t’écoute ! »
Gigas - " Le… Le plan du Pope était de profiter de la soi-disant attaque d’Hébé, pour frapper directement les chevaliers qui se posaient trop de question sur la politique qu’il menait. Il a donc chargé les Ghost Saints d’attaquer ta maison. Voilà, c’est tout. Laisse-moi partir maintenant. "
Les yeux d’Apodis débordent de brutalité. Ses veines gonflent sur son front et sa mâchoire est prête à se broyer tant il serre les dents.
Marine, d’une voix douce, comme pour ne pas amplifier la furie montante en Apodis, ordonne à Gigas : « Ce ne sont pas les Ghost Saints qui ont attaqués sa maison, mais un d’eux. Dis-lui lequel. »
Alors qu’il est déjà à quelques mètres d’Apodis, il continue de marcher en arrière : « Il… Il s’agissait du Ghost Saints de la Méduse. »
Apodis, sans desserrer la mâchoire : « Son nom ? »
Gigas - " Il a accepté de rentrer dans la bande de Geist, la chef des Ghost Saints, par dépit. Le fait que tu deviennes chevalier et que lui ne le serait jamais l’avait anéanti. "
Apodis - " Son nom ? "
Gigas - " Lorsque nous avons mandaté les Ghost Saints pour le complot de la Journée Sainte, il s’est aussitôt proposé volontaire en entendant ton nom sur la liste des gens à punir. "
Apodis - " Son nom ?! "
Gigas - " Mais il a été puni tu sais. Il a trouvé la mort des poings de Seiya de Pégase. Aujourd’hui son cadavre gît dans les eaux boueuses de… "
Apodis hurle : « Son nom ! »
Gigas - " F… Front… Frontinus… Il s’agissait de Frontinus. Ton père. "

Comme ayant reçu un électrochoc, Apodis s’écroule à genoux.
Les yeux dans le vague.
Son mémoire revit la découverte de sa maison ravagée.
Du cadavre de sa mère.
Du corps gisant de son petit garçon.
« Mon père… Frontinus… Alors il aura détruit ma famille jusqu’au bout. Nous avoir rendu malheureux ma mère et moi ne lui aura pas suffit. Il a osé… Sa femme… Son… »
La douleur est si forte qu’il n’arrive pas à achever sa phrase dans son esprit.
Il baisse la tête au sol pour vomir de dégoût.
De rage.
De tristesse.
D’incompréhension.
Il hurle la fin de sa phrase en posant ses mains sur son visage pour étouffer ses sanglots : « Son petit fils ! »

Déjà loin, Gigas s’enfuit en traînant la jambe.
Marine vient déposer sa main sur l’épaule d’Apodis : « Je suis désolée. Mais il était impératif que tu saches. »
D’abord haletant, Apodis reprend son souffle.
Il efface du bras ses larmes et affiche une mine ferme, fidèle au cap qu’il s’est fixé.
Il pose sa main sur celle de Marine : « Merci Marine. »
Il se redresse et se contente d’un : « Je reviens. »
Avant de foncer en direction de Gigas.

Dans son dos, Gigas sent un vent violent le heurter derrière sa jambe valide. La chair de sa cuisse vole alors en lambeau sous le coup porté à distance et avec précision par Apodis.
Le vieux bougre s’échoue sur le sol.
En levant l’½il en l’air, le borgne déclare à Apodis : « J’avais demandé la vie sauve. »
Apodis - " Et tous les innocents morts par ta faute, que leur as-tu répondu lorsqu’ils demandaient la vie sauve ? Et ma mère ? Et mon fils ? "
Gigas - " Ce n’était pas ma faute, c’est le Grand Pope le responsable de tout ça. Tiens tu sais quoi, tu es très fort. Marine aussi l’est. Pourquoi n’irions-nous pas au Japon retrouver Seiya et les autres ? En nous alliant à eux, je suis sûr que nous pourrons renverser le Grand Pope et… "
Gigas n’arrive pas à finir sa phrase, la main d’Apodis s’aventure dans sa bouche : « Je ne supporte plus de t’entendre. »
D’un coup sec, il lui arrache la langue.
Le vieillard crapuleux se roule sur le sol de douleur, alors qu’Apodis lui attrape sa barbe pour le tirer sur le sol.
Dans un son inaudible qui signifie « pitié », Apodis tire Gigas durant de longues minutes jusqu’au sommet du volcan.

Son visage lui brûle tant Apodis le traîne résolument.
D’abord écorché, le genoux de sa jambe invalide finit par être corrodé jusqu’à l’os tant la distance sur laquelle il est promené semble interminable.
Plus le roublard implore le pardon, et plus Apodis s’arrête pour lui briser les membres. D’abord les doigts, puis les poignets, les chevilles, les bras, les jambes.
De son genou entamé et de sa jambe amputée à hauteur de la cuisse, une route d’hémoglobine reliant Marine jusqu’au sommet du volcan est tracée.

Arrivé au sommet, le malheureux pleure. Hurle. Implore le pardon d’Apodis.
Mais l’Oiseau de Paradis tient son sous-fifre par-dessus la lave par sa barbe. Impassible. Ferme. Déterminé : « Maman, Sperarus, ce n’est ici qu’une partie de ma vengeance. Je tiendrai parole et me battrai jusqu’au bout pour l’amour. Seulement pour l’amour. L’amour que j’ai pour vous. »

Il cherche une dernière fois le regard miséricordieux et alarmé du condamné pour lui faire comprendre qu’il n’y a plus d’issue.

Cette torture psychologique semble bien plus longue à Gigas que son chemin de croix.
Si bien, que lorsque la main d’Apodis se desserre, il parait enfin soulagé.

La chute semble pourtant longue.
Interminable.
Suppliciée pour Gigas.
Sa chair se détachant de sa peau à mesure qu’il approche la lave.

Libératrice pour Apodis.
Il savoure presque l’odeur de la peau brûlée et du souffre qui se libère de l’éclat.

Un éclat discret.
Epais.
Enflammant barbe et cheveux du général déchu.
Déchirant son visage.
Insinuant le feu de la vengeance au plus profond de son visage.
Et bientôt de ses entrailles…

Gigas meurt dans l’enfer du volcan en activité après une chute de plusieurs centaines de mètres dans une atmosphère insoutenable.

Apodis ferme les yeux quelques instants puis aspire l’air à pleins poumons avant de le relâcher d’un long soupire qui libère toutes ses tensions.


Il se retourne vers Marine qui l'a suivit jusqu’au sommet : « Et maintenant ? »
Marine s’assoit et scrute l’horizon : « Le Sanctuaire perd de précieux alliés. Crystal Saint, Misty, Astérion, Moses, Babel. Seiya et ses amis de leurs côtés, apprennent à devenir chaque jour de plus en plus fort. Ils ont perdu des biens matériaux comme le Colisée ou une partie de la Résidence Kido où ils vivent, mais ils se reconstruisent peu à peu et renforcent les liens qui les unissent. Aujourd’hui de jeunes garçons nommés les Steel Saints leur prêtent main forte. Une nouvelle base stratégique sous leur Colisée se termine. Et surtout, Athéna est avec eux. »
Apodis - " Comment peux-tu être sûre qu’il s’agit bien d’Athéna ? "
Marine ne détourne pas son regard du paysage : « Sais-tu quel jour sommes nous ? »
Apodis - " Aucune idée. "
Marine - " Pour vous, les hommes, le 13 octobre 1986 s’achève. "
Apodis - " Pour nous les hommes ?! Je ne comprends rien à ce que tu racontes Marine. "
Marine - " Comme Seiya est auprès de Saori, tu n’as pas besoin d’aller les aider au Japon. Tant que Pégase est auprès d’Athéna, nous n’avons rien à craindre. Tu vas donc pouvoir m’aider. "
Apodis, penaud, regarde Marine se lever et dresser le bras vers le sud : « J’ai besoin que nous nous rendions sur Yíaros. »
Apodis - " Yíaros ?! Mais j’en viens ! "
Marine sort un bracelet sur lequel sont dessinés deux symboles s’entremêlant : « Mais là-bas tu n’avais pas la clé. »
Apodis - " La clé ? Mais qu’est-ce que ça signifie ? "
Apodis détaille avec minutie le bracelet et distingue : « Les symboles qui s’entremêlent, on dirait… »
Marine confirme : « Oui. Pégase et la Chouette. Deux éléments indissociables du succès pour Athéna. »
Apodis - " Si je te suis sur Yíaros, me diras-tu alors le sens de tout ceci ? "
Marine - " Je ne suis pas la réponse. Je n’en suis qu’une infirme partie. "



J’étais rétabli, j’avais libéré tout mon potentiel enfermé au plus profond de mon être et déjà une nouvelle quête me guettait.
Le monde était devenu fou. Tout autour de nous, la pagaille disséminée par le Sanctuaire avait crée plusieurs clans qui s’évertuaient chacun de leurs côtés à faire régner la paix et la justice. En somme, l’amour. Seulement l’amour.

90
Only for Love / Re: Chapitre 51 - Devenir plus fort
« on: 6 February 2014 à 18h12 »
Content qu'il t'ait plu.
Le prochain dans quelques jours.

Pages: 1 ... 4 5 [6] 7 8 ... 30